24 février, 2020

Gaby, oh Gaby !


Chose promise, chose due ! On va parler de Gabriel Mtazneff, d’où ce titre super rigolo qui vous prouve à la fois que je ne manque pas d'esprit et que je connais le répertoire de Bashung ! Mes 50cm3lecteurs habituels étaient habitués à mon côté facétieux permettant de distiller habilement de la bonne humeur même dans les situations les plus tragiques.

Parce que parler de Matzneff, c'est parler d'éphébophobie et de pédophilie et ce ne sont pas des sujets à prendre à la légère, surtout le second. Pour le premier, j'ai une vision différente même si je ne trouve pas que l'éphébophobie soit neutre. Mais le problème avec les filles, c'est qu'elles sont formées avant les garçons généralement et qu'elles savent, malignes comme elles sont, user de leurs charmes très tôt, tandis que les garçons en sont réduits à singer des comportements qu'ils estiment virils mais qui sont généralement grotesques.

Attention toutefois ! Ce n'est pas parce que je crois qu'il existe des jeunes filles sachant user de leurs charmes que je légitime le fait que des messieurs d'âge murs en profitent ! Pas de ça chez moi surtout à l'époque #metoo ! Que nenni, que dalle, j'ai pas dit ça !

Tout ce que je sais, c'est que comme tous les ados, j'ai vu des filles de mon âge à l'époque, disons entre 13 et 15 ans, les plus jolies, se taper des mecs plus vieux que nous, des mecs qui devaient avoir entre 18 et 25 ans. Eux, ils avaient des voitures tandis que nous, on se trainait la bite sur des 50cm3 ! On traitait intérieurement ces filles de salopes et ces mecs d'enculés mais on était comme des cons. On était juste de petits branleurs confrontés à des mecs plus vieux, ayant des voitures et du fric. Face au lion nanti d'une belle crinière, le jeune lion puceau ferme sa gueule. C'est ainsi.

En revanche, je me souviens qu'entre nous, on se foutait tout de même de la gueule de ces mecs plus vieux parce qu'on savait bien que quelque chose ne tournait pas rond chez eux. Pourquoi, quand on a 20 ans, se taper une fille de 14 ans même si elle en parait 18 ? On avait eu très vite la réponse : parce qu'ils étaient trop cons pour être apprécies par des filles de leur âge et qu'ils se rabattaient sur notre cheptel ! Comme quoi, les gamins savent d'instinct quand un truc ne tourne pas très rond. Je n'étais pas encore psy et pourtant j'avais réponse à tout ! Putain que j'étais déjà déjà sagace et rusé !

S'agissant de Gaby, c'est un peu différent parce que ce vieux requin dégueulasse allait pêcher dans le milieu germanopratin qui d'un point de vue des mœurs est un peu différent. Certains le disent, et je le pense aussi, de là à penser que certaines mères aient foutu leur progénitures dans le pieu du grand auteur, il n'y a qu'un pas que je franchirai allègrement.

Non, toutes les mères ne sont pas des saintes. Oui, il existe des mères suffisamment tarées pour maquiller leur gamine de huit ans comme la dernière des pute et pour l'inscrire à un concours de mini-miss chez les pauvres et d'autres, prêtes à tout pour foutre leur petit génie, mignonne et brillante et promise à l'ENS, dans le lit d'un mec en vue du milieu littéraire, chez les riches. Dès fois que cela ouvrirait les portes du monde de l'édition à Manon ou Ninon ? Et puis après tout, autant se faire déflorer dans un appartement chic du 7e ou du 6e que dans la chambre sentant la chaussette sale d'un adolescent quelconque non ? C'est exactement ce que pensent certaines mères. J'ai déjà eu des cas dans ma clientèle.

Après, il y a le reste, tout le reste, tous les trucs immondes que Gaby a fait a des enfants et dont il se vante à longueur de livres dont un lui a valu le Prix Renaudot en 2005, ce qui n'est pas si vieux que cela ! Alors certes Gaby est un porc, un pédophile, un mec sale et taré et donc ? Qu'en est-il de ceux qui ont lu les descriptions abjectes qu'il fait à longueur de pages, fussent-elles dans un français parfait, et qui n'ont pourtant pas hésité à lui refiler un prix prestigieux plutôt que d'appeler la police ?


Serait-ce de l'entre-soi comme on dit ? Le fait que des trucs sales puissent être partagés par les "élites" ayant su s'affranchir de l'odieuse morale petite-bourgeoise de ceux qui roulent en diesel et fument des clopes comme dirait Benjamin Griveaux ? Sans doute que oui. A force de relativiser, à force de tout tolérer, de se croire plus malin que les autres, plus fin, surtout plus fin que le commun des mortels, on parvient à couronner les confessions d'un vieux pédophile au nom de l'art. Que dis-je de l'Art avec un grand A, ce même Art qui fait se confondre d'admiration des abrutis face à une banane scotchée sur un mur.

A force de se regarder le nombril et de pratiquer l'entresoi, l'esprit est frappé de ce qui frappe le corps quand on se reproduit dans un cercle trop restreint : la consanguinité ! De même que la vraie consanguinité va produire des individus débiles affligés de tares diverses et variées, l'entre-soi, qu'il s'agisse de celui des élu ou du monde des lettres, produit à la fin des esprits infirmes, mélangeant tout et n'importe quoi, et devenant capables de trouver artistique une démarche qui relèverait au mieux de la justice et au pire de la psychiatrie. 

C'est sans doute pour cela, et on me l'a reproché, que je n'ai pas voulu cracher sur Matzneff, non que je respecte ses choix : la morale les réprouve absolument. Mais simplement parce que je trouve totalement injuste que lui tombe et non les autres. Pourquoi s'en prendre à un vieillard devenu indigent alors que ceux qui l'ont couronné et encensé coulent des jours heureux ? Si un tel "monstre" a existé, n'oublions pas que c'est aussi et peut-être surtout, parce qu'il a pu et su trouver un environnement favorable à l'exercice de ses crimes. Un environnement, je le disais, dans lequel, des âmes perdues, sont persuadée d'être non au dessus des lois mais de la morale, qui serait une sorte d'infirmité touchant les gens un peu simples, mais dont ne pourraient s'encombrer les génies ! Après tout lorsque l'on vise les étoiles, pourquoi s’embarrasser de la morale qui reste un poids bien lourd puisqu'elle sert à juger nos actes ?

A titre personnel, je ne condamnerai pas Matzneff, même si ses écrits, pour peu qu'ils soient vrais et non le produit de ses simples fantasmes, sont odieux et immondes. Je me suis toujours défini comme anarchiste de droite, ce n'est pas pour aller aujourd'hui hurler avec les loups. Et lorsque voici bien longtemps, j'ai pu mettre en garde certains beaux esprits sur les écrits de Matzneff et consorts, ne leur trouvant pas une valeur si extraordinaire qu'elle puisse permettre de passer par profits et pertes les vies de petits innocents, je me suis vu traiter de "coincé" ou de "père la morale". Aujourd'hui que ceux-là même qui m'estimèrent trop pointilleux d'un point de vue morale ont sonné l'hallali pour s'en prendre à un vieux cerf déjà a moitié mort, je ne me joindrai pas à eux ! Qu''ils se démerdent dans ce marigot qu'ils ont contribué à créer en se voulant absolument modernes.

J'ai toujours eu la même éthique. Si je pardonne beaucoup aux gens encore faut-il qu'ils confessent leurs fautes. Par exemple, j'ai toujours trouvé que les groupes de rock, aussi agréable que soit leur musique, était généralement une bande de connards décérébrés. Quand on pense que les Rolling Stones n'ont pas fait moins de dix chansons vantant l'héroïne et que personne  ne demande de compte à ce vieux débris de Mick Jaeger ! Combien de jeunes morts d'une overdose ?

Alors pourquoi Matzneff d'ailleurs et pas Jaeger ? On veut faire un procès, qu'on les fasse tous ou qu'on en fasse aucun. Que dire comme épitaphe pour toutes ces victimes de gens célèbres qui ont fait leur beurre sur le malheur des autres ? Rien d'autre que c'était l'époque. C'était l'époque où l'on avait choisi de s'affranchir de toutes morale et l'époque ou des marchands ont vite compris le bon filon q'uil y avait à exploiter. Qu'il s'agisse de romans de cul sous couvert de faire de la littérature ou bien d'encourager à se droguer parce qu'on est jeune et que c'est cool, à la fin on vend des livres et des disques et rien de plus.

Je ne jetterai pas de pierre sur Matneff, les faits sont prescrits et j'espère qu'il a suffisamment de jugement malgré son jeune âge pour comprendre, au seuil de la mort, que tout ce qu'il aura édifié ne le fut que sur le cadavre de l'innocence qu'il n'a cessé de bafouer et de mépriser. Vu son âge, c'est à Dieu qu'il appartient de le juger et non à moi.



Pour conclure, intéressons nous à la psychologie et notamment à la psychologie sociale. Lorsque l'on prend la peine de visionner la vidéo ci-dessus, on est frappé de constater combien, hommes et femmes, sont absolument persuadé de ne rien faire de répréhensible tout en encensant un pédophile. Au début de l'entretien, même le brave Bernard Pïvot explique que Matzneff serait un "professeur d'éducation sexuelle". Pourtant que je sache, Pivot n'était pas et n'est toujours pas un salaud ni un pervers ? Alors que s'est-il passé ?

La psychologie sociale dans ce que l'on nomme le conformisme social nous donne sans doute une explication de cet incroyable soutien dont aura bénéficié Matzneff tout au long de sa carrière littéraire. Sans doute que des gens ont vu, su, compris que ce qu'il écrivait était bizarre voire monstrueux. Pourtant, peut se sont élevé jusqu'à une date récente pour huler leur dégout. Le monde n'étant heureusement pas fait que de pervers, il faut constater que les gens n'osent pas dire les choses par peur de passer pour des rabats-joie ou des peines-à jouir. L'époque est à la jouissance sans entrave, il est interdit d'interdire, qu'à cela ne tienne, je feindrai de m'y conformer même si tout au fond de moi, je trouve tout de même que certaines choses sont bizarres !

