23 mai, 2015

Un monde qui change !


Je discutais avec un patient vivant par delà un océan furieux, en des terres où l'hiver dure des mois et qui m'a expliqué qu'une fois, alors qu'il dansait en boîte de nuit, une fille s'était approchée de lui en lui disant : "T'as-tu don l'air d’avoir du fun toué !". Ce que nous traduirions par "toi, tu sembles bien t'amuser ! ". Cette approche roborative et sympathique l'avait un peu décontenancé et il n'avait pas poussé plus loin la relation.

Ce n'est qu'ensuite qu'il avait tenté une autre approche. Mais ayant gardé ses mœurs venus d'un autre temps et d'un autre continent, l'insensé, peu au fait des coutumes locales,  s'était laissé aller à inviter la demoiselle à diner en réglant l'addition plutôt que de partager en deux équitablement, ainsi que l'eut fait n'importe quel mâle un peu moderne parait-il. La leçon qu'il en retira fut déterminante puisqu'elle consista en un mail bien senti dans lequel la demoiselle lui rappelait qu'elle était indépendante et n'avait pas besoin d'être nourrie, pas plus qu'elle n'estimait devoir dépendre d'un homme. Le adieu clôturant le message n'appelait évidemment pas de réponse.

Hélas, la leçon ne s'imprima pas dans son cerveau et notre pétulant séducteur, encore accroché à des pratiques antédiluviennes, sans doute héritée des pratiques médiévales de l'amour courtois, s'entêta à conserver ses pratiques phallocrates. Pensant que la précédente était sans doute une féministe acharnée et enragée, il en déduisit qu'avec une autre, il aurait plus de chances. C'est ainsi qu'une nouvelle invitation à diner fut acceptée par une autre demoiselle et qu'il régla l'addition à la fin du repas.

Cela ne plut pas plus à celle-ci qu'à la première. Et elle le lui fit savoir en lui expliquant que ce n'était pas parce qu'il l'avait invitée à diner qu'il pourrait la baiser ! Notre homme tout entier pétri d'amour courtois autant que de logique cartésienne fit savoir à la pétroleuse que l'invitation à diner n'était pas faite pour baiser comme elle n'avait pas non plus été envisagée pour ne pas baiser.

En un mot comme en cent, il lui expliqua que l'invitation à diner était quelque chose qu'il avait eu plaisir à lui offrir indépendamment du fait qu'ils puissent ou non baiser et que donc, les deux séquences n'avaient aucun lien entre elles. Mais passablement agacé par la réaction de la demoiselle, il préféra rompre la relation qu'il savait ne pas s'engager sous de bons auspices.

Sa méconnaissance des moeurs du nouveau monde, de ce qu'il faut faire ou ne pas faire, lui fut funeste. Lui qui pensait que dans une société moderne où les différences étaient largement encouragées, on lui ferait bon accueil, comprit bien vite que les siennes ne trouveraient jamais un accueil favorable.

Tant et si bien qu'aujourd'hui, ayant toujours conservé ses habitudes de maudit français, il en est réduit à rencontrer d'autres hommes au sein d'une association dénommée Les hommes de cœur, où il peut s'épancher sur ses malheurs tout en écoutant ceux des autres. Je ne connais pas pas cette association mais d'après ce qu'il m'en a dit, c'est une sorte de cénacle au sein duquel, les hommes se souviennent qu'ils ont été des hommes tout en se rappelant qu'il leur faut respecter les femmes avant tout.

Que c'est laid une société qui s'américanise !


"Bonne Dame, je ne vous demande
Que d’être accepté pour serviteur.
Je vous servirai en bon seigneur,
Quelle que soit ma récompense.
Me voici à vos ordres :
Etre noble et doux, gai, courtois !
Vous n’êtes point un ours ni un lion,
Vous ne me tuerez pas, si je me rends à vous !"
Bernard de Ventadour (XIIème siècle)

22 mai, 2015

Blagounette !

Ce matin, comme tous les vendredis, je regardais Facebook. Facebook, je m'en fous un peu, ça me sert juste d'agrégateur de sites et rien d'autre. Et c'est là que j'ai trouvé une vidéo terrible avec des gitans violents qui donnent leur 06 à la fin !

Comme je suis blagueur, la prochaine fois que je vois Lapinou, je lui taxe son portable sous un prétexte fallacieux et je leur envoie un SMS du genre : "bande de gros pédés, je suis socialiste et je vous explose votre gueule à tous !". Bien sur, je préciserai l'adresse de Lapinou !

Il faut que je demande l'avis à mon épouse parce qu'elle protège toujours Lapinou et en cas de problèmes, je le connais, il viendrait se plaindre.


Coïncidences et synchroncité et trucs étranges !

Je viens de me rendre compte que Le Touffier était né le même jour que Jay-Z. Est-ce à dire que Jay-Z serait devenu un gynécologue s'il était né ailleurs que dans une cité HLM de Brooklyn ou bien que Le Touffier aurait pu devenir un rappeur connu et amasser des centaines de millions de dollars !

C'est étrange la vie au moins autant que les questions que je me pose ! Faudra que je demande à Chaton qui est devenu super balèze en astrologie s'il pense que Le Touffier a des aspects dans son thème astral qui le prédisposeraient au rap !

Ceci dit vu le succès qu'il a Jay-Z a du voir autant de chattes qu'un gynéco. Quant au Touffier, il ne lui est pas interdit de faire du rap en amateur.

Le monde est bien foutu tout de même !


18 mai, 2015

Culture générale et chèvrefeuille arbustif !


Mon dernier patient me disait ne pas connaitre Jean Nouvel non plus. Ceci dit ayant lu mon article il s'est rué de lui même sur un livre de culture générale. Comme c'est un ingénieur alsacien, je ne lui en veux pas. Je ne crois pas que Nouvel ait édifié la moindre construction dans ces contrées. Ceci dit mon patient s'est interrogé sur ses fréquentations et s'est rendu compte qu'il fréquentait peut-être trop de geeks ce qui le handicapait sur ce point.

Personnellement mes haies ayant eu à souffrir des attaques de la pyrale du buis (saleté de chenilles chinoises), je me suis mis en quête d'une plante offrant une alternative au buxus sempervirens devenu fragile. J'avais dans mon jardin un arbuste dont je ne me souvenais plus du nom. Avant de partir chez Truffaut (cher mais belles plantes), j'en arrache donc un rameau afin de le montrer à un des vendeurs.
 
Sitôt dit, sitôt fait, à peine entré chez Truffaut, je me mets en quête du responsable du rayon arbustes car il existe un rayon arbuste chez Truffaut ! Si, si ! Voyant le quidam, je le hèle alors poliment en lui demandant si par le plus grand des hasards il ne pourrait pas me donner le nom de l'arbuste dont je tiens présentement un rameau sous ses yeux.

Ce dernier se saisissant doctement du rameau, l'observe et me le tendant me dit d'un ton encore plus docte : "c'est sans doute un lonicera nitida, vous trouverez cela derrière l'allée". Je suis sur que ce gueux aurait rêvé que moi client, je sois en veine d'une explication qu'il m'aurait fournie tel un instituteur s'adressant à un gamin attardé. A ce moment, j'ai lu dans son regard tout l'espoir qu'il avait mis dans sa réponse ! Il rêvait de se faire de l'égo au détriment du mien et que je lui avoue piteusement que je ne savais pas ce qu'était le lonicera nitida !

Hélas pour lui, ma culture générale, acquise durement à glandouiller en lisant tout et n'importe quoi a fait que ce maraud allait en avoir pour ses frais. Car à ce moment là, mon épouse qui m'accompagnait, me demanda : "un lonicera, tu connais ?" Et tandis que l'autre voyant sa maigre victoire poindre à l'horizon souriait, voici que je répondis à mon épouse : "bien sur c'est du chèvrefeuille arbustif".

D'une phrase simple mais parfaite, tel une feinte dans un duel à mort entre deux égos qui frapperait droit au cœur entre les côtes, j'avais coupé l'herbe sous le pied de ce vendeur arrogant. Je l'imaginais déjà ce malotru nous dire comme on éduquerait deux gros ploucs que le lonicera nitida est le nom latin savant du chèvrefeuille arbustif. Du ton de celui qui explique des choses simples que le commun des mortels devrait considérer comme acquises dès l'âge de sept ans.

C'était peine perdue ! Des heures perdues dans mon canapé à lire tout et n'importe quoi alliées à ma mémoire, qui à l'instar de mon estomac, me permet de digérer tout et n'importe quoi et encore plus les choses qui n'ont qu'un intérêt relatif et voici que le rêtre s'avouait vaincu et partait piteux la queue entre les jambes.

Alors la prochaine fois que l'on me demande à quoi sert à la culture générale, je répondrai que c'est utile à plein de choses et notamment à tancer vertement les vendeurs prétentieux !

Dos au mur !


J'en connais plusieurs qui se targuent d'être de bons négociateurs mais qui masquent derrière cette apparente qualité leur allergie au conflit. Donc plutôt que d'entamer la moindre dispute, que de déterrer la hache de guerre quand c'est nécessaire, ils préfèrent composer en se disant que "ce n'est pas grave".

Et puis on a nous a tous éduqué en nous rappelant sans cesse que "c'est le plus intelligent qui cède". chez certain, céder devient une seconde nature. Et quelle que soit la personne à qui ils ont à faire, ils cèdent. Face au conjoint, aux collègues, aux supérieurs, etc., ils cèdent alors même qu'ils n'auraient pas voulu le faire et pour se rassurer ils se disent que "ce n'était pas si grave".

