01 janvier, 2019

Messages en attente !



Pour les courriers mon mail est toujours PA6712 @YAHOO.FR

Je crois que j'ai laissé quelques messages en attente sur ma boîte mail. Rassurez vous, j'y répondrai prochainement. Je n'oublie pas. Je ne fais simplement pas les choses en temps et en heure, je suis négligent, c'est mon principal défaut. en revanche, je suis un bon garçon qui reconnait ses torts. Reconnaitre ses rots, c'est bien me direz vous, mais si c'est pour ne jamais progresser, ça sert à quoi de reconnaitre ses erreurs ? Vous n'avez pas tort. Le Christ dit à Marie-Madeleine : va et ne pèche plus. Et moi je pèche encore et toujours. Peut-être que si le Christ descendait en personne me botter le cul, je changerais ? Mais il s'en fout de moi ! Bref, si je n'ai pas encore répondu aux nombreux mails reçus depuis un mois, sachez que ce n'est pas vraiment de ma faute mais de celle du Christ qui a mieux à faire que de s'occuper du pauvre pécheur que je suis !

Mais je lui pardonne bien volontiers. Va et ne pèche plus Jésus. Mas je t'ai à l’œil tout de même !


L'amour et la liste au Père Noël dite aussi Liste des commissions !


J'ai parmi mes patients un type très malheureux en instance de divorce. Bien que son narcissisme heurte un peu mon humilité légendaire, je l'apprécie beaucoup. Dès la seconde séance, il m'a avoué qu'il avait un QI supérieur à 140. J'ai de suite pensé que c'était un défi qu'il me lançait. Défi que j'ai aussitôt tempéré en lui expliquant que j'avais tellement de QI supérieurs à 150 dans ma clientèle que selon ladage expliquant que "qui peut le plus peut le moins", je saurais doute lui venir en aide.

Ceci étant posé, on s'entend très bien. il est fin et intelligent et cultivé ce qui est appréciable. Comme il a été plutôt malheureux en amour, il est de nouveau seul et disponible. Et comme tout mâle urbain il s'est inscrit sur les sites de rencontres et il a fait ... des rencontres. Incroyable non ? Comme il a la tchatche, le physique et la situation qui vont bien, il a fait beaucoup de rencontres. Un peu comme une fille un peu bête dans un magasin de vêtements ou de chaussures.

Comme il est beau mec, riche et intelligent, il a évidemment sélectionné des filles belles et intelligentes. Il a fait sa liste. Il fallait que l'élue de son cœur fut donc selon cette liste : jolie, intelligente (diplômée), dotée de certains moyens financiers (belle carrière) mais aussi gentille. Je crois que les constructeurs automobiles s'était essayé à cette quadrature du cercle en proposant au début des années 70, le break de chasse, à savoir une voiture qui permettent d'emmener ses chiens et ses fusils tout en restant élégante et puissante. Ce fut Volvo avec sa 1800ES qui initia le mouvement me semble-t-il. Je ne sais pas si l'on en fait encore. Les avancées technologiques subies par l'automobile depuis l'émergence de règles écologiques toujours plus contraignantes, m'ont totalement découragé de m'intéresser à l'automobile moderne. 

Mon cher patient cherche donc un break de chasse, rapide, élégant mais néanmoins logeable. Quelque chose qui soit moins exclusif qu'un coupé sportif mais plus élégant qu'un break à cinq portes mais aussi plus valorisant qu'un gros SUV. Mon patient sait ce qu'il veut mais ne trouve pas. Sans doute parce qu'il cherche une femme comme on chercherait une bagnole.

Car tandis qu'une voiture est et restera ce qu'elle est, c'est à dire de la tôle animée par un moteur, un individu, en l'espèce une femme, est plus mutable et changeant. Par exemple, j'oserais dire à mon patient qu'il est sans doute différent quand il assume ses hautes fonctions professionnelles que quand il prend un café avec des amis ou qu'il se gratte les baloches négligemment en regardant un film idiot. Lui, comme la femme de ses rêves, est mutable et changeant et non figé. Et ce n'est pas en une fois, quand elle l'aura rencontré, tout beau dans son costume couteux, que la femme pourra saisir ce qu'il est réellement, c'est en partageant un peu d'intimité avec lui. Car mon patient, comme tout un chacun, lors d'un premier rendez vous, ne montre que le meilleur mais ne se met pas à se gratter les baloches négligemment. 

Voici quelques jours, il m'envoie un SMS me disant qu'il ne pourrait venir à un rendez vous car il avait un "date" comme disent aujourd'hui ceux qui ont étudié l'anglais et affectent de le parler comme ils parleraient leur propre langue. Et peu de temps après, le voici qu'il m'explique qu'il pourra honorer notre rendez vous car son "date" n'a rien donné. Pauvre chou ! Comme il me le dit dans un second SMS : dur de trouver une filel qui soit jolie, sympa, ait réussi et gentille de surcroit. Il ne trouve pas son break de chasse, ce couteau suisse automobile qui sait tout faire.

Parce qu'il voudrait que tout cela apparaisse d'un coup, d'un seul. Il faudrait sans doute que la fille face à lui soit comme à un entretien d'embauche avec un Cv résumant absolument tout de sa vie, aussi bien son parcours scolaire et professionnel mais en plus ses hobbies. Et si parmi ceux ci elle savait cuisiner et tailler des pipes comme une habituée des bordels, ce serait un vrai plus. Lui, mon cher patient, ne doit rien susciter, il doit juste prendre livraison de cette femme parfaite qu'il a échafaudée dans son esprit contrôlant comme le ferait un enfant qui écrit au père Noël.

Dans sa tête, l'amour ne nait pas de la rencontre entre deux singularité mais uniquement de celle du mâle intelligent et performant face à la femme qui saura lui vendre ce qu'elle imagine qu'il attend. N'est ce pas la meilleure manière de se faire michetonner ? Car, des malignes qui savent parfaitement ce qu'attend un gars brillant et friqué, il y en a un paquet. Tu crois au père Noël bonhomme ? Tiens, je vais être ta bonne fée et te piquer ton blé.

Bref quand, tout penaud, il m'a fait sa liste de ce qu'il cherchait chez une femme, je l'ai arrêté net. Pour moi ce n'est pas de l'amour mais un bon de commande. L'amour ne saurait naître de ce genre de démarches. Au pire, on parviendra à unir deux cœurs esseulés acceptant l'un et l'autre de croire les mensonges qu'ils s'envoient. Ca durera ce que ça dure et puis ça cassera. Ça continuera vaille que vaille parce que l'habitude est un ciment qui maintient bien un couple bancal ou ça cassera et l'acrimonie se fera sentir.

C'est très compliqué de parler d'amour surtout pour un froid capricorne qui n'a peur de rien sauf de l'amour parce que justement c'est compliqué à mettre en équation. Tout ce que je retiens de ce que j'ai vu, c'est que l'amour nait du contact, quand des trucs qu'on n'aimait pas deviennent des défauts charmants, quand on s'aperçoit que l'intimité crée un lien qui nous permet de voir des choses qu'une simple première rencontre n'aurait pas permis d'observer, quand on se dit qu'on n'échangera pas la fille avec qui l'on est contre les deux meilleures baiseuses du monde. Bref, il faut du temps pour être amoureux. Il faut savoir s'attacher. Et la multiplicité des rencontres rend cet attachement plus compliqué. On entre dans un processus sans fin ou l'on attend toujours mieux.

Et puis quand on se dit intelligent, on cherche quelqu'un d'intelligent sans se focaliser uniquement sur des artifices. Le diplôme est-il un gage d'intelligence ? Sans aucun doute ! Pour autant sont-ce vraiment les plus intelligents qui collectionnent les diplômes ? Pas toujours semble-t-il sinon Bruno Le Maire ou Alain Juppé auraient eu des destins supérieurs à ceux de Naoléon ou de De Gaulle. 

Bref, je ne saurais trop parler de l'amour ni qu'en dire. Déjà bien s'entendre, avoir des valeurs communes et pouvoir rigoler c'est déjà bien. La beauté ? Bien sur que c'est appréciable. J'en connais peu qui préfèreraient une moche à une belle. Mais quid d'une belle qui militerait pour En Marche par exemple ? C'est compliqué tout ça. Et s'agissant de la beauté, on choisit pour soi et non en fonction  du regard de l'autre. Sinon on montre grand sa faille comme ce gros narcissique de Trump, qui malgré ses indéniables qualités, sera toujours en deçà du tsar Poutine.

Dans tous les cas, je pense qu'il faut non pas chercher quelque chose mais déjà se détourner de ce que l'on déteste, c'est déjà plus simple. Par exemple je n'aurais pas pu être avec une femme de gauche, je parle d'une vraie, pas plus qu'avec une femme trop matérialiste, ou encore avec quelqu'un dont je ne le partage pas les valeurs. Ou bien avec une qui m'aurait saoulé à cause de mon comportement lubique. 

Dans tous les cas, trouver l'amour, ce n'est pas cocher une liste de commissions pour savoir si on a tout dans le caddy, c'est donner sa chance au produit, c'est créer un attachement et voir ce que cela donne. 

En plus j'ai déjà eu un break de chasse, une Lancia HPE ! Et toc ! Elle avait des ailes arrières, on aurait des hanches !

Jean-Claude Romand ! Hiérarchie et rapport au sexe !


Pour bien commencer cete nouvelle année, voici un article dont l'intitulé devrait faire frémir ceux qui ont de la mémoire et se souviennent de la terrible et sinistre affaire Romand. Pour ceux qui n'en ont pas, Jean-Claude Romand est cet homme qui après s'être fait passer pour un médecin et avoir vécu d'expédients durant dix-huit ans a préféré assassiner son épouse, ses deux enfants et ses parents au cours d'un raptus mélancolique. Il semblerait qu'il ait voulu se suicider ensuite mais que les médicaments qu'il ait ingérés, étant périmés, il ait pu être sauvé in extremis par les pompiers.

Condamné en 1996 à la réclusion criminele à perpétuité avec une peine de sureté de vingt-deux ans, il est à ce jour toujours incarcéré. L'affaire fut portée à l'écran dans le film "L'adversaire" en 2002 avec Daniel Auteuil.

