15 janvier, 2018

Hop ! Eloge funère et chaconne pour luth !

Bon vous aurez noté que j'ai bien écrit. J'avais promis l'éloge funèbre de mon vieux maitre mais c'est un article plus littéraire qui demandera plus de temps. Mais je m'y suis mis, j'espère qu'il sera bien. Sinon, j'ai aussi un truc en préparation vachement joli sur les moments de grâce de mon marquis du mardi qui devait être joli comme tout. Mais ça aussi ça demandera du temps !

Pour vous préparer à ces futurs articles je vous laisse en compagnie d'une chaconne pour luth de Robert de Visée jouée avec un théorbe qui n'est qu'un gros luth. Bon c'est assez chiant mais si vous ne connaissez ni le luth, ni Robert de Visée ni ce qu'est une chaconne, vous perdrez pied lors de mon prochain article ! Et ceux qui n'ont toujours pas compris qu'un théorbe n'est autre qu'un gros luth seront carrément noyés.

Ben oui parfois je relève le niveau. Y'a pas que le Kangoo dans ma vie, y'a les chaconnes de Robert de Visée que j'écoute d'ailleurs en roulant dans mon Kangoo vu que la carrosserie nue en tôle fait une sacrée caisse de résonance. Lubies de merde mais fin musicien tout de même !

Je dois d'ailleurs dire que Le Touffier qui est un très riche chirurgien ne savait pas ce qu'était une chaconne et ne connaissait pas Robert de Visée ! Il avait fait une recherche sur internet en orthographiant Robert Devizet ! Comme quoi on peut avoir du papier à en-tête très cher et suivre les usages et être d'une inculture crasse. Mais bon je lui pardonne.

Je suis sur qu'il ne sait même pas qu'une chaconne commence fréquemment en anacrouse sur le deuxième temps, contrairement à la passacaille dans laquelle le procédé est bien plus rare. Mon Dieu y'a des gens qui n'ont pas le minimum vital pour vivre en honnête homme. Comme quoi l'argent ne fait pas tout. Souvenez vous en quand vous verrez passez un pauvre gars en Kangoo. Dites vous qu'il n'est peut-être pas riche mais sait distinguer une chaconne d'une passacaille. Ce sont des détails qui comptent !

Sinon je n'ai pas fait d'articles sur Johnny Halliday ou France Gall. Ceci dit, paix à leur âme mais je ne vois pas pourquoi j'en ferai même si le Gringeot a descendu les Champs Élysées sur sa Harley pour le décès de Johnny.


Anxiété ou phobie !

Et hop dans le cul la caméra ! (nettoyer après usage)

L'année passée, un jeune gars fort bien mis est venu me consulter pour des angoisses. D’après lui, il en avait tellement qu'à certains moments ça perturbait sa digestion. Et parfois, enfin disons pas toujours, mais ça lui était arrivé, l'anxiété était si forte qu'il avait envie de se vider soit par en haut en gerbant comme un cochon soit par en bas en se laissant aller à une diarrhée sonorore. Autant vous dire, que même si je prends le truc à la légère, sa vie était pourrie. 

Où qu’il soit sauf chez lui, sa hantise c'était d'être pris d'angoisses incoercibles et d'avoir envie de vomir ou de déféquer ! Ça parait con en le disant mais c'était devenu un vrai handicap social. Il était perpétuellement aux aguets, sitôt hors de chez lui, à l'écoute du moindre gargouillis gastrique annonciateur d'une vidange violente. 

Comme je suis le roi de langoisse qui se traite plutpto bien, sauf le trouble anxieux généralisé, j'ai fait un travail d’enquête. Et je suis arrivé à la conclusion que ce n'était pas l’angoisse qui provoquait les gargouillis funestes mais l'inverse; à savoir les gargouillis qui généraient l'angoisse. Bref, j'en étais aussi sur que lorsque le commissaire Maigret met la main sur un suspect, ce n'était pas une angoisse mais une phobie. 

Le pauvre gars ayant eu à quelques reprises de grosses frayeurs jusqu'à risquer de salir son caleçon, il en était venu à vivre l'oreille à l'affut du moindre remugle gastro-intestinal. Je lui ai donc dit qu'à l'origine il y avait forcément un problème physiologique à régler. Je lui ai conseillé d'en parler à son médecin traitant. 

Lequel médecin m'a fait savoir par l'entremise de mon jeune patient, que c'était gentil et pas sot d'y avoir pensé mais que les analyses de sang ayant été faites, il n'y avait aucun souci. C'était la fin de non recevoir ue manière de me dire que je ne suis pas trop con pour un psy vu que je n'oublie pas qu'il y a aussi un corps et pas que des idées mais que bon, je ferais mieux de m'intéresser à ma pratique plutôt qu'à la belle noble médecine réservée aux être exquis sélectionnés parmi les meilleurs.

Comme je ne suis pas du genre à me mettre au garde à vous devant un médecin, surtout un généraliste, j'ai dit à mon patient que tant qu'on ne lui aurait pas mis une caméra dans le fion, on ne saurait rien et que j'avais besoin d'un diagnostic différentiel et que son putain de généraliste avait intérêt à lui prescrire un rendez vous chez un gastroentérologue !

On m'a envoyé me faire foutre une nouvelle fois en soulignant combien j'étais un brave garçon de me soucier de tout cela mais que bon, la médecine était vraiment réservée à l'élite de l'élite et non à des cons qui roulent en Kangoo et utilisent un trackball.

Mon patient lui même perdait un peu patience et, bien qu'on s'apprécie en était venu, le fou, à douter de moi et de ma capacité à traiter son cas ! Je lui ai dit que je ne me trompais jamais quoiqu'en pensent les esprits mal intentionnés. Et que quand je ne trouvais pas c'est qu'il y avait de la biologie dans l'air et qu'on pourrait se voir jusqu'à ce que l'un de nous décède, le fait de parler ne réglerait pas son problème de tuyauterie ou de trou de balle.

J'en ai profité pour lui affirmer que douter de moi c'était avoir un transfert très négatif et que c'était le signe qu'il deviendrait sans doute un tueur en série redoutable et qu'il se pourrait même qu'il ait une problématique zoophile dont il faudrait parler tôt ou tard. Comme il ne voulait ni tuer des gens ni sodomiser un hamster, il m'a écouté et a pris de son propre chef et sans rien dire à son médecin traitant, un rendez vous chez un médecin spécialisé qu'il a joliment baptisé docteur caca vu que sa spécialité c'est de mettre des caméras dans le cul.

Et bien le brave docteur caca, qui est plus intelligent que le généraliste vu que lui il est spécialiste et a donc mieux réussi le concours de l'internat, il a bien vu en mettant son œil expert dans le fion de mon patient qu'il y avait un truc pas clair. Alors il a dit qu'il fallait des analyses vu qu'on ne savait pas si c'était grave ou pas.

En fait les analyses ont révélé qu'il n’y avait rien de grave mais simplement des bactéries à la con qui lui foutait le bordel dans les intestins, un truc banal mais qui si on ne le traite pas suffit à foutre une vie en l'air. Il lui a filé de l'oméprazole, c'est à dire du bon vieux Mopral, un truc pas cher qui a fait ses preuves.

Quelques jours après avoir commencé le traitement, tout rentrait dans l'ordre et mon petit patient retrouvait un transit intestinal aussi fluide que le périphérique un quinze aout. Depuis il fait des selles bien moulées et je l'encourage à les prendre ne photo pour les mettre sur instagram vu que tout le monde publie n'importe quoi là-dessus.

Des selles bien moulées, un transit intestinal parfait, merci Mopral ! Et bien sur merci à moi et non aux quatre charlots qui m'ont précédés et qui ont pourri la vie de mon patient depuis dix ans en lui parlant de son papa et de sa maman, même si ce n'est pas très déontologique de dire cela. En plus je n'ai pas eu l'impression d'avoir fait preuve d'une intelligence hors du commun. Différencier une phobie d'une angoisse ça reste assez basique. Faut juste écouter les gens. Je pense qu'un mécanicien compétent doté d'un simple CAP fait la même chose dans son boulot. S'il avait été anxieux, les troubles gastro--intestinaux se seraient manifestés après la crise alors que là ils se manifestaient avant !!! C'est pas sorcier tout de même !

J'ai demandé à mon patient s'il avait revu son généraliste pour lui dire qu'il s'était trompé et que c'est moi qui avais raison mais il ne l'a pas fait. Bon bien sur je le comprends. Mais bon n'empêche que j'aurais bien aimé que ce cuistre sache que quand je dis un truc, ce serait bien de m'écouter même si il pense que les psys sont des cons.

Le Touffier qui est un très riche chirurgien et qui est très très corporatiste et défend toujours les médecins, m'a dit que j'aurais du faire un courrier plutôt que de passer par mon patient. Il n'a pas tort. Les usages auraient voulu que je prenne du papier à en-tête que de ma plus belle plume j'explique à ce médecin ce que j'avais constaté. Mais bon, j'ai des cartes de visites mais pas de papiers à en-tête. Je ne suis pas un riche chirurgien moi ! 

Mais bon, sur ce coup Le Touffier qui est un très riche chirurgien a raison. J'ai agi en gougnafier et peut-être que je vais consentir à me faire faire du papier à en-tête. Tiens ce serait bien que Le Touffier me le finance vu qu'il est un très riche chirurgien et que moi je ne suis rien à côté de lui. Si je le flatte un peu; j'y arriverai peut-être ! Les chirurgiens sont d'une telle fatuité ! Alors que moi, je reste le gars simple et gentil qui rend service mais ne la ramène pas.

L.e proverbe du jour sera donc : selles bien moulées, bonheur assuré !


Bons achats !



J'ai enfin retrouvé un trackball, vous savez ces drôles de souris qu'on manipule du bout du poule au moyen d'une grosse boule. J'en avais un quand j'étais plus jeune et puis j'en avais plus. Et j'en ai de nouveau un puisque Logitech en refait. Le vieux avait une boule rouge et celui-ci une boule bleue. Autant vous dire que je suis content. Comme quoi, je suis très sage parce que je me contente de peu.

Sinon, comme je vous le disais dans l’article précédent je me suis trouvé une lubie estivale consacrée aux camionnettes. Allez savoir pourquoi puisque je ne bricole pas vu que j'ai deux pieds gauches à la place des mains et que je ne livre rien de volumineux. Ca 'est tombé dessus comme ça. J'ai pensé camionnette durant une semaine entière ! Nuit et jour comme un bipolaire en phase maniaque ! Efin un peu moins tout de même. Mais bon, à la fin je connaissais tous les modèles et leurs performances et j'aurais pu mettre minable le premier vendeur venu de chez Renault ou Mercedes ! Parce que je connaissais les modèles actuels mais aussi anciens. 

