13 avril, 2014

Educ-Spé !


C'est amusant. Je viens d'aller voir mon mail et j'ai deux messages. Le premier émanait d'un patiente qui m'engueulait.  Moi qui suis un petit être tout sensible doté d'une humeur toujours égale, cela me fait drôle de me faire engueuler alors que je ne le mérite pas, simplement parce qu'on me saute dessus sans prendre la peine de comprendre ce que je dis. Alors j'ai pris sur moi et j'ai répondu sagement et gentiment à la dame. Puis, j'ai séché mes petits yeux et j'ai ouvert le second message qui s'est révélé nettement plus agréable. 

Dans celui-ci, le patient dressait un véritable panégyrique de ma petite personne, soulignant ma grande maitrise de la clinique, laquelle viendrait forcément d'une intelligence aussi impressionnante que rare, s'épanouissant telle une Renouée du Japon en terrain rudéralisé. C'était très bien vu et très aimable de sa part même si cela m'a mis un peu mal à l'aise puisque ce que ce brave garçon semble trouver génial me semble assez basique. Mais après tout, Mozart lui-même ne devait pas s'étonner de ses propres créations ! Enfin, j'ai relu sa prose deux ou trois fois parce qu'il m'a fait oublier tous les vilains reproches injustifiés du précédent message. C'était un baume apaisant après de terribles griffures ! Cela m'a fait réfléchir sur la manière dont j'entreprenais mon travail.

Il faut dire que la veille, le dernier patient que j'aie vu avait été assez direct même si je ne lui en ai pas voulu. Étant travailleur social et se sentant en confiance avec moi, il a dit pis que pendre des psychologues estimant qu'ils constituaient une sorte de caste de cons verbeux toujours perchés mais incapables d'apporter une aide efficace à quiconque. Il venait pour un problème professionnel et je pense l'avoir bien conseillé. Du moins il était content comme tout. Il était à l'aise, il me parlait comme à un collègue de boulot et c'était plutôt bien, vu que dans ma profession, ce qui compte c'est l'alliance thérapeutique.

Comme on arrivait à la fin de l'entretien, au mépris de toute règle déontologique qui aurait voulu qu'au nom de la sacro-sainte neutralité, je le laissa dans sa mouise, je me suis lâché. Je lui ai dit que, loin de moi la volonté de jouir du privilège que me donnaient les vingt ans que j'avais de plus que lui en lui assénant mes vérités à la face, je lui conseillais toutefois de ne pas entreprendre ce qu'il voulait, parce que c'était un peu idiot, mais au contraire de faire autre chose. Alors là, le petit pépère a semblé interloqué. Parce qu'il trouvait sans doute que les psys étaient trop souvent des cons verbeux mais que lorsque l'un d'eux passait à l'acte en se départissant de sa réserve pour prendre partie et le conseiller utilement, cela lui faisait tout drôle.

Alors comme il était chez le psy, il a essayé d'en avoir pour son argent et c'est lui qui jargonnait. Mais moi je lui ai redit la même chose, lui conseillant d'abandonner son projet que je trouvais idiot et immature pour adopter une autre stratégie. Et comme il était éducateur spécialisé, je lui ai demandé quel conseils il donnerait à une jeune ayant un problème similaire au sien. Et là, il m'a répondu qu'effectivement il dirait la même chose que ce que je venais de lui dire. Alors j'ai rajouté que s'il pensait que mon conseil était juste et qu'habituellement les confrères en faisaient trop, pourquoi me reprochait-il justement de ne pas en faire assez ? 

Sans doute que mon pragmatisme bouleversait un peu sa vision du monde dans lequel, le psy est un âne totalement perché tandis que l'éducateur spécialisé se coltine le réel ! Finalement en vouloir aux psys l'arrangeait bien en lui permettant de se rehausser, un peu comme l'ouvrier s'en prendrait à l'ingénieur, ou le maçon à l'architecte, en se disant "ouaip mais de toute manière, c'est nous qu'on bosse vraiment et pas lui". J'ai trouvé cela amusant et je le lui ai dit. Et là, il m'a avoué qu'il voulait finir ses études de psycho afin d'être psychologue. Bref, le mouflet ne disait pas que des bêtises quant à ma profession tout en ayant des réflexions corporatistes teintées de frustration telles que pourrait en avoir un adjudant-chef efficace face aux galons du lieutenant.

Comme c'était le dernier de la journée, on est sorti vers vingt et une heure trente et on a pris le métro ensemble. Et là, il m'a dit qu'il n'avait jamais vu de psy comme moi et que j'aurais fait un bon éducateur spécialisé. Je lui ai dit qu'il ferait un très bon psy aussi. Lui et moi étions contents. Cela faisait de lui un sous-off' capable de monter en grade et de moi, un officier n'hésitant pas à ôter ses galons pour se coltiner avec la piétaille. C'était chouette comme dans un film, comme dans Le jour le plus long quand Mitchum s'adresse au petit caporal qui va faire exploser la batterie allemande d'Omaha beach avec un bangalore ! Bref, lui et moi, on s'est fait reluire à coups de compliments sincères et grandiloquents.

Ceci dit, sur le fond, il n'avait pas tort. Quand je me suis installé voici bien des années, un vieux psychiatre de mes amis m'avait mis en garde, m'expliquant qu'il y avait plein de psys à Paris. Je lui avais alors dit, que contrairement à lui, je connaissais la galère des lettres de motivation et des entretiens et que personne ne m'avait jamais attendu. Puis, je lui avais expliqué qu'il fallait aussi adopter un savoir faire différentiel permettant de se distinguer de l'offre pléthorique. Parce que, si c'était pour faire comme la plupart de mes collèges, s'asseoir et faire hmm-hmm, autant renoncer et retourner au droit.

Bref, j'avais creusé le sujet et m'étais dit que mes avatanges seraient de dédramatiser, de coller au réel et de me souvenir que j'étais un putain de prestataire de service et qu'à ce titre, j'étais rémunéré contre une prestation réelle. Bref, le promoteur immobilier que j'étais vivait encore et moi et passait des immeubles aux personnes. C'était basique et bourrin mais c'était ainsi. En bon capricorne ayant de la glaise aux godillots, il ne faudrait jamais s'attendre de ma part à des envolées lyriques mais à du concret. C'est pour cela que je me définis toujours comme un maçon, le mec qui fait les fondations et les murs et rien de plus.

Ce petit con (le terme est affectueux) avait donc raison, je bosse sans doute comme un éduc-spé, comme un de ces mecs qu'on envoie aider des populations ciblées (djeuns, toxicos, sdf, etc.) et qui sont chargés de les insérer. Sauf que ma population à moi, celle que je fréquente le plus dans mon cabinet et notamment par l’entremise de ce blog, est composée de gens dont le niveau intellectuel et social ne mettra jamais en face d'éducateurs spécialisés. J'injecte une grosse dose de réel comme une toupie vous balancerait du béton pour couler une dalle !

C'est pour cela que parler de papa et de maman m'ennuie. Non que ce ne soit pas intéressant ou nécessaire parfois, mais qu'une fois qu'on ait épuisé le sujet, on se demande toujours : ok et après, on fait quoi ? On prend une baguette magique et on recommence sa vie ? Le réel c'est justement d'admettre que quelque soientt les parents qu'ont ait eu, on va commencer à faire avec et construire sur sa propre histoire. Parfois, si les débuts ont été difficiles, il faudra juste des fondations spéciales, enfoncer des pieux à cinquante mètres pour tenir la structure. Mais, on y arrivera.

L'important, c'est de construire, c'est de s'incarner enfin !

11 avril, 2014

Tinder et dysmorphophobie !


Et pan, je reçois une nouvelle patiente, jolie en plus, qui me parle de tout un tas de trucs. Je ne me souviens plus des propos que nous tenions. Sans doute en avait-elle marre de son caractère pour telle ou telle raison, toujours est-il que je lui ai expliqué que je n'avais pas les moyens de changer le caractère de quelqu'un. Tout au plus, pouvait-on arrondir les angles, améliorer l'insertion sociale d'un individu en attirant son attention sur ses comportements mais jamais changer radicalement son caractère. Et puis comme je l'ai dit mille fois, je ne suis pas directeur de la norme et je n'ai pas vocation à standardiser les gens. Les IEP et les écoles de commerce font cela bien mieux que moi.

Comme elle soulignait cette volonté de changer de caractère, je lui expliquai donc qu'à défaut d'en avoir moi-même les capacités, elle trouverait sans doute un neurochirurgien peu scrupuleux dans quelque pays perdu pour pratiquer une lobotomie payable en liquide. C'est facile à faire, deux coups de pic à glace aux coins des yeux et hop, le tour est joué. dommage que le grand Freeman, un homme qui a contribué à faire aimer la psychiatrie, soit mort parce qu'avec son orbitoclaste, il faisait des miracles !

Et voici que ma patiente poursuit en m'expliquant qu'en plus, il pourra en profiter pour lui faire une liposuccion puis pourquoi pas, lui refaire les dents. Et moi je poursuis "et la tête alouette". Et c'est vraiment le plus amusant, cette tendance qu'ont les femmes à toujours être au bord de la dysmorphophobie, cette crainte obsédante d'être laide.

Dans les formes les plus courantes, il est certain que le fait de devoir plaire est un enjeu perpétuel pour les femmes. A cela se rajoute la compétition sexuelle qui s'exerce entre elles, quand les plus jeunes ou les plus jolies font de l'ombre aux autres. Enfin l'époque elle-même génère nécessairement une hausse de ces comportements. Entre les photos perpétuellement retouchées qui laissent croire en l'existence de plastiques parfaites et les sites de rencontre où seule la photo semble importante au détriment de la personnalité, il est certain qu'être belle comme dans un magazine est un atout !

