01 février, 2016

Douance, accoutumance, aisance et aberrance !


Être ou ne pas être surdoué, voici l'un des enjeux majeurs de notre temps. Depuis que Jeanne Siaud-Faschin, affectueusement surnommée JSF dans le milieu des surdoués, a publié son livre Trop intelligent pour être heureux, tout le monde se sent concerné par la douance. Et si plutôt que d'être déprimé par l'environnement ou les événements de vie, on pouvait l'être du fait d'une trop grande intelligence.

Se comparer à l'Albatros de Baudelaire, celui que ses ailes de géant empêchent de marcher à certes plus de gueule que de s'avouer juste victime d'une dépression lambda qu'un généraliste soignera à coups d'ISRS, avant que la vie ne reprenne ses droits, mais ce sera une existence normale, tout juste ébréchée par l'accident de parcours qu'aura représenté la dépression.

Sans doute faut-il voir dans la réussite de ce concept de douance à notre époque, l'atavisme qu'ont les gens pour l'individualisme. Déprimer ? Seulement déprimer, ce serait tellement commun, tellement vulgaire. Alors on déprimera au nom d'un idéal, d'une singularité, d'une intelligence malmenée par la bêtise de nos contemporains. On prendra les mêmes antidépresseurs et on recourra aux mêmes recettes que les autres mais tout au fond de soi, on s'estimera unique. La dépression ne sera plus vécue comme un échec, une panne, mais comme la preuve éclatante de ses surcapacités.

Comme je suis souvent confronté à cette donnée nouvelle, on m'a conseillé deux ouvrages que je devais lire absolument. L'un, Les surdoués ordinaires, est de Nicolas Gauvrit et l'autre, La précocité dans tous ses états, est écrit par Fabrice Bak. J'ai commencé le premier et il me tombe des mains. Non qu'ils soit mal rédigé ou inintéressant mais qu'on y ressasse les mêmes choses que partout ailleurs en égrenant la litanie de toutes les particularités qu'auraient peut-être les surdoués. 

On aura ainsi le droit à surdoués et schizophrénie, surdoués et troubles "dys", surdoués et créativité, surdoués et humour, pour à chaque fois s'apercevoir que parfois oui mais parfois non, tant est délicat l concept de douance. L'auteur, on ne pourra pas lui reprocher, a au moins le mérite d'être carré. On n'en espérait pas moins puisqu'il est mathématicien de formation. Il me semble que le livre aurait pu être résumé en vingt pages et que cela aurait bien suffit. 

Mais l'ayant acheté, je le lirai, c'est l'escalade d'engagement qui l'exige. Et puis je suis trop coutumier d'abandonner des livres en cours de route pour le refaire encore. C'est ma grande décision du jour de l'an : cette année, je finirai tous les livres commencés, même les plus pénibles. Même si à la lecture de celui-ci j'en viens à me souvenir d'un patient qui ayant décrété que le livre était médiocre, n'hésitait jamais à le renvoyer à Amazon en exigeant son remboursement. Sans doute qu'aller à la poste m'est un effort plus insurmontable que de finir ce livre ?

Celui de Bak, je ne l'ai pas encore commencé, tout juste parcouru. Il m'a semblé moins austère que celui de Gaudrit mais cela ne m'a pas pour autant incité à m'y plonger immédiatement. J'ai préféré commencer par le plus petit, le livre de Gaudrit faisant moins de pages que celui de Bak, il m'a semblé que mon calvaire serait plus supportable. Mais bon je lirai les deux car je ne nie pas qu'au fil des pages, je ne puisse apprendre quelques menues choses. Je ne suis pas spécialiste en douance mais si d'aventure on m'en reparle, je serai moins bête en les ayant lus.

De même, je ne nie évidemment pas la validité des tests en psychologie, la psychométrie étant une branche importance de cette discipline. Toutefois, je m'insurge contre cette psychologie réalisée à base de tests qui viendrait en lieu et place de l'observation clinique. Cette psychologie de protocole pour autant qu'elle soit utile pour valider des intuitions ne saurait remplacer la finesse diagnostique.

Le Test de QI n'échappe donc pas à mes interrogations. Je comprends que l'on en fasse, notamment lorsqu'on y est poussé par des parents soucieux de savoir ce que leur chérubin a vraiment dans la tête. Pourtant, il me semble curieux qu'à l'âge adulte on veuille encore s'y soumettre comme si l'on pouvait douter de son intelligence et ne pas savoir quelle quantité approximative on en possède. A moins, que mus par des intentions moins honnêtes, il s'agisse de s'inscrire dans un classement destiné à savoir si l'on fait partie des THQI ou simplement des HQI. Pourquoi pas ? 

Quoiqu'il en soit, il m'a toujours semble qu'un examen clinique pas spécialement complexe permettait de detecter cette fameuse douance bien plus rapidement et facilement qu'un test long et couteux. Certes l'entretien ne viendra jamais mettre une note ni graduer l'intelligence mais simplement avertir la personne si elle est surdouée ... ou non. Quoiqu'à la vérité, je suis persuadé de ne jamais m'être trompé en donnant un chiffre de QI à quelqu'un. Mais fi des chiffres et du classement, la douance cela se sent. C'est rapide un surdoué et ça renvoie toutes les balles qu'on lui envoie, fond de court ou derrière le filet. 

Dernièrement je recevais un nouveau patient, un jeune type âgé de vingt-six ans pour des problèmes d'anxiété. Comme je discutais avec lui, je lui fis remarquer au bout de vingt minutes qu'il était très certainement surdoué. J'ai été très amusé de sa réaction. Il m'a répondu "ah non pas vous, déjà que la psychiatre précédente avait évoqué cela au bout d'un mois". Je lui ai fait remarquer en souriant qu'il m'avait fallu vingt minutes et non un mois. Et puis comme il prenait mal le fait d'être catalogué surdoué, je lui ai demandé pourquoi il avait cette réaction.

Il m'a alos avoué que pour lui le concept de "douance" était un "truc marketing vraiment cheap". Voilà un peu où amènent l'inflation de livres sur le sujet ai-je pensé. Il a rajouté qu'il venait trouver des réponses et traiter son anxiété et non sombrer dans "des histoires de bonnes femmes". J'ai simplement rajouté que sa douance, au même titre que son sexe et son parcours scolaire et professionnel étaient des données utiles pour traiter son anxiété et que je n'avais jamais eu l'intention d'apporter comme preuve définitive de mes compétences le fait que j'aie détecté sa douance. On a pu crever l'abcès et nous nous entendons fort bien. Il est  vif d'esprit, très cultivé et bourré d'humour ... comme souvent les surdoués !

Mais ces remarques ont fait leur chemin en moi. J'ai trouvé amusant que ce qui aurait du passer pour un compliment soit vécu sur un mode agressif. Et j'ai trouvé intéressante son analyse de la "douance" comme étant un "truc marketing actuel". 

Sans doute qu'il n'a pas tort ce jeune surdoué.Sans doute qu'à force de trop s'y intéresser, d'en dénaturer le concept, de le décortiquer jusqu'à lui faire perdre toute saveur, la douance sera bientôt le centre d'intérêt pour les sots !

Viendra un jour, où les gens vraiment intelligents refuseront d'être appelés surdoués laissant cette épithète aux fats et autres cuistres pour qui la normalité est insupportable à vivre !

De toute manière, soyons surs qu'on est toujours le con de quelqu'un !

Suicide by cop !


Le 7 janvier dernier, un homme se présentant dans un commissariat parisien, armé d'un hachoir et criant Allah Akbar a été abattu par des policiers. Au même moment, je recevais un jeune capitaine de police. Comme je lui annonçai la nouvelle qui venait d'arriver sur les dépêches de mon i phone, ce dernier ne sembla pas plus surpris que cela et se contenta de me dire d'un ton dégagé : suicide by cop.


Le suicide by cop ou suicide par police interposée est une méthode de suicide par laquelle une personne agit délibérément de manière menaçante vis à vis d'un représentant armé des forces de l'ordre en vue de provoquer une réaction mortelle de sa part.

C'est vrai que ces derniers temps on a pu voir, soit des attentats rigoureusement organisés comme ceux de Charlie Hebdo ou ceux du treize novembre, mais à côté de ceux-ci, on a aussi pu assister à des comportements totalement  aberrants.

Ces comportements amènent alors des personnes que les services qualifient de déséquilibrés à se comporter comme des terroristes alors que manifestement, ils n'appartiennent pas aux mouvances islamistes si ce n'est pas le truchement de quelques lectures par internet ce qui peut sembler assez banal à une époque où tout est disponible en ligne, quelle que soit l'option politique retenue.

Certains peuvent avoir des casiers judiciaires chargés et n'être pas pour autant des terroristes mais de simples condamnés de droit commun qui un jour, à la faveur des événements ou sans doute de l'actualité, vont basculer et se mettre à adopter des conduites irrationnelles comme celle consistant à prendre d'assaut seul un commissariat.

Il faut savoir que parmi ceux que l'on nomme les "droits communs" figurent un certain nombre de personnes souffrant de pathologies soit jamais détectées soit jamais soignées ou ayant cessé leur traitement. Qu'ils s'agissent de bipolaires ou de schizophrènes en rupture de soins ou encore de personnalités pathologiques, tels des paranoïaques, nombreux sont ceux qui du fait d'une pathologie sont amenés à adopter des comportements anti-sociaux. Les criminels ne sont pas tous des sociopathes géniaux et rationnels ayant choisi de leur plein gré le mauvais chemin, loin s'en faut.

Bien entendu, la réciproque est vraie aussi et le fait d'être schizophrène ou bipolaire n'entraine évidemment pas un parcours délinquant ou criminel, fort heureusement. Cependant, la fragilité de ces patients, leur isolement social, leur parcours fait de rupture successives et d'incapacité à s'insérer dans un cadre sentimental ou professionnel peut en faire de bons candidats au crime. 