Le conformisme social est une attitude très largement étudiée en psychologie socialequi correspond à un comportement qui est en accord avec ce qui est attendu d'un individu ou d'un groupe dans une situation donnée : être conforme veut dire ne pa dévier d'une norme admise, ne pas prendre une liberté en agissant de façon différente de ce qui est attendu, socialement.En 1958, Kelman a théorisé qu'on pouvait se conformer de trois manières différentes, par complaisance (pour ne pas être remarqué), par identification (pour faire partie d'un groupe) ou par intériorisation (on intériorise la norme car on estime la source crédible).

C'était les années soixante. On sortait de la guerre, on expérimentait tout et n'importe quoi. On en avait marre du fardeau de la religion et des bonnes manières. On se laissait pousser les cheveux, on copulait ici et là et on ne se posait pas de questions. Et puis, de vrais pervers se sont glissé dans ce joyeux maelstrom pour faire avancer leurs idées ignobles et on ne les a pas condamnés par peur du fameux retour à l'ordre moral.

Toute époque à ses travers, tout groupe social est perméable au conformisme social. J'avoue l'être moins que d'autres, même si je ne suis pas un héros et si je tais parfois certaines de mes pensées, alors que je les estimes justes, par peur du rejet ou simplement de la loi qui est devenue aujourd'hui un rouleau compresseur à conformisme social. Mais je gage que dans vingt ou trente ans, on se repentira de certaines choses que l'on a adorées aujourd'hui ! Quoi ? je ne vous le dirai pas. Je serai mort d'ici là mais je sais que j'ai raison, j'ai toujours raison.

Pour aller au-delà du cas Matzneff ce vieux bouc émissaire qu'on jette aux braves gens, n'oubliez pas de lire cette tribune.

Labitagrivo !





Haha malin le mec non ? Pour ne pas attirer l,attention des fins limiers de la DGSI, j'ai écrit Labitagrivo alors que bien sur, j'allais vous parler du sexe de Benjamin Griveaux. Non, que la verge de ce monsieur me passionne particulièrement mais plutôt qu'elle semble le passionner lui !


Alors oui, j'admets que même si je déteste ce type, le fait de révéler de la correspondance privée est assez ignoble. Maintenant que j'ai écrit cela, me joignant au concert des grandes et belles âmes, j'avoue que même si c'est moche de le faire, ça arrive que des personnes mal intentionnées le fassent. 

C'est pour cela qu'on prévient les ados de ne pas faire n'importe quoi et spécialement les filles. La période récente regorge d'histoires sordides ou des jeunes filles ont attenté à leurs jours parce qu'une personne mal intentionnée les avaient menacées de diffuser sur la toile des photos ou des vidéos d'elles dans le plus simple appareil.

Ça s'appelle le "revenge_porn" et les ados connaissent le truc. Et à part quelques donzelles candides qui croient l'aigrefin qui leur jure que la vidéo restera du domaine privé, aucun adolescent conscient ayant un minimum de 100 de QI n'irait commettre ce genre de bévues. Même si ce genre de trucs arrive encore à des adultes un peu cons qui trouvent malin de filmer leurs ébats et de les diffuser chez Jacquie et Michel en s'étonnant ensuite de faire l'objet de moqueries.

Bref, je le rappelle ici-même, ne vous foutez pas à poil en photo ou vidéo sans en mesurer exactement les conséquences et sans avoir fait signer un contrat. Etsi d'aventure, je suis lu par des mineurs, ne le faites pas du tout ! Internet n'oublie rien et vous n'êtes jamais assuré de l'emploi qui en sera fait.

Pourtant je n'aurais pas cru qu'un type diplômé à la fois de l'IEP Paris et d'HEC, et ancien ministre, soit assez con pour envoyer sous son nom des vidéos à une quasi inconnue sur laquelle il se masturbe avec entrain, assorties de commentaires scabreux. A ce niveau d'études et de responsabilité, ce n'était pas imaginable. 

Je ne parle même pas du respect de la fonction qui voudrait qu'un mec que l'on paie avec nos impôts pour assumer une tâche ait la décence de ne pas montrer sa bite en vidéo. Je sais depuis bien longtemps que les élus sont généralement amputés de la honte et qu'ils n'ont peur de rien. Ils font semblant de nous respecter pour encore un temps; mais comme me l'assure un ami, viendra un jour ou ils nous diront carrément d'aller nous faire enculer si on ose leur demander des comptes. Lui en est persuadé, vu que son maire lui a répondu "vous n'allez pas m'emmerder pour si peu" quand il lui a parlé de ses notes de frais bidon pour un montant de 60000 euros.

Bref, jusqu'à présent, je trouve que notre ministre n'a pas mieux agi qu'une adolescente candide qui montrerait ses nichons à Kevin ou que Josie, vendeuse en boulangerie, qui ferait du porno amateur pour se faire un petit billet. Comme quoi, on a bien tort de vénérer les diplômés de grandes écoles : il y a tout de même de sacrés cons parmi eux. D'ailleurs pour être juste avec Benji, je connais des tas d'autres cons issus de grandes écoles !

Le pire a été évité vu que notre Benji n'est au final qu'un second couteau, un pauvre socialo passé en hâte chez LREM pour faire durer une carrière qui ne décollait pas vraiment. Lui et l'ensemble du gouvernement d'Edouard Philippe finiront dans les poubelles de l'histoire.

Mais imaginez que notre Benji ait eu de vraies responsabilités ? Qu'il ait détenu les codes nucléaires ou qu'il ait été partie prenante pour une négociation vitale pour les intérêts français ? Il aurait été l'objet d'un chantage qui aurait pu avoir des conséquences désastreuses pour le pays. Parce que de même qu'un battement d'aile de papillon au Brésil peut provoquer une tornade au Texas, un ministre qui montre sa bite en érection à n'importe qui peut provoquer de sacrés dégâts.

Mais au final, même si en préambule, je disais que c'était ignoble de diffuser du contenu privé en public, vous vous doitez bien que je n'en ai rien à foutre de l'avenir de Benjamin Griveaux et que je serais même plutôt content de ce qui lui arrive. Ça a comme un petit goût de justice immanente. Lui qui l'an dernier parlait des gilets jaunes en disant que c'était la France qui fumait des clopes et roulait en diesel, le voici bien puni. Parce que le prolo moyen roule peut-être en diesel mais n'envoie pas de vidéo de sa bite à tout le monde. Et s'il le fait, il est suffisamment rusé pour ne pas le faire de son compte Facebook personnel. Et pan dans ta tronche Benji ! Et comme je suis humain, j'ai une petite pensée pour sa femme et ses enfants, surtout ses enfants, qui devront vivre avec la marque de la honte.

Mais comme c'est un blog où l'on est sensé parler de psy, parlons de psy et non de politique. De toute manière, mes lecteurs le savent, il est évident que je vomis les LREM quels qu'ils soient. Que Griveau ait montré son sexe, à la limite, je m'en fous. Ils sont tellement médiocres qu'ils sont capables de tout. Lui, c'est sa bite, tandis que certains de ses collègues tapent allègrement dans la caisse ou oublient de l'immobilier dans leur déclaration de patrimoine. Comme le dit H16 depuis si longtemps : le pays est foutu !

Ce qui me fascine, c'est ce qui a bien pu prendre à ce type diplômé de grandes écoles pour agir ainsi ? Est-ce qu'il s'est dit à un moment donné que le plus beau cadeau à faire à sa maîtresse était de lui envoyer des vidéos de son sexe en érection en gros plan ? A mon avis elle aurait préféré du parfum ! S'est-il cru acteur de porno et autorisé à concurrencer Rocco Siffredi, entrainant de fait sa maitresse, qui à mon avis n'en avait rien à foutre, dans un scénario de film de boules à deux balles ?

Parce qu'à moins de tomber sur une méga cochonne, ne vous faites pas de film, la grande majorité des femmes n'en a rien à foutre d'une vidéo ou un type se masturbe. Au mieux, elle trouvera cela étrange mais rassurera le gars sur la taille de sa bistouquette, imaginant que c'est ce qu'il cherche,et au pire, elles trouveront ça dégueulasse. De toute manière, toute femme intelligente dit à son mec qu'il est bien monté et qu'il baise comme un Dieu, même si elle n'en pense rien. Une femme maligne sait que la virilité est une construction sociale perpétuellement en péril chez certains.

Alors pourquoi notre ami Benji a-t-il torpillé sa carrière de cette manière ? D'après un bon ami, c'est juste un narcissique, tellement sur de son impunité qu'il s'est cru permis de faire tout et n'importe quoi. Même si Benji est narcissique, je trouve cette explication un peu trop basique. Un narcissique lambda n'est pas assez bête pour se conduire ainsi. J'ai une autre théorie.

La dysmorphophobie est la crainte obsédante d'être laid ou mal formé. Ce syndrome touche environ 2% de la population et aussi bien les femmes que les hommes. Mais là, où les femmes vont redouter une malformation de différents endroits de l'anatomie, les seins, le nez, le pied, la tête alouette, les hommes qui en sont atteints ont généralement une crainte d'avoir un sexe trop petit.

La compétition sexuelle étant ce qu'elle est, la crainte d'avoir un sexe trop petit touche généralement les hommes lors de la préadolescence lorsque leurs sens s'éveillent et qu'ils commencent à comprendre que les filles ne sont pas que des emmerdeuses venues gâcher leurs jeux mais qu'elles ont aussi un intérêt. C'est à cet âge, entre 11 et 13 ans, que le tout jeune homme averti Dieu sait comment de la taille moyenne d'un pénis au repos et en érection, va prendre la banale règle posée sur son bureau pour mesurer le sien au repos et en érection afin d'être rassuré. Les femmes jugeront cela idiot mais finalement pas plus idiot que de se maquiller comme une voiture volée pour se regarder dans un miroir et voir de quoi on a l'air. 

