06 juillet, 2020

Ma grenouille !


J'avais mon intuition que j'avais fait valider par des experts plus à même de comprendre l'épidémie de Covid19 et de projeter des chiffres réalistes. Mes "experts" avaient validé mes projections intuitives en affirmant que la catastrophe n'aurait pas lieu et elle n'a pas eu lieu. 

Même si l'on accordait du crédit à ces trente mille morts dont on nous parle, cela ne serait qu'une "grosse grippe" équivalente à celles que l'on a connues en 1959 puis en 1969, rien de plus. Mais j'avoue qu'il était difficile de s'y retrouver face à l'avalanche d'informations généralement catastrophiques que l'on nous assénait chaque jour.

Par chance, j'avais eu mes experts et je me sentais rassuré : mes intuitions se confirmaient. Et j'avais aussi pas très loin de chez moi un médecin généraliste agissant à l’instar des grenouilles dont on dit qu'en fonction du barreau de l'échelle sur lequel elles se trouvent, vous pouvez prédire le temps.

Au tout début, ce médecin croyant sans doute dur comme fer la propagande de la ministre de la santé de l’époque, Agnès Buzyn, ne voyait aucune raison de s'alarmer. Comme il me l'avait dit, avec son métier s'il avait peur des virus, il n'aurait pas pu continuer. C'est vrai que la salle d'attente d'un généraliste est sans doute l'un des pires endroits à fréquenter si l'on veut rester en bonne santé. Sans prendre les choses totalement à la légère, il affirmait alors qu'avec un simple masque et une distance de sécurité, il n'avait rien à redouter.

Ça c'était au début, quand il me parlait normalement et n'hésitait pas à me serrer la main ! Une fois le confinement mis en œuvre,n son discours changea brusquement. Tandis qu’étant de sortie, dûment muni de mon autorisation, je le croisais, il ne vint pas à ma rencontre mais resta sur le perron de sa maison. Il avait du lire que le vilain virus était aéroporté sur huit mètres et il se tenait prudemment à dix mètres de moi. On avait alors papoté comme ça.

Tandis que je m'étonnai de sa peur soudaine, il m’expliqua que le Covid19 était très dangereux. Pour preuve, il m'expliqua qu'il envoyait un de ses fils muni d'un manteau, de gants et d'un masque faire les courses, et qu'au retour, ce dernier était prié de se changer au sous-sol tandis que les denrées rapportées patienteraient vingt-quatre heures, le temps que le virus meure de sa belle mort. Pourquoi pas puisque j'avais entendu parler de gros débiles lavant les emballages ou laissant les vêtements avec lesquels ils avaient fait leurs courses sur le palier !

J'essayai alors de lui opposer des arguments rationnels mais rien n'y fit. Vous comprenez, il était médecin et il savait ! Ma profession me mettant souvent face à des comportements bizarres, je ne répondis point et le laissai à sa phobie, espérant qu'elle serait passagère et qu'il ne finirait pas comme Howard Hugues, confiné chez lui par peur des microbes et autres germes !

Un peu de temps passa et que je le recroisai derrière sa grille. Il vint à ma rencontre sans me serrer la main mais se tint à deux mètres de moi. Je comprenais que la terrible pandémie était en recul puisqu'il osait se rapprocher aussi dangereusement. A moins qu'il n'ait eu d'autres renseignements, ça changeait si vite. Un jour, ça ne touchait que les vieux et le lendemain voici qu'on vous sortait la mort d'un enfant !

Les jours passant, il me proposa qu'on aille tous les deux faire des courses dans une jardinerie avec mon Kangoo, bien pratique pour charger des tas de trucs. Etait-ce la pandémie qui reculait ou lui qui en avait marre de faire le guignol et de s'ennuyer chez lui, je n'eus le droit qu'à un sourire complice par lequel il me demandait de ne pas trop le chambrer d'avoir été une grosse flipette. Nos horaires ne coïncidant pas, je lui prêtai ma voiture mais ne pus l'accompagner.

Quelques jours après, le recroisant de nouveau, il vint carrément à ma rencontre et oubliant les fameux gestes barrière, il me serra la main. Je sus que les ennuis étaient derrière nous et que le Covid19 ne serait qu'un vieux souvenir.

Je crois que la crise du Covid19 que nous avons traversée nous a prouvé que la médecine était une pratique et non une science. Je crois qu'au cours de ces quelques mois écoulés, pas une profession ne s'est autant ridiculisée que la profession médicale. Qu'il s'agisse des plateaux télé ou de tweeter, tous les jours, nous avions Molière en direct et Diafoirus aux manettes !

Heureusement que dans ma pratique, qu'il s'agisse de personnes avec qui je collabore ou de patients, je connais suffisamment de médecins intelligents ou j'aurais fini par me soigner avec des plantes et par prendre rendez vous chez un chamane en cas de problème !

En cas de symptômes, rentrez chez vous et prenez un Doliprane et si vous sentez que vous allez mourir, appelez le Samu !

« Clysterium donare, postea saignare, ensuita purgare »
(citation pour les lettrés)

Et pour ceux qui ne le connaissent pas, le fameux sketche !
 

Je cherche les morts !






Autant vous dire que cet article va choquer. Je connais évidemment pas mal de monde. J'en connais qui sont à Paris, en province ou à l'étranger. Étant plus que circonspect vis à vis de la propagande gouvernementale, j'avais pris l'habitude de demander à ma clientèle qui me consultait à distance s'ils avaient dans leurs relations des personnes décédées. 


Il se trouve qu'on m'a rapporté le cas de trois grands vieillards décédés du Codi19, rien de plus. Pourtant certains de mes patients sont lorrains ou alsaciens, vous savez, cette région grand est dont on nous disait que c'était l'hécatombe. Rien que dalle, même parmi les gens âgés, parents ou grand-parents qu'ils connaissent ! 

Une fois le confinement terminé, j'ai repris ma quête demandant à des commerçants ayant l'habitude de voir beaucoup de monde s'ils avaient eu à déplorer des décès. Qu'il s'agisse de cafetiers, coiffeurs, etc., la réponse était la même, Diue merci; ce terrible virus avait épargné leur clientèle.

Ayant diné avec des amis, même son de cloche. Si ce n'est l'un d'eux qui m'a dit avoir appris le décès d'un type de notre âge. Il se trouve que ce pauvre gars déchargeait les avions venant de Chine à Roissy mais que notre état bienveillant s'était abstenu de lui fournir gants et masques. A l'époque, on disait que les masques ne servaient à rien, souvenez-vous en !

En revanche, j'ai eu des témoignages directs ou indirects de gens ayant été malades. Fort heureusement, la plupart s'en sortis indemnes avec des symptômes ayant duré de quelques jours à une semaine. D'autres, présentant tous une pathologie associée, ont failli passer l'arme à gauche et se sont retrouvés en réanimation, mais on ne m'a rapporté que deux cas de ce type. 

Je cherche donc les morts. Non que je sois morbide ou quoi que ce soit mais que je doute toujours et encore de ce que l'on vient de vivre. 

J'ai encore en tête ces images de l’hôpital de campagne monté à Mulhouse ou celles de ces TGV affrétés à la hâte pour convoyer des patients vers l'ouest et j'ai l'impression très nette que j'ai assisté à du cinéma. D'ailleurs, il semblerait que les lits des cliniques privées étaient vides, de nombreux médecins dans ma clientèle me l'ont affirmé.

Alors oui, je cherche les morts et ne les trouve pas. Je connais des dizaines de personnes, connaissant elles-mêmes des dizaines voire des centaines de personnes, et rien, pas de morts, ou très peu. Je ne sais pas ce que cela représente d'un point de vue statistique. Peut-être est-ce normal et que je me fais des idées. Peut-être que trente mille morts, ce n'est pas un nombre assez significatif pour qu'un simple individu comme moi en ait connaissance ? C'est fort possible même si cela me semble incroyable. Mais il y a tellement de choses incroyables en statistiques. 

Cela me fait penser au paradoxe des anniversaires qui contredit l'intuition puisque l'estimation probabiliste du nombre de personnes que l'on doit réunir pour avoir au moins une chance sur deux que deux personnes de ce groupe aient leur anniversaire le même jour n'est que de 23 et qu'à partir d'un groupe de 57 personnes, la probabilité est carrément supérieure à 99 %. Posez la question à n'importe qui et l'on vous répondra un nombre bien plus élevé. L'intuition, même si je fais confiance à la mienne, est parfois mauvais guide. Comme je l'ai souvent dit, j'aime bien vivre entouré d'experts.

J'ai deux actuaires dans ma clientèle, autant vous dire que les probabilités, c'est leur truc, c'est même leur gagne pain ! Je vais simplement leur demander si après avoir interrogé tant de personnes, connaissant elles-mêmes tant de personnes, j'en sois à "simplement" cinq ou six morts. 

Peut-être est-ce statistiquement normal ? Peut-être me fais-je des idées ? Peut-être que ma méfiance vis à vis de l'état vire à la paranoïa. Peut-être que non ...

Coucou c'est moi !

 




C'est fou, j'aurais pu profiter du confinement pour publier des tas de choses et je ne l'ai pas fait. D'une part, parce que cela faisait un peu neuneu de publier un journal du confinement et enfin parce que je n'ai pas vu passer le temps.


