06 juin, 2016

Les femmes au travail !

 Cannes 2016 mais pas au boulot !


C'est une patiente que j'ai reçue voici déjà quelques temps qui m'explique sa mésaventure. La pauvrette a fort mal vécu le fait d'avoir été remerciée d'une mission pour "insuffisance professionnelle" alors que de son point de vue fait, elle avait été plus que performante dans le poste qu'elle occupait. D'ailleurs, ayant fort mal pris la chose, ça n'a pas fait ni une ni deux, elle a collé son ex-employeur aux Prud'hommes et elle a gagné !

N'empêche que l'argent n'apaise pas toutes les douleurs et que depuis, ma patiente vit dans la peur que cela lui arrive de nouveau. Elle redoute qu'on la vire encore pour des motifs spécieux. C'est devenu une sorte de phobie. N'ayant pas compris les motifs de son éviction, elle redoute que cela lui arrive de nouveau. Depuis elle vit comme les petits chiens de l'expérience de Seligman ; elle a appris l'impuissance ! Quoi qu'elle fasse, elle a peur que le couperet ne tombe ! Elle redoute que ses compétences et efforts réels pour assumer ses tâches ne soient pas prises en compte et de faire les frais d'un renvoi soudain, sans motif réel et sérieux. Elle craint le fait du prince, le renvoi purement potestatif.

Que s'est-il passé pour qu'elle ait vécu cela ? Elle n'en sait rien. Pour elle, c'était une mission de conseil comme une autre, comme tous les ingénieurs les connaissent, rien de plus, ni pire, ni meilleure et certainement pas plus compliquée que celles auxquelles elle était habituée. C'est là que ma sagacité légendaire entre en jeux ! Puisque je suis payé pour être sagace.

Si je reste persuadé que ses capacités ou son travail ne sont pas à remettre en cause, pour quel motif aurait-on voulu se débarrasser d'elle, arguant pour cela de motifs fallacieux, allant jusqu'à inventer une "insuffisance professionnelle" ? C'est en l'observant que je pense avoir trouvé la solution.

Pour son jeune âge, une grosse vingtaine d'années elle fait très "dame". Ce n'est pas une critique mais un fait. Tandis que la plupart des femmes aiment à se rajeunir, frisant parfois le ridicule, notamment ces quinquagénaires jouant aux minettes, cette patiente assume son statut de grande bourgeoise. Elle gagne de l'argent et n'a pas peur de le faire savoir.

Je suis sur que si on autorisait encore le massacre de différentes espèces, elle aurait un manteau en léopard. C'est très joli le léopard. Effectivement, elle n'hésite pas à envoyer haut les couleurs. Madame tient son rang. D'ailleurs elle me regarde parfois comme la jeuen dame du château regarderait son palefrenier. Je me dis que j'aurais du sortir le costard et porter ma Rolex. Ma Casio à 29€ ne doit pas faire très sérieux.

D'où je suis, je distingue nettement le solitaire qu'elle porte à une main. Je crois aussi voir une bague de chez Mauboussin et peut-être même une Tank de chez Cartier. Je n'en suis pas sur et je ne vais pas mater comme un fou pur faire l'inventaire de la joncaille de la dame ! Imaginez bien que si même moi, le gros plouc, j'ai eu l'oeil pour voir toute la quincaillerie , une autre femme l'aurait de suite vu et même estimée !

Je lui demande alors si la mission qui lui a causé du souci s'est opérée dans un milieu féminin. Elle acquiesce. Je lui demande ensuite, si la par le plus grand des hasards, son supérieur lors de cette mission, n'était pas en fait une supérieure. Et si par un autre concours de circonstances, ladite supérieure n'était pas une femme falote voire moche proche de la retraite. Effectivement, me répond-t-elle, sa supérieure était une quinquagénaire falote un peu paumée. Elle l'a jugée plutôt agréable quoiqu'à la réflexion, il lui a semblé que parfois elle pouvait se montrer désagréable sans qu'elle n'en devine les raisons.

Je poursuis mon travail façon Sherlock Holmes et lui demande si ladite supérieure était aussi "élégante" qu'elle. Certes non, me dit-elle ! La supérieure était plutôt du genre gilets informes et peu soignée. Hmm, fais-je alors comme seuls savent le faire vraiment mes confrères psychanalystes voulant marquer le fait qu'ils écoutent leur patient sans pour autant prendre partie.

J'explique alors à la jeune dame qu'à mon sens, c'est juste une crise de jalousie de la supérieure envers elle. Je ne doute pas que professionnellement elle ait fait tout son possible mais parfois dans un milieu très féminin, il faut s'attendre à voir se manifester des comportements qui semblent incohérents alors qu'ils ne le sont pas. C'est la revanche de la "vieille moche" sur la "jeune belle", de la "pauvresse" sur la "riche", c'est d'un classique à toute épreuve.