Quelle manne inespérée pour les chirurgiens esthétiques et les nutritionnistes. J'en parlais récemment à un gynécologue auquel je disais que je ne comprenais pas pourquoi il se cassait la tête à risquer des poursuites judiciaires en cas d'accouchement problématique alors que je connais un nutritionniste qui se fait cent-quarante euros par séance de vingt minutes avec pour tout investissement une balance ! Si en plus vous avez fait mincir une star, alors c'est le livre et le succès assuré !

Jeudi soir l'un de mes jeunes patients m'a ainsi fait une démonstration de Tinder, l'application de rencontres en vogue. Connecté sur son Ipad, il a juste regardé dans un rayon de deux kilomètres autour de mon cabinet les profils de jeunes femmes qui étaient présentes. Et là, j'ai été estomaqué. Moi qui pensais qu'il prendrait un minimum de temps pour se renseigner sur les jeunes femmes, que dalle ! A une vitesse ahurissante, je l'ai vu glisser vers la droite de l'écran celles qui lui plaisaient et virer vers la gauche de l'écran celles qui ne lui plaisaient pas. 

Une trieuse à pommes de terre n'aurait pas été plus vite que lui ! Comme j'en avais tout de même vu deux ou trois qu'il avait virées et me semblaient pourtant jolies, je me suis risqué à lui faire remarquer. Alors d'un index expert il a remis les dernières photos et il en a gardé une de plus en m'expliquant en quoi certaines lui plaisaient et d'autres non. Ses explications me semblent un peu confuses mais je sens que plus c'est posé, plus cela ressemble à un mannequin, mieux c'est.

Dans les faits, en termes de mannequins on n'est pas vraiment au défilé Chanel, on est plutôt dans la gogo danseuse d'une boîte de province ou d'une Miss camping. C'est vraiment, j'aime, j'aime pas. Aucune procédure d'appel n'est prévue. La notion de charme n'existe pas. Quant à al personnalité, n'en parlons pas ! On est dans le registre du tout petit enfant qui saisit son jouet Smoby simplement parce que la couleur vive lui plait ou qu'il fait du bruit quand on le remue !

Quand on voit cela, même si je n'en fais pas une généralité, je comprends que les tendances anorexiques et dysmorphophobiques aient de beaux jours devant elles.

Tinder en action !


07 avril, 2014

A la semaine prochaine !


Bon, un dernier marcassin pour la route et je m'arrête. J'ai écrit je ne sais combien d'articles. Ce n'est pas évident de faire vivre un blog. Et encore moins, lorsque comme moi vous croulez sous les rendez-vous et que votre vie est un apostolat destiné à soulager la souffrance mentale des affligés. Mais bon la canonisation est à ce prix ! En plus si je bâtis une chapelle, ça me fera des points en plus ! Malin le mec non ?

Et puis avec toutes ces bêtises, je viens de me faire choper par mon épouse à jouer Dancing Queen au piano en chantonnant ! J'ai eu beau lui dire que c'était à cause d'un article du blog, elle ne l'a pas cru. Ensuite, je lui ai dit que c'était à titre d'exercice parce qu'une partition en sol dièse avec trois dièses à la clé c'est chiant à jouer, elle ne l'a pas cru pour autant.

Elle m'a juste dit que j'avais le droit de jouer du Abba, que c'était très joli et mélodieux comme chanson. Alors je lui ai dit qu'elle exagérait et elle m'a répondu gentiment que ce n'était pas interdit d'aimer Abba en rajoutant que d'ailleurs je devais même adorer Abba puisque j'avais dansé sur Dancing Queen au Winter Garden Theater de New-York en 2010 !

Mais putain puisque c'était le final de la comédie musicale et que tout le monde dansait je n'allais pas rester cloué sur le fauteuil comme un putain d'autiste (pardon pour les autistes) ! Même le Gringeot aurait dansé que j'ai dit à mon épouse. Et elle m'a répondu que le jour où on verrait le Gringeot danser sur Dancing Queen n'était pas encore venu ! Et ben, moi je suis sur que dans la même situation le Gringeot aurait dansé parce c'est comme ça, qu'on se laisse entrainer par la foule et l'ambiance. Et puis non c'est vrai que le Gringeot ne danse pas mais pas parce qu'il n'aime pas ça, mais simplement parce qu'il n'est pas gracieux comme garçon. Alors que moi ... c'est vrai que je bouge bien. C'est mon côté balance, ça n'a pas que des désavantages quoi !

En tout cas, Lapinou aurait dansé lui que j'ai dit à mon épouse. Ce à quoi elle a répondu qu'un jeune type qui adore porter des t-shirts roses n'était pas non plus un modèle de virilité. Alors j'ai dit que justement moi je ne portais jamais de rose mais que j'aimais le noir !!! Pfff, ah la la, faut toujours se justifier même quand on joue du piano. Je ne vais pas jouer "Tiens voilà du boudin" tout de même !!

Putain, je peux rien faire ! J'en ai marre de Mars en Balance. Tant pis je boude, je vais regarder les pages déco de Elle pour la peine ! 


Alors c'est pas un méga symbole phallique ce Pleyel 3 bis ? Avec sa queue et sa gueule grande ouverte, la symbolique est pourtant claire ! Et pourtant, c'est joli et agréable à regarder. C'est Mars en Balance ça !

Mars en Balance - Merci Chaton !


Bon durant des années j'ai vécu en sachant que j'avais Mars en Balance dans mon thème astral. Et quand on a mon âge et que les seuls livres sérieux (pour ceux qui trouvent cela sérieux bien sur) d'astrologie sont écrits par Hadès et André Barbault, c'est pas la joie. Partisans d'une astrologie déterminisme, ils ont vite fait d'assigner à résidence où en fonction de telle position de tel aspect de votre ciel natal vous serez soit prix Nobel soit tueur à gage, à moins bien sur que vous ne sombriez dans a déchéance vous contentant de faire les poubelles pour vous sustenter.

Mars en Balance, c'est un peu le dieu de la guerre pris sur le fait alors qu'il portait des porte-jarretelles sous son uniforme. La balance  à priori, c'est doux et mignon, c'est l'équité, la mesure en toute chose et on est bien loin du fracas des armes. Mars en revanche tout le monde connait, c'est couillu ! J'avais d'ailleurs parlé de cela dans un très vieil article dans lequel je vous confiais mes doutes et mes angoisses.

Ainsi, le fait que j'aie toujours rêvé de me faire une minivague et de me décolorer en blond, c'est mon Mars en Balance ? (*) Et donc, le fait que j'adore les magasins de décorations et je peux passer des heures à regarder des catalogues de papiers peints, ce serait aussi du à mon Mars en Balance ? (**) J'en tremblais d'avance, me sentant pris au piège, songeant que ma masculinité serait aussi vaine que celle de l’éphèbe qui après avoir manié la fonte dans une salle de sport s'en irait déjeuner dans le Marais plutôt que d'abattre un arbre.

Le plus amusant dans l'histoire est que tout récemment un jeune patient qui me lisait depuis des années m'ait appris que lui aussi avait Mars en Balance. Bon, j'aurais pu lui dire d'abandonner et de faire comme moi en tentant de survivre en fake, en crypto-gay, en dissimulant derrière un apparent intérêt pour la moto sa passion pour les biscuits de Sèvres (***) ou son gout pour les comédies musicales (****) !

Dans les faits, je lui ai dit que cet article ancien était uniquement comique mais qu'il ne reposait sur rien de sérieux. Que l'astrologie, dont j'adore parler ici, n'était pas l'essence des thérapies que je prodiguais, loin s'en faut. Je ne suis pas astrologue bien sur. Mais comme il semblait un peu inquiet tout de même, je l'ai rassuré sur la signification exacte de Mars en Balance et sur le fait qu'il n'est pas interdit d'aimer l’astrologie mais que l'astrolâtrie, en tant que dépendance, est à combattre. Rien n'est dramatique, ni jamais inscrit au fer rouge dans un prétendu thème ! Méfiez-vous toujours des Cassandre qui vous annonce ce genre d'âneries définitives : ah tu es capricorne, tu dois être triste et chiant !

Mais à toutes fins utiles, j'ai demandé à l'ingénieur chamane de rédiger un article sur le sujet. Voilà donc qui clôt définitivement le sujet de Mars en Balance dont je suis maintenant très fier. Ca veut jsute dire que je suis un mec cool et sympa et calme, un peu comme David Carradine dans Kung Fu, une vielle série, mais que je peux mettre des mandales si nécessaire quand on me fait chier. J'ai un côté moine Shaolin, dans le genre zen et tout mais qu'il ne faut pas faire chier parce qu'à défaut d'agir, il peut réagir. Voilà tout !

Bon, je suis peut-être moins leste et physique qu'un Shaolin mais ça reste encore à prouver. Et puis quand je voyais la série, il m'énervait à toujours se prendre des claques sans réagir David Carradine. Il était super balèze en karaté et il se faisait rosser comme un âne par le premier venu. Comme quoi, je ne suis pas aussi pacifiste que lui. Je suis juste un peu Shaolin sur les bords mais pas trop quoi. Je suis mesuré dans mon attitude de Shaolin parce que justement j'ai Mars en Balance !

Voilà donc qui clôt quarante ans d'angoisse ! Merci à Chaton pour cet article magistral même si le dernier paragraphe, dans lequel il fat un parallèle avec la sexualité des papes, me semble totalement infondé et plutôt destiné à me mettre un petit taquet gentil par blog interposé. Ah quel coquinou cet ingénieur chamane tout de même !

Bon, je précise évidemment que :
(*) : je n'ai jamais songé à me faire faire une minivague ni à me décolorer en blond ;
(**) : que je me tape des catalogues de papiers peints ;
(***) : que je ne me passionne pas pour les biscuits de Sèvres même si je sais ce que c'est parce que je suis cultivé comme pas possible !
(****) : que je ne suis pas fan des comédies musicales même si je suis allé voir Mamma Mia à New-York. J'ai du danser à la fin debout entre les fauteuils mais de toute manière tout le monde le faisait et ça ne prouve rien du tout. Et même si mon épouse m'a filmé, j'ai détruit la carte mémoire de l'appareil photo et il n'y a plus aucune trace.