S'agissant du confinement, je vous avoue que je l'ai plutôt bien vécu. Cela m'a dispensé d'aller à Paris, la ville du diable, pour rester chez moi à honorer mes rendez-vous. C'était très pratique et mon chiffre d'affaires a même augmenté, c'est dire si le malheur des uns fait le bonheur des autres ! D'ailleurs, maintenant que l'on peut aller et venir à sa guise, je n'ai rouvert le cabinet que le jeudi. Le reste du temps, je suis tranquille dans ma banlieue où je connais plein de gens, de restaus et de bistrots sympas. J'y suis heureux comme un coq en pâte et la capitale ne me manque pas du tout.

Il faut dire que j'ai de la chance d'avoir une grande maison et un grand jardin. Alors comme il a fait beau, j'ai pu en profiter. J'ai honoré mes consultations par Skype, FaceTime ou WhatsApp et le reste du temps, j'ai jardiné, j'ai fait du piano, j'ai lu et j'ai glandé comme à mon habitude. J'ai passé de très bons moments et ce d'autant plus que je me dispensais d'écouter la litanie des morts présentée chaque soir par Jérôme Salomon. De toute manière, je n'ai absolument aucune confiance en l'état, je n'allais donc pas accorder la moindre once de confiance à la soupe servie par ses serviteurs.

S'agissant de mon pari, je crois l'avoir amplement gagné même si j'avais prévu une vingtaine de milliers de morts et qu'il y en a eu un peu plus. L'important, c'est que la catastrophe annoncée n'ait pas eu lieu. Les plus délirants parlaient de centaines de milliers de décès et l'on doit en être à un peu moins de trente mille dont sans doute un tiers voire la moitié morts d'autre chose. L'important, que vous calanchiez d'un infarctus ou d'un accident de la route, c'était qu'on vous étiquette Covid19. Ça validait la gigantesque Psy-op mondiale et ça permettait sans doute à établissement dans lequel vous aviez rendu votre dernier souffle de se faire un petit billet sur votre mort.

Ce dernier paragraphe doit en choquer plus d'un. Que voulez-vous, ce n'est pas à mon âge que je vais me refaire. Je ne crois pas un seul instant à la propagande gouvernementale. Durant tous ces mois, j'ai même écouté Alexis Cossette sur Radio-Quebec qui m'a tenu de lieu de Radio Londres. C'était sympa, je me sentais moins seul.

Un soir, d'autres amis, des gens gentils qui ont voté Macron, m'avait proposé de faire un "apéro-skype" consistant à feindre la joie malgré tout en buvant chacun chez soi et en se racontant des trucs pas drôles face à un écran. Autant vous dire que j'ai décliné l'invitation. Comme je le leur ai dit : un apéro-skype, pourquoi pas une baise par téléphone pendant que vous y êtes. 

D'ailleurs ce soir là, je recevais un bon ami chez moi, qui était venu dûment muni de son autorisation signée de sa main. Comme il est informaticien, il a bricolé un truc sur le PC de mon épouse. Rien de plus légal en somme vu qu'il était là pour travailler mêlesi cela lui a pris cinq minutes. On en a profité pour se faire une côte de bœuf et on a envoyé de chouettes photos aux glandus qui m'avaient proposé l'apéro-skype. La réponse que j'ai eue était : mais c'est le confinement ? Quelle bande de soumis ! L'état leur aurait demandé de sortir avec leur slip sur la tête qu'ils l'auraient fait !

De toute manière, le confinement était parfaitement débile et nous n'aurons pas fini d'en payer les conséquences. Mais bon, par solidarité avec les soignants, j'avais décidé de rester tranquille jusqu'au quinze avril. Après, qu'ils aillent se faire foutre. De toute manière, comme l'avait prévu un de mes patients super intelligents, le pic avait eu lieu le 3 avril et le plus gros était passé.


Alors avec d'autres rebelles ayant les mêmes doutes que moi quant à la propagande gouvernementale, on avait trouvé un chouette endroit pour se retrouver et on y a tenu un café clandestin où l'on se retrouvait en petit comité. A la carte, il y avait bière, Perrier, coca ou café, c'était réduit au minimum mais on a bien rigolé.

On n'avait pas besoin de montre vu qu'à 20 heures précises, les gros débiles du voisinage tapaient sur des casseroles ou applaudissaient les soignants. On savait qu'on devait replier les gaules. On sortait nos petites attestations que l'on remplissait soigneusement, au cas ou la maréchaussée nous aurait contrôlés. C'était d'autant plus drôle qu'à cette époque la propagande gouvernementales nous disait de rester chez nous pour sauver des vies. On aurait du se sentir coupable et bien pas du tout, on en rigolait comme des sales gosses !

Certains penseront que nous avons couru des risques inouïs. Bien sur que non ! Déjà, je suis adulte et je n'ai pas besoin du gouvernement pour m'aider à rester en vie. Enfin, comme nous étions tous confinés, on ne voyait pas grand monde, si ce n'est au cours de quelques courses. Et comme on n'avait pas décidé de se rouler des pelles ni de coucher ensemble, autant vous dire qu'on ne risquait rien du tout. D'ailleurs, nous sommes tous encore en vie, c'est vous dire si l'on a eu raison d'en profiter. Et puis, si cette bande de cons de journalistes avaient le droit de pérorer à plusieurs sur les plateaux des chaines d'infos à raconter leurs conneries, je ne vois pas pourquoi cela m'aurait été interdit. Je ne suis pas plus con qu'un journaliste.

Bref, quand le onze mai est arrivé, ça m'a fait tout drôle. L'impression de sortir de zonzon où j'avais pris mes habitudes était très forte. J'étais habitué aux rues désertes, au silence. Et comme j'avais réussi à garder des contacts sociaux très sympas, je n'étais pas en manque. Je ne rêvais pas de boire une bière en terrasse ! De toute manière, je n'aime pas la bière et la terrasse, je l'avais depuis le quinze avril. D'ailleurs, depuis que j'ai repris le cafing en terrasse, le café clandestin me manque. On y était mieux.

Les abrutis pensaient qu'il y aurait un avant et un après. A part les faillites et les chômeurs que ce confinement idiot aura créé, il n'y aura pas d'après. La vie a repris son cours et puis c'est tout. Ca a été pareil en 1918 et en 1944 ; la vie reprend toujours son cours.

Tant et si bien qu'aujourd'hui, qui se souvient du Covid19 et du confinement ?

08 avril, 2020

Le croque-mitaine !


Mardi j'avais une de mes patientes qui vit place des Vosges par FaceTime. Comme elle tenait à la confidentialité de notre entretien, elle a pris son chien et l'a promené tout le temps de notre séance. A un moment donné, elle a fait fonctionner la caméra arrière de son Iphone et j'ai pu constater que sur la place, si ce n'était pas vraiment l'affluence des grands jours, il y avait tout de même pas mal de monde. Ma patiente m'a même dit que dans l'immeuble où elle vit, ses voisins lui proposaient régulièrement de sortir son chien afin d'avoir une excuse pour être dehors. 

De ce que j'ai pu constater, les gens n'étaient pas en groupes compacts mais plutôt épars. Certains marchaient, vaquant à leurs occupations, faire des courses ou promener le chien, tandis que d'autres s'adonnaient à un jogging assidu. C'était un joyeux bordel où les règles étaient à peu près respectées. De toute manière, je ne crois pas que l'on puisse exiger plus de la population. 

Et puis, ce confinement est criminel. Habituellement ce sont les malades que l'on met en quarantaine et non les gens bien portants. Exiger de personnes qui n'ont pas de symptômes qu'ils se calfeutrent chez eux dans la crainte hypothétique d'un vilain virus est stupide. Si l'on peut compter sur l'intelligence humaine pour ne pas trop se mettre en danger et mettre en place des mesures de bon sens telles que se laver les mains et éviter de se retrouver en groupes trop important, il est illusoire de compter sur une stricte observance des prescriptions gouvernementales et médicales. Il y a une subjectivité humaine avec laquelle on négocie.

Évidemment ça n'a pas raté, le soir, sur tweeter, des photos apparaissaient de différents quartiers de Paris où l'on voyait les gens se promener et les oiseaux de mauvais augure et les délateurs anonymes y allaient de leur langue de vipère pour conspuer cette absence de respect, les pires souhaitant aux promeneurs récalcitrants de finir intubés, les poumons rongés, dans un service de réanimation. Et moi, trollant comme j'aime à le faire, je ne cessais de dire que c'était juste un comportement humain et que pourvu que la prise de risques soit mesurée, ce n'était pas un drame.

J'ai évidemment eu le droit à toutes les insultes et l'on m'a souhaité à moi aussi de finir intubé dans un service de réanimation. J'ai à chaque fois répondu que j'étais un adulte doué de raison tout à fait capable de prendre soin de moi sans qu'un état obèse et incompétent n'intervienne. Mais même ça, ça ne fait pas d'effet. Ces individus dont la plupart sont faits pour le fouet plus que pour la liberté gardent une entière confiance en les capacités de l'état à nous protéger et traiteront de fou l'électron libre qui aurait décidé de s'affranchir ds règles étatiques pour suivre les siennes. 