Je me suis toujours demandé quelles étaient les ressources de romand pour avoir maintenu durant près de vingt ans un tel mensonge, puis pour avoir pu, menacé d'être découvert, passer ainsi à l'acte en assassinant toute sa famille. Hélas, il semblerait qu'il n'ait jamais parlé. On peut donc se perdre en conjectures. On parlera d'égo défaillant, d béance narcissique et de mensonge pathologique et l'on n'en saura pas plus. Tout ce que je sais, c'est qu'en face de moi, j'ai vu des gens assurer mordicus quelque chose alors que je détenais la preuve que ce qu'ils disaient était faux et qu'ils le savaient. Il semblerait que parfois, sauver la face coûte que coûte, soit le prix à payer pour des individus fragiles pour conserver intacte une psyché défaillante.


Avouer, ce serait s'avouer ce qu'ils ne veulent pas s'avouer, à savoir que leurs constructions mythomaniaques ne tiennent plus et qu'ils ne sont pas les géants de leurs rêves. La vie est ainsi faite que certains individus possèdent en eux une sorte de bombe à retardement psychologique qui les fasse obstinément osciller entre le géant de leurs rêves et le nain de leurs cauchemars.

Voici deux mois environ, j'en ai reçu. Un petit gars de même pas trente ans, tout mignon qui est venu me voir comment on viendrait à confesse parce qu'il venait de se faire gauler dans une affaire sordide à souhait.

Voici l'histoire : après avoir usé et abusé des sites de rencontres pour multiplier les conquêts féminines, il a fini par en rencontrer une qui convenait à ses rêves de gloire et de beauté. Issue d'une famille riche et bien née, la demoiselle semblait lui permettre de cocher toutes les cases lui permettant de faire un beau mariage. 

Pas calmé pour autant dans ses ardeurs sexuelles, il s'est dit que cela lui passerait et il accepta qu'après une année de fiançailles, ils convolent en justes noces. Ce qui fut prévu fut fait et début juillet, mon patient et sa dulcinée se marièrent au cours d'une cérémonie traditionnelle et d'une soirée chic et chère. Puis ils partirent loin en voyage de noces parce que pour lui, seul l'exceptionnel et le cher avaient de la valeur.

C'est au retour du voyage de noce que les choses se compliquèrent. En mauvais escroc, le jeune homme avait oublié de verrouiller son ordinateur et sa jeune épouse qui ne le trouvait pas très assidu à la bagatelle décida d'en savoir plus. Et là, trois semaines après qu'ils se furent échangés leurs voeux de fidélité, elle constata que son jeune époux s'était moqué d'elle. Et quand je dis qu'il s'était moqué d'elle, c'est une litote.

Elle constata qu'avec des stratagèmes que n'auraient pas renié ni le renard; ni le coyote, son petit mari, auquel on aurait donné le Bon Dieu sans confession, était présent sur à peu près tous les sites de rencontres sous différents pseudonymes. Fole de rage, elle attendit son retour et le somma de s'expliquer. Pris au dépourvu, il accéda à toutes ses requêtes et lui remit même son code bancaire. Elle s'aperçut alors qu'il la trompait depuis le premier jour et qu'il avait recommencé le lendemain de leur retour de voyage de noces. Mais que pire, il était aussi connu comme le loup blanc dans toutes les boîtes échangistes de France et de Navarre, endroits dans lesquels il aimait emmener ses conquêtes fraichement rencontrées. Si ce n'était que cela ... Il semblerait qu'il ait aussi acquis quelques menus objets dont l'emploi semble réservé aux relations sado-masochistes.

Tout ça d'un coup ! la pauvrette qui était persuadée d'avoir épousé un jeune homme bien avec lequel elle aurait des enfants et une vie apaisée, s'apercevait qu'elle avait lié son destin à une sorte de monstre qu'elle ne connaissait pas. Elle s'en alla immédiatement. La semaine suivante, il reçut un courrier d'avocat pour divorcer. 

De son côté, mon jeune patient vit son monde basculer parce que l'épouse bafouée avait pris soin de tout raconter à sa famille mais aussi à sa belle-famille ainsi qu'à leurs amis communs. Le jeune homme bien sous tous rapports devenait M le Maudit, le monstre de luxure. C'est après quelques semaines difficiles, durant lesquelles il songea au suicide, qu'il vint me voir, mes coordonnées lui ayant été données par une de ses amies que j'avais reçue voici dix ans ou presque.

Il m'expliqua les choses sans fard, préférant se confier intégralement plutôt que de laisser des zones d'ombre comme il me l'expliqua. Il m'assura qu'il aimait profondément sa femme et que ces dérapages n'étaient pas dus à une âme damnée mais plutôt à une pathologie que moi, je devrais déterminer. Il existe effectivement des accros au sexe comme d'autres le sont à l’héroïne mais j'attendis de mieux le connaitre avant de me prononcer. La seule chose que je lui assurai, c'était que je ne le jugerais pas.

Notre première entrevue fut cordiale. J'avoue que parfois j'avais envie de rire tant ce qu'il me racontait était énorme. J'avais du mal à m'imaginer que ce petit jeune homme rangé fut cette bête qu'il décrivait par le menu. Mais le fait est que le "charme et la faconde superficiels" sont les apanages du sociopathes. En avais-je un en face de moi ? Ou alors n'était-ce qu'un paumé qui avait cru pouvoir concilier une sordide "dépendance au cul" et ses vœux de mariage ?

Ce n'est qu'à la troisième séance, alors que l'alliance thérapeutique me semblait solide que je lui expliquai cela. A savoir que je voulais bien le croire mais que je ne savais pas si je n'avais qu'un énième pauvre hère dépendant ou alors Jean-Claude Romand en face de moi. Il fut assez bouleversé par mes propos. Ayant rapidement pris connaissance de l'histoire de romand sur son téléphone, il m'assura qu'il n'avait rien à voir avec lui mais qu'il n'était qu'une victime de ses comportements ayant amené sa jeune épouse à devenir sa victime. C'était criant de vérité.

Sauf que connaissant son CV professionnel que je lui avais demandé pour mieux le connaitre, je lui répondis qu'il était intelligent mais que pour celui qui savait lire entre les lignes, c'était un escroc. Il s’offusqua mais fut forcé d'admettre que j'avais raison quand je démontais ligne par ligne le CV qu'il m'avait donné. Certes rien n'était inventé mais tout, dans ce CV, dénotait un esprit de calcul assez intelligent pour que ce jeune homme sache parfaitement se la couler douce mais ne réagir qu'au dernier moment en tirant les marrons du feu. C'est souvent le cas des gens qui ont fait une ESC médiocre mais ont su investir dans un mastère très chère d'une des trois grandes parisiennes (HEC, ESCP, ESSEC). On bricole la carrosserie à la résine mais après on fait une très belle peinture et zou, ni vu ni connu, on s'en sort.

Il admit que je n'avais pas tort mais que depuis il s'était amendé en s'investissant dans on travail ce que je ne crus pas un instant. Simplement parce que ce n'était pas le premier escroc de la sorte à venir dans mon cabinet et que pour tout vous dire, j'aurais pu faire la même chose. Sauf que moi je me serais senti très coupable parce que j'ai une morale !

Pour le reste, il me jura qu'il voulait récupérer son épouse et qu'il avait changé et qu'il lui resterait fidèle à vie, qu'il avait compris la leçon. Il était aussi convaincant que Delon quand il chante face à Dalida dans Paroles, Paroles. Cela le fit sourire un instant puis il redevint sérieux en me composant un visage de brave petit gars qui s'en veut d'avoir massacré tout le monde mais explique qu'il a trouvé Jésus en prison et qu'on ne l'y reprendra pas !

De plus, comme il a obtenu mes coordonnées par une amie à lui que j'ai reçue voici dix ans, il comptait sur moi pour que j'intervienne parce qu'il trouve que mon ex patiente est aussi une amie de son épouse. Malin le jeune gars. Alors je lui ai dit que je voulais bien appeler mon ex-patiente mais que je ne vois pas ce que je pourrais bien lui dire. Lui expliquer quoi ? Dites bien à votre amie que son mari, vous savez cette enflure qui n'a jamais cessé de lui mentir, est devenu un saint en trois séances chez moi parce qu'il a eu ne grosse prise de conscience ? Putain d'escroc ! 

Ceci dit je l'aime bien et je ferai mon métier avec le même sérieux qu'avec n'importe qui. Je l'aime bien parce que je le crois sincère, aussi sincère que le scorpion dans la saynète du scorpion et de la grenouille. Et puis je crois qu'on peut aussi apprivoiser un scorpion quitte à rester souvent sur ses gardes.

Aujourd'hui, après l'avoir ausculté sous toutes les coutures, je crois que j'ai à faire à un jeune mec anciennement complexé par des problèmes de poids et d'assurance. Jeune mec qui, après avoir fait des efforts pour changer, mincir et s'affirmer, a enfin réalisé son potentiel érotique. Après ce fut la "fête du slip" ! Ah petites salopes qui n'avez pas daigné me regarder à l'époque du lycée, vous allez voir ce que vous allez voir. Et elles ont vu. Toutes, y compris sa femme. Toutes ont payé pour les avanies qu'il avait sans doute subies durant son adolescence difficile. Il aurait pu devenir serial killer il n'aura été que serial lover. Mais il en aura fait des victimes. Le jour où il a réussi à ouvrir le couvercle du pot de confiture et qu'il y a mis la main, il s'est vengé, il a vidé le pot. Et comme il est extrêmement intelligent, il y a mis beaucoup d'application et d'intelligence.

Et je pense que s'il s'est fait prendre, c'est qu'il en avait envie. Je crois qu'au fond, il était amoureux de sa jeune épouse, mais que la machine étant lancée, il n'a pas su l'arrêter. D'ailleurs de son point de vue, il tentait de se sevrer en diminuant chaque mois le nombre de ses incartades. Comme je lui ai expliqué, pour arrêter la picole, on cesse de boire, on ne descend pas le nombre de verres jour après jour jusqu'à l'arrêt final.

Je vais continuer à le recevoir. Je crois que mes "shit tests" ont bien fonctionné. Je ne lui ai rien passé, je l'ai malmené, amené au bout de ses logiques. Je me suis parfois conduit en psy bienveillant, parfois en avocat qui doute mais s'en moque, et d'autres fois en flic qui conduirait un interrogatoire. Je crois qu'il a été sincère. Je crois qu'il a cherché durant des années à guérir des avanies connues dans sa jeunesse. Je pense qu'il coïncide en lui un parfait amour pour son épouse en même temps qu'un profond mépris pour la gent féminine.

