11 août, 2014

Mon copain Manu (horrible attentat) !


Les hommes de pouvoir ont un côté fascinant non ? Songez au fait que tous ceux que vous verrez au sommet ont un jour commencé comme vous et moi. Maintenant, demandez vous pourquoi eux et pas moi ? Pour ma part, c'est une question qui me passionne et sans doute que j'écrirais un jour un article sur ce sujet. J'ai toujours pu noter, indépendamment de leurs secteurs d'activité, que les hommes qui réussissaient avaient quelques points communs.

Mais trêve de psychologie ! On note aussi que les hommes de pouvoir attisent souvent la haine de leurs opposants. Ce n'est pas de tout repos d'avoir le pouvoir et il faut une bonne dose de paranoïa pour pouvoir survivre et finir de sa belle mort comme Staline ou encore Mao.

Un homme de pouvoir, un vrai, aura forcément dans sa vie à s'opposer à des détracteurs parfois très mal intentionnés. Il y a ceux qui auront à faire face à des déboires judiciaires issus de cabales menées contre eux mais d'autres courront aussi le risque d'être assassinés.

C'est ainsi que le 22 août 1962, aux environs de 19 h30, deux Citroën DS 19 banalisées et escortées de deux motards quittent le l’Élysée pour emmener le Général et son épouse à la base aérienne de Villacoublay où ils doivent prendre un hélicoptère pour leur résidence de Colombey-les-Deux-Églises.  À bord du second véhicule  se trouvent de Gaulle et son épouse. Le colonel Alain de Boissieu, gendre et aide de camp du président, est quant à lui assis à côté du chauffeur, un gendarme.

Alors qu'il arrive, à 20 h 08 à hauteur du carrefour des rues Charles Debry, RN 306 et rue des Bois, à environ trois cents mètres avant le rond-point du Petit Clamart, le commando Bastien-Thiry est dissimulé en guet-apens. Le commando est constitué de douze hommes équipés d'armes automatiques, d'explosifs et de quatre véhicules. 

Bastien-Thiry est dissimulé avant le croisement, dans une Simca 1000, d'où il donne le signal en agitant un journal. Cinq hommes sont dans une Renault Estafette jaune équipés de fusils-mitrailleurs tandis qu'un autre groupe est à bord d'une ID19 lourdement armés. Une camionnette Peugeot 403 avec d'autres hommes lourdement armés à bord se tient en réserve.
Le commando ouvre le feu sur la DS présidentielle, les pneus avant du véhicule sont crevés tandis qu'une rafale de MAT 49 fait exploser la glace arrière. Boissieu crie aux de Gaulle de se baisser, ce qui leur évite d'être touchés et ordonne au chauffeur d'accélérer. Malgré l'état de la voiture et le sol mouillé, il parvient à s'enfuir àà vive allure ce qui conférera à la Citroën DS un prestige inégalé.

Le chef de l'État et son épouse survivent à la tentative d'assassinat et bientôt le commando sera arrêté et déféré devant un tribunal militaire. Jean-Marie Bastien-Thiry sera fusillé le 11 mars 1963 u fort d'Ivry. Avouez que quand on lit cela, on a les images sous les yeux, c'est un vrai film !

Mais cette folie ne s'arrête jamais et les hommes de pouvoir seront toujours la proie de malades. C'est ainsi que le matin, 7 aout 2014, c'est le branle-bas de combat rue des Saussaies où est situé le ministère de l'intérieur. Un colis suspect vient d'être détecté ! Selon le Point, il s'agit d'une fiole recouvert d'aluminium contenant un liquide inconnu. Il est adressé à Manuel Valls l'ancien occupant des lieux devenu depuis premier ministre.

Tout s'arrête alors et la police scientifique intervient immédiatement. Un officier de police aussi courageux que l'avait été Alain de Boissieu sauvant la vie du général s'approche alors de la fiole suspecte. Revêtu d'une combinaison spéciale et portant des gants, il la prend entre ses mains l'ouvre. Tout le monde retient son souffle, la tension est à son comble. Le préfet de Police est sur place tandis qu'à l’Élysée, le chef d'état major attend les ordres.

Le spécialiste prudent et professionnel examine alors le contenu de la fiole d'un œil expert. Avec une infinie prudence, car il pourrait s'agir d'une arme bactériologique mortelle spécialement mise au point pour attenter aux jours de Manuel Valls, le policier tourne doucement la fiole. N'écoutant que son courage, il la remue doucement avant de s'exprimer : "c'est marrant, on dirait de la merde". Courageux comme pas un, il ôte alors son masque protecteur et déclare : "ça sent bien la merde".

Après analyses on s'aperçoit que la fiole contient effectivement des matières fécales destinées à Manuel Valls ! Le courageux policiers vient de sauver Manuel Valls d'un attentat terrible qui aurait pu lui brouiller son sens olfactif et tacher son costume. Le parquet de Paris est immédiatement saisi pour avis. Encore une fois, mettez un bon réalisateur et la scène devient mythique !

Le Général De Gaulle et Manuel Valls, deux hommes de pouvoir, deux hommes que des fous auront tenté d'éliminer, deux destins plus grands que la vie.


08 août, 2014

Journée internationale du chat !




J'ai appris par le plus grand hasard que le huit aout était la journée internationale du chat. Bon, c'est vrai que je trouve l'initiative complètement conne. La journée internationale du chat, à quoi ça sert ? Le chat n'est pas une espèce en danger ! Tellement pas en voie d’extinction d'ailleurs que ça se castre à tout va, sinon on vivrait dans un monde rempli de chats. Ça grouillerait comme la vermine !


Bon, avouons-le, je déteste les chats. Je trouve ça moche et idiot. Là où certains voient dans l'indépendance du chat une sorte de comportement aristocratique, je n'y vois que l'évidente bêtise qui interdit à cet animal de créer un lien social au contraire du canidé qui est capable de fonctionner en meute. D'ailleurs tandis que les félins ratent souvent leurs proies, c'est un canidé le Lycaon qui a le taux de réussite le plus élevé à la chasse.

Pour moi le chat reste l'animal préféré des vieilles filles ou des misanthropes. Si l'on appartient pas à ces deux catégories, on prend comme animal domestique, quelque chose de plus intéressant, un chien par exemple. Quant à ceux qui argueraient que le chien pue et qu'il bave, c'est peut-être vrai mais au moins il ne chie pas dans une caisse dans la cuisine. 

Pour moi, il y a donc les chiens intelligents vifs et fidèles dans lesquels je me reconnais et les chats, idiots, fourbes et cruels. C'est ainsi et même si certains ne le pensent pas, je m'en fous, c'est comme ça. Quand Laurence avait décidé d'adopter un chat, j'avais tout fait pour l'en dissuader mais elle m'avait expliqué que même si elle préférait un chien, le chat avait l'avantage de pouvoir rester seul deux jours et que c'était pratique. Oui, un peu comme des poissons rouges mais avec des poils, des griffes qui niquent tout et une caisse à caca dans la cuisine. Pourquoi pas si on aime avoir son canapé ruiné et des étrons dans la pièce où l'on cuisine !

Plus jeunes, Olivier, mon ami riche qui a réussi et roule en Ferrari, et moi on adorait raconter aux amateurs de chats que parfois on en chopait un, qu'on l'arrosait de white spirit et qu'on lui mettait le feu avant de l'allumer à la 22 long rifle. Que c'était une occupation sympa les soirs où on se faisait chier et qu'on avait trop picolé de binouzes. Et comme les gens sont souvent cons, ils le croyaient et nous disaient que c'était monstrueux de faire ça. 

Nous on répondait que non, que c'était drôle, et que de toute manière des chats y'en avait plein ! On nous regardait alors d'un drôle d'air comme deux benêts de la campagne, tout juste sortis de Shérif fais moi peur, une série débile de quand on était jeunes mettant en scène une bande de péquenots sudistes. La série était vraiment conne mais la bagnole, General Lee, une Dodge Charger était vraiment superbe. Et puis y'avait aussi Daisy Duke, la soeur des des deux héros, deux crétins bovins, qui était bonasse vu qu'elle se baladait toujours en talons aiguille et micro-short quoiqu'elle fasse. Et nous, vu qu'on était soumis à nos hormones, on trouvait ça bien cool les gros V8 et les petits culs.

De toute manière, Oliver et moi, en s'en branlait de passer pour des psychopathes vu qu'on n'aimait ni les chats ni ceux qui les aimaient et que ça nous plaisait de les laisser imaginer la scène du chat brulant dans la nuit. On était jeunes et c'était le bon temps.On était des outlaws comme les frères Duke de la série !

D'ailleurs à cette époque, on n'aurait fréquenté pour rien au monde quelqu'un aimant les chats. Enfin si y'avait notre pote Lionou qui avait un greffier vu que dans sa famille ils adoraient les félins. Nous on se foutait de sa gueule. Lionou il était sympa et il l'est encore mais il est un peu mou, même que je le surnomme le galet, vous savez comme un truc lisse et sans aspérités, alors cela ne m'étonne pas qu'il ait aimé les chats.

De toute manière les chats de Lionou avaient une espérance de vie limitée vu qu'il vivait près d'une route assez fréquentée. Passé deux trois ans, le greffier finissait toujours sous les roues d'une bagnole puis dans un sac Intermarché puis dans la poubelle. Le sac Intermarché c'était pas du à un rituel mais simplement du au fait que c'était la grande surface la plus proche de chez Lionou. Lui, il était un peu triste mais pas Olivier et moi vu qu'on ne pouvait pas comprendre qu'on puisse s'attacher à un chat ! Pourquoi pas à une taupe pendant qu'on y est, dans le genre animal naze !