Les individus sont inégaux face aux règles. Comme le savent les psychologues, la plupart du temps, le législateur édicte une règle mais le citoyen l'interprète. C'est ainsi et notamment en France, pays renommé pour l'indiscipline de ses habitants. Quant à l'Italie, nos voisins, il aura fallu que l'armée patrouille pour que les gens restent chez eux, mais aussi une avalanche de nouvelles quotidiennes macabres pour instaurer la peur. C'est bien simple, en Italie, il semble que l'unique cause de mortalité soit devenue le coronavirus. Qu'un vieux meure et on invoque le coronavirus même si la criminologie nous enseigne que ce n'est pas parce qu'on est sur le lieux du crime que l'on est l'assassin.

Chez nous, pas d'armée mais l'état a lâché les pandores. Les éborgneurs de prolos en gilet jaune ont repris du service en alignant maintenant à coups de contredanses à 135€ parfois sans aucune nuance. Momo, le maçon tunisien que j'emploie souvent, s'est ainsi vu rappeler à l'ordre parce qu'après avoir sorti les poubelles, il s'était permis une pause cigarette sur le muret qui sépare son immeuble du trottoir pour souffler un peu loin de ses gosses et de sa femme. Il a eu beau dire et faire, les pandores sont restés inflexibles : c'est interdit.

Pourtant ce confinement est sans doute la mesure la plus stupide qui soit. Il ne nous est pas adressé. Rassurez-vous l'état n'en a rien à foutre que vous creviez. Si vous pouviez simplement le faire chez vous sans encombrer l’hôpital, ce serait juste mieux. Et encore, maintenant que l'on comptabilise tous les morts, ça la ficherait mal aussi. Même si le nombre de morts est bien en deçà de la catastrophe annoncée par toutes les projections mathématiques débiles, chacun d'eux souligne le fait que l'état si prompt a vous spolier de vos biens n'a rien fait, rien prévu et n'a eu à peu près aucune réaction depuis un mois. Ils font n'importe qui mais c'est vous qui êtes punis.

Aucune réaction si ce n'est d'affréter des TGV pour emmener quelques malades dans des hôpitaux lointains dont les chambres de ranimation sont encore vides avec force de caméras et de commentaires élogieux de la part des journalistes. On rajoutera aussi l'importance de certains moyens destinés à traquer les récalcitrants qui auraient l’audace de se promener seuls en forêt. Qu'ils ne se croient pas à l'abri ; la gendarmerie veille avec un hélicoptère relié à des patrouilles au sol. Du cinéma idiot et de la répression stupide. 

Restez chez vous, non pas pour votre sécurité que l'on aurait pu garantir avec un minimum de précautions telles que la fermeture des frontières, la distribution de masques et de gel hydroalcoolique. Mais non, parce qu'ils en ont été incapables, ils nous confinent et nous, troupeau bêlant nous obéissons plus ou moins par peur du croque-mitaine invisible qui traine dans les rues, là dehors. Peu importe que nous soyons autorisés à sortir sous certaines conditions, l'important c'est d'avoir sa propre attestation signée de sa main comme un chien se promenant la laisse tenue dans sa gueule. Pouvait-on imaginer mesure plus stupide, inhumaine et avilissante ?

Et puis sans doute que, et les complotistes comme on qualifie aujourd'hui ceux qui tentent de comprendre le devinent, y-a-t-il derrière tout cela une forme de mesure punitive. Enfermés les gilets jaunes, à la niche les rebelles et à défaut de LBD et de gaz lacrymogènes dans la figure, on vous jettera quotidiennement un nombre de morts et d'infectés plus ou moins fantaisistes parce que l'important c'est que vous viviez dans la peur et que vous compreniez bien que si l'envie vous prenait de désobéir, vous mettriez votre santé en danger mais surtout celle des autres !

Et gare à ceux qui prendraient un peu ce confinement à la légère, il sera mis au ban de l’humanité, on l'accusera de mépriser les soignants et de vouloir contaminer les bien-portants. On le dit et on le répète, en restant chez vous, vous sauvez des vies. A-t-on jamais entendu slogan plus idiot ? ET que dire de ces maires totalement idiots qui traquent le promeneur solitaire sur une plage ou dans une forêt ? Sans doute ont-ils l'impression de vivre l'affaire de leur vie et de se sentir importants. Pensez-donc, ils peuvent enfin jouir du pouvoir de séquestrer leurs citoyens.

Mais je parle et je n'agis pas autrement. Moi aussi je me fais mes petites autorisations même si bien sur je triche en en ayant plusieurs en poche en fonction des horaires. J'ai un copieur professionnel à la maison, cela ne me coûte rien d'en imprimer à la pelle de ces autorisations débiles. Pourtant je ne sors pas vraiment. Nous nous faisons livrer depuis longtemps. Je ne sors que pour acheter du pain et des cigarettes. Où irais-je de toute manière puisque tout est fermé ? Quand j'ai pas mal de temps, je vais entretenir le jardin de la propriété de mon père que je n'ai toujours pas vendue. Je déteste le sport mais j'aime bien jardiner. 

Et puis il y a une immense terrasse très bien orientée. La cuisine est encore équipée, il y a une cafetière et un réfrégirateur qui regorge de boissons. Deux amis sont passés me voir. C'était assez drôle. On avait l'impression d'être des résistants tentant d'échapper à la police. De toute manière eux aussi sont confinés depuis le début et font aussi peu de déplacements que moi. On s'est retrouvés, on a pris des cafés et on a fumé des clopes. Rien de bien méchant. Nous étions dehors et les risques hypothétiques que nous aurions pu courir n'étaient pas supérieurs à ceux que l'on prendrait en allant faire nos courses de toute manière.

L'un d'eux avait scotché son autorisation de sortie sur la vitre arrière de sa voiture. J'ai trouvé cela malin, ça évite de la chercher. Il m'a dit que cela lui évitait surtout d'avoir à parler à l'un de ces "fils de pute de flic" qui peut ainsi la vérifier facilement sans engager aucun contact. Il semblait très en colère et n'a cessé de me dire : tu imagines qu'à notre âge et avec nos qualifications on doit se justifier auprès de semi-débiles qui ont l'âge d'être nos gosses ?!

Mon autre ami était plus stoïque, question de caractère. Le confinement ne l'enchante guère mais il faut contre mauvaise fortune bon cœur. De toute manière, on ne va pas prendre les armes ni bruler le premier Kangoo sérigraphié qui passe. Il n'a pas tort. Toujours est-il que durant trois heures, on a oublié cette période étrange. On avait l'impression d'être normaux. On a discuté de plein de choses puis on s'est quitté en refaisant chacun notre attestation au cas ou on nous la demanderait. Signe infime de résistance qui nous a fait nous sentir vivants. 

En rentrant j'ai croisé un voisin que je connais bien, presque un pote. C'est un généraliste et lui qui prenait les choses stoïquement est maintenant paniqué. Il m'a laissé drrière sa grille et m'a parlé de son perron car il est persuadé que le virus peut voyager sur plus de huit mètres. Il m'a expliqué que ses enfants faisaient les courses en adoptant une tenue spéciale qu'ils laissaient dans le garage avant de se changer. 

Il m'a raconté qu'un de ses patients âgé de soixante-dix ans était mort en quatre heures du coronavirus. Je lui ai dit que c'était impossible et qu'il devait avoir des symptômes depuis longtemps. Soit qu'il les ait plus ou moins ignoré soit qu'on lui ai dit : ce n'est rien restez chez vous et prenez du Doliprane. J’ai tenté de le raisonner mais rien n'y a fait. Le farouche médecin qui voici un mois n'avait pas peur du virus s'est transformé en petite vieille paniquée.Je l'ai salué et suis rentré chez moi. Je comprends la prudence, pas la la pleutrerie.

Quant à son patient, pauvre de lui qui n'aura eu aucun traitement si ce n'est quand il était trop tard, paix à son âme. Parce que le traitement de Raoult n'est que pour les élus qui ont vite compris que le risque lié à la chloroquine était moindre que celui de ne rien prendre. Il est aussi pour pas mal de médecins de ma connaissance qui se sont tous plus ou moins débrouillés pour avoir leurs boites de Plaquenil au cas ou. On a l'impression d'être dans Titanic quand les premières classes s'engouffrent dans les canots de sauvetages laissant les femmes et les enfants de troisième classe crever à bord.

Le soir sur tweeter j'ai retrouvé les mêmes commentaires haineux et débiles des balances professionnelles fustigeant l'incroyable inconscience du promeneur solitaire ou du jogger qui n’obéit pas à l'état et se moque de nos pauvres soignants. J'ai trollé, prenant un malin plaisir à blesser leur cerveau rabougri. Je sais qu'ils sont tellement idiots que l'ironie et le second degré leur échappe totalement. Ils m'ont bien sûr souhaité de mourir du coronavirus en souffrant beaucoup.

