28 mai, 2018

Guérison miraculeuse !


Dernièrement, mon épouse, avocate de profession, a aidé notre filleul Lapinou le socialiste à faire valoir ses droits auprès de son employeur. Ses conseils ayant valu à Lapinou d’obtenir un franc succès, ce dernier a décidé de nous inviter afin de nous remercier. Certes, c'était essentiellement mon épouse qu'il remerciait mais il n'allait pas la recevoir sans moi. 

C'est ainsi que vendredi soir, nous arrivions chez Drouant, le restaurant où se réunissent les jurys décernant les prix Goncourt et Renaudot. Ne voyant pas le jeune Lapinou et son épouse, je l'appelai sur son portable. 

Et là, quelle ne fut pas ma surprise de constater que mon filleul socialiste, celui qui a voté Hollande, avait réservé un salon privatif à l'étage dans lequel il nous attendait. Après nous être salués, le sommelier arriva et Lapinou, d'un ton n'admettant aucune réplique commanda un champagne assez cher. De toute manière il était hors de question que nous nous gâtions les gencives avec un mauvais champagne de bar à filles !

Je le laissai faire, m'étonnant de retrouver un champion du socialisme, trôner ainsi comme s'il était un habitué des lieux. Je lui rappelai qu'en tant que socialiste, il me semblait qu'il nous recevait dans un endroit était bien luxueux et que nous aurions pu nous contenter d'un Courtepaille et d'un kir comme apéritif ! 

Et là, sans se départir de son air de fils de famille, le voici qu'il me dit qu'il n'est plus socialiste. Je lui demande comment s'est opéré la conversion, s'il a vu la Vierge comme les petits bergers de Fatima ou s'il a subi des électrochocs. Non, me dit-il, maintenant que je gagne bien ma vie, je suis de droite.

J'ai évidemment pris ce qu'il y avait de plus cher à la carte ce qui me convenait bien parce que j'adore le filet de bœuf ! A la fin du repas, Lapinou l'ex-socialiste a réglé l'addition faramineuse sans sourciller. Ceci dit, prétextant ne pas avoir d'espèces sur lui, c'est moi qui ai du lâcher les pourboires au maître d’hôtel et au serveur ! Et hop, cinquante euros qui sont partis en fumée !

Comme quoi le socialiste est plus prompt à partager l'argent des autres que le sien !

99,999% !






Je suis parti dix jours en Corse, d’où mon absence de ce blog. J'ai bricolé, je me suis reposé et j'ai retrouvé la France de mon enfance. Aucun stress !


Avant de partir, je pouvais considérer que j'avais une clientèle sympathique et adorable à 99,99%. De fait, les gens pénibles sont très rares. Les médecins avec qui je collabore me connaissent suffisamment pour m'adresser une clientèle à qui je convienne et qui me convienne. Quant au solde, ils viennent de ce blog, et le moins que l'on puisse dire, c'est que j'y suis suffisamment explicite pour ne recevoir que ceux à qui ma prose correspond. 

Hélas, les process les mieux étudiés et rodés n'en comprennent pas moins des erreurs. C'est ainsi que j'avais reçu voici quelques années, une jeune femme se plaignant de son compagnon. L'ayant reçu, je l'avais trouvé fort bien si ce n'est qu'il travaillait un peu trop et ne laissait pas suffisamment de temps à son couple. Pour le reste, c'était un type sympathique et équilibré jouissant de nombreuses qualités.

Mais, cela n'avait servi à rien. Ma patiente n'en démordait pas : son compagnon ne correspondant pas totalement à ce que promeuvent les magazines féminins elle avait continué à s'en plaindre. Je les avais alors reçus tous les deux.

Il est toujours compliqué de recevoir un couple parce que je dois me montrer neutre et bienveillant envers les deux. Or l’expérience prouve, du moins la mienne, qu'il y en a toujours un que je préfère. Il ne 'agit pas de départager les torts que l'un ou l'autre a, mais simplement que j'ai pu constater qu'il y en a toujours un pour tenter d'arranger les choses tandis que l'autre campe sur ses positions, désireux d'obtenir réparation.