Ceci dit, il a persisté, il a toujours un chat. Avant c'était une grosse femelle qu'on ne voyait jamais. En revanche, vu qu'il avait foutu sa caisse à caca dans les gogues, quand on était invité et qu'on devait aller faire la grosse commission, on s'asseyait sur le trône et on avait une vue directe sur la litière du greffier. En regardant les petits étrons parsemant les copeaux, on savait qu'on était dans la bonne pièce. Je crois qu'un jour j'ai du pisser exprès dans la caisse du chat.

Olivier et moi on s'était dit qu'un jour ou l'autre, on démoulerait un cake dedans mais on ne l'a jamais fait. Pourtant on aurait aimé imaginer la tronche de notre pote découvrant une de nos bouses malodorantes dans la caisse du chat. Mais bon, on sait se tenir et puis on est les parrains des gamins, lui du fils et moi de la fille. Alors, on a des responsabilités, un rôle à tenir. On peut pas trop chier dans la caisse du chat quand on prend ses responsabilités de parrain au sérieux ! Mais bon, l'idée a germé je dois l'avouer. On a des plaisirs simples nous. On n'est pas passé par les classes préparatoires.

Alors certes pour en revenir aux chats, Baudelaire leur a consacré un poème. Mais quand on connait la vie de branleur de Baudelaire cela ne nous étonne pas. Ce mec aura perdu son temps à claquer le blé des autres pour financer du temps libre à écrire ses conneries. Et puis de toute manière c'est plus facile de rédiger un poème sur un machin poilu qui passe sa vie à se lécher le trou du cul sur un radiateur parce que ça ne bouge pas ! Au contraire du chien  actif qui n'est pas un animal de poète, c'est l'animal du mec actif, du winner qui a compris que la vie c'était dur et qu'il faudrait se battre. Un mec actif il a autre chose à foutre que d'aligner des alexandrins ou de faire des pantoums, il a des empires à construire et des usines à édifier !

Par exemple pendant longtemps Le Gringeot a eu un malinois. Vous savez le clébard plus petit que le berger allemand mais deux fois plus méchant, le clebs préféré des vigiles et des casseurs avec le rottweiler. Avec sa tronche de tueur tchétchène et son clébard plein de crocs, personne ne la ramenait dans le quartier ! Vous ne lui auriez pas taxé son autoradio dans sa Simca 1307, une excellente voiture qu'il a gardé vingt-deux ans (876 000 kms). D'ailleurs il était triste quand il a du s'en séparer de ce malinois.  La Simca, je pense qu'il a encore sous une bâche dans son jardin. Le Gringeot c'est pas le mec à planter des fleurs. C'est cher et ça sert à rien les fleurs. Un potager c'est mieux.

Par contre, Le Gringeot, il a aussi eu un chat. Et si mes souvenirs sont bons, il s'en branlait un peu quand il est canné le greffier. Peut-être même qu'il a filé le cadavre a bouffer au malinois. Y'a pas de petites économies. Un mec qui achète des Paturettes parce qu'il trouve que les Danettes sont trop chères ne va pas se priver d'un apport protéinique gratos qui lui économisera un sac de croquettes ! Le Gringeot il est né sous le signe du taureau, il va pas perdre son temps à enterrer le chat alors que y'a Rex qui salive déjà dans son chenil quand il voit son maitre qui tient le cadavre par la queue.

Le chat mort c'était du caviar pour Rex, ça l'a changé des croquettes premier prix de chez Leader Price qui le faisait chier tout dur et lui irritait le rectum ! En deux coups de mâchoires, Minou était dans l'estomac de Rex et le lendemain rejeté sous forme d'étron dans le chenil. J'imagine que Le Gringeot a du prendre sa pelle et ramasser la mouscaille de Rex pour fumer ses salades. Dès fois Le Gringeot il nous ramène des salades de son jardin mais on n'ose pas trop les bouffer quand on sait comment il les fait pousser. Alors on les file aux poules.

Et puis les années ont passé et maintenant j'ai vachement évolué et je peux fréquenter des gens qui aiment les chats même si je trouve un peu suspect de les préférer à un chien. Parce que je le répète, un chien c'est mieux, tous les gens intelligents vous le diront. Mais bon, je me suis bonifié avec l'âge, je suis devenu tolérant et sympa. Je ne critique plus les chats. D'ailleurs je serre la main ou je fais même la bise à des gens qui ont des chats, c'est vous dire.

La dernière fois, dans une animalerie, je me suis même surpris à en trouver un joli ! Bon, cela ne veut pas dire que j'en prendrais un. De toute manière, mon épouse est allergique aux poils de chats et quant à moi, il est hors de question que j'aie une caisse pleine de merde et de pissat dans ma cuisine.

En revanche j'aime bien les guépards parce que justement c'est un animal qui tient autant des félidés que des canidés. Ça n'a pas de griffes rétractiles et c'est balancé comme un pur lévrier. Donc c'est mieux qu'un félin.

Alors que rajouter d'autre ? Rien je crois. Et pourquoi ce texte ? Sans doute pour participer à ma manière à la journée internationale du chat. 

Certes j'aurais pu faire mieux mais je suis convalescent, ne l'oubliez pas !


Mon directeur de banque est un trou du cul ! (2)


Comme j'ai été sage que je ne me suis pas énervé ni mis en colère mais que j'ai su différer la satisfaction, le petit Jésus qui est capricorne comme moi m'a aidé. Il faut dire qu'après ce rendez-vous, je me suis posé en terrasse au café à côté de ma banque. C'est un peu con de prendre un double café pour se calmer mais moi le triptyque café-clope-terrasse c'est toute ma vie et mon vrai luxe.

Et tandis que je sentais ma colère s'apaiser, qui vois-je passer ? Vous l'aurez compris mon directeur de banque qui sortait de son agence et s'apprêtait à rentrer chez lui. Assis au café, je le vois disparaitre dans une rue adjacente d'où je ne tarde pas à le voir ressortir au volant d'une allemande rutilante. Vu le salaire d'un directeur d'agence bancaire, cela m'étonnerait qu'il ait pu se payer une pareille voiture dont le prix équivaut sans doute à son traitement annuel. Bon, il existe des LLD. De toute manière, avec ces nouvelles plaques d'immatriculation on peut tout savoir si on est un peu malin.

Un tour sur Oscaro où j'entre le numéro et je connais la version de sa voiture et même l'année modèle en cherchant bien. L'auto est récente. J'imagine qu'il a mis un apport et qu'il paye un loyer pour se pavaner dans son 4x4 gris métal. Compte tenu de son salaire estimé et du fait que cette année, le résultat catastrophique de sa banque ne lui permettra pas d'avoir de primes, j'en déduis que le bonhomme est prêt à manger des patates toute l'année pourvu qu'il ait la plus belle voiture du parking.

En tout cas, selon mes estimation sa bagnole équivaut à une année de salaire. Bon, sans doute qu'il a accès à des financements privilégiés. De toute manière, la voiture s'accorde parfaitement avec son costume et surtout sa chemise voyante de mafieux du New-Jersey. Je suis persuadé, enfin cela reste intuitif, que ce type dans sa tête s'imagine dans la City ou encore à Wall street

C'est dommage qu'elles soient hors de prix même en occasion, sinon le bougre se serait offert une Aston Martin de trader, comme les vrais financiers qui brassent des milliards et se font des sueurs froides tout en se tapant le soir les plus belles escorts de la planète ! Il doit se passer Le loup de wall street en boucle le soir chez lui et s'identifier un peu à Patrick Bateman. Dès qu'Apple sortira l'iphone6, il l'aura le jour de sa sortie.

Bon, compte tenu de la manière dont il m'a parlé, des renseignements sur lui qu'il m'a fourni de lui même comme le fait de se déclarer économiste par exemple mais de ce que j'ai pu glaner par ailleurs, le bonhomme aurait quelques grosses tendances narcissiques que cela ne m'étonnerait pas. Fort avec les faibles, faible avec les forts, telle est leur devise. La seule manière de s'en débarrasser est de leur coller une droite quand il vous mette une claque.

Et nous voici vendredi, jour de mon rendez-vous au cours duquel je lui ai promis d'ouvrir un compte professionnel comme il me l'a demandé. Pour l'occasion, je suis accompagné de mon épouse que cela amuse beaucoup de corriger cet impertinent qu'elle a déjà envoyé balader voici quelques mois avant de clôturer ses comptes.

Cette fois ci, nous n'aurons pas de café car la Nespresso est cassée. C'est mon épouse qui commence les hostilités à sa manière, c'est à dire avec la grâce et la délicatesse d'une division blindée. Pointant tout ce qu'il m'a dit la dernière fois, elle s'étonne et lui demande des précisions juridiques. Moi benoitement, en bon psy un peu crétin, je ne moufte pas me contentant d'observer.

Ce que j'aime c'est faire tourner mon radar et observer les expressions de son visage. Comme la tête compte quarante-six muscles permettant au visage d'adopter des mimiques expressives, je suis à la fête. Bon, le type n'est pas mauvais et encaisse bien en adoptant une attitude de poker face. Ceci dit son occipito-frontal le trahit un peu. On le sent tendu pour tenter de ne rien montrer. Faites l'essai et tendez votre muscle du front et vous verrez que cela vous permet de garder une bonne contenance. On sent nettement que les avocats le font chier et qu'il aime bien aborder les points de droit avec ceux qui le maitrise peu.

Une fois qu'il a bien compris la différence entre le droit et la réglementation interne de sa putain de banque, ce qu'il avait tendance à confondre, je le sens mur pour la seconde couche. C'est à moi d'intervenir. Je lui parle en le fixant dans les yeux, les coudes sur son bureau. Comme il connait mon métier et que comme la plupart des gens il a tendance à conférer aux psys des pouvoir que nous n'avons évidemment pas, je le sens tendu. D'ailleurs, il s'éloigne et se cale bien en arrière dans son fauteuil directorial.