J'enrage et je ne peux rien faire si ce n'est attendre comme tout le monde. J'ai cinquante-trois ans et on me fait le coup du croque-mitaine comme si j'en avais trois. A mes amis ayant voté Macron et qui se plaignait des risques économiques que pourrait couter ce confinement à la France, j'ai répondu qu'ils avaient qu'à mieux voter, que cela leur apprendrait. De toute manière, moi je m'en fous, je n'ai pas de goûts de luxe et j'ai toujours vécu assez simplement. Que ces abrutis qui ont voté Macron se débrouillent, leur ruine ne m'importe guère. 

Compte-tenu de mon mode de vie, je pense qu'il me reste dix sept ans à passer sur terre, ce n'est pas beaucoup. J'ai de quoi tenir assez largement avant de tirer ma révérence. Au pire, je me retirerais dans la maison de mon épouse en Corse. Entre le potager et quelques poules, on se débrouillera.

 Jamais je n'aurais cru que je vivrais ce type d'expérience.

***

Il est évident que ce texte ne constitue pas un appel à désobéir et je ne saurais trop vous conseiller de respecter à a lettre les consignes gouvernementales et de rester chez vous comme ils disent à la télé ! 

Ce que j'écris est le produit de ma propre subjectivité. Souvenez vous que je ne suis qu'un gros con d'anarchiste de droite détestant les élus et les forces de l'ordre même si je ne doute pas que dans le lot, il puisse en exister qui soient de braves gens, mais aussi que l'on me dise ce que je dois faire quand je n'ai pas envie de le faire.

Je ne suis donc pas un exemple à suivre. 


 
 


04 avril, 2020

Trop de réflexion face à la crise !



La première semaine de confinement s'est bien passée. Sans doute que mobilisés par l'adaptation au changement, mes chers patients n'ont pas eu trop le temps de penser à autre chose. Entre le télétravail à adopter pour ceux qui le pouvaient, les courses à faire, le lieu de résidence à choisir quand c'était possible, leur esprit était mobilisé par un mille et un petits soucis qui leur faisait oublier la réalité de la situation. Un départ en vacances un peu chaotique aurait produit le même effet.

Puis, il y eu la seconde semaine. Les choses s’étaient installées. Tout était sensé tourner à peu près bien. L'urgence était passée, il suffisait de continuer à s'adapter à cette situation que personne n'aurait imaginée le mois dernier. Et c'est là que les choses se sont aggravées. 

L'écrasante majorité d'entre eux n'a pas peur du coronavirus et le décompte macabre quotidien, cette sinistre mise en scène gouvernementale n'a pas vraiment de prise sur eux. Non, qu'ils nient la réalité de la situation mais qu'ils estiment l'apprécier à sa juste valeur. Chacun sait que 98% des gens atteints sans s'en sortent sans problèmes mais que lorsque cela s'aggrave, l'âge moyen des personnes décédées est de 71 ans en France et même de près de 80 ans en Italie. 

La plupart, à l’instar de votre serviteur, sait que l'on ne peut accorder aucune confiance en l'état français et que les chiffres publiés sont évidemment fantaisistes. En l'absence de tests pratiqués sur un large panel de population, les statistiques sont nécessairement biaisées et d'un intérêt tout relatif. Peut être l'ai je eu ou pas, et vous qui me lisez aussi, on n'en saura jamais rien. 


On peut aussi estimer que compte tenu des chiffres avancés par le directeur général de la santé, l'épidémie est passée dans le grand est comme en région parisienne et que bien des gens ont pu être en contact avec le virus sans le savoir. Lorsque l'on voit comment il se propage dans un EPHAD, pourquoi imaginer qu'il en serait différemment pour ceux qui ont fréquenté le métro, les cinémas et les théâtres, les restaurants ou tout bonnement leur bureau de la Défense ?

Personne ne nie la réalité de l'épidémie mais pour autant, aucun de mes chers patients ne bascule dans la psychose telle qu'elle est véhiculée par les soignants exerçant dans les services de réanimation. Lorsque je vois une infirmière de réanimation parler, je me souviens que ma mère me tenait les mêmes propos au sujet de la moto que je voulais quand j'avais quinze ans. A l’entendre, j'allais forcément mourir ou au mieux, finir à Garches tétraplégique. J'ai finalement eu ma Suzuki TS50 et je suis toujours en vie. Est-ce du à la grande loterie de la vie ou au fait que j'aie toujours été relativement prudent même jeune ? Je ne le saurai jamais. 

Pour autant, aucun d'eux ne jouerait avec le feu. Le moment n'est pas venu de se faire des tas de bises ni de se tousser à la face. Mais au delà de ces simples mesures de bon sens, aucun de mes patients ne m'a parlé de mesures sanitaires plus drastiques. Certains plus rebelles rompent même le confinement de manière délibérée pour se retrouver en famille lorsqu'ils habitent proches les uns des autres. Il ne s'agit pas de se retrouver à dix personnes mais à quatre ou six. Je sais que c'est très mal et que je devrais hurler que ce sont des assassins en puissance et qu'ils verront bien quand ils seront intubés mais bien sur, je n'en ai rien fait. J'estime qu'ils sont, tout comme moi, parfaitement à même de prendre leur sécurité en main, et en tout cas bien mieux que ne le fera ce gouvernement de brêles.

Bref, tout ceci pourrait fort bien se passer sauf que ... Sauf que c'est bien plus la perception de l'environnement immédiat qui en a plus marqué certains que le virus proprement dit. C'est ainsi que mon cher marquis du mardi m'avait envoyé un message dans lequel il me disait : il faut vraiment qu'on se fasse une séance parce que ta marquise a bien des soucis en ce moment.

Une fois encore, j'ai à faire à un jeune homme extrêmement intelligent tout à fait capable d'appréhender la crise que l'on traverse sans se rouler en boule et gémir. De plus, son milieu social fait qu'il a accès à des informations privilégiées qui donnent à penser que c'est bien plus l’hôpital à bout de souffle que 'on cherche à épargner et l'impéritie du gouvernement que l'on cherche à couvrir, que notre santé que l'on cherche à préserver. N'oubliez pas que les politiques, ayant souvent des traits sociopathiques, n'en ont à peu près rien à foutre de nous. Vous noterez qu'ils ne redoutent que la violence. 

Mon marquis n'est donc pas plus inquiet que cela et tout ce cirque le ferait plutôt sourire. Il est encore jeune, possède une bonne assise sociale et se remettra de la crise. C'est terrible à dire mais nous sommes inégaux face à ce confinement idiot. Certains en paieront le prix fort tandis que d'autres n'auront comme souvenir que la privation d'aller et de venir durant un certains temps.

Ce qui trouble le plus mon marquis n'est donc pas d'appréhender le phénomène avec son intelligence qui traite parfaitement tous les paramètres mais avec son système limbique, cette part animale qui subsiste en nous et que l'on nomme l'instinct. Excellent stratège, il est de fait un piètre tacticien. Il voit lon et plutôt justement à mon sens mais il a du mal à s'adapter.

Le monde est ainsi fait qu'un officier d'état major n'est pas forcément le mieux placé pour être commando. Son système limbique enregistre des modifications de paramètres dans son environnement immédiat et il ne s'adapte que très imparfaitement. Il faut dire que l’immeuble parisien où il réside s'est vidé instantanément des 2/3 de ses habitants, partis vers de plus riantes résidences secondaires. Au rez de chaussée, la boutique et le restaurant sont fermés.

Il n'en fallait pas plus à mon marquis pour noter d’imperceptibles modifications de son environnement : il n'y a plus de bruit. L’ascenseur fonctionne moins, on n'entend plus de portes claquer et si l'on ouvre la fenêtre, peu de bruits aussi puisque la circulation est devenue rare. Comme il me l'explique, ce sont les heures du matin qui sont les plus pénibles. Ces bruits insignifiants ou au contraire agaçants avec les lesquels on avait l'habitude de vivre et qui rythmait notre vie n'existent plus. L'alternance semaine weekend est abolie, tout est calme. Et émergeant du sommeil, mon marquis met deux heures à émerger d'une sorte de torpeur. 

Je lui ai expliqué qu'il était simplement ne train de "rebooter" et qu'un type aussi réfléchi que lui dont la pensée était l'arme ultime n'était pas forcément le mieux placé pour s'adapter rapidement. Ca se fera sur les jours suivants. Je lui ai dit d'imaginer la petite roue multicolore Apple ou encore le sablier Microsoft pour visualiser ce qui se passait dans son cerveau. Un nouveau programme se met en place lui permettant d'appréhender d'une manière réfléchie son environnement. Et c'est vrai que cela se passe mieux. 

Un autre de mes patients résidant en centre ville a eu le même souci. Au début, comme il a cessé son activité professionnelle depuis quelques temps, il plaisantait en disant que finalement les gens allaient vivre comme lui en restant chez eux. Il se sentait mieux armé que nous, estimant que sa vie quelque peu ralentie serait un atout pour affronter cette crise. Il n'en est rien car il y a une différence entre la réclusion que l'on choisit et celle que l'on subit. Celle que l'on choisit, on peut y mettre fin quand bon nous semble ; celle que l'on subit, on n'a d'autre choix que l'endurer. 