Ce "ce n'est pas si grave" devient une sorte de mantra une formule pour conjurer le sort dès lors qu'au fond d'eux-mêmes, ils savent qu'on a dénié leurs droits les plus élémentaires. Ravis d'avoir pu échapper au conflit dans l'instant, ils auront tôt ou tard à payer cette fuite en se faisant des reproches et notamment celui de s'être fait marcher dessus et de n'avoir pas assez osé.

La lâcheté procure un bénéfice immédiat dont le prix s'échelonne à plus ou moins brève échéance par un amoindrissement de l'égo. On finit par s'en vouloir et parfois par ne plus se supporter. A force de dire que ce n'est pas grave, on finit dos au mur. Et quand on ne peut plus reculer, soit l'on se décide à contre-attaquer, mais ce n'est pas simple quand on ne l'a jamais fait, soit on décompense en dépression.

Bien sur que pour un stoïcien ou un cynique, rien n'est grave. Mais ce sont là des systèmes philosophiques qui n'érigent pas pour autant la lâcheté en principe de vie. Sans doute que la majeure partie des choses ne sont pas graves. Encore faut-il se souvenir qu'on a un esprit de discernement qui nous permet justement de "discerner" l'essentiel de l'accessoire. Point n'est besoin de partir sabre au clair pour tout mais pour certaines choses et notamment nos principes.

Les principes ce sont les choses en lesquelles on croit, ce sur quoi on a fondé sa vie, ce qui nous sert de compas et nous servira à tracer notre route. Mélange de sagesse, de croyances et de retour d'expériences, les principes, une fois qu'on les a acquis, ne se négocient pas.

En ce qui me concerne, l'image que je donne est celle d'un château-fort. Les gens sont les bienvenus dans la cour car le pont-levis est perpétuellement ouvert. En revanche, le donjon restera imprenable. Je préfère perdre par exemple un patient plutôt que de remettre un de mes principes en cause. Non, que je sois orgueilleux à ce point, mais plus simplement que j'aie mis quelques dizaines d'années à me bâtir ce donjon.

Samedi soir, une amie nous demandait si l'on aimerait remonter le temps et retrouver nos vingt ans. Je n'ai jamais été adepte de ce retour dans le passé mais pourquoi pas. Ce que je lui disais, c'était que j'aimerais pourvu que je puisse garder mes principes durement et chèrement acquis.

Par le passé, j'ai moi aussi été adepte du compromis allant parfois à la compromission. Par exemple, quand j’étais beaucoup plus jeune, je me suis laissé dépasser par certains patients qui ont pris la barre sur moi. J'étais trop dans la "gentillesse" ce qui est stupide puisque je ne suis pas payé pour être gentil mais pour être efficace. Sans doute que par peur de déplaire ou par peur de perdre le patient, j'acceptais trop de certains au risque de rater l'entreprise que nous avions commencée.

Ce temps est révolu, j'ai quelques principes dont celui, même si je m'entends parfaitement bien avec l'ensemble de ma clientèle, de considérer que c'est moi qui tiens la barre et que si l'on vient me voir on s'en remet à moi. Les gens sont libres de me dire tout ou seulement ce qu'ils veulent me dire et je comprends qu'ils manifestent une certaine méfiance au début de la relation.

En revanche si j'observe au cours de la thérapie qu'il y a des zones d'ombre, je préfère que l'on en discute plutôt que de m'apercevoir que j'étais le seul à avoir joué franchement tandis que le patient se tenait à une distance respectable par peur ou crainte. Ne prescrivant aucun médicament, on ne peut se reposer que sur moi, sur ce que je dis ou recommande. Je n'ai que la parole pour être efficace. Si celle ci est remise en doute, ce que je ne conteste pas dans la mesure où les gens sont libres, alors je ne pourrais jamais être efficace.

Ca, c'est par exemple un de mes principes. Et j'en ai quelques autres. C'est à prendre ou à laisser et ce n'est pas négociable. Renoncer à ces principes, ce serait me renier moi-même. Je ne suis pas un héros. A notre époque de présentisme qui veut que tout le monde aurait été résistant durant la dernière guerre mondiale, je ne peux jurer de rien me concernant. Simplement à défaut d'avoir été un héros, je suis au moins sur que je n'aurais pas été collaborateur. Parce que justement, j'ai des principes.

Le fait de les respecter, m'évite de me battre, si nécessaire, dos au mur. C'est toujours plus simple quand on a une marge de manœuvre. Bien sur l'affirmation de soi a des limites. Il y a des situations psycho-sociales complexes qui empêchent l'affirmation totale de soi comme le travail ou l'amour ou la rencontre avec les agents civils et militaires de l'état qui ont un pouvoir discrétionnaire sur vous ! 

Mais bon, quoiqu'il en soit, j'évite aujourd'hui de trop me dire que ce n'est pas grave. J'ai finalement appris que plein de choses n'étaient pas graves du tout ce qui n'entrainait pas le fait que rien ne soit grave pour autant. Il y a bien peu de principes à défendre finalement et c'est justement pour cela que cela vaut la peine qu'on les défende parfois.

La prochaine fois que vous vous direz que "ce n'est pas grave", demandez vous si ce que vous pensez est vrai ou pas ou si vous renoncez encore une fois. Être facilitant a des vertus pacificatrices. Être trop facilitant a des inconvénients pour l'égo.

Tout le monde n'est pas le chevalier Bayard, dit sans peur et sans reproches, ce n'est pas pour autant qu'il faille se rouler dans la fange de la compromission et des alliances crapeuleuses.

Boite à rythme !


Alors je ne sais plus quand mais récemment un jeune patient m'a fait la promotion pour les boites à rythmes et la musique électronique. Bon, ça m'a vien fait rigoler vu que c'est ma génération qui a vu l'arrivée des premiers synthétiseurs. 

A l'époque le DX7 de Yamaha faisait un carton. J'avais un pote qui en avait un et il se la racontait. Il jouait les spécialistes. Qu'on ne dise pas qu'il était pianiste ou "claviers", non il jouait du "synthé", c'est tout. Ca lui donnait une forme d'aura prenant autant à l'univers du musicien qu'à celui de l'ingénieur en informatique. On trifouillait les boutons et ça donnait tout de suite l'image du mec savant qui vivait avec son temps. Ça reléguait les tables d'harmonie et les cordes aux greniers !

Et puis côté tripatouillage de boutons et de curseurs, j'ai aussi vu apparaitre Cubase qui était génial pourvu qu'on soit déjà musicien. Parce que sinon, ça sert à rien ! Il y a trois ans, j'i eu un jeune guitariste qui voulait se lancer. Il avait une très belle gueule et savait composer mais que de pains rythmiques. Je l'ai envoyé prendre des cours d'harmonie parce que le pauvre, il allait perdre son temps à réinventer la roue !

Sinon, avant les boîtes à rythme, il y avait ça. La cadence est simple mais il faut tenir le rythme. Et avec une batterie basique en plus !



Bref, les jeunes ça croit tout savoir mais en fait ça ne sait rien !


Faux jeunes et gérascophobie !


On se baladait avec Jean sablon et devant nous marchait un couple. Lui, cheveux poivre et sel, habillé façon jeune et elle, blonde et menue, moulée dans un jean. Poète comme il sait l'être, Jean Sablon a dit "beau petit cul" d'un air entendu. Puis elle s'est retourné.

Fichtre ! Quel tableau ! La peau parcheminée, épaisse, ridée comme une vieille pomme à force d'avoir pris le soleil, la donzelle devait être plus près des soixante carats que des vingt piges. Si mémé faisait illusion de dos, sanglée dans son jean Diesel, de face, c'était la catastrophe. Surtout que la pauvre avait déboutonné un peu trop son chemisier, donnant ainsi à voir un décolleté consistant essentiellement en un sternum aussi voyant que le bréchet d'un poulet d'où partaient des côtes trop apparentes. Mémé s'était grimée en Lolita et ce n'était pas très heureux.

son cavalier n'était pas en reste puisque lui aussi, oubliant l'âge qui était le sien s'était acheté la panoplie complète de ce qu'il estimait être celle du "jeune dans le vent". du haut en bas, on avait le droit à une coupe improbable, ni courte, ni longue, une barbe de trois jours, rigolote chez un minot mais vieillissant n'importe quel type dès que son poil blanchit un peu.

Ensuite, c'était l'inévitable sweat-shirt Abercrombie, le truc en coton survendu, avec la veste en jean par dessus. Et pour compléter le look, il y avait le jean sans doute acheté très cher mais un peu ridicule à force de vouloir être "mode" porté avec l'incontournable paire de Converse.

Vu leur âge, leurs gamins devaient avoir une trentaine d'années. Je me suis imaginé ces deux vieux tableaux se disant que c'était bien pour les enfants et les petits-enfants des parents sachant rester jeunes. Et je me suis mis à la place de leurs gosses songeant à leur gêne!

Ce couple étrange me rappelait mes jeunes années, quand je croisais de vieux rockers. C'était les années soixante-dix ou quatre-vingt, et on croisait encore des types, sans doute nés dans les années trente, ayant connu les années yéyé et restés bloqués dans cette époque. Portant un perfecto et arborant fièrement une banane grisonnante, ces vieux Johnny nous démontraient qu'avant nous, il y avait eu une autre époque avec d'autres jeunes. Ayant baigné dans la musique des Chats sauvages et des Chaussettes noires, ils n'en étaient pas revenus.

Ils nous faisaient un peu sourire mais au moins avaient ils le mérite d'en être resté à leurs années de gloire sans chercher à raccrocher les wagons d'une époque qui n'était plus la leur. Nostalgiques d'une époque où Johnny Halliday chantait Que je t'aime, ils étaient restés fidèles à leurs idoles, sans trahir leurs idoles au profit de Michael Jackson. Qu'auraient donnés ces mêmes papys rockers attifés du célèbre blouson rouge et noir et s'essayant au Moonwalk ?