Je lui explique alors que comprenant qu'il n'a pas autorité pour accéder à ma demande, je vais tout laisser en l'état et couvrir mon découvert par un virement. Ce sera ainsi plus simple et cela ne le mettra pas en porte-à-faux par rapport à sa hiérarchie. Je m'amuse donc à lui rappeler ses limites. Je veille calmement et très gentiment à ne pas me mettre dans la peau de celui à qui l'on refuse ce qu'il demande mais dans celle de celui qui comprend que la personne en face de lui n'est pas assez haut placée pour décider. C'est misérable mais cela me fait un bien fou mais pas à lui.

Je le sens devenir teigneux. J'ai effectivement mis trois gouttes de pipi sur son territoire et il n'aime pas cela. Je crois que ce qu'il n'aime pas c'est quand je lui dis que finalement il n'a pas plus de pouvoir que le directeur d'établissement d’une petite agence postale. Et le voici qui devient arrogant me débitant tous les pouvoirs qui sont les siens. Pouvoirs que bien entendu je m'empresse d'amoindrir en lui rappelant sans cesse cette fameuse réglementation dont il m'a rebattu les oreilles lors de notre premier entretien. 

Il souhaite me montrer ses ailes de géants et je ne cesse de mettre en relief les barreaux de sa cage. Après tout c'est lui qui m'a donné les munitions voici deux jours quand il était content de m'envoyer chier en se retranchant derrière ses putains de règles. Mais je le fais très gentiment en compatissant et Dieu sait si un narcissique n'aime pas être pris en pitié ou pire, considéré comme une victime d'un système qui le dépasse. 

Et finalement je lui dis que le métier de directeur de banque est devenu terrible puisqu'il doit se coltiner tous les problèmes de management sans pour autant avoir beaucoup plus de pouvoirs qu'un simple conseiller de clientèle. Alors là, il se débat encore plus et m'explique que tandis qu'un conseiller clientèle pourrait aller jusqu'à un engagement de dix mille euros, lui peut bien plus. Je lui demande si c'est toujours dans les soixante-dix mille et là il ne veut pas me répondre arguant du fait que c'est un secret entre lui et la banque. 

Là, il commence un peu à s'énerver mais pas moi. Je lui dis que je suis étonné qu'il fasse un tel cas d'un secret de polichinelle puisque c'est un renseignement que je pourrais obtenir en une heure. Là, il se ferme totalement. Je sens que cette capacité d'engagement c'est son talon d'Achille. Sans doute que dans sa tête, il se voit en grand argentier alors que dans les faits, il doit référer à sa hiérarchie lors d'une commission d'engagement dès lors que les financements qu'on lui demande excèdent un niveau relativement bas.

Et je lui décoche alors ma flèche du Parthe en lui disant que même si comme il me l'explique les dernières réglementations ont considérablement minoré sa marge de manœuvre, ce doit être plutôt sympathique d'être en prise avec l'économie locale au travers des petites PME et des artisans du coin pour qui le directeur de banque est un allié de poids. Pauvre gars, il n'apprécie pas vraiment ma réflexion. Lui il s’imaginait discuter stratégie avec Bernard Arnaud et voici que j'en fais l'allié de José le plombier. Un peu plus et je le dépeins en secrétaire d'une mairie rurale du siècle passé, poste souvent tenu par l'instituteur, à qui les analphabètes s'adressent pour remplir des formulaires. Il commence à m'expliquer qu'il a aussi de gros clients et que ...

Et que rien du tout, parce que je le coupe pour signifier que l'entretien est clôt. Je le remercie du temps qu'il m'a consacré. Je lui répète que je suis d'accord pour ne rien changer mais qu'à l'occasion je serais ravi de l'inviter à déjeuner parce que j'ai apprécié notre échange. Je suppose qu'il n'a pas très envie de déjeuner avec moi mais il ne peut pas m'envoyer balader. Quant à moi, j'aime bien inviter à déjeuner les salariés méritants.

Il nous raccompagne alors jusqu'à la porte. Je peux sentir tout le mal qu'il pense de moi mais j'affiche un sourire épanoui comme si lui et moi étions dorénavant les meilleurs amis du monde. Je me fends d'un "alors à très bientôt pour déjeuner" et il me répond un froid "avec plaisir".

Tout cela est bien sur inutile mais d'une part, en ce début de vacances pluvieux, je n'avais pas grand chose d'autre à faire et enfin c'est toujours amusant de faire de la psychologie appliquée. Et puis, je suis content de moi parce que je ne me suis pas énervé lors du premier rendez-vous. J'ai su différer la satisfaction, je ne suis pas tombé dans le piège.

Ceci dit maintenant j'ai intérêt à trouver une autre banque parce qu'au moindre écart, il ne me ratera pas ! Enfin, on a bien rigolé et c'est le principal. Parce que nous sommes de passage sur terre et qu'on ne va pas se laisser emmerder par des petits merdeux non ?

Mon directeur de banque est un trou du cul ! (1)


C'est fou ce que le monde a changé. Je me souviens encore d'un temps où j'avais des rapports humains avec le gestionnaire de mon compte. Une  boite de chocolats à Noël et une invitation à déjeuner au restau du coin et le tour était joué. A cette époque, je boursicotais, je faisais joujou mais j'étais traité humainement. 

Une augmentation d'autorisation de découvert, c'était un coup de fil et un accord immédiat. J'ai même eu un directeur qui regardait mon compte de temps en temps et me faisait les virements que je passais signer le vendredi. Il faut dire que bien qu'étant allé jusqu'en doctorat de gestion, je reste le pire gestionnaire qui soit. La paperasse et moi, ça fait deux !

D'ailleurs quand ce directeur est parti, il m'avait prévenu en m'expliquant qu'il était un directeur à l'ancienne et que maintenant je devrais composer avec des trous du cul qui se prenaient pour des banquiers d'affaires mais avaient plus de scrupules qu'un fonctionnaire sourcilleux. Grâce lui soit rendue, ce brave homme avait raison.

Depuis ce temps là, je n'ai que des trous du cul en face. La dernière en date a tellement bien réussi à se mettre la clientèle à dos qu'elle a été mutée au siège où dorénavant son avancement sera lié à son ancienneté. Cette détestable bonne femme passait de toute manière plus de temps en congés et en formation qu'à son poste.

Je ne pouvais qu'espérer mieux mais j'ai été déçu. Alors que je demandais juste une augmentation de découvert parce que durant le mois d'août, je ne rentre pas d'honoraires, il a fallu que je prenne rendez-vous avec le directeur mercredi.

C'est donc un nain rasé de frais en costume bleu marine qui m'a accueilli. J'ai pu noter la belle chemise toute neuve un peu m'as-tu-vu digne d'un VRP qui se la joue. Je ne saurais vous la décrire si ce n'est qu'elle était dans les tons lavande et toute brillante avec un drôle de col ; le genre de truc à porter avec une grosse gourmette. Je suis sur que même les ingénieurs commerciaux de SSII ne mettent plus ce type de liquettes. Je demanderai à mon ami Olivier, celui qui est riche, a réussi et roule en Ferrari, vu qu'il bosse dans une SSII.

J'ai eu le droit à un café de chez Nespresso, c'est déjà cela. N'importe quel type un peu intelligent aurait regardé mon compte, vu que j'étais un client sans problèmes et accédé à ma demande consistant à augmenter de 50% mon autorisation de découvert sur un mois.

Mais pas ce crétin qui m'a tenu le discours selon lequel en tant que professionnel je me devais d'avoir un compte professionnel et non un compte particulier. Je lui ai objecté que ce n'était pas une obligation légale en tant que profession libérale et qu'ayant toujours fonctionné comme cela sans problèmes, j'aimerais ne rien changer. J'ai rajouté qu'étant un gestionnaire négligent j'aimais la facilité et que tous les outils qu'il m'offrait ne me serait d'aucune utilité.

Puis cet âne jouant les importants m'a parlé de bilan et de compte de résultats en rajoutant des ratios et que sais-je encore, ce à quoi j'ai évidemment rétorqué qu'en tant que libéral je me sentais peu concerné par toutes ces choses, ma comptabilité étant plus simple que celle de Bouygues.

Mais l'idiot pérorait toujours et encore, fier de son effet sur moi, allant jusqu'à parler de lui-même en tant qu'économiste. Le mec dirige une agence de six salariés et voici qu'il se croit directeur du FMI. Le plus beau étant qu'il m'ait demandé pour ouvrir son putain de compte professionnel un justificatif d'identité et de domicile alors que j'ai mes comptes chez lui et un emprunt. Je suis d'ailleurs client dans sa putain de banque depuis trente-et-un ans, ils devraient commencer à me connaitre !

C'est dans ces moments là que j'ai juste eu envie de me pencher sur son bureau, de l'attraper par les revers de son costume super 100 bleu et de lui coller une tête. Bien sur je ne l'ai pas fait. Je lui ai juste réitéré ma demande à laquelle il n'a pas fait droit arguant des règles de la banque auxquelles il ne pouvait pas déroger. Vint ensuite la réglementation bancaire et les lois léguées par Christine Lagarde et que sais-je encore. Alors là, il tenait à me faire savoir que ce n'était pas le dirlo à l'ancienne, celui qui négociait entre la poire et le fromage mais un vrai technocrate aussi à l'aise dans le droit que dans la finance. Ce trou du cul c'était le rôel de sa vie, le mec qui se la joue avocat d'affaires comme dans un film américain.