Une fois encore, la solitude à laquelle on consent n'est pas la même lorsque l'on sait qu'on peut la rompre à tout moment en allant faire des courses ou boire un café. Posséder un droit sans l'exercer n'est pas la même chose qu'en être privé. C'est ainsi que ce patient s'est trouvé confronté à un environnement qu'il n'avait pas imaginé : le fait que les gens en soient réduits à vivre comme lui a fait que la vie a été abolie. Terminés les bruits du marché, des voitures, des gens, ce brouhaha auquel on ne prend plus garde tellement il est devenu banal. En échange, les fenêtres de l'hôtel particulier de mon patient ne s'ouvrent plus que sur une immense place vide ou nul ne passe. Sa thébaïde d'où il pouvait s'extraire pour se frotter au monde n'est plus qu'un sinistre tombeau.

Et puis, il y a moi, votre serviteur. J'enrage et je tempête parce que je trouve que ce confinement n'est que l'aboutissement d'une incroyable suite de fautes de ce gouvernement d'incapables. Je les déteste à un point que vous n'imaginez même pas. Je pourrais commander un peloton d’exécution et dormir comme un bébé le soir venu. Et pourtant, je vous l'assure et ceux qui me connaissent vous le confirmeront, je suis naturellement bienveillant.

Mais mon confinement se passe bien. Habitant en banlieue dans une grande maison au milieu d'un jardin, rien n'a vraiment changé. Lorsque je rentre du cabinet, je rejoins toujours un endroit calme et il l'est tout autant aujourd'hui. Rien n'a vraiment changé dans mon environnement. J'avais déjà l'habitude de consulter par skype et cela continue même si c'est la totalité de mes consultations qui se font maintenant de cette manière. De fait ma semaine est assez rythmée et je reste le même, que je sois au cabinet, par Skype ou assis à une terrasse de café. C'est d'ailleurs ce qui me manque le plus, de m'asseoir en terrasse avec mes JPS, un bon livre ou des gens sympathiques. Le reste je m'en passe.

Et puis, il y a Jésus, que mes fidèles lecteurs connaissent bien, ce patient un peu perché que j'avais fait exorciser voici quelques années faute de mieux. Jésus m'a appelé pour prendre de mes nouvelles. ll allait bien et comme il me l'a dit, il ne sentait pas bien l'affaire, tant et si bien qu'il s'est barré une semaine avant le confinement pour se réfugier à la campagne chez ses grands parents qui possèdent une exploitation agricole. Il a observé une quarantaine tranquille en résidant dans une maison indépendante puis il s'est mis au travail.Il retape des clôtures, révise les toitures et s'occupe ds bêtes. 

Mais Jésus c'est un tacticien, le genre de type qu'on parachute derrière des lignes avec une mission et qui revient toujours. Je me souviens des médecins qui avaient considéré son cas comme grave et qui aujourd’hui, face au coronavirus se retrouvent commet des poules devant un couteau. Jésus lui, n'a pas ce problème. C'est sur que le placer face à des choix l’engageant sur des années, relevait de l'impossible mais au quotidien, ça reste un des meilleurs que j'ai connus.

Jésus ne fait pas de statistiques, il se contente de s'adapter perpétuellement.


01 avril, 2020

Les gauchos sont de retour !


C'est incroyable ce que les gens peuvent être débiles ! C'est parfois à se taper la tête contre les murs. On a beau assister à la faillite de notre état obèse qui ne parvient même plus à assumer ses missions régaliennes que les crétins qu'il faut tout de même que des abrutis s'en prennent au néo-libéralisme.

Je ne suis pas un fervent partisan de la dérégulation du capitalisme car, tout comme la gauche a pour défaut la jalousie, je sais qu'à droite c'est la cupidité qui veille. Toutefois, je préférerais que ce soit la morale qui revienne et un certain contrôle social qui fasse qu'on montre du doigts les salauds plutôt que de quelconques lois fabriquées à la hâte par des députés généralement crétins.

Ce n'est pas tant les riches qu'il faut montrer du doigt mais ceux qui parmi eux, se seront enrichis par connivence, népotisme, réseaux et autres magouilles. Non qu'ils n'aient pas travaillé mais simplement que la duplicité ne soit une qualités à promouvoir.

Pour autant, que je sache, quel que soit le service public dont dispose nos amis de gauche, l'ensemble aura été financé par le secteur marchand essentiellement. Le secteur public et non marchand n'existant que du fait de la production du secteur marchand. 

Souvenons-nous, qu'à une époque pas si lointaine, un médecin généraliste devait parfois se contenter d'un lapin ou d'une douzaine d'oeufs pour tous honoraires. Quant au secteur public, entièrement financé par l'impôt, il suppose qu'on puisse en prélever. Et pour le moment seul le capitalisme entrepreneurial a été à même de produire suffisamment de richesse pour permettre à notre état de devenir obèse. 

Face à la faillite totale de l'état, on entend donc encore que l'hôpital manque de moyens et qu'on n'investit pas assez dans la santé alors que la prise en charge de la crise nous montre que des pays ayant des budgets santé inférieurs au notre s'en sortent bien mieux.

Si l'on s'en tient à ce tableau dont les chiffres datent de 2014, on constate que les dépenses de santé en France représentent 11,5% du PIB contre par exemple, 11,3% en Allemagne. On le voit nous sommes de toute manière dans le haut du tableau et au dessus de la moyenne mondiale qui est de 9,9%.

La simple question serait donc de se demander non pas si l'on manque de moyens puisque l'on en a mais où passe l'argent ? Les dépenses de l'état sont à ce point un tonneau des danaïdes que l'on pourrait doubler le budget de la santé que l'on manquerait encore de moyens. 

Et si l'on peut accabler l'état, il ne faut pas non plus oublier la population que la gratuité des soins tend à rendre de plus en plus consommatrice et exigeante. Entre la pléthore d'administratifs et d'administration et les arrêts de travail et la surconsommation de médicaments, il faut tout financer. Alors en plus de très mal gérer l'ensemble, il faut aussi faire des coupes claires. 

Dans tous les cas, je ne pense pas que ce soit un problème de financement qui sont importants mais d'usage que l'on en fait. L'état nounou ayant transformé les citoyens en débiles assistés demandant toujours plus, on leur en donnera toujours plus. On se souvient encore de la phrase célèbre de François Hollande : c'est gratuit, c'est l'état qui paye.

Comme j'aurais aimé que durant cette crise des citoyens un peu intelligents se posent la question de savoir ce que l'on faisait des impôts énormes que collecte l'état. Mais non, l'essentiel de ces débiles, constant la carence de l'état quant à sa mission, en déduit juste qu'il n'a pas mis assez de moyens à disposition ! L'état n'est pas un mauvais gestionnaire, il n'est pas assez prévaricateur. Si vous voulez être mieux soigné, acceptez qu'on vous vole encore plus ! 

De plus, ce n'est pas vraiment le budget de la santé qui est en cause mais plutôt l'impéritie des différents gouvernements qui se sont succédés ces dernières années à ne pas prévoir de plans en cas de crise sanitaire. On n'ose se demander ce qu'il en serait en cas de catastrophe nucléaire ? Sans doute serions nous tous confinés avec du paracétamol en attendant que les radiations baissent ? 

Avoir quelques entrepôts avec des stocks stratégiques n'était pas une solution très onéreuse. Sans doute que l'état, de droite ou de gauche ayant oublié ses mission régaliennes préfère financer les avancées sociétales pour paraitre progressiste. Qu'on se rassure, les soignants n'ont ni masques, ni blouses, utilisant pour certains des sacs poubelles, mais le festival du film indigéniste, la théorie du genre ou la transition écologique à base d'éoliennes, seront correctement financés.

On nous dit qu'il y aura un après coronavirus. J'aurais espéré que cet après signe l'arrêt de mort de cet état obèse qui nous pille, nous rançonne pour rien mais non, les idiots demanderont encore plus d'état. 

Comme disait Barbey d'Aurévilly, à part les poètes, les moines ou les soldats, l'humanité est faite pour le fouet !

31 mars, 2020

Contamination !


Hier, je m'élevais contre les oiseaux de mauvais augures qui rajoutent du malheur à une crise déjà pénible à vivre. Je ne supporte pas ces faux experts qui se permettent de donner des conseils et des avis alors que le simple bon sens permet de remettre en cause leurs pronostics débiles.

Admettons, et cela semble être le cas vu l'afflux de malades dans les hôpitaux, que ce virus soit très contagieux. Auquel cas, comme je l'expliquais précédemment, le mode de vie dans les grandes métropoles, est un facteur favorisant évidemment la contagion. Métros, cinémas, théâtres, bureaux, restaurants, appartements exigus, sont autant de bouillons de cultures ou proximité et hygiène moyenne ont permis au virus de se développer.

D'ailleurs, même si je ne connais personnellement aucune personne décédée du virus, ne connaissant que quelqu'un qui connait quelqu'un qui aurait perdu un proche, je connais quelques personnes estimant qu'elles ont pu être contaminées. 

Ainsi, certains patients avouent avoir eu dans les semaines passées un accès grippal s'étant soldé fort heureusement par une issue favorable. Certains autres n'ont eu que de légers symptômes dont une curieuse anosmie (perte de l'odorat) qui semblerait faire partie du tableau invoqué dans le cas du coronavirus. Un des clients de mon épouse, restaurateur de profession, lui a aussi raconté que son épouse et ses deux enfants étaient malades en ce moment sans que cela ne semble d'une gravité terrible mais qu'ils restaient sous surveillance afin de prévenir tout emballement.