Bon, sur ce, je vais m'écouter un peu d'Abba ! Dancing Queen ça me fait bouger ! Je vais me mettre à mon Pleyel 3bis et jouer un peu :

You are the Dancing Queen, young and sweet, only seventeen
Dancing Queen, feel the beat from the tambourine
You can dance, you can jive, having the time of your life
See that girl, watch that scene, dig in the Dancing Queen


Putain Carradine avait Mars en Balance et quand on voit comment il est mort ...

Et encore un !


Ayant écrit mes articles pour la semaine, il est temps de conclure en vous proposant une photo de marcassin goutant lui aussi un repos mérité !

Sinon pour ma future chapelle, je pensais à Notre-Dame des Ours mais je me suis dit que Notre-Dame des Ours et des Chatons, ce serait bien aussi, même si la gravure de la plaque de marbre me coutera plus cher vu qu'il y a plus de lettres. C'est vrai que les ours, on en parle tout de même. Youk, du film L'Ours, et Knut, l'ourson du Zoo de Berlin, furent en leur temps des vedettes et l'on se soucie de l'impact du prétendu réchauffement climatique sur la vie des ours blancs.

Mais qui se soucient des chatons. Tout le monde trouve cela mignon mais n'empêche qu'on les noie à la naissance ou qu'on stérilise les chattes très jeunes pour leur éviter les grossesses. De là à dire qu'il y a un plan mondial anti-chatons, il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas. Mais la question reste ouverte. 

Pourtant je n'aime pas trop les chats adultes. Je trouve ça un peu con un chat, en tout cas nettement moins intelligent qu'un chien qui au moins vous fait la fête en remuant la queue et en bavant de joie. D'ailleurs quand Laurence avait pris un chat, j'avais fait la gueule. Je lui avais dit qu'un chien aurait été mieux. Elle m'avait dit qu'étant parfois absente de chez elle, c'était plus simple avec un chat, je n'avais rien voulu entendre. Muré dans un silence boudeur, j'avais juste murmuré que les chats c'était tout pourri.

Après dernière question, est-ce que donner un tel nom à une chapelle, fut-il sincère, est blasphématoire ? Parce que je ne voudrais pas qu’après ma mort, une fois devant Saint-Pierre, ce dernier ne me dise : "ah oui c'est toi le gros con qui déconne avec les noms de chapelle ? Tiens direct en enfer avec les socialistes, ça t'apprendra à faire des blagues".

Je pourrais en parler à un prêtre et le convaincre de ma sincérité mais j'ai un peu peur. Non qu'il juge ma démarche blasphématoire mais me dise simplement : "monsieur vous avez manifestement bu alors allez cuver et revenez à jeun".

Ca sonne pourtant bien Notre-Dame des Ours et des Chatons non ? Mais peut-être que je ne mettrai pas "chatons" dans le nom. C'est trop long. A la limite, je pourrais faire uen seconde chapelle que j'appelerai Notre-Dame des Chatons. Mais si j'aligne les chapelles dans le jardin, ça risque de faire cimetière. 

Et ça mon épouse ne voudra pas. Une fois, j'avais eu l'idée lumineuse de mettre de fausses pierres tombales dans un coin où l'on ne va jamais. Soucieux de l'égalité des sexes, j'avais soumis ma fabuleuse idée à mon épouse, persuadée qu'elle y verrait l'émanation de mon génie. Que dalle ! Elle m'a juste dit que j'avais parfois de drôles d'idées. Je lui aurais avoué que j'étais nécrophile que ça n'aurait pas été pire !

Bon je vais en rester à une seule chapelle que j'appellerai Notre-Dame des Ours. Je ne peux jamais rien faire de toute manière. On bride mon génie !

Gringeothérapie !


Deux patients lecteurs de mon blog m'ont parlé récemment du Gringeot, figure récurrente de ce blog. Le Gringeot qui représente la force brute, qui est une sorte d'allégorie de la virilité vers laquelle tout le monde tend sans jamais pouvoir l'atteindre. Le Gringeot, entéléchie aristotélicienne, combinant puissance et acte réunis dans un formidable mouvement de bassin pénétrant le monde d'un sexe d'airain !

Autant vous dire que le Gringeot est autant craint et admiré que détesté. Il représente autant le but à atteindre que la limite à dépasser pour tenter d'exister de manière autonome. Freudien à mes heures, je brûle le complexe d'Oedipe pour lui substituer le novateur complexe du Gringeot ! Rassurez-vous, un livre, que dis-je une somme, est en préparation afin d’étudier ce complexe du Gringeot ! Moi qui n savais pas quoi écrire lorsque deux grands éditeurs frappèrent à ma porte, persuadés que je pourrais leur fournir un best-seller, j'ai maintenant un projet et de la matière !

Bien sur les hommes me parlent du Gringeot et l'on sent bien cette dualité, ce mouvement d'aller et retour entre un respect teinté d’effroi envers un homme dont j'ai fait le paradigme de la virilité, combinant la force brute et les idées simples, mais aussi envers celui qu'il faut tuer symboliquement pour lui survivre. Le Gringeot sera donc dans les années à venir l'épicentre de mon nouveau système de thérapie que j'appellerai naturellement la gringeothérapie© !

C'est ainsi qu'un motard me consultant, alors que nous parlions m'expliqua doctement que souvent les gens comme le Gringeot étaient apparemment des brutasses mais, soumis à une trop forte pression, s’effondraient souvent comme des jeunes filles chlorotiques. Ainsi le Gringeot, pourtant assis tel un centaure mécanique sur son énorme Harley-Davidson, est assimilé à une jeune fille ! J'ai immédiatement senti le défi inconscient. Remettant mes lorgnons j'ai fait hmm-hmm en lui demandant de poursuivre. On est là dans le cas classique où le jeune guerrier défie le vieux dans un combat rituel ! Lévy-Strauss aurait été à la fête s'il avait entendu cela !

Plus récemment, un autre m'expliquait ses peurs curieuses (une phobie simple) tout en souhaitant me convaincre de son courage physique. Il m'expliqua ainsi pour illustrer ses propos que si n'importe qui, fut-ce un tueur à gage serbe, un tchétchène voire le Gringeot était en bas de chez lui et l'attendait, cela ne lui ferait pas peur ! Imaginez donc que dans le panthéon personnel de la violence de ce cher patient figurent par ordre de danger, le tueur à gage slave, le guerrier farouche dont le symbole est le loup mais au dessus de tout cela, le Gringeot lui-même !

Bon après qu'il eut parlé de trotteur, j'ai tenté de changer de discussion et de parler de cela au Gringeot mais il n'a pas du saisir le symbolisme de ces situations dans toute leur saveur. Il s'est contenté de me répondre :" 'culés kivienne" ce que j'ai pu traduire par "que ces damnés sodomites viennent donc se frotter à moi et il leur en cuira".

C'est un peu le problème avec le Gringeot. Quand je publierai des textes scientifiques jetant les bases de la Gringeothérapie©, pour laquelle j'envisage un avenir encore plus radieux que celui de la psychanalyse, il faudra que je le décrive plus que je ne le montre.

Les gens ne sont pas encore prêts !

Statophobie !

L'état est bon pour nous !

J'ai eu de nombreux patients phobiques quoique cela touche essentiellement les femmes. J'ai eu des agoraphobes, des claustrophobes et des émétophobes et d'autres encore, je vous en passe et des meilleures !

Depuis quelques années, et sans doute qu'ils sont enclins à me consulter parce que je me réclame libéral, je reçois des gens qui sont statophobes. C'est à dire que là où tout un chacun, ayant reçu, admis et compris le catéchisme républicain, serait tenté de voir le progrès d'un état de plus en plus obèse ayant le souci de régir l'ensemble de notre vie pour notre plus grand bien, eux y voient un danger !

Aussi fou que cela semble, ils ne font pas confiance à la justice de leur pays, se méfient des élus tout particulièrement, conspuent les fonctionnaires et jugent attentatoires à leur liberté les irruptions étatiques dans tous les domaines de la vie civile ! A croire qu'ils rejettent notre société civile fondée sur le pacte social et seraient plus heureux dans un état de nature ! Incroyable !

Mais trève de plaisanterie, puisque je parle sérieusement. De plus en plus, l'état fait peur. Les récents événements donnent à penser à certains que loin de les protéger l'état ne serait qu'une fiction constituée par un groupement de personnes tout occupé à sa réélection et financé par des lobbies divers et variés. Fichtre nous ne sommes pas loin de la théorie du complot ! Brr..., ça fait peur !

Certes le traitement pénal apparemment différent selon que l'on soit pris dans la Manif pour tous ou dans une opération menée par des Antifas pourrait donner à réfléchir. Mais comment préférer des crânes rasés suivant la Barjot à des chevelus animés par le vivre ensemble ! De même, des esprits chagrins se demandent sans doute ce qu'est devenu notre bon ami Cahuzac. Je suppose simplement que notre ancien ministre prépare sa défense soigneusement dans sa retraite tandis qu'un juge instruit l'affaire sereinement à l'abri des passions ! 

Et les pires auront carrément des soupçons quant aux déclarations de patrimoine de nos élus alors que certains poussent pourtant la transparence jusqu'à déclarer jusqu'à leurs vélos. Certains soulignent aussi que la France soit aussi devenue championne de la suppression des contenus Twitter (Trotteur pour le Gringeot) comme une insoutenable atteinte à la liberté d'expression alors qu'il s'agit, à n'en pas douter, d'une saine opération de police destinée à éloigner des fâcheux du débat démocratique soigneusement encadré pour notre bien. D'ailleurs, si vous ne me croyez pas, lisez vos journaux, et vous verrez que Manuel Valls est accusé d'être un libéral ! Même le Huffingtonpost l'écrit ! Et un libéral aime toujours la liberté. Alors pourquoi se plaindre !