J'ai l'impression que Benjamin Griveaux, quelle que soit sa réussite professionnelle, en est resté à ce stade. Je crois que ses vidéos, que j'ai pu voir, sont moins une tentative de créer un lien coquin avec sa maitresse qu'une manière maladroite de chercher chez elle une réassurance quant à la taille de son sexe. Bien qu'il soit marié et père de trois enfants et à ce titre, aurait du être rassuré sur ses compétences viriles, il se peut qu'il ne le soit pas, parce qu'il souffre de dysmorphophobie. Après tout, que sait-on de sa vie avant sa réussite sociale ? 

Il a fait de belles études. Et donc, n'était-il pas le bon élève falot auquel les filles ne prêtaient pas d'attention ? Un de ces forts en thèmes moqués ou ignorés par ces camarades ? Peut-être que sous ses airs bravaches, notre bon Benji est en fait un pauvre type, un mâle bêta en manque de réassurance total ! Ce qui expliquerait qu'il ait été, à l'époque ou il militait au PS dans l'entourage de DSK ! Un mâle viril comme DSK n'aurait pas supporté de concurrence d'où la présence de notre insipide Benji tenaillé en secret par une dysmorphophobie terrible : la peur d'avoir une petite verge !

Benjamin Griveaux a 42 ans pour l'âge civil mais manifestement 12 ans en terme psycho-affectifs. C'est juste un petit branleur. Un petit branleur certes ? Mais peut-être aussi un pauvre type atteint de dysmorphophobie ?

Maintenant que tu as du temps devant toit Benji, si tu allais consulter ? La souffrance n'est pas une solution.

Et avec cette dernière phrase, je suis sincère !

27 janvier, 2020

Les cas qu'on foire !

Ici, j'écris, je plaisante, je déconne, mais ça ne veut pas dire que je n'ai pas une conscience qui me titille parfois. Je pense être plutôt performant mais il n'empêche que parfois j'ai une sensation de manque, l'impression qu'avec un patient, on aurait pu aller plus loin ou que j'ai foiré le truc. Quand je dis que j'ai foiré, ce n'est pas que je n'aie pas vu la demande, mais plutôt que pour une raison quelconque, je sois passé à côté. Depuis des années, il y a deux cas qui m'ennuient où je me dis que j'ai été un peu nul.

Le premier, c'était un ingénieur que je recevais voici quelques années. On s'entendait plutôt bien dans le cabinet même si je le trouvais un peu compliqué. J'avais toujours pensé qu'en l'aidant à améliorer ses aptitudes sociales, je l'aiderais facilement à s'insérer dans le monde. J'ai fait ce qui était possible pour lui présenter du monde et l'insérer dans des situations nouvelles. Je ne nie pas qu'il y ait pris du plaisir mais cela ne suffisait pas, comme si tout ce que je proposais n'était pas à même de l'aider.

Il en allait de même professionnellement ou rien ne semblait le satisfaire. J'avais cru le pari gagné quand il avait été recruté dans une grande sociaté de conseil mais non, il en avait finalement démissionné, estimant qu'il était bien trop intelligent pour eux. Sans doute que oui, sans doute aussi qu'il était confronté à ce que bien des gens connaissent, à savoir qu'il faut bien gagner sa vie et que la solution idéale n'existe pas. Je lui avait alors présenté un ex-patient, diplômé de l'X, avec lequel il n'avait pas plus acroché que cela non plus. Même une coach spécialisée n'avait pas eu plus de succès.

J'étais confronté à une demande à laquelle je ne savais pas répondre. J'avais tenté mais j'avais l'impression d'être face à un nourrisson vorace jamais rassasié. Quoique je tente, c'était nul ou au mieux médiocre. Je ne savais plus quoi faire et ce d'autant plus qu'il y avait dans sa demande une sorte de violence larvée, l'impression que j'étais à chaque fois mis en échec par un patient m'attendant au tournant.

Parfois, je me disais que l'ensemble de ses symptômes ressemblait un peu à un syndrome d'Asperger, dépassant le cadre de mes compétences, mais sa violence larvée m'a toujours empêché de lui communiquer cette possibilité. A d'autres moments, j'ai cru être face à une personnalité schizotypique, mais là encore, impossible de le préciser et encore moins de lui dire. 

Au bout de deux ans, il a fini par cesser de me consulter. J'en ai éprouvé du soulagement parce que chaque séance était devenue une épreuve dans la mesure où il me semblait avoir tout essayé sans que rien ne marche avec à chaque fois quelqu'un me réclamant des résultats.

J'aurais pu l'oublier mais je ne l'ai pas fait parce que la seule chose que je n'ai pas tentée, c'était de me mettre en colère et de lui gueuler dessus un bon coup en lui disant qu'il me faisait chier, que la vie était ainsi faite que ses prétentions de petit prince de mon cul ne serait jamais satisfaites et qu'il faudrait qu'il fasse comme tout le monde en faisant contre mauvais fortune bon coeur ! 

Je ne l'ai jamais fait parce qu'alors que généralement je lis assez bien les gens, je n'étais pas sur de sa réaction et que j'avais senti un potentiel de violence en lui. Sans doute que si j'avais hurlé un bon coup, il se serait tu, peut-être que non. Peut-être qu'il se serait tu en sanglotant silencieusement comme il l'avait fait un jour. Je n'en sais rien. Et tous les gens qui l'ont connu, bien que lui reconnaissant de vraies qualités, admettent qu'ils ont eu l'impression de rester à une porte définitivement close.

Le second était flic mais pas un flic lambda, un type étonnant, un peu étrange et très brillant. Rien à voir avec les bourrins tabassant du Gilet jaune ou avec "la tenue" qui roule en Kangoo. Lui, c'était un officier, un type étonnant ayant eu une vie bien que jeune. Il était venu me consulter pour une curieuse paraphilie puisqu'il était amateur de bondage. Bref, il aimait attacher les femmes sans pour autant être un serial killer !

Sans doute qu'à mon âge et avec mon expérience, ce genre de paraphilie reste assez classique. L'expérience prouve que ce qui gêne à trente ans amuse à quarante une fois l'expérience acquise. Il voulait que je traite ce curieux penchant et je n'y ai pas attaché plus d'intérêt que cela, me fixant plutôt sur sa personnalité étonnante. Son emploi du temps un peu compliqué nous empêchait de nous voir de manière fixe, ce n'était pas facile. Et puis, un jour, il n'est plus venu. Soit qu'il ait pensé que cela ne servait à rien, soit qu'il ait trouvé quelqu'un lui témoignant plus d'écoute.

Je n'y ai pas pensé durant un certain temps puis, les mois passant, je me suis souvenu de lui. C'était un type attachant et intelligent. Sa paraphilie, qu'il estimait problématique ne m'avait pas semblé plus grave que cela. J'ai du le décevoir. Ça arrive.

Il faudra que je réfléchisse un peu plus. Je me souviens parfaitement de ces deux cas. Pourquoi ? Aucune idée. Peut-être parce qu'au-delà de l'échec que furent nos rencontres, nous avions bien accroché. Je n'en sais rien.

C'est sympa d'avoir ces cas en tête. Ça évite de se griser quand on a du succès.

J'ai rencontré un confrère sympa !

De temps à autre, ça fait plaisir de parler boutique avec un confrère. Sauf que, et j'ai déjà du l'écrire mille fois, la plupart de mes confrères m'emmerdent royalement. J'ai l'habitude de dire que notre boulot consiste à objectiver du subjectif de manière à transformer une expérience humaines singulière en une sorte de process permettant d'une part de classer en pathologique/non pathologique et le cas échéant de l'améliorer. Bref, si l'on doit écouter le patient, on doit surtout filtrer et mettre en équation les mots afin de les rendre utilisables dans un "processus de guérison".

Or, il y a les confrères qui psychologisent trop et se noient dans un verre d'eau, attribuant à chaque mot une importance capitale alors que ce n'est pas le cas, et puis il y a cette nouvelle race de scientistes, chez les jeunes psychiatres, qui sont persuadés que tout n'est qu'affaire de dosage de tas de trucs qu'il faudra corriger le cas échéant.

Moi, mars en balance oblige, je suis le cul entre deux chaises. Bien sur que j'écoute même si je parle finalement plus que les patients parce que tout ce qu'ils ont à dire n'est pas forcément important. Et évidemment, que j'approuve la prise de médicaments quand ils sont nécessaires même si la correction apportée par la chimie ne saurait rendre l'expérience humaine vécue par ceux qui souffrent. 

De toute manière, pour les premiers, je ne suis pas assez intello et sans doute que mon côté ancien juriste les gène, tandis que pour les seconds, je ne suis pas assez scientifiques. Pensez donc, je ne suis même pas un modeste généraliste, comment pourrais-je rivaliser avec un psychiatre ?!

Je suis donc bien en peine de répondre quand on me demande l'adresse d'un confrère. Normalement, je devrais pouvoir en citer dix alors que je n'en connais plus aucun. En cas de nécessité, je dis aux patients de demander à leur généraliste de les adresser à un psychiatre et c'est tout. C'est dans ces cas que mon vieux maitre et ami, le Dr Pierre C. me manque. Parce que tout comme moi, il savait ménager la chèvre et le choux, naviguant entre l'humain et les cellules.

Et puis mercredi dernier, j'ai rencontré un confrère sympa, un jeune de trente cinq ans. Il m'avait téléphoné la semaine d'avant pour me rencontrer et échanger alors on s'est retrouvé au café. C'était assez rigolo. Je savais aussi que c'était le mec d'une de mes patientes mais j'ai attendu qu'il me le dise de lui-même, lui faisant croire que je ne m'étais douté de rien ! Ces jeunes tout de même ! 