Je pense que son équation profonde réside dans le fait qu'il aimerait expliquer aux femmes qu'elles ne l'ont pas aimé quand il était un jeune homme bien mais sans doute moins avenant physiquement mais qu'elles l'ont adoré quand il est devenu beau tandis qu'il devenait laid moralement. Je pense qu'il leur en veut de ne croire que les mots et de se moquer de la sincérité. Et sans doute que lorsqu'il a rencontré son épouse, laquelle avait aussi un peu vécu de son côté, il a rencontré quelqu'un comme lui suffisamment mure pour partager son expérience.

L'accès au sexe est un rapport de hiérarchie sociale comme l'a bien démontré Houellebecq dans son déprimant "Extension du domaine de la lutte". Seuls les plus beaux et les plus riches sont sensés se réproduire. Pour les autres, il n'y aura rien. Et c'est d'autant plus vrai que la morale a déserté les rapports entre hommes et femmes. Mon jeune patient en a fait l'expérience très tôt. Rondouillard, sensible et gentil ça ne marchait pas. Devenu beau mec avec un peu d'argent, et il a vu qu'il pouvait emballer qui il voulait. Et que ça fonctionnait si bien qu'il pouvait aller de plus en plus loin, jsuqu'à emmener des maitresses connues depuis seulement deux jours dans des lieux échangistes. Quelle déconvenue pour un ancien jeune homme gentil et sincère ! Ceci dit à leur décharge, de la même manière qu'il aime les jolies filles, peut-on leur en vouloir d'aimer les beaux gars ?

J'ai donc décidé de lui faire confiance. Je crois même qu'on peut récupérer son mariage en étant assez adroit. C'est terrible. Tandis que le genre professionnel m'enjoint de me montrer le plus neutre possible, il m'est difficile d'aider les gens si je n'ai pas un peu d'affection pour eux. Pour autant, je ne crois pas me tromper. Je pense que c'est un type bien.

Je pense aussi que bien que j'aie maintenant un peu vécu, il n'est pas impossible que je me fasse encore avoir. Il faut faire des paris dans la vie.

Je souhaite à tous mes lecteurs une bonne et heureuse année 2019. Que cette nouvelle année puisse vous apporter ce que vous souhaitez, qu'elle soit celle qui verra vos bonnes résolutions se réaliser et les affligés être consolés.

25 décembre, 2018

Joyeux Noël !

Je souhaite à mes chers lecteurs un joyeux Noël 2018. 

 

 

07 décembre, 2018

Honda, objets contraphobiques et conduite de réassurance !


Aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours été anxieux. Ma vie, telle que je la rêve, se limitant à faire les mêmes choses aux mêmes endroits avec généralement les mêmes personnes, vous vous doutez bien que le moindre imprévu est pour moi une catastrophe.

Comme je suis sociable et que je n'ai jamais eu envie de rester cloitrer chez moi, j'ai eu pour habitude, face à l'imprévu de poser mes équations. Ainsi, si j'aborde un nouveau groupe de personnes ou un nouvel endroit, j'observe puis je mets en équation le produit de mes observations. Cela me permet de savoir que si je dis ou je fais quelque chose, il se produira tel ou tel résultat. La spontaéniété n'est donc pas mon fort.

Quoique, je suis tellement habitué à faire ainsi que je suis devenu très rapide pour poser mes équations. Je suis donc devenu très spontané au regard des gens alors qu'en fait, entre action et réaction, j'ai juste calculé très rapidement la réponse comportementale adéquate. 

J'ai aussi pour axiome qu'on ne sait jamais à qui l'on a à faire. Non que j'aie peur des gens, c'est très rare, mais plus simplement que l'expérience prouve que celui qu'on avait pris pour un idiot peut se révéler intelligent tandis que celui qui passe pour quelqu'un de brillant se révélera finalement comme étant un crétin.

Tant et si bien que j'évolue comme un poisson dans l'eau quelle que soit la personne ou le groupe dans lequel je suis. Mes mesures et contre-mesures fonctionnant plutôt bien, je crois qu'on estime que je suis quelqu'un qui s'affirme facilement tout étant plutôt diplomate lorsque c'est nécessaire. 

Cependant, il est des situations pour lesquelles, mesures et contre mesures ne fonctionnent pas. Ce sont toutes ces situations qui ne dépendent pas de moi, comme aurait dit le brave Epictète. Et dans ces cas, l'anxiété peut me gagner. Il s'agit généralement de situations que tout un chacun trouverait banale mais qui m'affectent terriblement.

Je crois d'ailleurs, l'avenir le dira, qu'affronter la mort me semblerait ainsi moins grave qu'affronter un employé ou un fonctionnaire obtus. Le raisonnement idiot, la règle stupide et le fait du prince me paralysent totalement. Face à cela, je suis sans défense. Comment faire face à la bêtise à front de taureau de celui ou celle qui vous affirme que c'est impossible alors que c'est possible.

Voici deux ans, tandis que je fonctionnaires tranquillement avec mon compte courant de particulier, ma banque m'a forcé à ouvrir un compte professionnel. C'était un abus de droit manifeste. Mais qu'à cela ne tienne, je n'allais pas mener une guerre pour si peu. J'ai donc accompli les démarches pour ouvrir ce satané compte professionnel qui permettrait à ma banque de se sucrer sur mon dos en frais de tenue de compte en m'offrant des services dont je n'avais pas besoin et que je n'avais jamais sollicité. On appelle cela de la vente forcée.

Ayant rempli les formulaires adéquats, voici qu'on me demande ma carte professionnelle de "sage femme". Mon code APE de l'époque concernant les psys, les infirmiers libéraux et les sage-femmes, le service réglementaire de ma banque exigeait ce document que j'aurais été bien en peine de fournir, n'étant pas sage-femme et n'ayant jamais prétendu l'être.

Malgré mes dénégations, l'ouverture du compte professionnel fut impossible. Je ne pouvais donc ni continuer à poser les chèques de mes consultations sur mon compte courant particulier ni ouvrir un compte professionnel. J'ai donc changé de banque.

Et là, rebelote, on me redemanda ma carte professionnelle de sage femme ! Fort heureusement, cette fois ci, le directeur de l'agence étant un vieux de la vieille m'expliqua qu'il s'agissait surtout de fournir un document aux "crétins du siège" et que n'importe lequel ferait l'affaire puisque pour eux, il s'agissait avant tout de "cocher une case". Aussi dit, aussitôt fait, et le compte fut ouvert.

C'est ce genre de situations qui me terrorisent aussi idiot que cela paraisse. Parce que j'ai beau avoir pratiqué les stoïciens et connaitre la pensée 1 du livre II des Pensées pour moi-même de Marc-Aurèle, rien ne permet d'affronter sereinement un idiot qui a cru bon de créer une procédure stupide et inutile. La bêtise, la méchanceté et lamauvaise foi sont mes pires ennemis parce qu'elles ne laissent aucune place aux straégies d'adaptation que j'ai mises en place.

Il ne resterait que la violence ! Mais je n'allais pas me pointer au siège de ma banque, armé, pour flinguer l'idiot ayant décidé de me nuire aussi bêtement. Alors dans ces cas là, j'attends la réponse en espérant qu'elle me sera favorable en angoissant comme un fou. L'angoisse est sans doute la pire ds choses. C'est comme si vous foutiez des coups de boutoir à votre organisme n exigeant de lui une réaction. Or, à part l'attaque ou la fuite, on n'a pas beaucoup d'autres stratégies à offrir. 

Fort heureusement, ayant depuis longtemps été confronté à de telles situations, même si elles sont rares, j'ai pu développer une superbe stratégie, entièrement basée sur la pensée magique. Il 'agit donc d'une technique complètement farfelue qui ne me vaudra jamais aucune publication dans Nature ou Science. Comment ma stratégie d'adaptation fonctionne-t-elle ? Pour vous remercier de me lire depuis toutes ces années, je vais vous en livrer le secret. 

Voici bien des années, tandis que je lisais l'Auto-Journal, à la grande époque d'André Costa, j'avais pris connaissance du nombre d'immatriculation par marques de véhicules. Comme généralement, les savoirs inutiles me restent longtemps en tête, je m'étais souvenu que Honda représentait environ 1% du total des immatriculations de voitures (les motos ne comptent pas dans ma théorie).

C'est un pourcentage assez faible tout en étant significatif. C'est bien moins que Renault mais bien plus que Rolls Royce. C'était donc idéal pour me bâtir ma théorie farfelue de lutte contre l'angoisse. Toujours est-il que, même si je ne pourrais pas vous en définir la date exacte, je me mis à plonger dans la pensée magique en me disant, lorsque je roulais, que si je voyais une Honda alors ce que je redoutais n'arriverait pas ! 

Aussi fou que cela paraisse, cela a toujours marché. Honda; marque dont je n'ai jamais possédé un seul véhicule, est devenue le lien entre moi, frêle humain et les grandes lois de l'univers qui régissent mon monde comme un marionnettiste le ferait en tirant sur des ficelles ! Certains prien Dieu, et d'autres, un peu barrés comme moi, prient Dieu pour qu'apparaisse au détour de la route, garée quelque part une Honda. Tel un membre d'une de ces tribus reculées des iles Andaman, j'ai moi aussi créé a pensée magique dont le Totem est Honda. 

Et comme la pensée magique n'a pas de limites, j'ai bien sur pondéré les résultats en fonction des modèles que je voyais, le fin du fin étant d'apercevoir une Honda Civic de quatrième génération (1987-1991). Si je vois l'un de ces modèles, alors Dieu est avec moi avec tous les saints et l'angoisse me quitte instantanément. Je remercie d'ailleurs tous les collectionneurs de la marque japonaise de garder ces modèles en bon état tandis que je voue aux gémonies tous ces pise-froids d'écologistes de vouloir interdire ces merveilleuses voitures !

Bien sur, certains modèles me semblant moins intéressants dans le cadre de ma pensée magique, il m'arrive de demander une confirmation. Par exemple, imaginons que je sois anxieux pour une raison quelconque. Si je croise une Honda CRV, que je considère comme moins prophétique qu'une Civic, j'aurais tendance à demander confirmation. Et si d'aventure sur mon chemin, je croise une Jazz ou une Accord, ces modèles me serviront de confirmation.