Que n'entend-on pas ?! Bien entendu, je ne vais jamais dans leur sens et je laisse ces grands paranoïaques à leurs idées tout en tentant de les ramener à de plus saines réalités. Pour ma part, qu'il s'agisse des élus ou de la justice, je fais une confiance absolue à ceux qui décident pour moi parce que je sais qu'ils ont bien plus de hauteur de vue que je n'en ai. Fidèle à l'enseignement de l'Angkar, qui n'est qu'un des avatars nombreux du socialisme, j'affectionne d'être comme un bœuf. A quoi bon lever la tête de mon sillon puisque d'autres savent ce qui est bon pour moi ? Je sais que j'appartiens à une grande démocratie et j'en suis fier ! 

Quand je pense qu'un de mes chers patients a osé me dire qu'en tant que mâle blanc chrétien hétérosexuel et solvable, il se sentait comme un lapin à l'ouverture de la chasse. Après tout il n'a qu'à faire comme moi qui appartiens à la même catégorie et se dire qu'il est ontologiquement coupable même s'il ne sait pas de quoi. De la variole des indiens à la traite négrière, en passant par les femmes battues, c'est notre faute. Tant pis si on n'a jamais frappé une femme ou vendu un individu, il suffit de se dire qu'on aurait peut-être pu le faire et cela suffit à régler le problème. Le doute ne doit pas profiter à l'accusé, ce serait lui laisser trop de liberté de manœuvre.

Bon si effectivement ces statophobes avaient quelques raisons de redouter l'iniquité de l'état ? Si dans ce salmigondis paranoïaque, surnageaient quelques craintes légitimes ? Alors dans ce cas, que faire ? En appeler au putsch et à la révolution ? Personnellement je n'ai rien d'un factieux et je ne me vois pas encourager les gens à prendre les armes. Ce ne sont pas mes idées et encore moins mes fonctions.

En revanche j'ai pu noter que mes statophobes souffraient tous d'un grand isolement social, noyés qu'ils sont avec leurs idées sur l'état au milieux de statophiles convaincus. De ces statophiles qui, pour peu que vous émettiez la moindre soupçon sur l'avenir du monde ou la corruption des élus, vous répondent aussi sec : ah non tu ne vas pas croire à la théorie du complot ! C'est sur que passer sa vie à se faire traiter d'illuminé, de paranoïaque ou encore de poujadiste n'aide pas à retrouver le chemin de la santé mentale.

Alors à tous ces statophobes, convaincus à tort ou à raison que l'état est mauvais, je conseille de trouver des gens comme eux, de parler, d'échanger afin de ne plus souffrir de cet isolement terrible. Dans la même veine, on peut aussi trinquer (avec modération) à la santé des élus et des corps constituée en leur souhaitant une chiasse ou la vérole, sachant que l'un et l'autre se soigne très bien de nos jours.

Pour ma part, quand parfois, je me sens moi aussi statophobe, je me reprends, je me souviens des stoïciens que j'ai mus mais aussi du fait que je sois né sous le signe du temps et je fais mienne cette phrase :  "Si quelqu'un t'a offensé, ne cherche pas à te venger. Assieds-toi au bord de la rivière et bientôt tu verras passer son cadavre". Lao Tseu devait être capricorne ! 

Bref, amis statophobes, ne restez pas seuls, fréquentez des gens qui pensent comme vous, sur le net ou, c'est encore mieux, dans la vraie vie. Ayez de l'humour en toutes circonstantes. 

Et surtout gardez la foi !

Chez Audiard !


J'ai vu récemment le Gringeot. Et comme de bien entendu, je me suis retrouvé plongé dans un film de Lautner dialogué par Audiard ! Il faut dire que le Gringeot avait suivi la campagne électorale des municipales et qu'il avait son mot à dire ! Le Gringeot, il aime pas trop les cocos ni les socialos faut dire. Alors, le dimanche après midi, sitôt son repas ingéré, il se sert son petit café dans un mazagran et son verre de fine sur sa toile cirée dans sa cuisine, pour ne pas salir le salon, et il regarde BFM en boucle sur son téléviseur Radiola noir et blanc (36cm).

Comme il le dit : "avec un décodeur TNT, elle marche encore très bien alors pourquoi la jeter ! La couleur, on s'en fout après tout". Ah la sagesse un peu avaricieuse du taureau qui sait compter et ne dépensera jamais plus que nécessaire. Oh la prudence toute taurine face au progrès dont on ne s’approprie que peu à peu  les derniers bienfaits en se méfiant de la nouveauté !

C'est ainsi qu'il me fit une réflexion frappée au coin du bon sens en me parlant de trotteur ! Pour ne pas l’incommoder par une moquerie méchante et malvenue, je le laissai poursuivre afin de savoir ce que pouvait bien ficher un trotteur dans une conversation politique. Je n'ai jamais connu de passion du Gringeot pour le turf et je ne sache pas qu'il aurait été à Vincennes suivre des courses de trot attelé. Si le Gringeot est un motard dans l'âme, je ne le voyais pas sur un sulky ! Il est beaucoup trop massif pour un frêle cheval de course. Pour le tracter, il aurait fallu atteler au moins huit percherons comme on faisait en 14-18 pour tirer une batterie de 75, canon et caisson d'obus compris !

Il continua donc de soliloquer me parlant de ce fameux trotteur sur lesquels les politiciens de tous bords dégoisaient à longue de journée pour raconter des conneries et des menteries plus grosses qu'eux. Puis, touché par la grâce, il m'expliqua : "et puis d'abord comment on sait que c'est leur trotteur puisque je peux ouvrir un compte trotteur en prenant ton nom et personne n'en saura rien et on croira que c'est toi quand même ! Hein, comment on sait que c'est eux d'abord ? Hein ?".

Comme l'assemblée l'écoutait sans rien dire, il poursuivi tout seul en maugréant et pestant après ce monde devenu bien trop moderne et surtout rapide pour lui en nous assénant : "de toute manière, moi ces conneries c'est pas mon truc. Fracbouque et Trotteur, je m'en cogne. Si j'ai un truc à dire à quelqu'un je l'appelle et je lui dis, j'ai pas besoin d'un réseau social".

Nous comprimes enfin que ce fameux trotteur n'avait qu'un lointain rapport avec les courses hippiques mais qu'ils 'agissait de Twitter, le réseau bien connu. Et bien, sur chers lecteurs, vous aurez saisi que ce que ce bon Gringeot nomme Fracbouque est évidemment Facebook, l'autre leader des réseaux sociaux.

06 avril, 2014

Lubies en tous genres !


Hier je me suis tapé un article passionnant sur les akènes parce que je m'intéressais aux fruits indéhiscents. Maintenant, lorsque la saison venue, les fruits des érables tomberont en tourbillonnant, je pourrais m'exclamer : oh les jolis disamares ! Je dois évidemment ces connaissances loufoques au fait que j'adore lire, que ce soit une drogue qui fait que je lis tout et n'importe quoi !

Par exemple avant de me passionner pour les akènes et les samares, je lisais un super article sur la Renouée du Japon dont on dit le plus grand mal alors qu'en fait, si on entretenait mieux les terrains, il n'y en aurait pas autant. Et puis au pire, on n'a qu'à lâcher des chèvres des fossés et elles régleront leurs sort à ces damnées renoues un peu trop envahissantes. Et voilà, que j'ai lu tout ce qui concernait les races caprines. C'est inutile mais sait-on jamais ?

C'est ainsi que voici quelques semaines, mais ne demandez pas pourquoi, un de mes patients me parlait de caravane, sans doute pour souligner une anecdote. Il m'entretenait des autoroutes lorsque les vacances sont venues et qu'elles sont encombrées par les berlines de couleurs vives de nos amis hollandais tractant souvent des caravanes. Et je ne sais pourquoi, il me parle de "petites caravanes toutes rondes". Et moi de lui répondre doctement : sans doute une Eriba Puck. 

C'est sorti comme ça et il a été étonné parce que ce n'est pas souvent que chez son psy on parle de caravanes allemandes ou de caravanes en général. Il me demande alors si je suis un afficionado du camping et je lui réponds que non, que je n'ai jamais campé de ma vie, sauf quand j'étais scout mais que c'était sous de grandes tentes. De toute manière, je ne suis resté qu'un an scout, je n'aimais pas les groupes, ni marcher des kilomètres alors qu'on aurait pu prendre une voiture, ni construire des meubles tout nuls en bois.

Je remercie le ciel de ne pas m'avoir fait naitre aux USA ! Ce que cela m'aurait fait chier que mon père après avoir joué avec moi au base-ball en me lançant une balle, m'emmène en Pick-up camper pour aller pêcher dans une forêt paumée ! Moi qui n'aime ni le camping, et encore moins le sport, je pense que pour un père américain, j'aurais été un très mauvais fils ! On m'aurait accusé d'être gay et on m'aurait emmené chez le pasteur ou alors, on m'aurait inscrit au club d'échecs ! Putain que je suis content de ne pas être américain ! 

En fait de la même manière, que la Renouée du Japon m'a conduit au chèvres puis aux akènes et aux samares, un sujet quelconque m'a mené un jour aux caravanes. Et de la même manière que la chèvre des fossés mange n'importe quoi, je lis n'importe quoi, tant et si bien que de fil en aiguille, j'ai débarqué sur ce blog que j'ai complètement lu ! Et puis tant qu'à faire, comme je me passionnais pour le sujet, il m'en aura fallu de peu pour que je m'intéresse aux caravanes L'escargot, qui avaient des formes rigolotes.

Mais je me suis méfié et je n'ai pas acquis de caravane ! Parce que je me connais. Je lis un truc, j'approfondis et je suis capable d’acheter bêtement des trucs inutiles. Par exemple, la dernière fois, je me passionnais pour les terres australes et apprenant que le phylica arborea était le seule plante ligneuse de l'ile d'Amsterdam, j'en ai acheté un. non que ce soit un très bel arbre mais simplement que cela me faisait plaisir de me dire que dans un rayon de cinquante kilomètres, on ne devait pas être nombreux à en avoir dans son jardin.