Si ce n'est qu'il est coiffé comme un dessous de bras et qu'il fait du vélo et que moi je viens d'une époque ou l'on se peignait le matin et ou seuls les enfants et les sportifs faisaient du vélo, j'ai trouvé qu'il envoyait bien et surtout qu'il était capable de briser le cadre pour être efficace.

Il m'a rappelé un apprenti curé que j'ai eu voici des années avant qu'il ne soit ordonné prêtre et qui m'avait dit qu'il était sur qu'il ne serait jamais un bon prêtre mais que pécheur comme il l'était, il s'efforcerait d'être un prêtre bon. J'avais apprécié la nuance. 

C'est très difficile de respecter l'esprit plus que la loi et j'ai trouvé qu'il le faisait bien. J'ai eu du plaisir à échanger avec lui et même s'il n'a pas mon talent, faut pas déconner tout de même, je pense qu'il pourrait s'approcher de moi. S'il me lit et j'en suis sur qu'il sache que venant de ma part, c'est un compliment immense.

Bref si on me demande maintenant si je connais un confrère sympa, je saurais à qui adresser les patients même si je préviendrai par avance : attention, il est bien mais ce n'est pas moi non plus !

Après ce remarquable article où vous l'aurez noté, je fais preuve d'une grande humilité, passons à un autre sujet !

20 janvier, 2020

Gabriel Matzneff !



Très curieusement, on m'a demandé un article concernant cet écrivant conspué depuis quelques semaines; Aussi curieux que cela semble, j'avais décidé d'en rédiger un, tant l'histoire m'interpelle. Mais ce ne sera pas ce soir. C'est trop long à écrire et il me faut des références. C'est un sujet tellement brûlant que je ne veux pas courir le risque de me voir assimilé aux défenseurs de la pédophilie, pas plus que je ne veux hurler avec les loups.

Une chose est sure, Matzneff saura rassurer tous les chauves en ayant prouvé qu'on pouvait ne pas avoir un poil sur le cailloux et séduire toute de même. C'est bien de toujours trouver du positif partout !
A bientôt !

Mais eh oh, je ne t'ai rien promis hein !


Dans l’exercice de ma profession, je suis confronté à différents problèmes et à la souffrance morale. Ça tombe bien, si j'ai peur du sang et que je détourne la tête lorsque dans un film il y  a une scène avec une seringue; la douleur morale ne me fait pas peur, pas plus que les gens que d'autres trouveraient bizarres. D'ailleurs je ne compte plus les gens qui ont commencé le premier entretien en me disant "je vous préviens, vous allez me trouver bizarre" et que je ne trouve pas si bizarre que cela. 

Mais le boulot, restant le boulot, j'affronte les différentes situations le cœur vaillant sans me laisser impressionner plus que cela. Quand les gens sont vraiment mal, je leurs réponds le plus souvent : "rassurez-vous, on en rigolera dans quelques mois". Bref, anxiété et dépression sont mon quotidien et je ne trouve pas, dans la majeure partie des cas, que ce soit des adversaires de valeur parce qu'on en vient à bout assez facilement.

Finalement, aujourd'hui pour moi, le plus grave, ce ne sont pas les pathologies édictées dans le DSM mais les modes de vie issus de la modernité urbaine. Vous allez sans doute sourire et me prendre pour un crétin, mais mon plus proche adversaire, c'est la solitude qui frappe de plus en plus à Paris. J'avais déjà écrit quelque chose à ce sujet voici quelques années, à propos d'une patiente âgée, décédée depuis, qui m'avait expliqué que j'étais le plus souvent son seul contact de la semaine.

C'est malheureusement le lot de bien des personnes âgées qui perdent leurs amis et que leurs enfants ne visitent plus. C'est malheureux mais c'est du à l'âge. On pourrait même se dire que si c'est déplorable, c'est humain. 

En revanche, ce qui est bien plus terrible, ce sont ces trentenaires du mauvais coté de la trentaine, qui me consultent parce qu'elles sont seules et rêvent de rencontrer l'homme de leur vie. Ce sont aujourd'hui le situations les plus compliquées que je dois affronter, ces jolies jeunes femmes qui s'étiolent gentiment et attendent toujours le prince charmant.

La plupart du temps je ne sais pas quoi faire, si ce n'est vanter la présence sur les réseaux sociaux et les sorties afin de faire des rencontres. C'est bien mince. C'est d'autant plus mince que je ne comprends plus rien aux hommes, même si j'en suis un. 

A mon époque, si l'on n'appartenait pas à la catégorie des "queutards" destinés à multiplier les conquêtes, on rencontrait une fille, on voyait si elle nous plaisait et si on s'entendait bien avec et on testait sur une durée raisonnable.

Aujourd'hui, tel n'est plus le cas. Trois fois de suite, alors que les histoires semblaient bien engagées, les types sont partis dès que les demoiselles ont demandé plus ! 

Il y a F qui sortait avec un type bien de sa personne. Ils passaient des soirées ensemble, puis des weekends et même des vacances. Ils avaient des valeurs en commun et des tas de choses à se dire. Avec F, j'avais été patient afin de valider les étapes, comme si on allait à la pêche au gros. Au bout d'un an, j'ai estimé que le poisson était ferré et qu'il était temps de le remonter. Pensez-donc, son copain et elle se baladaient même main dans la main lors de promenades en forêt et il avait été jusqu'à la plaquer contre un arbre pour lui rouler une grosse pêle ! Pour moi, c'était bon parce que ce genre de conduite signifie qu'on a des sentiments pour la fille, voire qu'on est amoureux d'elle !

Et bien non, je m'étais trompé. Lorsque F a demandé un peu plus et du moins, à être rassurée sur l'avenir de leur relation, le gars lui a répondu qu'il ne voulait pas s'engager et il a rompu. C'est à dire que durant un an, il est sorti avec, lui a joué la comédie de l'amour et du couple pour se barrer dès qu'il fallait passer à autre chose. Il estimait qu'il pouvait l'avoir quand il le voulait mais sans pour autant que leur relation n'obère sa sacrosainte liberté !

A l'époque, j'en avais parlé à G un gars très bien qui collectionne les conquêtes et je lui avais demandé : toi, quand tu veux juste coucher avec la fille, tu te balades main dans la main en amoureux ? Il m'avait répondu que non, que c'était dégueulassé de faire ça et que dans ses histoires, la fille ne devait s'attendre qu’à du court-terme. En disant a, il m'a fait penser à mon pote le Pilote qui m'a toujours explique : le cul c'est du jeu mais l'amour c'est sérieux. Bref, ces deux quinquagénaires étaient de mon avis : quand on ne veut pas de sérieux, on ne joue pas les amoureux transis. Il semblerait que l'époque ait changé.

Il y a aussi N, qui avait rencontré un type très bien, très intelligent bien qu'étant de gauche. Ceci dit, ça tombe bien, elle de gauche aussi. Leur histoire a duré un an. Ils se voyaient un weekend sur deux, partaient en vacances ensemble, s'entendaient si bien, qu'elle lui lui a présenté tous ses amis avec qui il s'est bien entendu.

Bien sur, elle en a eu marre de cette routine et elle a voulu plus. Cela se me semblait normal et s'inscrire parfaitement dans le fil d'une relation qui durait depuis plus d'un an. Et bien non, quand elle a voulu des garanties, il lui a dit qu'il l'aimait bien mais qu'il ne souhaitait pas s'engager.

Il y a eu S aussi. Là aussi, ça a duré plus d'un an. Ils se voyaient très souvent. Il lui demandait des conseils pour décorer sa baraque et elle lui faisait même sa ddéclaration d'impôt. Il lui a même présenté tous ses amis pour qui, c'était sa régulière. Leur histoire était tellement singulière qu'on aurait dit un vieux couple ayant élevé trois enfants partis de la maison. Et puis, un jour, comme elle voulait être sure  de ses sentiments, elle l'a fait par SMS. Et il ne lui a jamais répondu. Elle l'a relancé plusieurs fois et ce fut silence radio, pas une nouvelle.

J'ai parfois l'impression que certains de ces types se payent du bon temps avec des filles en ayant en prime leurs sentiments. C'est vrai que c'est plus sympa de coucher avec une fille amoureuse qu'avec une pute tarifée qui vous jette à la porte une fois le rapport sexuel effectué. En français littéraire, on appelle cela un suborneur, c'est à dire quelqu'un qui abuse de la naïveté d'une femme en la séduisant. C'est assez abject dans la mesure ou les trois patientes que j'évoque sont des filles bien sous tous rapports, physiquement comme moralement !

Et puis, il y a ceux qui souffrent d'une vraie pathologie de l'engagement, ceux qui ont vu papa et maman se déchirer au cours d'un interminable divorce. Ou encore, ceux qui, un peu immatures et le cerveau gavé de contes de fée et de films romantiques ont une vision érronée du couple; comme si c'était un enfermement. Combien de fois l'ai je dit : le couple n'est pas le leu de toutes les attentes pour madame comme pour monsieur. J'ai beau être marié et fort bien m'entendre avec madame, il y a des de trucs qu'on ne partage pas et c'est tant mieux.

C'est terrible d'être confronté quotidiennement aux attentes légitimes de ces jeunes femmes sans pouvoir rien faire. J"ai beau avoir lu Epictete et savoir qu'il ne faut pas faire dépendre de soi ce qui n'en dépend pas, je n'aime pas être impuissant. Et l, je le suis parce que j'ai l'impression que l'époque a tellement changé que je ne comprends plus rien aux hommes. Les femmes, ça va, je les comprends. Il faut dire que durant les dix premières années, elles composaient les deux tiers de ma clientèle. 

