30 juin, 2009

Toujours vivant ?

Michael Jackson, chauve et incognito continue à chanter !

Hier soir, je cherchais à joindre le Gringeot. Je compose d'abord son numéro professionnel et j'entends la messagerie m'expliquer que "Môssieur Le Gringeot n'est pas là passk'il est parti choper de la touloise maizi vous rappèlera très vite, salut".

Je compose alors son numéro personnel et là, point de messagerie ! En lieu et place, c'est la voix d'une femme manifestement espagnole, eraillée et peut-être même avinée, qui me répond. Pour vous dire vrai, j'ai cru que c'était Jeanne Moreau qui me faisait une blague voire même Gerra imitant Jeanne Moreau !

Je trouve cela curieux et comme la dame ne parle pas notre langue, je lui réponds dans la sienne que je souhaiterais parler à Monsieur Le Gringeot. Elle m'explique qu'elle va transmettre mais depuis, pas de nouvelles. Je ne sais pas s'il sera des nôtres vendredi. Qui est donc cette mystérieuse femme ? La maîtresse du Gringeot ? Non, je ne lui connais aucun penchant gérontophile !

Aujourd'hui, je lis dans le Parisien que de folles rumeurs couraient sur Michael Jackson. Ainsi, le Sun révèle qu'on aurait vu le chanteur, le crâne rasé, s'embarquer à bord d'un avion d'affaire.

Et si Michael Jackson avait été emmené discrètement en Seine-et-Marne pour y prendre la place du Gringeot en vue de mener une vie humble loin des projecteurs et des fans ??? Hop ni vu ni connu, on enlève le Gringeot tandis qu'il circule à bord de son bel Iveco. On se débarrasse de lui dans un coin perdu de Seine-et-Marne et la substitution s'opère. C'est Michael Jackson au crâne rasé, qui prend sa place !

Bien malin celui qui s'apercevra de la supercherie !

28 juin, 2009

L'outil fait le crétin !


J'ai un voisin stupide ! Il est de l'espèce des bricoleurs, ces pète-couilles qui ne peuvent pas tenir en place. Autant moi qui suis un gros lecteur, je ne suis pas du genre à emmerder mes voisins puisqu'il me suffit d'un livre, d'un café et de clopes pour être heureux. Et vous conviendrez que lire, fumer et boire ne sont pas des activités bruyantes.

Autant le bricoleur est l'inverse de moi, une sorte de maniaque qui a toujours un truc à faire, à construire, à rénover ou à réparer. Et puis, en cette époque de technologie galopante le bricoleur n'a pas fini de m'emmerder. Au temps béni de la chignole à main, il devait se reposer entre chaque trou qu'il perçait. Maintenant les outils électroportatifs, qui existent pour chaque application et ne sont même pas chers, lui permettent de bricoler toute la journée en restant frais comme un gardon. Alors, il tronçonne, coupe, taille, tranche, rabote, visse et perce quand il le veut autant qu'il le souhaite !

Jusqu'à une date récente, je méprisais ces gens là et je me demandais quel plaisir ils pouvaient bien trouver à pratiquer ce genre d'activités. Moi, je peux comprendre qu'on puisse être passionné par la création mais la réalisation, pfff, c'est chiant. Faire des plans ce peut être sympas et encore en restant au niveau des esquisses, mais monter des murs en parpaings c'est lourdingue.

D'ailleurs, je me suis toujours demandé si il n'y avait pas un lien entre le bricolage et les tueurs en série. Parce que lorsque je me penche sur les modes opérationnels de ces derniers, je suis toujours étonné de leur capacité à élaborer des pièges, concevoir des caches, imaginer des appareils de torture. Dans tout tueur en série sommeille forcément un bricoleur, mais si l'inverse était aussi vrai ?

Et puis aujourd'hui ma vie a changé. Depuis deux ou trois semaines, j'avais une nouvelle lubie. Je voulais un nettoyeur à haute pression ! C'est idiot mais c'est ainsi. Alors aujourd'hui, ni une, ni deux, j'ai embarqué mon père vers de palpitantes aventures puisque nous sommes allés chez Leroy-Merlin, le paradis du bricoleur pète-burnes, le grand magasin des moches et bêtes qui s'habillent en bleu de chauffe, avec des pompes de sécu, des grosses paluches malpropres et le Renault Scénic garé sur le parking avec la banquette arrière rabattue pour accueillir tous leurs achats pourris.

Dieu que je hais ce magasin mais je le connais bien pour y être allé parfois, le plus souvent sous la contrainte de mon épouse qui voulait que je lui ramène je ne sais quoi. Alors, on se dirige tout droit vers le rayon nettoyeurs à haute pression qu'on a toujours envie d'appeler Kärcher puisque cette marque est comme Frigidaire pour les réfrigérateurs. Mais moi, je ne veux pas de Kärcher, je n'aime pas trop le jaune.

J'avise plutôt une sous-marque à la con ornée d'une livrée rouge et grise du plus bel effet. Et puis, pour moins cher j'en ai plus avec même un super enrouleur, des buses et même une brosse rotative géniale. M'en fous que ce soit une sous-marque, moi je le trouve beau comme tout ! Manque juste une prise USB sur le bordel pour qu'il soit parfait ! Parce que s'écouter un petit Sardou en nettoyant des dalles, c'est un plaisir rare très apprécié des bricoleurs qui ont toujours un gout de chiottes en matière musicale !

A peine arrivé chez moi, tel un chiot fou, je me jette sur le carton que je dépèce à coups d'ongles et de couteau. Haletant au milieu du carton mis en pièce et des morceaux de polystyrène, j'ai enfin la bête sous les yeux. Rouge et gris, c'est bien le même qu'au magasin. Je ne lis évidemment pas le mode d'emploi et je commence à visser les accessoires et à mettre le truc en route ! Putain, y'en a sous le capot, les 150 bars sont là ! Je sens que je vais m'amuser !

Et c'est là que je suis devenu un de ces pètes-couilles que je déteste. Ivre de puissance et saisi d'hubris, la fureur guerrière qui animait Achille, ma lance à haute pression entre les mains, j'ai tout karchérisé ! Mon allée, mes terrasses, le bas des murs, la grille, mes bagnoles, le seuil des portes, le dessous de la grille, etc. Personne n'aurait pu m'arrêter ! J'ai même kärchérisé ma RJ 49, même que j'ai réussi à décoller la peinture des charnières du capot tellement j'étais proche pour bien la décaper !

A un moment, l'œil fou et la bave aux lèvres, je considérais même un quidam qui passait dans la rue et je crois que j'étais à deux doigts de le décaper de toute la puissance de mon nettoyeur haute pression, tellement j'adorais sentir mon doigt sur la gâchette et envoyer la purée. Putain si un confrère psychanalyste était passé par là, sûr qu'il m'aurait taillé un costard en trouvant de la symbolique partout sans doute à cause de ma grosse lance que je tenais victorieusement à la main en envoyant un jet puissant à plusieurs mètres !

Durant une heure et demie, j'étais devenu un bricoleur du dimanche, un de ces emmerdeurs qui ne savent pas s'amuser sans faire du bruit ! Maintenant je les comprends mieux. C'est vrai que c'est rigolo ces trucs là. Quand on les a en mains, comme cela ne demande aucun effort, on ne fait pas attention, et hop on s'amuse comme des gosses. On se sent puissant et indestructible. J'ai même imaginé que je pourrais m'acheter une tronçonneuse parce qu'ils en ont là-bas chez Leroy-Merlin. Des belles à moteurs thermiques capables de vous débiter un sapin de Douglas en deux minutes comme ils font au Canada.

Mon métier m'oblige à me dépasser et à cultiver mon empathie pour comprendre les gens. Aujourd'hui, je comprends vraiment mieux le bricoleur. C'est sans doute un pauvre mec qui se revirilise en ayant un outil puissant à la main. Moi je lis pour m'évader, lui il bricole pour oublier. C'est juste une question de dépendance !

La semaine prochaine, j'irai peut-être demander la carte Leroy-Merlin, celle avec laquelle on peut cumuler des points pour avoir des remises. Parce que cette tronçonneuse elle m'a tapé dans l'oeil !

27 juin, 2009

RIP !


Michael Jackson est décédé. Je l'ai appris le soir même et je dois vous avouer que cela ne m'a fait ni chaud ni froid. Bon, d'accord, je veux bien avoir de la compassion pour ses proches et ses fans mais rien de plus. Car même si j'ai dansé sur Beat it et Thriller, je n'ai jamais trouvé l'artiste fabuleux. C'était du bon boulot mais pas de quoi crier au génie. Et puis moi, je suis allé à Gary la ville dont il était originaire et j'ai été un peu déçu parce que c'est pas joli-joli comme coin.

C'était un grand mais pas un très grand ! Et puis, entre Michael Jackson et moi, il n'y eut jamais rien de plus qu'une estime réciproque. Je le remercie pour avoir fait ses chansonnettes et il me sait gré d'avoir daigné danser dessus, mais rien de plus. Et puis bon, je ne lui dois rien. Même en tant que danseur avec son Moonwalk, que je trouvais ça bien fait mais un peu nul quand même, il restera toujours moins gracieux et élégant que Fred Astaire ou Gene Kelly.

A la limite, je garde meilleurs souvenirs des grands slows de ma jeunesse, Korgis, 10cc, Eagles, Spandau Ballet et même les chevelus Skorpions m'auront permis de serrer de beaux petits lots dans mes bras tandis que Michael m'aura juste amené à me trémousser comme un crétin à un mètre des filles. Pas terrible non ? Certes il y a eu One day in your life qui reste un slow mignon mais pas de quoi s'en relever la nuit non plus. Bon voilà, donc Michael on t'aimait bien mais la roue tourne.

En revanche, le décès de Farrah Fawcett m'a plus touché mais il faut dire qu'entre elle et moi, c'était une longue histoire d'amour. C'était à n'en pas douter la plus belle des Drôles de dames même si d'aucun préféraient Jacqueline Smith que je trouvais pour ma part trop européenne. La troisième, on n'en parle même pas car elle était aussi moche que la Ford Pinto qu'elle conduisait. Tandis que Farrah, elle faisait du surf, du roller et elle cavalait, presque toujours habillée de micro-shorts !

Curieusement née au Texas, Farrah c'était la bombe californienne dans toute sa splendeur. A l'instar des monstres chromés aux longs capots et aux V8 survitaminés qu'on ne voyait que là-bas, Farrah c'était la bombe américaine dans toute sa splendeur, uniquement adaptée aux plages californiennes mais qui aurait semblé incongrue dans nos villes étriquées. Il faut dire que rien que pour son brushing il aurait fallu un sacré passage.