La première fois que je les avais vus tous les deux, ma patiente m'avait vraiment agacé. Tant et si bien, qu'après avoir tout tenté, je lui avais dit que son mec étant plutôt beau, riche, fidèle et désireux d'avoir des enfants, elle pouvait l'abandonner dans mon cabinet si elle n'en pouvait plus et que je me ferais un plaisir de lui trouver une remplaçante dans les deux jours. Elle n'avait pas voulu, m'assurant qu'elle était très amoureuse.Ils s'étaient fait un bisou dans mon cabinet avant de repartir. J'imaginais que l'affaire était réglée. L'idée qu'elle puisse être remplacée avait suffit à calmer son gros caprice.

Non ! Car ils étaient revenus le mois suivant. Cette fois ci, ma patiente se plaignait que son compagnon n'ait pas les mêmes fantasmes qu'elle : son fantasme consistant à aller au sous-sol de la boutique Chantal Thomass, rue Saint Honoré. Elle semblait trouver cela très coquin et semblait émoustillée à cette idée qu'elle avait encore du pêcher dans un article de Mademoizelle. Las, le pauvre conjoint étant doté de nature d'un sexe en état de marche, il ne trouvait pas très excitant d'aller offrir à sa compagne un canard en plastique avec lequel elle se donnerait du plaisir. L'idée d'aller faire ses emplettes rue Saint Honoré n'était pas dans ses projets.

Ce jour là, j'avais été étonné qu'elle lui propose cela dans la mesure où il ne m'avait jamais semblé être du genre à sombrer dans ces "coquineries si convenues". De fait, la proposition n'avait vraiment  pas enthousiasmé le conjoint. J'avais alors du expliquer à ma chère patiente que l'érection n'étant pas automatique, il ne servait à rien d'entrainer son compagnon dans une aventure à laquelle il ne participerait que pour lui faire plaisir mais sans en retirer une once d'excitation. Peut-être serait il bon qu'ils parlent tous les deux de leurs fantasmes, dans la mesure ou elle semblait totalement ignorer ceux du conjoint.

Ce jour là, je m'étais même risqué à deviner le fantasme de son compagnon. Ayant chargé une photo sur mon Iphone, je lui avais montré et il avait souri en me disant que je le connaissais bien. C'est ainsi que j'avais expliqué à ma patiente que, bien que son conjoint et moi, n'ayons jamais parlé de ses fantasmes, je me retrouvais à mieux le connaitre qu'elle, ce qui était un comble ! Le fantasme n'avait d'ailleurs rien de bien compliqué. Avec une jupe, des bas et des talons hauts, on peut faire des merveille. 

De son côté elle n'avait pas apprécié ce fantasme parce que selon, elle c'était une manière d'assujettir les femmes aux désirs des hommes. Je 'étais alors risque à lui expliquer qu'il ne s'agissait pas pour les femmes de tout tolérer des hommes mais que l'érection était chez les sujets cérébraux un mécanisme complexe, il fallait parfois accepter certains jeux. 

De fait ce n'était pas les "jeux" qui la choquait mais le fait que ce fantasme soit si courant, tellement évident. Elle y voyait une permanence de la femme objet, ce qui la rendait folle. Il faut dire que nous étions en pleine époque de "metoo" durant laquelle toutes les actrices balançaient les producteurs et les acteurs. Ces mêmes actrices qui, je vous le rappelle, nous ont émoustillé avec leurs tenues affriolantes lors de la montée des marches du Festival de Cannes.

#balancetatruie

J'avais alors du l'écouter me traiter de phallocrate et de misogyne tout en rajoutant que mon épouse devait être une vraie soumise pour me supporter. Ce à quoi, j'avais répondu qu'à côté de mon épouse, elle n'était qu'un chaton et qu'avoir du caractère n'était pas se comporter en princesse pénible et qu'il était triste à qu'à trente quatre ans elle puisse montrer moins de maturité que certaines gamines de quinze ans. 

Bref, ça avait chié parce que quand tout est bloqué c'est aussi un moyen de débloquer les choses.  mais aussi parce que je n'ai pas envie de me faire insulter par une semi-débile qui ne comprendrait jamais rien au fonctionnement des hommes alors que ces derniers auraient du deviner ses moindres souhaits. De plus si je suis tout à fait capable de dire à une femme qu'elle m'emmerde, fut-ce la mienne, cela ne fait pas de moi un misogyne. Non mais !

Elle était alors partie un peu courroucée, trainant derrière elle son conjoint avec qui je m'entendais si bien au sujet duquel je me demandais combien de temps il allait supporter cette harpie. Cela m'avait rendu un peu triste dans la mesure, ou bien qu'elle soit chieuse et socialiste, je m'étais plutôt bien entendu avec cette patiente lorsque je l'avais aidée professionnellement. 