Et si l'on peut admettre qu'ils sont autant victime d'eux mêmes que leurs prpores victimes, le droit les reconnait tout de même coupables puisque selon l'article 122-1 du Code pénal, « N'est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes ». 

Une personne atteinte de tels troubles sera donc considérée irresponsable si ceux-ci ont affecté son discernement au moment des faits puisqu'elle n'a pas pu contrôler ses actes en raison d'un trouble mental et ne sera pas jugée responsable de ces derniers. La personne pourra bénéficier d'un non-lieu de la part du juge d'instruction, ou bien d'un acquittement ou d'une décision de relaxe de la part de la juridiction pénale. Si la personne est considérée comme dangereuse pour la société en raison de son trouble mental, une décision d'internement sera prise. C'est évidemment une question que l'on posera aux experts psychiatres en charge d'examiner ces personnes.

A coté de tous ces cas bien connus et répertoriés impliquant des pathologies souvent lourdes, existent aussi des personnes dépressives se sentant à un moment donné de leur vie totalement privée d'avenir. Souvenons-nous que la dépression se caractérise par une humeur triste et une perte de l'élan vital et qu'elle peut toucher n'importe qui avec une acuité plus ou moins importante à différents âges de la vie.

Voici plus de vingt ans, c'était l'affaire Rey-Maupin qui mettait la France en émoi puisque ce tandem de jeunes tueurs se terminait route dela Gravelle dans le bois de Vincennes dans une fusillade au cours de laquelle cinq personnes dont trois policiers et Audry Maupin alors âgé de vingt-deux ans décéderont. 

Si l'on regarde les éléments biographiques d'Audry Maupin, étudiant en philosophie, on notera un ancrage politique à l'extrême gauche avec cependant un engagement associatif important. Ce genre de jeune idéaliste, qu'ils se situent à l'extrême gauche ou droit ou dans une mouvance religieuse, sont le terreau idéal pour des actions militantes extrêmement violentes. Tant leur âge, que leurs fréquentations ou leurs lectures en font les candidats idéaux pour des aventures sans lendemains se terminant par une forme de suicide by cop.

De simples criminels de droit commun auxquels on ne peut reprocher aucun engagement militant pourront aussi choisir cette voie pourvu que le panthéon des gloires auxquelles ils se réfèrent soit peuplé d'individus violents et jusqu'au-boutisme. On ne saurait mesurer ce qu'un simple film comme la seconde version de Scarface aura fait comme victimes, ces jeunes voyant dans la fin du bandit interprété par Al Pacino l'essence même du héros romantique que rien n'arrête et qui place son idéal au-delà de toute mesure.

On parlera alors de comportement ordalique (jugement de Dieu) qui est un est un comportement à haut risque, motivé par un besoin de jouer avec la mort ou de revitaliser son existence. On parlera aussi parfois d'une "appétence traumatophilique" ou! encore "d'ordalisme", qui est un fort désir de prouver l'intérêt de vivre en la risquant, comme dans les cas de sports extrêmes ou de conduites à risque. Il s'agit alors de la recherche exclusive de l'intensité de la vie, du plaisir total et du refus d'une vie économe qui durerait longtemps mais n'apporterait aucun sel.

Parfois un criminel ou un terroriste abattu par la police n'en est pas vraiment un, c'est juste ce que l'on nomme trivialement un "paumé", un pauvre type jamais pris en charge psychologiquement ou bien dont la prise ne charge aura été mal faite. C'est aussi parfois la victime d'un système qui glorifie des comportements adolescents au détriment de la raison.

Confronté à une existence médiocre, ils préféreront alors mourir dans un coup d'éclat plutôt que de recourir à tout autre moyen d'en finir. D'ailleurs, je gage que si l'on avait demandé à ces gens là s'ils étaient suicidaires, la plupart auraient répondu que tel n'était pas le cas, car ils n'ont pas les capacités de comprendre que leurs comportements ne sont en rien rationnels mais appartiennent plutôt à la sphère des actes ordaliques.


18 janvier, 2016

Chaud !


Coucou me revoici ! Désolé d'avoir patienté si longtemps avant d'écrire. Il faut dire que c'était chaud pour moi en ce moment ! Sale temps pour les capricornes !

Entre Noël et le jour de l'An, c'est d'abord Lemmy Kilmister, le bassiste chanteur de Motörhead qui calanche. Né un 24 décembre, il a eu la chance de passer l'arme à gauche le 28 décembre, le temps d'atteindre son soixante-dixième anniversaire.

Pour tout vous dire, Motörhead, ce n'était pas mon truc. Je n'écoute jamais de métal. Je ne saurais même pas vous citer le moindre titre de ce groupe ! Par contre Lemmy, je le connaissais vu que je joue un peu de la basse. Oh, un tout petit peu, rassurez-vous. Il se trouve que voici bien des années, j'ai eu un patient bassiste professionnel dans ma clientèle. Comme il avait été très satisfait de mes prestations, il m'avait offert l'une des ses basses, une belle Alembic, pour ceux qui connaissent.

Il se trouvé qu'étant un peu geek comme la plupart des mecs, dès que j'ai eu mon Alembic, je me suis mis à lire Bassiste Magazine. J'avoue que j'ai plus lu le magazine que je n'ai pratiqué la basse. Toujours est-il que je suis devenu champion en basses. Alembic, Warwick, Fender, Music Man, etc., je les connais toutes et je saurais même en parler à défaut de savoir en jouer. Quel escroc !

Ce que j'aime bien dans Bassiste Magazine aussi, ce sont les interviews de bassistes célèbres. Moi qui n'ai jamais été fan de qui que ce soit, ça m'a permis de connaitre tout un tas de gens. C'est ainsi que j'avais lu une interview de Lemmy Kilmister qui m'avait semblé extrêmement sensé et en rupture totale avec ce que la plupart de ses fans auraient pensé de lui. Derrière le balourd crachant du gros son se dissimulait un être bien plus fin qu'on ne l'aurait imaginé. Bref, le mec était moins conforme que ce qu'il annonçait. Ça fleurait bien le capricorne.

Ensuite, vint le toue de Bowie. Le père David, lui, il est né un 8 janvier et décède le 10 janvier dernier. Juste après son anniversaire aussi ! Bowie, c'est comme Motörhead, je m'en tape. Ça peut paraître choquant vu que lorsqu'il est mort, on a eu l'impression qu'on venait de perdre Mozart. Il a eu le droit à son moment d'hystérie collective avec petites bougies allumées devant son dernier domicile.

Pour moi Bowie, c'est cinq ou six bon titres dans un océan de morceaux très moyens. Quant à ses frasques, ses déguisements et ses maquillages, c'est juste générationnel. C'était les années soixante-dix, on faisait n'importe quoi, voilà tout. D'ailleurs le père Bowie a vite arrêté la came et les jupes pour remettre des costumes et boire de l'eau minérale. Là encore, ça relève de l'arnaque capricornienne. On joue au con comme les autres mais on a des limites, on ne finit pas comme Janis Joplin.

J'ai eu le malheur de parler en ces termes du dieu Bowie à Jean Sablon alors qu'on se trouvait à une terrasse de café. A côté de nous, se trouvaient deux gamines de dix-huit ans. L'une d'elle m'écoutait et m'a regardé. Si ses yeux avaient été des revolvers, j'étais mort ! J'aurais adoré qu'elle vienne me prendre la tête. Je lui aurais rétorqué que Bowie, j'en disais ce que j'en voulais, que c'était mon époque et ma vie et que ce n'était pas la place d'une morveuse n'ayant rien vécu de me faire le moindre reproche. Putain, je déteste les jeunes. Et ça s'aggrave d'année en année.

Enfin, ça a été le tour de René, le mari de Céline. René Angélil était né un 16 janvier et est décédé un 14 janvier. Pas de chance, si près du but, tout proche de la ligne d'arrivée, il meurt deux jours avant de souffler les bougies. 

René lui, je n'en ai jamais rien pensé, même si ce qu'il a réussi à faire avec la petite Céline tient du prodige. Certes Céline avait de la voix, mais transformer cette gamine aux vilains chicots en vedette internationale à l'affiche du Caesar Palace était un sacré travail. Le père René c'était un peu le Deus ex machina dans la vie de Céline, cette sorte de providence qui dénoue une situation désespérée. Çà encore c'est bien un truc de capricorne, d'ailleurs j'en ai un peu fait mon métier !

Bref, comme vous en conviendrez, la période était un peu chaude pour les capricornes en ce moment alors que c'est notre anniversaire. Moi qui suis né un douze janvier, je n'étais donc pas très frais. Je me disais qu'après Lemmy, David et René, ce serait peut-être mon tour.  

Je suis donc resté planqué discrètement, attendant fébrilement la date de mon anniversaire, bien décidé à n'émerger que trois ou quatre jours après. Voilà, le douze janvier est derrière moi. J'ai vieilli d'un an et je suis de retour !

Ceci dit, les Michel gaffe aussi parce qu'après Galabru, Delpech et Tournier, il semble qu'il y ait aussi une mauvaise série en cours pour vous !

04 janvier, 2016

Foi, EMi et Jésus !


Dernièrement, j'ai suivi une émission portant sur les fameuses expériences de mort imminente dénommées EMI ou NDE en engliche. C'était plutôt intéressant bien que je n'aie rien appris de bien nouveau. D'un côté il y a ceux qui en ont vécu et qui parlent d'une expérience singulière qui a bouleversé leur vie et de l'autre les apprentis chercheurs qui veulent coûte que coûte que le mysticisme est en fait du à une origine neurologique.

Ce qu'il y a bien en neurologie c'est que c'est une nébuleuse. Par exemple quand je dis à des médecin que si j'avais suivi leur voie, j'aurais opté pour la psychiatrie ou la neurologie, ils me regardent avec de grands yeux ronds. La psychiatrie, bof, parce que voir des dingues toute la journée, non merci ! quant à la neurologie, ils me disent que si c'est pour collectionner les Alzheimer, les Scléroses en plaque et les parkinsoniens, c'est pas vraiment intéressant. 