Elle avait pourtant élu domicile chez moi puisque j'ai eu durant toute mon adolescence le visage de Farrah placardé dans ma chambre. Sa venue a du correspondre à mes premiers émois puis je me suis habitué à elle et je crois que quand je suis parti de chez mes parents, elle devait encore sourire là-haut près de mon lit.

Mon pote Olive, celui qui roule dans une Alfa bleue métallisée avec les sièges en cuir rouge et plein d'enceintes Bose dedans, se foutait de ma gueule à cause de ce poster. Pourtant, je me souviens qu'il en avait un ridicule dans sa propre piaule qui montrait une joueuse de tennis de dos en train de se gratter le cul sous la jupette qu'elle portait sans culotte. Ca c'était très beurk et digne de la cabine du TR 380 d'un routier !

D'ailleurs c'était un des rares poster que j'aie eu dans ma chambre. Les autres, je les trouvais nuls et je me voyais mal mettre la tronche de musiciens cracras et sans doute toxicomanes sur un de mes murs. Et puis bon, ça n'a jamais été dans ma nature d'être fan ! Quand je voyais mes petits camarades marquer des noms de groupes de rock sur leurs sacs US (c'était la mode de l'époque) et y coller des badges, moi je trouvais cela ridicule.

Je restais fier et digne, adepte d'aucun style particulier comme il sied à un vrai capricorne, me tenant loin du débat qui aurait voulu qu'on préfère absolument Trust ou Téléphone, Beatles ou Rolling Stones. A part Farrah, il n'y a jamais eu personne d'autre aux murs de ma chambre ou je les ai oubliés, rejetés qu'ils sont dans les limbes de mon esprit.

Tout cela pour vous dire que je ne comprends pas le souk qu'on fait autour de Michael Jackson parce que pour moi, c'est Farrah qui manque !

Je me joins au groupe L'Oréal, propriétaire de la marque Elnett dont elle utilisait au moins trois bombes par jours, pour adresser mes plus sincères condoléances aux proches de Farrah.

24 juin, 2009

Du nouveau chez Picard !


Vous pensez bien que l'affaire Courjault m'a passionné et que j'allais vous en parler. Cette pathologie nouvelle que l'on nomme "déni de grossesse" est-elle réelle ou alors n'est-elle qu'une simple manip' destinée à faire avaler qu'aujourd'hui une femme, simplement parce qu'elle est femme, pourra tuer impunément ses enfants sans encourir de risques ?

Allons-nous assister à l'avènement d'un temps où différentes catégories de la population n'encourront plus les foudres de la justice, laquelle leur reconnaitra des circonstances forcément atténuantes voire les exemptant de toute responsabilité ? Peut-être l'émergence de jugements sympas qui diraient que ce qui s'est passé n'est pas joli-joli mais qu'on comprend tout de même, que ça va pour cette fois et qu'il ne faut pas recommencer !

Mais revenons au "déni de grossesse" ! Alors est ce que cela existe ou non ? Pff, j'ai pour ma part du mal à y croire et les conclusions des pseudo-experts cités par la défense ne m'ont pas convaincu, surtout celles de l'obstétricien qui était peu claires et de plus mâtinées d'explications psychanalytiques à deux balles : on aurait cru Edwige Antier la célèbre pédiatre quand elle joue à la psy dans ses meilleurs jours. Et puis, il y a les journaux qui tentent de dresser un portrait mesuré de la meurtrière.

Libé explique ainsi :
Adolescente, Véronique se réfugie dans sa chambre pour lire des romans. Elle ne se plaint pas de ce monde rude : «Je n’ai pas eu une enfance malheureuse dans le sens où on n’a manqué de rien matériellement, mais il n’y avait pas de communication.» On ne fêtait pas les anniversaires chez les Fièvre. Elle ne parvient pas à se situer dans le temps, mélange «les dates de naissance» et «de tous les événements de ma vie» : «J’ai du mal avec le temps qui passe.» Et le poids des maternités qui s’enchaînent, comme sa mère.

Ca m'a fait rigoler. Si toutes les filles de paysans un peu rudes tuaient leurs mômes, ça se saurait. Ça me rappelle certaines de mes patientes légèrement hystériques ou coconnes quand elles me disent "personne ne se disait je t'aime chez moi". C'est un truc qui me fait toujours rire. Comme si dans les familles on passait son temps à se lécher la pomme et à se dire qu'on s'aime ! Pff, cessez de lire les articles psy de Biba ou de Cosmo !

Et puis, bon, je ne suis pas une femme alors des trucs m'échappent. Mais peut on attendre un môme et ne rien sentir ? Et les règles alors ? Et le mari ? Il ne voit rien ? Bon, ok pourquoi pas, je ne suis pas gynéco. Mais bon, s'il y a un gosse qui nait, c'est qu'ils baisaient ensemble et qu'elle ne prenait pas de contraception ni lui d'ailleurs. Ayant déjà deux gosses, ça prouve qu'ils n'étaient pas stériles et ils devaient connaitre les risques. Alors comme ça le père Courjault baise à couilles rabattues et ne se pose pas de questions, ni elle non plus.

Vous voulez savoir quoi ? Ben moi, je trouve que l'histoire pue un peu et qu'on essaie de nous entuber sur ce coup là. C'est le genre d'affaire où je préférerais être procureur qu'avocat. Parce que j'imagine que la mère Véro, elle a essayé de nous la faire à l'envers sur ce coup là.

Et puis bon, ok je ne connais rien au sujet, je l'admets, je n'ai que mes pistes de réflexion. Bon, je valide ce curieux "déni de grossesse". Mais une fois que l'enfant est né ? Bon ok, je comprends qu'elle panique, qu'elle accouche seule et qu'elle n'en veuille pas. Mais bon elle les a quand même tués les mômes non ?

Et puis beurk, elle en a brûlé un dans la cheminée, pff, faut vraiment être perverse ou sacrément déjantée pour faire ça. On peut aussi abandonner des gosses quand on n'en veut pas. Johnny et Laetitia lui aurait pris ! Mais là non, elle les tue. Au "déni de grossesse" s'ajoute donc un déni d'humanité total. Et cela ne révolte personne. Putain d'époque pourrie où tout se vaut !

Je comprends que scientifiquement on puisse chercher si ce "déni de grossesse" est réel ou si c'est une entube parce que c'est passionnant. Mais d'un point de vue moral, c'est vraiment dégueu.


Alors d'accord, elle ne devait pas tourner rond la mère Véronique. Pour flinguer ses trois gamins et en congeler deux comme des steaks hachés, c'est sûr qu'elle devait avoir pété un boulon. Il n'empêche que moi, j'aurais été moins clément que les jurés.

Parce que quoiqu'on vive et endure, on peut toujours ouvrir les pages jaunes et regarder à la lettre "p" pour psychiatre ou psychologue et se faire aider. On peut aussi faire le 15 ou même prendre sa voiture, un bus voire un vélib et aller se faire interner ; on appelle cela une HL.

Quelles que soient ses difficultés que je ne nie pas, ses gosses ne sont pas responsables de son état. Moi je lui aurais collé plus que les huit ans qu'elle a pris. Parce qu'aller aussi mal quand on est normalement intelligent et être aussi con, ça mérite la palme d'or !

Mais bon, d'un autre côté il y a les mômes congelés et là je m'interroge. Parce que putain, si elle était aussi perverse et mauvaise la mère Courjault, elle aurait pu s'en débarrasser. C'est tout petit un nouveau-né, alors un sac poubelle et hop, ni vu ni connu, on dégage ça vite fait aux ordures.

Mais elle, elle a décidé de les garder. Alors pourquoi ? Remords, culpabilité, pétage de plomb total, démarche pseudo rationnelle dont la logique n'appartient qu'à elle ? Je n'en sais rien du tout. On dit que dans le doute il faut s'abstenir mais bon, on ne peut pas ne rien dire tout de même et laisser passer ça !

Alors que faire ? Je compulse le Code pénal et je lis qu'elle peut en prendre pour vingt ans maximum. J'ai ma petite idée sur ce coup là ! Alors voilà :

Attendu que même si elle semble barrée, je ne vais pas pour autant l'acquitter parce que faut pas déconner tout de même ! Parce que je veux bien comprendre mais pas pour autant tout accepter !

Attendu que je ne vais pas non plus lui en mettre plein la gueule en lui collant la peine maximale parce que justement elle me semble quand même atteinte au niveau de la tête et que moi, je suis plutôt du genre bon gars qui n'aime pas s'acharner sur les tarés !

Attendu que je sais qu'astrologiquement j'ai mars en balance et même que cela me permet d'être juste mais parfois de ne pas trop vouloir choisir me contentant de pencher pour des moyennes bidons et des solutions médianes qui mécontentent tout le monde mais que c'est comme ça parce qu'on ne se refait pas.

Statuant contradictoirement et en premier ressort, par arrêt susceptible d'appel :
Déclare la mère Courjault coupable d'avoir flingué ses trois mômes et la condamne en conséquence à la peine de dix ans de réclusion !

Affaire suivante !

18 juin, 2009

Phil pilote de chasse !

Une vérité qui dérange !

Conscient que je travaille trop, hier mercredi je n'en ai pas branlé une ! Je suis allé au salon de l'aéronautique qui se tient au Bourget. C'était une journée réservée aux professionnels mais un de mes amis, pilote de profession m'avait obtenu des invitations. Tant et si bien qu'ayant emmené mon père, lui et moi, nous nous sommes retrouvés avec de super badges de la mort accrochés à nos vestes indiquant qu'on bossait dans une grosse compagnie d'hélicos !

D'ailleurs ce fut très drôle quand sur un stand où trônait un hélico dernier cri avec rotors contrarotatifs, un type demanda à mon père si cette technologie allait s'étendre. Mon pauvre père qui tournait autour de l'appareil parce qu'il ne trouvait pas l'hélice anticouple (rotor de queue) aurait eu du mal à lui répondre. Mon père ne cessait de lui faire des sourires en lui disant "oui oui" mais le mec nous a trouvés un peu suspects. Je crois que le mec a vite compris que nous n'étions que deux gros charlots invités par un ami.

Amusant aussi de voir mon pote Philippe chercher des casques de vol et prendre la tête à tous les vendeurs qu'il croisait pour leur expliquer qu'il rachetait de vieux casques Gueneau (en usage dans l'armée de l'air dans les années 60) qu'il bricolait en leur rajoutant je ne sais quelle connerie. Il avait tout du mytho bricoleur à tendances schizophréniques dans le genre des pauvres types qui se collent un saladier sur la tête avec deux antennes en s'imaginant qu'ils sont pilotes de soucoupe volante. Ah l'air poli de ces mecs écoutant les délires de mon copain et ne sachant comment s'en débarrasser !