Et de rajouter qu'en cas de non-paiement, il ne pouvait pas se permettre le risque d'avoir un dossier de surendettement. Le mec était juste en train de me traiter de clodo, imaginant que je ne pourrais rembourser et que j'irais comme un pauvre hère saisir la commission départementale de surendettement. Je n'étais plus Phil le psy, le mec qui tient un blog qui aligne tout de même ses 12/15 000 lecteurs mensuels mais Filou la cloche, genre lorrain fraichement licencié de son emploi dans la sidérurgie et sans espoir de rebosser un jour.

Putain, même si je n'ai pas d'égo vu que mon métier l'exige, j'ai bouilli intérieurement sans rien laisser paraitre. Je déteste généralement l'autorité et je suis obligé de me l'appuyer quand elle émane d'un agent de l'état. Mais y obéir quand il s'agit d'une simple société commerciale est un effort trop prodigieux ! C'est dans ces cas là qu'Epictète est utile avec son célèbre : ce qui dépend de toi et ce qui ne dépend pas de moi.

Dans ce bureau, je suis coincé, ce qui dépend de moi ce sont mes mots et mon attitude. Rien de plus, je n'ai aucune marge de manœuvre puisque l'on est en août et qu'il est difficile de prospecter  les agences bancaires pour rouvrir un compte. J'ai jute envie de jouer à Tony Montana, de le traiter de "hijo de puta" et de tout casser dans son bureau. Mais si cette attitude satisferait mon égo et l'idée grandiose que chaque mâle se fait de lui-même en cas de complexe, elle serait aussi bénéfique qu'insulter un flic un soir de biture. Sur le moment ça défoule et une fois dégrisé, on se rend compte que c'était plutôt con.

D’où la nécessité de toujours se souvenir que la culture transcende la nature, que la néo-cortex doit toujours prendre le pas autant que possible sur le système limbique. Et que même si ce dernier actionne votre putain de système endocrinien et vous fait monter les taux d'ACTH, d'adrénaline et de cortisol pour vous préparer aux deux seules adaptations que notre cerveau connait en situation de stress, l'attaque ou la fuite, là c'est impossible. Je suis juste fait comme un rat, ou plutôt comme un enfant à qui le maître d'école ferait la leçon. C'est lui qui a le bâton et moi qui doit me tenir sage.

Alors j'active justement mon néo-cortex, le siège de mon intelligence qui fait de moi un être humain et non un buffle stupide qui va charger uniquement parce qu'il a détecté un stimulus qui a engagé une réponse liée à son espèce. Je me souviens donc d'Epictète et je me dis que ce n'est pas si facile mais aussi du fait que je sois né sous le signe du temps. 

Et puis, j'ai un métier un peu spécifique et autant m'en servir. Si une fois sorti de mon cabinet, je me comporte comme un gros boeuf c'est idiot. Autant profiler l'individu et voir comment je peux lui mettre une gentille branlée. Pour cela, il y a le truc marrant consistant à profiler.

Parce qu'autant vous dire que même si je suis bon garçon, je n'ai pas trop aimé la manière donc ce trou du cul m'a reçu. Je feins donc d'accepter de bonne grâce ce fameux compte pro qu'il me presse d'accepter et reprend un rendez-vous vendredi.

L'important c'est de savoir accepter de perdre une bataille pour gagner une guerre. Même si je sais qu'en écrivant cela, c'est totalement ridicule puisqu'il n'y a pas vraiment de guerre,ou du moins juste dans ma tête. N'importe quel individu aurait lâché l'affaire et laissé ce branleur où il était dans son agence toute pourrie.

C'est peut-être le fait que je sois un peu déjanté comme je l'expliquais dans l'article précédent ou bien mon ascendant bélier, toujours est-il que moi ce genre d'accueil m'a fait chier. Je suis le client putain, je ne réclame rien d'autre qu'un peu de considération et de respect mais surtout pas d'être toisé par ce nain grotesque.

L'enculé, je me jure de lui mettre une gentille branlée !

07 août, 2014

Déjanté !


Dans ma profession, quand les patients nous choisissent, tous les confrères adoreraient que ce soit pour des raisons positives voire exceptionnelles. Ainsi, on aimerait que ce soit pour notre professionnalisme, nos publications, notre culture ou que sais-je encore. Je n'y échappe pas. Même si je lutte contre l'égo, je n'en suis pas dépourvu et moi aussi j'aimerais croire que j'ai été élu parce que l'on a distingué en moi quelque chose d’exceptionnel.

Hélas, Dieu en sa très grande sagesse semble en avoir décidé autrement pour moi. C'est ainsi que dernièrement tandis que je recevais une de mes patients, excerçant la noble profession de médecin hospitalier (PH pour les connaisseurs), ne me souvenant plus de la manière dont elle avait eu mes coordonnées, je me suis risqué à lui demander pourquoi elle m'avait choisi parmi la pléthores de psys sur le marché.

Elle me rappelai alors que j'avais traité voici quelques années une de ses consœurs, P. dont je me souvenais fort bien, laquelle lui avait donné mes coordonnées. Et la praticienne hospitalière de poursuivre : "P. m'a raconté la manière peu orthodoxe dont vous aviez mené sa thérapie et je me suis dit que vous étiez déjanté et que vous étiez fait pour moi".

Oui, vous avez bien lu, je n'avais pas été choisi pour une quelconque qualité qui font d'un homme un futur professeur du collège de France mais parce que j'avais semblé "déjanté" ! Si je me fie au dictionnaire, le terme déjanté signifie littéralement sortir de ses jantes, et se dit à propos d'un pneu. Cependant, en langage commun, déjanté signifie aussi "hors norme" ou encore "marginal".

Bien que je ne sois pas filigforme, loin s'en faut, je n'ai rien d'un pneu et je dois donc en déduire que l'on m'a quitté une étiquette selon laquelle je serais "hors norme" voire carrément "marginal", une sorte de "maverick" comme ils disent dans Top gun à propos de Pete Mitchell, le personnage interprété par Tom Cruise, qui fait rien qu'à pas écouter ses chefs et n'en fait qu'à sa tête ! 

Bon, ceci dit je n'ai pas de chefs, donc je n'ai pas d'ordres à recevoir et je ne pilote pas d'avion. La comparaison avec Top gun s'arrête donc là. De plus, je suis beaucoup plus grand que tom Cruise et j'aurais du mal à tenir dans un cockpit de F14. Et puis, je ne suis pas vraiment indiscipliné. Je suis trop bon diplomate pour prendre l'autorité de face. D'ailleurs, plus jeune, j'avais des tas d'avertissements pour "bavardage" parce que j'ai du mal à maintenir mon attention mais jamais pour indiscipline. J'étais un p'tit gars bien poli et gentil.

Et lundi, voici que cela continue; Une de mes jeunes patientes me dit carrément qu'elle me trouve déjanté mais qu'elle sait qu'avec moi, ça peut marcher. Pourquoi me trouve-t-elle déjanté, je n'en sais rien. Peut-être que le fait que je me sois assis par terre parce que j'en avais marre d'être sur mon fauteuil a pu jouer ? Ou alors que j'offre le café ? Que l'on puisse fumer dans mon cabinet ? Je n'en sais rien mais ça a à voir avec l'accueil des patients ou sans doute à ma manière de voir les choses. Je dédramatise pas mal et ma devise est "c'est mieux que si c'était pire".

Quant aux gens venus du blog, ils m'ont aussi choisi pour ce côté déjanté. Sans doute que mes lubies, mon affection pour les marcassins et les hérissons ont pu jouer. J'imagine que cela donne de moi une image moins conforme de ma profession dans laquelle les gens sont généralement plus dans le contrôle et sans doute un peu moins libre que je ne le suis. C'est vrai que tous les confrères n'ont pas une RJ49 !

Bref alors que j'aurais pu être choqué d'être qualifié de déjanté, je ne le suis pas. J'assume parfaitement d'être hors norme dans ma manière de pratiquer tout en estimant que je suis extrêmement carré dans ma réflexion.

Et puis comme les médecins qui m'envoient du monde, le savent autant maintenant que les lecteurs de ce blog, cela me permet d'avoir une clientèle assez hors norme aussi. Je ne parlerais pas de déjantés par pur respect et parce que le terme pourrait être mal interprété psychiatriquement.

Mais c'est vrai que je ne compte plus les les ingénieurs sortis de grandes écoles tout en assumant une nette propension à la glandouille, les gens brillants ne se prenant pas au sérieux. J'en ai même eu un, ancien chercheur, qui s'est jeté dans mes escaliers pour m'expliquer comment on apprenait à les descendre rapidement dans ses stages d'autodéfense.

N'importe lequel de mes confrères aurait jugé la démonstration pour le moins étrange mais moi, j'ai trouvé cela super. entre "déjantés", on doit se comprendre. Un jour moi aussi je serai capable de me jeter dans les escaliers pour les descendre plus rapidement !

Ce qui est bien avec la "déjante" c'est qu'il n'y a pas de limites.

03 août, 2014

Mâles alphas et consécration et Contrepoints !


Je vais faire un tour sur le sommaire de Contrepoints, le site dédiés aux libéraux de tous poils, et que vois-je ?! Je vous le donne en mille, ils avaient collés un de mes articles, le précédent portant sur les mâles alphas ! Tenez, si vous ne me croyez pas, cliquez ici.

Être sur Contrepoints, c'est un peu la consécrations pour moi, blogueur obscur. Surtout que je ne fais pas exprès d'y être comme mon ami Toju qui leur fait des articles sur mesure, tant il a de choses à dire et soif de gloire. Mais bon, il est natif du signe du lion alors ça s'explique. Tandis que moi qui suis né sous la signe du capricorne et qui n'ai pas d'égo, mais c'est mon boulot qui l'exige, je ne fais rien pour. C'est un petit gars de Contrepoints qui passe lire ma prose et décide parfois de me publier.