Il y a un peu de vrai là-dedans. Par exemple un neurologue avec qui je collaborais, médecin hospitalier d'un prestigieux établissement parisien, ayant pris sa retraite voici peu m'avait expliqué un jour que nous déjeunions que la neurologie c’était très mystérieux. Et alors que je l'avais interrogé sur les séquelles d'un ACV d'une patiente, il m'avait dit texto : tu lui dis que si dans un mois il y a des progrès alors elle continuera à en faire. Par contre si dans un mois, il n'y a pas de progrès c'est mort. Et bien sur, il avait aussitôt rajouté : enfin tu lui dis ça moins abruptement avec tes mots de psy !

Et pourtant le gars avait un sacré bon niveau et de la pratique en veux tu en voilà ! Ce n'était pas le petit interne tout frais émoulu de la faculté. Je crois qu'il n'avait pas tort. Sans doute que ses dizaines d'années d'expérience lui avait apporté une certaine humilité. Et justement parce qu'il avait fait de la recherche, il savait comment elle fonctionnait et se méfiait un peu de ces Diafoirus qui parce qu'ils maitrisent à peine un pour cent de leur science pensent maitriser la Création.

Par exemple, concernant es EMI j'ai vu qu’il y avait maintenant la thèse de la dyméthyltryptamine que sécréterait la gande pinéale en abondance au moment de la mort, vous catapultant tel un toxico à Katmandou au pays des rêves dans un flash merveilleux. Voilà ! Les EMI ne seraient en rien des expériences mystiques mais simplement de gros trips sous acide ! Pourquoi pas ? Après tout il fallait que la science vienne coller son museau là-dedans pour chasser le peu de merveilleux et d'espérance de notre époque. 

Sauf que ... Sauf que je m'insurge parce que c'est confondre le véhicule et l'endroit où l'on arrive. Un peu comme si je parlais de mon voyage eux Kerguelen et qu'un neurologue réduise ce que j'ai ressenti dans les Iles de la Désolation à un simple voyage sur le Marion-Dufresne, le bateau qui y amène. Je veux bien croire à l'hypothèse de la dyméthyltryptamine mais dans ce cas pourquoi est ce que cette substance fait accéder à ces drôles d'EMI que racontent les gens alors que cette expérience n'est pas engrammée dans le système limbique à moins de prouver que nous sommes déjà mort une fois et que nous avions déjà fait l'expérience du tunnel de lumière. 

Bref, il me semble qu'on mélange les sphères spirituelles et physiologiques. Rassurez-vous, je n'ai rien contre la science bien au contraire mais j'aime bien quand elle s’accompagne d'un peu d'humilité. Le mec qui vient me prouver que Dieu n'est qu'une création du lobe temporal droit me laisse un peu perplexe. Et puis un peu de mystère ne fait pas de mal.

Ça m'a rappelé mon histoire avec Jésus. Jésus je l'ai connu quand il avait vingt-deux ans. C'était un bon petit gars, un petit mec attachant. Remuant, un peu branleur, pas très fiable mais d'une grande gentillesse qu'il était le père Jésus quand il était jeune. Tenez, il me faisait penser à Lebrac dans La guerre des boutons, la version de Yves Robert de 1962, pas celles plus récentes. Et puis, j'espère y être un peu pour quelque chose, Jésus a grandi et quand je l'ai revu, je lui ai dit qu'il ne fallait plus être branleur. Je lui ai appris à être plus lucide. Alors Jésus a beaucoup lu et lui qui se croyait au pays des Bisounours dans lequel la presse a toujours raison et les politiciens sont honnêtes est redescendu sur terre.

Et il est redescendu parmi nous avec fracas ; c'était son chemin de Damas. Mais tandis que Saül de Tarse qui allait devenir Saint Paul a eu les écailles qui lui sont tombées des yeux, Jésus, lui, a reçu un coup de pied au cul magistral. Un peu comme si on lui avait branché une prise USB dans le crâne et qu'en une semaine on lui ait donné les connaissances qui lui permettent de passer du stade adolescent de quinze ans gentil mais un peu con à celui d'adulte conscient et lucide.

Je ne sais pas s'il s'est fait un trip de dyméthyltryptamine mais ce que je sais, c'est qu'en une semaine il a changé du tout au tout. Il a commencé à bugger puis ça a été mieux, puis il a rebuggé un peu comme si l'on écrivait un programme sur toute les pistes de son disque dur ! Lui, il a vu l’œuvre de Dieu dans ce processus et c'est peut-être vrai. Je ne le remets pas en doute pas plus que je ne remets en doute la sincérité des gens ayant vécu une EMI. Moi, j'ai juste vu un petit branleur devenir adulte en un mois d'une manière assez incroyable. Une thérapie rondement menée n'aurait pu obtenir un tel succès. J’imagine le bouleversement neuronal que ça a du produire quand un on lui a déversé un torrent de sagesse et d'intelligence dans son petit crâne d'aimable petit branleur !

Ce que je retiens de ces expériences, qu'ils s'agissent des EMi ou de celle plus singulière de mon patient Jésus, c'est qu'il y a quelques niveaux importants à concevoir. Rassurez-vous, je ne me livrerai pas un débat entre dualisme et monisme ni n'étalerai mes connaissances imparfaites de Platon, Aristote et Descarte. 

Non, très prosaïquement, je laisse le corps aux médecin, je m'occupe de l'esprit et ne nie pas l'âme. J'en reste à un tryptique corps, esprit et âme un peu simpliste mais qui a l'avantage de simplifier ma tâche. Je pense qu'il est dangereux de  trop mélanger les trois parce que l'on n'a pas les mêmes moyens d'investigation pour les comprendre. Entre l'imagerie médicale, l'écoute psychologique et la foi, il y a un monde de différences. Et pourtant il faut que ces trois stades fonctionnent ensemble pourvu que chacun des trois ne soit pas persuadé que les deux autres ont tort ! Je déteste autant le scientisme que la psychologisation à outrance ou les bondieuseries.

Donc quand j'ai des patients qui me parlent de leur expérience mystique et dès lors que je sais que celle-ci n'a pas été causée par un phénomène physiologique qui aurait été ignoré (tumeur, encéphalopathie, etc.), j'écoute sans remettre en cause la singularité de cette expérience.

Parce que mon boulot finalement, ce n'est pas de dire si les gens ont tort ou pas de croire en la réalité de ce qu'ils ont vécu mais plutôt de continuer à vivre harmonieusement dans un cadre référence terrestre malgré tout.

Effroyable lucidité !


Les deux semaines avant Noël ont vu se produire deux événements assez semblables. Deux personnes qui ne se connaissent pas ont souffert, chacune de leur côté de symptômes semblables les ayant d'abord amenés à désespérer du genre humain pour enfin sombrer dans un état dépressifs.

Le premier est un solide gaillard que je connais bien. Un type extrêmement intelligent doté d'un grand sens de l'humour et un libéral pur jus. Voici qu'un jeudi, il m'appelle pour me dire qu'il ne se sentait pas très bien. A priori, bien que doté d'une grande sensibilité, le bonhomme est solide. Je me débrouille néanmoins pour déplacer un rendez-vous afin de le recevoir le jour même.

Le voilà qui arrive avec une mine de papier mâché et un peu désespéré. Comme je suis psy, il me parle de trucs que l'on est sensé dire à un psy. Pour ma part, je ne crois pas que cela soit vraiment responsable de son état. Il m'explique enfin qu'il a discuté très récemment avec un de ses clients. Ce dernier, un cher d'entreprise socialiste, s'inquiétait que Robert Ménard, maire de Béziers, veuille recruter quelques anciens policiers et gendarmes afin de créer une "garde biterroise".

Comme de bien entendu, et avec les mots mille fois entendus, il voyait dans cette intiative le rappel des heures les plus sombres de notre histoire et n'était pas loin d'entendre les fameux bruits de botte de sinistre mémoire. La reductio ad hitlerum était de sortie encore une fois même s'il s'agissait de qualifier une dizaine de sexagénaires se baladant nuitamment dans un chef-lieu de canton de l'Hérault.

Mon cher patient plutôt sanguin, oubliant la retenue qui sied lorsque l'on est face à client, fut-il le roi des crétins, ne put s'empêcher de lui dire qu'en termes de recul des libertés et de fascisme rampant, il redoutait plus notre gouvernement et ses lois liberticides adoptées dans le cadre de la lutte anti-terroriste, lequel était un prétexte pour fliquer tous les citoyens comme le patriot act le fut aux États-Unis ou encore l'état d'urgence. 

Mais son client, pourtant chef d'entreprise, ne redoutait pas que l'état puisse sans en référer à aucune instance l'espionner. Lui ce qu'il craignait c'était manifestement que la garde biterroise ne soit le creuset de quelque infernal projet fasciste mondialiste qui fasse que dans quelques années, elle étende ses ramifications partout. Et que pour finir, où que l'on soit, un quidam dont le bras s'ornerait du brassard de ladite garde puisse avec l'accent chantant du Languedoc nous demander nos papiers. 

Mon pauvre patient en était bouleversé surtout qu'il me disait que ce type n'était pas idiot, qu'il avait créé une société qui fonctionnait bien. Il ne pouvait pas comprendre qu'on puisse ainsi redouter des événements improbables alors que juste sous ses yeux, un gouvernement modifiait la constitution en privant le citoyen de ses droits. Je lui ai donc diagnostiqué une socialite aigüe, une infection que l'on contracte lorsque l'on fréquente trop de socialistes. 

Je lui ai rappelé que même si j'étais persuadé que l'humanité était faite pour 80% de braves gens, il ne fallait pas oublier qu'il y avait aussi 80% de braves con et qu'à force d'être immergé parmi eux, on pouvait légitimement se demander, parce que l'on pense différemment d'eux, si l'on n'était pas fou soi-même ! Et c'est d'autant plus vrai que l'on se trouve éloigné en termes de pensées de gens que l'on jugeait à priori intelligents.