Je ne connais qu'une femme approchant la cinquantaine ayant eu une forme plus grave ayant nécessité un court passage aux urgences du fait de son terrain asthmatique.

Elle rapporte qu'elle n'a jamais été aussi malade de sa vie et je ne sais quoi en penser. C'est une personne fiable mais il est fort possible que la période singulière que l'on vit tendent à accroitre la gravité perçue des symptômes face à leur gravité réelle. 

Ainsi moi qui vous parle, je n'ai eu qu'une grippe, une saloperie que j'avais attrapé dans un avion dégueulasse de Continental Airlines, cette compagnie américaine dont le slogan est "work hard, flith right" dont le message n'est pas sans rappeler celui des dictatures disparues ! 

Je crois n'avoir jamais été aussi malade de ma vie. Moi, d'habitude en bonne santé, n'allant jamais chez le médecin et me moquant des gens fragiles, j'étais au bout de deux jours une vraie loque. Le médecin que j'avais appelé m'avait alors enjoint de faire une radio des poumons et prescrit des antibiotiques. J'avais été bien incapable de me rendre chez le radiologue et c'est pantelant et tenant peine debout que j'y étais allé, accompagné par mon père. J'étais tellement mal que l'on aurait pu m'annoncer ma fin prochaine que je l'aurais accueillie comme une libération. 

Tout cela pour vous dire que ce qu'a vécu cette femme dont je vous parle n'est peut-être pas tellement différent de ce que j'ai vécu. Peut-être était ce une simple grippe et pas le coronavirus puisque de toute manière elle n'a pas été testée. On en le saura jamais mais elle restera persuadée que c'était évidemment le coronavirus et racontera cela à ses petits-enfants comme mes parents me racontaient la seconde guerre mondiale. 

Moi même à l'époque où le confinement nous est tombé sur le coin de la figure, j'ai eu quelques symptômes. J'avais un léger mal de tête et ainsi qu'un mal de gorge. Fragile comme je suis, je me suis bien gardé de saisir le thermomètres électronique pour savoir si 'j'avais ou non de la fièvre. 

J'aurais eu bien trop peur du résultat, sachant qu'à 37,5°, ma viens st en danger et qu'à 39°, on signe par avance mon certificat de décès tandis qu'un prêtre me donne les derniers sacrements. J'ai donc saoulé mon épouse afin qu'elle pose le dos de sa main contre mon front blême pour savoir si j'avais ou non de la température. Et ce fut sans appel, cédant à mes caprices infantiles et grotesques, cette dernière s'est levé à quelques reprises pour m'asséner un simple : non tu n'as pas de température, ce ne sera pas pour cette fois ! 

Il va sans dire qu'une fragile et timide violette comme moi était la proie favorite de cette avalanche de nouvelles apocalyptiques que passaient les télés en boucle. J'en suis à un point tel qu'il suffisait peut-être qu'on me montre plusieurs lapins atteints de la myxomatose pour que j'angoisse tout seul en me demandant si je ne l'ai pas chopée moi aussi, sachant qu'elle ne se transmet évidemment pas aux humains.

Ceci étant, je ne suis pas non plus Marie Wittman, la célèbre Blanche du bon docteur Charcot, et je ne suis pas hystérique. Je n'ai pas inventé mes légers symptômes. Alors furent-ils réels et ai-je été atteint du coronavirus que ma solide santé aura combattu avec succès ou ces symptômes sont-ils liés au climat anxiogène que j'ai pu ressentir au début de la crise ? Je ne le saurai jamais sauf si nous sommes testés à grande échelle. 

Pour le moment, je préfère croire que je l'ai chopé avec des symptômes mineurs ce qui m'aura permis de développer de puissants anticorps plutôt que de me dire que j'ai fait mon gros fragile et que j'ai encore tout à redouter. Vous noterez au passage l'implacable logique dont je fais preuve à mon encontre. Et si je suis d'accord avec vous pour admettre que mon point de vue est idiot, je le garde tout de même parce qu'il me rassure. J'ai toujours adoré la pensée magique, n'oubliez pas qu'en cas de doute, il me suffit de voir une Honda pour que mon anxiété s'arrête.

L'ai-je eu ou ai-je simplement eu l'impression de l'avoir eu, seul un test des anticorps, une fois qu'il sera disponible, saura le déterminer. En attendant, je préfère croire que je l'ai eu et que j'en ai triomphé.

Il n'y a que la foi qui sauve !

30 mars, 2020

Paranoia !



J'ai intitulé cet article paranoïa pour frapper les esprits bien qu'en vérité, j'aurais du parler de peur ou de précautions excessives. N'étant pas épidémiologiste, et encore moins virologue, je ne connais de tout cela que ce que j'ai pu lire comme articles de vulgarisations au hasard de mes pérégrinations sur le web. Autant vous le dire, mon avis ne vaut rien.

Mais au moins ne ai-je conscience et ne me sens pas légitime pour conseiller les gens. Non dans un sens, ni dans un autre. Car si aujourd'hui, ceux qui parlaient de gripette et incitaient au relâchement ne sont plus vraiment nombreux, ceux qui dramatisent et jouent les Cassandre sont devenus nombreux.

On assiste à tout et n'importe quoi. Entre ceux qui remettent la baguette qu'ils viennent d'acheter au four et d'autres qui arrosent d'une solution à la Javel les paquets Amazon, c'est la foire aux dingues. Il y a aussi ceux qui disposent de vêtements et de chaussures spéciaux pour les sorties. Pourquoi ne pas tenter le scaphandre aussi ? 

J'ai aussi vu passer un schéma savant qui expliquent a vitesse de projection d'un éternuement, comparativement à une simple toux, ledit schéma précisant en outre la taille et le nombre de particules que pourraient contenir lesdits postillons. Rien de nouveau ni de bien intéressant dans cet schéma si ce n'est que, comme tout un chacun pourvu qu'il ait reçu une éducation standard sait, on évite de tousser ou d'éternuer au visage de son interlocuteur. On met sa main devant sa bouche, ou son coude comme on nous y incite ou un mouchoir. Mais, on ne crache pas à la gueule de la personne qui nous fait face. Ou l'on est un gros porc doublé d'un malotru.

Dans le même genre d'histoires extrêmes, les médecins sont à la fête, qu'ils soient consultants sur les chaines d'information continue ou bien sur les réseaux sociaux où personne ne leur demande rien pourtant. Chacun y va alors de ses conseils, le médecin, quelle que soit sa spécialité, étant devenu soudainement, par la magie des événements un grand savant.

Et encore, un généraliste est confronté naturellement aux infections puisque c'est le premier interlocuteur que l'on croise en cas d'attaque bactérienne ou virale. Et il ne passera la main que s'il est confronté à un ennemi que l'arsenal qu'il prescrit habituellement ne suffit plus. Son avis peut-être utile car il connait les épidémies habituelles de grippes ou de gastroentérite ! 

Mais récemment, c'est un radiologue qui nous alertait sur les dangers du coronavirus.  Voyant une photo prise dans une rue de Paris ou des quidams patientaient sagement à plus d'un mètre les un des autres, il a été pris d'une crise de panique terrible arguant du fait que les gens faisaient vraiment n'importe quoi ! Le médecin, celui qui sait contrairement aux imbéciles que nous sommes, nous mettaient en garde n'hésitant pas à publier des scanner de poumons ravagés par la fibrose.

Quand quelqu'un a osé lui dire que certes la photo avait tendance à écraser les perspectives mais que les gens semblaient être à deux mètres les uns des autres plutôt qu'à un mètre, ce radiologique s'st exclamé que face à un tel ennemi la distance nécessaire serait de cinq mètres ! Cinq mètres, rien que ça !?


Comme je ne suis pas virologue, et lui non plus d'ailleurs, j'ai juste usé de bon sens en lui rétorquant que si le virus était aussi agressif et contaminant alors, en Ile de France et dans les autres régions très urbanisées, nous l'avions forcément tous contracté. En effet, entre les transports en commun, les restaurants et bars, théâtres, les bureaux où s'exercent les activités tertiaires, il est impossible de se maintenir à une distance de cinq mètres les uns des autres. 

Auquel cas le virus nous a tous contaminés lors de nos sorties, et nous avons alors contaminé nos proches chez nous le soir, auquel cas ce méchant virus n'est pas si terrible puisqu'il n'a fait pour le moment "qu'un" peu plus de 3500 morts, le malheur étant justement que la contamination étant manifestement massive, au lieu de s'étaler sur plusieurs mois comme la grippe, les cas graves arrivent en masse face à des services de réanimation saturés.

Chaque année les journaux télévisés nous parlent de la même chose à propos de l'épidémie de gastroentérite dont le virus est lui aussi très actif. J'y ai pour ma part toujours échappé parce que je dois me laver les mains bien plus que la moyenne et notamment en sortant du métro, avant de déjeuner et en sortant des toilettes.

Se prémunir du virus c'est adopter les fameux gestes barrière et ne pas se mettre ou mettre en danger les autres pour quelques temps. Sauvegarder sa santé mentale c'est se prémunir contre les cons qui racontent tout et n'importe quoi !