Alors j'ai craqué. Je me suis offert une superbe Renault Kangoo bleue avec pas mal de kilomètres vu que je me suis quand même calmé sur le fric que j'allais y consacrer. Comme je n'en fais rien si ce n'est rouler pour aller acheter du main, un Kangoo neuf ne m'était pas d'une grande utilité. Mais bon, j'ai pris un modèle avec climatisation, phare antibrouillards et commandes de l'autoradio au volant sil vous plait ! Pas un truc de pue-la-sueur, non le Kangoo de patron !

Alors comme j'adore mon Kangoo je suis toujours dedans même que je dois être le seul mec qui laisse une belle Jaguar au garage pour avoir le plaisir de rouler en camionnette. Et quand on me croise dedans, enfin les gens qui me connaissent, on me demande pourquoi je roule là-dedans. Et quand je dis que c'est mon Kangoo alors là les gens ont du mal à comprendre et décident de ne rien comprendre et me foutent la paix. Si j'en ai envie je roule en Kangoo.

Cet été en débarquant à Bastia sur le parking de l'aéroport j'ai constaté qu'il y avait beaucoup de Kangoo ! La Corse en plus d'être l'ile de Beauté est aussi l'ile des Kangoo même si soyons francs on y croise aussi du Peugeot Partner ! Parce qu'il faut dire la vérité. La franchise est la qualité première chez les camionnettophiles !

J'ai un trackball et un Kangoo et je suis content. Comme quoi il aura fallu que j'attende cinquante et un ans pour être pleinement heureux ! Je crois que je m'étais toujours interdit de posséder une camionnette !

Ma psychanalyse avance, lentement mais surement !

Réponses aux mails !


 Phylica arborea



Je présente toutes mes excuses aux nombreuses personnes qui m'ont écrit sur mon mail et auxquelles je n'avais pas encore répondu. Il se trouve que je souffre de deux handicaps. D'une part, je suis un dangereux "lubique", c'est à dire que je souffre de lubies diverses et variées qui m'obligent séance tenante à m'intéresser à tout et n'importe quoi d'une manière obsessionnelle jusqu'à ce que je m'en désintéresser brutalement.


La survenue de ces lubies est variable. Parfois je n'en ai pas et me contente de vivre benoitement comme tout un chacun affrontant chaque jour qui passe avec l'esprit clair. Parfois, elles s'enchainent les unes aux autres. Certaines durent un soir et d'autres un mois. C'est variable. J'ai aussi noté que l'été était propice aux grandes lubies. Ainsi cette année, c'était les camionnettes, l'année d'avant furent consacrées aux maisons closes tandis que l'année précédente je m'étais passionné pour les cartels de la drogue mexicain. Un an avant, c'était l'Everest qui avait eu ma faveur et j'avais acheté des tas de livres sur le sujet, moi qui pleure de rage quand un escalator est en panne et que je vais devoir prendre un escalier de vingt marches ! 

Ces grandes lubies sont évidemment entrecoupées de petites lubies que j'assouvis l'espace d'un soir sur ma tablette en regardant en même temps une série stupide. Ce qui me force à mettre sur pause régulièrement et à demander à mon épouse ce qui s'est passé vu que je perds le fil régulièrement. Elle s'énerve et me dit de me concentrer sur ce que l'on regarde. Et moi je me mets à geindre comme quoi elle n'a aucune empathie ni charité envers moi vu que je suis "lubique" et que je n'y peux rien si une5  force me pousse à lire tout et n'importe quoi !

Par exemple, je peux me passionner pour les bombardiers de l'entre-deux guerres un soir et le lendemain trouver que la Peugeot 305, voiture des plus banales, vaut tout de même le coup que j'y consacre trois heures.

Pourquoi parler de ces lubies alors que j'avais entamé cet article en présentant mes excuses pour ne pas avoir répondu assez vite à vos mails ? Et bien simplement parce que ces lubies m'amènent parfois à m'inscrire à des forums complètement cons que je parcours avidement l'espace d'un soir pour les oublier le lendemain. C'est ainsi que ma boite mail se retrouve encombrée de notifications de ces forums et que lorsque je l'ouvre je perds parfois espoir de m'y retrouver.

Le forum Peugeot 305 m'a ainsi écrit ainsi que celui consacré aux Renault Kangoo. Mais celui consacré aux espèces botaniques subantarctiques n'est pas en reste. Celui ci il date de l'époque où passionné par les Kerguelen, je m'étais dit que je ne pourrais pas mourir s'en m'être offert un phylica arborea, un petit arbuste pas très beau qui pousse sur l'ile d'Amesterdam au bout du monde ! J'ai aussi eu une lubie pour les peintres pompiers et ai immédiatement souscrit un abonnement à un site recensant toutes les ventes dans ce domaine. Depuis je vous avoue que Bouguereau ou Winterhalter n'occupent plus mes vraiment mes pensées mais je reçois toujours les résultats des enchères des salles de ventes du monde entier.


Peugeot 305 GL de 1977
 (aucun intérêt sauf pour moi parce que je suis un peu con)


Il me reste de cela une culture étrange faite de tout un tas de connaissances disparates et sans aucun lien entre elles, un peu comme la maison d'un vieux qui souffrirait de syllogomanie et ne jetterait rien. Si on m'autopsiait et qu'on découpe ma calotte crânienne on trouverait tout et n'importe quoi et peut être même que cela sentirait le pissât de chat car il est bien connu que les gens qui souffrent du syndrome de Diogène sont amateurs de chats. Moi je m'en fous je préfère les chiens vu que les chats sont bêtes et fourbes. Mais là n'est pas le sujet !


Bref vous l'aurez compris mon mail est tellement saturé de messages merdiques que je ne cesse de recevoir des notifications de toutes part ! et il suffit que je l'ouvre pour que je perde tout espoir, un peu comme quand on doit vider une maison de famille dans laquelle sont amassés les souvenirs de six générations. Et comme je ne suis pas très courageux parce que je suis plutôt du genre sprinter que marathonien, ben je referme mon mail et je me dis que je répondrai plus tard ce qui est mal.

Parce qu'en plus d'être lubique je souffre aussi de procrastination. Je suis ce qu'on nomme habituellement un traine-cul, un mec qui sait ce qu'il a à faire, vu que j'ai une excellente mémoire, mais qui a du mal à se mettre en route. Une fois que je m'y suis mis, ça va, j'abats de la besogne. Mais pour m'y mettre...

Une de mes patientes me demandait si je pouvais l'aider à traiter sa tendance à procrastiner. Je lui ai dit que je connaissais bien le sujet. Finalement, même si des exercices existent, le meilleur moyen reste de se botter le cul et de se dire de s'y mettre. Ce que je fais régulièrement. Je glandouille dans mon énorme canapé douillet et parfois, je me dis : allez bouge toi le cul tu seras content.

Je l'ai fait ce soir. J'ai répondu à vingt trois mails. Je suis content, je suis un bon garçon. Je suis en progrès. Mais bon, je mourrais ainsi en me disant que ces vilains défauts font tout mon charme.

J'ai un côté pétasse !

Encore une fois, mille excuses pour avoir tardé pour vous répondre.

William Adolphe Bouguereau
"Le gringeot et sa soeur quand c'était rien que des traine-guenilles"
Huiles sur toile

12 janvier, 2018

Anniversaire !


Oui, c'est le douze janvier et je fête mon cinquante-et-unième anniversaire. Enfin, dire que je le fête est un bien gra2 nd mot. Dans les faits, je n'ai pas fêté un anniversaire depuis mes vingt-neuf ans. Très jeune j'ai compris que ces fêtes ridicules étaient juste le moyen de prendre de manière positive cette date funeste qui chaque année me rappelle que je fais un pas de plus vers la tombe. 

L'an dernier un ami a eu le droit à un anniversaire surprise pour ses cinquante ans. Et son épouse, un peu bébête a dit à mon épouse que ce serait bien qu'on fasse de même pour moi. Cette dernière me connaissant bien lui a répondu que ce serait la dernière chose à me faire. Elle ne savait pas si cette surprise me donnerait envie de me prendre ou de m'enfuir dans la nuit pour aller mourir de froid tout seul ! Bref, j'adore les dizaines de mots que je reçois le douze janvier parce que c'est toujours sympa de voir que tant de gens pensent à moi, mais il ne me viendrait pas à l'idée d'en faire une fête !

Et ce d'autant plus que si mon esprit reste le même, je constate tout de même que mes plus jeunes patients pourraient être mes patients. Ainsi, j'en reçois une née en 1992 et parfois lorsqu'elle me parle, je me dis qu'elle pourrait techniquement être ma fille ! C'est fou non ?

C'est d'autant plus fou que je n'ai pas vu le temps passer. La vie passe vite. C'est un fait. 1992 pour moi, c'était hier. On votait pour Maastricht. Et d'ailleurs j'avais voté contre et on m'avait traité au mieux de vieux con ne connaissant rien au progrès ou au pire de facho. Et moi j'avais répondu que tout cela finirait mal et qu'ils pouvaient tous aller se faire foutre. Déjà jeune, puisque je n'avais que vingt-cinq ans, j'avais fait mon adage de cette phrase : chacun mes idées !

Bref aujourd'hui, douze janvier, je suis d'humeur morose. Je pense à la vie qui a défilé si vite. Cela n'a rien de grave parce que j'aime bien de temps en temps être d'humeur morose, ça fait chic, ça fait vieux dandy pensif.

Dans ces moments là, je me dis que je n'ai pas fait grand chose de ma vie, que j'aurais du prendre telle ou telle direction. Je vois des gens de mon âge déjà célèbres depuis longtemps parader à la télévision, me jetant leur gloire au visage alors que moi, je n'ai même pas une page Wikipédia.  Bref; je suis morose, je me vautre dans mon humeur terne comme un marcassin dans sa soue et je suis content. Je me dis qu'à défaut d'être célèbre, je suis un mec vachement intelligent qui au lieu de se réjouir comme les ânes vulgaires le jour de son anniversaire, se penche sombrement sur son passé et envisage son avenir d'une manière sombre. Saturne m'empoisonne, me forçant à me concentrer sur l'essentiel et j'adore ça.

Bon, bon anniversaire à moi et à ceux qui sont nés ce même jour !