Bien sur j'ai lu les commentaires même qu'il y a un certain N. qui trouve que j'ai tort parce que selon lui :"les femmes sont toutes attirées par le même type de mecs, Il suffit de regarder leurs attentes sur les sites de rencontres : grand, fort, et qu’ils aient une forme de puissance ou qu’ils assurent la sécurité (force physique, emploi avec revenus assurés -hommes en uniformes- postes de pouvoir, bons revenus, beauté, célébrité…)".

Bon alors N. n'a pas tout à fait tort, si vous êtes laid, idiot et pauvre, vous aurez peu de chance de choper le canon du mois. Toutefois, l'adage expliquant que "à chaque crapaud sa crapaude" reste vrai et vous ne serez pas seul forcément. 

En revanche, N. a tort de penser que seuls les grands, beaux, riches et forts cartonnent avec les filles. J'en veux pour preuve par exemple que Jean sablon, dont j'ai souvent vanté les mérites de séducteurs ici-même, est certes grand et plutôt joli garçon, quand on aime le charmé suranné d'avant-guerre, mais n'est pas riche et pas forcément sécurisant pour une fille. Et pourtant, il cartonne ! Une légende urbaine dit même que vingt pour cent des enfants naissant sur Paris seraient de lui !

Et pourtant le mec n'a pas de Porsche, porte une liquette à dix euros et est taiseux comme un paysan auvergnat ! Mais il cartonne. Pourquoi ? Parce que sans le savoir il applique le secret des secrets, qui m'a été une fois révélé par mon ami Jeff.

Voici quelques années, j'étais dans un café en compagnie d'Aldo et de Jeff. Aldo, c'est le beau gosse par excellence tandis que Jeff est petit et à la limite du cradingue. En revanche, il est extrêmement intelligent, cultivé et c'est un bon guitariste. Il est aussi un poil macho.

Si j'ai souvent croisé Jeff avec de belles filles, en revanche Aldo ne ramène rien. Et ce soir là, Jeff ayant pitié de lui, lui a expliqué la vie. Ce qui était rigolo vu qu'Aldo doit avoir quarante-neuf ans. Mais bon, on prend des leçons à tout âge ! Et avec une grande sagesse, Jeff a expliqué à Aldo que si il ne ramenait jamais une fille bien qu'ils soit beau gosse alors que lui avait collectionné les canons, il y avait une raison simple !

Là, Aldo a failli s'étrangler avec sa bière parce qu'aucun mec n'aime vraiment se faire rappeler qu'il n'a aucun succès. Mais Jeff, n'ayant cure de la virilité blessée d'Aldo a poursuivi en lui expliquant ceci : "Les belles filles n'aiment pas les beaux hommes, elles aiment les hommes qui s'y connaissent en belles filles".

Voilà, c'est aussi simple que cela ! Bref, si il n'est pas nécessaire d'avoir une Ferrari, un compte en banque bien garni et un physique d'ange pour trouver l'élue de son coeur, il n'en est pas moins vrai qu'il faut un minimum de talent. Il faut déjà avoir le talent de s'assumer tel que l'on est sans artifices.

Si vous vous comportez comme le lourd du siècle avec les filles, ou pire comme un crevard mort de faim (dis tu sors avec moi ? Mais pourquoi tu veux pas sortir avec moi ??) avec les filles, vous risquez d'épouser votre main droite. Ou alors, si vous n'avez vraiment aucun talent, effectivement, il reste tous les palliatifs comme la voiture de sport et le compte en banque.

Le mec qui n'a pas d'amis, qui n'a pas confiance en lui et qui se replie sur lui-même à du mal à plaire aux filles. Il peut être bien sous tous rapports, fidèle, respectueux et attentionné, et pourtant il restera seul. La confiance en soi et le charisme font toute la différence.

28 juillet, 2014

Mâle alpha et désir mimétique !


Tenez je viens de m'en souvenir. Voici quelques mois, un de mes chers patients m'a fait une réflexion assez incongrue. C'est un type bien, extrêmement intelligent, gagnant bien sa vie, cultivé, sympa et bien de sa personne. Toutefois, il est réservé dans les situations sociales.

Tandis que nous parlions de sa difficulté à engager la conversation avec une femme, je lui expliquai benoîtement que dans ces cas là, il pouvait simplement expliquer qu'il était réservé. J'ai bien utilisé le terme "réservé, comprenant que "timide" pourrait avoir une connotation négative.

Être réservé c'est bien, ça fait japonais mutique tandis qu'être timide ça fait un peu neuneu. Non que je le pense mais que je comprenne que dans une situation sociale on veuille donner la meilleure image de soi. Alors quitte à choisir entre Toshiro Mifune, l'acteur de Les sept samouraïs de Kurosawa et Pierre Richard dans Je suis timide mais je me soigne, le choix est vite fait. La réserve c'est classieux, ça fait mec taiseux qui ne se livre pas facilement tandis que la timidité ça fait blaireau maladroit.

Voilà quel était mon conseil ! Un conseil juste et avisé qui aurait permis à monsieur de livrer à madame une information qualitative permettant à cette dernière de comprendre qu'il faudrait un peu de temps pour que celui-ci se lâche un peu. De mon point de vue, ce que j'expliquais était neutre et enclin à rendre la tâche plus facile à mon patient. Nul besoin d'angoisser en se disant "merde je devrais parler plus, la faire rire". Non, juste à donner la bonne information permettant à cette dernière de ne pas voir une timidité de blaireau mais une réserve de mec bien.

Et que croyez-vous que ce dernier me répondit ? Tandis que je m'attendais à ce qu'il se mette à genoux, me baise la main et me remercie pour mon conseil rempli d'une sagesse infinie, il me regarda pas vraiment emballé avant de me répondre que se dire réservé n'était pas vraiment un truc de mâle alpha !


Alors là, autant le dire de suite, je déteste qu'on mette en cause mes conseils parce que c'est une atteinte intolérable à mon statut, une gifle à mon égo et une égratignure douloureuse à mon orgueil. Comme si je donnais des conseils foireux ! Non mais ! Parce que Toschiro Mifune, c'est pas un mâle alpha peut être ? Le mec vous décapite de son katana en gardant la même expression impassible et voilà qu'on le comparerait bientôt à Pierre Richard !

Et puis bon, il faut arrêter avec cette putain de notion de mâle alpha, de chef de meute ! Parce que justement la culture transcende la nature et que nous ne vivons pas en meute de loups mais en société organisée dans laquelle ce n'est plus le plus fort qui gagne mais le plus malin. Croyez-moi, il faut avoir plus peur de Bernard Cazeneuve, notre ministre de l'intérieur haut comme trois pommes, que d'une ceinture noire de n'importe quoi, parce que le premier peut bien plus vous nuire que le second. 

D'ailleurs, Bernard Cazeneuve ne s'est jamais fait latter par une ceinture noire. En revanche Bernard Cazeneuve, en levant juste son petit doigt peut envoyer deux compagnies de CRS latter une ceinture noire. La notion de mâle alpha est donc bien compliquée. Est-ce le plus fort ou le plus malin qui l'est ? Est-ce l'imbécile qui fait ses katas habillé en clown sur un tatami qui réalise le rêve de l'homme parfait ou plutôt celui qui prépare son concours d'entre à l'ENA en s'entrainant aux notes de synthèses et en se disant qu'un jour il va tous nous niquer.

M'est avis que pour régner en maitre l'art de la note de synthèse est plus utile que les katas ! D'ailleurs, si l'on a fait des tas de films avec des karatékas, on en a fait aussi tout un tas avec des politiciens véreux. Les deux types sont donc ce qu'il est convenu d'appeler des mâles alphas. Toutefois tandis que les premiers rôles seront toujours octroyés à des neuneus comme Van Damme, Chuck Norris ou bien Steven Seagal, les seconds sont toujours tenus par des mecs dignes et inquiétants.

Sans doute doit-on trouver dans cette recherche éperdue à incarner le mâle alpha, l'idée que seuls ceux-ci auraient les faveur des femelles. D'une part, je ne suis pas sur que toutes les femmes du monde craquent pour Chuck Norris malgré ses muscles, et enfin, à la différence des loups chez qui seul le mâle dominant baise, nous appartenons à une espèce plutôt monogame chez qui tous les mâles peuvent trouver une femelle. Alors cessez de me faire chier avec vos conneries de mâles alphas.

Sans doute peut-on trouver une fois encore dans cette quête du mâle alpha, des résurgences de notre cerveau paléolithique, époque à laquelle mieux valait être balèze que fort en thème pour niquer une femelle et survivre. Quoi que ce soit partiellement faux comme le prouvent les décorations des grottes que l'on connait et qui attestent de l'importance d'autres aptitudes que la chasse comme la maitrise artistique dès ces temps reculés. Bien malin celui qui sait qui de l'artiste ou du chasseur baisait le plus au magdalénien ?!

Bref cesser de vous perdre dans la lecture des mauvais sites dédiés à la séduction et oubliez vos notions de mâle alpha. Avec une coupe de cheveux correcte, des fringues banales, un degré minimum de discussion et de culture,  n'importe qui peut accéder au beau sexe. Certes n'importe qui peut baiser mais pas forcément n'importe qui ! C'est sur que pour avoir du top model ou de l'actrice à son bras ou dans son pieu, il va falloir assurer, ne plus se fringuer chez Kiabi et lâcher votre emploi de magasinier.