Quand quelqu'un vous dit quelque chose, utilisez déjà la technique du bouclier en vous posant la question : qui me dit cela ? Est-il spécialiste ou sinon où a-t-il obtenu les renseignements qu'il me donne.

Si se prémunir de la bêtise des gens ne garantit pas l'absence de contamination, elle évite l'angoisse !

29 mars, 2020

Paris macabres !


Tout le monde  est devenu épidémiologiste ! Chacun y va de son pronostic sur la pandémie qui nous frappe. Pourvu qu'on ait fait quelques études et que mieux encore, on est de solides bases en statistiques, on triture les données, on extrapole, on projette, on estime pour doctement fixer le nombre de décès que l'on aura à déplorer lorsque tout cela prendra fin.

L'ami Toju, qui voici bien des années venait commenter sur ce blog, y est allé de ses prévisions, ce qui m'amuse beaucoup vu qu'il est juriste et que ses estimations se basent sur les estimations de ceux qui estiment à partir d'estimations que d'autres ont faites en fonction d'estimations d'autres, et ainsi de suite. 

L'heure étant à la gravité, il st hors de questionne prendre les choses à la légère, chacun y allant de son couplet défaitiste. On ne se contente plus de compter les probables centaines de milliers de morts, on rajoute maintenant les effets dévastateurs d'une crise économique d'une ampleur inégalée. Les plus assidus rajoutent évidemment qu'on pourrait être réinfecté et que ce virus se comporterait comme la malaria ! Rien que cela ! Bref on va presque tous mourir et ceux qui prenaient les choses plus légèrement voici encore quinze jours sont maintenant devenus les plus durs en termes de pronostics comme s'ils voulaient rattraper leur légèreté passée en prédisant maintenant le pire ; il n'y a pas plus zélés que les convertis, c'est bien connu.

Tou est l'un de ceux la. C'est pourtant un type intelligent mais son intelligence a toujours été brouillée par la tentation d'en faire plus et trop comme si le simple bon sens ne lui suffisait pas mais qu'il doive être forcément original. Donc Toju en fait trop, plutôt que de dire des choses sensées, il fait le paon, il souhait m'impressionner. Le but de son discours serait presque de m'expliquer que je suis un brave garçon mais que les choses sont plus compliquées que je ne l'imaginais.

Evidemment Toju se trompe comme il s'est toujours trompé lorsqu'il a tenté de m'affronter sur le terrain des idées. Si c'est un type intelligent et cultivé, sa volonté d'en faire trop et de vouloir "épater" les gens, comme on disait dans les années cinquante, rend souvent sa réflexion caduque. D'ailleurs quand je ne suis pas d'accord avec lui, je ne tente même plus d'argumenter, je le traite de trou du cul et nous passons à autre chose. Ce qui ne nous empêche pas d'avoir un vrai lien amical très sincère. Je suis son gros con et il reste mon trou du cul. L'amitié c'est parfois simple.

Toujours est-il qu'il fait partie du clan des alarmistes modérés, à savoir qu'il pense que c'est très grave sans pour autant que cela soit très très grave ! Bref, il ne sait rien et a du, par conformisme social imbécile, calquer son avis sur celui de ceux qu'il estime proches de lui. Le connaissant par coeur, je me doute qu'il n'a pas voulu adopter l'avis de ceux qui prennent la pandémie à la légère en restant persuadés que l'état se fiche de nous, sans pour autant se ranger à celui de ceux qui tremblent en s'attendant à une hécatombe, pour ne pas passer pour un gros peureux ! 

Comme on ferait des essais chez son tailleur favori, j'imagine que Toju a adopté un avis un peu près du corps sans pour autant être gêné dans ses mouvements. Tou est vraiment un trou du cul ! Ceci dit il reste brillant, cultivé et assez dandy dans sa manière de vivre pour tolérer ses avis débiles. Quand j'aime bien les gens, je les prends tels quels, avec leurs défauts qui m'apparaissent attachants. Tou, sans sa vanité légendaire ne serait plus Toju, cet être solaire, ce lion qui fonctionne un peu comme une boussole à l'envers. 

Je lui ai donc affirmé que nous n'aurions pas à déplorer plus de 20000 décès dus à ce vilain virus. Alors encore une fois, je n'oublie pas lorsque je cite ces chiffres, que ce sont des gens qui meurent, qui aimaient et étaient aimés. N'allez pas me prendre pour un monstre statisticien. Mais bon, je fais comme les chaines d'information continue l'enseignent, je compte aussi. 

Donc disais-je, nous n'aurons pas à déplorer plus de 20000 morts. Ce à quoi Toju, par pur esprit de provocation, simplement pour me contredire et jouer les petits professeurs, et parce que c'est un trou du cul, m'a objecté que ce chiffre serait pour lui la limite basse. Bref, nous sommes d'accord sur le nombre de 20000, maximum pour moi et minimum pour lui. 

J'en serais resté là car je connais si bien l'animal que je ne perds plus mon temps à contrer son orgueil prométhéen ! Son orgueil imbécile l'a déjà perdu tant de fois que n'importe quel être sensé à sa place en aurait tiré une leçon. Mais pas lui ! Non, afin de me contrer encore plus plus, dans un fol espoir de me faire mordre la poussière parce qu'il ne veut toujours pas reconnaitre mon incontestable supériorité, voici que l'ami Toju m'a lancé un pari !

Parier sur le nombre de morts ? Quelle outrecuidance, quel irrespect ! Le même qui une heure avant serait capable de jouer au confesseur de s'adresser à n'importe qui comme s'il était oint du Seigneur, est capable de parier sur le nombre de morts ! Si j'étais son confesseur, je trouverais le péché si grave que je le contraindrais à se rendre à la cathédrale de Chartres à genoux en se flagellant !

Toujours est-il, que mêmes savez que l'orgueil est quelque chose qui m'est inconnu puisque j'ai fait une psychanalyse et que je n'ai plus d'égo, mon côté batailleur reste. Mon ascendant bélier l'ayant emporté sur ma prudence capricornienne et j'ai relevé le gant. 

Toju et moi avons donc parié deux magnums de champagne que celui qui se sera trompé offrira à l'autre sachant qu'ils seront bus chez moi en compagnie d'amis communs choisis par mon épouse. J'annonce d'ores et déjà que j'ai gagné deux magnums de champagne. Encore une fois j'ouvre grand ma grande gueule puisqu'elle est grande justement. Si je perds j'aurai vraiment l'air d'un con. Face à vous peu importe, vous saurez me pardonner j'en suis sur chers lecteurs. Mais face à Toju comment pourrais je supporter ? Enfin comme jusqu'à présent il a toujours eu tort face à moi, je me dis que je ne cours pas grand risque.

Bien entendu, paix aux âmes de tous ces malheureux dont on nous annonce les décès tous les jours. Et il est évident que j'implore le pardon de Dieu qui saura voir en moi un simple crétin un peu batailleur et non quelqu'un de méchant.

J'attends évidemment le commentaire imbécile  et de mauvaise foi, que cette outre gonflée d'orgueil et de vanité qu'est Toju, ne manquera pas de venir écrire ici même.

Mais bon, Toju reste un sacré trou du cul ! Mais je l'aime bien !


28 mars, 2020

Négligence !


Comme j'ai du temps je devrais refaire le bandeau droit de mon blog afin de corriger les liens puisque tous pointent vers des endroits fermés. Je sais que je dois le faire mais je ne le fais pas. Ca aura été le drame de ma vie, procrastiner et remettre au rendement puis finir par me dire que j'aurais du, que je savais ...

De même que je suis un pessimiste-optimiste, je suis un branleur sérieux. Je suis ainsi. C'est ma croix. Je la porte depuis des dizaines d'années.

J'en profiterais aussi pour mettre mon mail, ça m'éviterait de le réécrire sans cesse. A toutes fins utiles, je le remets encore une fois :

pa6712@yahoo.fr

Ces articles furent rédigés en écoutant ma musique d'ascenseur favorite ! J'ai eu l'impression de me trouver à Portofino en 1964. De ma terrasse je voyais au loin un Riva Aquarama filer sur l'azur de la méditerranée tandis que sur la plage des naïades en maillots de bains bronzaient. C'est 111 morceaux incroyables de suavité et de coolitude sur la playlisste "60's lounge/easy listening" sur Youtube !


Angoisse !


Vendredi une patiente qui vit à l'étranger m'envoie un SMS paniquée en me demandant un rendez-vous dans les plus brefs délais. Compte tenu de mon emploi du temps; je lui fixe à 13 heures ce même jour, en n'oubliant pas que confinement ou pas, je suis évidemment toujours en retard. Il ne faut pas perdre ses bonnes habitudes !

Je l'ai enfin par skype et elle m'évoque son angoisse. Elle souffre d'une spondylarthrite ankylosante et le traitement qu'elle reçoit la rendent immunodéprimée. Autant vous dire que c'est une proie de choix pour les microbes et elle le sait. 

C'est une jeune femme intelligente et volontaire avec qui j'ai toujours eu de bons liens. Sa vie n'est pas très gaie mais elle fait contre mauvaise fortune bon coeur et a fini par trouver du sens à ce qu'elle a traversé. Elle a aménagé sa vie entre sa profession et du bénévolat mais surtout, vivant seule, elle a sa chienne qu'elle adore.