Il faut savoir vieillir, se souvenir qu'on ne peut être et avoir été et se satisfaire d'être le témoin d'une époque disparue. C'est ce que je me suis dit samedi soir en allant rechercher la fille d'une amie qui était à une soirée pleine d'ados de dix sept ans. L'un d'eux m'a proposé un coup à boire et je lui ai dit qu'on avait déjà tisé en le remerciant. Le fait que j'emploie "tiser" l'a amusé et il m'a dit que c’était drôle ces vieilles expressions. J'aurais du sur le coup prendre un coup de vieux et me senti gêné.

Moi, je m'en suis foutu. D'une part, parce qu'en bon capricorne, je suis né vieux et qu'en plus je ne l'envie pas. Je n'aime pas son époque et je préfère mes dix sept ans à moi que les siens. En 1985, j'étais en fac, et tandis que Jackson chantait Thriller et que Springteen braillait Born in USA, en France c'était Peter et Sloane qui nous noyait dans leur guimauve Besoin de toi, envie de rien ! Et puis pour ce petit con, le Vietnam et la guerre froide ne seront jamais que des images, tandis que pour moi, c'est de l'histoire. Je ne souffre pas de gérascophobie.

La gérascophobie, c'est la peur de vieillir. Parfois ça prend des allures alarmantes comme ce cas, mais le plus souvent ça touche les quadras sur la mauvaise pente. On a beau savoir qu'on va tous mourir, chez certains y pensent constamment au point que cela devient leur préoccupation majeure. C'est dans ce cas, qu'on parle de gérascophobie. L'individu sera par exemple sensible à l'état de sa peau, a sentant moins élastique ou guettant la moindre ride.

Les symptômes se concentrent aussi sur les organes car l'individu se sent moins dynamique quatrefois et pense qu'il se fatigue plus facilement du fait de son âge. Et bien que son généraliste l'ait maintes fois rassuré sur son étant, sans déceler aucune affection médicale, l'individu va recourir à des artifices pour tromper le vieillissement. Il recourra à l'automédication (DHEA), aux cosmétiques à outrance et se met généralement à une pratique sportive intensive.

Obsédé par son image, les réassurances de l'entourage ne suffisent plus. et l'individu devient dépressif et anxieux. Pris dans une course contre la montre, il pratique le jeunisme à outrance, tentant de se prémunir contre le vieillissement. Et c'est ainsi que des types plus âgés que moi, se retrouvent à jouer les jeunes attifés comme l'as de pique avec la panoplie complète de ce qu'ils estiment être au gout du jour, ne faisant que renforcer leur phobie en soulignant justement que seul un jeune peut vraiment se permettre de s'habiller en jeune ...

J'en ai eu un comme ça une fois. Agé de quelques années de plus que moi, il portait un perfecto blanc et une coupe digne des Bee Gees. Ca m'avait fait rigoler. Il était seul, divorcé de fraiche date après une union tumultueuse. Peu sur de lui avec les femmes, c'était sa manière de se remettre en selle.

On devrait tous avoir un memento mori chez soi dès l'âge de quinze ans et méditer face à lui !

04 mai, 2015

Suradaptation !


La semaine passée, je parlais déjà de suradaptation en vous citant cet article. Cette semaine je recevais un patient habituel. Comme il venait en dernier et que j'avais du temps pour ramasser les morceaux, j'ai adopté un ton apologétique. C'est à dire, que hors de toute réserve, je l'ai cogné par un enchainement de droites et de gauches en lui mettant les points sur les i afin qu'il comprenne que si sa vie était pourrie, ce n'était pas parce qu'il était nul, bien au contraire, mais parce qu'il était en suradaptation permanente et de ce fait luttait contre lui-même !

Ca a bien marché et pourtant c'est du lourd ! ENS, agrégation et doctorat d'état pour le monsieur et une propension malgré ce bagage impressionnant à faire des conneries dès que l'occasion se présente ! Qu'il s'agisse de son parcours professionnels ou affectifs, il est perpétuellement en dessous de ce qu'il pourrait légitimement obtenir. Déjà pour traiter ses problèmes professionnels, il avait fallu recourir à la ruse afin qu'il se souvienne de ce qu'est la saine et juste colère !

Et pourquoi ? Parce que monsieur s'oublie ! Parce qu'il se vit tellement en termes de variable d'ajustement qu'il en a perdu de vue ses simples besoins ! Il passe après tout le monde et s'il ne reste que des miettes, il s'en contente. Du moins, il tentait de s'en contenter car il allait très mal.

Cette suradaptation entraine en effet un inconfort extrême dans la mesure où l'on vit perpétuellement un écartement entre ce que l'on imagine que les autres attendent de nous et ce que l'on souhaiterait pour soi-même. La dépression est le lot quotidien de ceux qui vivent cet état avec pour issue fatale la dépression anxieuse quand on n'est plus capable de s'adapter.

Ce patient, qu'il s'agisse du boulot, de la famille ou des relations affectives, rien ne va jamais ! On a déjà bossé mais c'est qu'il résistait le bougre. Le pire, c'était les relations affectives. Le mec a une gueule d'acteur, des diplôme sà faire pâlir Attali et il se tape des peaux de saucisson pas croyables, des nanas qui ne valent rien et l'exploitent !

Comme je trouvais le moment idéal et que j'avais du temps, j'ai donc boxé afin de le faire décompenser. Wow, quel effet ! Lui toujours sur de lui a enfin pleuré, ce qui était bon signe, avant de s'abimer dans un mélange de profonde tristesse et de rage. C'était plutôt prometteur. Ce qui nous manquait, c'était un sac de boxe contre lequel il aurait pu cogner et cogner pour sortir toute sa rage. 

A défaut, on a fini la séance et on a marché le long de la Seine durant une bonne demie-heure. Il était 22h00 et il n'y avait personne. Je l'ai écouté monologuer, et tout sortir ou presque. C'était fini, le prie était passé. Je pouvais sans risque le laisser repartir chez lui. J'ai gardé mon téléphone près de moi au cas ou et j'ai reçu quelques SMS dans lesquels il me décrivait son était. Les prises de conscience affluaient mais il dominait bien le maelström. 

Je lui ai dit de contacter le Jeune Gentilhomme Tourangeau afin d'aller faire de la boxe. En attendant, je lui ai conseillé d'aller courir afin de faire baiser le taux de cortisol. Ça a bien fonctionné durant tout le week-end. Il n'est pas resté seul et il a couru régulièrement.

si j'étais chirurgien, je dirai que j'ai extrait toute la tumeur. Bon, durant quelques mois, on va le surveiller car on n'est jamais à l'abri de rien surtout côté cœur mais j'ai confiance.

Je ne supporte pas de voir les gens se gâcher à ce point ! On a certes le droit de rater sa vie mais seulement si cela résulte d'un choix !

Le bon moment !


La semaine passée, un patient me parlait d'un de ses jeunes amis à qui il en voulait un peu, à juste titre. Souhaitant minorer l'impact de cette relation sur mon patient, je lui expliquais que son ami n'allait sans doute pas si bien que cela et que son comportement devait sans doute plus à une dépression masquée, dans laquelle les symptômes psychologiques sont peu présents, qu'à une vraie méchanceté.

Il se trouve que j'avais croisé une fois ce jeune type à l'une des séances de cafing. Le courant n'était pas passé et il l'avait senti. De toute manière, je ne tiens pas table ouverte, et même si je suis de nature plutôt agréable, je n'ai pas non plus envie que mes pauses soient parasitées par des gens que je ne connais pas. Et encore, ce n'est pas tant le fait que je ne les connaisse pas, que le fait que je ne sache pas ce qu'ils pensent.

Le cafing, c'est avant tout se retrouver entre gens pensant à peu près la même chose et c'est ce qui nous fait plaisir. Je n'ai pas forcément envie de devoir me taire lors de mes pauses parce qu'un jeune socialiste pense que dans notre monde tout le monde pense forcément comme lui. Je déteste les fâcheux. Le reste du monde est fait pour les socialiste progressistes, alors laissez-moi mes séances de cafing avec mes petits camarades réactionnaires !

Bref, outre ses pensées pénibles, j'avais aussi estimé que ce type était au bord de la dépression. C'est d'ailleurs pour cela que je m'étais tu, préférant ne rien lui dire que de tirer sur une ambulance quand il déraillait avec ses pensées à deux balles. Et si je n'ai jamais refusé mon aide à quelqu'un, elle se fait selon un mode classique en prenant rendez-vous et non en venant prendre un café. Ma profession n'est pas de prendre des cafés avec des inconnus. Ces moments là, lors de mes pauses, sont réservés aux gens que je connais bien.

Encore faut-il que la personne se rende compte de son état et c'est souvent compliqué chez les hommes qui se croient les plus fort tout le temps. Il leur faut du temps avant d'admettre qu'il ont besoin d'aide. Ce jeune, sans aucun doute au bord de la dépression, en était encore au stade de la protestation virile de l'adolescent, quand on croit encore que l'on est assez fort pour tordre le réel et le faire coïncider à nos névroses.

Mon patient avait la même analyse et m'a d'ailleurs confié qu'il avait donné mes coordonnées à cet ami qui, bien sur, ne voyait pas bien ce qu'il serait allé faire chez un psy. J'ai alors remercié mon patient de sa confiance avant de lui expliquer que la graine étant plantée, il fallait juste qu'elle éclose.