Ça ne devrait pas avoir lieu dans le milieu du travail mais cela existe. On appelle cela la compétition sexuelle. Et si on l'observe souvent entre mâles à grands renforts de vannes sonores voire de coups bien portés, elle existe aussi chez les femelles mais elle est plus ténue et plus vicieuse. C'est toute la subjectivité humaine au travail. On pense qu'on va œuvrer dans un milieu asexué unifié par les seuls compétences et voici que les hormones s'en mêlent. Les théories fumeuses en tous genres et a culture d'entreprise nous embrouillent : les hormones font la loi !

Je lui fais alors part de mes observations concernant ses bijoux. Elle s'emporte et me dit qu'elle fait ce qu'elle veut de son argent. Je la rassure en lui expliquant que je suis un grand libéral mais que parfois, et justement dans le milieu professionnel, et surtout s'il est féminin, on ne fait pas ce que l'on veut mais ce que l'on doit. Parce que parfois, on aura à faire à de la jalousie, à de la rancœur. Je lui explique alors que la sagesse veut qu'on arrive alors sur le lieu de travail en étant un degré moins apprêtée que sa supérieure. La sagesse commande !

De mauvaise grâce elle admet que j'ai raison et qu'elle a pu sentir une forme de jalousie voire de mesquinerie de la part de sa supérieure. Mais elle était persuadée que s'agissant d'un travail, le bon sens l'emporterait et non le fait qu'elle porte un solitaire dont sa supérieure soit jalouse. Ratée jolie petite dame ! On sort pour aller en soirée ou à l'opéra, mais on se fait discrète au travail. Tout fin observateur de la gent féminine a déjà pu constater les vannes que les femmes peuvent s'envoyer entre elles !

Tenez voici quelques années, tandis que je parlais d'une patiente commune à son médecin, femme elle aussi, qui avait oublié son  nom, je tentais de la lui décrire. Je lui expliquai alors que notre patiente en question était une jolie blonde aux yeux bleus. Je vis alors le médecin ouvrir de grands yeux et me répondre qu'elle voyait parfaitement de qui il s'agissait. Puis, elle me dit : oui effectivement, elle a de très jolis yeux mais qu'est-ce qu'elle est moche, elle a une peau atroce ! Effectivement j'avais gaffé, on ne parle pas d'une femme à une autre, fut-elle médecin, en lui disant qu'elle est jolie sous peine de voir poindre sa jalousie.

Il n'y a que les vieux poivrots comme Renaud pour voir en les femmes, de douces créatures. C'est d'ailleurs toute la finesse de ces diaboliques que d'être parvenues à se faire passer pour de douces colombes alors qu'elles en remontreraient au pire des vautours. Comme me le serinait souvent Laurence, de sa voix basse en me fixant de ses yeux gris, du temps où elle collaborait à ce blog : méfie toi toujours de la duplicité des femmes.

J'attire d'ailleurs l'attention des plus glandeurs de mes lecteurs ayant le temps de regarder des choses idiotes l'après-midi sur l'émission "Les reines du shopping", au cours de laquelle cinq femmes sont mises en compétition pour savoir qui sera la plus coquette, pour constater que parfois les femmes sont des hyènes entre elles ! Qu'une soit plus belle, plus joliment apprêtée, qu'elle fasse des manières et voici que toutes les autres se jetteront sur elle ! On ne félicitera jamais assez Cristina Cordula pour l’excellente vulgarisation de la sociologie qu'elle fait.

C'est ainsi, c'est la vie. Ça ne devrait pas exister au travail, monde froid où seules les compétences sont prises en compte. Mais ce n'est pas demain la veille qu'on parviendra à faire taire les hormones.

Plaute nous enseigne que l'homme est loup pour l'homme, et moi je vous assure que pareillement, la femme est une hyène pour la femme !

Mulier, mulieris hyaena est !

8 Comments:

Blogger Le Touffier said...

Sacha Guitry conseillait de s'enquérir chez une femme malheureuse, non pas de ce qu'elle avait, mais de ce qu'elle n'avait pas.

C'est dans les rangs des malheureuses privées du talent de plaire, par naissance ou par usure, que l'on recrute les plus féroces zélotes levées en fureur contre la tyrannie de la séduction. Rien ne doit résister à l'assaut de leurs bras vengeurs et de leurs glaives séculiers, la séduction ne passera pas... par elles, donc, par personne.

Le féminisme des blondes à forte poitrine m'a toujours paru relever d'une prudente solidarité de façade. Rhoo, les hommes, tous des cochons, la beauté est intérieure mes sœurs.