Comme elle me l'expliquait, bien avant qu'on parle de confinement, elle a fait très attention. Elle connait ses fragilités et elle ne se met pas en péril. Elle est moins sortie et a fait ses courses au moment où il y avait le moins de monde. Pour le moment elle va aussi bien que cela puisse aller, sachant que les traitement pour sa maladie ont vraiment évolué et que celle ci la laisse à peu près en paix. 

Et puis elle a son chien ou plutôt sa chienne, le seul être vivant qui partage sa vie au quotidien même si elle n'est pas asociale, loin s'en faut. Mais sa chienne, elle l'adore. D'abord parce qu'elle adore son chien et puis que posséder ce gros chien, c'est aussi pour elle une manière de s'affirmer et de dire au monde que malgré sa pathologie elle n'est pas impotente non plus et qu'elle peut prendre en charge un animal. Trois fois par jour, elle sort sa chienne en choisissant l'itinéraire et l'horaire de manière à croiser le moins de monde possible. Elle est prudent et c'est très bien !

Mais il se trouve que dans ce maelström de nouvelles plus ou moins farfelues, quelqu'un lui a dit de faire attention parce qu'en promenant sa chienne cette dernière "pourrait ramener le virus sous ses pattes" ! Et là ça a été le drame. 

Je lui ai dit que c'était évident complètement stupide puisque compte tenu de la surface des coussinets d'un chien en contact avec le sol, il faudrait que sa chienne marche dans des postillons dotés d'une haute charge virale et qu'elle les ramène ensuite chez elle. Ce qui veut dire qu'à chaque pas, au moins l'une de ses pattes se pose exactement où une personne infectée à postillonné ce qui est statistiquement impossible et complètement risible !

On a alors patiemment refait son trajet pour promener sa chienne. Elle sort, allume la minuterie puis appelle l'ascenseur. Enfin parvenue au rez-de-chaussée, elle doit ouvrir deux portes pour se retrouver dehors. En admettant que tous les crevards du coin, ayant une charge virale très élevée  se soient donnés rendez-vous pour souiller boutons et poignées de porte en les léchant pour y laisser leurs miasmes, elle devrait s'en sortir en prenant un minimum de précaution, à savoir appuyer sur les boutons et les poignées de porte avec un chiffon ou un morceau de Sopalin quelconque. 

Après, comme je le lui disais, même avant l'irruption de ce virus, moi qui suis habitué au métro, j'ai toujours pris soin de me laver les mains. J'ai même depuis des années une petite fiole de SHA en poche avec laquelle je me nettoie les mimines à peine sorti de la station de métro. Je déteste sentir mes mains poissées par le métro, c'est mon coté princesse au petit pois.

Je suis parvenu à la rassurer et comme j'aime bien faire bien mon métier, je lui ai demandé quelques minutes avant de prendre conseil auprès d'un ex-patient vétérinaire. Comme il me l'a affirmé, et c'était une évidence, à moins d'avoir un chihuahua que l'on porte perpétuellement dans ses bras et sur la fourrure duquel on éternue sans arrêt alors qu'on est infecté et que l'on refilerait immédiatement à sa grand-mère âgée, il n'y a aucun risque que des pattes de chien amènent le virus.

J'ai donc conclu, et ma patiente était d'accord, que ce qu'elle faisait était très bien, qu'elle prenait toutes les précautions adéquates sauf une : tenir les cons à distance !

Bref, évitez de rouler des pelles à des inconnus, lavez vous les mains mais n'oubliez pas de vous tenir à distance des cons ! 

Et croyez moi la situation est proche aux cons ! 

Utilité !

Mais pour qui il se prend ce psy ? Non mais !


Cette crise a pour mérite de constater que pour faire tourner un pays il existe des gens indispensables et d'autres non. On a évidemment parlé des soignants mais on constate que les routiers et les éboueurs se révèlent plus indispensables que les conseils en stratégie d'Accenture ! Je me posais d'ailleurs la question consistant à me demander ce qui pouvait se passer dans la tête d'un jeune consultant surpayé qui constate qu'en cas de crise, il ne sert à rien et que pire, on lui dit même de se mettre à l'abri pour ne pas gêner les autres ! 

Est ce qu'il a envie de faire comme Jean Gabin durant la seconde guerre mondiale qui s'engagea dans l'armée pour ne pas avoir à souffrir la paix revenue de l'étiquette de gros planqué. C'est vrai qu'après avoir joué Pépé le Moko, courir se planquer à Hollywood relevait de la supercherie. Est-ce qu'un consultant surpayé se dit aujourd'hui que lui qui paradait hier aux terrasses ou en voiture, est aujourd'hui un inutile ? Rêve-t-il d'être "mobilisé" dans quelque service civique pour soulager les employés des grandes surfaces ou les éboueurs rien que pour dire le calme revenu, qu'il a été utile ?

A moins que pris de remord, il ne se fende d'une somme plus importante lorsqu'au moment des étrennes, les éboueurs et les pompiers viendront lui vendre leurs calendriers ? Peut-être daignera-t-il se fendre d'un pourboire auprès du livreur qui lui apportera ses colis Amazon ? Est-ce que les crises comme celle que l'on vit actuellement permettent de guérir la sociopathie ordinaire ? Voilà une bonne question.

Il va sans dire que je m'en prends aux consultants dans leur ensemble mais que j'en connais de très bien. Mais que voulez vous le dégoût et la haine pour être efficaces ne peuvent être que collectifs. 

Je me suis posé la même question à propos des services que j'offrais. Il va sans dire que la première semaine, le nombre de rendez-vous que j'avais s'est effondré. Les gens paraient au plus pressé, à savoir comment s'organiser et comment faire face à une éventuelle pénurie, puisque tout le monde se précipitait dans les supermarchés. Et puis il y avait ceux qui désertaient Paris pour s'établir dans des résidences secondaires et enfin d'autres que le confinement rend moins loquaces puisqu'il devient compliqué de parler de ses problèmes de couple quand le conjoint risque de coller l'oreille à la porte.

Peut-être aurais-je pu continuer à aller à mon cabinet et à recevoir les patients quitte à leur faire des attestations en cas de contrôle. Mais à quoi bon ? Comment m'occuper entre les séances ? Comment meubler mon creux du débit d'après midi maintenant que le cafing m'est interdit puisque les terrasses sont interdites. Je n'aurais même pas eu le loisir d'attendre sur un banc avec un livre puisque c'est interdit alors autant fermer et consulter par Skype, Whatsapp ou FaceTime. 

C'est vrai que je ne fais pas dans l'urgence et que je traite principalement des crises de vie. L'expérience nous enseigne d'ailleurs qu'en période de guerre, on va au plus pressé, on tente de survivre et de manger et on se demande moins si c'était grave que dans notre famille on ne se soit jamais dit "je t'aime".

Pourtant j'ai conservé la moitié de mes rendez-vous. Ils me sont restés fidèles non qu'il y ait eu une urgence pour la plupart d'entre eux mais que nos rendez vous hebdomadiers ou quinzomadaires soient pour eux des repères rassurants. Ils me parlent de leurs soucis habituels, de ceux d'avant le confinement et ils font comme si tout cela n'existait pas. Je joue le jeu. Bien sur que l'on aborde aussi la crise que l'on vit mais on se concentre sur ce qui les motivaient avant le virus, quand le monde était normal et qu'on était insouciant. Je suis un peu une fois par semaine, un Radio-Londres rassurant, un amer dans une mer formée (je refuse de parler de tempête) qui leur montre que la terre est toujours la, pas si loin que cela. 

Quand on se parle c'est comme danser sous les V1 et les V2 à Londres oserais-je dire en étant dune prétention extrême ; on maintient un semblant de normalité, on met le temps en suspens et on pense à l'après. Je leur suis utile et je me sens utile, c'est agréable mais je crois que j'ai souvent insisté sur le fait que les patients apportaient bien plus que des honoraires. 

La semaine suivante j'ai aussi eu beaucoup de nouveaux ou d'anciens patients qui m'ont appelé pour faire face aux crises d'angoisse. J'aime bien les crises d'angoisse. Non que je sois un monstre ou un sadique mais c'est là que l'on doit faire preuve d'adresse. On sent que la personne en face de soi décolle et que "sur âme pour d'affreux naufrages appareille" comme dirait Verlaine, et on doit être rassurant sans être lénifiant. 

L'angoisse est le phénomène le plus irrationnel que je connaisse ; elle prend des éléments de réalité pour broder un roman tragique. Mais cela se traite plutôt bien même à distance. Non, on ne vas pas tous mourir, non on ne sortira pas dans un pays en ruine en proie aux bandes ! 

C'est vraiment bien de se sentir utile dans ces temps troublés. Rassurez vous je reste modeste et je sais que je ne suis pas anesthésiste-réanimateur en train de sauver des vies. Mais si par ma présence, mon calme et mes certitudes inébranlables de pessimiste-optimiste j'ai permis à certains de traverser avec plus de confort cette période j'en suis ravi.

J'aurai apporté à défaut d'une pierre, un petit caillou à l'édifice.