01 janvier, 2018

Je souhaite à mes chers lecteurs et lectrices une bonne et heureuse année 2018. Comme le temps passe. J'ai commence ce blog en 2006. Les années deux-mille ça semblera toujours récent mais souvenons nous que les enfants qui sont nés l'année de naissance de ce blog maitrisent aujourd'hui le fonctionnement d'un smartphone et d'une tablette et commencent déjà à emmerder leurs parents avec des velléités d'indépendance.

Me concernant, je n'ai toujours pas racheté d'Imac parce que je ne le ferai qu'une fois ma Jaguar vendue mais je me suis offert un trackball, vous savez ces drôles de souris fixes que l'on manie du bout du pouce sur une boule. Ca me rend déjà très heureux. Comme quoi, il m'en faut bien peu pour être heureux. Voilà une preuve de vraie sagesse !

Sinon, je n'ai toujours reçu de cadeau de Noël. Tant pis, ça fera mon anniversaire. Mon épouse qui connait bien mes lubies extravagantes et stupides, ne m'a même pas demandé ce que voulais faire d'un squelette grandeur nature. Mais comme elle est bien loin d'être sotte, elle m'a dit qu'elle vérifierait que le matériau qui le constitue soit bien adapté aux intempéries. Elle se doute que je veux le mettre dehors.

Fichtre, moi qui pensais être une sorte de génie mutique dont les intentions n'étaient accessibles à personne, voici que je suis percé à jour comme un enfant de deux ans ! Tant pis, car si elle soupçonne l'utilisation que je veux faire de ce squelette, elle n'a pas encore deviné mes noirs desseins.

Mais comme elle me connait bien, elle se doute qu'entre l'idée et la réalisation, il pourra se passer un temps indéfini et que ce squelette a toutes les chances de rester bien à l'abri dans son emballage.

M'en fous l'important c'est d'avoir des idées. D'ailleurs, un mien ami, qui malgré sa prodigieuse intelligence se trompe tellement qu'on l'appelle la "boussole inversée, celle qui indique le sud quand on va vers le nord, m'a dit une fois une chose très juste. Il m'a dit, me fixant de ses yeux bleus acier : toi tu aimes rêver les choses mais pas les réaliser.

Voilà, c'est là, tout mon drame. Tant pis, ce n'est pas à mon âge qu'on prend de bonnes résolutions pour tout changer. A cinquante ans, tout est écrit, on ne refait pas sa vie quoiqu'on en dise. Je resterai donc à jamais un génie inconnu et quand Dieu décidera qu'il est temps pour moi de faire mes bagages, je rejoindrai la cohorte de mes prédécesseurs, ces génies inconnus que justement nul ne connut.

Puisque l'on en est à parler de la mort et que j'ai assisté aux obsèques de mon vieux maitre et ami le vendredi précédent Noël, je lui rédigerai un éloge funèbre rien qu'à lui.

Sur ce, et malgré ces pensées sombres, je vous renouvelle tous mes vœux de bonne et heureuse année à vous ainsi qu'à vos proches.

24 décembre, 2017

Cadeaux de Noël !


Mon épouse qui est très prévoyante me demande toujours six semaines avant Noël ce que je voudrais comme cadeau. Et moi, je ne sais jamais ! J'ai pas d'idée. Il faut dire que je suis le mec frugal qui se contente de peu. Une table en terrasse, un double express, mes JPS, un bon livre ou de la compagnie et je suis heureux. C'est vous dire si je suis un gros ascète ! Pour paraphraser mon confrère blogueur FDP de la mode, je suis carrément même un gros Jean Moulin de l'ascèse et de la frugalité. Je suis le mec qui n'a besoin de rien !

Ce qui agace évidemment mon épouse qui aime bien prévoir et se retrouve fort déconfite quand elle n'a rien à m'offrir. Mais moi, étant frugal; je m'en fous. Les idées, je les ai après Noël ! Enfin, là l'idée je l'ai eue aujourd'hui puisque je lui ai dit que je voudrais bien un squelette. Comme elle me connait, elle ne m'a même pas demandé pourquoi, ni ce que j'allais en faire. Je veux un squelette, c'est tout ! Évidemment, je sais ce que je vais en faire, même que je vous montrerais et que vous trouverez cela super chouette, rigolo et malin. Vous vous direz que je suis vraiment un gros Jean Moulin de la farce si tant est que l'on puisse associer le nom de ce résistant au terme de farce ! 

Mes cadeaux, je les ai eus hier. Comme d'habitude, j'avais besoin de prendre l'air, ce qui pour moi consiste à retrouver vite fait une table de café, un livre ou des gens et mes clopes. J'ai donc pris ma voiture pour aller vers ma brasserie favorite. J'y inviterai bien le Touffier à déjeuner mais pour le bouger lui, c'est un enfer. J'y inviterai le Gringeot qui est un vieux mobile puisqu'il a toujours une de ses Harley prête.

Je retrouve un gars sympa, un gestionnaire de fortune avec qui justement on ne parle jamais de gestion de fortune mais de tout un tas de trucs passionnants. Je traine et je me dis qu'il serait peut-être temps de rentrer. Aussitôt dit, aussitôt fait. Et hop me revoilà dans mon auto à faire le chemin inverse en passant par une petite route qui traverse un bois. Et là, y'a un stop que personne ne respecte puisqu'il protège une route d'où personne ne vient jamais. En plus, comme on a une super visibilité, on ralentit, on voit qu'il n'y a rien à deux-cents mètres et on accélère. Or, le stop comme son nom l'indique nécessite un arrêt total. Bref, je suis un putain de contrevenant, un outlaw.  Carrément un gros Jean Moulin de la contravention.

Comme d'habitude et comme tout le monde, je ne le marque pas et là, paf ! Planquée dans une encoignure, une bagnole de poulets. Une Kangoo sérigraphiée. Comme il fait nuit, moi je trace et je me dis que le temps qu'ils fassent demi-tour, je serai déjà loin.  Je me dis même que peut-être qu'ils jouaient à la belote en buvant des bières dans le Kangoo. C'était sans compter sur le dieu des flics qui se manifeste devant moi sous la forme d'une vieille Citroën qui se traine à trente à l'heure et que je ne peux pas doubler vu l’étroitesse de la route. Sinon j'aurais tracé comme un grand, l'air de rien. Oui, c'est mal, je suis une racaille. Mais bon comme on dit, pas vu, pas pris.

Et hop, gyrophare en marche et qu'ils me collent au cul. Là, à moins d'être sourd et aveugle, pas moyen de les ignorer. Et je n'ai même pas un pote armé sur le siège passager pour leur tirer dessus ! Non, je plaisante bien sur ! N'allez pas imaginer n'importe quoi ! Non mais oh.

Je me gare, je descends, et un des flics me dit d'attendre dans mon véhicule, ce que je ne fais pas vu que je ne suis pas américain et que je ne vais pas attendre les mains sur le volant comme dans un film. Comme il fait une tête de moins que moi et sans doute la moitié de mon poids, il ne me dit rien. C'est alors son chef qui me demande le permis et les papiers du véhicule. J'ai le permis sur moi mais pas les papiers que je conserve chez moi même si c'est pas bien vu qu'il faut les avoir dans le véhicule

Le mec prend alors mon permis et demande un tas de truc à je ne sais pas qui, dès fois que je serais la réincarnation de Mesrine ou que je conduise sans permis. Mais bon, tout est ok.  Il me demande alors si je sais pourquoi il m'a arrêté et je lui réponds que oui, c'est parce que j'ai confondu le stop avec un laisser le passage. Il me demande si je prends souvent cette route et je lui réponds que oui et que c'est pour cela que, comme tout le monde, je ne respecte pas le stop, vu qu'il ne sert à rien. Je lui dis que comme tout le monde, je me contente de ralentir. Et là, alors que je m'attends à une admonestation, le voilà qui me rend mon permis et me dit que ça va pour cette fois. Je l'ai remercié et lui ai souhaité un joyeux Noël aussi. Ils devaient avoir des ordres du maire, dans le genre d'inspirer la peur du gendarme sans pour autant trop faire chier les gens. C'est sur que maintenant, ce putain de stop je le respecterai. Même s'il ne sert à rien !!!

Ceci dit vu que j'étais un peu énervé, peut-être que j'aurais fini en garde à vue ce soir là parce que je n'avais pas envie de jouer le gentil mouton. Je n'en sais rien puisque je n'ai rien eu. Je pensais à notre premier ministre et  son vol à 350 000 euros et je me disais que j'en avais un peu raz le cul d'être un connard de citoyen. En plus, m'étant toujours défini comme anarchiste de droite, j'aime pas la maréchaussée. Je ne me sens pas au dessus des lois, je ne suis pas sociopathe mais bon, j'aime pas l'état et ses milices.

Ça ne m’empêche pas d'avoir des flics dans ma clientèle, qui sont très sympas. Déjà parce qu'il y a un biais de recrutement et que le flic qui me consulte est forcément un peu à part. Et enfin, parce que ma clientèle c'est sacré et que flic ou pas, je les défends toujours. J'aurais pu recevoir Jack l'éventreur, je lui aurais trouvé des excuses. Je suis un affectif, j'ai besoin d'aimer les gens pour les aider. Je suis un gros Jean Moulin de l'affection !

Je repars doucement et là, peut être cent mètres plus loin, deux cons de chevreuils traversent devant moi. Si rapidement que j'en heurte un. Et pourtant, je ne roulais pas vite ! Il tape dans le parce-choc il rebondit sur la route, roule sur lui même et hop, dans le faisceau de mes phares, le voilà qui se remet droit et repart au galop. Putain, c'est solide un chevreuil ! Je e dis que tant mieux, il n'est pas mort mais je me demande ce qu'a ma bagnole. Et dix minutes après, de retour chez moi, je me gare, je descend pantelant, m'attendant à voir des dégâts et que dalle ! Pas un pet, pas une égratignure, ma caisse n'a rien !

Voilà, j'ai eu mes cadeaux. Je n'ai pas respecté un stop et je m'en tire sans prune ni retrait de points. Puis, je tape un chevreuil et que dalle. Lui, il est toujours en vie et je n'ai même pas un phare cassé.

Merci à mon ange gardien et bien sur, joyeux Noël à tous les flics qui me liront et au chevreuils aussi.

Bon je vous quitte, il y a des tas de gens chez moi, il serait peut-être temps que j'aille les saluer. Je crois qu'on reçoit.

Joyeux Noël !







C'est Noël alors je vous souhaite un très joyeux Noël ! Déjà plutôt que des bonnes fêtes, je vous souhaite carrément un joyeux Noël. Il fallait oser non ? 