Et cela peut prendre du temps. Comme je lui expliquait, j'ai couramment des hommes qui viennent me consulter en me tendant un courrier un peu froissé de leur médecin et en s'excusant du bout des lèvres, l'air un peu gêné de me tendre ce torchon.

Je les rassure toujours en leur disant qu'il n'y a pas de moment en termes de dates mais juste le bon moment pour consulter, quand on sait que seul on n'y arrivera pas. C'est un peu comme l'arrêt de la clope ou de la drogue en général, tant qu'on se croit plus fort que le produit et qu'il n'est pas en mesure de créer de graves dommages, on continue.

Le record que j'aie eu fut un patient qui m'a tendu un courrier d'un médecin datant de trois ans dans lequel ce dernier m'expliquait le cas. Il lui avait fallu trois ans pour se décider à venir me voir. Ceci dit, me souvenant très bien de lui, ça s'était fort bien passé. 

On a bien réussi à faire germer une graine âgée de deux mille ans, alors il n'y a pas de miracle à traiter un patient en dormance depuis seulement trois ans.

Il faut venir au bon moment et je serai bien incapable de vous préciser quand est ce bon moment. Chacun est juge de ses actions. Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.

01 mai, 2015

Proposition de logo !


27 avril, 2015

Fou !

Je regardais mes statistiques quand jai vu qu'un quidam avait débarqué chez moi après avoir fait cette requête sur Gogol :

jane birkin photo radiateur

Je l'ai tapée dans le moteur de recherche et suis tombé sur une photo où effectivement la belle anglaise est attachée à un radiateur la croupe offerte à la concupiscence des amateurs de ... croupes offertes, bien sur !



 Je suis sur de ne jamais avoir parlé de Jane Birkin attachée nue à un radiateur !

Grr, je vais craquer !


Non pas moi, je ne vais pas craquer, tout va bien ! Je pense à deux de mes patients. Le premier, un jeune de moins de trente ans très prometteur est venu me voir parce qu'il ne savait pas ce qu'il avait. Il se trouvait "limite" mais de mon point de vue, il n'avait rien d'une personnalité limite. Ça je m'en serais rendu compte !

En fait, il n'avait rien du tout. Intelligent, cultivé, du moins je suppose car je ne sais pas s'il connait Jean Nouvel, poli et gentil, je ne lui ai toujours trouvé que des qualités bien qu'il se dise de gauche. Comme il est encore jeune, je ne lui en veux pas, ça pourra se guérir.

Et puis, c'est compliqué d'y voir clair parce qu'il travaille beaucoup ! Il travaille tellement que quand il divise son salaire net par son nombre d'heures, il arrive à huit euros de l'heure. C'est pas lourd tout de même ! 

J'ai cherché, cherché et n'ai rien trouvé ce qui n'est pas dans mon habitude vu que généralement je trouve tout le temps. Parfois ça prend plus de temps mais je finis par trouver. Parfois en revanche, on se laisse un peu abuser et entrainer par des symptômes apparents et on ne pense plus au fond. Là, ce qui bloquait tout c'était son activité qui le rendait proche du burn-out et puis son côté gentil et accommodant. Mon Dieu qu'est-ce qu'il est gentil et accommodant ce jeune homme, me dis-je chaque fois que je le reçois !

D'ailleurs, il a fini par me dire qu'il en avait marre d'être gentil et accommodant et qu'en lui bouillonnaient des choses qui finiraient par exploser. Je vous avoue qu'il est si gentil et accommodant que c'est bien le dernier chez qui j'aurais pu soupçonner de la violence. Ce type n'a jamais été scout mais je vous assure qu'il aurait fait un bon scout ! Ceci dit, il y a aussi un proverbe qui dit qu'il faut se méfier de l'eau qui dort !

Par exemple, le mec qui fait l'émission River monsters sur la 23 en sait quelque chose. Dès qu'il s'approche d'un coin d'eau, il réussit à trouver un poisson à la bouche pleine de dents voire pire ! Tenez, un soir que je ne dormais pas et que je matais ça tranquillement, le type farfouillait dans un marigot putride où il ne devait pas y avoir plus de dix centimètres d'eau. Et bien, le proverbe a du bon, parce qu'au milieu de cette eau qui semblait dormir nageait traitreusement des anguilles électriques capables de tuer un homme !

D'ailleurs depuis que j'ai vu cet épisode de River monsters, je me dis que sous ses dehors gentils et accommodants, mon jeune patient serait capable de tuer quelqu'un, comme une anguille électrique. Ceci dit, il est de constitution tout à fait normale et ne ressemble en rien à une anguille ! Jean Sablon par contre qui est très grand et mince pourrait plus faire penser à une anguille. Sauf que l'anguille c'est rapide et que Jean Sablon pas tellement en fait. D'ailleurs maintenant que j'y pense personne dans mon entourage ou ma clientèle ne me fait penser à une anguille.

Mais revenons à ce patient en apparence gentil et accommodant mais qui se dit capable de violence, au point peut-être de tuer comme le ferait une anguille électrique bien qu'il ne ressemble aucunement à cet animal improprement appelé anguille alors qu'en fait c'est un gymnotidae. Qu'est ce que cela voulait donc dire quand il faisait état de cette violence alors que moi je ne voyais que gentillesse.

Comme je vous l'ai souvent dit, mon métier consiste souvent à traquer les incohérences et là j'en tenais une. Tel qu'il se racontait, j'avais l'impression qu'il décrivait le personnage interprété par Mickaël Douglas dans Chute libre, ce drôle de film qui nous raconte la descente aux enfers d'un cadre qui décompense soudainement.

Voici donc quelques semaines que ce cher patient tentait de me prévenir que sous ses abords gentils et accommodants se dissimulait de la dynamite ou pire de la nitroglycérine. Une sorte de Dr Jekyll et Mr Hyde en quelque sorte. Et c'est sans doute pourquoi, il se retrouvait peu ou prou dans la personnalité limite parce que justement, dans cette personnalité il y la notion de limite, comme une fenêtre qui serait ouverte sur quelque chose de terrible.

Je lui ai donc dit que pour ne pas l'avoir vu c'est qu'il devait être perpétuellement en sur-adaptation. Parce que même dans la manière de me décrire ses symptômes, on avait du mal à y croire un peu comme si un gentil garçon avec la raie au milieu vous racontait sa guerre. Alors on a creusé cela, di moins on a commencé à creuser ce syndrome de sur-adaptation. Il s'agit de savoir quand il a commencé et pourquoi il a été mis en place. Le reste, on s'en fout car comme toute stratégie mise en place durant l'adolescence, cette sur-adaptation survit à son utilité. 

Bon, on peut imaginer que passer sa vie à faire bonne figure, dire oui quand on voudrait dire non, faire les choses alors qu'on en a pas envie, puisse être une frustration terrible de nature à générer une tension énorme. Comme je lui disais, son truc c'est de la thermodynamique et rien de plus ! C'est aussi connu comme syndrome de l'imposteur. Et finalement, on peut lui donner tous les noms que l'on veut.

Comme lui, farfouille sur le net, il a fini par trouver ce texte qui parle de syndrome PASS. Bon, c'est juste ce que l'on connait mis à la sauce américaine. Et il faut dire que si les ricains ne savent construire ni une voiture ni une moto digne de ce nom, côté marketing ce sont des champions. Dans tout ce qu'ils touchent, zou ils ont la patte marketing qui transforme un truc médiocre en un machin fantastique.

Bon, vous pourrez prendre connaissance du texte, mais le syndrome PASS, ce n'est pas une trouvaille pharamineuse, c'est juste passer à côté de sa vie en jouant le falsificateur, l'usurpateur, contrait que l'on a été par une influence extérieure de renier ses besoins et sa personnalité. Ça arrive à plein de gens et même si cela parait simple écrit comme cela, ça fait souffrir et ça amène souvent des dépendances pour supporter ce réel insupportable et ça peut faire péter le plombs gravement en cas de décompensation.

Moi par exemple, j'aurais voulu être un artiste pour pouvoir faire mon numéro quand l'avion se pose sur la piste à Rotterdam ou à Rio !



Légion d'honneur !


Récemment, lors d'une séance de cafing en compagnie d'ex-patients, l'un d'eux me disait que je lui avait été vraiment utile pour des honoraires on ne peut plus contenus. C'est vrai que quand je repense à lui, je me suis bien engagé, j'ai bossé hors de nos séances et que je lui ai évité l'internement avec tous les désagréments que cela implique. Allez trouver une banque qui vous prête du fric une fois que vous auriez coché "j'ai déjà été interné" dans le petit questionnaire joint à votre demande ! Toujours est-il que plein de reconnaissance, il a estimé que je méritais la Légion d'honneur.

Je trouvais son idée assez baroque, n'ayant jamais envisagé d'avoir la Légion d'honneur car n'ayant pas conscience d'avoir de mérites éminents. Je travaille comme des millions d'autres français et rien de plus. C'est vrai que parfois, mon travail produit des fruits plus impressionnants que celui de l'humble labeur du cordonnier recollant des semelles dans son échoppe sombre mais ce n'est qu'apparence. Personnellement, je suis content qu'il y ait des cordonniers surtout que le mien fait les clés en plus et qu'il m'a procuré un double pour ma Jaguar à un prix défiant toute concurrence.

Quoiqu'il en soit et parce que cela semblait les amuser beaucoup, mes deux condisciples de cafing ont décidé d'écrire à mon ministre de tutelle, qui je suppose doit être Marisol Touraine afin que l'on m'accorde cette dignité. Je n'ai bien sur aucune chance de la recevoir.