Mais les mecs, même si j'en suis un, je n'y comprends plus rien. A croire que certains, boostés par l'intérêt qu'a une femme pour eux, se transforment en pétasses ignobles incapables de tenter l'aventure du couple mais se gavant du désir de l'autre ?. C'est peut-être ça ? Les sites de rencontre ont peut-être changé la donne. La valorisation d'une éternelle jeunesse a sans doute renforcé le mode de vie consistant à agir en jeune urbain friqué, voyageant s'il en a envie, ayant une bonne amie avec qui il couche quand il en a envie, tout en conservant sa bande de potes.

En attendant, mes patients angoissent. Comme me l'avait dit le Dr Le Touffier, gynécologue de son état : être enceinte, c'est comme jouer au foot, à quarante ans, il reste juste quelques gardiens de but. Et croyez moi, j'y pense, au fur et à mesure des années qui passent. Et elles y pensent aussi ...

Mais la sanction tombera tôt ou tard sur ces suborneurs. Qui joue le jeune homme à trente cinq ans, comme s'il en avait vingt, se trouvera bienôt fort dépourvu une fois la quarantaine arrivée. Parce que les nuits agitées, les rendez vous de parents d'élève et les maladies infantiles, il faut être jeune pour supporter ça. Et puis, endurer la réflexion de l'institutrice, "tiens aujourd'hui c'est ton grand-père qui est venu", quand vous venez chercher votre gosse, faut être blindé pour supporter !

Voilà, j'en ai marre de ces situations qui se répètent. Donc, les mecs, si vous arrêtiez de jouer les pétasses et que vous vous engagiez, ça m'arrangerait vraiment. Je préfère recevoir des faire part de mariage ou de naissance que d'attendre avec les patientes l'irruption des premiers symptômes de la ménopause !

02 janvier, 2020

Au fait !






Je n'oublie pas que tous les liens de mon blog sont obsolètes. Je voudrais bien vous faire croire que je les garde par nostalgie. En fait, c'est parce que je suis trop fainéant pour les changer. Mais un jour, je m'en occuperai. Un jour !


Sinon pour m'écrire, c'est toujours ici :

pa6712@yahoo.fr

01 janvier, 2020

Meilleurs Voeux pour 2020 !


Je vous présenté à tous, chers lectrices et lecteurs mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2020. Que celle-ci vous apporte joie, bonheur, santé et prospérité !

Vous aurez noté au passage que la dernière fois qu'on a eu une année pareille c'était en 1010 ! Robert II le Pieux était alors roi de France ! La prochaine fois, ce sera en 3030. Nous ne serons plus là pour le voir. 


28 décembre, 2019

De profundis !


Ceux qui me lisent depuis des années connaissaient Sean. Sean avait bien rigolé de la caricature que j'avais faite de lui. Sans doute que cela avait du le flatter.

Caricature ? A peine ! Sean était un homme à part. Venu du nord et issu d'une lignée de mineurs polonais, était un être totalement à part que j'ai eu grand plaisir à fréquenter. Pour décrire sa psychologie improbable, j'avais coutume de le décrire comme un char d'assaut T34 conduit par un psychopathe au cœur d'or. C'était un mélange de force, de violence mais aussi de sensibilité et de gentillesse. Physiquement comme de caractère, il tenait de Depardieu.

A côté de lui, je tenais pour ma part plus de la timide violette, du clerc pointilleux et nuancé. Si d'aventure on m'a parfois trouvé bourrin, sachez qu'à côté de celle de Sean, ma bourrinitude aurait fait figure de ballon de Guebwiller à coté de l'Everest. Lui et moi, nous entendions fort bien, sans doute parce que sa démesure ne me gênait pas, tant elle rendait la mienne très acceptable,  tandis que mon esprit nuancé lui était utile. Nous coopérions assez naturellement même si je me montrais plus stratège et lui plus tacticien. En tout cas, il tenait une place de choix dans la galerie de personnes improbables que j'aime à fréquenter. A ses côtés, même le solide Gringeot faisait figure de puceau tatillon, c'est dire si Sean était excessif !

Mangeurs, buveur, baiseur, bosseur, joueur, Sean ne connaissait que l'excès. Mais au moins avait-il eu l'intelligence de cesser de boire. Et c'est lui qui m'emmena la première fois dans une réunion des AA ouverte à tous où il fêtait ses treize ans d'abstinence. C'est une expérience que je n'oublierai jamais et sur laquelle j'avais fait un article voici bien des années. 

Sean était intelligent et aimait le risque. Il avait fini par avoir une fort belle situation. Lorsque je l'ai connu il était directeur général d'un important cabinet de syndic de copropriété qu'il tenait d'une main de fer. Ses salariés le redoutaient autant qu'ils l'appréciaient. Peu enclin aux négociations, c'était simple, vous faisiez ce qu'il vous demandait où il vous virait, quelles qu'en soient les conséquences. L'auriez vous menacé des prud'hommes qu'il se serait levé pour vous dire d'aller vous faire enculer avant de se rasseoir et de vaquer à ses occupations en rigolant. Quand on avait eu Sean comme manager, on était sorti de la légion et plus rien ni personne ne vous ferait peur. Ceci dit, il n'était pas rancunier et la plupart du temps, il suffisait de se terrer le temps que sa colère passe. On s'y habituait.

Il était pourtant grandement apprécié par sa capacité à protéger ses troupes. S'il se réservait le droit de vous pourrir la vie comme un boyard l'aurait fait de celle de ses moujiks, il ne l'aurait permis de personne d'autre. Ainsi je me souviens d'avoir parlé à l'une de ses petites gestionnaire de copropriété qui avait été sa salariée. Elle s'appelait Solange, était fille de général et avait été éduquée à Versailles bien loin des corons de Courrières où Sean avait vécu petit.

Je lui avais alors demandé s'il avait été facile de travailler sous les ordres de cet ogre de Sean. Elle m'avait alors dit que passé le moment de stupeur, quand elle avait compris à qui elle avait à faire, cela avait été simple. Sean, m'avait-elle expliqué, n'était pas compliqué, il exigeait de la loyauté et de la bonne volonté mais rien de plus. Il pouvait apparaitre brutal mais ne l'était pas, c'était sa manière d'être et elle l'avait même jugé bien plus sensible qu'il ne voulait le montrer. Il était plus d'une autre époque que d'une autre culture. S'il surprenait c'était forcément en bien car il se montrait bien plus bienveillant que ce que sa rudesse ne laissait deviner.

J'avais acquiescé, connaissant le personnage. Puis elle m'avait narré une aventure qui lui était arrivée l'année passée. Elle débutait alors dans le métier, entamant sa seconde année de gestionnaire de copropriété et n'était pas encore tout à fait rompue à la violence de certaines réunions de copropriétaires. Un soir, lors d'une réunion houleuse, un président de conseil syndical; mécontent de son travail et ulcéré, l'avait traitée de "petite salope".

Le lendemain, elle était encore sous le choc de la violence de l'insulte. Tant et si bien, que Sean s'en était aperçu. Elle avait alors craqué et lui avait avoué la manière odieuse dont elle avait été traitée. Sean lui avait alors dit de se calmer une heure ou deux, de sortir prendre l'air et qu'à son retour, il règlerait le problème. Elle était alors sortie lire en terrasse, le temps de s'apaiser.

A son retour, Sean l'avait convoquée dans son bureau pour régler le différend l'opposant à ce malotru. Il avait alors appelé cette personne et d'une voix suave et aimable lui avait dit qu'il était au courant que sa gestionnaire ne faisait pas l'affaire. L'autre, ne se méfiant de rien, n'avait pas mâché ses mots disant pis que pendre de la petite Solange. D'une voix toujours aussi suave, Sean avait alors proposé à cet homme de le rencontrer dans les plus brefs délais ; sans doute qu'en tant que Directeur général de la société, il saurait proposer une solution valable.

Le président du conseil syndical, flatté que le Directeur général d'une société aussi importante l'appelle en personne avait alors proposé à Sean de le voir le soir même après dix-huit heure. Sean avait accepté et expliqué à Solange qu'ils iraient ensemble et qu'il règlerait le problème. A l'heure dite, Solange montait dans la voiture en compagnie de Sean pour rencontrer le malotru.

Une fois chez lui, Sean s'était présenté de manière sympathique puis, d'un seul coup, comme me le raconta Solange, il s'était approché très près de l'homme, jusqu'à le toucher et lui avait demandé : et moi, est-ce que je suis une petite salope ?

L'homme interloqué n'avait pas su quoi répondre alors Sean avait réitéré sa question en le tutoyant, toujours aussi menaçant : il parait que Solange est une petite salope alors je voudrais savoir si moi aussi, j'en suis une.

Le type assez mal à l'aise avait tenté de le calmer en arguant d'un malentendu, en expliquant qu'il s'était laissé entrainer par sa colère. Sean, le regardant toujours aussi fixement avait encore demandé si lui, aussi était une petite salope. L'autre de plus en plus mal à l'aise lui avait demandé de se calmer. Mais une fois qu'un slave est lancé, rien ne l'arrête. Sean, ne cessait pas de le harceler, jusqu'à ce que l'autre ait vraiment peur. Solange m'avait expliqué, que Sean était était devenu tellement menaçant, et semblait tellement proche de le frapper que le malotru en avait uriné dans son pantalon en tremblant.

Sean l'avait alors saisi par l'oreille en lui intimant l'ordre de se mettre à genoux et l'autre lui avait obéi. Puis, une fois à genoux il lui avait demandé de présenter ses excuses à la jeune Solange, ce que l'autre avait fait en bafouillant. Solange était aussi terrorisée que lui.

Puis, le tenant toujours par l'oreille, il l'avait aidé à se relever et lui avait explique que tout cela resterait entre eux trois. En revanche s'ils s'avisait d'insulter de nouveau Solange ou de remettre le mandat qui liait la copropriété à la société de Sean en cause, alors il reviendrait avec une batte de base-ball pour le tabasser à mort et mettre le feu à son appartement.