Et puis, plutôt qu'un sapin, je vous propose comme illustration une crèche de Noël vu que cela semble être de nos jours le truc le plus insoumis qui existe que d'afficher cela ! Et merde à la laïcité vu qu'ici je suis chez moi et que j'y fais ce que je veux !

Une pensée pour le Touffier qui passe Noël tout seul ! Quand j'ai su cela; évidemment je l'ai invité, surtout qu'un gynéco est toujours un joyeux convive vu qu'il a plein de blagues à raconter. Mais que dalle, il a préféré rester tout seul chez lui avec son pâté Henaff et ses biscottes. Tant pis pour lui ! 

Parce qu'on dit toujours : ah les pauvres petits vieux, tout seuls ! Mais bon, y'a des vieux qui veulent rien faire, même qu'il faudrait une grue pour les bouger. Alors mes pensées vont uniquement vers les solitaires qui auraient aimé ne pas l'être en ce soir si spécial. Que les autres aillent se faire voir !


18 décembre, 2017

C'est encore moi !


Juste pour vous dire que je déteste vraiment écrire sur cette merde de PC. Pourtant, il est tout neuf et doté d'une super carte graphique dont je ne ferais rien vu que je ne joue pas. Mais bon, quitte à acheter du matis neuf, je n'allais pas faire l'emplette d'un truc tout naze. 

Vivement que je vende ma Jaguar pour que je puisse me racheter un Imac ! Comme j'aimais son écran géant et son clavier confortable avec ses petites touches souples et douces aux doigts ! Et son OS ! Tout simplement merveilleux de simplicité, fait pour moi dont les compétences en informatique sont largement moins affutées que celles d'une secrétaire moyenne. Je pleure mon Imac cassé. Je le vois, il est là pas très loin, se couvrant de poussière, à côté de son petit frère doté d'un écran de 21 pouces, mon premier Imac. Faudrait que je les vendre d'ailleurs. Je suis sur que deux vieux Imac peuvent intéresser quelqu'un, même cassés. Moi je ne vais pas en faire grand chose et ma femme finira par les jeter. Déjà que je lui impose tous mes vieux PC avec leurs écrans VGA. J'aime pas jeter, je suis comme ça.

Bon si quelqu'un est intéressé par une Jaguar XJ40 avec 43 000 kilomètres, qu'il m'écrive. Je la cède pour la somme de cinq-mille euros, ce qui convenez-en n'est rien du tout pour rouler dans du cuir connolly au son envoutant du six cylindres en ligne de 3,6 litres.

J'ai bien tenté de la fourguer au Gringeot qui m'a répondu que c'était une bagnole de "pédé d’anglais" et que lui, il resterait toujours Renault. Bon, c'est vrai qu'à notre époque, ce genre de réflexions ne passe plus. Mais le Gringeot aura soixante ans dans deux ans et à son époque on ne faisait pas Erasmus. On roulait français, mon mangeait français et on allait en vacances chez mémé dans le Poitou ! La Costa-Brava relevait déjà du rêve et aller à New-York de la Science-Fiction.

J'ai aussi tenté de la refourguer au Touffier qui est un chirurgien de province très très riche mais il n'en veut pas non plus. Il est tellement simple et modeste qu'il ne s'imagine pas conduisant un paquebot pareil. Alors il roule dans une daube sans nom. Mais chacun ses goûts même si cela me fait bien chier. C'est vrai que pour lui, cinq-mille euros c'est comme pour moi cinquante euros. Putain, il aurait pu me rendre service et m'en débarrasser. Surtout qu'il y a une batteri eneuve et un carnet d'entretien à jour. Il aurait pu se dire qu'il ne s'en servirait pas mais qu'en l'achetant il contribuerait à me faire acheter un Imac et de ce fait à la vie de ce blog ! C'était une bien noble cause ! Mais que dalle ! Depuis, chaque fois que je peux dire du mal des médecins libéraux, je le fais. Ça lui apprendra à refuser mon offre !

Bon, c'est pas tout, je vais diner. Je reviendrai c'est promis !

Ben oui, me revoilou vraiment !


C'est dingue, c'est une drogue. Dès que je suis ici, je ne m'arrêterai plus d'écrire. Récemment, une patiente me demandait comment on parvenait à sortir de la procrastination. Si seulement je le savais, lui ai-je dit ! J'ai toujours un mal fou à me mettre en route mais une fois que je suis parti, rien ne m'arrête plus.

Alors voilà; j'ai validé tous les commentaires. Ils étaient positifs et sympathiques à 99% ! Bon comme toujours, il y a quelques grincheux, quelques peine-à-jouir et autre pisse-vinaigre qui prennent pour argent comptant tout ce que j'écris. Ceux là, zou, je les lourde parce que je ne veux voir que des commentaires satisfaits sur mon blog. Ici c'est chez moi, et j'y règne comme un patron de rade, les emmerdeurs je les lourde. Non mais !

J'ai eu beaucoup de demandes de contacts que je n'avais pas validées. J'en suis désolé. J'ai honte. Sachez que pour m'écrire, c'est toujours :

PA6712@yahoo.fr

Paix aux hommes de bonne volonté et que les fâcheux aillent se faire foutre. Moi quand je n'aime pas ce que quelqu'un écrit, je ne le lis plus et je n'attends pas de lui qu'il écrive selon mes directives. Non mais !



Coucou me revoilou !


Quel titre idiot pour mon grand retour sur mon cher blog. Mais bon, je n'étais pas plus inspiré que cela. Ça fera l'affaire. Tant pis si ça fait débile.

Tout d'abord, merci aux nombreux messages que jrai reçus de la part de mes chers lecteurs. On se demandait pourquoi j'avais disparu. On m'a cru malade, mort ou pire, lassé de l'écriture. Rien de tout cela n'est vrai. Je n'étais pas malade et encore moins mort. Je n'étais pas non plus lassé de l'écriture. J'étais ailleurs.

Où me demanderez vous; sachant que je déteste les voyages et que rien ne me plait plus que de rester au même endroit à faire toujours les mêmes choses ? J'étais nulle part. J'étais juste chez moi comme à mon habitude. J'aurais pu écrire des centaines d'articles si j'avais voulu.

Si j'étais un esprit chagrin prompt à l'hystérie, je pourrais vous dire que cette année 2017 ayant vu le décès de ma belle-mère puis de mon père, n'était pas propice à l'écriture et que je me terrais quelque part pour éponger mon chagrin. Rien ne serait plus faux. Si j'ai eu de la peine, celle-ci ne m'a pas empêché de faire face à mes obligations quelles qu'elles soient. Quand on approche des quatre-vingt dix printemps, rien n'est plus normal de tirer sa révérence.

Ma belle mère, avec qui je m'entendais très bien, l'a fait doucement sans un bruit, comme une chandelle qui s'éteint. Une fracture du col du fémur et elle a plongé dans ce que l'on nomme le syndrome de glissement si courant chez les personnes âgées. Elle n'a plus voulu vivre. Boire et manger relevait de l'exploit. Quelques semaines après elle s'éteignait doucement sur son île tant aimée chez elle. Ce qui est une sacrée belle mort finalement.

Quand a mon père, lui qui redoutait une mort atroce dans un hôpital, intubé de partout, il est parti soudainement suite à une crise cardiaque. Je l'ai vu le lundi soir. Je le trouvais faiblard mais il m'a répondu que non, qu'il avait jardiné et avait du faire un faux mouvement. J'ai proposé d'appeler les pompiers ou à défaut son médecin, qui se trouve être aussi un pote à moi. Il n'a pas voulu. Je lui ai dit qu'au moment de se coucher, il pourrait m'appeler. Ce qu'il a fait vers minuit vu qu'il était aussi couche-tard que moi. Sa voix était plus claire que dans la soirée et il m'a assuré que tout allait nettement mieux. Je l'ai cru et il est décédé dans la nuit. Un fort jolie mort aussi. Mourir dans son sommeil; que peut-on rêver de mieux ?

Bien sur que j'ai été triste aussi. Parce qu'il s'agissait de mon père et puis parce que lui et moi étions fort bons amis. Il se définissait de lui même comme "anarchiste de droite" et bien qu'il ait eu une vie honorable j'ai rarement vu quelqu'un mépriser autant l'autorité sous toutes ses formes. Je vous raconterai un jour, son arrestation par la police, une fois encore qu'il roulait sans ceinture de sécurité. Dans tous les cas, jusqu'à la fin, il a eu toute sa tête, tous ses réflexes, des amis et de l'argent. Bref, il a toujours eu la baraka.

Troisième décès intervenu pas plus tard qu'hier puisque mon vieux maître, le docteur C est décédé. J'ai aussi eu beaucoup de peine car plus qu'un médecin comme les facultés en produisent à la chaine, c'était un vieux savant comme on n'en fait plus. Comme tous les gens vraiment brillants, il allait gentillesse, simplicité, authenticité à des compétences impressionnantes. Je ferai un éloge funèbre rien que pour lui rendre hommage ; il le méritait bien. 

Et puis, le douze janvier dernier, en 2017; j'ai eu cinquante ans et cela m'a foutu un coup. Pour quelqu'un qui comme moi, ne fête plus ses anniversaires depuis l'âge de vingt-neuf ans, en avoir cinquante est terrible. On pourra m'objecter n'importe quoi, je sais maintenant que j'ai parcouru bien plus que le temps qui m'est imparti et ce, d'autant plus que je n'ai pas cessé de fumer. De toute manière, cancer ou Alzheimer, je ne saurais choisir ! Étant né vieux, je n'ai bien sur pas l'impression d'avoir vieilli. Je sais que vieillir n'est pas quelque chose qui m'arrivera, du moins intellectuellement. Je vois autour de moi, la plupart de mes amis se muer en "vieux cons" mais pas moi. Je reste frais comme un gardon.

Tout ceci est fort triste mais c'est la vie et cela n'explique ni n'excuse en rien ma longue absence. En fait et j'ai presque honte de le dire, si j'ai été absent si longtemps c'est la faute d'Apple.  D'abord mon Imac a rendu l'âme. Âgé d'à peine sept ans, voici qu'un jour, il s'est allum en gris. Je l'ai vite apporté dans un Apple Store où l'on m'a expliqué qu'il était trop vieux pour qu'on le prenne en charge. Par la suite, un autre spécialiste m'a dit qu'il était fini, kaput.