Mais attention, soucieux de ne pas tomber dans l'excès de pensée magique qui me conduirait au trouble obsessionnel compulsif, j'ai conclu un contrat par lequel si je voyais une Civic, ou deux autres modèles de Honda, je m'interdisais d'en chercher d'autres sur ma route. Car je verrais alors dans cette démarche une sorte de manque de confiance, voire de défiance, envers Dieu qui a si gentiment mis ces voitures sur ma route afin d'apaiser mon angoisse. Bref, une Civic c'est génial, deux modèles quelconque de Honda, c'est super, mais en chercher une troisième serait risquer le choc en retour ! 

Que voulez-vous, aussi bancale soit-elle, et je ne l'ignore pas, la thérapie de l'anxiété par les Honda reste une discipline exigeante disposant de règles strictes ! On ne fait pas n'importe quoi. Ainsi de même que j'exige une marque et certains modèles, j'inclus aussi un facteur temps ou plutôt un facteur kilométrique. Parce que je sais que si je fais beaucoup de kilomètres, je croiserai forcément une Honda garée ou sur la route, j'exige pour que ma théorie fonctionne, de les croiser sur un laps de temps limité, c'est à dire un kilométrage défini.

Ainsi, si je vais à Paris, je scinde mon périple en trois parties : de chez moi à la N20, la N20 et l'entrée dans Paris jusqu'à mon cabinet. Pour que ma théorie marche il faut que je voie une Honda sur l'un des trois tronçons et non sur la totalité des trois. C'est compliqué mais c'est un coup à prendre. Et même si je sais que c'est totalement débile, j'ai décidé que cela marchait et me faisait du bien. Et ça défonce moins que le Lexomil !

D'ailleurs, j'ai si bien intégré cette conduite de rassurance dans ma vie, que mon épouse est au courant. Bon, mon épouse n'est pas du genre à s'alarmer pour si peu. Elle supporte déjà mes lubies, elle admet donc que dans ma vie, voir une Honda puisse avoir de l'importance : c'est mieux que de trainer au bistro ! Ainsi, quand elle me sait tendu par une situation quelconque, je peux lui dire d'un ton détaché : ça va bien se passer, j'ai vu une Honda, sans qu'elle ne se demande si je ne suis pas fou.  Je suppose qu'elle se serait ennuyée avec quelqu'un d'un peu plus dans la norme que moi. Sachant que je suis structuré, elle s'en fiche que dans ma tête je pratique parfois des acrobaties aériennes, je finis toujours par atterrir !

Voici quelques années, tandis que nous discutions d'anxiété avec l'un de mes patients exerçant la profession de médecin, ce dernier me demanda comment lutter contre ces accès de panique. Bien sur, très doctement, j'ai expliqué quelles thérapies de TCC on pouvait entreprendre. J'ai toutefois été sans illusion sur le fait qu'elles puissent calmer quelqu'un ayant commencé à angoisser. Démarrer une crise d'angoisse, c'est comme dévaler un toboggan. Pas moyen de redescendre, il va falloir arriver tout en bas sans trop de dégâts.

J'ai donc dit à ce patient médecin que pour mon cas personnel, j'employais la théorie Honda, parce que la pensée magique, bien qu'on y accorde qu'une confiance limitée, faisait du bien. Si l'on était toujours rationnels, on finirait tous comme Laurent Alexandre à ratiociner sur l'Intelligence Artificielle, avec des thories pénibles sur le transhumanisme, persuadés qu'on connait tout du futur ! Fort heureusement, pour les esprits simples comme le mien, il reste la magie ! L'existence de cette pensée magique est d'ailleurs le hiatus qui fait que l'IA ne supplantera jamais l'homme.

Bien que connaissant fort bien ce patient, je m'attendais un peu à ce qu'il rigole de mes divagations magico-thérapeutiques, mais pas du tout ! Il me regarda en me demandant si c'était vrai. L'assurant que je pratiquais assidument la thérapie de l'angoisse par les Honda, mon patient m'affirma qu'il faisait de même mais avec une autre marque ! Je lui lançai alors : Volvo ? Et il me demanda comment j'avais deviné.Simplement, parce que connaissant à peu près les pourcentages d'immatriculation, j'imaginais que Volvo était suffisamment rare tout en étant suffisamment présente comme marque pour représenter un bel objet contraphobique pour lutter contre l'anxiété.


Alors que déduire de tout cela ? Que je suis fou ? Certainement pas. Je peux parfois me trouver bizarre mais certainement pas fou. Vous ne trouverez personne de plus carré que moi. Né vieux et sous le signe du capricorne, je suis taillé pour être ultra-rationnel. 

Déduisez en simplement que tout un chacun a ses "trucs" pour affronter l'avenir sreinement. Parfois, les conduites de réassurance, puisque c'est ainsi qu'on les appelle, sont un peu bancales. Mais on s'ne fout, du moment qu'elles ne deviennent pas obsessionnelles et améliorent votre confort de vie, adoptez les et gardez les. 

Méfiez vous des psys ou autres personnes, quelles qu'elles soient, qui se moqueraient de vous en arguant de l'irrationnalité de votre démarche. Vous savez que c'est irrationnel or l'être humain, n'étant pas une machine, a une rationalité limitée. C'est la subjectivité humaine, ce qui fait de nous des êtres humains et non des machines.

Alors à tous ceux qui m'ayant lu, s'avouent en ce moment, qu'ils font parfois ou pensent parfois à des trucs étranges, pour se rassurer, prenez les choses du bon côté. Si ça vous fait du bien, c'est l'important !


03 décembre, 2018

Désolé !

Je me suis aperçu que la publication de mon article "Carnets de guerre" était ratée. C'est la faute de Word qui m'avait collé le texte en jaune pâle alors que j'écris en noir. Pourquoi ? Je n'en sais rien.Sans doute parce que Word n'en fait qu'à sa tête. Je l'ai donc modifié pour le republier. Pour la peine, voici un joli marcassin politisé ! 





Et si vous êtes sages, je vous promets un superbe article sur une méthode loufoque pour traiter les troubles anxieux généralisés. Je suis persuadé que Science ou Nature, se seraient arrachés mon article en me couvrant d'or mais je m'en fous. Je ne publie que chez moi !

23 novembre, 2018

Coiffeur de star !




Je ne sais plus qui me l'a envoyé ? Ah si, je m'en souviens, c'était sa voisine de palier que j'avais eue comme patiente l'année précédente. Une petite bonne femme de vingt-cinq ans très rigolote et très sympathique. La pauvre, venue à Paris depuis peu s'était vite confrontée au réel et ses rêves de gloire s'étaient écroulés. Alors aussitôt dit, aussitôt fait, je lui avais dit que plutôt que de psychologiser des heures, le socle d'une vie réussie c'était d'abord de trouver une forme de stabilité. Après elle pourrait se remettre à rêver si l'envie la reprenait.


Elle avait donc trouvé un travail plutôt intéressant et pas si mal payé mais bien loin de ces désirs d'autres fois et par la suite, un petit appartement refait à neuf pour un loyer très correct. Comme j'ai souvent du le dire, le réseau iil n'y a que ça. Et quand ça ne marche pas, il y a le réseau du réseau. Bref, une fois installée dans la vie avec CDI et logement, tout était allé pour le mieux. La petite, satisfaite de mes prestations m'avait envoyé deux ou trois personnes dont ce jeune homme.

Il a pris rendez vous et que je l'ai reçu un jeudi. Je m'en souviens j'avais eu une annulation et il a pris ce créneau immédiatement. J'ai songé que c'était quelqu'un qui se décidait vite. Il était passé juste après un patient exerçant le joli métier de commissaire aux comptes.

Quand j'ai ouvert la porte, j'ai tout de suite vu qu'il n'était pas commissaire aux comptes mais qu'il avait une profession comment dire un peu "artistique". C'était un petit gars, mince voire menu, affublé d'une moustache en guidon de vélo magnifique ! Sa manière de me saluer, son déhanchement et le ton de sa voix m'ont permis immédiatement de voir qu'il n'était pas fort des halles pas plus que salarié dans le secteur de la machine-outils. Je suis très fort en lecture froide, un vrai mentaliste !

Effectivement, il était coiffeur. Mais attention pas n'importe lequel. D'abord, il m'a parlé de sa drôle de vie qui n'avait pas toujours été si drôle que cela. On aura beau dire et faire, l'homosexualité se vit mieux dans le Marais à Paris ou au Castro à San Francisco, que dans un gros bourg de Haute Marne au milieu des champs. Il avait donc morflé. Et plus encore mais là, impossible de le révéler.

Toujours est-il qu'il m'a raconté ses malheurs durant cette première séance et qu'on a bien accrochés lui et moi. Alors que tout semblaient nous opposer, mon format et le sien, mon coté bourrin et son maniérisme, on s'est immédiatement bien entendus. Ca parait bête mais moi j'aime bien les gens qui font coïncider leurs paroles et leurs actes. Et c'était son cas. Car, derrière le petit coiffeur maniéré se dissimulait un type déterminé qui aurait pu en remontrer à bien des brutes côté courage. Il se révélait ambitieux et il avait les moyens de ses ambitions.

Je crois que je lui ai d'ailleurs dit lors de cette première séance. Il était assez angoissé et je lui ai dit qu'il était impressionnant. Et quand il m'a demandé pourquoi, je lui ai franchement répondu que sous ses airs maniérés, se dissimulait un petit gars avec une énorme paire de testicules. Ce n'était pas de la drague mais évidemment un compliment sincère. Il l'a pris comme tel et en a été très touché.

Finalement l'énorme problème pour lequel il venait me voir n'était compliqué à traiter. On a du le faire en deux ou trois séances. Puis, il m'a gardé comme une sorte de coach. Parce que j'ai toujours été persuadé que ce type, s'il menait convenablement sa carrière, aurait son salon à trente cinq ans et serait connu.

Autrant vous dire, mais vous vous en doutiez, que je me tape complètement de la coiffure. Et bien figurez-vous que ce petit gars m'a bluffé. Il était tellement geek et passionné par son métier qu'il a réussi à m'y intéresser. Je connais maintenant pas al de chose et si une patiente se pointe avec un balayage; je sais immédiatement si c'est un bon ou un mauvais qui lui a fait.