Dans les réunions de copropriété, les gens très agressifs sont rarement des gens qui ont connu la violence mais la mime face à des salariés qu'ils imaginent pieds et poings liés. Ce sont souvent, à Paris, des gens issus de CSP+ habitués à la soumission des cadres du tertiaire. Le pouvoir et l'argent qu'ils détiennent les rend souvent odieux plus que véritablement dangereux.

C'est ce qui s'était passé. Face à une gamine de vingt-six, ans le malotru s'était laissé aller aux insultes, mais face à Sean et à son physique de cosaque habitué depuis tout petit à la vraie violence, il avait cédé. Il faut dire qu'ayant vu à une ou deux reprises, Sean très en colère, il était vraiment très impressionnant. Son visage dans ces moments était celui du dingue qui s'en fout de finir ses jours en tôle. Mais il était aussi redoutablement intelligent et il en jouait car il avait compris que dans une bagarre, ce n'est pas forcément le plus fort qui gagne mais celui qui a l'air le plus dingue. Pour un type comme Sean, mettre à l'amende un président de conseil syndical d'une copropriété du XVIIe arrondissement, c'était comme tancer un gamin pénible.

Une autre fois, alors que je faisais une formation pour le compte de son cabinet, j'avais du m'associer avec un type pas très sympathique, un ingénieur centralien. Sean ne l'aimait pas trop non plus. J'avais alors préparé le contrat et l'avait amené à Sean. Sean m'avait alors demandé si tout était correct et je lui avais répondu que de mon point de vue, ça l'était. J'avais rajouté que mon associé du moment l'avait imprimé mais que je ne pensais pas qu'il ait modifié ledit contrat. Sean avait alors demandé à mon associé du moment, s'il avait rajouté quelque chose et l'autre l'avait assuré que non. D'une voix calme, en le fixant dans les yeux, Sean lui avait expliqué : je suis un brave gars qui fait confiance et ça me fait chier de tout relire. Mais si tu as décidé de m'enculer tu le regretteras. Moi, on ne m'encule pas. Si tu le fais, après la formation je suis chez toi, je te tue, je viole ta femme et je mets le feu à ton pavillon. Compris ? L'autre, complètement interloqué, avait bredouillé un oui.

Une fois sorti, mon associé du moment m'avait alors dit que Sean était complètement dingue et que personne ne lui avait jamais parlé comme ça. Moi, connaissant une partie du cinéma de Sean, je lui avais juste rappelé que Sean nous payait très très bien et que d'autre part, c'était un slave et qu'il pouvait se montrer curieux mais qu'il ne fallait pas se formaliser. N'empêche qu'il avait pris l'oseille parce que Sean payait vraiment très très bien et il s'en foutait vu que c'était sa boite qui réglait la facture.

C'était ça Sean, comme je le disais en préambule : un char T34 conduit par un psychopathe au cœur d'or. Un type improbable et totalement anachronique mais particulièrement attachant, un gars qui n'aurait pas hésité à vous massacrer s'il ne vous appréciait pas mais qui était prêt à prendre des risques inouïs pour les gens qu'il aimait. Je suis heureux de l'avoir eu pour ami, d'avoir partagé des dizaines de bons moments avec lui.

Sean n'est plus. Il s'en est allé. Il s'est éteint dans son sommeil d'une crise cardiaque foudroyante. C'est son épouse, qui ne le voyant pas bouger au réveil a constaté son décès. Sean a brulé la chandelle par les deux bouts. Il a bu, mangé, couché et s'est drogué plus que de raison. Il a aussi beaucoup travaillé pour s'extirper de sa triste condition de pauvre gosse du nord. Il avait réussi à l'aube de la quarantaine. Il gagnait beaucoup d'argent qu'il jouait beaucoup au casino, sans doute parce qu'il savait que son passage sur terre serait limité.

C'était un type excessif mais un gars bien. Dans l'Apocalypse 3, il est dit que Dieu vomira les tièdes. Sean était excessif, gelé ou bouillant mais il n'a jamais connu la tiédeur. Je suis sûr que Dieu l’accueillera avec bienveillance dans son paradis.

Ce n'est pas un adieu, tout juste un au revoir. Ici-bas, personne ne t'oubliera, sois en sur !

"Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche."

Saint Jean, Apocalypse, 3

26 décembre, 2019

Ce jour où je fus un vrai fat !

Montesquieu, penseur capricorne, concis et efficace, bref le gars bien !

Il faut évidemment entendre le terme "fat" au sens de fatuité et non au sens anglais de "fat", même si je l'avoue je puis avoir quelques kilos en trop ! Ce n'est pas de ma faute, tel un chien glouton, je mange tout ce qu'on me donne, je finis l'assiette. A bord, d'un vol Air France, je me contente de la ridicule portion qui m'échoit sans rien chercher d'autre mais une fois chez moi, si l'on me fait un kilo de pâtes (des Del Cecco uniquement), je les mange. C'est ainsi. Ce doit être une survivance ancienne qui se manifeste dans mon génome; datant d'une époque lointaine ou l'on ne savait pas ce que l'on mangerait le lendemain. Donc je mange comme si les jours suivants, j'allais crever de faim !

Après ma mort, on dira de moi que si ma pensée était très avance sur son temps, mon appétit datait du néolithique. Je suis totalement incohérent génétiquement. Je suis une énigme et j'en suis très fier parce qu'il faut bien que je sois fier de quelque chose. 

Quoiqu'il en soit, pour revenir sur les deux articles précédents, il fallait un épilogue. Et c'est fort à propos que je vais vous narrer deux episodes au cours desquels je fus d'une redoutable fatuité. Mais sans doute que si un américain était passé par là, il m'aurait trouvé fort brillant et "so french". Faut dire qu'ils en sont toujours à comprendre Derrida alors qu'ici je ne suis pas sur que ses livres trouvent preneurs dans les bacs de solde chez Gibert, boulevard Sait-Michel.

Nous étions trois, Chris, le jeune HEC qui m'avait démasqué sur tweeter, le docteur Le Touffier, riche et talentueux gynécologue-obstétricien et moi, votre serviteur ! Nous parlions du sinistre Macron, le fils du démon et plus particulièrement de son curriculum-vitae prêtant à suspicion dans la mesure où bien malin sera celui qui saura s'il a vraiment fait ce qu'il évoque dans ses souvenirs. Est-ce que le gamin (i.e. Macron) a vraiment bossé pour Paul Ricoeur ou s'est-il contenté comme dirait un sociologue, dont je tairai le nom, de faire "les pipes et le café", c'est à dire de vaquer à de basses besogne telles que ranger les livres, collaborer à une bibliographie et faire le ménage sans oublier d'éteindre avant de sortir ?

Comme je n'aime pas du tout Macron, j'aurais tendance à dire que c'est un mytho et puis c'est tout,  sans même vouloir démêler le vrai du faux. Mais l'important n'est pas là. Notre camarade médecin qui en fait d'études est plutôt resté dans la pratique, puisque les études de médecine ne sont pas les plus intellectuelles qui soient. Après avoir appris l'anatomie, le pied, la main, le nez, etc., vous vous coltinez des tas de trucs par cœur pour qu'à chaque groupe de symptômes coïncident une pathologie probable. Et si vous vous trompez et que le patient n'est pas mort, vous envoyez chez le spécialiste qui lui même peut envoyer chez un autre spécialiste qu'on appelle un interniste comme le Dr House. Après ce sont les PFG qui prennent le relais et eux ne font aucun diagnostic parce qu'il est évidemment trop tard.

Le Touffier étant honnête, voilà qu'il se retrouvait face à deux escrocs, un jeune et un vieux, dont une partie des études avaient surtout consisté à amasser des concepts fumeux et mal approfondis destinés à enfumer ceux qui n'ont pas suivi le même parcours. Car si je fus juriste, je rappelle que je fus aussi diplômé d'une école de commerce, autant dire l'école du crime vu que je n'y ai rien appris de vraiment valable mais que j'y ai bien rigolé.

Confiant en notre sincérité, ce médecin naïf nous demande si nous connaissions Ricoeur. Bien sur que oui, répondimes-t-on de concert car l'un comme l'autre avions pratiqué l'enfumage dans notre jeune temps et avions passé un temps considérable à engranger des tas de trucs tels des brocanteurs sauf que chez nous, ça s'appelle la culture générale.C'est ce qui permet de faire illusion face à ceux qui savent vraiment quand on sait en jouer et de ne pas passer pour un con, et de passer pour des génies face à ceux qui ne connaissent rien. Autant dire que la culture gé' comme on dit, c'est utile. Si'l y avait encore des salons littéraires, le jeune Chris et moi, y aurions eu notre place, pérorant à qui mieux mieux et faisant assaut de bons mots. Hélas, l'époque est à l'intelligence artificielle et autres concepts foireux et non à la véritable intelligence, tant pis pour nous.

Et ramenant de vagues souvenirs, de cours et de choses entendues ou lues ici et là, voici que Chris et moi nous lançons dans une conversation où l'on cita pêle-même les concepts de mêmeté et d'ipséité face à un docteur Le Touffier passablement impressionné par notre immense culture et devant se dire qu'il était sans doute plus riche que nous mais que sorti du bloc opératoire, il ne tenait pas la route face à des monstres de cultures tels que nous. Nous fumes deux fats doublés de cuistres, nous fumes français et l'idée ne nous a pourtant pas pris d'acheter un bouquin de Ricoeur et de le lire parce qu'on a d'autres choses à foutre ! Non mais !

Une autre fois, et pour cela il faut que je remonte au début des années 90, je déjeunais avec l'ami Toju, et l'un comme l'autre, emplis de fatuité, vaniteux comme des paons et passés par l'université nous eûmes une étrange conversation. Nous étions alors dans l'administration française qui nous octroyait l'immense privilège de nous sustenter dans un self-service. Munis de nos plateaux, une fois assis à table, nous nous lançâmes dans une passionnante controverse au cours de laquelle ils 'agissait de savoir si le plateau était une table mobile ou la table un plateau fixe. Cette discussion, connue sous le nom de controverse du plateau est restée dans nos mémoires et lorsque nous nous voyons, il nous arrive d'y faire référence devant un auditoire médusé face à tant d'intelligence. Là où le clampin moyen se serait contenté de manger, deux beaux esprits comme Toju et moi nous étions lancés dans une discussion passionnante dont aujourd'hui encore, on ne sait pas qui de nous deux a raison.