C'est le problème de mon pote Philippe, à force d'être simple et trop gentil, il ne fait pas ancien pilote de chasse, on a plutôt l'impression que c'est le poivraud du coin qui raconte des conneries. Et puis comme c'est un maniaque du détail, il est un peu chiant. Philippe c'est le genre de mec à mobiliser un vendeur d'Airbus pour expliquer qu'il veut juste acheter l'appuie-tête du siège de la rangée 35J mais qu'il le voudrait dans une autre couleur qui ne figure bien sûr pas au catalogue! Et si vous tentez de lui expliquer qu'il fait chier le monde il rétorque qu'il a bien le droit d'acheter un appuie-tête ! Moi, je suis très différent de lui puisqu'après quelques heures de pilotage sur monomoteur, je suis capable d'expliquer à un pilote de la patrouille de France ce que j'aurais fait à sa place !

D'ailleurs à ce titre les boîtes françaises sont terribles car tandis qu'on sent que les ricains sont capables de vous vendre un avion de chasse pourvu que vous ayez la thune, chez les français on a l'impression que si vous n'avez pas un uniforme à la con et une accréditation, on ne vous vendra même pas un paquet de sacs à vomi. Chez nous tout est encadré ! En gros si vous voulez monter votre milice ou équiper votre armée personnelle, ne venez pas chez les détaillants français. A la limite vous aurez des casquettes mais sans galons bien sur parce que le galon doré doit être classé secret défense.

Ensuite on a fait des tas de stands avec des tas de trucs dessus et encore plus d'explications sur chacun des trucs. Ce qui est bien avec mon pote pilote, c'est que même un boulon le passionne et qu'il est capable de vous dire où il est monté et en quoi il est fait. Sûr que si on le laissait faire, il saurait pourquoi le vol AF447 s'est abimé en mer. Bon ce qui était sympa, c'était les explications sur les réacteurs parce que Phil nous a tout bien commenté, même que je me demandais si à la fin de la journée je n'allais pas bosser comme mécano aéronautique vu que je devais en savoir un peu plus qu'eux !

Ensuite on a assisté aux "exhibitions en vol", c'est à dire qu'on a regardé des avions voler et non pas des mecs qui se tripotaient la queue en l'air ! Bon, il y avait des trucs pourris du genre avions de ligne et c'est aussi passionnant que d'aller voir une course de camions au Mans. Et puis bon, comme je suis jaloux, je me disais que ces mecs là, pilotes d'Air France c'était tous des recalés de l'aviation militaire qui conduisaient leurs bus aériens parce qu'ils n'étaient pas assez doués pour voler sur des Rafale. Et toc !

Et puis en plus à Air France c'est presque des fonctionnaires ! Déjà que je n'ai pas d'admiration pour un conducteur de RER, ce n'est pas demain que j'en aurai pour un mec qui fait presque la même chose dans le ciel en emmenant moins de personnes ! Parce qu'on l'oublie trop souvent, une rame de RER embarque ses deux mille passagers contre environ trois-cents pour un gros avion de ligne ! Alors, c'est pas parce qu'on fait le kéké en pilotant un A380 au dessus du 93 que ça va m'impressionner, il m'en faut un peu plus messieurs !

Bon après, il y a eu le tour des avions de chasse et c'est plus rigolo parce que ça va vite et que ça fait un bruit d'enfer. Moi j'ai bien aimé les démos du Rafale et ds F16 et F18 ! D'ailleurs comme Laurence aime les avions, je l'ai appelée pour lui faire écouter le bruit des réacteurs quand ces pignoufs font des chandelles et montent tout droit vers le firmament ! Comme ils n'en foutent pas une rame dans la fonction publique territoriale, Laurence était ravie de pouvoir sortir de sa sieste et elle a écouté les avions sans les voir comme à la radio ! Elle avait collé internet sur son pc et nous donnait le programme ! Tout ça pour vous dire que le fonctionnaire lorrain n'est pas surchargé de boulot !

Après bon, on voyait les pilotes de chasse se balader en combinaison de vol et jouer les beaux. Moi, jaloux comme un pou je ne les ai pas regardés. D'une part, je ne suis pas pédé et puis merde, c'est moi qui les paye avec mes impôts et ils pourraient être polis et plus modestes. Moi aussi comme eux j'ai un boulot et je ne fais pas l'aumône au pays pour me verser un salaire ! en plus ils sont assez petits je trouve. Mais bon, c'est normal vu qu'un cockpit n'est pas bien grand. Et puis de vous à moi, depuis que je sais que la patrouille de France va être commandée par une femme, je me dis que leur boulot ça doit pas être bien plus dur que coiffeuse ou esthéticienne si même une gonzesse peut le faire et même être chef !

Bon en bref, c'était tout de même super même si ce récit n'avait rien à faire sur un blog intitulé "psychothérapeute". Enfin, ça prouvera qu'en libéral au moins on peut se casser quand on veut pour voir voler les avions sans qu'un patron con ne soit sur notre dos !

Quant aux pilotes de chasse, on en parlait ce soir avec GCM et il avait le même point de vue que moi. Bon ok ils pilotent bien mais c'est tout de même leur métier non ? Comme on disait, ces mecs vous les mettez dans une charcuterie et ils sont perdus ! Alors pas de quoi se la péter !

Pff, et n'allez pas croire qu'on soit deux gros jaloux !


15 juin, 2009

Phil la brocante !



Dimanche matin, il a fallu que je me lève tôt ! J'allais aider une amie médecin qui avait un stand dans une brocante à Paris. Je lui amenais des objets à vendre. Principalement des DVD et des livres. Mais comme je suis un bon garçon, j'ai aussi donné une de mes trois basses ! Enfin, celle que j'aimais le moins, une réplique de Fender toute neuve mais pas super jolie !

Habituellement je déteste les brocantes. Je ne suis jamais allé à une brocante, qu'il s'agisse de vendre des trucs ou d'en acheter. Pour moi, aller à une brocante a toujours été plus moins une sorte d'activité de beauf qui n'a rien d'autre à faire le dimanche que d'aller mater des ordures posées sur un trottoir par des mecs tellement âpres au gain qu'ils tentent même de vendre ce qui aurait du normalement finir à la poubelle ! En bref pour moi, une brocante c'était avant tout des merdes qu'offraient de gros pingres aux regards enfiévrés de clodos.

Bref, je me suis retrouvé comme un gland sur le stand d'une ONG à tenter de faire du fric au profit de gamins que je ne verrai jamais puisque je n'aime pas les voyages en général et particulièrement dans les endroits où vivent les gamins.

Nous étions en territoire bobo, en plein dans un endroit où Delanöe doit faire de gros chiffres alors j'avais décidé de m'amuser. Je n'avais jamais autant vu de types à lunettes carrées, affublés de femmes habillées "ethnique" et de gosses aux prénoms grotesques (Lucien, Byzantine , etc.) ! Mais le plus rigolo c'est que si le bobo fait preuve d'attitudes généreuses en façade, ce petit pingre est là à mégoter pour une merde à trois euros en espérant grappiller un euro. Un peu comme sa chef Ségolène qui nous la joue "généreuse" mais perd aux prudhommes pour ne pas avoir payé ses assistantes.

Je comprendrai ce reflexe avaricieux chez n'importe qui mais pas chez le bobo qui se doit d'être irréprochable. Alors moi, je me suis amusé à jouer sur leur culpabilité. Parce que s'il y a un truc qui marche avec le bobo, c'est bien la culpabilité. Quoiqu'il ait, il semblerait que le bobo sache qu'il n'est qu'un usurpateur qui ne gagne pas honnêtement sa vie et il s'en veut. Il aimerait tellement avoir un vrai métier utile ! Mais non, comme dirait Soral, soit il est dans le culturo-mondain, soit dans le semi-prostitutionnel, et cela le mine.

Rappelons en pillant allègrement Wikipedia, que le sentiment de culpabilité ou culpabilité est une émotion relative au groupe social qui repose sur la conviction d'une responsabilité personnelle dans un événement fâcheux dans lequel on n'est pourtant pas toujours intervenu directement ou au contraire dans lequel on n'aurait pas pu intervenir. La culpabilité n'est pas forcément liée à un événement négatif ou une action négative, elle peut aussi être ressentie dans le cas d'un manquement à une règle établie par une autorité, par une collectivité ou par le propriétaire d'un lieu, d'un territoire. Elle peut être ressentie lorsque l'on est en décalage par rapport aux valeurs de la société dans laquelle on vit.

Conscient de tout cela et du fait que la culpabilité est un moteur important, plantant mon regard sérieux dans celui du bobo, tandis qu'il voulait marchander, j'avais ma réponse toute prête :

"Nous sommes une toute petite ONG monsieur (ou madame). Je comprends que vous souhaitiez négocier et que pour vous discuter les prix soit un jeu. Mais si pour vous un euro ce n'est rien, pour nous c'est important car avec dix euros on peut soigner six enfants ! Donc chaque euro compte !".

Et là, dans sept cas sur dix, le bobo accepte de payer la rage au ventre partagé entre le sentiment de s'être fait prendre à son propre piège et de se faire arnaquer. Quant aux autres, ils reposent l'objet sur le stand sans un regard, la tête basse, se contentant d'appeler leur chiard par son prénom grotesque (Clovis, Prune, ou Ratapoil) pour partir la queue entre les jambes convaincus d'être des salauds ordinaires, un peu comme ces mecs de droite qu'ils conspuent chaque jour.

Pour le reste, comme le monde est tout petit, j'ai croisé mon pote le Roi du Togo et j'ai ensuite appelé Toju et on a fini au café à papoter. Parce que si la brocante c'était sympa, ça ne vaudra jamais l'activité consistant à papoter au rade avec des amis, activité dans laquelle j'excelle !

12 juin, 2009

Comprendre les femmes !

Monique Olivier la "compagne" Michel Fourniret


Souvent femme varie. Et bien fol qui s'y fie.



Selon la tradition, François 1er (1494-1547) aurait écrit ces deux vers aux alentours de 1420, à l'aide d'un couteau, sur la vitre d'une fenêtre du château de Chambord à moins que ce ne soit sur son bureau. Suite à quelle déception en vint-il à afficher ainsi son scepticisme sur la fidélité des femmes ?