Bref (je dis souvent bref), ce petit gars a non seulement réussi à me toucher mais à m'intéresser à son métier d'une manière sincère. Je l'ai trouvé bon mais pas juste bon. Ce type est juste fait pour la coiffure et pour rien d'autre. Vous lui filez une touffe de cheveux emmêlée et il vous en sort un truc génial. C'est bluffant. Car si l'on pense que la coiffure c'est juste prendre une paire de ciseaux et couper en égalisant bien, après l'avoir connu, on se dit que la coiffure pourrait être une forme d'art.

Tant et si bien que j'ai voulu le mettre à l'épreuve. Ce qui tombait bien puisque le salon mondialement connu où il travaille ne le paye ps si bien que cela. Eh oui, à Paris la vie est chère. Saint Louis, le saint patron des coiffeurs devait veiller sur lui puisqu'à la même époque, je recevais Peggy.

Peggy, c'était une jeune femme très brillante revenant de loin. J'avais eu sa mère comme patiente qui me l'avait adressée. Ma mission c'était de faire en sorte que cette chère Peggy mette tout en oeuvre pour trouver enfin l'amour et faire des petits. Parce que si la réussite professionnelle était au rendez-vous pour Peggy, sa vie affective n'était qu'un grand désert.

J'avais pris les choses en mains. La mission n'était pas compliquée. Elle était grande, avait de 'allure et un très joli visage. Quelques kilos en moins, un relookage et une coupe de cheveux digne de cela auraient raison de son manque de confiance ; j'en étais sur. Ca avait plutôt bien marché. Le poids, elle l'avait perdu, près de trente kilos sans vraiment souffrir. Le look s'était amélioré parce qu'il est plus facile de s'habiller quand on se plait que lorsque l'on chercher à se dissimuler. Restait la coiffure.

Je lui en parlais régulièrement.Jusqu'à ce qu'un jour le petit coiffeur ait rendez vous juste après elle. J'ai prévenu Peggy que je recevais un as de la coiffure. Ce soir là, elle m'expliqua qu'elle était fatiguée et ne souhaitait pas parler de sa féminité. J'opinais en feignant de la comprendre.

Ceci dit quand mon petit coiffeur se pointa, je les présentai l'un à l'autre. S'il fallait attendre le bon vouloir des patients pour faire leur bien, je serais mort ! Et là, quelle leçon ! Etant du même âge, le coiffeur l'a tutoyé et en cinq minutes a tout deviné de l'infâme traitement qu'elle réservait à se chevelure. En quelques mots il lui a expliqué ce qu'il lui fallait et lui a proposé de venir à domicile la coiffer. Moi, en totale confiance j'ai rajouté que si cela ne lui plaisait pas, je remboursais la coupe. Il faut savoir s'engager et parier. Elle accepta !

La semaine suivante, j'attendais Peggy fébrilement, je savais que mon petit coiffeur était passé la veille la coiffer. Même si je lui faisais une totale confiance, il va sans dire que j'étais un peu anxieux. Mais lorsque je lui ouvrir, je ne pus retenir un cri de surprise du type "wooow" assorti d'un "putain" pas très élégant. Elle était métamorphosée ! C'était incroyable. Elle en était elle même ravie !

Et bien croyez le ou non, trois semaines après, elle rencontrait un mec avec qui elle est depuis quelques mois. Ca semble sérieux et ça me ravit vu que l'essentiel de mon job, c'est de rendre les gens heureux.

Évidemment, depuis il a coiffé une autre de mes patientes, toute aussi heureuse du résultalt. Quant à lui, cela lui permet de se faire sa clientèle ! Quant à moi, je suis ravi parce que j'aime bien prendre en compte la totalité d'un chantier qu'on me confie. Et s'il faut en passer par la coiffure, qu'à cela ne tienne.

Récemment, mon petit coiffeur passait après une de mes comtesses. J'ai un nombre non négligeable d'aristos-cathos dans ma clientèle dont cinq comtesses (titres de courtoisie). Cette comtesse là, est une grande brune fine et ayant belle allure/ Mais ses cheveux ! Quel désastre. Combien de fois lui ai je dit qu'être coiffée comme Morticia n'était pas la meilleure stratégie pour trouver l'amour. Mais rien n'y fait.


Cette fois dernière, coup de bol, je recevais mon petit coiffeur juste derrière elle. Elle avait accepté de mauvaise grâce d'avoir un avis professionnel. Moi je trouvais qu'elle avait les cheveux trop longs. Mais bon, je ne suis pas un figaro !

Voici que mon petit coiffeur de stars entre en scène. Je fais les présentations. Il commente techniquement la coupe de cheveux. Il m'explique que la longueur est bonne mais que c'est un problème de brushing. Moi, debout derrière lui, je ne moufte pas, j'apprends, je suis l'apprenti coiffeur. Il va alors se laver les mains et s'enquiert d'une brosse. Heureusement ma patiente en a une dans son sac. Il lui met alors la main dans les cheveux, les remue, fait je ne sais quoi, puis, se saisissant de la brosse lui intime de ne pas bouger. Et là, le miracle s'accomplit, la sage grande brune devient d'une seul coup une femme sexy ; moi je suis sur le cul. Ben oui c'est un métier. Et il le maitrise à la perfection. Et encore je vous passe le dialogue plutôt rigolo entre ma patiente et lui.

Ma patiente court devant un miroir se contempler et n'en revient pas. Elle est presque gênée de voir son potentiel érotique ainsi révélé mais cela lui déplait pas. Mon petit coiffeur lui explique alors comment faire son brushing et lui donne sa carte au cas ou. Une heure après, je recevrai un SMS dans lequel elle me dit  il est vraiment très doué.

Alors pourquoi parler de coiffure me direz vous ? Simplement parce que parfois un nouveau départ dans la vie c'est simplement une nouvelle coupe de cheveux. Et que sincèrement, en deux coups de brosse mon petit coiffeur a réussi là où je ramais depuis des mois. C'est une belle leçon d'humilité qui remet le psy et la psychologie à leurs justes places !

Les bons coiffeurs sont mes meilleurs concurrents !

18 novembre, 2018

Carnets de guerre !


Parce que tout le monde en parlait, la presse, les gens et mes patients, hier samedi, j'ai voulu voir de mes yeux ce que pouvait être le mouvement des gilets jaunes à Paris. Alors avec quelques comparses, Eddy, l'Antillais, Bag et le Pilote, nous y sommes allés. Ca me rappelait ce que le philosophe alain avait dit quand il s'était engagé à l'âge de 47 ans pour faire 14/18. Certes, ce n'était plus de son âge mais il ne se voyait pas vivre de loin ce que ses élèves auraient enduré. C'eut ét mauvais pour un philosophe.

Nous nous étions donné rendez-vous dans un coin cale pour déjeuner avant de "monter au front". Parce que, aussi stupide que cela semble, c'est l'impression que l'on avait. Ici à l'arrière, assis en terrasse chauffée, on était au calme. Et si ce n'était la présence éparse de quelques Gilets jaunes (GJ) dans la rue, on se serait cru comme n'importe quel samedi de n'importe quelle année. Ça nous a rappelé quelques pages de Céline, dans Voyage au bout de la nuit, quand en convalescence à Paris, il s'aperçoit qu'on dine toujours au restaurant et que des spectacles y sont proposés alors que lui et ses copains se font défoncer au front sous la mitraille et les obus.

Comme on papotait librement, un macroniste s'est immiscé dans notre conversation en nous rappelant que Macron avait été élu démocratiquement et qu'il fallait respecter les institutions. Le mec avait une trentaine d'années et des épaules de serpent et venait nous faire la la leçon. Bag qui est plus sanguin que moi lui aurait bien dit d'aller se faire enculer mais moi j'ai privilégié le dialogue. Ça n'a servi à rien puisque le mec était un adepte des tables rondes et des négociations. Alors que parfois, même si je n'aime pas ça, faut juste rentrer dans la gueule des gens qui vous emmerdent. Bref on était là comme de gros planqués sauf qu'on n'a pas pris de cafés parce que pour monter en ligne, mieux vaut avoir une vessie vide.

Et puis on a pris le métro et rejoint la ligne 1, celle qui traverse Paris d'ouest en est. Et là, les annonces ont commencé : la RATP diffusait un message avertissant que certaines stations étaient fermées en raison des événements. On devait donc descendre à la station Palais Royal et continuer à pied. Dans la rame, la présence de GJ était plus importante. Nous étions en civil, c'est à dire que nous n'avions pas revêtus de gilets jaunes. A ma décharge, je possède quatre voiture mais un seul gilet et Dieu seul sait dans laquelle il git, roulé en boule dans le coffre.

A peine débarqués, nous avons remonté la rue de Rivoli, totalement déserte si ce n'est quelques groupes épars qui allaient à la manifestation. La circulation ayant été coupée, aucune voiture ! L'ambiance commençait à changer. On sentait que l'on se rapprochait du front. Arrivés proches de la Concorde, tout au bout, nous nous sommes heurtés à un dispositif de CRS plutôt énervés. Dieu seul sait ce qu'ils avaient affronté. Toujours est-il que même si j'aurais adoré discuter avec eux et leur demander leur sentiment sur ce qui se passait, je n'ai pas osé le faire. Courageux mais guère téméraire, j'ai préféré, avec mes camarades, observer que de prendre des coups de matraques.

Là, on sentait déjà qu'on n'était pas loin. Entre les CRS en robocop et les déflagrations des grenades qui se faisaient entendre, on sentait qu'on était proche du front. On a donc décidé d'obliquer rue Saint Florentin, à droite pour rejoindre la rue Saint Honoré. Tout au bout, un dispositif, cette fois-ci de gendarmes bloquait l'accès à la rue Royale. Les gendarmes étaient plus cools. On a pu plaisanter avec eux. Ils n'étaient pas agressifs. D'ailleurs les GJ qui nous entouraient ne l'étaient pas non plus. Tout le monde leur demandait ce qu'ils pensaient de Macron et bien sur aucun n'a répondu. On s'en doutait mais ça nous a fait rigoler de voir des demi-sourires sur leurs visages. M'est avis que même si c'est leur job, ça ne les enchantait pas trop d'être là face à des gens plutôt pacifiques. Moi j'ai pas souvent l'occasion de discuter avec des gendarmes, même si j'en ai eu deux dans ma clientèle, alors ça me plaisait bien de pouvoir papoter avec eux. Mais bon, c'était pas vraiment le moment pour ça.