Comme je suis colérique et parfois vindicatif, je me suis juré que plus jamais je n'aurais de Imac, que c'était de la merde et qu'un bon PC ferait dorénavant l'affaire.  Aussitôt dit, aussitôt fait et j'ai acheté un portable ASUS qui m'a déplu immédiatement. Je déteste taper sur un portable. Je déteste son écran ridiculement petit de quinze pouces alors que j'étais habitué à mes vingt-sept pouces. Bref, la colère étant mauvaise conseillère, j'ai acheté ce que je n'ai jamais aimé. C'est pourquoi je suis moisn venu, pour de bêtes raisons technique, simplement parce que mes gros doigts ne se font pas aux clavier de mon portable et que mes yeux ne s'habituent pas à cet écran ridiculement petit.

Apple encore. J'ai aussi un Ipad Air. Et c'est je crois l'outil le plus chronophage qui existe. Tandis qu'avant j'étais obligé de venir à mon bureau pour aller sur internet, j'ai maintenant toujours ma putain de tablette en main. Même mon épouse en marre et juge que je suis devenu un vrai crétin. Je surfe de ma tablette, collé dans mon canapé et je joue même a des jeux bêtes. La tablette est la plaie du genre humain. Tant et si bien que je ne venais plus m'asseoir à mon bureau devant mon PC que je déteste.

J'aurais pu racheter un Imac me direz-vous ? Bien sur que j'y ai pensé et même plutôt deux fois qu'une. Mais j'ai décidé de devenir sérieux. Je me suis dit que j'achèterais cet Imac quand je me serais débarrassé de mon trop-plein de voitures. J'exige donc de moi-même de vendre ma Visa et ma Jaguar avant de racheter un Imac. Ca sera ma petite récompense pour avoir été sérieux !

Et puis, pour tout vous avouer, la tablette n'est pas seule responsable. J'ai aussi découvert Twitter qui reste un formidable outil pour perdre son temps quand on aime écrire tout et n'importe quoi comme moi. Alors dans les faits, croyez moi si j'avais disparu de ce blog, j'ai pourtant continué à écrire. Oh oui, j'ai écrire, sans doute des centaines de tweets, tous aussi peu intéressants les uns que les autres. Mais que voulez-vous, j'adore l’instantanéité des échanges. Alors j'y passe des heures, pour rien du tout. Tweeter ne sert à rien et je me demande combien de temps ce truc va durer. Mais quel plaisir de s"abonner à des tas de gens rigolos et de troller soi-même. Je n'y dit rien de passionnant mais comme j'y ai retrouvé des gens que je connais et mêmes certains lecteurs du blog, je m'y amuse follement. Mais j'ai décidé d'être sérieux et de suspendre sérieusement ma participation à la twistosphère. J'ai décidé de revenir ici de manière régulière.

Parce que cela me plait d'écrire, de raconter des choses intéressantes ou non, de savoir qu'une fois publiés, mes messages seront lus par quelqu'un. On 'a dit que tenir un blog était une activité furieusement datée. C'est sans doute vrai. Tous les blogs que j'aimais ont fini par mourir ou végéter parce que soit les gens ont eu des responsabilités qui leur interdisaient d'écrire de manière soutenue, soit parce qu'ils se sont lassés. Tel n'était pas mon cas, car durant tous ces mois, je me sentais coupable de ne pas venir. J4ai d'ailleurs une trentaine d'articles en brouillon ! Et puis je m'en suis voulu de rater des dates importantes comme le onze novembre, pour lesquelles j'écrivais toujours quelque chose.

Moi; j'ai juste trompé mon blog avec Tweeter. Mais comme je suis définitivement fidèle il était hors de question que j'arrête. Alors je reviens et cette fois-ci c'est pour de bon.






19 juin, 2017

De retour !!!

Non, je ne suis pas mort pas plus que je n'ai arrêté ce blog. J'ai juste eu quelque soucis personnels qui m'ont un peu empêché de venir écrire. Rien de vraiment grave rassurez vous mais je n'étais pas vraiment disponible pour distiller toute ma sagesse habituelle ! En plus j'ai au moins vingt messages déjà presque rédigés.

De plus, j'ai grillé mon dernier IMac 27' ! Il faut dire que le pépère avait six ans ce qui semble être la date limite pour un produit de chez Apple. Je vous relaterai mes aventures avec la multinationale de Cupertino très bientôt. Je n'ai jamais été aussi mal reçu dans une boutique, à croire que les cons en t-shirt qui me reçoivent ont plus à coeur de respecter leurs sacro-saintes procédures que les clients. A baffer !

Je e suis juré de ne plus acheter un de leurs produits mais bon, j'aimais bien mon IMac. Alors je me tâte et en attendant je tapote sur un PC portable comme un galeux moyen.

A très bientôt !

15 janvier, 2017

Prise au piège !




Une de mes chères patientes, avec qui je m'entends fort bien par ailleurs, se trouve être plutôt de gauche. Mais attention, pas d'une gauche crispée sur des principes archéo-historiques, non une gauche ouverte et tolérante. Lorsque j'écoute sa profession de foi, je crois que je pourrais la définir comme étant une sorte de mélanchono-macroniste. Elle ne méprise pas le prolo sans toutefois ignorer les dures lois de l'économie. Elle visite plein d'expos et a plein d'amis homosexuels. C'est vous dire si en plus d'être de gauche, elle est vraiment cultivée et ouverte d'esprit. 


En revanche, elle ne m'a jamais fait part d'amis noirs ou arabes. Elle n'est évident pas raciste. Loin de moi cette idée, elle a juste une excuse géographique. Il faut dire que dans le centre de Paris, il y en a peu ou alors ils viennent juste pour la journée, pour livrer des trucs, travailler en cuisine ou faire le ménage. Ils n'ont peut-être pas le temps de faire des expos. Elle est un peu féministe, enfin juste ce qu'il faut. Elle n'est pas idiote, elle milite pour l'égalité des salaires mais sans dépasser les bornes. Elle n'avait pas envie de finir seule non plus ! Le féminisme outrancier, elle n'est pas idiote, elle sait que c'est le meilleur passeport pour finir seule, aigrie, avec un chat.

Bien entendu, elle a fait des études, travaille dans le tertiaire et dispose d'un salaire confortable. Je la soupçonne même d'avoir une femme de ménage mais je n'en ai pas la preuve. De toute manière, si tel était le cas, je suis sur qu'elle la traiterait bien, sans pour autant oublier de vérifier parfois si les petites cuillers en vieux Paris n'ont pas disparu. On ne se méfie jamais assez du petit personnel et dès qu'on a le dos tourné, il vous vole.

Cependant et je l'ai déjà dit plus haut, je m'entends fort bien avec elle. Même si elle reste assez caricaturale de l'esprit du temps à Paris, c'est quelqu'un de sympa avec qui l'on peut plaisanter. Elle est bien plus sympa qu'un militant LR, sans doute parce que tout en ayant des idées parfois arrêtées, elle n'est pas militante. Les militants sont toujours pénibles. Or voici que le lendemain des primaires de la gauche, elle se sentait bien dépourvue, autant que la cigale de la fable.

Il faut dire que l’offre n'était pas très alléchante. Choisir entre sept neuneus tous plus tocards les uns que les autres, n'a rien de bien folichon quand on a un cerveau. Parce qu'on a beau se dire de gauche, si on a un minimum d'intelligence, on se rend vite compte que par exemple Manuel Valls est carbonisé ou que Jean-Luc Bennahmias ou encore François de Rugy ne feront pas un bon président de la république. Quant aux autres, n'en parlons pas. Pinel, on ne la connait pas, Hamon est un gnome désagréable, Peillon un apparatchik incapable et Montebourg, malgré un physique plus avantageux et un humour certain, ne possède pas un programme cohérent. Sale temps pour les gauchos ! Même mon filleul Lapinou, pourtant socialiste engagé, ne votera pour aucun d'eux. Lui, il a choisi de se faire sodomiser par Macron. Ìl a choisi le courant bancaire du socialisme. Quand on est de gauche, on n'est pas à une incohérence près.

Ma patiente n'est pas aussi définitive que Lapinou. Elle ne veut aucun des sept nains présents lors du débat. Mais ce n'est pas pour autant qu'elle irait ailleurs qu'au PS. A la gauche du PS, il y a bien Mélenchon qui dit parfois des trucs intéressants et possède de vrais talents d'orateur. Mais ses dents, avez-vous ses dents ? Qui voudrait pour représenter notre beau pays d'un type aux dents gâtées. Ah non. Alors il reste la droite du PS sous les traits avantageux et juvéniles du jeune Macron. Mais lui, il est issu de la banque, de la finance. Et la finance, ce n'est pas bien. Et puis on ne parvient pas à bien le percevoir le petit Emmanuel. On ne sait pas d'où il vient, il a épousé une vieille, etc. Ce n'est pas très clair tout ça ! D’aucuns disent même que ...Et oui, Paris bruisse de murmures ! Mais cela ne nous regarde pas !

Voilà donc ma pauvre patiente toute déboussolée parce que pour la première fois de sa vie rien ne lui convient ! C'est tout de même rageant d'être une femme, d'avoir le droit de vote depuis 1945 et de ne pas savoir quoi en faire. C'est peut être pire que de faire les soldes et de constater que la jolie paire d'escarpins soldés à 70% dont elle rêvait n'est plus disponible dans sa pointure. En tout cas, c'est grave. Parce qu'il ne faut surtout pas oublier qu'il est important de voter, vu que des gens sont morts pour ça

Personnellement, il m'est souvent arrivé de ne pas voter. Et ce, même pour des élections majeures comme les présidentielles de 2012. Sarkozy / Hollande ? Je vous avoue que je me trouvais un peu comme dans l'épisode de Southpark Poire à lavement et sandwiche au caca. Voter pour l'un ou l'autre, c'était parvenir à répondre à la question, tu préfères qu'on t'ampute d'une jambe ou d'un bras ? Ça s'appelle un sacré dilemme. 

Ma chère patiente, je crois, a toujours voté, à moins d'y être empêché par une cas de force majeure comme des vacances au ski ou dans quelques contrées exotiques. Sinon, quelque soit le temps, si elle est à Paris, elle se rendra aux urnes. Mais cette fois-ci en mai prochain, pour qui voter ?

Soucieux de lui venir en aide, parce que c'est tout de même le fond de mon intervention je lui ai alors proposé une solution évidente : pourquoi ne pas voter Marine Le Pen ? Et là voilà qui se récrie ! Et vous n'y pensez pas ! Et halte au fascisme ! Le racisme ne passera pas. Moi je reste de marbre en attendant que cela se calme.