13/6/16 11:26 PM  
Blogger Maxime said...

Impuissance apprise, c'est quand on est libéral et qu'on observe que quelques soient les élections en France, le gagnant fera encore augmenter le poids de l'état ?

14/6/16 10:14 AM  
Blogger Kevin Macarry said...

Bon article qui met un coup de poing aux idées reçues :)

14/6/16 4:47 PM  
Blogger Le Touffier said...

La vidéo des street-fighteuses me désole. Quelle régression ! De mon temps les filles s'agrippaient déjà par les cheveux et les vêtements, mais que diantre, elles savaient mordre et griffer, ces chéries ! Déjà qu'en astrophysique et en motocyclette ces dames n'auront jamais le niveau, à force de vouloir singer les hommes, elles en deviennent incompétentes jusque dans la rixe. Foin d'une parodie de MMA, mesdames, revenons aux fondamentaux par pitié, les griffes et les dents.

Pour de la vraie bonne violence féminine pure et dure, rien n'égale la violence psychologique, mélange de folie aveugle et d'acharnement dans le chantage affectif. Voici une petite vidéo de violence parfaite, l'intégrale de la séquence dure plus d'une heure, disponible dans la colonne de droite de Youtube.

https://www.youtube.com/watch?v=HsxX5fae0B4

Pour en revenir au sujet de l'article, moi je me dis que la supérieure hiérarchique n'a peut-être pas votre patience. Sans prétendre lui dénier le droit légitime de toute femme à se comporter comme une hyène, elle a pu mal interpréter le fait qu'une inférieure hiérarchique la regarde comme une fille de ferme aux sabots crottés.
Être salarié, l'être le plus vulnérable du monde capitaliste, un chômeur en puissance, se conjugue mal sur le mode arrogant. Sinon, fini la petite auto et les vacances au Crotois, le brillant et les notes de frais.

Lors d'une hésitation potestative de la hiérarchie, la fille de ferme ne s'est peut-être pas sentie le droit d'influencer la décision des maitres, dans un débat entre gens bien-nés.
L'hypocrisie de la dévotion ancillaire s'obtenaient grâce aux gages. Pas de gages, pas d'hypocrisie, pas de dévotion.
On ne se méfiera jamais assez de l'atavisme atrabilaire des petites gens, si prompts à jalouser les personnes de qualité.

@Kevin Macarry, oui, l'angelisation du caractère féminin dans le discours ambiant finit par aveugler les femmes elles-mêmes. L'hypothèse la plus vraisemblable, rappelée avec la sagacité légendaire du Boss, avait semble-t-il été négligée.

20/6/16 9:23 PM  
Blogger philippe psy said...

Vous avez raison Professeur Touffier ! Être psy c'est aussi être un individu vulnérable, c'est pour cela que je m'emploie toujours à être un ou deux crans en deçà de ma clientèle ! Ils veulent un gars malin mais moins qu'eux ! ;)
Quant à la baston de filles, vous et moi en sommes fans mais vous savez aussi bien que moi que je ne pouvais pas non plus en mettre une dure. Pourtant, certaines se finissent par un Ko voire par la mort d'une adversaire.

20/6/16 9:27 PM  
Blogger Le Touffier said...

Une adolescente m'avait convaincu au sujet du harcèlement sur les réseaux sociaux. Loin de l'effet diabolique qu'adore lui prêter les médias, Facebook n'est que le reflet de la cour de récréation. L'amplification virtuelle de l'acharnement n'est crédible que pour les pisse-copies en mal de sensationnalisme.

S'épitecter face à une tentative de palefrenierisation n'est pas à la portée du premier venu, surtout s'il a un ego, surtout si c'est une femme.

Et Monique, plus personne ne la tient, plus personne ne la n... depuis longtemps, et depuis le temps qu'elle est dans la boite, elle parle à l'oreille des patrons. La grosse, la moche, la ménopausée qui s'habille chez Tati, la moustachue, la descendeuse d'organes, si elle a réussi à grimper dans la hiérarchie, ce n'est pas pour rien, et ce n'est pas en se faisant grimper.

Alors Monique, elle fait sa transparente, mais les « bon sang ne saurait mentir », elles les assassinent au sortir de la war room d'une simple demande de patience pour la qualité du contact humain. La hyène est rieuse dans son fors intérieur.

20/6/16 9:58 PM  
Blogger Le Touffier said...

N'empêche, placer « potestative », c'est quand même la classe !

20/6/16 10:01 PM  
Blogger philippe psy said...

@Le Touffier : vieux souvenir de droit ! On jargonne autant qu'en médecine en droit !

21/6/16 2:44 AM  

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