Au départ, j'aurais bien voulu un choux des Kerguelen mais je n'en ai pas trouvé ! Alors je me suis rabattu sur un phylica arborea. Donc si quelqu'un a des graines de choux des Kerguelen, qu'il me le fasse savoir, je suis preneur.

En revanche, je me montre raisonnable et je ne suis pas acheter d'une caravane, fut-ce une Eriba Puck ou une Escargot. C'était juste rigolo à lire mais je n'aime toujours pas le camping. Et puis de toute manière, j'ai abandonné cette lubie depuis des mois pour me consacrer de nouveaux aux chapelles puisque j'ai décidé de m'en faire uen dans mon jardin.

Ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas ! Peut-être suis je le jouet de Dieu qui me parle à mon insu et que ma chapelle deviendra un lieux de pèlerinage après ma mort ? Alors pour me donner des idées, je me balade sur ce blog. Marcel semble être un mec un peu comme moi qui se passionne pour tout et n'importe quoi dont les chapelles et oratoires qu'il ne cesse de prendre en photo dans son département. Il en a déjà répertorié 827. 

D'ailleurs, comme j'adorais le lire, je lui en ai trouvé une en utilisant Google Maps, un jour que je n'avais rien d'autre à foutre ! J'avais trouvé cela sympa de lui rendre service vu que j'ai passé des heures à regarder ses petites chapelles ! De plus, il ne s'intéresse pas aux grandes, aux monuments qui ont l'honneur du guide Michelin mais aux minuscules chapelles érigées au bord des routes par des particuliers.

Comme je suis le type le moins ma,uel du monde et que j'avais déjà du mal à réaliser uen maquette sans e coller les doigts quand j'étais jeune, je me documente pas mal. Mais bon, monter du parpaing ce n'est pas bien compluqué, ni faire une dalle. Le plus dur c'est la charpente. Mais comme j'adore l'art-déco, la mienne sera à toiture terrasse. Ce qui complique un peu les choses vu qu'il faut calculer le ferraillage et faire un beau coffrage.

Bon, je me suis pas mal documenté et au pire j'ai deux bons potes architectes à qui je pourrai demander un tuyau, enfin si c'est nécessaire. Après tout, je vais le faire un peu à ma manière. Je ne fais pas non plus la cathédrale de Chartres. J'ai quelques idées et je dois faire quelques croquis. Je ne sais toujours pas ou la mettre. J'ai trois emplacements possibles ! 

En revanche j'ai choisi le nom et je sais même chez quel marbrier faire faire la plaque. Je l'appellerai Notre-Dame des Ours parce que j'aime bien les ours et qu'il n'y a aucune église de par le monde qui porte ce nom. Il y a bien neuf saints qui portent le prénom d'Ours mais ils ne me passionnent pas plus que ça ! Ou alors il faudrait que je lise un peu leur vie et que j'en sélectionne un avec qui j'aie quelques affinités. Qui sait ? Ce sera l'objet de mes lectures vaines. Cela me permettra au pire de discuter de Saint Ours avec d'autres passionnés.

Ceci dit, je n'ai pas l'apanage des idées baroques en matière de religion puisque jusqu'à un date récente a existé un Saint Guinefort qui n'était autre qu'un lévrier, oui un chien, dont la légende raconte qu'il aurait sauvé le fils d'un seigneur de la morsure d'un serpent en s'interposant. Prier Saint Guinefort était, parait-il bénéfique pour la santé des enfants un peu faiblards. Bien entendu l'église romaine a combattu ces superstitions. Une légende plus récente datant du début des années soixante raconte qu'une dame Gringeot aurait tellement prié ce curieux saint que son fils serait devenu une montagne de muscles !

Bref entre le choix de l'emplacement et la réalisation, cela me prendra un peu de temps. Et puis si vous apprenez au journal de vingt heures qu'un abruti est mort écrasé par la dalle qu'il avait réalisée pour le toit de sa chapelle, vous saurez que c'est moi ! Ce sera ma manière de concourir aux Darwin awards !

Mais bon, soyez rassuré, le temps que je passe du rêve à al réalité, du temps s’écoulera. Une fois, mon ami Toju me l'avait dit : tu préfères rêver les choses que les faire. Et le bougre avait raison ! Je suis très peu réalisateur ! EJ fais des plans su rla comète, je modélise, je réfléchis mais j'agis peu.

C'est pour cela que je m'occupe plus de la vie des autres que de la mienne. Au moins finissent-ils par faire des choses. Et moi je cesse de culpabiliser de mon inaction chronique en me disant que j'y suis peut-être pour quelque chose !


Make a wish !


L'association Make a wish (faites-un voeux) est une organisation sans but lucratif dont le but est d'exaucer le vœu d'un enfant étant ou étant été très gravement malade. elle oeuvre pour les enfants âgés de deux ans à dix-huit ans et c'est le médecin traitant qui se prononce en dernier recours pour savoir si le petit patient peut accéder à son souhait en fonction de soins qu'il peut avoir.

Autant vous dire que compte-tenu de mon activité, je suis assez loin de cette organisation. Non, que je n'ai jamais eu de décès dans ma clientèle mais que celle-ci soit bien trop âgée pour recourir aux bons offices de cette association.

Pourtant récemment, j'ai eu l'impression de faire partie de ake a wish ou d'être un peu Ty  Pennington, des Maçons du cœur quand il offre à des pauvres méritants le palais de leurs rêves ! Jean Sablon et le jeuen gentilhomme tourangeau l'ayant rendu visite, nous devions aller chercher un quatrième comparse arrivant plus tard en RER.

Au moment de partir, la Visa étant déjà garée dehors, je décide de la prendre. Et j'observe alors le regard de Jean Sablon sur ma voiture. Il semble émerveillé comme un petit leucémique qui voyant sa dernière heure arriver peut apaiser sa tristesse en rencontrant l'idole de ses rêves. Pour Jean Sablon, ce ne sera ni Beyoncé ni Rihanna mais ma Visa.

Bon prince, je lui tends alors les clés, n'hésitant pas à confier mon véhicule de collection à ce jeune né deux ans après que ma Citroën ait été produite sur les chaines de l'usine de Rennes ! Une fois au volant, il faut un peut tout lui expliquer parce que ce jeune godelureau ne sait évidemment pas se servir du satellite, ce truc pourtant vachement bien conçu à la gauche du volant qui contient toutes les commandes à portée d'index ou de pouce.

Ah ça pour suborner les jeunes femmes il s'y entend mais il n'y a plus personne dès qu'il s'agit d'utiliser du matériel de haute technologie. Le voici enfin qui démarre enfin et passe la première. Se croyant dans une voiture de sport, il accélère à peine et évidemment la voiture bouge ... à peine. Le moteur de 2cv et ses 35cv n'est pas précisément un foudre de guerre et il faut vigoureusement enfoncer la pédale d'accélérateur. On ne risque pas un wheeling qui boufferait du pneu !

Concentré sur sa conduite, je ne l'entends pas apprécier l'environnement cosy de l'intérieur ! Il s'agit pourtant d'une Club et non d'un version de base Spéciale ! Mais non, pour ce jeune gandin habitué dès son plus jeune âge à vivre dans un luxe inouï, il semble naturel de poser ses fesses chenues dans des sièges moelleux tendus d'un joli tissu au motif pied-de-poule! 

Et durant tout le trajet, je le sens crispé sur son volant monobranche un peu mal à l'aise. Sans doute que cette plongée soudaine dans l'histoire de l'automobile le déconcerte. Aucune électronique embarquée ne vient contrarier l'action du conducteur sur la machine. En cas de freinage soudain, nul ABS ne réduire votre distance de freinage de même qu'aucun airbag n'amortira le choc des tôles contre votre corps fragile. En 2014; conduire une Visa c'est être un peu un pionnier de l'aviation, une sorte de Didier Daurat pilotant son Latécoère au dessus des Andes !

Il m'explique alors qu'il n'a pas confiance dans les freins ! J'ai beau lui dire que la voiture est équipée de deux disques à l'avant et de deux tambours à l'arrière ce qui semble largement suffisant pour le poids plume de l'engin, Jean Sablon en jeune habitué à un environnement ouaté et bercé par le sacrosaint principe de précaution ne se sent pas à l'aise. C'est tout juste s'il passera la quatrième et dépassera les cinquante kilomètres heures alors que la voiture est donnée pour cent-vingt-deux kilomètres heures en pointe ! Ces petits cons ont eu l'habitude de faire du vélo casqué et de monter en voiture sur leur siège auto spécial jusqu’à l'âge de dix ans alors c'est sur que ça n'en fait pas des aventuriers !

Arrivé à la gare c'est presque tremblant qu'il me tend les clés. Il me remercie à peine ! Moi qui lui ai confié la responsabilité d'une voiture de collection, me voici bien remercié ! Ce sont les limites de l'action caritative ! On croit faire plaisir, on voit des étoiles plein les yeux et ils ne sont jamais contents ! Je l'imaginais s'agenouillant devant moi et me baisant les mains, me remerciant les yeux embués de larmes, me disant que c'était l'un des plus beaux jours de sa vie,  mais que dalle !

Dire que quand j'étais petit et qu'à Noël j'avais un jouet en bois et une orange, j'étais content !

31 mars, 2014

Félicitations !


Bon, depuis très peu de temps maintenant, je suis l'ami d'un premier ministre. C'est fait, Manolito a été choisi. Oui moi je l'appelle comme ça, je peux parce que lui et moi nous sommes des poteaux sur Facebook. En plus j'ai fait espagnol ! Bon, je ne dis pas qu'on en est à partager le chorizo en éclusant une San Miguel ensemble mais on est amis virtuels tout de même.