La question du mâle alpha se résout peut être là, dans cet objectif que l'on se fixe. Tant qu'il s'agit d'aller vers la fille qui nous convient, on peut faire avec ce que l'on est en procédant à de petits accommodements pour paraitre à notre avantage. Mais dès lors que l'on souhaite accéder à cette fille que l'on imagine que tous les autres veulent, c'est une autre paire de manche. Et c'est sans doute là que le statut mythique de mâle alpha intervient. A femelle mythique (actrice, mannequin, etc.) correspondrait donc le statut mythique du mâle alpha, seul capable de remporter la mise et qui en plus d'être beau et fort devrait en plus intelligent et cultivé (James Bond).

Le désir mimétique, théorie développée René Girard, exploitant un seul et même mécanisme, l'imitation, pour engendrer et expliquer la plupart des phénomènes humains complexes. L'exemple, donné par René Girard, d'enfants qui se disputent des jouets semblables en quantité suffisante, conduit à reconnaître que le désir mimétique est sans sujet et sans objet, puisqu'il est toujours imitation d'un autre désir et que c'est la convergence des désirs qui définit l'objet du désir et qui déclenche des rivalités où les modèles se transforment en obstacles et les obstacles en modèles.

Alors que les enfants disposent en quantité suffisante de jouets semblables, ils désireront celui que les autres désirent et se battront pour l'obtenir. « L'homme désire toujours selon le désir de l'Autre » est le postulat central du désir mimétique. Il s'agit d'un conflit dont les protagonistes deviennent interchangeables et transformés en « doubles » symétriques, « en miroir » dans une relation duale de la rivalité mimétique qui conduit à la violence mimétique. Sur le plan individuel, les hommes se haïssent parce qu'ils s'imitent. Le mimétisme engendre la rivalité, mais en retour la rivalité renforce le mimétisme.

La femme n'est donc pas au centre de la relation mais celle-ci est plutôt caractérisée par le combat que se livrent des mâles entre eux. C'est le classique "concours de bites", une manière détournée de désirer ce que l'autre veut, de manière à ce qu'une fois obtenu, on puisse le dominer. La notion de mâle alpha dès lors qu'elle est exposée permet donc d'envisager une relative immaturité psycho-affective chez celui qui y fait référence.  Cette immaturité doit sans doute s'analyser comme la résurgence de traumas infantiles ou adolescents jamais réglés.

vouloir devenir un mâle alpha, c'est simplement admettre qu'on est resté un petit garçon qui veut le camion de pompier que tous les autres petits garçons désirent. Bref, soyez vous-mêmes avec vos qualités et vos défauts.

Scrupules et crevardise !


On peut facilement confondre les scrupules habitant une âme pieuse et l'anxiété banale ressentie par bon nombre de personnes. Ainsi, tandis que j'allais dans une jardinerie à la recherche d'une piémontoire, voici ce qui m'est arrivé.

Avant tout cher lecteur, il faut vous préciser ce qu'est une piémontoire. C'est comme une pioche sauf que le bout pointu est en forme de hache pour trancher les racines. On l'appelle aussi pioche-hache mais c'est nettement plus savant de lui donner son vrai nom de piémontoire. Disons que cela vous classe tout de suite dans la catégorie de ceux qui s'y connaissent et non parmi les jardiniers amateurs. 

Dans cette jardinerie très connue, si vous demandez une pioche-hache, on vous regardera à peine en vous désignant des outils médiocres à manche de bois. Tandis que si vous exigez une piémontoire, le vendeur devenu servile à souhait vous montrera l'outil de chez Leborgne à manche de résine destiné aux professionnels.

Sauf que vendredi, ils n'avaient pas de piémontoires ni même de pioches basiques. En revanche, ils disposaient d'un stock de sept pelles à neige, l'outil toujours demandé fin juillet à Paris. Fort marri, je me suis donc baladé dans le rayon des plantes vivaces pour voir s'il leur restait des hostas vu que j'adore les hostas même si mon épouse me dit qu'elle aimerait voir un peu de couleur dans le jardin. Car même si les cultivars d'hostas se comptent par milliers, avec des tailles, des feuilles et des couleurs différents, on reste tout de même dans les tons de vert et blanc.

Dédaignant les plantes aguicheuses aux couleurs chatoyantes, je me dirigeais tout de même vers un plateau où je distinguais encore quelques hostas invendues. C'est ainsi que je chargeais mon joli petit charriot de variétés diverses et variées. Toutes valaient 7,5€ sauf un pot de plus grande contenance étiqueté à 14,90€.

Mais arrivé au moment de payer, l’hôtesse de caisse, sans doute une jeune étudiante prise pour le mois de juillet, scanna le pot que je posai sur le tapis roulant, se contentant de me demander combien j'en avais en tout. Et c'est fort benoitement et totalement pénétré du péché que j'allais commettre que je lui répondis que j'en avais six. Elle me compta donc six hostas à 7,50€ sans faire attention, qu'un des pots valait presque le double. Je fis ainsi l'économie substantielle de 7,40€ !

Mais la joie d'avoir pu ainsi tromper le grand capital fut de courte durée et aussitôt remise en question par une vague de scrupules qui m'assaillit. J'avais surtout abusé de la naïveté d'une caissière inexpérimentée. Je me voulais malin et chanceux or je n'étais qu'un minable escroc à la petite semaine : honte à moi ! Et tout cela pour une hosta et une économie de 7,40€ ! J'étais doublement minable.

Je sortis donc de la jardinerie en comparant ce que j'imaginais de moi et la réalité. Tandis que je me serais bien vu tout en haut des stades moraux de Kohlberg, voici que j'en étais réduit à jouer les petits escrocs minables. Et si la culpabilité m'assaillait là sur le parking, ce n'était pas le fait d'avoir la sensation d'avoir failli à la morale mais plutôt le fait d'avoir à écorner la belle image de moi-même. Le chevalier blanc devenait un crevard ; viendrait sans doute un jour ou j'en serais réduit à changer les étiquettes avant de passer en caisse.

Une demie-heure après, Dieu dans sa grande sagesse me soumit à une épreuve qui m'aurait permis de m'en sortir la tête haute. en achetant mes cigarettes, plutôt que de me rendre 0,20€, la vendeuse étourdie me rendit 5,20€, en me gratifiant en sus d'un "au revoir et bonne journée monsieur". Le chevalier blanc étant absent, le petit escroc minable persista et je me réjouis de l'aubaine consistant à gratter 5€ ! Et j'eus même la réflexion consistant à me dire que décidément c'était une bonne journée puisqu'en une heure, je m'étais fait 12,40€ de gratte sur mes achats ! Je hâtai même le pas afin que si d'aventure la caissière prenne conscience de son erreur, elle ne puisse sortir du tabac afin de me héler et de me faire rembourser le trop-perçu.

Et pourtant, dans les deux cas, croyez-moi, j'ai eu des scrupules à agir de la sorte, sachant bien que j'étais face à un dilemme moral consistant à choisir entre la morale transcendante, l'impératif kantien et mon intérêt propre. Le Larousse explique d'ailleurs que le scrupule est une inquiétude excessive de la conscience inspirée par un sens aigu de la perfection chrétienne. C'est une incertitude d'exigence au regard de la conduite à avoir.

Le scrupule ne se manifeste que face au silence de Dieu. Si j'éprouve du scrupule à faire ce qu'ai fait, c'est que je suis face à un choix et que je suis seul. Que quelle que soit la voie que je choisisse, je suis seul. Je peux dans les deux cas renoncer au gain et privilégier le bien commun ou en revanche, comme je l'ai fait, me taire et privilégier mon intérêt. C'est mon libre arbitre qui se manifeste pour savoir si je suis un homme de bien ou un crevard. Ceci étant dit, si je choisis la voie du crevard, ma conscience me le rappelle.

Le scrupule ne peut s'éveiller en moi sans une profonde conscience spirituelle. Le scrupule, même si comme dans mon cas il n'empêche rien, est finalement l'exigence ultime : les tourments d'une âme saisie par quelque chose de plus grand qu'elle.

Le scrupule résiste aussi plus ou moins bien en fonction des situations sociales. Car il est évident que face à un quidam, j'aurais été honnête, n'hésitant pas à lui dire qu'il se trompait. En revanche, mes scrupules se sont émoussés dans les deux situations. Dans la première parce que cette jardinerie appartient à un grand groupe et qu'il n'y a pas de mal à escroquer un grand groupe. Dans le second cas, parce que les cigarettes sont un produit taxé à 80% et qu'il n'y a pas de mal à tente d'échapper à ce vol manifeste. Sauf que dans les deux cas, je n'avais ni un actionnaire du groupe ni un agnt de l'état mais deux simples salariés distraits. Bref, pour faire coïncider mon intérêt personnel et mon sens moral, il fallait que je distorde la réalité et je le sais.

Jasques Mesrine était capricorne comme moi mais cela ne suffit pas. N'est pas Mesrine qui veut. Saisi d'effroyables tourments pour 12,40€, ce n'est pas demain la veille que je me mettrai aux braquages. Quoique, si j'étais sur de ne pas me faire prendre ? Et si je donne dix pour cent de mes gains à une œuvre caritative ? En tant que catholique j'ai des exigences morales de protestant. Je voudrais vivre en France comme un suédois. Et pourtant aux états-unis, même si j'apprécie le civisme des habitants, au bout d'une dizaine de jour, je me mets moi aussi à traverser hors des clous ou quand le feu est vert pour les voitures.

Font chier ces scrupules ! En fait j'aime juste l'idée de pouvoir me dire que je suis différent des autres. Que je peux vivre dans un pays comme la France en étant plus moral sans besoin du carcan social pour marcher droit.

Je ne suis pas tellement différent des autres. Bon j'ai des scrupules, c'est la preuve que je ne suis pas un sociopathe. Tout n'est pas perdu. Mais sur le coup, je suis tout de même un crevard ! Pas suffisamment bon pour être uns ait, et pas suffisamment pourri pour faire de la politique, c'est mon drame.