Cela rejoint la discussion passionnante que j'avais lancée à propos de Placid et Muzo, personnages de bande dessinées de Arnal, dont je ne sais toujours pas si Placid est un ours nain ou une souris géante étant entendu qu'il fait la même taille que Muzo qui est un renard. L'énigme reste à ce jour pleine et entière et ne sera sans doute pas plus tranchée que celle ayant trait au plateau et à la table.

Tout ceci pour vous dire que l'époque actuelle avec son concert d'apprentis penseurs prêts à prendre pour argent comptant toutes les théories venues d'outre-atlantique m'emmerde à un point qu'on ne saurait décrire si ce n'est pour dire qu'il dépasse l'Everest. Marre de ces apprentis-pensants, de ces faux-chassants qui ayant lu trois livres et les ayant mal digérés, se permettent de remettre en cause les fondements anthropologiques de notre société, même si elle est imparfaite. Je vomis ces demi-habiles à la mine grave et au sourire absent qui se font un devoir de gâcher le moindre moment de bonheur dans cette vallée de larmes pour nous asséner leur catéchisme bien pensant. Je n'en peux plsu de ces curés laïcs et de ces dames de charité athées qui crachent sur Dieu pour mieux nous bassiner avec leurs minuscules divinités de papier.

Ours nain ou souris géante, table amovible ou plateau fixe, ipséité ou mêmeté, ce n'est pas compliqué de théoriser à l'infini et de faire assaut de vaine intelligence. Lire Placid et Muzo ou Paul Ricoeur nous placera toujours face à l'infinie complexité du monde intelligible.

L'important restera toujours, qu'est-ce qu'on mange et qu'y-a-t-il après la mort, tout le reste est vain.

"La gravité est un mystère du corps inventé pour cacher les défauts de l'esprit. La gravité passe si souvent pour de la compétence. Quand la vravité n'est que dans le maintien, comme il arrive si souvent, on dit gravement des inepties."

"La gravité est le bouclier des sots"

Charles de Montesquieu

Dessins de Arnal, textes de Paul Ricoeur
 

J'en veux terriblement aux USA 2/2 !


Je disais donc que si les anglais avaient la tradition du club, endroit pénible et compassé, dans lequel un majordome valétudinaire, venait vous apporter une eau chaude pendant que vous lisiez le journal ou que vous parliez à des amis chiants, nous avions nos joyeux bordels et salons littéraires.

 
Voici quelques années, les bordels furent ma lubie, juste avant que je ne me passionne pour l'Everest. J'achetai donc tous les ouvrages sérieux parlant de maisons closes et de demi-mondaines, autrement appelées les "grandes horizontales". C'est ainsi que je retins trois choses :

1- L'expression "c'est le bordel" est d'une rare stupidité car les maisons closes étaient parfaitement organisées dans les moindres détails ;
2- Consommer, 'est à dire monter avec une prostituée, n'avait rien d'obligatoire et la plupart des clients se rendaient au bordel pour y rencontrer des amis, sachant que l'esprit gaulois s’accommodaient mieux d'accortes demoiselles pour faire péter les bouchons de champagne que d'un majordome cacohcyme venu servir de l'au chaude.
3- S'il y eut bien sur des drames, un nombre non négligeable de prostituées, venaient de leurs provinces dans l'espoir de se faire un petit pécule et de repartir y ouvrir un commerce. Finalement, le recours au crédit et l'accès à la formation auront peut-être fait plus contre la prostitution que les lois.

Toujours est-il que les maisons closes parisiennes les plus huppées étaient connues du monde entier. Aujourd'hui, les noms de Chabanais, One-Two-Two ou encore Le Sphynx, évoquent les têtes couronnées et les grandes fortunes qui les hantaient. Le pays qui avait mis le French Can-can, bien que né en Grande-Bretagne à l'honneur, était évidemment qualifié pour être champion des maisons closes. C'est d'ailleurs la célèbre Céleste Mogador, qui mourra Comtesse de Chabrillan, qui amena le Can-Can en France.

Et puis, nous avions les salons littéraires. A ce propos, rappelons aux féministes que les premiers salons littéraires tenus par des femmes datent du XVIè siècle et qu'ils eurent un énorme succès. J'ose espérer que des noms aussi célèbres que Mesdames de Maintenon, de Lenclos ou encore de  Scudéry ne leurs sont pas inconnus. On me rétorquera que "oui mais c'était que des aristos riches". C'est un fait que disposer de temps pour recevoir et parler est généralement le fait des "classes possédantes". Aujourd'hui encore le prolo a d'autres chats à fouetter qu'à tenir salon parce qu'il y a le ménage à faire et le repassage en attente. C'est ainsi que l'on constate que parler de condition féminine est aussi bête que de parler de condition masculine, parce qu'avec de l'argent, quoiqu'on en dise et même que cela ne fait pas le bonheur, ça aide tout de même un peu !

Ces salons littéraires, aussi appelés cercles, bureaux d'esprit, sociétés ou clubs sous l'ancien régime sont vraiment une spécificité française. Car si les anglais, nos éternels concurrents, ont de l'humour, nous, nous avons de l'esprit, ce qui n'est pas peu rien et sans doute supérieur à l'humour anglais. Là, où à l'époque contemporaine, ils ont Peter Sellers, nous avons Gabin, Blier et Ventura servis par Audiard. Bref, nous avons la passion du bon mot et de la construction intellectuelle. Chacun d'entre nous se souvient des excellents Chamfort, le triste, et Rivarol, le rigolo et à une date plus récente Sacha Guitry.

Toujours est-il que nous autres, anglais comme français, avons toujours su faire la différence entre l'essentiel et l'accessoire ce que ne font pas forcément les américains pour qui time is money. L'accessoire, rien à foutre, faut que ça fonctionne et que ça rapporte. 

Qu'il s'agisse des clubs anglais ou de nos salons littéraires, ils ont importé cela en les dénaturant. Il est évident qu'aucun lord anglais ne voudrait faire partie d'un club américain où l'on parle de fric en fumant de gros cigares. Et pour les salons littéraires, ce fut pire encore car leur côté décalé, dandy avant l'heure, fut incompris. Je pense que les américains prirent au sérieux ce que l'on considérait comme un aimable passe-temps. Ils ne comprirent pas que Sartre était plein de duplicité et que derrière le théoricien de la philosophe existentialiste se dissimulait un satyre avide de jeunes étudiantes et ayant compris que quand on n'a pas le physique pour soi, il suffit de jargonner en se donnant un air intelligent pour choper de la "sapiophile". 

La sapiosexualité, pour ceux qui ne sauraient pas encore est le fait pour des femmes d'être attirées par des mecs brillants ou charismatiques. C'est ce qui rend vrai la citation de Guitry : la beauté pour un homme c'est cinq minutes de gagné ! Bien sur si l'on est moche et un peu con, cela devient plus difficle. Bref tout cela pour vous dire que Sartre avait tout compris. Sachant qu'il ne pourrait pas tout miser sur son physique comme le Gringeot, donc j'ai abondamment parlé ici, qui est un adonis taillé en hercule et doté d'un membre impressionnant, il a tout misé sur l'intellect ce qui ne lui a pas mal réussi.

Le salon littéraire, et les coteries germanopratines, qui lui succédèrent a vait donc une double fonction. Bien sur, il s'agissait de se rencontrer entre intellos et de faire assaut de bons mots et de théories savantes mais aussi de choper comme des fous. Parce que quand on est en France, du moins dans l'ancienne France pas encore américanisée, le cul se dissimule souvent derrière les prétextes les plus louables et les plus inattendus.

Qu'il s'agisse de phénoménologie, d'existentialisme, de structuralisme, de constructivisme ou que sais-je encore, qui prenait cela véritablement au sérieux une fois sorti de la Sorbonne ou de la rue d'Ulm ? Sincèrement que reste-t-il d'un Lacan ? Est_ce que quelqu'un en a quelque chose à faire des graphes, des mathèmes et du parlêtre ? Ce maitre en hermétisme aura subjugué certaines personnes et aura plus tenu salon qu'il n'aura été thérapeute, même si je ne doute pas que parfois, cela "aura marché" avec certains.

Et puis, les américains, sans doute complexés par leur manque d'histoire et de culture que la puissance économique ne parvient jamais à compenser, s'emparèrent de la "pensée française". Et comme ils l'ont fait du moindre caillou un peu historique, de la moindre bataille, ils la stadardisèrent, la markètèrent et la dispensèrent dans leurs universités.

Tandis que nous, vieux peuples sachant faire la différence entre l'essentiel et l'accessoire, frivoles comme nous sommes, et tellement habitués aux tourments de l'histoire pour savoir profiter des bons moments quand ils se présentent, aviosn toujours sur rendre à l'université ce qui était à l'université et à la vraie vie ce qui était à la vraie vie, les américains, jeune peuple avide de reconnaissance se mirent à prendre au sérieux nos lubies sorbonnardes et à ne voir dans nos beaux esprits que de purs esprits qu'ils ne furent jamais.

Et depuis, les voilà qu'ils nous bassinnent avec leurs women's studies ou leurs gender studies et autres pensées pénibles standardisées par des gens pénibles n'ayant aucun humour ni recul et n'ayant pas compris que ces théories, tout comme les pantalons à une jambe de Jacques Attali qui ne sont pas faits pour être portés, ces systèmes de pensées aussi astucieux et talentueux soient ils, n'étaient pas faits pour sortir de certains cénacles.