Puis calmement, je lui expose qu'au vu de ce que je connais d'elle et de ce qu'elle vient de me dire, je pense que c'est le choix le plus cohérent. Marine est une femme divorcée et son adjoint Philippot est homosexuel. Voilà pour la partie féministe et sociétale. Connait-on sincèrement aujourd’hui parti plus ouvert d'esprit ? Son programme, quand on l'analyse est clairement de gauche avec même de petites touches marxistes. Cela devrait flatter tous ceux qui ont une vraie conscience de gauche. Et on ne peut pas lui reprocher des accointances avec la finance puisqu'à ce jour, aucune banque n'a souhaité financé sa campagne. S'il y en a bien une qui doit être contre la finance en ce moment, c'est Marine. 

Ma chère patiente qui me connait bien a souri de ma provocation tout en admettant qu'au delà des valeurs qu'elle clame et prône sans cesse consistant à vanter les mérites d'une société enfin ouverte réellement aux femmes et ouverte d'esprit aux minorités, les idées comptaient aussi un peu. Ses certitudes sociétales et politiques s'effondrent d'un coup. La voici qui doute, nuance et argumente. Une femme oui mais pas n'importe laquelle !

Je suis sur qu'elle finira par voter pour un homme ! Lequel je ne sais pas. Elle me le dira sans doute après les élections. Je gage que ce sera le gagnant de la primaire de gauche parce que c'est ainsi, que c'est commode, que c'est le représentant d'un grand parti, qu'il n'y a pas à se torturer.

J'adore ce genre de phénomènes liés à la prise de décisions en état d'incertitude. On voudrait se rattacher à Descartes et à sa méthode et on n'y trouve que l'incertitude de Montaigne. Cela me rappelle l'essentiel de mon métier quand les patients me demandent si je suis sur de quelque chose et que je leurs réponds qu'en psychologie, on tente essentielle d'objectiver des éléments subjectifs. 

La plupart du temps dans la vie, on a beau prendre toutes les précaution, on n'est sur de son choix que lorsqu'ils se sont enfin révélés négatifs ou positifs.

14 janvier, 2017

Défions nous des extrêmes et autres incantations !

Simplet n'est pas extrémiste !


J'ai dans ma clientèle, deux patientes, jeunes quadragénaires célibataires, qui aimeraient se trouver un gars bien ! Pourquoi pas ? C'est bien normal que de vouloir être aimé et être aimé non ? Sauf que, sans que je sache bien pourquoi, ces deux patientes sont plutôt de gauche et progressiste du point de vue des mœurs. Cela ne me dérange pas, n'étant justement pas de gauche, je ne suis pas sectaire et accueille indifféremment les patients quelque soient leurs idées politiques. 

D'ailleurs, je ne parle de politique que si l'on m'en parle. J'ai beau être persuadé que le socialisme est une pathologie mentale très résistante qui la rend sans doute plus dure à traiter qu'une schizophrénie, je ne dis jamais rien. Je reste neutre.

S'agissant de ces patientes, qu'on se rassure, aucune des deux n'est à proprement parler militante. D'ailleurs comme toute parisienne quadragénaire qui se respecte, l'une et l'autre ont adopté très largement un mode de vie bourgeois. Les deux possèdent leur logement, l'une dans le XVème et l'autre dans le XVIème. On est donc loin de Germinal ! On reste dans le standard de l’électorat d'Anne Hidalgo. Au XIXème siècle ça aurait fait de parfaites dames de charité soucieuses des pauvres et maintenant ça se dit de gauche parce que c'est sensé être généreux. 

Ceci étant dit, les deux sont plutôt sympathiques. N'étant pas moi-même militant, je m'entends généralement bien avec tout le monde. Je les sens tellement pleines de contradictions qu'elles en deviennent plutôt touchantes. J'ai souvent envie de leur dire que plutôt que de feindre de s'intéresser à la politique qui ne les passionne pas plus que cela, de se contenter de voter pour qui elles veulent mais d'aller à l'église à côté demander si une association n'aurait pas besoin d'elles. Mais bon, l’Église c'est vieux et réactionnaire alors qu'être de gauche c'est sensé être moderne, surtout sous la mandature d'Hidalgo. Et en écrivant cela j'ai subitement conscience que mes propos sont réactionnaires et sexistes et qu'en plus je les assume. 

Toujours est-il que comme on se connait bien l'une et l'autre m'ont demandé si dans ma clientèle, triée sur le volet, il n'y aurait pas quelque coquin intéressé par elles. Et effectivement, j'ai dans ma population masculine quelques profils intéressants. Cependant, afin de savoir si cela pouvait colle,r il a fallu que je demande à des deux demoiselles, quel était le profil recherché. L'une et l'autre n'ont pas d'exigences particulières. Bien sur, elles préfèrent que l'élu soit présentable et intelligent et d'un âge en rapport avec le leur. Jean-Luc Bennahmias n'aurait peut-être pas eu ses chances. Bon, ce profil là j'ai en stock vu que j'ai une clientèle généralement remarquablement intelligente. 

Bien sur connaissant leurs idées politiques, je leur ai demandé si c'était important que l'homme qu'elles recherchent pensent comme elles. Et là, les deux m'ont fait la même réponse en me précisant que la politique n'était pas au cœur de leurs centres d'intérêt et que de droite ou de gauche, elles s'en moquaient pourvu qu'il ne soit pas EXTRÊME ! Le mot est lâché, défions-nous des EXTRÊMES ! 

Et c'est là que le bât blesse parce que si on attribue à ce mot son sens premier, j'avoue ne pas connaitre d'extrémistes. Je n'ai ni nazi ni admirateurs de Pol Pot dans ma clientèle pas plus que je ne connais de staliniens convaincus. Petit, j'en croisais parfois dans le métro, de ces vieux lecteurs de l'Humanité affublé d’une casquette. Mais je crois qu'ils sont tous morts. Quant aux nazis, il faut bien devoir se rendre aux confins de l'Ukraine pour en croiser. En tout cas, je n'ai pas d'extrémistes dans ma clientèle. Pas de ceux là en tout cas.

Je crois qu'à notre époque, par extrémiste, il faut entendre le fait d'accepter d'apporter des solutions définitives à un problème grave lorsque qu'il a été prouvé que les solutions lénifiantes à base de dialogue, de bougies et de nounours ont échoué. Dès que l'on remonte avant l'élection de François Mitterrand, le monde nous apparait peuplé d'extrémistes ! 

Dès lors il me semble que je ne peux avoir que des extrémistes dans ma clientèle parce que quand on voue tue au Bataclan, qu'on vous roule dessus en camion et que votre première réaction est de hurler pas d'amalgame en allant allumer une bougie, on n'a vraiment pas de problème dans la vie. On est tellement malléable et adaptable que même le pauvre Candide de Voltaire, lui même qui professait que tout est bien dans le meilleur des mondes possibles est battu. On n'a vraiment pas besoin d'un psy.

Alors oui, j'avoue, comme je leur ai dit que la population masculine célibataire susceptible de leur convenir était sans doute un peu trop extrémiste pour leur plaire. Les deux s'en sont étonnées, persuadées que je ne recevais que de dangereux réactionnaires. Pas du tout, leur ai-je assuré, ils sont tous charmants mais pas forcément  gentils comme elles l'espèrent. Ils sont normaux avec des limites à leur tolérance. Capables de pardonner quand c'est nécessaire mais aussi de violence. Dans la bible il me semble qu'il y a une différence entre inimicus, celui à qui l'on pardonne, à qui l'on tend sa gauche, et hostis, celui qui veut vous anéantir. 

Les deux étaient plutôt tristounes de ne pas pouvoir pêcher dans mon vivier. Mais c'est ce que je leur ai expliqué. Il suffira qu'elles évoquent leur vote pour Anne Hidalgo pour que les mecs se barrent. Désolé, je n'ai ni hipster, ni réel bobo, ni admirateur fervent de François Bayrou dans ma clientèle. 

Mais promis, si j'en chope un, gentil, bien de sa personne, avec des revenus fixes et capable d'affirmer que François Hollande a été un bon président, je leur garde. Celui là, j'en suis sur, ne sera pas un salaud d’extrémiste.

Le célibat tient parfois à peu de choses !

12 janvier, 2017

12 janvier 2017 !


María Eugenia Ignacia Agustina de Palafox-Portocarrero de Guzmán y Kirkpatrick, marquise d’Ardales, marquise de Moya, comtesse de Teba, comtesse de Montijo.
- dite Eugénie de Montijo, Impératrice de France -
Par Winterhalter.

Oui, la date n'est pas anodine puisque ce matin, à onze quarante exactement, j'ai atteint l'âge vénérable de cinquante ans. J'ai donc pris une énorme claque. L'année passée, j'ai été invité aux anniversaires d'amis qui atteignaient ce même âge, ravis qu'ils étaient de fêter leur entrée dans la seconde moitié de leur vie. Et encore quand je parle de moitié, je suis gentil, encore faudrait il pouvoir vivre jusqu'à cent ans ce qui n'est pas donné à tout le monde. Tenez, à la fin de l'année, je suis allé aux obsèques de deux personnes. Le premier est décédé à l'âge de soixante-seize ans et le second à soixante-quatre ans. 

C'est vous dire si c'est présomptueux de se dire qu'on a atteint la moitié de sa vie. Pour les moins chanceux, le plus gros est déjà fait ; il faut songer à choisir crémation, chêne ou acajou. Dans mon cas, ce qui est bien, c'est que j'ai déjà ma place dans un caveau sympa. Comme tout bon capricorne qui se respecte, je serai inhumé à l'endroit où j'ai toujours vécu. C'est déjà rassurant de savoir que quoi qu'il arrive, et quelle que soit la date, je resterai capricorne, adepte des habitudes jusqu'à la fin. 

Pour le reste, c'est vrai que j'ai eu des dizaines de témoignages d'amitié. Moi qui aime me lamenter comme tout bon saturnien qui se respecte et me dire que décidément la vie est bien courte et qu'elle passe bien vite, je ne peux pas me plaindre d'être isolé. Je ne compte plus les SMS ou appels téléphoniques de personnes qui m'ont souhaité mon anniversaire. Cela me fait plaisir même si en vérité, je n'ai plus fêté un seul de mes anniversaires depuis l'âge de vingt-neuf ans. Quand le compteur est passé à trente, j'ai vite compris que quelque chose d'important arrivait. Quand il est passé à quarante, j'ai saisi que c'était grave. Et aujourd'hui, qu'il vient de passer à cinquante, je réalise que c'est irrémédiable.