Alors je le félicite pour sa nomination au poste de premier ministre. Premier ministre de François Hollande c'est une sacrée promotion ça ! Les mauvaises langues diront qu'il lui aura suffit comme hauts faits d'armes, de faire gazer des petits enfants par les CRS lors de la Manif pour tous, de s'en prendre à un comique plus deux trois petits trucs pour mériter ce poste. Comme quoi c'est con la vie, on s'imagine qu'il faut faire des trucs terribles pour être chef d'un gouvernement alors que c'est même pas vrai ! L'époque a changé ! Bonaparte investissait l'assemblée nationale le 18 brumaire alors qu'aujourd'hui, il suffit de faire charger les poussettes ! Enfin, moi je répète ce qu'on m'a dit, j'y étais pas à la Manif pour tous ! Ceci dit j'ai vu les photos.

Bon, je serais Manuel, je me serais méfié du père François. Parce qu'on a beau se foutre de sa gueule et l'appeler Flamby l'autre mou, n'empêche qu'il ne doit pas être si con que ça pour avoir le poste de grand chef. Y'en a des tas qui se sont faits niquer. Ils pensaient avoir à faire à un gros mollusque et ils l'ont dans le fion ! Il l'avait d'ailleurs dit François. J'ai le cuir épais qu'il avait dit, exprimant par là qu'il s'en branlait de ce qu'on pouvait dire de lui.

D'ailleurs dans une France qui n'est pas au mieux de sa forme, cela ne l'a pas empêché d'aller niquer en scooter. C'est dire si c'est pas un anxieux le père François pour penser à tirer sa crampe alors que y'a le feu partout. La plupart des mecs à sa place, auraient cachetonné au Lexomil, le drapeau en berne ! Mais lui, que dalle, il pense encore au cul le saligaud ! Et comment qu'il s'est débarrassé de sa vieille ex. Hop, un micro face aux journaleux et en deux minutes c'était réglé, il l'avait répudiée sa rombière !

Tout ça pour dire que moi, à la place du gars Manolito, je serais pas tranquille. Je me dirais qu'il y a un coup de Jarnac quelque part, une enculerie cachée. Faut dire que premier ministre, c'est un poste pourri. C'est le mec qui se tape le sale boulot et dont on se souviendra en cas de problèmes. Et il y aura forcément des problèmes. C'est pas l'ami Manuel avec sa licence d'histoire, son expérience de maire d'une ville de banlieue et ses idées politiques d'un autre âge qui va remettre les trucs en place. Bien que né en août aussi, on ne peut pas dire que ce soit Napoléon l'ami Manuel. Sans critiquer plus que nécessaire, bon il a bossé pour en arriver là, c'est certain, mais c'est pas un aigle non plus. Il ne finira par inhumé aux Invalides !

Moi, je pense que François va l'exposer comme cela pour le griller comme une chipo oubliée sur un barbecue et qu'ensuite, zou il aura les coudées franches pour un second mandat sans l’avoir dans les pattes ! Et le pauvre Manu il n'aura qu'à entrer dans le club des cocus de la politique, ceux qui sont passés à côté de leur destin, avec Fillon, Balladur, Villepin ou Jospin !

Méfie toi Manu, c'est roué un énarque. Même quand ça fait le gentil, faut croire aux faits. Ça reste une bête à concours, un mec acharné qui a tout fait pour réussir au plus haut niveau. Un mec qui déjà tout petit avait des rêves de puissance et de gloire. C'est autre chose qu'un colleur d'affiches qui a progressé dans sa section locale du PS ! Quels que soient d'ailleurs les mérites d'un colleur d'affiches. 

D'ailleurs, j'en ai collé une fois des affiches quand j'étais jeune mais bon, j'étais pas un acharné non plus du militantisme politique. Ce doit être pour cela que je ne suis pas député. Sinon à l'époque, c'était les débuts de Devedjian, je lui aurais un peu collé aux basques, léché les couilles. Enfin dans le sens de flatter bien sur pas au sens propre hein ! 

Et hop, il s'en fallait de peu pour que je parte dans une ascension politique tourbillonnante comme un Pitts special qui ferait une chandelle. Je me dis que j'étais pas fait pour les ors des palais républicains. Mon truc à moi, c'est une petite vie médiocre de banlieusard avec une Visa Club. Ou alors, c'est que j'ai un côté De Gaulle et que j'attends la catastrophe dernière pour coiffer mon képi et sauver la France. On verra, je ne désespère pas, c'est important de rêver ! Je peux m'acheter un képi c'est pas un gros investissement. Faudrait que je tente de conduire la Visa avec un képi, ça doit le faire, elle est haute de plafond, enfin de toit !

M'en fous si j'ai l'air d'un con dans ma Visa avec un képi. De toute manière de nos jours en Visa, on a toujours l'air d'un crevard qui va toucher son RSA. Je le sais,  je le vis dès que je la conduis. Même qu'une fois alors que j'avais tout de même un peu picolé à une soirée, j'ai échappé à un contrôle d'alcoolémie énorme alors que je roulais en Visa. Le flic qui agitait son bâton blanc en enjoignant à tous les véhicules de se garer, sans doute ému qu'on puisse avoir une vie tellement médiocre qu'on doive se trainer la bite en Visa Club beigasse m'a dit de passer alors que tous les autres se faisaient serrer comme des cons. Moi je m'en foutais je rigolais en pensant à ces blaireaux qui se la pétaient deux minutes avant en me dépassant dans leurs voitures de riches !

Le pauvre flic, il a du penser "allez je laisse passer le couple de clodos, Dieu me le rendra". Faut dire que le siège passager est un peu défoncé et que mon épouse a l'air d'une naine quand elle est assise à côté de moi. Alors imaginez le tableau : la Visa hors d'âge beige et son moteur de 2cv avec un gros type au volant et une naine à côté de lui, c'est limite si on fait pas pleurer Margot dans sa chaumière dans un tel attelage ! J'ai pas fait gaffe mais peut être que maintenant qu'il fait beau et que je peux rouler les vitre ouvertes, on va me jeter des pièces quand je serais arrêté à un feu rouge ! Si je m'arrête avec ma Visa aux Restaus du Coeur, je suis sur que j'ai du rab sans rien demander !

Enfin pour en revenir à Manuel, moi je dis ça je dis rien. Je sais que j'ai l'air d'une Cassandre mais bon, je sais poser une équation. Et comme je pense depuis quelques temps que tu iras dans le mur mon ami Manuel, je ne pense pas me tromper. 

Je t'aurai prévenu l'ami ! Watch your six ! Sinon félicitations !

Un tour en Visa club comme si vous y étiez !

Où l'on me flatte mais bon ...

Putain on dirait Sheila !

On vient de m'appeler de province ! Bon, ce n'est pas la première fois. J'ai des patients en province et d'autres carrément à l'étranger. La plupart du temps, compte-tenu de la distance, je consulte pas Skype. Et c'est coiffé d'un micro-casque ridicule, comme un tâcheron moyen salarié d'une boite de phoning, que je réponds.

D'autres fois, on vient de province pour me consulter. J'ai ainsi reçu des lyonnais, manceaux, poitevins, lillois et d'autres encore. En même temps qu'ils viennent me voir, ils peuvent bénéficier des distractions parisiennes. Peut-être certains en profitent-ils pour monter à la Tour Eiffel ou pour passer une soirée au Moulin Rouge !

C'est ainsi que tout à l'heure, on m'appelle pour une prise de rendez-vous. C'est une fidèle lectrice de ce blog qui vit en province. Je lui explique alors que l'on peut utiliser Skype. Et voici qu'elle me répond que c'est très bien mais qu'elle préférerait tout de même venir me voir en vrai en rajoutant que ce serait un peu comme aller à un concert plutôt que d'écouter le CD. Alors là, je suis flatté et c'est un bon moyen d'entrer en contact avec moi que de nourrir mon narcissisme bête.

Alors là, comme elle vit en province, je l'imagine se levant dès potron-minet, revêtant ses plus beaux atours, cette jolie robe qu'elle a achetée au marché,se brossant les cheveux sans abimer cette belle coupe destructurée que sa coiffeuse Cindy lui a faite la veille pour qu'elle ait l'air d'une parisienne. 

Puis, la voici à l'arrêt du car ou le beau Saviem multicolore, avec ses belles banquettes de moleskine, s'arrête enfin pour l'amener à la grande ville où elle prendra le TGV pour la première fois de sa vie. Dans sa poche, un appareil photo jetable qu'elle compte bien utiliser pour ramener des photos de Paris à ses amies. C'est la Monique qui va être verte de jalousie, elle qui la ramène toujours parce qu'elle vit avec René qui a une belle place aux chemins de fer ! Et tout cela pour me voir moi !!!(*)

Me voici donc perdu dans mes rêves stupides de gloire absolue quand la comparaison tombe telle un couperet : vous comprenez c'est un peu comme si j'allais voir Madonna ! Bon, je suppose que ce doit être une question de référence et donc d'âge qui l'ont poussée à choisir cette chanteuse ! Moi aussi j'ai connu l'époque où inconnue du grand public, elle se trémoussait derrière Patrick Hernandez sur Born to be alive, puis l'ère de la blonde provocatrice de Like a virgin avant qu'elle ne devienne une mémère (55 ans) odieuse se tapant des jeunes ! La vieille dame indigne aurait d'ailleurs déjà remplacé Brahim Zaibat par Timor Steffens un autre danseur âgé de 26 ans.

Bon voilà qu'on me compare à Madonna après qu'une autre patiente ait trouvé que je lui disais les mêmes choses que sa mère. Comme j'ai lu les auteurs stoïciens, je relativise. Je me dis que cela aurait pu être pire. 

On aurait pu me comparer à Cher (68 ans) ou à Tina Turner (74 ans) !

 Le car Saviem et ses banquettes de moleskine !

(*) Je prie cette nouvelle future patiente de bien vouloir me pardonner cette description outrée mais mon imagination malade et ma nostalgie m'emportent parfois très loin.

Elections piège à cons !