Le reste de la discussion consistait à savoir si je la refuserais ou non. Je trouve que refuser une décoration est devenu tellement surfait et convenu que bien sur je l'accepterais. Non pour ce qu'elle représente car trop de coquins ou de personnes ne la méritant pas, la portent déjà.

Mais il ne me déplairait pas, moi qui dans deux ans aurait cinquante ans, de porter ruban à la boutonnière de mon costume. Cela pose un homme et je suis sur que certains de mes bons amis en seraient morts de jalousie ce qui ne serait pas pour me déplaire.

Autant, voici vingt ans, quand on m'avait coopté pour devenir franc-maçon, j'avais remercié du grand honneur que l'on me faisait tout en refusant bien poliment. Moi qui n'aime déjà pas le sport d'équipe, je ne me voyais pas assurer des tenues au milieu d'un groupe dont je n'aurais pas choisi les membres. De plus, se farcir des planches sur des sujets abscons alors que j'ai toujours été un étudiant négligent rendant toujours son travail au dernier moment, me paraissait contraire à mon éthique personnelle et à ce que je suis en réalité. J'avais bien envisagé tout cela que pourrait éventuellement em rapporter en termes de réseau mais j'avais décliné sans aucun regret.

Autant, arborer le ruban et qui sait, par la suite, la rosette ne me déplairait pas. Certes, je n'ai rendu aucun service particulier à la nation mais que je sache Johnny Halliday et Catherine Lara non plus et pourtant ils en sont décorés. Alors parfois quand je me laisse prendre à mes rêves de petit-bourgeoins, je me dis : pourquoi pas après tout ...

Sans doute que l'on n'a pas vraiment réussi si à cinquante ans on n'a pas la Légion d'honneur.

Manolito qué pasa ?!


Ceux qui savent que je suis ami avec Manuel Valls, me demandent depuis quelques temps ce qu'il pourrait avoir. Tout un chacun a pu noter, que lors d'une séance à l’assemblée nationale, qu'il tremblait de la main, un peu comme Bruno Ganz interprétant Hitler dans son bunker dans La chute. D'autres ont noté qu'il avait des haines terribles et qu'il savait se montrer pugnace quand il s'agissait de s'en prendre à ceux qui avaient eu le malheur d'attenter à son ombrageux orgueil.

Ça pourrait être une maladie de Parkinson mais il est interdit de se poser même la question sous peine de passer pour un complotiste d'extrême droite. Il suffit de taper "Valls Parkinson" dans Google pour tomber sur des articles de journaux dénonçant une tentative des milieux dissidents pour décrédibiliser l'action du premier ministre. Ceci dit, il pourrait s'agir de tremblement essentiel qui justement ne doit pas être confondu avec la maladie de Parkinson. A vrai dire, je n'en sais rien du tout, n'étant ni médecin et encore moins neurologue.

Certes à mon humble niveau, je constate la présence de traits comportementaux inquiétants chez Manuel Valls. On sait que dans le cas de la maladie de Parkinson, le manque de dopamine peut être responsable de troubles dont la dépression, l'anxiété et même parfois des hallucinations. En revanche, on sait que les traitements que l'on donne peuvent parfois donner des résultats inverses en créant des excès de dopamine. Dans ce cas, on peut constater des états maniaques voire des états paranoïaques.

Encore une fois, n'étant pas neurologue, je me garderai bien de me prononcer sur l'état de notre premier ministre. Toujours est-il que si quelqu'un avait débarqué dans mon cabinet avec de tels symptômes, j'aurais demandé un diagnostic différentiel.

Mais il est bien connu que les paranoïaques ne consultent pas. De toute manière, traiter la paranoïa se révèle toujours difficile en raison de l'absence totale de souffrance ressentie par le patient qui est dans le déni total de tout élément pathologique.

Ce traitement est surtout difficile en raison de l’absence de souffrance ressentie par le patient et du déni de tout élément pathologique par lui-même et son entourage. La paranoïa, en tant que délire de revendication systématisé a longtemps été appelé folie raisonnante. Elle ne se guérit pas.

Ceci étant dit, je n'ai jamais dit que Manuel Valls était paranoïaque. C'était juste histoire de parler. D'ailleurs, j'ai constaté qu'il n'était plus mon ami sur Facebook, sans doute que son community manager, le clampin qui gère son compte, a jugé mes autres amis et sources d'intérêt peu conformes avec son le socialisme éclairé de son patron !



Jean Nouvel, culture générale, affirmation de soi et honnête homme !


Mercredi dernier, un de mes chers patients se plaignait de se sentir exclu des groupes. Il invoquait un possible manque de culture générale qui le rendait inapte à se mêler aux conversations usuelles. Par exemple, une fois qu'il était venu avec nous à une séance de cafing, il s'était senti très isolé tandis que Jean Sablon et moi parlions de motos. 

On peut cependant admettre que la moto, tout comme l'informatique est un sujet de geeks. En revanche, il m'avoua aussi que ne s'intéressant pas à la politique, il se trouvait tout autant isolé lorsque les discussions tournaient autour de ce sujet. Cette gêne pouvait en outre générer une sensation de mal-être lorsqu'il y avait des femmes dans l'assistance dans la mesure où il avait du mal à trouver sa place dans le groupe, se trouvant de facto à la place de celui qu ne dit rien du taiseux, facilement prix pou un timide voire quelqu'un qui n'a simplement jamais rien à dire.

C'est tout à fait le genre de problème que l'on peut aborder dans le cadre d'un cabinet mais qui ne s'y résoudra jamais. C'est ainsi que discutant de sa gêne avec lui, j'aborde différents sujets. Allez savoir, comment j'en viens à parler d'architecture, toujours est-il que je cite le nom de Jean Nouvel. Et là, voici que mon cher patient avec l'air de l'humble qui avoue sa faute en estimant qu'elle n'a pas d'importance, m'explique qu'il ne connait pas Jean Nouvel.

Je me fâche alors tout rouge en lui expliquant que je conçois que l'on puisse se sentir mal à l'aise en groupe de manière générale et face à des femmes de qualité en particulier quand on ne sait pas qui est Jean Nouvel. Je lui explique alors qui est ce fameux Jean Nouvel dont il ne connaissait pas le nom. Et voici qu'il me rétorque en geignant qu'on a le droit de ne pas connaitre les noms des architectes et que je suis méchant de lui dire cela.

Je rétorque alors que d'une part, on ne me paye pas pour être gentil mais efficace. Je ne suis pas un ami que l'on paye pour recevoir des compliments ni un ersatz de grand-père qui préparer le chocolat et les tartines. Enfin, je lui explique qu'à son âge et ayant toujours vécu à Paris, il me semble incroyable que le nom de Jean Nouvel, le type qui a fait l'Institut du monde arabe, le musée du Quai  Branly ou encore la Fondation Cartier ne lui dise rien. Et cela d'autant plus qu'on vient d'inaugurer la Philharmonie tout récemment encore.

Schant qu'il a vécu une partie de sa vie près de Beaubourg, je gage qu'il ne sait même pas que c'est l'architecte Reno Piano qui l'a dessiné. Effectivement, il n'en savait rien. Je lui reproche alors son manque de curiosité tout simplement, lui expliquant que la culture générale c'est sans doute ce qui demeure dans l'homme quand il a tout oublié comme disait edouard Herriot mais c'est aussi le produit de la curiosité d'un individu face au monde qui l'entoure. Bref, à l'époque d'Internet, il n'est pas admissible pour un parisien de trente ans de ne pas avoir ce genre de connaissances.

C'est ainsi qu'afin qu'il se mette à biveau et puisse de manière plus agréable communiquer avec les groupes avec lesquels il se liera, je lui propose d'aller faire un tour chez Gibert, Boulevard Saint-Michel, afin de se procurer un ouvrage de révision à l'épreuve de culture générale de l'IEP de PAris et des grandes écoles de commerce. Sitôt sorti du cabinet il y court et y achète l'ouvrage.

Plus tard dans la journée, je me suis amusé à demander aux patients et aux gens que je rencontrais s'ils connaissaient Jean Nouvel. Tous, sauf Jésus, ont admis savoir qu'il était architecte. Certains pouvaient citer ses projets d'autres non. J'ai bien sur envoyé Jésus chez Gibert en lui tenant le même discours qu'à mon patient du matin. Ce n'est pas parce qu'on peut citer les écritures et vous citer la vie de cent saints quasi inconnus qu'on doit faire l'impasse sur la culture générale. Interrogé sur ce sujet même Le Gringeot, m'a répondu : ah oui Nouvel c'est le mec qui a fait le truc des rebeus près de la Seine".

Je ne suis pas un inconditionnel de Jean Nouvel mais bon, comment faire bonne figure dans un groupe de personnes quand on a une culture tendant vers zéro. L'affirmation de soi passe aussi par l'acquisition de notions basiques permettant d'échanger sur à peu près tous les sujets. Il s'agit de devenir un honnête homme comme l'on disait au XVIIème siècle. L'honnête homme a justement une culture générale étendue et des aptitudes sociales le rendant agréable en société où il saura se montrer humble, courtois et cultivé.


20 avril, 2015

Crève !

Voici quinze jours que j'ai la crève. Bon, après avoir toussé, craché et reniflé, je me suis soigné. C'est à dire que j'ai avalé des litres de sirops et mis plein de gouttes dans le nez. Et puis, c'est descendu sur les bronches et je n'ai plus de voix. Enfin si, mais elle est rauque. Pas vraiment une voix de fumeur mais une voix de chanteur italien de variété.

A ce titre, je cherchais un chanteur italien dont la voix se rapprocherait de la mienne. J'aurais bien aimé que ce soit celle d'Eros Ramazzotti parce que je trouve incroyable que ce type ait pris un prénom pareil. Mais que dalle, il n'a pas la voix si cassée que cela.