Nous en étions restés là et je n'avais plus jamais eu de nouvelles jusqu'à ce vendredi onze mai quand j'ai réçu un très gentil SMS de sa part m'expliquant qu'elle avait donné mes coordonnées à son frère. J'avais été un peu interloqué. Dans le SMS suivant, elle m'avait alors présenté des excuses en m'expliquant que si j'étais "un peu" misogyne, elle était très chiante et qu'elle le reconnaissait. Enfin, dans le troisième SMS, elle m'annonçait être enceinte de six mois et me remerciait d'avoir été si direct avec elle.

Ce vendredi, ma clientèle est devenue sympa à 99,999;%. J'ai bien sur félicité les deux futurs parents.

Collectionneurs !


Ca y est, j'ai enfin vendu ma Jaguar XJ6. Finalement elle est partie assez vite et a un bon prix. Je n'en espérais pas autant. Je me dis que j'aurais même pu en demander plus. Je devrais être content et je le suis. Toutefois ma joie est assombrie par le fait que j'aie du fréquenter, l'espace d'un instant, des gens que je déteste à peu près autant que les cycliste : les collectionneurs.

J'avais eu l'occasion d'en parler voici quelques temps, lorsque pour faire plaisir à des amis, j'avais participé à un rallye de voitures anciennes et que j'avais du les fréquenter toute la journée. Fort heureusement, j'avais entrainé mon filleul Lapinou le socialiste dans cette galère, en lui mentant éhontément et en l'assurant qu'on serait rentrés en début d'après midi.

Toute la journée, j'avais du me taper une cohorte de médecins et de déntistes et autres cadres supérieurs, ne jurant que par leur bagnole qu'il bichonnait mieux qu'un nourisson, ne s'en servant que l'esapce de réunions de ce genre. Toute la sainte journée, il avait fallu que je feigne de m'intéresser aux caractéristiques de leurs voitures et à leurs mille et unes péripéties leur ayant permis de découvrir, qui le boulon manquant, qui l'accessoire d'origine. 

S'agissant d'une ancienne Jaguar, mon annonce a évidemment intéressé ces fameux collectionneurs. Le pire ayant été un type agé d'une soixantaine d'années, venu en superbe Mercedes et tout habillé de blanc, ce qui est d'une rare intelligence quand on sait qu'on va devoir se pencher pour observer l'état d'un véhicule.

Celui-ci détient la palme parce que, nonostant sa profession, qui devait être de haut niveau vu le prix de la Mercedes qu'il conduisant, je n'ai jamais vu un crétin pareil. Preuve qu'on peut avoir beaucoup de diplômes et être très con.

Son truc a été de me demander s'il s'agissait d'une couleur "bleu Jaguar". Fort benoîtement, je lui ai répondu que vu que c'était une Jaguar bleue, j'en déduisais qu'il s'agissait d'un "bleu Jaguar". Qu'à cela ne tienne, le crétin a tenu à vérifier en notant les références figurant sur la voiture. Et là, s'agrippant à son portable, ce gros débile s'est mis en tête de retrouver la référence inscrite sur la voiture, sur un forum Jaguar. Et, effectivement, et on s'en serait douté, il s'agissait bien d'un "bleu Jaguar" vu que c'est une Jaguar, jamais repeinte et qu'elle était bleue.

Ensuite, il m'a fait un cours, m'expliquant que les pires voitures étaient celles ayant trop de kilomètres ou pas assez. La mienne n'ayant que 45 000 km faisait donc partie des véhicules pas assez kilométrés. Je lui ai répondu que le renseignement figurant dans l'annonce, il aurait pu ne pas venir s'il pensait que c'était une voiture à risques. Il n'a rien dit.

Je lui ai alors donné le carnet d'entretien dument signé et tamponné par un concessionnaire Jaguar, Franc Britannic pour ne pas le nommer. Mais lui ce qui l'intéressait, c'était de savoir où j'avais fait les vidanges. Je lui ai dit que je les faisais dans un centre auto et que je n'allais pas en concession pour de si menues opérations. Il a été dubitatif.

Ensuite, après l'avoir auscultée sous toutes les coutures, mais sans jamais demander à faire un essai routier, il m'a déclaré qu'elle était en trop bon état et que cela lui posait problème. "Pour être franc, m'a t il dit, on dirait presque un véhicule maquillé".