Enfin, l'essence de tout cela, c'est que quelle que soient vos actions, si vous avez des scrupules, tout n'est pas perdu. Vous n'en êtes pas encore à suivre la voie d'un Fourniret !

 « Aussi est-il nécessaire au Prince qui veut se conserver qu’il apprenne à pouvoir n’être pas bon, et d’en user ou n’user pas selon la nécessité ». 
Machiavel, Le prince 

21 juillet, 2014

Interlude !


Gourmette et marcel blanc tendu sur la bdeaine, peu importe ce que vous porterez cet été, l'important c'est d'avoir un marcassin, l'accessoire indispensable !

Rappelons toutefois que toute personne détenant comme amateur ou professionnel un animal d’espèce non domestique est soumise à la réglementation en vigueur sur la détention d’animaux sauvages en captivité. Voir ici

Moi par exemple, nuitamment il m'est arrivé tandis que je roulais que je croise un hérisson en virée. Je m'arrêtais donc, puis une fois muni de gants que j'avais dans mon coffre, j'ai choppé le hérisson avant de le relâcher dans mon jardin. C'est pratique, ça bouffe les limaces et cela protège mes hostas. Parce qu'une de mes marottes et de mettre des hostas partout. C'est joli, y'en a plein de variétés et c'est sans entretien : ça disparait l'hiver pour réapparaitre au printemps.

Ben, le coup des hérissons, j'ai pas le droit de le faire ! Bon, je pourrais arguer que les hérissons se sont invités chez moi sans que je le leur aie rien demandé, un peu comme des roms qui viendraient camper au bord du périphérique sans obtenir d'autorisation de la commune. Après, tout il y en a parfois dans les jardins (des hérissons pas des roms).

C'est pour cela que je ne le fais plus du tout parce que je suis très très légaliste. Et puis, même si Manuel Valls est un ami, cela m'emmerderait de l'appeler parce que j'ai un problème à propos d'une détention abusive de hérissons. Ça parait idiot mais plonger en calèche pour une DAH (détention abusive de hérissons), ce serait un peu con.

Alors, c'est terminé, je n'enlève nuitamment plus les hérissons baladeurs comme Fourniret les jeunes filles ! Je me suis amendé, tout ça c'est du passé. C'est terminé. Maintenant j'ai un travail et je file droit. J'ai appris de mes erreurs. J'ai grandi et muri. Le hérisson c'est fini et bien fini. Participer aux réunions de Hérissons Anonymes m'a bien aidé, je dois l'avouer.

Si on croise un hérisson dans mon jardin, c'est qu'il y sera venu de lui-même et non sous la contrainte, vous pourrez l'interroger. Et je vous jure que je ne lui ai pas collé la pression.

Ceci dit je ne réponds pas de moi si un jour je croise un marcassin solitaire loin de sa mère ! On a beau dire, guérir d'une addiction c'est jour après jour, on n'en a jamais vraiment fini. Avoir arrêté le hérisson pour me mettre au marcassin, ce serait comme de lâcher l’héroïne pour la cocaïne, c'est pas sérieux. Alors je tiens bon. Par exemple je ne me balade jamais en forêt de Rambouillet parce qu'on m'a dit que c'était bourré de marcassins. 

Vaut mieux pas tenter le diable. Je me connais, j'imagine la laie un peu distraite et moi qui lui pique un petit et repart en courant vers ma Visa pour le jeter dans le coffre. Pour peu que sur le chemin, je croise un hérisson en maraude et hop, me voilà avec un marcassin sous un bras et un hérisson dans l'autre main. C'est des trucs à replonger totalement ça.


Etape 1 : Nous avons admis que nous étions impuissants devant les hérissons - que nous avions perdu la maîtrise de nos vies.
Programme en douze étapes des Hérissons anonymes.

 

Au pays des mythos !

 Auditeur comptable chez KPMG, plus qu'un métier, une carrière militaire !

C'est marrant, plus le temps passe, plus j'ai l'impression que même ici en plein Paris, les gens réagissent comme les petits castelroussins après la guerre, quand après des années de disettes, ils voyaient se poser des avions remplis de choses du nouveau monde.

Si je peux comprendre qu'à Châteauroux en 1950, dans une France rurale et très marquée par l'occupation, on ait pu ainsi s'enticher de l'Amérique, j'ai peine à croire que cela soit encore possible à Paris en 2014. Mais force est de constater qu'à la manière d'un hochet agité devant un bébé, il suffit d'angliciser n'importe quoi pour le rendre attirant. L’Amérique, toute frelatées qu'elle soit, est encore le paradis insurpassable.

C'est d'autant plus navrant que cela touche des gens ayant fait de solides études. Les voir ainsi se complaire dans des attitudes que n'auraient pas reniées ces bons sauvages dont on parlait aux siècles passés échangeant leur trésors contre des verroteries. Il parait que Manhattan fut achetée pour quelques couvertures mais il me semble qu'aujourd'hui on puisse acheter la dignité d'un individu contre un titre en anglais assorti éventuellement d'un smartphone.

C'est ainsi qu'on me parle de CTO, de CIO et de VP et qu'un de mes patients est même devenu deal shepherd, c'est à dire "berger de contrat". Avant on aurait appelé cela de l'administration des ventes et cela nécessitait tout au plus un BTS force de ventes. Mais de nos jours, cela nécessite d'être passé par Paris IX. Dès lors que le patient a un lien plus ou moins direct avec la vie des affaires, j'ai le droit au franglais. C'en est devenu risible.

Bien sur les plus intelligents en rigolent ! Ceux qui ont le moins de recul sont cependant consternés par cette inflation de vocables anglo-saxons parce que c'est justement quand vous n'êtes plus capable d'adapter votre langue au progrès que votre civilisation disparait. D'autres au contraire, en plus de rire de ces niaiseries s'en amusent au quotidien, leur étonnement sans cesse renouvelé face à la création incessante de ces bêtises. Comme me le disait un ingénieur de haut niveau : "voir mes responsables user et abuser de franglais c'est rigolo c'est comme de voir des quadragénaires jouer à la marchande avec sérieux".

Le plus amusant, c'est un soir alors que je recevais un jeune type qui avait été soldat et avait fait la guerre, la vraie avec des morts et des blessés, de celles où l'on tremble pour sa peau. Le patient suivant m'annonce alors qu'il ne pourra pas venir à notre rendez-vus et qu'il le désole. Je lui propose alors de le recevoir à 21h00 mais il s'excuse en m'expliquant qu'il est en pleine war room et que cela risque de durer longtemps.

Dans les faits, connaissant son activité, il s'agissait juste d'une réunion destinée à trouver des arguments pour contrer un client ne désirant pas leur payer le solde restant du. Bref, ayant merdé dans la réalisation d'un contrat et leur client refusant de leur payer, il s'agissait de trouver tous les moyens pour faire rentrer a thune, quitte à leur offrir une garantie assortie d'un nouveau contrat. Rien que du très prosaïque et banal discours de VRP tel qu'on le connait.

Mais par la magie des mots, cette négociation qu'avant on pratiquait entre la poire et le fromage devenait une affaire d'état nécessitant une réunion en war room. Dans leurs têtes, cette bande de mythos, se retrouvaient dans le film Point limite. Et comme j'expliquais à mon patient qu'on aurait plus de temps parce que le suivant était en war room, celui-ci me demanda de quelle guerre il s'agissait. Comme je lui expliquais brièvement la situation, il ne put que me dire d'un air affligé : "mais quelle bande de mythos".

C'est dans ces moments là que je bénis le Ciel d'être en libéral, je crois que j'aurais eu du mal à m'intégrer dans ce monde. Je ne sais pas comment j'aurais réagi si l'on m'avait expliqué que j'avais rendez-vous dans la war room. Je pense que j'aurais eu envie de les secouer pour leur dire de se réveiller que la guerre, la vraie ce n'est pas cela. Ils auraient fini par me foutre à la porte !

Peut-être que mon refus de la war room aurait fait de moi un outlaw voire carrément un maverick, enfin un truc américain super classe dont j'aurais pu me glorifier moi aussi !

Tu n'es qu'un humble consultant ? Alors toi aussi, fais l'américain comme Dick Rivers !

Perte de repères !


Je ne sais plus où ni quand mais c'est récent, j'apprenais qu'un jeune couple avait posté une photo de leur bébé mort-né sur Facebook. Ma profession ne consistant pas à juger mais à comprendre, j'ai bien sur éloigné l'horreur et l'incongruité de cette mise en scène pour tenter d'en comprendre la raison.

Qu'est ce qui pouvait amener ce jeune couple dont la petite fille venait de mourir à vingt-deux semaines de grossesse à montrer la photo de l'enfant mort-né sur ce réseau social. Interrogés, les deux jeunes parents répondent «Nous avons fait le maximum pour garder le souvenir de Julie. Et nous avons pris des photos parce que nous voulions réaliser un bel album», a expliqué le couple. «Notre chagrin n’a pas disparu mais cela nous fait du bien de pouvoir partager notre deuil. Et cela nous emplit aussi de fierté de pouvoir dire: regardez comme elle était belle notre fille.»

Tandis que l'on a toujours imaginé du moins en occident que le processus accompagnant la mort était un phénomène s'articulant tant autour de rites sociaux (obsèques, condoléances, etc.) que privés (deuil), pourquoi en est-on arrivé là. A quel point de déliquescence notre société en est-elle arrivée pour que ce qui relève du privé soit ainsi étalé à la face du monde.