De fait, les femmes sont parfois difficiles à comprendre même si je m'y évertue. Quoiqu'à la vérité je sois injuste, car la plupart ne me posent aucun problème. Contrairement à une idée largement répandue, elles ne manquent ni de logique, ni de sens des réalités. En définitive, je pense que la clientèle masculine est bien plus compliquée.

Toutefois, comme je le relatais dans l'article précédent, certaines ne cessent de me surprendre. Là où les pouvoirs publics voudraient ne voir dans certains couples qu'une alliance terrible entre un bourreau masculin et une victime féminine, il faut sans doute voir une alchimie complexe et pour le moment sans explications.

Comme Fréhel chantait dans les années trente "Tel qu'il est il me plait" :

"Je suis chippée pour la pomme d'un vrai tordu mal balancé. Ce n'est pas un Apollon mon jules s'il n'est pas taillé comme un hercule, et même s'il est plein de défauts c'est lui que j'ai dans la peau. Tel qu'il est il me plait."

Même si la langue argotique est datée, chacun comprend que Fréhel explique qu'elle est amoureuse d'un toquard mais qu'elle n'y peut rien car son attirance l'emporte sur sa raison. Alors est-ce une question de phéromones ou bien pour des raisons psychologiques que certaines femmes s'entichent de gros nuls voire d'individus dangereux ? Je n'en ai aucune idée, je ne fais que constater certaines choses.

Je pense pourtant que le type de femme le plus fascinant pour leur côté dérangeant sont celles qui vivent des années aux côtés de tueurs en série. Que penser de Monique Olivier la compagne de Michel Fourniret qui n'a pas pu ne pas être au courant des agissements monstrueux de celui qui partageait sa vie ? Que penser encore de la terrible Karla Homolka qui n'hésita pas une seconde à livrer sa jeune sœur vierge de treize ans à son monstrueux compagnon Paul Bernardo alors qu'elle savait qu'il avait déjà violé au moins une dizaine de jeunes femmes ?!

La tradition est toujours de considérer que ces femmes sont sous l'emprise de ces fous dangereux chez qui elles trouveraient une sorte mauvais génie, réalisant ainsi une projection du mauvais père. Pourtant, chacune d'elles profite pleinement des agissements coupables de l'homme avec qui elle partage leur vie. Ainsi Bonnie Parker n'est pas que la complice soumise de Clyde Barrow mais aussi une criminelle endurcie.

L'étonnement est encore plus grand quand on sait que chacun des tueurs en série détenus à vie dans les prisons américaines reçoit quantité de demandes de mariage. Sans doute y a-t-il parmi ces femmes désireuses d'épouser un de ces monstres, quelques débiles profondes suffisamment convaincues que l'amour triomphe de tout et désireuses de transformer ces loups en agneaux. Pourtant pour la majorité d'entre elles, c'est la dangerosité même de ces prédateurs humains qui les attire.

Parce que la psychopathologie a des facilités à créer des catégories et à trouver des noms pour tout, on appelle ces femmes des "hybristophiles". L'hybristophilie, du grec hybrizein, «commettre un outrage contre quelqu'un» et de philos, «qui aime»), est une paraphilie où la personne est attirée par des personnes ayant commis des crimes (vol, viol, meurtre).

De fait, l’hybristophilie constitue sans doute une forme d'intérêt érotique intense, incoercible pour des partenaires sexuels ayant commis des crimes (viol, vol, meurtre…). On peut imaginer que l'hybristophilie est relativement courante et n'est pas forcément dangereuse.

C’est le fantasme courant du voyou pour les jeunes filles qui à l'âge du collège et du lycée semblent parfois plus attirées par le mauvais garçon que par le premier de la classe trop lisse.Un auteur qui se vante de tout connaitre du cul explique que :

"Il y a comme un réflexe naturel dans cette attirance pour le mal, parce que le mal est synonyme d’aventure et qu’il ouvre des perspectives sur d’excitantes, troublantes découvertes".

Rien de plus faux que cette assertion puisque cette attirance n'est pas si commune que cela. De plus assimiler le "mal" à l'idée d'aventure et de troublantes découvertes est pour le moins choquant. Le voyou dont on parle dans l'hybristophilie n'est pas un voleur de mobylettes qui finira par se ranger à l'âge adulte mais bel et bien un psychopathe avéré, un monstre réel. rien à voir avec le beau rebelle assis au fond de la classe !

De fait on ne sait rien de ces hybristophiles. Dans sa vanité, la psychopathologie a trouvé une case où ranger ces curieuses femmes amoureuses de criminels, mais elle n'explique pas l'origine de cette curieuse attirance. On peut ergoter, tenter de comprendre, je suppose qu'à part quelques traits communs de personnalité qu'il nous faut admettre, chacune de ses femmes possède sa propre histoire qui lui fait préférer un monstre à un type bien.

Une fois prochaine, nous parlerons de ces hommes qui préféreront toujours les garces qui leur arrachent le cœur et se barrent avec leurs économies plutôt que les femmes bien !

11 juin, 2009

Sacrées gonzesses !


Vous ne le savez peut-être pas, mais prochainement un clip tourné par Bertrand Blier sera diffusé sur nos écrans pour mettre en garde les femmes contre les mauvais traitements habituels qui ne sont pas seulement les coups mais aussi les paroles. J'ai lu cela dans le Parisien voici deux ou trois jours.

On y verra ainsi une femme se faire rabaisser et humilier par son mari de toutes les manières possibles. Il lui dira qu'elle est moche et grosse et n'hésitera pas à la traiter de conne. Qu'on se rappelle que l'homme est un perpétuel salaud qui, lorsqu'il ne tabasse pas sa femme, l'insulte copieusement ! Et puis, quand il en a marre et qu'il veut se reposer, il se contente alors de l'humilier et de la rabaisser sans cesse.

D'ailleurs l'association prend cela très au sérieux et voudrait que l'état légifère sur ce problème. Bien sûr, la responsable qui était interrogée ne sait pas bien comment faire pour qu'un juge répressif matraque les hommes tant tout est affaire d'interprétation !

Pourtant tout n'est pas aussi simple que ce que veulent montrer les associations luttant contre les "violences domestiques". Des couples étranges existent et fonctionneent parfaitement bien tandis que vus de l'extérieur, on a l'impression de voir un bourreau et une victime.

Voici déjà quelques années, j'ai reçu une demoiselle vivant avec un type dont elle avait eu un enfant. Selon ses dire, c'était un monstre d'égoïsme et de cruauté. Il lui avait tout fait. Bien sûr il ne travaillait pas, se contentant de vivre à ses crochets, sans même se donner la peine de garder leur enfant, pour lequel ma patient devait payer une crèche.

Levé tard et n'en branlant pas une, monsieur ne s'animait que le soir venu pour aller faire la tournée des bars en claquant le blé de madame, qu'il trompait de plus assidument avec la première pouffiasse venue. Et le pire est qu'une fois qu'elle avait du partir quinze jours pour un voyage d'affaires, monsieur lassé de devoir donner à manger au chien, s'était débrouillé pour le faire piquer par un véto conciliant.

Dans notre jargon, on appelle les mecs de ce genre des sociopathes ou des personnalités antisociales. Comme il n'est pas possible de faire apparaitre une conscience morale chez quelqu'un qui en est dépourvu, on a l'habitude de dire qu'il sont incurables.

Ma patiente avait conscience de cela. Semaine après semaine, elle me racontait tous les exploits de son copain. Et puis un jour, n'y tenant plus elle l'a quitté, le laissant tout seul et sans argent. Le pauvret a du bosser ce qui n'était pas facile. Comme elle était jeune, jolie, intelligente et travailleuse, elle aurait pu refaire sa vie. Ce qu'elle a tenté de faire.

Mais ce qui devait arriver arriva. Lassé de se lever pour travailler et considérant que c'était plus simple de jouer les gigolos, monsieur Gros Con relança son ex. Et évidemment celle-ci le prenant au mot, décida de lui redonner sa chance. C'est à dire qu'elle plongea et se remit avec lui.

Je ne la vis plus en consultation. Aux dernières nouvelles que me donna une de ses amies, elle souffrait toujours avec son sociopathe. Et je suis sûr qu'à moins d'un miracle, elle passera sa vie avec ce connard.

Pourquoi ? Je n'en sais strictement rien ! On peut invoquer un fond dépressif, un manque d'estime de soi, et autres conneries habituelles de ce genre émises par les psys qui n'ont pas forcément tort d'ailleurs. Pourtant, la demoiselle qui m'a consulté n'avait rien de tout cela. Elle avait juste conscience de ne pas être avec l'homme qu'il lui fallait mais elle ne pouvait s'en passer. Sans doute y avait-il une raison mais finalement elle n'était pas pressée de la trouver, un peu comme le toxico qui sait combien l'héro lui fait du mal mais aussi quel plaisir elle lui procure. Parfois, certaines femmes ont ce genre de mec dans la peau et c'est peut être bien une affaire de phéromones plutôt que de psychologie.

Et croyez-moi, c'est courant. Je ne compte plus les gonzesses en or (jolies, intelligentes) qui m'ont consulté alors qu'elle vivait une histoire d'amour pourrie avec de parfaits connards.

J'en ai donc déduit que parfois, la capacité à aimer de certaines femmes était une faille terrible, quelque soit leur intelligence. D'ailleurs si on connait des femmes qui ont fait le trottoir pour leur homme, on ne connait pas l'inverse.

Et ça, ce n'est pas une pub à la con qui le changera ! Les choses sont parfois plus complexes qu'on ne l'imagine.

Erratum : il s'agit du réalisateur Jacques Audiard et non pas de Bertrand Blier !

10 juin, 2009

Elections européennes !


Tiens je m'aperçois que je dois être l'un des seuls blogs qui n'a pas parlé de ces élections. Pourtant, je suis allé voter alors que je ne pensais pas le faire. Mais bon, Laurence étant venue nous voir, je l'ai raccompagnée dimanche soir à la gare.

Et en revenant, je me suis dit que le bureau de vote étant sur la route, j'allais accomplir mon devoir électoral. Ce que j'ai fait mollement et sans grande conviction. Enfin, cela m'a permis de papoter avec les gens qui tenaient le bureau et que je connaissais tous. J'ai glissé un bulletin pour Bayrou parce que j'ai trouvé qu'il avait été courageux de balancer ses affaires de pédophilie à l'autre naze qui l'avait bien cherché. Quant au programme de Bayrou, ne me demandez rien, je ne le connais pas.

C'est vrai quoi ! On nous bassine avec la pédophilie sur le net, on nous ponctionne pour financer des pubs, on nous épie, on nous impose des tas de trucs au motif de débusquer ces prédateurs mais quand il y en a un sur un plateau de télévision, un qui en plus a avoué, personne ne dit rien ! C'est peut être une histoire de prescription ?