Bien sur, les réactions furent différentes. Certains témoignages m'ont vraiment touché. Par exemple celui de mon père me disant "un demi-siècle, je n'en reviens pas". C'est certain que pour quelqu'un qui m'a connu au biberon, le changement doit être spectaculaire. Et puis, il y a les amis sincères qui se disent que les années ont passé sans vraiment m'altérer. Et c'est assez vrai. Né vieux, comme je le proclame souvent, les années n'ont pas de prise sur moi. Seul ce qui est à la mode se démode. Moi, je n'ai jamais aimé la mode. J'aurais traversé cinq décennies en étant généralement moi-même, ne sacrifiant à l'époque que ce qu'il fallait pour ne pas sembler totalement incongru. Mais pour le reste, s'agissant de mes idées, je crois être resté à peu près le même. Je déteste toujours autant l'autorité, c'est à dire les juges, la police, les élus et l'état de manière générale même si j'admets que tout cela est nécessaire. 

C'est en achetant par hasard un Que-sais-je intitulé Les anarchistes de droite dans une librairie Place de la Sorbonne que j'ai enfin pu, à l'âge de dix huit ans, me classer politiquement. Depuis, je n'ai pas bougé d'un iota. J'aime l'ordre, le faste et le pouvoir et pour autant je serai toujours du côté des faibles et des opprimés. Et même si cet anniversaire m'a fichu un coup, j'avoue que savoir que je n'ai pas changé d'idées depuis trente ans et quelques années me fait plutôt plaisir. dussè-je mourir demain, j'aurais maintenu mes idées et mes principes. J'aurais pu faire de grandes choses que je n'ai pas faites, j'en avais les moyens. Je ne regrette rien. Au moins je serais resté le même et je n'aurais pas dilué mes principes moraux dans la fréquentation de parvenus.

Il eut ensuite les témoignages de mes deux amis les plus proches, Olive, celui qui est riche et roule en Ferrari, et Lionou, le fainéant qui se fait entretenir par sa femme. Ceux là, se sont foutu de ma figure parce qu'entre nous, existe une plaisanterie récurrente concernant la boite à caca. Si vous ne le saviez pas, ej vais vous l'apprendre. Il se trouve que l'administration, soucieuse de notre bien être, envoie depuis quelques années à tous les hommes venant de fêter leurs cinquante printemps, un courrier dans lequel on les avise qu'un kit de dépistage du cancer colorectal est disponible chez leur médecin. Avant, il s'agissait d'une petite boite dans laquelle vous glissiez un morceau de fèces. Maintenant il semble qu'il s'agisse d'une sorte de papier test avec lequel on doive s'essuyer l'anus. Mais dans notre imaginaire personnel et quelque peu enfantin, avoir cinquante ans, c'est recevoir sa boite à caca, à poster sous les plus brefs délais. Quand ils ont eu cinquante ans, quelques mois avant moi, je ne me suis pas privé de leur rappeler comme je l'avais fait au Gringeot quand il a fêter les siens voici quelques années. 

Alors, ils se sont vengés, me rappelant avec force ire gras que moi aussi j'allais bientôt chier dans la boite. Ce serait bien mal me connaitre car même si je ne doute pas qu'il s'agisse d'un acte raisonnable, il est bien hors de question que je me plie aux désidératas de l'état. C'est stupide me direz vous et je l'admets. Mais moi qui ne gère déjà pas ma banque, je ne me vois pas gérer mes intestins en chiant dans une boite ou me frottant l'anus à un papier test. J'ai vécu en dandy et un dandy ne se résoudra jamais à faire ce genre de choses. Je suis sur que Le Touffier, chirurgien de son état, et ayant dépassé les cinquante ans, n'a jamais effectué ce test. 

S'il ne l'a pas fait je ne me vois pas le faire non plus. Et si le moindre généraliste me reproche mon inconscience, je répondrai qu'un chirurgien brillant m'a expliqué que cela ne servait à rien. Le mot chirurgien ça calme tout de suite les bobologues. Rien qu'en l'écoutant, ils se mettent en PLS ! Et puis si par malheur, je finis avec un anus artificiel et une poche à merde, au moins je pourrais en rendre Le Touffier responsable en l'accusant de m'avoir mal conseillé. C'est toujours bien d'avoir un responsable à incriminer quand un malheur nous atteint. Rien de pire que de se dire que c'est le hasard qui nous frappe. C'est un coup à se sentir maudit de Dieu.

Et puis, il y a eu la réaction de Jean Sablon avec qui j'ai déjeuné ce jour maudit. Ce petit branleur qui n'a pas encore trente cinq ans a osé me parler de la boite à caca ; et pire encore, puisque alors que l'on commandait à déjeuner, il a osé me demander si c'était raisonnable pour mon cholestérol ou mon hypertension de vouloir manger ce plat. Il a osé me traiter en vieux. J'ai évidemment immédiatement contre attaqué en faisant courir le bruit qu'il était doté d'un micropénis. Pour le reste, il n'a eu le droit qu'à mon mépris parce que j'ai beau avoir cinquante ans aujourd'hui, pour rien au monde je ne voudrais en avoir vingt de moins dans le monde qui est le nôtre. Moi qui suis né en mille neuf cent soixante sept, je suis le dernier représentant d'un monde disparu. Je suis un survivant d'un monde auquel les jeunes rêvent tandis que je l'ai connu.

Je suis né sous De Gaulle, la première fois que j'ai embrassé une fille, il y avait Born to be alive qui passait, j'ai vu Coluche au théâtre du Gymnase, Le Luron à l'Edouard VII et vu la troupe du Splendid sur scène, fumé dans un avion, croisé Orson Welles, été triste à la mort de Claude François et parlé à des héros de Verdun ou Dien Bien Phu. Je suis le témoin d'une époque. Une époque à laquelle le franglais n'était pas la norme, ou seuls moins de quinze pour cent des élèves obtenaient leur bac et ou les anglais restaient l’ennemi héréditaire. Et tout cela cela me plait bien. Aujourd'hui, j'ai beau macérer dans une demie tristesse en me disant que décidément ces cinquante années ont passé bien vite, je suis tout de même heureux qu'elles soient passées de cette manière. J'ai de beaux souvenirs. Je n'aurais jamais connu Erasmus par exemple !

Je me dis que je suis le lien entre deux mondes. L'un disparu que certains tentent de ranimer et l'autre qui a éclot en mille neuf cent quatre vingt quinze avec l'Internet. Je me souviens que tout petit, mon arrière-grand-mère, décédée en 1973 à près de cent ans, m'expliquant qu'un des plus beaux souvenirs de sa vie aura été de faire la révérence à l'Impératrice Eugénie, l'épouse de Napoléon III. Et aujourd'hui que je fête mes cinquante ans, à défaut d'impératrice, le seul honneur que je pourrais avoir c'est de serrer la main de Cyrille Hanouna ou pire encore de l'infâme François Hollande !

Comme tous ceux de ma génération, je suis la charnière entre un ancien monde pour lequel j'ai de la nostalgie et un nouveau qui me déplait le plus souvent. C'est ainsi !

02 janvier, 2017

Opinions politiques et neurologie !

Une étude californienne récente sembler démontrer que lorsque ses opinions politiques sont remises en question, le cerveau déclenche une réaction de résistance,  vrai système de défense, comme s'il s'agissait d'une croyance religieuse.  C'est ce qui expliquerait la curieuse réaction de mon filleul Lapinou le socialiste la dernière fois que nous avons parlé de politique.

Les neurologues sont formels, le socialisme est une maladie !

 

Tranquillement installé chez moi en train de siffler une bouteille de Ruinart blanc de blanc, Lapinou devisait de politique en ma compagnie. Et voici qu'il m'explique qu'ayant lu le programme économique de François Fillon, il ne lui trouve que des points positifs. Qu'il s'agisse de la baisser des charges sociales, de l'abandon de l'ISF ou encore de la réduction du nombre de fonctionnaire, Lapinou acquiesce à tout. Voici mon filleul socialiste en train de faire l'apologie d'un programme plutôt libéral-conservateur, tel que ne l'aurait pas renié le RPR de ma jeunesse.

Et de m'expliquer qu'entre le fric qu'il gagne aujourd'hui et l'héritage conséquent qu'il recevra un jour, il serait bien bête d'aller contre ces idées. Le fait de s'être marié à l'église lui aurait il été bénéfique d'un point de vue politique ? A moins que ce ne soit le fait de gagner sa vie car il est bien connu qu'on est toujours plus prodigue de l'argent d'autrui que du sien. 

 Plein de candeur et ne demandant qu'à croire au changement de Lapinou, je lui demande alors bien naïvement s'il allait voter Fillon. Et ce jeune crétin me répond immédiatement que c'est impossible parce qu'il est de gauche. Immédiatement, je lui demande alors pour lequel des brillants candidats aux primaires du Ps il va voter. Et là, il éclate de rire en me disant que la gauche est irrémédiablement cramée et qu'il ne va pas s'embarquer dans ce rafiot qui prend l'eau. Il m'explique alors qu'il votera Macron. J'en déduis donc que Lapinou reste de gauche et que ce faisant, la défense du prolo le conduira forcément à voter pour un mec sorti de la banque Rothschild au cv plus que suspect. C'est à ne rien y comprendre. A moins que ...

A moins que bien que rien chez Macron ne le désigne comme homme de gauche, il suffit qu'il se déclare tel pour que Lapinou réussisse le tour de passe-passe consistant à unir les opposés : discours libéral mais étiquette de gauche. Finalement, on réussirait à faire voter Lapinou pour n'importe quel programme, fut-il le plus réactionnaire, pourvu qu'il y ait "gauche" marqué sur l'étiquette du candidat qui le présente. Ceci dit à la décharge de Lapinou, l'inverse est vrai aussi et je connais un tas de vieux "droitards" qui voteront toujours LR quelque soit le programme présenté. Ils se feront tondre comme des moutons mais peu importe si c'est un LR qui les tond.

Les gens sont essentiellement des buveurs d'étiquette comme le confirme la psychologie sociale lorsqu'elle étudie le conformisme social. Il s'agit plus d'un conformisme par désir de complaisance ou d'identification que d'un réel conformisme par intériorisation. Peu importe les idées réelles pourvu qu'on ait le sentiment de faire partie d'un groupe. Pensez donc si ces voyous 'élus s'en donnent à coeur joie ! Enfin un peu moins depuis qu'internet s'agite et bat les médias traditionnels, alliés naturels des partis, en brèche.