Le drame finalement c'est l'accès de tous à la culture. Tant qu'il s'agit de lire Balzac ou Zola, la culture c'est très bien mais il n'est pas certain que mettre à la portée de tous, toutes les théories loufoques soient une bonne chose. Cela pourra vous sembler bien vaniteux de ma part et je le conçois. Mais aurait-on idée de mettre dans un coffret Chimie2000 vendus à des gosses, tous les ingrédients pour fabriquer un explosif ?

Bref après nous avoir inondé ces dernières années de films pénibles qui sont à l'art ce que sont les franchises à la haute_couture, voilà que les USA nous inondent de théories fumeuses que l'on aurait du garder bien au chaud à l'ENS ou au Deux magots, à l'époque où il n'étais pas envahi de touristes et où l'on pouvait y fumer et y débattre.

Moi, qui me ferais tuer pour le plaisir d'un bon mot, qui sais parler pour ne rien dire, je détesterais que les éléments épars de ma pensée, si toutefois quelqu'un ait pu songer qu'il y eut une unité dans mes écrits, soient condensées et enseignées.

Qu'on se le dise ! Je ne veux pas d'une chaire de Philippe Psy studies à Berkeley !



J'en veux terriblement aux USA 1/2 !


 Photo dont vous comprendrez seulement la signification à la fin de l'article !


J'ai toujours été partagé vis à vis des USA. Bien que j'y sois allé des tas de fois, je ne me résigne pas à apprécier le pays. Et bien que je les déteste parfois cordialement, j'avoue qu'ils ont des tas de trucs bien. Je crois que leur truc le plus génial reste leur capacité à organiser puis marketer tout et n'importe quoi pour en faire un truc extraordinaire, voire une légende.

Exemple :
Vous roulez sur un tronçon ayant survécu de la route 66 et vous êtes dans un film. Vous êtes au volant de votre Chevrolet de location et vous avez l'impression de faire un truc dingue. Alors qu'en réalité vous roulez sur une route banale au revêtement dégueulasse au volent d'un veau asthmatique.

Si vous faisiez la même chose sur notre célèbre N7 au volant d'une voiture de luxe, au hasard un Renault Kangoo RXE première série, vous ne ressentiriez rien de particulier si ce n'est que vous iriez d'un point à un autre ! Et pourtant Charles Trénet à chanté la Nationale 7 et vous traverserez des villes bien plus belles que sur la route66.

C'est ça la force des américains, faire passer de la daube pour un plat de roi. On a beau ne pas être dupe, on se fait avoir. Il faut vraiment se poser et se souvenir que l'on est français, pays du cartésianisme, pour échapper aux sirènes trompeuses du marketing. Ce que ne font jamais les américains.

Les américains sont ds croyants, ils adorent croire à tout et n'importe quoi, à Dieu bien sur mais aussi à la liberté et à la démocratie ! Interrogez les et vous constaterez que la plupart sont persuadés que les tapis de bombes sous lesquels ils ont massacré les population du globe sont une bonne chose parce que "c'était pour apporter la démocratie". 

Ils sont aussi persuadés que leur système est le meilleur et que chacun a sa chance même s'il suffit de wikipedia pour constater que l'essentiel des réussites éblouissantes est le fait de gars sortis d'universités prestigieuses auxquelles les fils de prolos n'auront jamais accès. Jeff Bezos, malgré son nom cubain, n'est pas cubain et a fait Princeton. Et il est né un 12 janvier comme moice qui n'est pas rien comme vous vous en doutez !

Les gens continuent à se ruer à Las Vegas alors qu'ils devraient se rendre compte que lorsqu'on édifie un casino à 3 milliards de dollars, il y a toutes les chances que le prolo y laisse sa chemise et que ce soit le proprio du casino qui rafle les mises. Mais, c'est comme au loto, vous jetez quelques miettes et les pigeons accourent. C'est un véritable impôt sur les pauvres et leur envie de ne plus l'être !

Un patient, le marquis du mardi, qui était allé pour la première fois à New-York l'an passé, avait fait le même constat que moi en se promenant à Central Park. Il avait vu des joggers courir autour du réservoir en étant persuadés de faire "un truc de fous" alors qu'il s'agit de courir dans un parc. Mais comme ce putain de réservoir et la ville de NYC ont été montrés des centaines de fois dans des films, ça devient fou. La même scène au parc Montsouris, n'entrainerait qu'un bâillement discret.

Un camarade catalan espagnol, que j'avais en licence d'histoire de lart et d'archéologie à Paris1, ayant fait un stage aux USA, m'avait expliqué l'incroyable faculté qu'avaient les ricains a faire de n'importe quel caillou âgé de plus de cent ans un trésor inestimable drainant des milliers de visiteurs.

Le problème, c'est que les américains standardisent, organisent et markètent absolument tout ce qu'ils touchent, même si culturellement ils en sont éloignés. Une sympathique cantina sud-américaine deviendra alors un terne Taco Bell ! Et ces stupides américains ont fait de même avec nous, les français, dont l'exquise culture ne pouvait être comprise par ces grossiers protestants pudibonds chassés d'Europe!

En France, nous avons coupé avec nos racines, toutes nos racines, pas seulement avec la monarchie ou l’Église ! C'est ainsi que nous avions nos traditions bien à nous. Là où nos voisins anglais avaient la tradition du club, cet endroit pénible où des messieurs se réunissent pour lire le journal et boire du thé, nous-autres, paillards rigolos mais lettrés, avions deux passions : les bordels et les salons littéraires.

Mais suite au prochain article ! Héhé, bande de canaillous, je sais vous faire languir ! Depuis que j'ai eu deux/trois scénaristes dans ma clientèle, je connais quelques ficelles du métier.

Et ça, dans leur jargon anglo-saxon, ils appellent ça un cliff !

25 décembre, 2019

Image apaisante !

Tenez le souvenir même de certains propos lus sur tweeter m'ont rendus sale et triste. Quel immonde égout que ce média. Afin de me doucher spirituellement en ce jour de Noël durant lequel le Sauveur nous fut offert, rien de mieux qu'une image de marcassin.


Tweeter !


Autant vous le dire, tweeter restera pour moi de la merde, une merde intégrale même. Tweeter est l'instrument du diable qui lui a permis de faire perdre son temps au genre humain en le rendant méchant. Pourtant, à la base, l'idée d'échanger sur divers sujets était bonne. Mais l'absence de tout contrôle social a rendu le système complétement fou. Si tweeter était une café-tabac, le patron aurait foutu à la porte à coups de nerf de boeuf les 7/10 des habitués.

Passer une année sur tweeter, revient à vous intégrer un filtre cognitif qui vous amène à penser que le monde est foutu et que l'humanité ne se relèvera pas. Je n'ai jamais vu autant de gens bêtes ou méchants, et souvent les deux, que sur tweeter. L'immédiateté du média, fait que les gens réagissent à chaud et se lâchent avec une violence inouïe. Cela m'est arrivé et puis, j'ai adopté la conduite du Touffier, ce patient gynécologue, qui m'a dit qu'il se demandait toujours s'il aurait parlé à cette personne dans la vraie vie. Si la réponse est non, alors autant l'ignorer dans le monde virtuel qu'est tweeter.

Bref, je me suis enfermé dans ma petite bulle avec ma bande de potes et on a essentiellement dialogué entre nous, comme on l'aurait fait entre habitués au comptoir. Parfois bien sur; on fait des incursions sur les "fils" d'autres connectés et notamment sur ceux des élus.

Vous savez que j'ai toujours déteste les élus que je tiens à 95% pour des salauds ou des crétins. Et bien grâce à tweeter, je les tiens maintenant à 99% pour des salauds et des crétins. Et quand je lis les propos de messieurs Lemaire ou Wauquiez, je me dis que l'ENS Ulm était à ma portée, à moins que ce ne soit une gigantesque usine à cons. 

Et puis, vous avez tous les courants sociétaux qui sont représentés sur tweeter. Mais ils sont représentés à l'extrême. Dans la mesure où le média est gratuit et libre d'accès, tout taré, et je pèse mes mots, se croit autorisé à nous balancer ses vérités à la face sans aucune retenue, accusant forcément celui qui aurait quelque doute quand à sa santé mentale, d'être nécessairement un fasciste. Et la contagion sociale aidant,étant entendu que certains points de vue, fussent-ils délirants sont à la mode, les tarés entrainent de pauvres gens dans leur sillage dans une forme virtuelle de délires non schizophréniques.

Les paranoïaques et leurs délires d'interprétation sont légion sur tweeter. Le délire est chronique et systématisé, le mécanisme interprétatif permanent et la cohérence du délire avec sa conviction absolue ont tôt fait d'entraîner des gens plus fragiles dans cette folie.

Je ne sais pas si vous vous souvenez de "L'affaire des reclus de Montflanquin" qui avait défrayé la chronique dans les années 2000 ? Il s'agissait d'une famille entière qui avait vécu dix ans, recluse dans un château, dans le sud-ouest, sous la coupe d'un gourou. Et bien, sur tweeter, ces histoires sont légion. Des individus fragiles suivent de grands paranoïaques en adhérant à leurs thèses délirantes. Face à ces réseaux organisés en meutes, il ne sert à rien d'être raisonnable ou d'avoir compris le mécanisme. A la moindre remarque, vous finirez massacrés et assignés à résidence : vous serez forcément un facho coupable d'hétéro-patriarcat.

Bref, si vous allez sur tweeter, vérifiez toujours "qui vous affirme ceci ou cela" et demander des sources. N'y allez que vêtu d'une blouse blanche d'aliéniste en vous souvenant que de toutes les pathologies, la paranoïa est la plus dangereuses et que sous leur aspect systématisé et faussement savants, les délires paranoïaques sont dangereux !

C'est sans doute l'une des plus grandes tares de notre société moderne ; sous couvert de tolérance, elle admet les conduites paranoïaques amenant à une confusion qui rend de plus en plus difficile de différencier le vrai du faux.