Ou alors peut être que se faire déshabiller par une gamine de cinq ans et trouver cela érotique, c'est moins grave si vous êtes sympa et écolo ? Je n'en sais rien, surtout qu'il y a tellement de provoc' chez Dany qu'on ne saura jamais si tout cela était vrai ou si c'était juste pour choquer le bourgeois. A vrai dire je m'en tape. Ça apprendra aux parents à coller leurs gosses dans des jardins d'enfants alternatifs.

Je ne me suis pas attardé avec mes petits copains parce qu'ils me faisaient chier. Je les ai écoutés me parler du taux d'abstention qui les faisait frémir comme si leur vie en dépendait. En fait, ils se branlaient de savoir pourquoi les gens s'abstenaient. Ce qui leur importait, c'était de savoir combien, parmi ces abstentionnistes, seraient des électeurs potentiels perdus pour leurs listes. Petits mercantis médiocres, ils ne cessaient pas de calculer dans leurs têtes étroites leurs part de marché et leur chiffre d'affaires.

Je les trouvais vains. Les pauvres étaient en train de bosser gratuitement pour contribuer au fonctionnement d'un truc qui la leur mettrait bien profond et ils se prenaient au sérieux. Je les ai juste écoutés sans rien leur dire alors qu'habituellement je me serais foutu d'eux. Mais là, je n'en avais même pas envie. Je me suis juste grillé une clope et je me suis barré.

La programmation du film HOME, le débat scandaleux orienté par la mère Chabot, et aucun de ces abrutis ne voyait la grosse manip' se profiler, les accords glauques qui s'étaient sans doute conclus pour faire exploser le PS et le MODEM et gonfler artificiellement les crétins verts.

Je me disais qu'on pouvait tout leur faire, les humilier, les rouler, les manipuler et qu'élections après élections, ils seraient là fidèles au poste, enfermés dans une école primaire, le cul vissé sur une chaise de cantine inconfortable.

Parce qu'en définitive, au-delà de la grande et noble idée d'Europe, il s'agissait surtout de faire élire un gonze à une sinécure qui allait palper pas mal de blé net d'impôts sans en branler une.

02 juin, 2009

Transsexualisme !

Election Miss Trans 2003

Voici peu, je lisais quelques blogs dits "réactionnaires" et j'ai constaté que la nouvelle selon laquelle le transsexualisme serait "sorti" des pathologies mentales faisait ricaner.

Bon, c'est vrai que le combat bruyant des "gays, lesbiennes et autres trans" peut être extrêmement pénible. La Gay Pride est une une abomination esthétique ! Ce n'est qu'un énième avatar du combat communautarisme auquel se livrent les gens dès lors qu'ils en commun une variable les rendant un peu différents de la population en termes statistiques. Je suis sûr qu'un jour on verra apparaître un groupe de défense des roux voire des naines lorraines pour lequel Laurence milite pour le moment seule !

Mais cette agitation pénible est aussi le prix à payer pour un pouvoir qui n'a eu de cesse que d'opprimer les individus. Souvenons-nous que jusqu'en 1981, les contribuables que nous sommes ont eu à financer une brigade de lutte contre l'homosexualité à Paris. C'est à dire qu'en France, vous ne pouviez pas faire ce que vous vouliez de votre cul sans que l'état ne s'en mêle.

Pour le reste, comprendre le transsexualisme c'est admettre que ce n'est pas parce que vous avez une bite ou un joli vagin que vous avez tout pour vous en servir. Comme en informatique, il y a le hard et le soft. De même qu'un beau PC sans système d'exploitation ne servira à rien, de même le plus bel organe de la création sera inutile si vous n'avez pas dans votre cerveau le soft pour vous en servir.

Durant des dizaines d'années, la psychanalyse, qui est à la psychologie ce que le fardier de Cugnot est à l'automobile, a voulu voir dans l'homosexualité ou la transsexualité, un phénomène purement psychologique qui trouverait ses origines dans un quelconque traumatisme de jeunesse. En bref, comprendre le traumatisme aurait permis à l'homo de devenir hétéro. C'était la chouette époque ou on ne s'emmerdait pas avec les neurosciences et où l'on pouvait pondre des tas de théories à la con sans s'embarrasser du cerveau que l'on ne comprenait pas et ne cherchait pas à comprendre.

Aujourd'hui, on admet qu'il y a le genre et le sexe. L'identité de genre est la conviction intime d'un être humain d'être de tel ou tel genre. Là, c'est le soft que vous avez dans la tête. Vous pouvez avoir un Mac, si vous l'avez équipé de Windows Vista, il tournera comme un PC.

Selon les personnes, cette identité peut être simple (à savoir « homme » ou « femme ») ou beaucoup plus complexe (par exemple « homme et femme », « ni l'un ni l'autre », « beaucoup de l'un moins de l'autre », etc.).

Cette conviction est vécue comme une évidence. Elle n'est pas la résultante de l'éducation et, contrairement à ce que John Money a prétendu, elle ne peut en aucune manière être influencée par elle. Quels qu'en soient les mécanismes, il semble de plus en plus clair que cette conviction est innée et inamovible.

Dans la quasi-totalité des cas, l'identité de genre d'une personne est en conformité avec le sexe indiqué par ses organes génitaux internes et externes. Dans 1 cas sur 2500, selon des estimations, l'identité de genre d'une personne et son sexe biologique sont en opposition si radicale que la personne a entrepris une opération de réattribution.

Quant à l'identité de sexe, c'est un ensemble de caractéristiques anatomiques, physiologiques et génétiques qui font dire que telle personne est soit mâle, soit femelle, soit hermaphrodite, soit intersexuée plutôt masculine, soit intersexuée plutôt féminine. C'est le matériel dont vous a doté la nature.

Les conflits viennent donc quand il n'y a pas congruence entre l'identité de sexe, que vous avez été étiquetté "mâle" ou "femelle" par létat civil tandis que dans votre tête, vous vous sentez du sexe opposé.

Et quand il n'y a pas congruence, vous vivez mal et même que ce n'est pas aussi rigolo que ce qu'en pensent les réacs moqueurs que j'ai pu lire. Votre corps est une prison de la même manière que si vous étiez handicapé moteur.

Et comme si cela ne suffisait pas, vous vous heurtez à deux problèmes. Le premier ce sont les gens qui sont sensés vous aider et vont finalement tenter de vous rééduquer en vous faisant croire que vous êtes un grand malade. Alors là, vous pourrez passer dix ans en analyse à vous triturer le cerveau. Quelle que soit votre sincérité, la véracité de ce que vous exprimez, vous aurez en face de vous un individu qui ne croit qu'à ses théories à la con et pour qui la biologie n'existe pas ou à peine.

Enfin quand, vous triomphez de tout cela, et que vous acceptez de mettre en concordance votre sexe anatomique et votre identité de genre, vous avez le droit aux emmerdes de l'état. Parce que maintenant que vous, Georges, avez une belle vaginoplastie, et que vous souhaitez changer votre état-civil pour vous appeler Ginette, vous serez en proie aux problèmes juridiques. Peu importe votre 95C, vos cheveux longs et le fait que vous soyez en jupe, il se pourrait qu'un tribunal mette des années à reconnaître vos droits légitimes et que vous persistiez encore quelques temps à vous appeler Georges.

Dans d'autres pays, c'est plus complexe et l'identité transgenre est prise en compte. Il y a les mahus à Hawaï, les hijras en Inde, les rae-rae en Polynésie et la liste est longue. Donc dans certaines cultures, on peut admettre que la nature joue parfois de drôles de tours et que l'on n'est pas toujours ce que notre apparence donne à croire !

Et puis il suffit d'avoir eu face à soi quelqu'un affligé d'un tel trouble pour que cela ne fasse plus rire du tout. La prison à vie en raison d'une erreur biologique n'a rien de drôle. Il ne faut pas mélanger les manifestations hystériques de certains avec la réelle douleur de tant d'autres.

Méchanceté ordinaire !


Bien que je ne sois pas de gauche, il y a des gens de gauche que j'apprécie. Ce sont tous les idéalistes parfois délirants qui se sont faits un devoir d'aimer tout le monde et de venir en aide au moindre individu souffrant sur la planète. Leur naïveté est parfois confondante de bêtise mais leur sincérité est réelle. J'ai souvent envie de leur dire que le monde ne marche pas comme cela et qu'il est bien plus dur et cynique qu'ils ne l'imaginent mais ils ne me croiraient pas. Après tout peut-être que leur lénifiante conscience est plus agréable à vivre que mon effroyable lucidité.

Et puis, il y a les autres, ceux qui trompent leur monde en parlant de leurs nobles combats et de leurs justes luttes, alors que ce ne sont que des salauds ordinaires, des envieux déguisés en nobles chevaliers. Pour eux, la compassion sera toujours à sens unique : il y a les bons morts, les bonnes victimes parce qu'elles cadrent parfaitement avec leurs schémas mentaux étroits et mesquins et les autres.

Ainsi, hier matin alors que je lisais les journaux en ligne, j'ai parcouru le forum des lecteurs du Parisien concernant le drame du vol AF447. Il y avait trois types de commentaires :

1) Une écrasante majorité de messages de condoléances émanant de personnes qui avaient été touchées par ce drame ;

2 ) Un grand nombre de commentaires émanant de pseudo-experts à peu près aussi convaincants que Michel Chevalet intervenant sur BFM. Certains, dont les qualifications en pilotage ne dépassent pas l'utilisation assidue de MS Flight Simulator, n'hésitent pas à refaire le vol et à expliquer ce que le commandant de bord aurait du faire, tandis que d'autres plus farfelus expliquent que la zone est connue pour être le lieu de manifestations étranges à relier aux OVNIS ;

3) Des commentaires de ces salauds ordinaires dont je parlais plus haut et qui profitent de ce drame pour étaler leur haine, leurs frustrations et leur méchanceté. Ces affreux pour qui se taire et respecter un deuil n'existe pas, simplement parce que leur pathologie dissimulée sour les oripeaux d'un combat idéologique ne leur laisse aucun répit. Parmi ceux-ci, j'ai noté ces deux commentaires :

Ce chiffre?
Combien de SDF meurent d'abandon ? Ceux-ci,n'ont aucune valeur marchande pour que l'on ne s'émeuve sur leurs décès. J'aimerais me dire que l'un des miens a péri ds cet avion:il avait les moyens de voyager,il n'a pas souffert des mois,des années de ???? il n'a pas été victime d'une folie meurtrière,quelle qu'elle soit.... Bref,mesurons le gouffre entre les heures d'infos sur les "DENIES" de la société et ce drame.