Finalement ce que montre cette étude californienne c'est que l'opinion politique est quelque chose d'aussi important pour un individu que ses croyances religieuses et qu'elles font partie intégrante de son identité. L'opinion politique n'est donc pas quelque chose en plus de son identité, de vagues idées que l'on aurait et dont on pourrait changer en cours de route mais bien une composante essentielle de ce que l'on est. Les opinions politiques sont donc un marqueur social important comme j'ai déjà pu le remarquer chez ma clientèle. Changer d'idées politiques, c'est réellement faire son chemin de Damas, c'est un processus lent qui nécessite une totale remise en cause de son identité sociale. C'est pour cela, comme l'avait si bien imaginé Sefton Delmer, que la propagande noire ou grise marche bien mieux que la propagande blanche. On est plus réceptif aux arguments de quelqu'un qui se dit de notre camp, alors même que ses arguments appartiennent au registre du camp opposé.

Ainsi, il arrive souvent que certains de mes patients se disant de gauche me sortent des énormités qui feraient passer Jean-Marie Le Pen pour un gauchiste. Mais peu importe, à peine leur ai-je fait remarquer que leur réflexion n'est pas réellement de gauche, qu'ils se récusent la main sur le cœur en se disant vraiment de gauche. Lapinou est pareil finalement. Il se dit de gauche tout en pratiquant un humour de droite, en vivant comme un bourgeois de droite. Sous la commune, sans nul doute que Lapinou se serait tenu aux côtés de Thiers.

Lapinouest un socialiste à la mode versaillaise. Tant qu'il ne me fait pas le panégyrique de François Hollande, ça me convient. Bien sur il n'aura jamais 150 au WAIS IV, c'est une certitude :)

Homme de peu de foi !

 Ride du lion !
 
L'année passée, et oui nous sommes déjà en 2017, un ancien patient m'a adressé un ami à lui ; un type dépressif, suivi depuis de longues années par différents psychiatres et sous traitement. Ce nouveau patient était sympa si ce n'est qu'il ne souriait jamais. C'est pourquoi je l'ai vite surnommé Buster Keaton, dont le surnom était justement : l'homme qui ne riait jamais. 

Bien qu'on ait eu de bonnes relations dès le départ, durant les premiers temps, il ne m'a pas souri, pas une seule fois. J'avais le droit à son regard bleu fixé sur moi et sa seule expression était une ride du lion extrêmement prononcée. Je ne sais pas s'il réfléchissait à ce que je lui disais oui s'il était simplement en train de se demander si j'étais un type sérieux ou non.

Il faut dire que son sérieux extrême, sa volonté de tout analyser aussi bien que son incapacité à se laisser aller m'agaçaient au plus haut point. Alors j'avais décidé de le prendre à contre-pied en déconnant et en rigolant. De toute manière, dès le départ, je savais que sa dépression ne durerait pas et que j'en viendrai à bout. Ne me demandez pas pourquoi, moi-même je ne le sais pas. C'est comme ça, c'est intuitif. Même si j'ai toujours pensé que je n'avais pas d'intuition. Disons que c'était sensitif. Je sentais que cela se passerait bien alors il m'énervait avec ses afféteries d'intello et ses questionnements perpétuels.

Comme je n'aurais pas changé d'un iota ma manière de me comporter, c'est lui qui a du changé. Il a esquissé des sourires et à la fin on a fini par rigoler franchement. Ce qui m'a permis de lui dire que si son cas était si grave, il n'aurait pas pu rire comme il venait de le faire. On a vite fait de régler son premier problème qui était du à une rupture amoureuse à laquelle il ne comprenait rien.

Il s'était jsute fait michetonner par une hystérique. Lui y avait cru et elle non bien entendu. Il avait pensé avoir trouvé l'amour de sa vie alors qu'elle n'avait fait que lui jouer la grande scène de l'acte II. Il a réfléchi et convenu que certains signes qu'il avait vu et auxquels il n'avait pas voulu prêter attention étaient pourtant annonciateurs d'une grande catastrophe. 

Mais bon, quand on est seul depuis longtemps, si l'amour passe à portée de main, fut-ce un amour frelaté et bidonné d'une hystérique, on prend quand même. C'est mieux que rien. Faute de grives, on mange des merles dit le proverbe. Il a acquiescé, satisfait d'avoir trouvé la solution à ce problème. Après tout se faire michetonner peut arriver à n'importe qui. Il suffit d'un moment de faiblesse et de l'envie d'y croire malgré les signaux alarmants auxquels on ne veut pas prêter attention et hop, c'est fait.

Et puis, il y avait un problème de fond, à savoir les relations qu'il entretenait avec ses contemporains. Ce patient avait eu un parcours peu commun dont je ne peux parler ici car il est si peu commun que je ne pense pas qu'il y ait plus de deux ou trois personnes en France qui aient eu le même. En tout cas, il avait eu une vie, non pas étrange, parce que c'est un homme plutôt rangé, mais peu commune. Le type avait lâché en route un cursus pour lequel dix mille auraient vendu leur âme au diable pour s'adonner à une passion et en vivre chichement. 

Toujours est-il que bien qu'ayant des amis, il avait toujours eu des difficultés à se lier et encore plus à créer une vraie relation amoureuse. De mon point de vue, si ce n'est des symptômes dépressifs assez bénins, je n'avais jamais vu en lui quoi que ce soit qui puisse donner à penser qu'il n'était pas fait pour une relation stable et durable. Mais le fait était là, se faire des amis proches n'avait jamais été simple, quant à l'amour, n'en parlons pas. 

C'est d'ailleurs lors du second rendez-vous qu'il s'était vraiment plaint de cet état de fait : sa solitude. Il se sentait désespérément seul et incompris. Lors de ce rendez-vous je lui avais dit que c'était assez normal du fait qu'il était manifestement surdoué. Il m'avait alors regardé sans sourire et m'avait demandé si c'était un "truc de psy" ou encore "un argument marketing" destiné à lui redonner confiance ou à le faire rester dans ma patientèle. Je l'avais alors rassuré en lui expliquant que j'avais suffisamment de clientèle pour ne pas jouer à cela et que si j'avais décidé d'y jouer, je n'aurais jamais pris un vrai surdoué comme lui pour monter mon arnaque.

Je lui avais donc expliqué que du fait de son QI manifestement très élevé, il avait sans doute du mal à trouver des gens partageant ses centres d'intérêts mais plus encore sa sensibilité si singulière. Il m'avait expliqué que du fait de son cursus il avait nécessairement fréquenté des gens très intelligent et qu'il ne croyait pas mon analyse. Je lui répondis alors qu'il y avait une différence notable entre être simplement très intelligent et surdoué. Tandis que les "très intelligents" trouvaient sans problème à s'inscrire dans la société, les seconds, du fait d'une sensibilité exacerbée, et je ne parle pas de sensiblerie, et d'une effroyable lucidité avaient bien plus de mal à se socialiser. 

Les simplement "très intelligents", ceux dont le QI dépasse les 110, font des études supérieures sans problème, il leur suffit de travailler. La différence qu'ils ont avec les surdoués c'est qu'on connait l’algorithme qui détermine leur vie en un quart d'heure montre en main alors que les surdoués révèlent toujours des zones d'ombre et des contradictions apparentes bien plus rigolotes. Ils ont souvent un coté dandy, hercules sans travail comme les définissait si justement Baudelaire. Et puis, nonobstant des dons surprenants, ils passent leur vie à se détester, se comparant sans cesse aux moins doués qu'eux qu'ils jugent plus adaptés et de ce fait plus intelligents.

Et puis l'on avait continué les entretiens et régulièrement je lui jetai à la face sa douance que j'estimais manifeste. Un jour je me souviens lui avoir dit qu'il avait au moins cent quarante de QI, ce qui l'avait sourire. C'était l'époque ou il avait commencé à se souvenir qu'il avait des zygomatiques et pas seulement frontaux (ride du lion). Et puis un jour, n'y tenant plus, il m'a dit qu'il voulait passer un test de QI un WAIS IV. Le bougre s'était donc renseigné. Je lui ai dit que je ne faisais moi-même pas passer de tests mais que je me renseignerai pour lui trouver quelqu'un de fiable.

La semaine suivante, je lui confia donc les coordonnées d'une consœur neuropsychologue pratiquant la psychométrie et apte à lui faire passer le WAIS IV. Il prit rendez-vous et suivit le processus en plusieurs rendez-vous destiné à évaluer son quotient intellectuel. Et la semaine avant les vacances de Noël, il dut annuler notre rendez-vous car il avait la restitution de ce test et ne savait pas combien de temps durerait l'entretien.

De mon côté, bien que j'aie été sur de moi, j'étais un peu anxieux en attendant le résultat du test. Je m'étais engagé à plus de 140, persuadé que mon patient était vraiment vraiment surdoué mais je redoutais d'avoir fait une erreur - à laquelle je ne croyait pourtant pas - habitué à jauger les QI en me trompant rarement. Mais que voulez-vous mon orgueil terrible s'accompagne souvent d'une grande humilité. 

En fin de journée, alors que j'étais avec mon dernier rendez-vous, je reçus un SMS de ce patient me disant laconiquement : vous aviez raison : 150. Putain, vous voudrez bien me pardonner cette exclamation, j'avais parié sur plus de 140 et je ne m'étais pas trompé ! Comme j'étais en entretien et que je ne pouvais pas m'épancher par SMS, je me suis contenté d'un sibyllin mais bien senti : "Alors vous avez osé douter de moi ? Homme de peu de foi".

Je suis content, je vais le revoir cette semaine et je ne vais pas être avare de mon succès. On va voir s'il ose encore soutenir que je l'ai jugé surdoué simplement pour lui faire plaisir. Non mais !

***
25A la quatrième veille de la nuit, Jésus alla vers eux, marchant sur la mer. 26Quand les disciples le virent marcher sur la mer, ils furent troublés, et dirent: C'est un fantôme! Et, dans leur frayeur, ils poussèrent des cris. 27Jésus leur dit aussitôt: Rassurez-vous, c'est moi; n'ayez pas peur!

28Pierre lui répondit: Seigneur, si c'est toi, ordonne que j'aille vers toi sur les eaux. 29Et il dit: Viens! Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus. 30Mais, voyant que le vent était fort, il eut peur; et, comme il commençait à enfoncer, il s'écria: Seigneur, sauve-moi! 31Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit: Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté? 32Et ils montèrent dans la barque, et le vent cessa. 33Ceux qui étaient dans la barque vinrent se prosterner devant Jésus, et dirent: Tu es véritablement le Fils de Dieu.

Évangile selon Saint Mathieu 14-25 / 14 /33