C'est à ce moment que j'ai vu rouge. Le prenant par le coude gentiment mauis fermement, je l'ai raccompagné à la grille en lui souhaitant un bon dimanche. Les passionnés peuvent être pénibles mais les obsessionnels sont encore pire. Je déteste vraiment les connectionneurs.

Finalement, c'est un jeune de trente trois ans qui est venu de province pour l'acheter. Le type était sympa, a posé de bonnes questions, l'a essayée et s'est décidé en dix minutes. Il n'était pas collectionneur mais, roulant assez peu, il trouvait amusant de se déplacer en vieille Jaguar. Rien de plus.

Maintenant qu'elle est vendue, je vais pouvoir m'acheter mon Imac !

09 avril, 2018

Utiitaires !



Mon article sur la Kangoo RXE m'a valu bien des commentaires enthousiasmés. Je ne me suis jamais déclaré comme étant le spécialiste en utilitaires même si une lubie m'a parfois conduit jusqu'à comparer les gammes d'utilitaires des constructeurs français. Mes lecteurs savent que je suis friand de connaissances stupides et inutiles.

Toutefois au cours d'un échange par mail avec un lecteur parisien, motard de surcroit, j'ai appris qu'il n'avait rien contre les utilisateurs de Kangoo. J'en ai été fort aise. Toutefois, comme il me sait amateur de deux roues, il m'a expliqué que son expérience parisienne de la moto l'avait amené à se méfier comme de la peste des Citroën Berlingo !

Il m'a expliqué que chaque fois, qu'on lui a fait une queue de poisson, ou grillé une priorité, c'était généralement un conducteur de Berlingo qui était l'auteur de l'infraction. Il m'a expliqué que si je voulais rester longtemps en vie à Paris en deux-roues, je devrais me méfier à tout prix de ces dangereux individus qui étaient sans conteste de vrais psychopathes.

Je lui ai dit que j'avais bien fait de choisir un Renault Kangoo RXE et il m'a de suite rassuré en m'expliquant qu'un être aussi exquis que moi ne saurait rouler en Citroën Berlingo qui était, me le répéta-t-il, le véhicule préféré des gens possédés et des assassins en puissance. D'après lui, tout conducteur de Berlingo devrait être fiché S.

Estimant l'information pertinente et intéressante, je me permets de la livrer ici à l'intention de mon lectorat roulant en moto ou en scooter à Paris. Apprenez à reconnaitre un Berlingo et si d'aventure vous en croisiez un, tenez vous sur vos gardes, ils sont dangereux !!!

Conducteurs de Berlingo, il est bien fini le temps de l'impunité ! Il est révolu le temps ou; après avoir fait une queue de poisson à un pauvre motard, vous pouviez vous enfuir, riant sous cape, en etant surs de votre impunité ! On vous à l’œil maintenant !

Procédure ou pas !


Dans mon métier, on voit de tout. Des choses graves ou pas graves. Je comprends que chacun voit midi à sa porte mais une partie de mon temps est consacré à dédramatiser des situations que mes chers patients dramatisent à outrance. Je ne leurs en veux absolument pas dans la mesure ou un simple rhume me donne déjà envie de choisir la meilleure des conventions obsèques afin que mon épouse ne débourse rien pour mes funérailles. Ce qui trouble l'homme, ce ne sont point les choses mais le jugement qu'il porte sur les choses, disait ce brave Epictete voici deux mille ans. Rien n'a changé.

Et puis parfois, il y a des personnes qui se présentent parce qu'ils vivent ou ont été victimes de situations gravissimes. Ainsi, ma seconde patiente; reçue voici déjà vingt ans, était venue me voir en me disant ces simples mots : voilà, j'ai une leucémie, je vais mourir et je voudrais savoir comment le dire à mon fils de neuf ans. Fort heureusement, après moult péripéties, elle n'est pas morte et n'a donc jamais eu à parler de sa fin proche à son fils.

Récemment, une personne est venue me consulter, venue de la part d'un ancien patient, en me disant qu'elle avait été violée dans son adolescence. Comme toujours ou presque, l'agresseur est un membre ou un proche de la famille. La situation a évolué dans la mesure ou il ne lui reste qu'un an pour porter plainte avant que l'action ne soit prescrite.

Et la question que cette personne m'a posé est de savoir si elle devait ou non porter plainte ? D'après ce que je ressens de cette personne, je n'ai pas à mettre en doute son témoignage. De toute manière, même si j'avais le moindre doute, il ne m'appartient pas de m'en ouvrir. C'est à la justice et à l’éventuel expert qui sera missionné de faire son travail. Moi, je reçois et j'écoute puis je conseille. Et là, il s'agissait pour cette personne de raconter son histoire à un tiers de confiance et d'avoir un avis qu'elle estimait éclairé.