Tenez, moi qui vous écris, en 1992, alors que je n'avais que vingt-cinq ans, j'ai eu le malheur de voter non au référendum de ratification du traité de Maastricht. Qu'est-ce que je ne me suis pas pris dans la figure ! Moi, j'étais très prosaïque dans ma démarche. Bien sur, je ne m'étais pas tapé tout le traité, j'ai autre chose à foutre. J'en avais lu des bribes et des commentaires et puis j'avais écouté les politiciens. Et en maquignon, je m'étais dit que leur truc ne marcherait jamais. Je ne crois pas m'être trompé. A l'époque, j'ai eu le droit aux étiquettes de "facho" ou de "réac" ou encore à celle plus nuancée de "passéiste". N'empêche que j'ai voté non même si dans mon milieu il était de bon ton de voter oui parce que l'Europe était une grande idée moderne qui allait nous apporter des lendemains qui chanteraient en créant les fameux États-Unis d'Europe. Globalement, j'avais été classé suite à mon vote dans le clan des gros cons qui ne comprendraient jamais rien à la marche du monde.

Comme la séance était finie, j'ai proposé à mon patient de venir déjeuner en notre compagnie, ce qu'il a accepté. Et comme le déjeuner s'était bien passé, il a repoussé un rendez-vous pour faire un peu de caffing en notre compagnie. Je lui ai donc offert un sas de décontamination. En quelques heures, il allait mieux. Non que l'on ait eu des débats volant sur les cimes mais qu'on lui ai offert un moment de liberté.

La semaine d'avant Noêl, le scénario se répète et cette fois-ci c'est une patiente qui arrive déprimée alors qu’habituellement elle va plutôt bien. Elle vit dans une commune gérée par l'UMP (oui je sais que ça s'appelle Les Républicains maintenant) et se trouvait catastrophée par la gabegie de fonds publics organisée par son maire à grands renforts d'événements et des colis offerts aux habitants. Elle n'en pouvait plus d'entendre les gens dire "ah c'est bien la nouvelle mairie est dynamique" alors que tout ceci n'est pas offert mais simplement payé avec leurs impôts.

Par exemple, elle m'expliquait que le père d'un de ses amis, bénéficiant pourtant d'une excellente retraite d'ingénieur était allé chercher le "colis des vieux" à la mairie, sous prétexte qu'il y avait droit, pour découvrir des chocolats bas de gamme et une confiture trop sucrée. Elle se demandait comment ce type pourtant nanti d'un fort beau diplôme et donc à priori intelligent pouvait ainsi parler de ses droits alors que ceux-ci consistaient en fait à récupérer une maigre fraction de l'impôt qu'il avait payé de force sous forme d'un colis médiocre que même LIDL n'oserait plus proposer en rayon.

Elle se désolait donc de la bêtise ambiante et se demandait comment faire pour parvenir à vivre au milieu de tant de médiocrité. Totalement isolée au sein d'un échantillon d'électeurs lobotomisés qui confondent les maigres droits qu'on leur concède avec ce que devrait être la liberté, la pauvrette était au trente-sixième dessous. Bien sur, nous avons parlé de tout cela et du malheur que représentait la lucidité dans un monde bâti sur des fictions. Ne nous y trompons pas le socialisme est aussi de droite.

Et puis comme c'était mon dernier rendez-vous de la matinée, je lui ai proposé la même recette ; déjeuner et caffing. Ce qu'elle a accepté de bon cœur. Elle a passé un bon moment et on a bien rigolé. Elle a même fait la connaissance de Jésus. A ce propos, elle m'a dit qu'il était rigolo et très sympa et qu'elle s'étonnait, bien qu'il ait quelques idées baroques, qu'on ait pu le juger schizophrène. Je lui ai alors dit qu'il avait eu un passage à vide assez préoccupant dont il s'était bien tiré. Quant à ses idées baroques, c'était bien le problème de notre époque de criminaliser les opinions et quand on ne le pouvait pas de les psychiatriser. Après cette immersion de quelques heures, elle allait nettement mieux.

Je ne reprocherai évidemment pas leur passage à vide à ces deux patients. Je crois que si je suis épargné, c'est parce que je fréquente bien peu de gens dits "normaux". J'en croisé régulièrement bien sur parce que je vis parmi eux. Je leur parle un peu, je leur réponds, j'échange quelques banalités mais je reste toujours sous le radar. 

Je m’abstiens pas exemple de dire à mon voisin que je mettrais bien le feu à sa BMW X5 que je trouve laide et vulgaire et exemplaire de cette droite cupide que je vomis. Dans le même temps, j'évite de dire au socialiste du coin qui bave sur cette même BMW X5 qu'il n'a qu'à se sortir les doigts du cul pour s'en offrir une et que le vol via les impôts n'est pas la solution. Sinon l'URSS aurait marché. Or là-bas, même pour une Lada merdique il fallait patienter des années. Socialistes de droite cupides et socialiste de gauche jaloux me font gerber mais je les supporte parce que moi j'ai mes séances de caffing hebdomaires.

C'est vrai que le sport, fut-ce de poser un cul en terrasse en buvant du café, en fumant des clopes et en bavardant avec des gens de bonne compagnie, fait du bien ! Bon et puis j'ai lu les stoïciens et j'essaie de pratiquer.


Le matin, dès qu’on s’éveille, il faut se prémunir pour la journée en se disant : « Je pourrai bien rencontrer aujourd’hui un fâcheux, un ingrat, un insolent, un fripon, un traître, qui nuit à l’intérêt commun ; mais si tous ces gens-là sont affligés de tant de vices, c’est par simple ignorance de ce que c’est que le bien et le mal. » Quant à moi, considérant la nature du bien qui se confond avec le beau et celle du mal qui se confond avec le laid ; considérant en même temps que celui qui se met en faute à mon égard se trouve, par le décret de la nature, être de ma famille, non pas qu’il vienne d’un même sang et d’une même souche, mais parce qu’il participe aussi bien que moi à l’intelligence et à l’héritage divin, je me dis deux choses : d’abord que nul d’entre ces gens ne peut me faire le moindre tort, puisque aucun ne peut me faire tomber dans le mal et le laid ; et en second lieu, que je ne puis éprouver ni de la colère ai de la haine contre un membre de la famille à laquelle j’appartiens moi-même. Nous sommes tous faits pour concourir à une œuvre commune, comme dans notre corps y concourent les pieds, les mains, les yeux, les rangées de nos dents en liant et en bas de la mâchoire. Agir les uns contre les autres est donc certainement manquer à l’ordre naturel. Or, c’est agir en ennemi que de se laisser aller à son dépit et à son aversion contre un de ses semblables.

Marc-Aurèle, Pensées pour moi-même, Livre II, pensée 1

01 janvier, 2016

Meilleurs voeux pour 2016 !


Vous l'aurez noté, entre le "joyeux Noël" que je vous ai adressé et ce billet-ci, je n'ai rien écrit. Je suis en vacances. Je ne fais rien. Je me couche super tard après avoir regardé des tas de trucs bêtes et lu des trucs moins idiots. Je fais, ce que j'aime, glander sur mon canapé avec du café et mes clopes. Et j'espère bien qu'en 2016, je pourrais faire de même parce que j'adore ça. 

Glandouiller, lire ou regarder des trucs et en même temps avoir des pensées parfois fugaces parfois tenaces, c'est vraiment mon truc. Il m'arrive de songer que je suis vraiment le roi des cons de penser à ceci tandis que d'autres fois je me trouve génial de penser cela. Mon identité sociale varie donc d'abruti total à génie incompris et c'est très bien ainsi. Je n'ai pas envie que cela change. Une fois mort parce que cela arrive même aux capricornes, il ne restera de moi que ce conterons mes derniers compagnons de caffing qui m'auront survécus.

Et puis bien sur peut-être mon monument en béton armé, qui ne servira à rien qu'à emmerder le monde, que je compte bien faire un jour. Un beau cube en béton vibré et armé de quatre mètres d’arête que je déposerai dans un coin de France comme le monolithe de 2001, l'odyssée de l'espace, film qui m'a toujours fait chier et auquel je n'ai rien compris comme ne comprendront rien ceux qui verront mon cube à moi. 

Et pour perdre encore plus les gens, notamment ceux qui veulent à tout prix comprendre, comme le font les cuistres face à une chiure contemporaine, je sèmerai de faux indices en dédiant mon cube de béton à Saint Gringeot mon saint factice favori.

D'ailleurs est-il si factice que cela Saint Gringeot ? Depuis la canonisation de Sainte Thérèse de Lisieux, une autre capricorne, on sait qu'il y a aussi une théologie de la petite Voie, celle qui propose de rechercher la sainteté, non pas dans les grandes actions, mais dans les actes du quotidien même les plus insignifiants, à condition de les accomplir pour l'amour de Dieu. Mon Saint-Gringeot ne fera donc que suivre la petite Thérèse sur la petite Voie, même si lui c'est à coups de mandales et une clé Facom à la main qu'il l'aura parcourue. 

Il faut dire que très jeune, celui allait devenir Saint Gringeot s'est aperçu que qu'il obtenait de meilleurs résultats avec une bonne droite qu'avec des prières. Il en a déduit que les chemins qui mènent à dieu étaient vraiment multiples et que la prière pouvait prendre bien des formes. De la même manière, il a vite saisi qu'en maitrisant la technique, on allait plus loin qu'en se lamentant devant un objet qui ne fonctionne pas. Saint-Gringeot est le saint patron des réponses simples. Dans la mythologie, ce serait celui à qui Métis apparait pour trouver des solutions aux problèmes. D'ailleurs tel est mon secret ; lorsque je suis confronté à un "cas" compliqué, plutôt que de noyer le poisson en jargonnant et en proposant des thèses fumeuses, j’invoque Saint Gringeot.