Après quelques minutes, fouillant dans mes souvenirs, dans les années soixante-dix, je me suis souvenu d'un titre, Vado via. Quant à savoir qui chantait ça, je n'en avais pas la moindre idée. Et bien, il s'appelait Drupi. C'est incroyable. Le mec chante un slow langoureux avec une voix cassée et se fait appeler Drupi, pourquoi pas Dingo ou Milou !

En plus, même s'il correspond aux canons du beau gosse, tel qu'on l'imaginait dans les années soixante-dix, moi je trouve qu'il a la tête de Bernard Tapie avec la coiffure de Françoise Hardy jeune.

bref, j'ai al voix de Drupi. C'est dommage pour moi. J'aurais préféré qu'on me compare à Eros Ramazotti !



Avril à Paris !


Voilà, ça fait une semaine que le printemps est là, que le soleil brille sur Paris et que je devrais m'en réjouir. Et pourtant, je ne m'en réjouis pas. Depuis quelques années et encore plus maintenant, il suffit que le printemps arrive pour que les emmerdes commencent.

Nous fumeurs, désormais interdits de cité dans les lieux clos depuis Sarkozy (j'espère qu'il finira pendu à un crochet de boucher celui-là) devons désormais nous contenter des terrasses. Et voici que ces lieux que nous occupions quel que soit le temps en automne et en hiver, parfois même par des températures négatives, sont maintenant prises d'assaut ! 

Ce ne sont que cohortes de bordelais, de lyonnais, de montpelliérains, et autres provinciaux montés à Paris qui nous chassent de nos terres et offrent leur peau blafarde et malade au rayons du soleil. Et voici que Jean Sablon et moi, errons comme deux âmes en peine, constatant que nos tables ont été prises d'assaut par ces hordes venues de contrées ou l'on meurt sans doute encore de silicose et où des usines gigantesques déversent dans l’atmosphère des fumées jaunâtres et méphitiques répandant leur miasmes nauséeux sur des enfants anémiques vêtus de haillons.

Le pire étant que pour plaire à ces gueux, la tenancière du lieu ou se tiennent nos séances de caffing a levé les stores, laissant ainsi le soleil cuire ceux qui sont assis en terrasse. Et eussions-nous trouvé une table que ce sont cent bouches édentées qui auraient hurlé à l'idée que l'on exige de descendre ce store pour protéger notre peau du soleil ! Il a bien fallu que nous nous rabattions sur un autre lieu sur le trottoir d'en face ! Et une fois assis, on assiste alors au balai incessant des touristes bovins et mal attifés suivant fidèlement leur guide nanti qui d'un drapeau, qui d'un parapluie, martelant le trottoir de notre belle capitale de la semelles de leurs épaisses Birkenstock.

Et si ce n'était que cela ! Voici que dès potron-minet, tandis que je bois mon café devant BFM, les journalistes d'état m'assènent des cartes toutes plus terribles les unes que les autres. Avant le printemps, c'était l'éclosion des narcisses suivie de la floraison des forsythias puis de toutes les autres espèces. Maintenant, dès que le soleil vient à luire, c'est le menace ultime qui plane : la pollution aux micro-particules ! Et voilà que des ministres, secondés par des experts nous parlent des maux terribles qui s'abattront sur nous si nous ne faisons rien. 

En moins de temps qu'il n'en faut à un socialiste pour lever un impôt nouveau, nous cracherons nos poumons et nous mourrons en nous tenant la poitrine et en râlant, expectorant un dernier crachat rougeâtre mélangé de morceaux de bronches avant de passer de vie à trépas. La carte est là pour ajouter une caution scientifique au discours. La France n'est plus que rose, rouge, rouge foncé voire bordeaux pour nous parisien qui apprenons que notre ville est devenue aussi polluée que ... Pékin !

L'écologie ayant contribué à gâcher le retour du printemps, c'est ensuite la médecine qui en rajoute. Car qui dit printemps dit pollen. Et là encore, une carte animée présente les lieux où les allergiques ne doivent surtout pas s'aventurer sans leur polaramine et leur ventoline ! C'est un coup à y laisser sa peau en mourant étouffé, adossé  à un mur, la langue noire et gonflée sortant de la bouche, les mains serrées autour de la gorge dans un dernier sursaut pour faire entrer de l'oxygène.

C'était tellement bien avant quand le printemps revenait à Paris !

Les pères !


Je suis parfois très étonné de ce que me racontent les patients. Autant Jésus qui me parle de possession, me semble être intéressant autant, parfois des choses apparemment bénignes en apparence me donnent envie de tarter celui/celle qui les prononce.

C'est ainsi que je déteste la mièvrerie ! Si je revendique ma propre sensibilité, j’abhorre la sensiblerie niaise. Qu'on me montre un film avec Meg Ryan, la fille au gros menton, J?ulia roberts, celle qui a des doublures pour toutes les parties de son corps ou Hugh Grant, l'abruti qui se fait choper en train de se fait pomper par des prostituées bas de gamme, et j'ai envie de sortir une Kalachnikov et de faire un carton.

Voici quelques années, une de mes patientes pourtant charmante, m'avait dit que dans sa famille on ne s'était jamais dit je t'aime. J'avais trouvé la remarque d'une absolue crétinerie. Je ne m'imaginais pas moi-même dans ma propre famille avec mon père, ma mère et mon frère en train de nous balancer des je t'aime énamourés. Si tel avait été le cas, j'aurais fui ou je les aurais tous fait interner. D'ailleurs, dans aucune famille, on ne se dit je t'aime. On se le montre, on fait des choses mais on ne le dit pas. Il n'y a que les amants qui ont le droit de se dire qu'ils s'aiment.

Je ne supporte pas cette vague de mièvrerie qui nous submerge et s'immisce dans chaque interstice de notre société. Je ne suis même pas sur qu'il s'agisse pour le coup d'une féminisation de notre société, thème cher à Alain Soral et Eric Zemmour. Même si elles m'emmerdent parfois, j'aime bien les femmes et je dois leur reconnaitre des qualités. Elles se révèlent plutôt dures à la tâche et résistantes à la douleur et savent se révéler aussi cruelles que n'importe quel homme quand c'est nécessaire.

Le pire c'est que notre société, du moins j'en ai l'impression, est dominée par un culte de la jeune fille. Tout devrait y être aussi kitch et merveilleux que dans la chambre d'une pompom girl américaine de téléfilm avec les fanions de l'équipe de foot, la coiffeuse blanche, les nounours couleur pastel et les posters de chanteurs débiles aux mures ! La testostérone et la progestérone sont bannis de cet univers aseptisé !

Et tout ce qui devrait rappeler le monde adulte et donc la sécrétion de ces hormones n'a plus le droit de cité. Une certaine rudesse, la distance, la réserve, la circonspection, et toutes ces qualités qui distinguent les adultes des enfants immatures sont désormais suspects dans un univers où l'on ne célèbre plus que les bons gros sentiments aussi spontanés qu'éphémères et la violation quasi-continuelle de l’intimité auquel tout un chacun a le droit.

Dans ce monde dominé par l'image de la jeune fille, la première image à prendre plein la figure est celle du père. Fini l'idée du père un peu absent occupé à ramener le blé à la maison. Terminé celle du père vu et revu dans tous les films américains qui emmènerait  Junior à un match de foot ou pêcher. en revanche, bienvenue à ce nouveau père tel que la suède tente de le créer qui serait finalement une maman comme les autres, capable de torcher bébé, de faire la vaisselle, ne retiendrait pas ses larmes devant Bambi et passerait des heures à jouer avec ses gosses. Et bien sur, à chaque instant, pourvu que sa sensiblerie le lui dicte, il prendrait chacun de ses gosses dans les bras pour leur dire combien il les aime.

Je constate d'ailleurs chez les plus jeunes de mes patients, ceux dont les pères ont subi l'influence récente de la société, un déficit de père étonnant. Non qu'ils n'aient pas été aimés ou qu'ils aient manqué de quoi que ce soit si ce n'est de quelqu'un qui pourrait les initier à ce que sera la vie plus tard. C'est ainsi que quelque soit leur niveau d'études, ils se trouvent bien dépourvus dans un monde qui sorti des magazines et des journaux restent toujours très compétitif. Demandez donc à ceux qui les ont obtenus si les bons diplômes ou les bonnes situations ont été acquis à coups de bisous !

Traditionnellement, tandis que la mère protégeait, il appartenait au père de séparer l'enfant de celle-ci pour lui ensiegner le vaste monde et le préparer à fonder sa propre famille. Que peut-il se passer si ce rôle n'existe plus mais que ne subsistent que deux mamans pour éduquer la progéniture. Et encore, disant cela, ce serait faire injure aux mères puisque celle que l'on promeut actuellement n'a rien de commun avec les mères d'antan qui, quoi qu’assurant leur rôle, ne se sentait pas forcément mise en échec par la présence du père à leur côté, qu'elles vivaient comme étant complémentaire.

A l'époque de la jeune fille reine, le père, ersatz du garçon que l'on recherche activement tout en le craignant parce que trop différent d'elle-même, est persona non grata à moins qu'on lui ait ôté ses crocs et limé ses griffes. Il est alors admis dans la chambre d'adolescente parce qu'il ne déparera pas plus qu'une des peluches posée sur le lit. Il ne s'agit pas tant d'en faire son égal que de le dominer en le noyant dans une mélasse faite de bons sentiments mièvres et sirupeux.