Alors on a rebroussé chemin rue Saint Honoré et on a obliqué à droite rue Duphot pour rejoindre la place de la Madeleine, vu que les bruits de déflagrations venaient de là. En remontant cette rue, on a pris la mesure de la violence des événements qui s'y déroulait. En sens inverse, descendaient des groupes épars de GJ, toussant, crachant, les yeux rougis par les lacrymogènes. On avait l'impression de monter en ligne remplacer les copains qui en revenaient. A un moment, avisant un groupe de GJ semblant particulièrement éprouvés, j'ai dit à Bag : regarde c'est tout ce qui reste du 172e RI ! Ils sont montés à huit-cents et il n'y a que cinquante rescapés.

C'était assez apocalyptique même si je sais que mes comparaisons avec la grande guerre sont outrées. C'est certain que c'était plus tranquille rue Duphot un samedi de novembre 2018 que Verdun en 2016. N'empêche que pour des gens, comme moi et mes amis, habitués à vivre en temps de paix, la fumée que l'on apercevait, montant derrière les immeubles, les déflagrations et ces gens gazés qui refluaient avaient un côté "guerre" indéniable. On est enfin arrivés à l'angle de la rue Duphot et du boulevard des Capucines. Et là, il y avait quelques centaines de GJ plutôt déterminés. Comme on n'était pas là pour juste observer, on est allés sur la place au contact avec les CRS. Il ne s'agissait pas de leur envoyer un quelconque projectile mais simplement de gueuler "Macron démission" a cinquante mètres d'eux. A un moment donné, j'ai dit à mes potes de reculer parce que je pressentais que les CRS allaient charger. C'est marrant, comme je sens ces trucs-là.

Et ça n'a pas raté, après une volée de grenades assourdissantes et lacrymogènes, les CRS ont chargé et les GJ se sont repliés en désordres. Heureusement que j'ai de la masse parce que sinon j'aurais pu être écrasé. J'ai fait comme les autres, j'ai mis mon surpoids en route et j'ai vite rappliqué à l'arrière, rue Duphot ou c'était calme. Bag ayant eu la bonne idée de prendre du sérum physiologique, on s'en est foutu dans les yeux parce qu'on en avait pris plein la gueule. Mais bon, c'était marrant comme tout. A ce moment, le fond de ma pensée, c'était qu'un peuple trop calme ne produit rien mais qu'il suffit de petites choses comme ça pour sentir naitre en soi des appétences pour la conquête. Se faire charger par les CRS et en prendre plein la tronche, ça remet les pendules à l'heure, ça permet de renouer avec sa virilité et ça canalise vite sa sensibilité. C'est ce qu'aurait dû proposer Jung à propos de l'Anima ! Elle est vite domptée l'Anima au contact de la violence. Ce n'est plus le moment de faire sa danseuse et de chouiner. Il en faut peu pour se sentir vivant. Les CRS sont de bons psys sans le savoir.


Quand nous étions en retrait, à l'abri des CRS, c'était sympa, on sentait une vraie camaraderie, comme dans les tranchées où l'instituteur jouait à la manille avec l'ouvrier agricole. C'était d'ailleurs ce qu'il y avait de plus drôle : cette mixité sociale ! Ce que tous les programmes d'inspiration socialiste n'ont jamais fait, Macron l'a fait ! A force d'être haï et détesté de tous, il a réussi à coller tous les français dans la rue. Et j'ai vu ce jour, l'aristo et le prolo fraterniser sur l'autel de la guerre à la fiscalité confiscatoire. En gros, c'était : bande d'enculés, si vous pensez que les bleus et leurs grenades vont nous faire reculer, vous vous gourez. Debout les morts ! Ils ne passeront pas. Bref, on est tous remontés au combat place de la Madeleine, histoire d'agacer les bleus et de savoir si on ne pourrait pas se faufiler vers L’Élysée ! Si j'avais pu y rentrer j'aurais été bien con parce que d'une part, Macron n'y était pas et que d'autre part, j'ai trop de respect pour le patrimoine pour le saccager. Mais bon, on aurait pu faire de supers photos pour les souvenirs. En plus, bien que je l'estime parfois nécessaire, la violence c'est pas mon truc. Ça part trop vite en couille !

De nouveau, les bleus qui connaissent leur boulot de maintien de l'ordre nous ont fait dégager à coups de grenades et on s'est repliés une fois encore. Mais qu'est-ce que c'était sympa de pouvoir continuer à gueuler "Macron démission" à gorge déployée. Je ne sais pas combien on était mais ça faisait du bruit et c'était chouette.  Le pauvre mec dans mon genre a de petits plaisirs parfois. A l'arrière, on a pu papoter. J'ai vu une femme très bien se plaindre d'avoir été gazée. La pauvre s'attendait à ce qu'elle soit entendue. Je lui ai dit que les CRS envoyait rarement des chocolats et que le maintien de l'ordre était à ce prix. Maintenant, soit on tenait, soit on repartait la queue entre les jambes. Mon pote le Pilote gueulait à la foule de tenir le carrefour pour qu'on ne soit pas encerclés. Et cet ancien militaire avait raison. Les flics sont malins et voulaient nous prendre dans une nasse. Finalement, on est retournés au contact et on s'en est repris plein la gueule mais on a tenu. Et le bourgeois a retenu la leçon : tant qu'il paye en fermant sa gueule tout va bien. Mais qu'il demande des comptes et on lui balance des grenades. Non camarade bourgeois, l'élu n'est pas ton ami, juste un type qui te trahira et fera tout pour garder ses prébendes.

Pas très loin j'ai vu un mec se faire crever un œil par un éclat de grenade. N'étant pas équipé et peu soucieux de perdre la vue, j'ai décidé de quitter la scène et de me replier. Parce que la guéguerre, c'est rigolo mais encore faut-il avoir prévu des lunettes de plongée, des gants et un masque à gaz. Nous étions venus en touristes et là, on sentait que ça se professionnalisait. Ça se crispait de part et d'autre. Les GJ étaient chauds comme la braise et allumaient des feux sur le boulevard des Capucines et de l'autre côté, on sentait la tension monter chez les bleus. Nous, on s'est dit qu'à notre grand âge c'était déjà bien sympa d'avoir été trois fois au contact. On avait fait de belles photos de nous devant le paysage apocalyptique de la Madeleine noyée dans les brumes des lacrymogènes et on avait fait le plein de souvenirs, le moment était venu de partir. On venait de vivre un moment historique et on pourrait dire qu'on avait "un peu" participé. Mon pote le Pilote a décidé de continuer le combat et a entrainé l'Antillais à sa suite. Il était sur de pouvoir rejoindre la rue Tronchet et de là, pouvoir passer aux Champs Élysées. Il a d'ailleurs réussi puisque le soir même il m'a envoyé de superbes vidéos sur What'sapp.

Nous, estimant qu'on avait fait œuvre utile mais que le moment était venu de plier les gaules, on s'est replié place du Marché Saint Honoré pour boire un coup en terrasse, de loin l’activité de loisir que l'on maitrise le mieux. On a discuté des deux heures que l'on venait de passer. Certes nous étions d'accord pour convenir que Macron était un pitre mais on n'imaginait pas qu'il le soit à ce point pour ne pas sentir que ce qui se passait allait au-delà d'une simple protestation. J'en ai profité pour faire une incursion en psychopathologie en expliquant que bien souvent les personnalités narcissiques finissaient mal parce que toute tentative de remise en cause en vue de négocier était une blessure atroce à leur narcissisme fragile. J'ai alors imaginé qu'entre lui et son gouvernement d'incapables, ça n'allait pas s'arranger.

Il faut vous dire, qu'étant né en 1967, j'ai eu l'habitude de voir des politiques, qui s'ils n'étaient pas au-dessus de tout soupçons avaient au moins le mérite d'avoir connu la guerre, certains s'y étant illustrés. Alors, RPR ou cocos, ils savaient identifier la violence et redouter l'embrasement. On s'est demandé ce qu'on ferait à la place de notre juvénile président. On a tous été d'accord qu'il fallait reculer parce que les événements étaient graves et ne pouvaient que s'envenimer. C'est un peu ce que j'avais retenu de ces deux heures passées à la Madeleine. Les gens étaient exaspérés et prêts à tout. Et pour une fois, ce n'était pas les manifestants professionnels qui étaient dans la rue, ceux que leur centrale syndicale fait rentrer dans le rang après les négociations, mais le peuple, la classe moyenne.

Et là, j'ai eu l'impression qu'être face aux CRS leur avait ôté les écailles des yeux. Ils comprenaient que les élus n'étaient plus leurs représentants mais une caste se goinfrant sur leurs dos bien à l'abri derrière les flics et les gendarmes. Enfin, j'avais noté que des gens à priori bien pacifiques étaient en train de prendre goût au sang et que cette manifestation ne serait pas la dernière. Si en 14-18, on a pu en quelques mois transformer des clercs de notaires et des ouvriers agricoles en "assassins" professionnels, je ne vois pas pourquoi il n'en serait pas de même aujourd'hui. J'ai maudit intérieurement ce gouvernement d'incapables pour son manque de discernement.

Ce que j'ai dit à mes amis, c'est qu'à la place de notre Président, le soir même j'aurais fait une allocution du type "je vous ai compris". Sans se renier trop, ni trop baisser son pantalon, il aurait suffi de dire qu'il avait voulu aller trop vite et n'avait pas pris la mesure des souffrances du peuple et ça passait. On baissait le prix de l'essence et on filait une prime qu'on finançait comme on pouvait et les fourches se seraient baissées. Hélas, Macron n'est pas un grand politique formé au combat mais un petit intrigant initié aux complots de cabinets. Il ne le fera pas. Il restera muré dans son mutisme et son narcissisme. Et puis, il n'a ni le physique, ni le passé pour jouer au père de la nation. Parce que qu'on le veuille ou non, et même si c'est une injure au chef de l'état :

Macron n'est qu'un petit con !

11 novembre, 2018

Il y a cent ans !

Voici cent ans, la terrible guerre de 14-18 prenait fin. Comme mes lecteurs habituels le savent, j'ai beaucoup lu sur ce conflit. D'une part parce que mes grands parents l'ont faite et ensuite parce qu'elle marque la transition entre une époque à laquelle j'aurais aimé vivre, la Belle époque, et ce monde moderne dominé par les USA que j'exècre. Ce n'est pas de ma faute si je préfère la compagnie de Proust, Huysmans et Fournier que celle de Steve Job ou de Microsoft. J'ai simplement du goût. Le marquis de Dion et son mécanicien Bouton ont plus de charme qu'Elon Musk et sa saloperie de Tesla.