Mais trêve de bavardages et en attendant que je trouve les dix-mille euros nécessaires à mon grand-oeuvre, laissez moi vous souhaiter à toutes et tous une bonne et heureuse et formidable :

Année 2016


25 décembre, 2015

Joyeux Noël !

Si j'ai choisi une photo hivernale c'est parce qu'en ce moment, il fait super doux. Hier, je suis même allé bosser en scooter et c'était très sympa. On se serait cru au début du printemps. Après, on a fait du caffing en terrasse et franchement le chauffage était superflu.

Bref tout cela m'a rappelé les sinistres prévisions de la COP21 ! Peut-être qu'on ne verra plus jamais de neige à Paris. Peut-être que dans dix ans, il y aura des palmiers à la place des acacias sur la place à côté de mon cabinet ? Peut-être que ...

Sincèrement moi, au delà du débat climatologique, je m'en tape, je m'en contrefous. Quand je pense qu'il y a dix mile ans, la vallée de la mort était occupée par un lac gigantesque, je me dis que la planète fait bien ce qu'elle veut. Il y a ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas disait le brave Épictète. Et moi j'en reste là.

N'empêche que pour ceux qui se baladent comme moi en deux-roues, c'est plutôt chouette ces températures. Et puis, ce qui est pris n'est plus à prendre. De toute manière, la neige c'était sympa dans les contrées agricoles, quand on n'a rien d'autre à foutre en hiver que de glander au coin du feu parce qu'il n'y a rien à faire dehors. Par exemple si j'étais resté chez moi en Franche-Comté, c'est sur que la neige j'aurais adoré. J'aurais renté mes montbéliardes à l'étable et j'aurais lu au coin de l'âtre pendant que mon épouse aurait fait son ouvrage avec la comtoise qui aurait égrené les heures. Dans les sociétés "avancées", la neige c'est chiant sauf à la montagne pour ceux qui aiment le ski. 

Parce que nous, neige ou pas, même par températures négatives, faut qu'on se bouge et qu'on aille bosser. Rien de pire que la neige à Paris quand le manteau blanc cède sa place à une soupe dégueulasse et noirâtre. On s'en met plein les pompes, ça glisse et ça salit tout. Bref, la neige est une résurgence de temps anciens qui n'a rien à faire chez nous !

En revanche, j'ai rien contre un petit coup de froid de temps à autre vu que je ne suis pas frileux du tout. J'adore un bon petit froid sec bien piquant de bon matin. Ça c'est sympa surtout quand les gens s'en plaignent et que moi je m'en fous. Mais en revanche, la neige c'est vraiment surfait. Ça sert à rien à Paris. Quand on est vraiment moderne, on dit non à la neige ! Quand s'est affranchi de ces images surfaites de Noëls blancs et qu'en plus on a fait de l'anglais on dit fuck the snow !

Je vous souhaite donc à toutes et tous, un joyeux Noël pas au coin du feu !

14 décembre, 2015

Quand les gens ont peur !


Vendredi, je déjeunais avec un ami dans un petit café-tabac des environs. Une bonne petite adresse où la bouffe est plutôt bonne et pas chère. Pensez-donc que le plat du jour est à 8,50€ ! Moi, j'ai pris un coq au vin et lui un pavé de saumon. C'est sur qu'à ce tarif, il ne faut pas demander comment les bestiaux qu'on mange sont élevés. Mais bon, on s'en fout, dans la cuisine c'est la sauce qui fait tout.

On parlait de la COP21 et on se gaussait de cette pantalonnade ! Il faut dire que nous sommes tous les deux classés anars de droite, c'est dire si on se fout de tout ça. Parce que justement, nous, quand on voit tous ces élus quels qu'ils soient, parler d'une même voix d'un problème, on se dit qu'il y a forcément une arnaque quelque part. Moi le réchauffement climatique, je n'y crois pas. Enfin disons que je ne crois pas que l'homme y soit pour quelque chose. De toute manière quand j'étais petit, aux Visiteurs du mercredi, ils me disaient qu'on s'approchait d'une période de glaciation. Alors chaud ou froid, faudrait savoir ? On n'a pas le droit de mentir à des petits enfants ! Pas plus qu'à des adultes ceci dit !

Mon pote, qui est ingénieur, va plus loin et m'a donné des explications un peu plus scientifiques que ma simple croyance que j'ai écouté d'une oreille distraite parce que je bouffais mon coq de batterie au vin. Ceci étant posé, n'allez pas croire que je sois pour autant un chancre qui se désintéresse de l'environnement. Je ne jette jamais un papier par terre par exemple pas plus qu'un mégot. Je suis gars cynique parfois mais propre qui ne chie pas où il mange.

Mais le plus rigolo que mon ami m'ait raconté, c'est l'histoire d'un de ses potes qui est parait-il au bord du suicide à cause du réchauffement climatique. Moi, je me suis dit tout de suite, que le gonze était du genre hypersensible au réchauffement, un peu comme certains se disent électrosensibles, et qu'il ressent même une variation de 0,0001° ? En fait pas du tout, il s'agit d'un mec qui vit à Paris mais qui adore la plongée sous-marine.

Déjà, je me dis "pas de chance" parce que s'il y a des tas de trucs qui peuvent se faire à Paris, la plongée n'en fait pas vraiment partie à moins de la pratiquer en piscine ce qui ôte un peu de son attrait. Et mon pote de poursuivre en m'expliquant que ce type est tellement obnubilé par les poiscails qu'il en est malade, tout persuadé qu'il est qu'à cause du réchauffement climatique, ils vont disparaitre.

Bon, pas tous évidemment. Mais lui, ce qui l'inquiète, ce n'est pas le destin des harengs ou des daurades ! Non, ça c'est du poisson bas-de-gamme, à la limite il doit en bouffer. Lui ce qui le chagrine, c'est le sort réservé aux requins. Son truc à ce type, c'est de nager au milieu des squales, même qu'il a montré des photos à mon pote. Bon, ça ne m'émeut pas plus que ça parce que pourvu qu'on en ait envie et qu'on ait un peu de blé, c'est à la portée de n'importe qui d'aller faire le con au milieu de requins. 

Moi, je savais qu'on les péchait alors qu'à part leurs ailerons et leur peau pour en faire du galuchat, on ne les consomme pas et je trouvais cela un peu idiot. Parce que massacrer pour massacrer, c'est pas joli. Mais, je ne savais pas que le réchauffement allait avoir leur peau à ces redoutables prédateurs. Enfin, il parait que si et même que ce mec en est malade à se suicider. Il se trouve que ce type, je l'ai croisé deux ou trois fois. La prochaine fois qu'on se voit, je lui parle des requins et s'il me fait son sketch et perd les pédales je lui dirai qu'il n'a qu'à nager avec les sardines. C'est moins risqué et puis, il y en aura toujours des sardines.

C'est marrant ces grandes peurs générées par le pouvoir en place. Avant, c'était la fin du monde, la faim dans le monde ou je ne sais quoi et maintenant c'est la terre qu'il faut sauver. C'est tellement flippant pour certaines personnes qui croient tout ce que l'état leur dit que ça peut générer des comportements de panique extrême confinant au religieux. La terre, notre planète est ainsi devenue Gaïa, une déesse païenne qui exige des sacrifices. Fut un temps où l'on aurait sorti des statues de saints pour faire des processions, maintenant on fait une COP21.

Bien sur, les comportements aberrants ne sont pas le fait que de ce pauvre type au bord du suicide à cause des requins. Il y a plein d'autres actions entreprises au nom du sauvetage de la planète. C'est ainsi que j'ai ainsi appris l'existence d'un mouvement GINKS, Green Inclination No Kids, dont les slogans sont "si tu aimes tes enfants, ne les mets pas au monde, c'est une poubelle ou encore "faites l'amour pas des bébés, c'est mauvais pour la planète". L'idée est que l'être humain est devenu un parasite, pire un cancer qui métastase à la vitesse grand V et met en danger la biodiversité. De ce fait, certaines femmes s'en alarment et refusent de procréer au nom de la planète. Pourquoi pas après tout ? Même si cela me parait aussi saugrenu que vouloir mourir à cause d'une prétendue et improbable extinction des requins.

Enfin, le danger dont on nous rebat sans cesse les oreilles chaque jour, du réchauffement climatique, laisse la porte ouverte à tous les comportements paranoïaques les plus aberrants possibles. Les psychologues sociaux doivent se frotter les mains. Les sectes et leurs discours abscons ne sont plus les seuls sujets d'analyse pour comprendre le comportement d'un groupe. Finalement, ces gens, qu'il s'agisse du plongeur dépressif ou de ces femmes qui ne veulent plus faire d'enfants, sont un peu des gibiers de secte. Qu'un gourou se présente, pourvu qu'il soit porteur d'un thème fort et doté d'une force de persuasion indiscutable et les voici qui lui emboitent le pas pour le suivre, chacun adoptant un comportement au plus proche de ses intérêts.

Sachant que les experts du! GIEC sont de plus en plus mis en doute de même que les solutions vertes, on se demande tooujours où veulent en venir ceux qui promeuvent ce fameux réchauffement climatique. Si l'on était paranoïaque, on se dirait qu'on a à faire à une gigantesque opération de manipulation-propagande. Dans quel but, je n'en sais rien. Mais les techniques de manipulation de masse sont là. C'est ce que les sites "conspirationnistes" nomment une narrative pour expliquer comment certains états ou groupes d'état mettent au point une narration pour manipuler le peuple.

C'est ainsi qu'on utilise la méthode appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple, laisser croire que notre environnement est gravement en danger afin de faire accepter par la population un recul de ses droits plus une taxation comme un mal nécessaire.