200 morts et ?
L'émotion? Par combien doit-on multiplier ce chiffre de morts pour connaître les décès dus à des conflits armés??????????à la malnutrition?????????aux maladies ds des états ...sans soins.... Joue-t-on avec le déraisonnable?ou,seule la valeur marchande de ce transport est-il sous-jacent???????, Sachons raison gardée

En bref, si vous avez les moyens de prendre l'avion, vous pouvez crever tranquillement. Peu importe les moments d'angoisse quand pris dans des turbulences vous sentez votre dernière heure arriver. Ne compte pas non plus la terreur que l'on doit ressentir quand l'appareil chute inéluctablement. Peu importe aussi les dernières pensées que vous aurez pour vos proches, tout ce que vous auriez voulu leur dire une dernière fois sans pouvoir le faire, prisonnier dans cet avion en perdition. Quant aux cris de détresse, aux pleurs, et à toutes ces manifestations de l'angoisse et de la peur, c'est pareil : ça ne compte pas ! Non, vous n'êtes qu'un salaud de riche et vous pouvez crever tranquille.

Ne désirant pas devenir comme elles, je ne souhaite aucun mal à ces personnes, mais les assure que j'aurais pris un grand plaisir à leur coller une grande paire de claques dans leur vilain museau chafouin si je les avais eues face à moi.

23 mai, 2009

Quoi de neuf ?!


Pff, j'ai jardiné comme une brute. C'est ça quand on a un jardin. Soit on est un mercanti riche comme mon pote Olive, celui qui roule dans une Alfa-Roméo remplie d'enceintes Bose, et on paye un lusitanien pour le faire, soit on est un pauvre mec comme moi, et on s'y colle ! On tond, on désherbe, on ramasse le bois mort, on creuse de trous, on plante, etc., et quelques heures après, on est rompu de fatigue et on n'a qu'une seule hâte : poser un cul sur un canapé moelleux.

C'est justement ce que je faisais lorsque le journal télévisé a commencé. Cela faisait au moins un an que je ne l'avais pas regardé. J'écoute les grands titres et je n'en reviens pas ! Pas un seul mot sur la terrible grippe mexico-porcine ! On n'en parle pas, on n'en parle plus ! Diantre, ce terrible fléau qui aura fait 83 victimes dans 41 pays, aurait-il déjà été éradiqué ?

Je me souviens encore d'une journaliste interrogeant le directeur de la Santé publique :
- Professeur, vous nous le confirmez, nous venons de passer au stade 5 ?
- Oui, depuis une heure, nous sommes au stade 5, je le confirme !
- Et donc, nous pouvons d'ores et déjà nous attendre à passer au stade 6, celui de la pandémie, d'un jour à l'autre.
- Malheureusement, même si je ne peux vous le confirmer, c'est à craindre. Nous sommes très vigilants.
- Et donc quelles mesure sle gouvernement a-t-il prises ?
- Nous possédons des milliards de masques et des stocks de Tamiflu et bien sur tout le monde est en alerte rouge !
- Merci professeur.
Puis se tournant vers la caméra, la jolie journaliste, le regard fixe et pénétré, assène :
- Cela vient d'être confirmé par le professeur X, le stade 5 a été déclaré et nous craignons de passer au stade 6 d'une heure à l'autre.

Putain que c'était beau et tragique, un vrai scénario de film de série B made in USA, digne d'une chaîne de la TNT. Ne manquait que des mecs en scaphandres autonomes s'appelant tous "docteur", des bâtiments publics bondés de moribonds crachant leurs poumons le regard fiévreux, de mères serrant leur enfant malade contre leur poitrine les yeux en larmes, de salauds s'appropriant le stock d'antiviral rien que pour eux, de suprématistes blancs antigouvernementaux tentant de forcer les barrages militaires à bord de leurs pick-ups déglingués, de longues files de Hummers convoyant la Garde nationale, et bien sur des hommes en costumes gris au regards soucieux s'entretenant avec des hommes en uniformes chamarrés chargés de gérer la pandémie.

Au lieu de cela, on a le droit à un pétard mouillé , un feu d'artifice tout pourri qui fuse dans le ciel pour faire un "pschhh" tout minable ! Déçu, j'attends donc la prochaine superproduction des journalistes d'état. Je sens que la violence à l'école pourrait faire un bon scénario catastrophe.

20 mai, 2009

Jolie chieuse !


Quand une très jolie femme est une chieuse invétérée, il faut toujours traquer l'incohérence dans le personnage qu'elle présente. L'incohérence se signale dès lors que vous notez que dans la personnalité de la chieuse existe une antinomie. Ainsi, elle pourra être chieuse mais finalement assez sympa. Ou alors, elle aimera jouer la belle mais se taira quand elle est en public. Ou encore, son discours sera affirmé mais très pauvre en détails. Il faut que votre radar tourne pour que vous puissiez traquer ces petits bugs.

Ensuite, on peut envisager deux sortes de problèmes :

S'il n'y a aucune incohérence et la chieuse n'est que chieuse alors, soyez sûrs que ce n'est qu'une petite conne habituée à être au centre de la scène. Ses exigences héritées de l'adolescence, époque à laquelle elle était au centre de l'univers, l'ont transformée en petite princesse pénible habituée à être obéie. Le traitement ne relève pas de la psychothérapie mais du dressage.

Dans ce cas, on pourra tenter différents stages. Tentez d'abord un stage d'un mois en Corse où l'on saura la mettre à sa juste place. Elle videra les oiseaux tués par les hommes à la chasse, tandis que ceux-ci discuteront en buvant leur Casa. Si cela ne fonctionne pas, envoyez-la trois mois en Sicile où normalement le fait de porter un fichu noir et de manger après les hommes devraient la ramener à de plus justes considérations. Et enfin, pour les plus récalcitrantes, existe aussi le stage de six mois en Albanie, pays où l'on sait parler aux femmes. Là-bas un bon dresseur moustachu devrait vous la renvoyer docile comme vous la vouliez et capable de servir la soupe à l'heure ET chaude !

En revanche, si vous notez une incohérence, tentez d'en savoir plus. Dans tous les cas, vous aurez à faire à un gros vilain complexe que la chieuse tente de dissimuler en surcompensant et en se mettant en scène.

C'est la logique du handicap social qui amène ceux qui en sont affligés à agir comme peuvent souvent (mais pas tout le temps) agir des handicapés physiques. Cet extrait du livre de Roger Mucchielli, "Les complexes personnels", devrait vous renseigner utilement.

Dans ce cas, le sentiment d'indignité qui résulte du complexe, non reconnu comme tel mais vécu sur le mode général du mécontentement permanent de soi, empoisonne toutes les initiatives, tous les projets et toutes les relations. La personne devient agressive et tente d'occuper l'espace coûte que coûte pour ne pas se sentir menacée d'anéantissement.

J'avais eu l'occasion de rencontrer une de ces petites blondes particulièrement chieuse. Quand on m'avait parlé du cas, j'en avais hâtivement conclu, que j'aurais à faire à une hystérique de base, une emmerdeuse qui depuis son adolescence a le monde à ses pieds.

L'ayant reçu, j'ai vite ressenti certaines incohérences et notamment la manière dont elle parlait. Elle semblait choisir ses mots, comme si elle tenait à me présenter une image parfaite d'elle. Lorsqu'elle aborda ce qui la tourmenta, encore une fois plutôt que s'exprimer simplement, elle utilisa des concepts psychanalytiques complexes qu'elle maitrisait mal. Sans doute en avait-elle eu connaissance dans quelque journal féminin ou dans un quelconque guide Marabout.

Je la laissai s'exprimer, me contentant juste de recadrer son discours et de la recentrer pour lui éviter de psychologiser vainement. Je la vis deux fois, le temps d'être sûr de moi. A la troisième séance, j'étais sûr de mon coup : la belle souffrait sans aucun doute d'un complexe d'infériorité résultant certainement d'études médiocres.

Et là, bingo ! Elle habituellement si sûre d'elle, se décomposa. Elle tenta d'abord de nier mon point de vue mais je n'en démordis pas. Je lui expliquai qu'elle avait parfaitement le droit de venir me raconter la messe mais que je conservais le droit de ne pas la croire.

Alors contre toute attente, elle m'expliqua qu'elle se trouvait d'une banalité affligeante et d'une médiocrité à toute épreuve. Puis, elle modéra ses propos. Elle m'expliqua que face aux gens qu'elle rencontrait, elle se trouvait moyenne en tout. Lorsqu'elle écoutait une telle ou untel, raconter quelque chose, faisant preuve d'un talent quelconque, elle se sentait misérable et diminuée. Alors, m'expliqua-t-telle, il ne lui restait que son physique à mettre en valeur et à occuper l'espace en jouant la séductrice pénible, afin de ne pas courir le risque d'être transparente.

Tout ceci se traite fort bien en développant les habiletés sociales. Je rappelle qu'il existe aussi des chieurs patentés et que ce trait de caractère n'est pas l'apanage des femmes uniquement !

17 mai, 2009

A la poste !


Vendredi est mon jour de relâche alors forcément comme je ne bosse pas, je me coltine toujours les obligations administratives. Ainsi, c'est moi qui vais à la Poste chercher les recommandés et les colis.

Je prends toujours un livre. Ainsi, je m'insère dans la queue et je lis. J'oublie tout et je peux traîner une demie-heure derrière des vieux venus perdre leur temps (et le mien) en achetant des timbres de "collection" pour leurs petits enfants, des membres du lumpen-prolétariat venus retirer deux euros de leur CCP ou encore se plaindre d'être à découvert, ou encore des représentants de minorités visibles venus là pour envoyer du fric dans des pays improbables. Bref, ce monde cruel qui n'a aucune sorte de compassion pour les êtres d'exception, s'acharne sur moi !

Et puis, il y a les postiers et ceux-là ne sont pas tristes. Bon, c'est sûr que passer un concours de cadre C pour entrer à la Poste n'est pas fait pour sélectionner les meilleurs et les plus dynamiques. Généralement, on est postier de père en fils, incité par papa qui vous explique qu'à notre époque tourmentée, c'est bien d'avoir un boulot avec une garantie d'emploi. Mais bon, parce que j'ai eu des postiers dans ma clientèle, il faut aussi dire que s'ils étaient tentés de se la couler douce, c'est raté. Le boulot n'est pas si simple du fait des catégories suscitées.