Allez, je dois bien l'avouer, même si je n'ai pas voté, je n'ai pas été mécontent que les socialistes se prennent une branlée hier ! C'était plutôt drôle de voir leurs têtes. Mais bon, je n'ai pas passé la soirée à écouter les politiciens. Je m'en foutais un peu. C'est le privilège de l'âge. J'ai beau avoir parfois gardé une âme d'enfant, à force de voir le même tour depuis trente ans, je finis par le connaitre et m'en lasser.

Tout a commencé pour moi en 1981 alors que j'étais élève à Sainte-Marie. L'élection de François Mitterrand avait eu l'effet d'un coup de tonnerre. Nous qui vivions avec Giscard à la tête du pays, notre Kennedy auvergnat, dans ce qui s'apparentait à un régime de droite sociale, voilà que la gauche revenait alimentant les pires fantasmes.

Cette fois, ça y était, les rouges étaient à nos portes, le couteau entre les dents, on n'attendait plus que les chars russes pour parachever le tout. Pensez donc que si dans notre école catholique, on avait eu peur ! Nous n'étions pas précisément des fils de prolos alors l'angoisse des parents se communiquaient à nous. On se voyait dépossédés de tout, chassés de nos grandes maisons pour vivre dans les kolkhozes. On aurait été obligé d'abandonner les Sebago pour aller chez Bata et nos Burlington pour porter de la chaussette de tennis vendues en pack de dix !

Et puis la gauche a tenté d'appliquer le fameux programme commun et elle s'est abimée contre le mur du réel. Ça n'aura duré qu'un an avant que le pouvoir ne change de cap. Les délires de grand soir ont cessé et la dictature du prolétariat a vécu. J'ai juste le souvenir de la grande manifestation pour l'école libre en 1984. Ce qui n'a pas empêché le pouvoir socialiste de faire maintes et maintes bourdes même après avoir renié l'essentiel de leur programme commun, tant et si bien que cinq ans après, la droite gagnait les élections législatives et que la cohabitation commençait. On était tous contents !

Puis deux ans après, la droite n'ayant tenu aucune de ses promesses, Mitterrand était de nouveau élu. Alors on a fait la tête ! Mais la gauche durant cinq ans, ne tenant aucune de ses promesses non plus, ce fut de nouveau la droite qui gagna aux législatives suivantes. On fêta cela dignement !

Puis ce fut la droite et encore la droite avant que Sarkozy ne fut battu par Hollande. Mais durant toutes ces années, ce fut toujours le même balancier. Les uns ne tenant jamais leurs promesses, l'électeur rageur votait pour les concurrents, espérant sans doute que cette fois-ci, ils tiendraient les leurs ! Et puis de temps à autre, la gauche qui maitrisait bien les réseaux jetait tout le monde dans la rue et spécialement les jeunes et hop, la droite échouait lamentablement à réformer quoi que ce soit. Parce que si la gauche est mauvaise gestionnaire, elle est talentueuse pour mettre des bâtons dans les roues de l'opposition.

Bref depuis trente-trois ans que je m'intéresse à la politique, je n'ai vu que des crétins espérer que des menteurs cessent de mentir en leur donnant un blanc-seing à chaque fois pour en fin de compte se retrouver cocus.

Mais attention des cocus heureux de l'être puisque à chaque alternance, un camp ou l'autre fêtait toujours sa victoire sans jamais se souvenir que ce mouvement de balancier transformerait tôt ou tard les gagnants du soir en perdants des prochaines élections. A la fin j'ai même trouvé fascinant que l'on puisse ainsi se soucier des élections à ce point.

La gauche admettait enfin  l'existence du marché et la droite s'éloignait de sa cupidité de boutiquier pour devenir sociale. Seuls ceux croyant les professions de foi des élus se prenaient encore au jeu. Quand on avait un peu grandi, on savait que de toute manière, ce serait la même partition qui serait jouée quelque soit les musiciens. Allez, je veux bien admettre qu'il y a sans doute un peu plus de cuivres d'un côté ou de bois de l'autre, mais dans l'ensemble, rien ne change jamais quelque soit l'orchestre.

La seule chose que j'ai vue évoluer, ce sont les attaques incessantes contre les libertés publiques fondamentales. Bien sur, les uns et les autres ne s'y sont jamais pris comme feu les dictateurs qui n'avaient décidément rien compris à la psychologie sociale. Non, nos modernes élus ont été assez habiles pour toujours faire croire au bon peuple que tout venait de lui ou que c'était pour son bien. A croire qu'ils ont fait du Petit traité de manipulation destiné aux honnêtes gens leur livre de chevet.

Tant et si bien que le vocabulaire politique a totalement évolué. Les notions de responsabilité, de devoir, d'initiatives, et de manière générale tout ce qui relevait peu ou prou de la virilité a presque totalement disparu au profit de notions vagues de solidarité, de partage, de redistribution, de valeurs républicaines, et de manière générale, toutes choses qui font penser à un christianisme dévoyé, au prêchi-prêcha mièvre que l'on voit affiché à la porte des églises. La verticalité a cédé face à l'horizontalité.

Au fur et à mesure qu'on obligeait les enfants à rouler casqués en vélo et à voyager sur des sièges conçus pour eux en voiture, j'ai vu les adultes applaudir des deux mains quand l'état leur a interdit de fumer dans les bistros et les magazines parlant de réussir les concours administratifs en bonne place dans les kiosques. Dans le même temps j'ai vu les codes juridiques grossir jusqu'à en devenir obèses ! 

Finalement, l'état a su tellement faire croire qu'il était indispensable au bonheur de tous, et mieux encore, qu'il était seul capable de le garantir, que tout le monde a tendu sa sébile vers lui. Plus on leur mentait, plus on leur promettait monts et merveilles, plus ils y croyaient. Leur désir c'était de redevenir des enfants dont la maman s’occuperait toute leur vie. 

Aucun de ces crétins n'a compris que pour chaque avantage financé, chaque privilège garanti, il faisait de même en finançant ceux des autres. Toute le monde est devenu l'obligé de tout le monde et seuls les élus ont finalement occupé le haut de la chaine alimentaire. Et aucun de ces ânes qui sont prompts à conspuer les roms tendant la main dans le métro en expliquant qu'ils n'ont pas la sociale et pas la chômage, ne songe un instant qu'ils sont exactement comme eux... Et que finalement leur horizon indépassable ce n'est surtout pas la liberté mais "la chômage et la sociale" !

Alors hier c'était le tour de la droite et dans quelques temps, ce sera la gauche. Depuis le temps qu'on me fait le coup de l'alternance pour me faire croire que les choses changent, je ne me fais plus avoir.

Droite ou gauche, Hidalgo ou Juppé, en France tout finit toujours pas un tramway !

29 mars, 2014

Explosion en plein vol !


Comme si le fait d'avoir deux ans d'avance et d'avoir été admise une grande école sans même passer par une prépa ne suffisait pas, il a fallu qu'elle choisisse un double cursus ! Les petites soldates sont comme ça, toujours volontaires pour du travail ! Qu'on les mette en permission de Verdun et elles en profiteront pour aller faire un tour au Chemin des Dames des fois qu'on ait besoin d'elles. Parce qu'avouer ses limites, se reposer, ce serait évidemment déchoir ! Et au pire, si elles n'étaient pas sur le théâtre des opérations, qu'elles doivent se reposer, elles en profiteraient tout de même pour lire quelques livres abscons ou se mettre au sanscrit !

On sent immédiatement qu'il ne s'agit pas de se dépasser pour faire de grandes choses. Il ne s'agit pas d'être, d'avoir un jour un quelconque Nobel ou de se donner les moyens de faire le métier de ses rêves. Non, à l'instar du type qui veut être rock star sans pour autant apprécier plus que cela la musique, il s'agit de tout faire pour avoir la reconnaissance de quelqu'un. Je pourrais louer le efforts qui amènerait quelqu'un à se donner les moyens de ses ambitions, mais là c'est juste trop parce que l'on sent que cela ne sera jamais assez !

Elles sont dans le contrôle perpétuel, dans la maitrise, et la notion de plaisir gratuit est absente de leur univers. Cette patiente que je reçois depuis un mois est totalement dans cette même logique utilitariste dans laquelle chaque miette de temps est destinée à s'améliorer. Elle est tellement dans le contrôle qu'elle en devient presque amusante. Surtout parce qu'on sent que la pression énorme qu'elle se met à de la peine à être contenue malgré tous es efforts. C'est une cocotte minute sous pression qui ne tardera pas à exploser. Quand, je ne sais pas mais bientôt.

Je lui ai déjà parlé d'antidépresseurs, de dépression masquée, etc. Mais pensez-donc que ces trucs là, c'est pour les faibles mais certainement pas pour elle ! Elle c'est la devise des Jeux Olympiques faite femme ! Même pas vingt ans mais un projet professionnel pour les vingt ans qui viennent. Des réflexions étonnantes qui ne dépareraient pas chez le directeur d'un établissement jésuite ! C'est une dure de dure, elle me le montre. Mais moi je crois les faits et je me dis que si elle est venue me voir c'est que la comédie qu'elle se joue a aussi ses limites. Elle croit de moins en moins à ses talents d'actrice.

Je ne la bouscule jamais, je la laisse me faire son cinéma et de temps en temps, je souligne juste une petite chose. C'est assez marrant parce que je touche juste et que son visage change l'espace d'un instant. Elle a alors les larmes aux yeux et je lui dis qu'elle peut piocher dans la boite de Kleenex, que j'en ai trois autres en stock. Mais c'est tout juste si elle en prend un du bout des doigts pour essuyer les larmes qui ont failli jaillir aux coins de ses yeux. 

Personne ne peut s'infliger un tel traitement sans en payer le prix. La décompensation arrive tôt ou tard. Il s'agit de personnes ne connaissant pas leurs limites, un peu comme ces soldats américains que l'on voit dans les films aboyer de stupides "sir yes sir" face à un vieux briscard de sergent instructeur avant de péter les plombs et de flinguer tous leurs camarades à coups de M16. Ça voudrait sonder à l'égal d'une baleine plongeant dans les abysses pour y manger sa ration de krill mais ces petites sardines ne sont pas faites pour les grandes pressions où seuls les sociopathes sont à l'aise faute de ressentis émotionnels.