Dans toute société structurée, des relais existent pour pallier à la survenue de ce que l'on attend jamais comme la mort d'un enfant. Ce sont des rites issus de centaines voire de milliers d'années de vie en société qui permettent à l'individu submergé par le chagrin et atteint par l'indiscible de fonctionner en "automatique". Ce sont alors les traditions, ces rituels, ces patterns de comportement, sont justement là quand il n'y a plus de pilote dans l'avion, quand le chagrin est tel que l'on est en état de choc.

Dans une société ruinée comme la notre rejetant aussi bien Dieu que les traditions au nom d'un prétendu modernisme, on assiste alors à de tels dérapages dans lesquels de jeunes parents,  sans doute totalement seuls face au deuil qui les frappe, tentent de trouver une issue à leur chagrin avec les seuls outils dont on les a pourvus : les réseaux sociaux et la téléréalité. 

Je n'imagine même pas que leur démarche soit dénuée de fondements, je pense simplement que dans des milieux, sans doute très fragiles, dans lesquels l'image, le paraitre et la mise en scène ont supplanté toute autre tradition, Facebook soit devenu un expédient évident à défaut de solutions plus élaborées qu'on ne leur a pas présentées. 

De même que dans ces milieux, on prénomme les enfants du noms de personnages de séries anglo-saxonne, de même on mimera de manière stupide l'infatuation scénaristique présente dans ces séries. De fait, réserve, dignité, introspection ne sont plus des valeurs en vogue auxquelles on préférera la communion dans l'hystérie.

Voici quelques années, une de mes patientes avait assisté aux obséques d'un jeune qui s'était suicidé. Elle m'avait décrit la scène au cours de laquelle le cercueil est exposé avant d'être avalé par le four crématoire. L’assistance était dans la salle prévue à cet effet. Et on avait mis de la musique, on avait tagué le cercueil comme on écrivait jadis sur le plâtre d'un copain s'étant cassé une jambe au ski. Elle avait vu des messges du type "So long Jeff" ou encore "t'es trop con d'avoir fait ça" ou bien "on t'aimait Jeff", etc. 

J'étais totalement ébahi par la scène qu'elle me décrivait. Et comme elle ne semblait pas comprendre ma réaction, elle s'était contentée de me dire que le jeune disparu ayant été un hipster de son vivant, il avait semblé normal à l’assistance de lui offrir des obsèques festives et "un peu hors normes". Et quand je m'étais interrogé sur le comportement des parents face à un tel déchainement d'attitudes immatures, elle m'avait dit qu'ils n'avaient rien dit, qu'ils comprenaient.

C'est dans ces moments là que je me dis que soit le monde ne tourne pas rond soit je suis devenu une sorte de vieux con incapable de devenir un individu.2 ! Dans la même veine, Youtube regorge aussi de personnes qui vous font vivre leur cancer en direct. Le pire étant lorsque des parents filment leur enfant atteint d'un ostéosarcome au fil du temps et vous font partager le pire comme le meilleur du combat contre la maladie.

C'est ainsi que voici quelques temps, en ayant entendu parler, j'ai visionné une suite d'une dizaine de vidéos dans lesquelles papa et maman filmaient leur adolescente au gré des chimiothérapies, nous annonçant que tout s'était bien passé avant que les métastases ne l'emportent finalement. Encore une fois, j'avais eu du mal à comprendre les fondements d'une telle démarche. Et si je m'associe pleinement à la peine de ces parents en deuil, je ne saisis pas ce que l'on peut espérer en mettant à profit d'inconnus ce qui relève de l'intimité la plus totale. 

Je ne suis d'ailleurs pas sur qu'ils aient réfléchi à leur démarche, ni qu'elle résulte d'un plan établi. Je pense que Youtube, mais cela aurait pu être Facebook, s'est imposé à eux parce que c'est moderne. Un peu comme la Gopro s'impose du fait de son faible coût à tous les crétins faisant du ski, du surf, de la plongée, de l'alpinisme ou du vélo, et prompts à faire partager leurs non-exploits à des inconnus !

Je suppose que la prochaine étape sera de mettre une Gopro à un petit cancéreux pour que l'on voie la mort arriver par ses yeux. Ce sera de l'émotion avec un grand E, comme au cinéma, un tru cà vous arracher les larmes des yeux puisque de toute manière c'est l'hystérie qui règne. Quelle chance puisque la marque californienne propose tout un tas de harnais et de fixations diverses pour maintenir la caméra dans tous les contextes divers et possibles. L'ignominie n'étant jamais insurmontable chez les paumés, je gage que cela se fera prochainement.

Après tout, les parents commencent déjà filmer et à proposer les funérailles de leurs enfants. Alors tout est possible !

Indécence : Caractère de ce qui choque par son côté inopportun, ostentatoire, déplacé. 
(Larousse)

L'amour !


Bon, j'avais envisagé de produire un texte sur ce sujet avant que l'idée ne me soit piquée par un jeune ingénieur de ma connaissance. Je suis toujours stupéfait par l'idée que certaines personnes se font de l'amour, confondant de fait une pulsion hormonale et une construction sociale.

Être attiré par une personne est peut-être une base, si ce n'est la condition nécessaire pour que naisse l'amour mais elle n'est pas suffisante. Comme le remarque Le Touffier, homme aguerri et blanchi sous le harnais, sans cesse émerveillé par la beauté de certaines donzelles qui hantent mon quartier, on ne saurait confondre un début d'excitation (le zizi tout dur) à la vue d'une paire de jambes nues et hâlées et le véritable amour.

L'amour c'est autre chose, c'est une construction sociale qui nécessite du temps et n'est pas forcément corrélé au seul niveau de testostérone. Être amoureux, et je ne parle pas de la passion qui est forcément destructrice et ne peut attirer que les jeunes et les sots, est un sentiment qui nait de la fréquentation assidue d'une personne avec qui l'on se trouve des points communs. Et plus encore, l'amour est ce sentiment qui résiste à la routine. 

D'ailleurs on sait que l'on est vraiment amoureux que lorsque la routine s'installant dans le couple, on n'a pas forcément envie d'aller voir ailleurs. Ou mieux, que l'on pourrait être tenté d'aller voir ailleurs, parce que justement les hormones travaillent toujours, mais que le cerveau dit non parce que justement une construction sociale émane de notre néo-cortex et transcende toujours un état naturel.

Voici quelques années, je recevais une ex-mannequin qui me parlait du mec idéal qui serait forcément "un type qui ne tomberait pas dans la routine mais saurait m'émerveiller en me proposant des weekends". S'il lui fallait pour être amoureuse qu'un type lui sorte comme par magie deux billets en Orient-Express destination Venise avec une suite retenue au Danieli, ce n'est plus de l'amour mais une construction sociale totalement immature. Parce que l'amour est un sentiment humain plus fort que le reste et qu'il ne consiste pas à exiger d'autrui qu'il nous souhaite notre anniversaire tous les jours ni qu'il fasse tirer un feu d'artifice à cette occasion.

Pour autant, l'amour ne saurait être une simple routine, une automatisme, qui ferait qu'une paire solidement appariée puisse ainsi fonctionner sans que l'on ne mette un peu de graisse dans les rouages. Après tout, même une paire de boeufs a besoin d'un minimum d'eau et d'avoir pour travailler sous le même joug. 

L'amour véritable s'il ne nécessite pas d'artifices extraordinaires ni de solutions miraculeuses pour persister, nécessite cependant quelques accomodements pour durer. A l’instar d'un jardin, il suffit d'arroser à bon escient (et nulle gaudriole cachée dans ma métaphore). C'est d'ailleurs là que les hommes pèchent souvent, imaginant sans doute que leur copine ou leur femme est comme un dossier bouclé que l'on pourrait ranger dans un tiroir du bureau.

Les hommes étant ce qu'ils sont, sont souvent pénétrés de rêves de puissance et de gloire. Peu enclins à comprendre que less is more, ils échafaudent toujours des solutions impressionnantes pour capter l'attention de leur dulcinée. Ils imaginent donc que madame attend forcément quelque chose de fabuleux comme preuve de leur amour. Ils laissent donc dépérir le jardin en oubliant de l'arroser, persuadés que le moment venu, ce ne seront plus quelques gouttes qui feront refleurir leur couple mais plutôt la contenance d'un lac de barrage.

Quelle erreur manifeste. Dernièrement encore, un de mes patients tout entier perdu dans la réalisation de son grand oeuvre de scénariste à succès (ils vont voir ce qu'ils vont voir, je serai le plus grand !), se plaignait de l'attitude rogomme de madame. S'il reconnaissait son manque de disponibilité, il ne comprenait pas qu'elle ne saisissse pas qu'il lui fallait un peu de temps mais que bientôt elle verrait ce qu'elle allait voir et qu'elle croulerait sous les bijoux, les soirées people et que sais-je encore.

Avec tout le respect que je dois à ce cher patient et avec toute les précautions que l'on peut avoir face à un natif du signe du lion quand on s'avise de le remettre en cause, j'ai simplement émis l'hypothèse que comme tous les mecs, il ne savait pas être dans le quotidien mais qu'aveuglé par ses rêves de puissance et de gloire et de réalisation personnelle, il remettait sans cesse à demain ses obligations.

Ayant connu son épouse auparavant, je l'ai juste engagé à sélectionner quelques petites choses qu'il pourrait réaliser afin de témoigner que son épouse était une vraie partenaire dont il se souciait et non la simple contemplatrice des exploits du grand homme dont elle était amoureuse en même temps qu'elle serait sa bonniche.

L'amour est donc bien différent de la simple excitation sexuelle comme de la passion adolescente. Il se réalisé dans le quotidien et c'est pour cela qu'il s'entretient dans le quotidien. La plupart des divorces ont lieu quand l'un des deux époux ne trouve plus de plaisir dans le quotidien.