Et puis la Grande guerre est arrivée et l'Europe s'est suicidée. Tout cela avec le jeu débiles des alliances et l'acte stupide de Gavrilo PrinciUn débile flingue un archiduc en costume d'opérette et zou, tout fout le camp. Cinq ans après, c'est la désolation. On comptera des millions de morts, d'estropiés, de veuves et d'orphelins. La France est morte en 14-18 et avec ele une kyrielle de jeunes écrivains et artistes. 



Voici quelques temps je vous avais expliqué qu'un jeune patient 'avait demandé ce qui avait le plus changé entre mon époque et la sienne. J'avais alors parlé de l'argent. Le gros argent étalé et un peu sale a effectivement changé les choses. Du moins il me semble. 

Ce qui a changé aussi, c'est que je suis la dernière génération à avoir connu des héros, anonymes ou pas. Actuellement, dans n'importe quelle série américaine, on croise un personnage ténébreux, un peu mutique, beau gosse et blasé, qui explique qu'il "était à Falloudja" comme s'il revenait de l'enfer. Et là, les gens se taisent face à tant d’héroïsme. Moi ça aurait tendance à me faire rigoler. Falloudja c'est environ 95 morts américains. Pour un pays ayant une tradition militaire comme le notre, Falloudja, reste une escarmouche, un galop d'essai, un heurt entre la coloniale et une tribu rebelle à la fin du XIXème siècle mais certainement pas un haut fait d'armes. Pour quiconque aurait quelques lettres et aurait lu Georges Darien, grand écrivain anarchiste, Falloudja, c'est bien moins terrible que Biribi le terrible bagne militaire installé en Afrique du Nord, ces terribles compagnies de discipline destinées à mater les plus rebelles.

Aujourd'hui qu'en en parle tant, j'ai conscience d'avoir discuté, fréquenté des gens, le plus souvent anonymes qui avaient fait l'histoire. Mobilisés un premier aout de 1914 pour aller faire une guerre qui ne devaient pas durer, ils y sont restés cinq ans pour les plus chanceux, moins pour ceux morts au champ d'honneur ou blessés grièvement.

J'étais jeune et ils étaient déjà vieux. Je me souviens de plusieurs d'entre eux. Mais l'un d'eux a particulièrement retenu mon attention parce qu'il avait un côté fascinant. Aujourd'hui, on dirait qu'il était perché. Et si l'on est psécialiste on dirait que c'était simplement un beau cas, bien réel, de syndrome de stress traumatique. A l'époque on ne comprenait pas, on les prenait pour des simulateurs. Puis on a fini par comprendre que soumis à un stress intense, certains n'avaient jamais repris leurs esprits. Comme on ne savait pas comment les traiter, on s'est contenté soit d'interner les plus atteints. Les autres ? Il se son débrouillés comme ils pouvaient. Ils ont eu de petites vies, de petites joies, des peines immenses et ils sont morts sans qu'on ne comprenne vraiment ce qui leur était arrivé. 

Qu'il s'agisse de soldats traumatisés par une bataille ou d'une mère devenue folle à la mort de tous ses fils, on se contentait de dire d'un air navré : le(la) pauvre, tous ces malheurs ça lui a tapé sur le ciboulot. On les appelait aussi "les malheureux" ou disait d'eux que leur esprit "battait la campagne". C'était à peu près le seul diagnostic fait par les braves gens. Sans doute que les spécialistes avaient un diagnostic plus savant mais comme ils étaient totalement démuni en termes de traitements, ça n'avançait pas les choses.
 
Celui que j'ai bien connu, il s'appelait Roger. Quand il a été mobilisé il était étudiant aux Beaux Arts. Autant vous dire, que muni de pinceaux et de sa palette, il était bien loin des faits d'armes. Mais la République, cette vieille catin, n'en a eu cure et a envoyé tous ses enfants, quels qu'ils soient à la guerre.

Roger avait été l'ami de Georges Braque mais dieu seul sait comment il l'avait connu. Peut-être parce qu'ils étient tous deux des anciens de 14, Braque ayant été très grièvement blessé à la Somme. Il parlait de Braque sans jalousie. Il était content de l'avoir connu comme si l'aura de ce grand peintre rejaillissait ainsi sur lui l'obscur. Il en parlait savamment. Parce que s'il était un peu étrange, en matière d'art, Roger avait un jugement sûr. Roger, n'avait pas eu "la chance" de Georges Braque. On m'avait expliqué qu'il était revenu de la guerre comme ça, uun peu bizarre et qu'il ne s'en était jamais remis. Pris dans les terribles bombardements lors de la bataille du Chemin des Dames ou était-ce de la seconde bataille de la Marne, je ne sais plus, le fait est qu'il avait été blessé mais surtout qu'il avait perdu la tête. Il n'a jamais fini les Beaux Arts mais il était devenu artiste peintre parce que c'était là sa passion.



Il vivait non loin de chez nous. Je ne l'ai jamais vu que juché sur un ridicule petit vélo avec lequel, quel que soit le temps, il allait et venait. C'est même étrange car à l'époque il était âgé et pourtant il allait en vélo. Il émanait de lui une sorte de jeunesse étonnante. De temps à autre, il prenait le train avec son matériel et s'en allait peindre, disparaissant quelques jours sans avertir personne. Il était étrange et lunaire mais d'une grande gentillesse. Déjà très jeune, j'avais conscience qu'il était "paumé" et c'est plus tard que mon père m'avait expliqué qu'il était comme cela depuis la guerre.

Mon grand père par solidarité, parce que lui aussi avait connu la guerre, lui achetait des toiles et lui en commandait. Je crois qu'il a peint la maison familiale par tous les temps. D'où j'écris, j'en ai une en face de moi, peinte par lui. Je ne suis pas sur qu'elle soit d'un grand intérêt artistique. En vous écrivant, je la fixe et je me dis qu'il n'avait peut être pas un talent immense. Mais la toile est jolie, agréable à regarder avec une touche personnelle qui fait que je reconnaitrai toujours une toile de ce vieux Roger. Il avait son style et si je ne suis pas critique d'art,  au moins savait-il peindre, ce qui de nos jours reste incroyable. A la mort de mon grand père, mon père a pris la suite. Il lui a acheté des toiles. Certaines étaient intéressantes d'autres moins. L'important, c'était de ne pas le laisser crever de faim. Et pour vivre, Roger n'avait qu'une maigre pension et pour toutes compétences, son talent de peintre.  Certaines fois Roger s'appliquait, d'autres fois non. Mais même la plus médiocre de ses toiles valait largement la production d'un artiste du dimanche.


Parfois il se murait dans sa solitude, battant la campagne, seul dans ses pensées, et on le croisait arpentant la ville sur son ridicule petit vélo. On n'avait pas de nouvelles et personne ne s'inquiétait parce que malgré tout, Roger, aussi étrange soit-il, revenait toujours à bon port. Parfois, comme un chien errant en manque de caresse, il venait chercher du contact. Dans ce cas, il pouvait passer plusieurs fois par semaine. Il ne restait pas longtemps sauf si mon père l'invitait à diner. Mon père prévenait ma mère qu'il resterait à diner et on rajoutait une assiette. Ce qui n'emballait pas ma mère parce que Roger n'était pas le convive idéal. Il restait quelques minutes avec nous, l'air presque normal, avant de se remettre à battre la campagne et de parler de ce qu'il avait connu mais aussi de peinture. Mon père discutait avec lui et je restais à les écouter.

Parfois, même si j'étais seul, Roger sonnait à la grille. Il se présentait à l'ancienne, jamais par son prénom mais par son nom. Il me disait : ah bonjour Philippe, c'est C., ton père est là ? Je lui disais que mon père n'était pas là et j'allais lui ouvrir la grille. Je le trouvais là tenant son ridicule petit vélo par le guidon. Il me saluait fort courtoisement avant de me répéter trois ou quatre fois "ah ton père n'est pas là, c'est bien dommage". Il prenait alors un air de chien battu que je ne savas pas bien décrypter. Jouait il la comédie dans le but de m'attendrit et de se faire offrir un café ou était il réellement triste.

Dans tous les cas, le sachant fort seul et d'une grande gentillesse, je le faisais rentrer. Je lui faisais alors un café. Il avait des gestes très précis. Il sucrait son café et le buvait à petites gorgées sans parler puis prenait de mes nouvelles et me donnait des siennes. Puis, invariablement il parlait d'art. Je n'ai jamais été passionné par la peinture à laquelle j'ai toujours préféré la sculpture. Mais lui, me fascinait. Il me parlait de peintres célèbres qu'il avait connus sans jamais avoir eu leurs succès. Et plus que ce qu'il me racontait, j'aimais ses extases, cette impression qu'il était branché sur quelque chose, auquel je n'aurais jamais accès. Aujourd'hui, l'impression qui me vient lorsque je me remémore ces souvenirs est la même que j'ai eue lorsque j'ai lu le Grand Meaulnes. Roger lorsqu'il me parlait me faisait pénétrer dans le domaine mystérieux d'Yvonne de Galais.
 
Cela m'amuse d'ailleurs toujours lorsque des patients me disent que je vais les trouver bizarres comme si la bizarrerie allait m'arrêter. A dix/douze ans, je conversais avec un peintre ancien du Chemin des Dames particulièrement perché sans être impressionné, alors croyez moi l'étrangeté ne me fait pas peur.

Roger pouvait à tout moment s'abimer dans sa songerie.Ça  arrivait d'un coup, d’un seul. Il parlait, finissait sa phrase, concluait l'entretien par une sorte de "bah oui, c'est ainsi" et il partait ailleurs.  Comme j'avais aussi mes occupations et que je savais qu'il était inutile de lui parler dans ces moments là, je l'installais dans le bureau de mon père, je lui laissais un paquet de cigarettes, un briquet et un cendrier et j'allais vaquer à mes occupations. Parfois mon père rentrait et le trouvait là pensif. Ils discutaient un peu et mon père chargeait son ridicule petit vélo dans le coffre de sa voiture pour le ramenez chez lui. Peut-être lui glissait-il un petit billet au passage mais cela, je ne l'ai jamais su. Mon père était quelqu'un de bien et n'aurait pas eu l'idée de faire de la publicité pour la charité qu'il faisait. Parfois, Roger sortait de son rêve et déçu que mon père ne soit pas encore là, partait tout seul. Je le raccompagnais alors à la grille et il me rappelait deux ou trois fois de ne pas oublier de dire à mon père qu'il était venu, ce que je ne manquais pas de faire.