Pourtant le père, tout comme le psy finalement, est un rôle qui se joue sur une juste distance. Il ne s'agit pas forcément d'être comme ces pères britanniques du siècle dernier que les enfants rencontraient une fois sortis d'Eton. On peut se montrer affectueux bien sur, pourvu qu'il existe une toute petite distance. Un père devrait être un initiateur, quelqu'un qui vous montre le chemin, qui vous guide. Et comment vous guider, être un bon guide, si ce n'est qu'en étant au moins quelques pas devant vous afin que vous le suiviez . Ce n'est donc pas la quête par le père de l'enfant qui est constructive mais l'inverse : la quête du père par l'enfant. 

Comme le soulignait mon confrère Alain Valtério dans son ouvrage Névrose psy, dans lequel in fait le procès de ce qu'il nomme la psyrose, la vraie vocation d'un père n'est pas celle d'un homme "qui aime les enfants", mais celle d'un homme auquel l'enfant peut s'identifier. Cela suppose qu'il ait quelque chose d'un peu héroïque, qu'il reste une figure de prestige quelle que soit sa situation dans la société. Le père doit donc rester un peu inaccessible. C'est excellent pour l'enfant car cela contrebalance la toute-puissance dans laquelle le met l'adoration maternelle. C'est aussi parfois en subissant la frustration d'un père qui cautionne peu que l'on apprend à assumer les autres frustrations de la vie.

Chassons les jeunes filles et remettons du Gringeot dans notre société ! 

Le Gringeot tournant le dos, totalement inaccessible !

Négligence !


Je testais mes liens et j'ai pris conscience que le premier "citoyen durable," un blog que j'aimais beaucoup à l'époque a cessé d'exister. Maintenant le lien pointe vers un site porno gay. La photo ci-dessus en est extraite.

Je me suis dit que cela faisait au moins six mois que j'avais promis de refaire mes liens. Ce mois-ci, c'est décidé, je m'y mets !

06 avril, 2015

Jeeezeusse !


J'ai rédigé deux articles sur Jésus, pas le vrai, l'autre, mon patient "possédé". Et on m'a demandé si c'était vrai ce que j'écrivais ! Bien sur que c'est vrai ! Je ne suis pas du genre à raconter des craques pour me faire mousser. Si je vous dis qu'il a grogné devant moi en me regardant méchamment, c'est que c'est vrai. 

Bon c'est vrai que plus jeune, on avait un doberman et que je suis un peu rodé. Il s'appelait Prinz et de tant en tant il avait ce même regard. Dans ces moments là, il ne fallait pas s'en laisser compter et lui parler fermement pour qu'il comprenne qui était le cher de meute. Alors, c'est vrai que ça m'a un peu aidé comme expérience. D'ailleurs je l'avais dit à Jésus : si tu continues, c'est muselière et collier étrangleur, on va voir si tu feras encore le malin !

Ceci dit grâce à cet article, Jésus a eu des marques d'attention. Certains ont prié pour lui et d'autres m'ont même donné des prières pour qu'il les récite ! Dans le lot, il y avait même des jeunes femmes charmantes. Comme quoi pour pécho, la possession c'est un bon truc aussi si vous endurez la souffrance.

La semaine dernière, Jésus ne grognait plus. Heureusement que j'ai pu le filmer au café parce que sinon, c'était râpé ! C'est pas commun un mec qui grogne en balançant des regards méchants alors je voulais immortaliser ça ! C'est con que je sois soumis au secret professionnel, sinon j'aurais vendu ça à une chaîne de télé. Jean sablon m'a bien proposé de faire croire qu'on m'avait volé mon portable et de vendre lui même la vidéo mais j'ai refusé tout net ! 

Donc Jésus ne grogne plus ! Jésus va même nettement mieux. De son point de vue, le combat a presque pris fin. Son "démon" ne l'interpelle plus, ne discute plus avec lui pour le faire douter. Il ne lui reste que la méchanceté. C'est marrant, parce que cela faisait quelques semaines que je lui disais que ça finirait comme ça. 

Que va devenir Jésus après une telle expérience ? Je n'en sais rien. Soit rentrer dans le rang, trouver un boulot, une gonzesse et vivre sa vie. C'est marrant mais je n'y crois pas. Peut-être qu'il fondra un ordre ? Peut-être qu'il finira Saint ? 

Parfois je lui dis que je pense qu'il finira Saint en s'étant signalé par des prodiges quelconques. Marrant comme destin non ? Jésus, je l'ai connu à vingt-deux ans et bien qu'il ait été attachant, il était plutôt branleur comme garçon. Et voilà, que j'imagine qu'il pourrait finir Saint.

Bon, comme j'ai des honoraires plus que mesurés, je lui ai juste demandé que quand on lui ferait des vitraux, j'aimerais bien figurer dessus. Soit moi, soit du moins symboliquement, sous forme d'un ours ou d'un marcassin, un truc de ce genre. Quoique le marcassin, je ne sois pas trop pour. Je me vois mal sous les traits d'un marcassin aux pieds du saint comme un animal fidèle. Ça fait un peu trop Saint Roch et son clébard cette affaire là !

Ou un livre ? Il pourrait raconter son épreuve et moi je vois bien un chapitre dans lequel, il raconte qu'il a eu la chance de tomber sur un psy super brillant et pas fermé d'esprit qui lui a permis de triompher de cette épreuve et même qu'il ne doute pas que ce psy soit une sorte d'envoyé de Dieu sur terre. Enfin, un truc simple et crédible quoi. 

N'empêche qu eje joue le malin et que même si j'y crois, je ne peux pas m'empêcher de me dire que si ça se trouve, il y avait une cause organique quelconque et qu'on est passé à côté. Mais bon, deux neurologues et quatre psychiatre, plus moi votre serviteur, et sans compter les machines, IRM, scanner, EEG, et on n'aurait rien vu ? Je n'y crois pas. 

Je finirai peut-être sur un vitrail qui sait ! Avec tous ceux qui l'ont aidé, comme Jean Sablon, Chaton, Le Touffier, Toju, etc., et que je remercie de leur présence à ses côtés.

Quand dans quelques années, on entrera dans une église pour coller un cierge à Saint Nicolas de la Chapelle et qu'on verra sa statue avec à ses pieds un marcassin, un yucca, un spéculum, une côte de boeuf, un code de la Copropriété qui se souviendra de la riche symbolique de totu ce bazar.

Qui verra dans ces éléments épars la figuration symbolique de nous tous ? Qui ? Personne ! On se dira juste que ce devait être un saint bordélique !


30 mars, 2015

Syndrome de fatigue chronique ou SFC.


L’encéphalopathie myalgique, dit aussi syndrome de fatigue chronique (SFC), c'est comme la fibromyalgie, tout le monde en a entendu parler et tout le monde a son avis sur le sujet. Parce que ces pathologies touchent plus les femmes, certains y voient une manifestation hystérique destinée à être psychiatrisée, tandis que d'autres croient en une explication physiologique.

Moi, je n'en pense rien de particulier si ce n'est qu'il faut entendre les plaintes des patients et les situer à leur juste valeur. Il y a aussi des gens sincères qui souffrent sans en tirer un quelconque bénéfice et il me semble plus qu'abusif, sous le prétexte qu'on ne parvient pas à les traiter, de les adresser aux psys.  Bien sur il y a aussi des personnes qui se complaisent dans la plainte et auront tendance à exagérer leurs symptômes. Ce sont ceux-là que l'on pourra éventuellement affubler de la qualification d'hystériques. Il ne me semble pas compliqué de faire la part des choses et de les distinguer.

Ce matin, une patiente me consultait justement pour un SFC. Durant tout l'entretien elle m'a semblé parfaitement sincère. Son parcours est celui du combattant, chaque spécialiste rejetant son cas à un confrère, le dernier plutôt que de s'avouer vaincu face à une pathologie dont on connait mal les origines lui recommandant d'aller voir un psychiatre. Ce dernier, tout comme moi, ne trouvant rien de pathologique chez ma patiente, la déclarant saine d'esprit, lui recommandant d'aller consulter je ne sais qui. Et voici plusieurs années que cela dure.

Je n'ai pas pu faire mieux. Je n'ai distingué chez elle aucune trace d'aucune pathologie quelconque. Elle m'a semblé totalement saine d'esprit ! Sa seule souffrance venait en fait de la manière dont elle était traitée. Et elle et moi avions des avis communs sur ce fameux SFC. Il s'agirait sans doute d'une maladie auto-immune qui nécessite de vraies recherches, lesquelles sont faites aux États-Unis. Dans l'attente d'un traitement, il n'y a rien à faire. Ceux qui souffrent d'un syndrome d'Elhers-Danlos ont connu pareille atteinte, eux que l'on taxait de mensonge avant que la recherche ne trouve qu'ils étaient atteints d'une anomalie des tissus conjonctifs.

Bon nombre de pathologie aujourd'hui parfaitement reconnues ont connu pareil parcours, ceux en étant atteint avant que l'on n'établisse un vrai diagnostic se voyant soit accusé de feindre la maladie ou se voyant astreint à un traitement inadapté. 

Aujourd'hui en l'absence de traitement, on recommande à ma patiente une TCC basée sur l'apprentissage de l'effort comme si celui-ci était une phobie. Comme si sa fatigue n'était pas du à une quelconque pathologie bien réelle mais juste à une "peur de faire des efforts".

Elle s'en est remise à moi. Non qu'elle pense que j'aurais une solution mais sans doute pour que je lui dise que je la trouvais parfaitement normale. Sans doute, lisant mes textes, a-t-elle imaginé que j'aurais une solution, un recours quelconque, une idée baroque à lui proposer.