Bien entendu, on fera appel à l’émotionnel afin de l'analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements. Dans le cadre du réchauffement climatique, on parlera ainsi de réfugiés climatiques pour que l'on s’imagine de pauvres gens jetés sur les routes comme durant l'exode de 1940. Voici revenues les charrettes à bras où sont assis des enfants qui pleurent. On se croirait dans Jeux interdits ! Pour d'autres, on utilisera des images fortes comme celle d'un pauvre ours blanc bloqué sur un tout petit morceau de banquise, victime de la folie des hommes. Et c'est encore mieux si c'est une femelle accompagnée d'oursons.

Car il s'agit de remplacer toute révolte par de la culpabilité en faisant croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, par manque d'intelligence, de capacités ou d'efforts ou encore du fait de ses défauts tels que l’égoïsme ou l'avidité. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. 

Bien sur, une fois que tout cela est mis en place, que reste-t-il aux être doués de raison ? Et bien, les êtres restant rationnels seront alors vus comme des monstres ! On pourra alors les condamner au nom de grands principes, au nom du bien évidemment !

 Parfois je me demande si ce cher Jésus n'a par totalement raison et s'il ne faudrait pas voir dans tous ces délires de plus en plus fréquents, des signes eschatologiques annonçant la fin de temps. Faut-il voir dans ces tentatives toujours plus fréquentes d'asservir le bon peuple en lui ôtant toute raison, une manipulation politique de plus ou bien l'emprise du prince de ce monde ? Brr, tout cela fait peur non ?
Moi, je n'en sais pas plus que vous. Mais bon, dans le doute, il est grand temps que je construise ma chapelle. Parce que si l'apocalypse advient, j'aurai un truc à montrer moi ! Et puis de toute manière, Jésus me l'a dit, comme je l'ai aidé dans des moments où d'autres voulaient l'interner, je serai sauvé !

Enfin quoiqu'il en soit, dans la cuisine, c'est la sauce qui fait tout, c'est la sauce qui sauve tout. Et ça personne ne pourra jamais affirmer le contraire ! 


Si, si, on y va !


Hier, fin de journée un peu fraiche avec un petit brouillard qui s'est levé. Pas vraiment envie de se bouger, de prendre ma voiture et d'aller voter. Un bon livre et un feu de cheminée me tenteraient plus. Et puis voter ? A quoi bon ? "Élection piège à cons" braillaient les soixante-huitards alors que je n'avais qu'un an. Ils n'avaient pas entièrement tort. Sauf que...

Sauf que, j'ai vu les résultats et que si voter ne sert à rien dans la mesure ou je sais qu'un élu me trahira toujours, voter permet parfois de se faire un malin petit plaisir, un plaisir un peu vicieux et honteux mais Ô combien délectable ! Voter permet parfois de mettre une paire de claques à distance.

C'est pour cela qu'hier, j'ai bougé mon épouse autant que je me suis bougé. D'un rapide mouvement de reins, je me suis extrait de mon canapé et zou, on a sauté dans la Jaguar pour aller voter. Vous me direz que j'aurais pu prendre la Visa. Sauf que là, j'avais le choix entre Valérie Pécresse et Claude Bartolone.

Valérie, elle me rappelle mes copines de l'époque où j'étais élève à Sainte-Marie. J'aurais pu épouser une fille comme elle sauf que bien sur, après quelques années, elle n'aurait pas supporté le bulleur que j'étais. Les filles comme Valérie, elles ont des frais de maintenance élevés et des exigences terribles. Quand vous en épousez une, vous êtes condamné à bosser comme un damné et à ramener des dossiers le soirs ou le week-end à la maison ! Ce n'est pas vraiment mon truc. D'ailleurs quand j'avais une petite vingtaine d'années, j'ai eu une copine comme Valérie. Elle s'appelait aussi Valérie et elle faisait de l'audit externe chez un des Big6, comme on disait à l'époque où ils étaient encore six, et le pire c'est qu'elle aimait ça. On n'avait pas vraiment les mêmes valeurs.

Mais bon, en souvenir de mes années dans le privé catholique sous contrat, et des Valéries que j'ai connues, j'ai opté pour la rutilante Jaguar plutôt que pour la prolétaire Visa. Quand on s'apprête à voter Les Républicains, on se donne les moyens d'adhérer aux valeurs du parti. Autant y aller le cul calé dans du Connolly au son feutré du six-en-ligne que dans du drap rêche de chez Citroën avec le bruit de crécelle du bicylindres. 

Et puis, il suffit d'arriver au bureau dans cette bagnole pour que tout gauchiste qui se respecte se dise : "encore un gros con de droite". Surtout que je suis con à fond dans la mesure où plutôt que de me garer à l'extérieur, comme le pékin moyen, moi j'entre carrément dans la cour de l'école où est le bureau de vote, pour avoir le moins de pas à faire. Si la République tant vantée par Valls, avait le sens du service, on amènerait l'urne à ma voiture et je n'aurais qu'à descendre ma vitre pour y glisser mon bulletin.

J'ai donc voté pour Mme Pécresse, non par conviction, parce que je ne connais même pas son programme, mais parce que ce n'est pas tous les jours qu'on peut coller une beigne à Bartolone. Lui, je ne l'aime pas du tout mais alors vraiment pas. Ce n'est pas tant qu'il soit socialiste qui me débecte parce que contrairement à eux, je peux avoir du respect pour quelques adversaires. Alors que vous l'aurez noté, pas un de ces gauchistes n'a le moindre respect pour les adversaires, comme s'il leur semblait fou qu'on ne puisse pas partager leurs idées. Léo Ferré avait raison, la gauche est vraiment une salle d'attente pour le fascisme

Je ne déteste donc pas Bartolone parce qu'il est socialiste parce que je sais qu'on peut se tromper et croire que le projet socialiste est un humanisme. Je connais de brave gens à gauche qui se fourvoient mais que la ploutocratie incarnée par un Sarkozy n'amènera jamais à droite. Non, je déteste ce type parce qu'il se donne des airs de petit marquis alors que toute sa vie il aura bouffé à la gamelle des fonds publics pour un résultat nul sans jamais rien produire d'intéressant pour la collectivité. Je le déteste aussi parce qu'outre le fait qu'il pompe le fric public, il le fait aussi sur le dos du prolo qu'il est sensé représenter alors qu'il vit dans une maison de 380m2 estimée à 2 millions d'euros et qu'il palpe 18 000 euros par mois en tant que président de l'assemblée nationale alors qu'il menait une campagne l'empêchant justement d'honorer cette fonction. 

Ce type est vraiment un concentré de toute l'abjection du système politique français. Si j'étais vulgaire, je dirais que je lui chie à la gueule. A défaut de pouvoir lui tartiner le visage avec le produit de mes intestins, ce que la loi et l'hygiène proscrivent, j'ai donc voté. Me souvenant de "tous ces gens qui sont morts pour que je vote" mais dont on ne me donne jamais les noms, j'ai décidé de les honorer en mettant un bulletin dans l'urne. En en le glissant dans l'urne, j'ai pensé "vas-y Valoche, bouffe-lui la gueule à cet étron".

Puis, je suis retourné chez moi et j'ai attendu devant BFM bien sagement. Ce fut d'abord un score serré donnant les deux adversaires à 43%. Et enfin la nouvelle est tombée. C'est Valérie Pécresse, ma copine, qui a été élue tandis que Bartolone se prenait une branlée. Aujourd'hui, je n'aurais donc qu'un mot : dans le cul Claude ! Et qu'on ne m'accuse pas d'avoir une dent contre Bartolone. J'aurais agi de même si Cambadélis s'était présenté à sa place ! Il faut être honnête.

Parfois ça a du bon de se bouger du canapé !

07 décembre, 2015

Branlée électorale !

Après les tragiques attentats de Paris, enfin des images qui font plaisir !


Hier c'était la branlée électorale pour les socialistes. Une vraie Bérézina ! Comme je ne suis pas un chien, sitôt obtenu les résultats, je me suis fendu d'un SMS de condoléances à Lapinou mon filleul socialiste. Il m'a juste répondu "qu'ils avaient bien résisté quand même". 


Celle-là, mon grand-père n'avait pas osé la faire ! Pourtant en 39-40, il avait un peu vécu la même chose que la déroute socialiste puisque mobilisé sur le front de l'est face aux allemands dans un régiment d'artillerie, il avait été démobilisé à Pau ! C'est sur que c'était encore en France, on aurait pu reculer jusqu'en Espagne. C'était à deux pas !

Lapinou, comme tout socialiste qui se respecte, c'est un peu le capitaine d'une équipe de foot qui vient de se prendre 10-0 dans la gueule et qui triomphe encore après le match face aux caméras en disant que son équipe a bien joué et qu'ils ont eu de belles occasions.

D'ailleurs après avoir rédigé l'article précédent, je suis un peu inquiet. Il faudrait que je demande aux parents de Lapinou s'il n'a pas été victime d'un AVC ou d'un trauma crânien étant plus jeune. Parce que faire une Sup' de co et aimer autant l'argent tout en étant socialiste, il doit y avoir une explication physiologique.

Même si chacun sait que l'on ne peut être socialiste, intelligent et de bonne foi, il y a toujours un truc en trop !

Y'a un truc !


Voici quelques mois, je recevais un patient venu du centre de la France en rendez-vous. Désireux de me soumettre un cas qu'il juge complexe, il me demande deux heures d'affilée. 

L'histoire est simple et tient en peu de mots : à l'heure ou lui et son épouse, tous deux médecins, vont simultanément prendre leur retraite, il juge le comportement de son épouse problématique. Certes, leur vie n'a pas toujours été un long fleuve tranquille mais jusqu'à présent, le quotidien ne lui avait jamais semblé insurmontable ; seules des crises fréquentes à tous les couples avaient émaillé leurs vies.