Et puis il est mort assez âgé et seul. J'étais encore très jeune. Je ne saurais vous donner la date précise de son décès et plus personne ne se souvient sans doute de lui, si ce n'est votre serviteur en ce jour.  Il avait deux neveux qu'il voyait rarement mais qui étaient là le jour des obsèques. Une petite maison avec un beau terrain dans une jolie ville de banlieue ouest, ça valait tout de même quelque chose.

C'était un drôle de type, un homme âgé et étonnamment jeune à la fois, un peintre sans doute très moyen qui savait pourtant parler de peinture, C'était un de ces héros anonymes de la Grande Guerre dont on commémore le centenaire aujourd'hui. Un jeune type mobilisé comme tant d'autres, abimé par ce carnage et mort oublié de tous.

Aujourd'hui en ce onze novembre deux-mille-dix-huit, je lui dédie ce modeste article.

10 novembre, 2018

La femme qui se prenait pour un Scénic !



L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau est un ouvrage d'Oliver Sacks,neurologue de profession, publié en 1985. C'est un recueil dans lequel l'auteur décrit les affections neurologiques « les plus bizarres » qu'il a rencontrées. Le titre provient du cas d'un homme atteint de prosopagnosie, qui savait reconnaître les objets composés de formes géométriques simples, comme un chapeau mais plus les visages comme dont le sien et celui de sa femme. 

Si ma patiente n'est atteinte d'aucune neuropathe grave, le fait est qu'elle m'a déclaré voici quelques temps que si elle était une voiture, elle serait une Scénic, un modèele Renault assez courant dont l'achat; selon elle; est guidé par l'aspect pratique plus que par le coup de coeur. Peu soucieux de la contrarier, je lui ai dit qu'elle ne manquait pas de qualités et que si elle était une Renault Scénic, elle serait sans aucun doute un modèle haut de gamme doté d'une sellerie cuir et de la climatisation automatique bizone. 

Car il en va du Scénic, comme du Kangoo ! De même qu'il existe un bas de gamme, il existe aussi une version luxe. Dans la gamme Kangoo, c'est le fameux RXE dont je vous ai déjà parlé et dont je suis propriétaire, pour les Scénic, c'est la version Initiale Maris (rien que ça) avec tout un tas de fourbi haut de gamme fourni avec la voiture dont je n'avais même pas idée que cela peut exiser vu que je roule toujours dans de vieilles bagnoles. 

A première vue, je ne retrouve pas ma patiente dans ce véhicule courtaud et un peu pataud vu qu'elle es petite, blonde et menue. Au jeu du portrait chinois, vous savez ce jeu pénible qui consiste à répondre à des questions du genre "et si vous étiez une fleur (ou une bagnole) vous seriez quoi, je l'aurais plutôt perçue comme un petit cabriolet que comme un monospace. Mais bon, elle est libre de se comparer à ce qu'elle veut. Après tout, c'est elle qui le vit !


Personnellement, je n'ai jamais eu l'idée de me comparer à une voiture au jeu du portrait chinois. Mais si je devais être une voiture, je serais ? Qu'est ce que je serais ? Je n'en ai aucune idée. Disons qu'étant plutôt doté d'un volume important, je ne serais pas une voiture de sport, c'est certain. Tenez je me vois bien en antique Volvo 240 break, une bagnole increvable ayant fait les délices de la profession d'antiquaire vu qu'on pouvait y charger une armoire normande sans laisser le hayon ouvert.

D'ailleurs j'adore cette voiture même que parfois, à l'insu de mon épouse qui me croit sur Wikipedia, je regarde les annonces de vente de Volvo 240 sur Le bon coin en rêvant de m'n offrir une. Mais une essence parce que le moteur Man qui équipait les versions diesel semble être une merde sans nom. Oui, vous l'aurez compris, moi qui suis champion de la perte de temps, il a fallu que je lise les forums Volvo afin de tout connaitre d'une voiture que je ne posséderai jamais. Sur le moment, ça me fait rire mais quand j'y réfléchis, je me dis que si j'avais investi tout ce temps perdu à des projets intelligents, je serais sans doute très riche et influent comme Gérald Darmanin ou Bruno Lemaire !


Mais revenons à ma patiente. D'un point de vue objectif, elle est plutôt mignonne mais à la limite, ça on sen fout parce qu'il y en a plein. Enfin, précisons qu'elle est très mal coiffée. C'est d'autant plus rageantpuisque j'ai dans ma clientèle un coiffeur de star qui fait des miracles pour un prix modique quand je lui envoie des patientes. Et croyez moi, il connait son métier. Voici quelques mois, je lui ai envoyé une patiente à qui a il a fait payer soixante euros la coupe au lieu de quatre-cents euros. Si ça c'est pas du social et du piston !

Mais bon, quand j'ai abordé le sujet avec ma patiente qui se prend pour un Scénic, y'a rien eu à faire. Elle m'a objecté qu'elle avait le cheveu fin. Comme si mon coiffeur de star ne triomphait pas du cheveu fin ! Ah cet orgueil de jeune femme diplômée de Sciences-Po qui pense que si l'on n'est pas issu de l'IEP on n'est qu'un bon à rien. Tant pis pour elle ! 

Dans les faits, pourquoi se prend t elle pour une Scénic, cette voiture pratique que personne n'achète sur un coup de coeur mais simplement parce qu'elle correspond à une étape de sa vie, comme le fait d'avoir trois enfants; un chien et des trucs à transporter ?

Simplement parce qu'elle a une mauvaise image d'elle-même et qu'elle connait si peu les hommes qu'elle reste persuadée que, hormis pour les salopes à gros nichons, il n'y a aucun salut à attendre d'eux. Il faut dire que si l'ons e réfère au panorama télévisuel, les femmes que l'on nous montre relèvent plus souvent de la salope aventurière prête à tout plutôt que de la petite blonde de bonne famille brillante.

Car si elle est coiffée comme un dessous de bras, ma patiente est extrêmement brillante. Elle dispose ce qui est rare : l'instinct de finesse. En plus elle pratique l'humour noir et a très mauvais esprit, ce qui constitue un grand intérêt. Hélas, quelle que soit les qualités que je pointe, elle reste persuadée de n'être qu'une Scénic dans un monde où seules les salopes à gros nichons et faible QI prospèrent. 

Ce qui est évidemment faux. Comme il faut de tout pour faire un monde, il faut de tout pour tout le monde.Et je connais un tas de types brillants qui après avoir lancé un regard salace à la salope à gros nichons épouseront pour autant la fille bien. D'abord parce que ce son des gens bien et qu'ils ne se verraient pas amener à la table familiale une gonzesse qui allumerait leur père mais aussi parce que soucieux d'avoir des enfants, ils préféreront tout de même que ces derniers soiet d'eux plutôt que d'un mec rencontré par hasard à la salle de sport avec lequel leur salope à gros nichons aurait fait des galipettes.

Bref le monde étant bien fait, il n'y a pas de Scnéic ou de voitures de sport en matière de femmes. Il y a des femmes bien, qui peuvent être salopes ce qu'il faut mais fidèles et de grosses catins. Et soucieux de ne pas être taxé de sexisme, j'en ai autant à propos des mecs. Il y a de gros toquards mais aussi ds mecs bien qui pour autant ne sont pas forcément des trous du cul vissés devant leur ordinateur.

D'ailleurs un mec comme le Gringeot, mâle parmi les mâles, qui a couché avec plus de femmes qu'il n'y a de cheveux sur la tête de Sébastien Folin, animateur plus connu pour sa luxuriance capillaire que pour sa carrière, ne s'y est pas trompé puisqu'il vit avec une femme bien. Même si je le soupçonne, à raison, de mater de temps à autre, les salopes à gros nichons qu'il croise sur son chemin.






D'ailleurs, ne nous y trompons pas, même les grandes horizontales, comme on appela les demi-mondaines de la Belle époque, n'étaient pas que des catins mais s'étaient efforcées de parfaire leur éducation pour avoir l'air de femme bien. Car sinon, Liane de Pougy, Isabelle Otero ou Émilienne d'Alençon, auraient pratiqué dans des bordels militaires plutôt qu'avec les têtes couronnées de l'époque. Coucher c'est bien, mais avoir une femme avec qui l'on peut partager plein de choses et que l'on peut sortir dans tous les milieux c'est bien aussi. 


Alors, puisque je sais qu'elle me lira, vu que je lui avais dit que je ferais un article sur sa curieuse comparaison, j'enjoins donc à ma chère patiente de cesser tout cela et la prie de se considérer désormais comme quelqu'un de bien. Voilà, ça c'est de la thérapie express. 

Le plus drôle c'est qu'en juillet dernier, alors qu'elle était entre deux emplois, ma patiente est venu au cafing. Ce jour là, sans le savoir elle a fait forte impression. Les gens l'ont trouvée mignonne et extrêmement intelligente. Et ça c'était l'avis du banquier, un mec aussi riche que mon ami Olivier qui a réussi et roule en Ferrari et Le Touffier, un chirurgien vachement intelligent et très riche aussi. Bon, c'est sur que les deux avaient l'âge d'être le père de ma patiente mais n'empêche qu'elle a fait forte impression. Y'a que la coiffure qui n'a pas suscité d'éloge vu qu'elle est mal coiffée. Voilà c'est dit et redit, si elle me flingue mercredi quand je la verrai, je ne l'aurais pas volé !

D'ailleurs puisqu je parle de mon ami Olivier, qui est riche, a réussi et roule en Ferrari, le plus drôle c'est qu'il ne roule pratiquement jamais avec vu que c'est pas une bagnole fiable. Il lui préfère sa BMWqui démarre au quart de tour et ne le laissera pas en rade sur la route. 

Voilà c'est ainsi, on est ce qu'on est. Et c'est un mec qui se compare à une Volvo 240, et ce sans aucun complexe, qui vous l'affirme.

PS : le coiffeur que je connais est vraiment très bien même avec les cheveux fins.