Des idées baroques, j'en ai ! Ce sont les suivantes :
  • D'abord tenir bon et garder son humour et envoyer se faire foutre tout Diafoirus lui parlant de la psychiatriser ;
  • Continuer à se battre pour lire et collecter des documents allant dans le sens d'une reconnaissance scientifique de sa pathologie ;
  • De mon côté, je vais en parler aux médecins un peu "allumés" que je connais, ceux qui savent parfois sortir des sentiers battus et bricoler dans leurs coins sans pour autant avertir leur collègues de peur de passer pour des dingues ;
  • Rédiger cet article car qui sait, peut-être par le plus grand des hasards, un(e) lecteur(rice) aura-t-elle une adresse ou un remède miracle à proposer ;
  • Voir ce que les médecines alternatives proposent sans sombrer dans la superstition et la supercherie ;
  • Brûler un cierge à Sainte Rita et à Saint Jude les patrons des causes désespérées ;
  • Positiver en se disant que finalement c'est un bon moyen de devenir stoïque et aussi balaise qu’Épictète !

  • Alors chères lectrices, chers lecteurs, si l'un(e) d'entre vous a des idées au sujet du SFC, et connait un truc qui a marché, écrivez moi en mail et je transmettrai à ma patiente !

    PA6712@yahoo.fr

    TDAH suite et vraiment fin !


    Une de mes chères patientes vient de m'appeler en me disant qu'on lui avait diagnostiqué un trouble bipolaire de type 2. Moui, pourquoi pas. C'est vrai qu'elle est spéciale parfois mais je me dis que je l'aurais vu. D'un autre côté, c'est vrai que je peux rater des trucs. En tout cas, si elle est bien hyperactive dans tous les sens du mot, elle n'en a pas moins réussi ses études. Et je n'ai jamais observé de dépression chez elle, du moins elle ne m'en a pas parlé. Sans doute, sera-t-elle une des énièmes personnes chez qui, à défaut d'autre chose, on aura diagnostiqué un trouble bipolaire et donné un peu de Dépakine.

    De toute manière, quand j'ai commencé dans les boulot, les troubles bipolaires étaient totalement sous-diagnostiqués et maintenant, j'ai l'impression qu'on en voit partout ! Après les classiques TB1 et 2, sont venus les 3 puis 4 et maintenant certains en comptent jusqu'à 8. Chacun peut avoir son trouble bipolaire rien qu'à lui, son nid douillet. Il y a vraiment cette manie des gens de vouloir être à tout prix dans une boîte avec le médicament qui va bien et les rendra aussi lisses et heureux qu'un militant MODEM !

    Moi j'ai une autre approche. Je pense que sauf s'il existe des symptômes terribles qui altèrent réellement la qualité de vie d'une manière dramatique, il échoit aussi à notre condition humaine de nous accomoder des petites choses et de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Comme le soulignait mon estimé confrère François Roustang : "se plaindre entretient la souffrance". Et il rajoute aussi : "ruminer ses problèmes, ça enferme. C’est pourquoi l’action vaut mieux que l’introspection", tout en admettant que "croire qu’on va guérir de sa douleur intérieure en apprenant à se connaître est la grande illusion du moment". Je ne peux que souscrire à ces propos.

    Le vrai TDAH, on le connait, c'est ce gamin invivable que l'on a déjà vu et dont on ne sait pas s'il lui faudrait des claques ou un médicament tellement il remue et s'oppose à toute forme d'autorité. Mais pour le reste ? Je n'en sais rien. Pas évidement de différencier le TDAH atypique d'une cyclothymie ou d'une dysphorie ! Chacun prêche pour sa chapelle en fonction de ce qu'il a compris des symptômes.  Existe-il des médicaments qui permettent de vivre mieux certains de ces symptômes ? Sans doute. J'en connais un, un chercheur, sous Ritaline, et il jure que cela lui a changé la vie, tandis qu'un autre mis sous Dépakine se sent nettement mieux. Système dopaminergique vs système gabaergique, chacun voit midi à sa porte et ma formation lacunaire en neurobiologie m'empêche de pencher pour l'un ou pour l'autre.

    Et puis, il ya d'autres voies pour s'en sortir. Il y a par exemple celle que montre le Dr Dupagne dans son petit livre sur les Zappeurs dans lequel afin de tenter de circonscrire le TDAH tel qu'il l'entend, il prend pour exemple le personnage du Lieutenant Columbo pour le décrire. Inorganisé, solitaire, distrait tout en étant capable de poursuivre ses idées, incapable de vivre sans son calepin de peur de totu oublier, perdu dans ses pensées, etc. Comme le souligne bien l'auteur, Columbo a valorisé certains traits de caractère habituellement considérés comme de graves défauts. 

    On pourrait aussi analyser de la même manière le personnage de fiction qu'est Sherlock Holmes. Obessionnel, drogué, étrange, etc., voici un personnage qui nous apparait relever du TDAH lui aussi. Il est tellement réel qu'il est difficile de savoir s'il a réellement existé ou non, bien que l'on sache que c'est une fiction. Conan Doyle l'auteur, lui même semblait avoir une personnalité curieuse puisque bien que médecin et scientifique il se passionnait pour la médiumnité.

    Plus proches de nous, la série Docteur House fut un vrai succès. Le personnage est d'ailleurs largement emprunté à sherlock Holmes. Et c'est vrai que, bien que me contrefichant des enquêtes médicales de la série, je trouvais le personnage de Grégory House, pour une fois terriblement réel. Tandis que la plupart du temps, les scénaristes bricolent des personnages peu probables, voici un médecin bien réel dans une fiction. Une fois encore, si l'on devait comprendre de quoi souffre le Dr House, c'est bien d'un TDAH dontil s'agirait avec sans doute un système dopaminergique fonctionnant mal !

    Alors aujourd'hui, je n'en sais pas plus qu'auparavant. Il existe sans doute de vrais TDAH comme il existe de vrais troubles bipolaires. Et puis au milieu de tout cela, il y a juste des gens fonctionnant plutôt correctement bien qu'ayant des troubles psychiques parfois pénibles. Ce sont tous ceux à qui l'on reproche d'être soit "trop", soit "pas assez". Faut-il les médicaliser pour autant ? Je ne le pense pas.

    A leur sujet, je reprendrai ce que Baudelaire disait des dandys (les vrais !) lorsqu'il affirmait que ce sont des hercules sans emploi. Sans doute qu'avec une profession à leur mesure, la plupart serait heureux et verrait leurs troubles devenir des atouts.

    Jésus : où j'assite à des "miracles" !


    Non content de grogner, Jésus, mon patient possédé, fait des miracles ! Comme il s'est mis en tête que sa mission était d'évangéliser, il distribue des médailles miraculeuses à tout le monde. Bien sur, dit comme ça, on pourrait croire que Jésus est un peu taré mais il n'en est rien ! Je vous assure qu'il est très sympathique ! C'est juste un mec normal à qui il arrive des trucs de fou !

    J'ai bien sur eu ma médaille, de même que tous les participants aux séances de cafing. Au début, ça choque un peu mais quand les gens comprennent que c'est Jésus, ils comprennent sa démarche et en parlent librement. Jésus reste un évangélisateur très cool !

    Et voici que la dernière fois, il demande au Jeune Gentilhomme Tourangeau, s'il avait conservé sa médaille miraculeuse. Ce dernier ne voulait pas heurter la sensibilité de Jésus ni le contrer dans sa lubie, a immédiatement sorti sa médaille miraculeuse et ... Et quoi ? Alors qu'elle était à l'origine en métal argenté, la voici qui était devenue dorée !

    Jésus criait bien sur miracle ! Moi qui suis prosaïque, je lui ai juste dit que ce devant être le frottement qui avait ôté le plaquage et révélé l'alliage doré de base ! Jésus n'en croyait rien et ne voulait pas en démordre ! Ceci dit, il admettait mes arguments. Bon, j'avoue que la médaille était argentée dans la masse !

    Et voici qu'hier, je reçois un nouveau SMS de Jésus qui me dit qu'une seconde médaille, celle qu'il a offerte à son petit frère, est aussi devenue dorée. Et là, Jésus exulte. Pourquoi pas. C'est dans ces moments là que j'aurais besoin de Gérard Majax, le magicien célèbre de quand j'étais petit et qui clamait toujours "y'a un truc" avant de le démontrer.

    Majax n'était pas là. Que s'est-il passé ? Je n'en sais rien. Jésus est possédé, Jésus grogne, Jésus sent des odeurs de roses entêtantes dans les églises et pourtant la psychiatrie comme la neurologie ne trouvent rien chez Jésus qui, à part cela, reste quelqu'un de charmant avec qui on peut discuter de tout un tas de choses !

    Soit c'est un signe eschatologique et la fin des temps est proche et je ne saurais trop vous conseiller chers lecteurs de vous repentir ! Soit Jésus déconne à plein tube. Et pourtant, je ne crois pas qu'il déconne. J'en suis même persuadé. Mais bon en brave petit gars du XXIème siècle et alors même que j'assiste à tout cela, je me dis que ce n'est pas possible et qu'il y a un truc. La science est devenue un Dieu !

    Même si au fond de moi, une autre petit voix me dit qu'il n'y a pas de truc ! Bon, Jésus sera peut-être un saint et je serait peut-être représenté sur les vitraux moi aussi en sa compagnie. Ce n'est pas si mal. En ce moment j'ai aussi un chercheur qui ne désespère pas d'obtenir un prix Nobel d'ici trois à cinq ans.

    Un Saint et un prix Nobel, pas mal pour mon activité non ? Je connais des confrères médiatisés qui n'en ont pas autant dans leur clientèle !