Il semblerait qu'aujourd'hui, son épouse est beaucoup changé. Elle lui a révélé la présence d'un amant. Jusque là, rien de bien terrible, ce sont des histoires qui arrivent malheureusement. Le pire étant qu'elle ne désire pas forcément divorcer mais simplement continuer leur vie de couple en lui imposant au rythme qu'elle voudra des escapades chez son coquin. L'histoire se corse donc un peu car on a du mal à concevoir qu'une femme de sa condition et ayant une telle éducation, puisse ainsi du jour au lendemain imposer une vie que la morale courante réprouve. Généralement, on choisit entre le mari et l'amant. Et si l'on veut les deux on fait en sorte que le premier ignore la présence du second.

Je tique donc un peu face à ce tableau de vie de couple bien curieux, décidé à en savoir plus. Il m'explique donc qu'outre cette curieuse demande consistant à lui imposer son amant, elle qui fut un modèle de bonne éducation a développé une tendance à jurer, sinon comme un charretier, du moins beaucoup plus souvent qu'auparavant. J'ai l'intuition que l'origine du problème n'est pas psychologique mais plutôt biologique.

Effectivement, madame a fait un AVC l'an passé. D'après l'IRM et ce qu'en a dit le neurologue, les conséquences sont minimes. On a pu relever un surcroit de fatigue mais rien de plus grave qui aurait pu susciter plus d'investigation. Je ne suis pas neurologue mais j'en sais suffisamment sur le sujet pour savoir que dans certains cas, certaines atteintes des lobes frontaux, un changement de caractère peut survenir, ce changement intervenant en pire, de bonnes personnes se transformant parfois après un AVC en individus odieux.

Étant comme BFM et ne pouvant me passer de mes experts, j'en viens donc à demander à mon patient de m'envoyer l'IRM et le compte-rendu, que je transmettrai à l'un de mes lecteurs, le bon docteur F, neurologue de profession.

Si je l'appelle le bon docteur F, c'est qu'il a pris le soin et a eu la gentillesse de recevoir Jésus un dimanche après-midi à domicile afin de me donner son avis alors qu'il y avait six mois d'attente à son cabinet. D'ailleurs, même Jésus l'avait trouvé sympathique et comme il me l'avait dit : ça change de la bande de cons que j'ai pu voir.

Sitôt dot, sitôt fait, k'expédie les documents au bon docteur F qui valide mon intuition en me précisant que : "On est bien d'accord que jurer comme un charretier à 60 ans doit faire tiquer et chercher quelquechose d'organique." Viennent ensuite, des explications très techniques et je l'imaginais déjà se faire ces réflexions en regardant l'IRM, le lisant comme moi je lirais une carte Michelin. Il est balèze le docteur F pour sortir un truc du genre : "Avec l'histoire, c'est sûr qu'on a envie d'incriminer le possible Avc lenticulaire G".

En revanche, il explique bien que : "Par contre, les patients souffrant de démence fronto-temporale ont souvent un tableau comme ça. Ça évoquerait une atteinte des boucles entre les noyaux gris et le cortex orbito-frontal". Il m'envoie aussi deux liens fort intéressants sur le sujet, un premier en français et un second en anglais. Je transmets alors à monsieur et madame, cette dernière m'indiquant qu'elle est maintenant prise en charge à côté de chez elle. 

L'amusant, si l'on peut dire, dans cette affaire est que l'on persiste à faire de la psychologie sans cerveau, comme si ce denier gérait tout un tas de choses mais surtout pas nos pensées et nos comportements sociaux. Et pourtant, tout un chacun ou presque, a déjà été bourré et a pu constater que l'ébriété, événement banal s'il en est, pouvait rendre très différent de ce que l'on est habituellement. 

Ainsi, en cas de changement de comportement même mineur suite à une atteinte du cerveau, tumeur, commotion, fracture, AVC, consultez votre neurologue et exigez des précisions. Après une fracture mal consolidée, une entorse mal soignée, on peut se mettre à boiter, alors imaginez bien qu'après un pet au casque mal diagnostiqué, on peut aussi avoir des séquelles et déconner plus ou moins.

Je ne suis pas la poubelle des mauvais médecins !

04 décembre, 2015

Qu'a-t-il voulu dire ?



J'ai parfois une patientèle bien trop intelligente pour moi ! Parfois, certains me sortent de ces trucs terribles. Ils me balancent une phrase comme ça, comme si c'était une évidence que je doive comprendre immédiatement alors que pour ça reste aussi abscons que du chinois. Ce n'est pas que je sois plus con qu'un autre mais quand on me parle comme le sphinx, moi ça me bloque. Dans ces moments là, je regrette mes ingénieurs. Au moins avec eux, tout est simple ! 


Par exemple tout récemment, un patient qui vit loin dans les montagnes THQI, c'est à dire le mec, très très très intelligent, me parle d'un truc avant de me balancer d'un air entendu : "j'adore ce proverbe japonais qui dit que l'homme et la femme qui se sont baignés ensemble seront toujours bons amis".

Là, je suis resté un peu interdit. Bien sur, face aux patients, le truc c'est de toujours feindre qu'on comprend tout, sous peine de passer pour un gros con. Et croyez-moi, dans ma profession, être un gros con n'est pas vendeur. Autant un élu peut-être un gros con, même le roi des cons, cela ne handicapera pas sa carrière, pourvu qu'il ait la bonne formation de base ou les bons réseaux. Pour les psys, être un con c'est rédhibitoire à moins de vouloir faire carrière dans le secteur public moins exigeant. 

J'ai donc fait bonne figure en prenant l'air pénétré du mec qui goute tout le suc de ce proverbe japonais. Mais en fait, dans ma tête, je me demandais ce qu'il avait bien voulu dire, ce que pouvait bien signifier ce proverbe japonais. Je savais déjà que le Nô, le Kabuki et les Haïkus me faisaient chier et que je n'étais donc pas très versé dans la culture japonaise. J'ai donc découvert que les proverbes du pays du soleil levant m'emmerdaient tout autant. C'est un fait.

Mais je ne saisissais toujours pas pourquoi un homme et une femme qui se sont baignés ensemble seront toujours bons amis. Déjà, moi je suis plus douche que bain parce qu'un bain c'est long et que macérer dans sa crasse c'est pas génial. Bon, j'ai déjà pris des bains c'est sur, avec un bon livre et des clopes pourquoi pas. Cependant, j'occupe déjà un certain volume et bien que je possède une baignoire de bonne taille, je ne me vois pas à deux dedans. 

Ceci dit, les japonais ont sans doute de plus grandes baignoires, des trucs collectifs dans le genre spa nordique. Moi, j'aime pas trop ce genre de trucs. J'y suis allé une fois dans une salle de sport. En fait, je suis allé une fois dans une salle de sport qui proposait aussi un spa. Je n'y ai pas foutu les pieds parce que je me suis imaginé que tout le monde devait baiser dedans et que je n'avais pas envie de macérer dans un bain de sperme de sportifs !

Mais bon, l'image était bonne, le spa, le grand bain collectif où je pouvais imaginer qu'un mec et une gonzesse se baignent ensemble. Et alors quoi ? En quoi, se baigner dans un spa fait d'un homme et une femme de bons amis ? Déjà, je suppose qu'ils le sont un peu parce que je n'imagine pas deux étranger se baigner dans le même bain. 

Ensuite, tout aussi rapidement, je me suis dit que dans le bain, ils devaient copuler comme des gorets. C'est sur que niquer dans un bain avec quelqu'un ça crée des liens. On devient bons amis, on a des souvenirs communs. A moins que l'eau chaude aidant, il se crée quelque variation de température interne au niveau intestinal, entraînant l'émission de gaz. Peut-être qu'après avoir lâché quelques caisses dans un bain, on devient vite intime et qu'on reste bons amis. Le chapelet de bulles odoriférantes qui remonte à la surface avant de crever, c'est sur que ce n'est pas super élégant mais ça rapproche. Chacun le sait, quand on peut péter au lit c'est qu'on est vraiment en couple. Avant, tant qu'on est anxieux à l'idée de lâcher un vent, on en est encore à la phase de séduction.

Voilà donc à quoi je pensais et j'espère, chers lecteurs, que vous voudrez bien pardonner la pauvreté de mes réflexions. Je ne me suis jamais pris pour un THQI moi ! Je suis un gars simple, un maçon de la psychologie. Sinon, pensez bien que je serais devenu psychanalyste et que moi aussi j'aurais lâché des apophtegmes mortels dans le genre Cléobule de Linde à qui l'on doit le célèbre "Prudence en toute chose". 

Tiens quand mon montagnard m'a sorti son proverbe japonais, j'aurais pu lui répondre ça : "certes mais comme le disait Cléobule de Linde, prudence en toute chose". Là, c'est moi qui l'aurait collé le montagnard. Je n'ai pas été assez vif. Il m'a tellemetn scotché avec son proverbe à la con que je suis resté tout con. 

Et justement comme je n'ai pas envie de mourir idiot, je lui ai demandé à mon gars des alpages ce qu'il entendait par "l"homme et la femme qui se sont baignés ensemble seront toujours bons amis". Et ça a été à son tour de sécher. Aussi sec qu'une tranche de viande des Grisons qu'il était le gaillard quand il s'est agi de m'expliquer le sens de ce proverbe. En fait, il m'avait sans doute balancé ça pour faire son intéressant. A la fin, il m'a avoué qu'il ne comprenait pas bien le sens du proverbe et qu'en plus, il n'était pas sur que ce soit japonais et qu'il aurait tout aussi bien pu entendre cette phrase dans un western américain. 

Bref, il avait voulu jouer le beau et me balancer sa pseudo-science nippone. Alors même qu'il a convenu que le Japon ne l'attirait pas malgré les prix canons sur les vols (480€ A/R). Lui, il préfère le Canada, les forêts côtières de Colombie britannique pour courir avec les ours et hurler avec les loups. Son rêve c'est de jouer au trappeur au milieu des Douglas et voilà qu'il me balance du proverbe japonais ! On aurait pu parler tronçonneuses et moto-neige !