Au guichet, les emmerdeurs sont nombreux comme dans tout commerce de proximité. Le Gringeot qui a joué à la marchande pourrait vous en dire quelque chose,. Même si à mon avis il en rajoute, parce qu'on a du moins le faire chier qu'un guichetier souffreteux. Quand Hulk vous sert à la caisse, vous dites au revoir et merci et vous allez vous plaindre quand vous êtes sur qu'il ne vous entend pas.

Enfin quoiqu'il en soit, à la Poste où je vais, j'ai le choix entre :
- une obèse geignarde qui a décrété qu'elle ne pourrait pas soulever un colis de plus de 100 grammes parce qu'elle a mal au dos et qu'elle le clame haut et fort. Alors si je reçois un colis de charcuterie corse de belle-maman, il faut qu'elle hèle un collègue en lui rappelant chaque fois qu'elle n'a pas le droit de porter des objets lourds.
- une conne malaimable dont le drame est d'avoir un corps de rêve surmonté d'une tête de cauchemar. Et ça, le beau corps surmonté d'une vilaine trogne, ça fait des gonzesses aigries, c'est très connu. Elles se marient en dessous de ce quoi elles auraient pu prétendre, souvent avec un queutard qui leur mettra l'oreiller sur la tête quand ils copuleront, et elles en veulent à la terre entière de n'être que des jouets sexuels.
- un brave gars sans doute compté dans le contingent de handicapés physiques, plutôt gentil mais qui met une heure à aller chercher le colis, de sa démarche chaloupée et improbable.
- une représentante des minorités visibles toujours souriante mais qui a décrété que si son service s'arrêtait à midi, ce n'était pas midi une, et qui met une plombe à faire quoi que ce soit.

En bref, je connais ma poste par cœur et ce n'est pas l'endroit que j'aime fréquenter. Jusqu'à ce vendredi après-midi où je poussais les portes de ma poste. En fait, je n'ai pas poussé les portes puisqu'elles sont automatiques, comme dans Cosmos 1999, sauf qu'on n'a pas besoin d'une télécommande et que cela s'ouvre tout seul !

J'arrive donc avec mon livre à la main, lorsque j'avise un nouveau guichet isolé sur la droit où une sorte de Vénus sortie tout droit de l'imagination de Botticelli me fait un grand sourire. Hypnotisé, mes pas me dirigent vers elle. La garce se paye en plus le luxe de me sourire et de me parler gentiment, ce qui n'est pas courant à la Poste.

Tandis que je lui tends le formulaire jaunâtre accompagné d'une pièce d'identité, je scanne le bel animal : stature moyenne, taille fine, seins petits et fermes, cheveux châtain, yeux noisette expressifs, dents parfaites et blanches, bouche sensuelle juste ce qu'il faut pour ne pas sombrer dans un côté salope, et une très jolie voix dénuée d'accent banlieusard.

De plus, la bougresse est élégante sans ostentation ce qui change de ses collègues qu'on croirait toujours habillées par correspondance, genre catalogue de la Blanche Porte, n'hésitant généralement pas à mélanger hardiment les carreaux et les rayures ou à porter des trucs qu'on aurait crus disparus au milieu des années soixante-dix. Elle va alors chercher mon colis d'une démarche souple et féline et je reste comme un gland, sous son charme.

La Poste est en progrès !

15 mai, 2009

Les enfants sont des salauds !


Les discussions de filles sur les enfants m'agacent toujours profondément. Voir en l'enfant un petit être adorable est une fumisterie. L'enfant est bête et cruel et il a besoin des adultes pour vivre en société. Son misérable cerveau en devenir, aux connections neuronales non abouties, ne lui permet pas d'envisager des situations complexes. En bref, sans l'adulte l'enfant serait un monstre.

J'ai reçu récemment une nouvelle patiente. Une assez jolie brune volcanique et vraiment sympa. On pourrait s'étonner que cette petite trentenaire n'ait pas encore trouvé preneur. Elle fait toujours bonne figure et depuis quelques semaines, je ne saisissais pas bien pourquoi elle me consultait. Certes, gagner de l'argent en papotant avec de jolies filles est chose agréable, mais je reste honnête. Mon métier est d'aider les gens et non de jouer le payed-friend !

Il aura fallu que l'on sorte ensemble pour que saisisse toute sa détresse. Quand je dis sortir ensemble, il ne s'agit pas de lui avoir roulé des pelles en dansant des slows ! Un soir, alors que c'était ma dernière patiente, nous sommes allés vers le métro ensemble et j'ai remarqué un truc : elle boitait. Je ne m'en étais jamais aperçu.

Naïvement, je lui ai demandé si elle s'était fait une entorse ou blessée d'une quelconque manière. Elle m'a souri et m'a dit que pas du tout, qu'elle était hémiplégique depuis toute petite suite à un accident. Je lui ai dit que je ne m'en était jamais rendu compte. Elle m'a alors expliqué son calvaire tandis que nous marchions vers le métro.

Elle me l'a raconté gaiement comme si tout cela était loin derrière elle. Elle m'a parlé des séances de kiné quotidiennes, des difficultés qu'elle avait eu pour réutiliser un peu sa main, etc. Et puis, comme s'il s'agissait d'une bonne blague, elle m'a dit : "Et vous voyez Philippe, même vous, vous n'aviez rien vu !" Effectivement, la nature étant bien faite, elle compense bien et à moins qu'elle ne soit fatiguée et ne se mette à marcher en roulant d'un bord sur l'autre comme un bâteau pris dans une tempête, on ne voit rien du tout.

On s'est séparé parce que nous ne prenions pas la même ligne. Avant de la quitter, pris d'une idée soudaine, j'ai fait mon lieutenant Columbo et je lui ai demandé si à son avis, son handicap avait été une gêne véritable. Elle m'a assuré que non et on aurait pu être tenté de la croire. Elle est plutôt jolie et m'assurait cela avec un grand sourire Colgate. Je ne l'ai pas vraiment crue. Mais, nous étions pressés, nous n'allions pas faire la séance dans une station de métro, alors je suis parti.

Voici quelques jours, elle est revenue. Elle m'a encore parlé avec le sourire. Si j'était tenté de croire en sa comédie, alors je me demanderais vraiment ce qu'elle fiche là, dans mon cabinet., souriante et pimpante. Merde, je suis psy, je ne tiens pas un café où l'on vient juste papoter et passer un bon moment, même si je suis le mec le plus sympa du monde !

Alors j'ai un peu allumé. Je lui ai parlé de l'incohérence qu'elle présentait. Je lui ai demandé pourquoi une aussi jolie fille était encore seule après avoir collectionné les toquards. Elle n'a rien dit ou plutôt a tenté de se justifier. Moi, j'ai poursuivi en lui disant qu'à mon avis, ça sentait le manque de confiance en soi, à croire qu'elle était en solde, prête à s'offrir à n'importe quel crétin pourvu qu'il veuille bien d'elle. Et là, j'ai eu le droit aux chutes du Niagara, des pleurs qui n'en finissaient pas. Je m'en fous j'ai toujours des boîtes de kleenex d'avance. Le kleenex, c'est l'instrument de ma dignité comme le stéthoscope que porte toujours un médecin dans toute série américaine.

Les larmes, c'est un bon signe dans mon boulot. Un peu comme lorsque chez le dentiste, celui-ci vous titille chaque dent avec un instrument jusqu'à trouver exactement celle qui vous fait mal et que vous lui disiez "é è a !" (c'est celle là). Il ne reste plus qu'à la traiter. Ça semble cruel mais la douleur, fut elle morale, est une bonne indication pour la suite d'un traitement. D'ailleurs, la douleur ne sert qu'à cela, c'est juste une source de renseignement, un super bon compteur sur lequel vous pouvez lire que quelque chose ne tourne pas rond dans votre corps ou votre tête.

Alors, elle a fini par me parler et me sortir tout ce dont elle n'avait jamais parlé, même à ses parents ou des amis proches : une suite de moqueries, de vexations sans fin, de méchancetés gratuites, etc. Tant et si bien qu'à la fin, même si l'on s'en sort parce que la vie continue malgré tout, on n'est jamais plus la même personne. A l'extérieur, on finit par faire bonne figure, mais à l'intérieur, tout est en ruine et pourri. La vie ne sera plus jamais la même.

Ce qu'il y a de bon, c'est que dans ces cas là, ceux qui en sont passés par là sont généralement plus murs et moins fragiles que les autres. On a ainsi pu observer que des jeunes ayant connu ce type de détresse (extrême précarité, handicap, maladies, perte d'un des parents) avaient généralement plus de chance de réussir que les autres. Au moins savent-ils qu'il faut payer pour obtenir les choses et que la vie n'est pas une tartine de Nutella dont on boufferait un peu chaque jour.

Enfin quoiqu'il en soit, moi, je vous le dis, les enfants sont naturellement des petits salauds et méritent parfois une bonne claque dans leur vilain museau. Il faut que l'idée de culture transcende la nature et les adultes sont là pour cela.

J'ai peur !


Je reçois depuis peu un jeune énarque qui a le grade d'administrateur civil. Pour moi, c'est un enfant, un gros bébé de vingt-six ans. Mais un enfant à qui on a offert un fusil d'assaut à Noël. Je comprends mieux encore ce qui est arrivé au jeune Fabrice Burgaud.

De la même manière qu'une arme permet de se sentir tout puissant et ne favorise pas la négociation, certains diplômes, dans la mesure où ils vous propulsent immédiatement vers les sommets, ne forcent pas à la remise en cause.

Ainsi, "puisque j'ai une arme, je suis le plus fort et tu fermes ta gueule" pourrait de nos jours se muer en, "puisque j'ai fait l'Ena, j'ai donc raison et tu te tais". Il semblerait que dès qu'une école est affublée de l'épithète "Nationale", elle produise en série des petits Saint-Just.

Face à jeune énarque, il est certain que côté capacité de travail, je ne tiens pas la distance. D'ailleurs le dernier qui m'a vu bosser durement doit avoir une longue barbe blanche. Je suis d'avis que l'on ne fait bien que ce qu'on aime et que ce qu'on n'aime n'est pas vraiment du travail. Petit je pouvais jouer des heures avec mes Légos et je continue aujourd'hui avec mes patients.

Apprendre par cœur la liste des présidents du conseil de la quatrième république n'est pas un truc pour moi, pas plus que m'entrainer à la note de synthèse, exercice bête s'il en est, aussi n'ai -je jamais eu le profil pour Sciences-Po ou l'ENA. Après avoir usé mes fonds de culotte sur les bancs des facultés et sur la moleskine des banquettes de cafés, j'ai donc abordé la vie professionnelle sans grand espoir. A moins de faire "la pute" dans les élections ou d'amasser de l'argent dans le négoce, je n'aurais jamais rien fait de fabuleux. Cela ne m'a jamais dérangé.