Ces tortures qu'elles s'infligent en se fixant des objectifs déréalistes, sont surtout du à un complexe de culpabilité. En faisant cela, elles veulent souvent réparer quelque chose. On  a souvent l'impression que parce que filles uniques ou bien seul rejeton performant d'une fratrie défaillante, elles ont pour mission d'assurer la continuité de la dynastie. Et elles s'y emploient à merveille, tentant de convaincre papa qu'elle assureront encore plus que le fils parfait dont ils rêvaient !

D'ailleurs, elles gomment un peu leur féminité. Pantalons, talons plats, maquillage léger, tout est là pour donner le change et jouer aux petits mecs ! Celle dont je parle a forcé le trait jusqu'à lire tous les auteurs qui sentent le souffre ! Alors de Drieu à Brasillach en passant par Rebatet, Chardonne et Morand, ils sont tous lus et digérés. Non qu'ils lui aient plus forcément mais qu'il fallait les lire pour se donner une image parfaite. D'ailleurs elle m'avoue adorer lire les blogs de mode. On est loin de Louis-Ferdinand !

Alors moi, depuis un mois, je m'amusais à écouter et de temps en temps, je balançais une petite pique gentille, un peu comme on frotterait doucement un bon gros furoncle lourd de pus malodorant et déjà bien mûr, quand la peau est translucide, annonçant l'explosion imminente de sanies épaisse. Et évidemment, cela n'a pas tardé, la boule de pus m'a sauté au visage.

Elle a fini par ne plus contrôler ses émotions puis par pleurer. Et elle a eu du mal à s'arrêter. C'était tellement violent, qu'elle hoquetait en ayant du mal à respirer. Alors bien sur, elle a angoissé parce qu'elle avait l'impression de s'étouffer. Et donc en plus de pleurer, elle a fait une attaque de panique. Bon, c'est plus impressionnant que dangereux et au pire j'aurais appelé les pompiers. Mais j'ai géré la crise stoïquement et elle s'est remise à respirer, elle a encore pleurniché un peu puis elle a repris ses esprits. Et comme c'est une petite soldate, elle a séché ses larmes et s'est bien sur excusée ! Excusée d'avoir ainsi perdu la face : c'est son côté Toshiro Mifune interprétant le rôle d'un ronin japonais pétri d'honneur !

Mais bon, confrontée à ses limites, j'ai enfin été entendu. Et pusi de toute manière, à l'instar d'un dentiste qui sait enfin quelle dent soigner parce que le patient a mal quand il la touche, moi je sais que j'ai frappé juste quand les gens pleurent ! 

Elle m'a écouté, elle a rempli l'IDB gentiment, a constaté qu'elle déprimait gravement et elle s'est engagée à consulter son généraliste préféré pour prendre quelque chose. Non que je sois un fervent partisan des antidépresseurs, mais quand il faut, il faut ! Et puis d'un point de vue psychologique, c'est marrant de songer que tandis qu'on se pensait invincible, notre bien-être ne dépend que d'une petite pilule ! Ça enseigne l'humilité bien plus que les longs discours !

Bon plus prosaïquement, j'ai juste commencé à vider le vilain furoncle, la suite au prochain numéro ! Quel drôle de métier tout de même que de faire pleurer les filles !

28 mars, 2014

Chêne ou acajou ?



Des comme ça, je n'en reçois pas souvent et heureusement pour moi. Sinon autant changer de boulot, me convertir et ouvrir une franchise PFG.

C'est maman qui a pris le rendez-vous pour sa fille. C'est aussi maman qui l'a amenée à mon cabinet ! C'est maman que je vois quand j'ouvre la porte avec la fifille cachée derrière. Alors je salue, je demande si elle est mnineure et j'apprends que non. Je demande alors si le rendez vous est pour les deux et maman me dit que non, que le rendez-vous n'est que pour sa fille. Je la fais alors rentrer.

Je lui propose un thé qu'elle accepte puis, elle s'assied en face de moi et mon calvaire commence. Je lui pose quelques questions auxquelles elle a du mal à répondre. Elle semble dans la lune, le regard un peu vide. Elle met un temps fou à répondre. Dans ma tête je compte et je m'aperçois qu'il faut toujours plus de trente secondes et parfois près d'une minute pour qu'elle me donne une pauvre réponse. Dans mon jargon on appelle cela de la bradypsychie.

Comme je tente de comprendre ce qui lui est arrivé, j'essaie avec son aide de savoir quand ses soucis ont commencé. Tout a commencé lors de son parcours scolaire voici cinq ans en changeant d'établissement. Mais ses souvenirs restent vagues et imprécis. C'est à moi de reconstituer l'histoire en colmatant les blancs. Je l'observe discrètement. Elle remue à peine, meêm quand elle parle, son ton est monocrode. Dans ma tête, je note : bradykynésie, bradyphémie et hypomimie. Et je songe immédiatement : Oh le beau cas de dépression !

C'est alors, que retrouvant quelques souvenirs, elle m'explique que le proviseur de son lycée à une époque a expliqué à sa mère qu'elle le ferait interner si elle continuait à partir dans tous les sens. Telle que je la vois, je ne l'imagine pas "partir dans tous les sens". J'ai beau lui demander ce qui s('est passé à lépoque, elle ne sait pas. Elle plisse un peu les yeux, tentant sans doute de ramener des images du passé stockées dans son cerveau embrumé, mais rien ne vient.
 
Je suppose alors qu'elle a pu faire des crises maniaques ou hypomaniaques à cette époque et que ce que j'observe serait une phase de mélancolie. Ça y ressemble tellement que je lui demande si elle a une idée de ce dont elle souffre. Une minute après, elle m'explique qu'elle a regardé sur internet. Comme je lui demande si elle a trouvé une explication, j'attends encore près d'une minute avant qu'elle ne me dise que ça ressemble à une "maniaco-dépression". Bingo !

Je lui explique alors qu'elle est très douée et qu'effectivement, il y a toutes les chances pour que ce soit un trouble bipolaire jamais traité. Je lui demande alors comment, face à des comportements aussi flagrants, ses parents n'ont rien fait. Elle me répond que dans sa famille on se méfie des médicaments. Peut-être ses parents sont ils des Témoins de Jéhovah ou des adeptes de la Science Chrétienne, mais même pas. Dans les fais, ce sont juste des gens qui se méfient des laboratoires pharmaceutiques et des médecins aux ordres.

Elle m'explique qu'elle a juste fait quelques séances acupuncture. Je suis étonné et je lui demande si l'acupuncteur était médecin. Elle ne sait pas, elle y est juste allée avec sa mère et ne se souvient pas du traitement. Elle m'explique qu'elle pense souvent à mourir mais qu'elle ne le fera pas parce qu'elle n'a pas assez d'énergie pour cela !

Comme tout cela commence à m'ennuyer profondément, je lui demande l’autorisation de faire rentrer sa mère. Elle accepte et je vais ouvrir à sa mère qui prend place dans le cabinet. Petite femme intelligente et un peu sèche, on sent qu'elle aime contrôler. Je lui demande si elle est parvenue à évaluer la gravité de l'état de sa fille. Elle me répond qu'elle semble déprimée mais rien de plus. Je lui parle alors de trouble bipolaire et elle admet y avoir pensé.

Lorsque je lui demande pourquoi elle n'a pas confié sa fille aux bons soins d'un psychiatre, elle m'explique qu'effectivement elle se méfie des prescriptions qui selon elles font plus de bien au chiffre d'affaires de laboratoires qu'aux patients. Ne voulant pas trop la brusquer, je lui dis alors que si il peut y avoir des abus, il n'en reste pas moins que dans certains cas, certaines molécules ont fait leur preuve. Et je rajoute que dans le cas de sa fille, qui nous écoute impavide, c'est plus que nécessaire.

Mais maman, résiste encore et m'explique qu'il n'est pas toujours facile de choisir un bon praticien et qu'il est tout aussi difficile de déterminer si le traitement sera utile ou non. Comme elle commence passablement à m'énerver, je décide de me lâcher un peu. Je lui explique alors que si elle continue comme cela, la seule chose qu'elle risque de choisir pour sa fille, ce n'est pas le praticien ou le traitement ad hoc mais plutôt "chêne ou acajou, poignées en laiton ou non" !

Là, je l'ai suffisamment choquée pour obtenir une réaction. Elle me demande si c'est grave à ce point. Fifille étant totalement dans le coaltar, et repartie au pays des songes, je peux me permettre de dire à sa mère qu'à ce point, c'est une non assistance à personne en danger et que de toute manière, je me refuse à recevoir sa fille tant qu'elle n'aura pas reçu un traitement. Je lui précise que j'ai non seulement une responsabilité civile professionnelles mais que de plus, j'ai aussi charge d'âmes ! Je lui expose aussi les limites de la thérapie, qui n'a jamais guéri ni les cancers ni les troubles bipolaires !

Maman se réveille un peu et admet enfin que j'ai raison. On parle quelques minutes des troubles bipolaires et je lui donne ensuite les adresses de praticiens que je connais afin qu'elle prenne rendez-vous pour sa fille. L'entretien touche à sa fin, elle me remercie et me dit qu'elle est contente qu'on lui ait donné mes coordonnées. Elle me promet de me tenir au courant. Je la salue et serre la main à sa fille qui est toujours plongée dans sa mélancolie et doit à peine savoir qui je suis ou ce dont on a parlé une demie-heure avant.

Je n'avais encore jamais reçu quelqu'un d'aussi gravement atteint. J'ai eu l'impression de me taper les urgences ! Je ne porte pas les laboratoires pharmaceutiques dans mon cœur, mais je crois que je déteste encore plus ceux qui s'en méfie à un tel point qu'il mette la vie de leurs proches en danger !