Ca m'a rassuré, je n'étais finalement pas si con. Je n'avais rien compris parce qu'il n'y avait rien à comprendre. Peut-être que j'en parlerai à Chaton. Lui, c'est un super analysant, un casseur de codes, si il y a quelque chose à saisir dans ce proverbe, si toutefois c'en est un, il trouvera. En attendant, je me dis que c'est marrant mon boulot, il y en a toujours un pour jouer au malin. La palme revenant évidemment à ceux qui m'ont dit adorer Ulysse de Joyce, bouquin imbitable s'il en est. D'ailleurs l'expérience me prouve, et j'en fais un axiome, dès qu'il y en a un qui me parle d'Ulysse de Joyce, je me dis que c'est rien qu'un gros pédant. Ceux qui citent du proverbe japonais à tout va aussi ! 

Voilà, comme j'ai bien trop réfléchi et que je reste un mec simple adepte de plaisirs simples, je vous propose maintenant un petit coup de musette. Parce que ça fait des semaines qu'on nous bassine avec Eagle of death metal en oubliant qu'on a nous aussi des airs très dansants !

Dédicace spéciale pour Jean Sablon s'il me lit !

22 novembre, 2015

Retour du Japon !

Tokyo

Jean Sablon est enfin rentré du Japon jeudi dernier après avoir été bloqué à Shanghai deux jours du fait d'un typhon. Ça lui apprendra à partir si loin autant de temps ! A-t-on idée de voyager ainsi ? Surtout en Novembre. De plus, comme nous le prouvent les récents et tragiques événements, s'il y avait un endroit où s'écrivait en ce moment une page d'histoire contre le terrorisme c'était à Paris et non en extrême-orient.

Il aurait pu dire qu'il avait échappé aux balles, ou failli en réchapper, ou encore qu'il avait aidé des victimes et se forger une réputation de héros. Au pire, il serait resté scotché devant BFM télé puis il aurait été Place de la République faire brûler sa bougie. Il aurait vécu un événement historique ! Au lieu de cela, quand parvenu au terme de sa vie, devenu un vieillard chenu, ses petits-enfants lui demanderont où il était en ce jour funeste du 13 novembre 2015, il ne pourra que répondre : je visitais le temple du Pavillon d'or avec ta mémé. C'est un peu comme avouer que le 11 juillet 1916, lorsque l'offensive de Falkenhayn échoue et que le sort de bataille de Verdun tourne définitivement en faveur des français, on se trouvait à l'arrière en train de classer des papiers. 

Atterrissant le jeudi matin, il a déposé ses affaires chez lui avant d'aller déjeuner avec ses parents. Puis, m'ayant envoyé un SMS, il m'a rejoint au café où nous avons nos habitudes pour nos séances de caffing. Je le pressai alors de question pour savoir comment "c'était le Japon" ! Et là, les réponses furent à la hauteur de Jean Sablon.

J'ai donc appris qu'au Japon, il y a plein de japonais qui sont généralement petits et courent tout le temps. Qu'ils sont aimables et polis et très affairés, quelle que soit la tâche qu'on leur confie. Ainsi, même un poinçonneur de ticket semble honoré de la fonction qu'on lui a confiée et poinçonne le ticket avec zèle et exactitude. C'est aussi très propre.

Tokyo est une ville pleine de buildings plus impressionnante que Manhattan parce qu'il y a moins d’espaces verts. Quant à la bouffe, elle est moyenne et composée de nouilles et de riz, accompagnés de poisson qui n'a pas beaucoup de goût. Il y a plein de lumières et même des endroits où l'on peut cloper. En revanche, il y a des quartiers dans lesquels on ne peut pas fumer dans la rue. Jean Sablon m'a dit qu'il fumait quand même. Et qu'au pire, si on lui avait dit quelque chose il aurait joué au con, prétextant ne pas avoir compris l'interdiction. Après la classe du bel Alain Delon, le Japon bénéficie maintenant de la cuistrerie de Jean Sablon le sagouin.

Au bout de trois ou quatre jours, on se sent parait-il oppressé à Tokyo. Alors, quand on en a marre des buildings tokyoïtes, on peut aller à Kyoto qui est une ville historique dans le centre de l'ile, où l'on se rend en Shinkansen, une espèce de TGV. On y visite les temples du Pavillon d'or et du Pavillon d'argent. Ça ressemble un peu au cinéma La pagode, rue de Babylone dans le 7ème arrondissement, sauf que c'est plus loin et qu'il y a des jardins en sable et en galets et pas de cinéma. On y mange aussi des nouilles et du riz avec du poisson. Les japonais y sont aussi petits et très aimables.

Une fois qu'on est là, vu qu'on a casqué pour le Japan Rail Pass, on peut pousser à Osaka qui est une ville industrielle où il n'y a rien à voir et où l'on mange du riz, des nouilles et du poisson aussi et où les gens sont petits et aimables. Après, on peut retourner, toujours par le Shinkansen, à Tokyo et de là, prendre l'avion pour rentrer chez soi. On peut aussi voir d'autres trucs mais comme me l'a avoué Jean Sablon, il est allé au Japon parce qu'il y avait une super promo sur les vols. Alors, il n'avait rien préparé. Jusqu'à présent ce qu'il connaissait du Japon, c'était la capitale et puis Yamaha parce qu'il en a une.

Un peu perplexe face à ce discours monotone qui n'avait pas pris cinq minutes, j'ai demandé à Jean Sablon s'il regrettait d'y être allé et s'il conseillait à quelqu'un d'aller y faire un tour. Et là, toujours aussi prosaïque et dénué d'émotions, tel un yucca, il m'a dit qu'à 480€ Paris-Tokyo AR, il ne regrettait pas d'y être allé parce que c'était une bonne affaire. Il a rajouté que si la promotion continuait, ça restait une bonne affaire. Il m'a dit qu'il en parlerait au Gringeot, qui est du signe du taureau comme lui et tout autant économe.

Pour le reste, il préfère tout de même La Chaise-Dieu d'où sa famille est originaire. En plus, on peut même y prendre un des derniers autorails Picasso en activité. Et, aspect pratique indéniable, c'est accessible par la route, même si l'Auvergne reste mal desservie puisque ne bénéficiant ni d'un TGV, ni d'un accès direct par autoroute !

Bref ce que Jean Sablon retient de son périple extrême-oriental, c'est qu'il est plus facile faire Tokyo-Osaka que Paris-La Chaise Dieu !

La Chaise Dieu

20 novembre, 2015

Coups de bol !

Certains ont aussi eu un coup de bol monstrueux. Ainsi une de mes patients vivant dans une rue où a eu lieu une fusillade m'expliquait qu'elle fréquentait assidument l'un des établissements où l'on déplore des victimes. Comme elle me l'expliquait, c'était vendredi et la température était douce et de plus elle fume ! Elle aurait logiquement du y être attablée avec des amis afin de prendre un verre et de refaire le monde.

Par chance, et c'est là l’ironie de l'histoire, elle a du subir un dégât des eaux, le chauffe-eau de sa voisine du dessus ayant eu la bonne idée de fuir peu avant. Elle a donc retrouvé son plafond saccagé et s'occupait des problèmes d'assurance avec sa voisine venue s'excuser de la gêne occasionnée par cette fuite impromptue, lorsque les premières rafales se sont faites entendre. Sans ce dégât des eaux miraculeux, elle aurait pu être une des victimes. 

Lorsque quelques dizaines d'années auront passé, qu'elle sera une vieille dame et que ces attentats seront devenus des événements historiques enseignés aux enfants, elle pourra dire qu'elle était sur les lieux mais qu'elle a eu la vie sauve grâce à un chauffe-eaux.

Un autre de mes chars patients, ingénieur des mines de son état, m'a expliqué qu'il aurait fort bien pu se trouver au Bataclan. Je lui ai objecté que les ingénieurs faisaient en général des jeux de rôles mais qu'ils assistaient rarement à des concerts, surtout à ceux de Eagle of death metal ! Il m'a objecté qu'il avait déjà été à des concerts et qu'en plus il avait même des CD où des groupes composés de jeunes à cheveux longs jouent de la musique binaire avec des guitares électriques. J'en suis resté pantois, l'imaginant plus écouter des quatuors à cordes ou Jo Dassin ! On ne peut plus se fier à rien ! Ce monde est fou !

Il m'a alors avoué qu'un mauvais garçon qu’il fréquentait voici quelques années, ingénieur comme lui, lui avait confié une clé USB contenant des morceaux de ce groupe américain. Par le plus grand des hasards, ne se souvenant plus de cette clé USB, il n'avait jamais écouté ces morceaux, ce qui avait sans doute sauvé sa vie. Car selon lui, en imaginant que ce groupe lui ait plu, qu'il en soit devenu un fan hystérique passant en boucle leurs morceaux, il est certain qu'il aurait été au concert du Bataclan et que sa haute taille en faisant une cible évidente, il serait mort fauché par une rafale.

Comme il me l'expliquait sans ciller, maintenant chaque fois qu'un ami lui proposera d'écouter un nouveau groupe il lui répondra : "Quoi un groupe que je ne connais pas ? Tu veux ma mort ou quoi salaud ?! Dégage avec ta clé USB, assassin !".

Quant à moi, une de mes patientes médecin de son état, me faisait remarquer ce matin que j'étais sans doute un héros méconnu, un type sévèrement burné quoi. Car tandis que la plupart de nos contemporains se targuent de pratiquer des sports extrêmes où casqués et bardés de protections ils ne risquent pas vraiment grand chose, moi, pratiquant le caffing à outrance,assis en terrasse, je risque ma vie chaque jour.

finalement pour un capricorne, moi qui me pensais calme et réfléchi et peu téméraire, je m'aperçois à la lueur des derniers événements que je prends des risques insensés chaque jour de ma vie depuis des années.

Je suis un vrai dingue, #je suis carrément terrasse !