J'écoute donc depuis quelques temps mon jeune énarque et il m'impressionne terriblement. Carré, sûr de lui en apparence, aucun sujet ne lui échappe. Mais ce que j'apprécie le plus, c'est sa certitude ! Il a la certitude du Saint-Cyrien qui chargerait sabre au clair pour faire massacrer sa section parce qu'à l'école on lui a expliqué que c'était ainsi qu'il fallait faire et non autrement.

Mais là, où le cyrard aura au moins la sagesse de s'en tenir au métier des armes, le jeune énarque aborde avec un égal ravissement et la même certitude tous les pans de l'activité humaine. En fonction de son rang de sortie, il aura le droit à différents choix. Qu'il aime l'économie, bien qu'il n'ait jamais lu un seul livre traitant du sujet, et il atterrira au ministère des finances. Qu'il ait la fibre sociale et le voilà qu'il tripatouillera dans la mécanique complexe de l'aide sociale.

Ses idées empruntées généralement à d'autres, qui eux-mêmes les tiennent de prédécesseurs, qui eux-mêmes, etc., lui tiennent de vadémécum. Il existerait une sorte de kit républicain, une petite valisette, une marmotte comme l'appelle les représentants de commerce, dans laquelle tiendraient tout ce qu'il faut savoir pour administrer un pays. Dans ce kit tout-en-un figure toute ce qui est beau bien et vrai. Et il ne semble pas admissible qu'on puisse remettre en cause cette doxa. D'ailleurs mon jeune énarque n'y songe même pas. Il y a par exemple dans petite mallette, le "système-social-que-le-monde-nous-envie" par exemple.

Un jour mon jeune énarque qui vient d'une province un peu déshéritée se lamentait du fait qu'il y ait de moins en moins de médecins dans ces confins. Il m'expliqua alors que s'il avait choisi le ministère de la santé, il aurait caressé l'idée que l'installation d'un médecin soit soumise à l'approbation d'une commission administrative, laquelle désignerait où peut ou non pratiquer le candidat.

Ma profession aurait voulu que je reste sur ma réserve mais ce jour là j'ai bondi. Je lui ai dit que les médecins avaient aussi le loisir de s'installer sous des cieux plus cléments parce que, où que l'on soit la médecine restait la même. Et, qu'à moins qu'il ne se décide à leur confisquer leurs passeports, ces médecins pourraient bien choisir de s'exiler. Le pauvret n'y avait pas pensé. Sans doute que son cursus sans faute l'avait habitué à ne voir dans l'individu, au mieux qu'un citoyen tenu de marcher dans les clous, au pire qu'un agent économique, que l'on pourrait déplacer comme un petit drapeau sur une carte d'état-major.

Je lui ai alors glissé que si on annulait les réformes idiotes que les générations d'énarques précédentes avaient mises en oeuvre, il se pourrait que l'on ait suffisamment de médecins pour couvrir tout le territoire. Le jeune commissaire politique ne semblait pas avoir entendu parler du numérus clausus imbécile ni même de la réforme Juppé ayant envoyé des vagues de vieux généralistes au rencard. Sans doute a-t-il trouvé mon idée judicieuse mais j'ai bien vu dans ses yeux que cela lui déplaisait. Accepter un système qui marcherait sans lui était une forme de suicide social.

J'ai pu l'aider pour certaines choses mais je sens qu'il ne m'aime pas. Je n'ai pas besoin de lui, ni de sa caste et il le ressent fortement car il est brillant. C'est une drôle de manière de pratiquer une thérapie que d'aider quelqu'un qui ne vous aime pas parce que vous représentez tout ce qu'il abhorre : la liberté et le je-m'en-foutisme aimable.

Je me demande aujourd'hui si je dois pousser plus loin. Si je pousse plus loin, il sera forcé d'admettre qu'on lui a menti. Mais je ne suis pas sûr d'y arriver. C'est un peu comme avec les communistes actuels. Cent millions de morts après, ils vous disent que ce n'est pas le communisme qui est en cause mais son application.

Les adhérents à une secte sont difficiles à traiter. Je fais ce que je peux mais je le crois perdu. On a pu accuser le pauvre juge Burgaud et le rendre responsable de tout un tas de méfaits terribles. Est-il vraiment en cause ou sont-ce nos écoles nationales qui formatent et sélectionnent ainsi de futurs bourreaux ?

En onze années d'exercice, j'ai pu recevoir une foule d'individus dont certains se sont révélés parfois bizarres et complexes mais je n'ai jamais eu peur. J'ai toujours su ouvrir une porte de manière à créer une vraie relation thérapeutique, même avec des gens qui avaient fait de la prison.

Face à mon jeune énarque, je me sens aussi désarmé que face à un tueur en série sociopathe. On ne peut pas faire naître une conscience morale chez quelqu'un qui en est dépourvu. Il commettra ses méfaits jusqu'au bout et pourrait-on l'arrêter qu'il nous dirait encore qu'il n'a fait qu'obéir aux ordres et qu'il avait raison.

Deux choses me rassurent. Bien qu'il soit très intelligent, il n'est pas suffisamment malin pour entrer en politique. Enfin, je crois aussi en l'humour et parfois ses réactions à mes vannes sont encourageantes et attestent du fait qu'il soit capable de sortir du simple "comput".

10 mai, 2009

Avions et grippe porcine !

Centre de traitement des déclarations pour la grippe porcine ! L'état veille sur vous !


Dès le lendemain de mon arrivée à Chicago, j'ai acheté le Chigaco Tribune pour voir ce qu'ils disaient de la terrible grippe porcine ! Ils en parlaient en page six. Le New-York Times faisait de même quelques jours après.

Autant vous dire que dans un pays que l'on disait ravagé par ce fléau, les gens n'avaient pas l'air de s'en faire. On a bien croisé quelques personnes portant des masques, mais c'était presque exclusivement des touristes nippons : les mêmes que ceux que l'on croise aussi masqués dans les rues de Paris.

Tandis que notre avion allait atterrir à Roissy CDG, une hôtesse a fait une annonce nous expiquant que nous devions tous remplir un questionnaire relatif au N1H1 que nous devrions remettre à un clampin dès notre arrivée.

J'ai trouvé cela super de voir que la France se la jouait à l'américaine ! J'imaginais déjà des mecs en scaphandres nous collant tous en quarantaine où nous aurions été isolés et gardés par des militaires farouches le doigt posé sur la détente de leur FAMAS comme dans les films. Le Gringeot et moi aurions volé un pick-up pour forcer un barrage. On nous aurait tiré dessus mais on aurait réussi à s'enfuir. Parce qu'on se serait douté qu'en fait, tout cela n'était qu'une manipulation d'une agence gouvernementale secrète !

Dans les faits ce n'était pas du tout cela parce que nous sommes en France où on ne tourne que des petites productions. Le papier que l'on devait remplir n'était qu'un vague torche-cul photocopié à la hâte le matin même, dans lequel on nous demandait notre nom, notre numéro de siège, notre téléphone, notre mail et le nom d'une personne à contacter en cas d'infection.

C'était très rigolo de voir les américains remplir leur papier scrupuleusement tandis que nous, les français habitués à l'impéritie de notre gouvernement, nous torchions la formalité en deux secondes chrono en écrivant comme des gorets. On ne nous la fait pas ! On se doutait bien que ces déclarations finiraient sans doute oubliées dans un tiroir quelconque ou balancées à la poubelle par un quelconque fonctionnaire négligent ou pire par un des smicards amorphes employés par ADP. Vous savez un de ces innombrables gonzes qui se baguenaudent dans l'aéroport, la démarche lente et sans but précis, avec un badge en plastique accroché à la poche de la veste.

Déjà que ces mecs n'arrivent pas à faire marcher une porte vitrée automatique et à faire le ménage dans un aéroport, je ne les vois pas affronter la menace d'une pandémie mortelle. S'en remettre à ADP pour collecter ce type d'informations sensibles, c'est comme confier le manche d'un Boeing à un gosse de cinq ans, c'est la cata assurée et cent pour cent de morts à l'arrivée !

Heureusement qu'on s'en branle de la grippe mexico-porcine parce que sinon, on se doute qu'en France les seuls survivants ne devraient leur survie qu'à leur système immunitaire en béton et non aux efforts de notre gouvernement déficient.

Enfin bon, l'état sait maintenant que j'occupais le siège 36H dans un Boeing 767 et ça, c'est une information top niveau ! Je suis maintenant fiché comme un criminel !

Back to USSR !


Dimanche 10 mai, notre misérable Boeing 767 d'American Airlines se pose à Roissy CDG. Nous descendons pour aller récupérer les bagages. Tandis que les deux tiers de l'avion sont descendus, nous restons bloqués dans le sas car les portes vitrées se sont coincées.

Une hôtesse d'ADP coincée avec nous tente de nous faire sortir sans succès. Elle entre un code à maintes reprises mais les portes restent obstinément fermées. Nous frappons alors aux portes vitrées. Je compte successivement sept personnes employées par ADP, comme l'atteste le badge en plastique qui pendouille à leur veste, qui passeront d'un pas trainant devant nous en faisant bien attention de ne pas nous voir des fois qu'on leur demande de travailler.

Enfin un quart d'heure plus tard, l'un de ces traine-lattes se décide enfin à nous aider. L'hôtesse lui hurle les codes par la porte mais cela ne fonctionne toujours pas. La porte décide subitement de se décoincer toute seule. L'hôtesse n'en peut plus et nous avoue que dans le petit monde du transport aérien, tout le monde se fiche de Roissy-CDG et que ces dysfonctionnements sont nombreux et quotidiens.

Une fois ce sas passé, nous présentons nos passeports à des policiers de la PAF aux chemises douteuses, avachis dans leur guérite. Ca change de la tenue impeccable des flics américains de la Customs and Border Protection. Bien entendu, il suffit que nous arrivions près des guichets pour que l'un d'eux ferme. Puis, nous passerons la douane où une fonctionnaire assise sur une table observe mollement ce qui se passe. Je note que des gens vont et viennent par la porte qui donne sur la zone ouverte au public de l'aéroport. Et enfin, nous nous retrouvons sur un minuscule trottoir encombré pour attendre le taxi qui se fait rare. Et là, c'est la loterie. Nous aurons le droit à une minuscule Peugeot 307 qui peine à contenir toutes nos valises.

Je suis de retour en France le pays qui donne des leçons au monde entier !