Alors porter plainte ou non ? Je sais que la mode est aux justiciers et aux chevaliers blancs mais les choses sont plus compliquées que cela. Parce qu'il existe chez certains individus une résilience qui permet d'amortir les chocs psychologiques. Parfois, quand on a été traumatisé, on reçoit justice et d'autres fois non et on doit malheureusement faire avec. C'est là qu'entre en jeu la résilience qui fait qu'on va devoir vivre avec cet événement singulier tout en admettant que notre statut de victime ne sera jamais reconnu. C'est ainsi que certains devront vivre malgré ce qu'ils ont enduré sans jamais rien espérer et parfois même pas l’apaisement d'autrui. 

 J'ai le souvenir d'une patiente reçue pour des problèmes professionnels qui m'avait ainsi dit qu'elle avait été violée par son père. A l'époque, elle avait juste veillé à ce que cela n'arrive pas à sa plus jeune sœur mais avait préféré menacer son père sans le dénoncer pour ne pas briser la famille. C'était son choix. Pour elle, la simple culpabilité que ressentait son père lors de leurs rares rencontres dans les fêtes de familles était une juste consolation et un juste châtiment. Il avait mendié un pardon qu'elle ne lui avait jamais accordé. Il vivrait avec sa faute. Elle m'avait expliqué que rien n'aurait pu réparer l'outrage et surtout pas la justice. C'est vrai que la justice n'est pas toujours une panacée car elle n'a pas pour mission de réparer ce qui a été commis mais de sanctionner.

Dans le cas de cette personne venue me consulter récemment, je lui ai simplement demandé pourquoi il se "réveillait" tant de temps après alors qu'elle était autonome financièrement et affectivement depuis quelques années déjà. En fait, c'est en entendant parler du possible allongement de la durée de prescription qu'elle a pris conscience de tout cela; Jusqu'à maintenant, le viol dont il avait été victime était dans un coin de sa tête, tenu à distance et le seul lien qu'il avait entretenu avec ce traumatisme était cette possibilité qu'elle avait de porter plainte ou non ?

Sa question  a d'abord été de savoir ce que moi je ferais. J'ai répondu sincèrement en lui disant que de toute manière, n'ayant pas connu ce qu'elle avait connu, quoique je dise, cela resterait de la science fiction ou du roman. Parce que l'empathie est une réalité mais ne va pas jusqu'à croire qu'on est la personne en face de soi. Ou alors on est fou !

J'ai alors demandé son point de vue lequel était que même si les choses étaient actées, cette personne trouvait un peu "saumâtre" que l'agresseur n'ai jamais pris la peine de présenter des excuses, ce qu'il aurait pu faire à maintes reprises. Non, il a simplement nié l'évidence que tout le monde connaissait et a continué à fréquenter la famille de la personne comme si de rien n'était. Dans l'entourage, comme bien souvent, tout le monde s'est tu par peur du scandale.

J'ai compris sa démarche, je l'ai juste prévenue de ce qu'elle allait endurer. : le dépôt de plainte, la déposition, la confrontation puis sans aucun doute une expertise psychiatrique. non qu'il s'agisse de décourager cette personne mais simplement pour lui faire comprendre que tout cela réveillerait sans doute le traumatisme et que ce ne serait pas un parcours de santé. Et que le pire, c'est que son agresseur, tel que je le ressentais au travers de ce qu'il m'en avait dit, n'allais certainement pas se mettre à table et tout avouer mais nier et l'accuser elle de tous les maux et notamment de mentir. Je lui ai même dit que parfois, cela n'aboutissait à rien d'autre qu'un non lieu, les faits étant trop lointains et les preuves trop minces.

Parce que souvenons nous que les conseilleurs ne sont jamais les payeurs et que l'on sort rarement indemne de ce genre de procédures, surtout si elle n'aboutissent pas. C'est prendre le risque de rouvrir des plaies à peu près refermées depuis longtemps et pire encore, prendre le risque d'endurer une décision de justice qui rajoutera de l'injustice à celle que l'on a endurée. C'est aussi lors de ces affaires sordides, prendre le risque de voir la famille liguée contre soi parce que pour l'entourage, c'est du passé, quelque chose avec lequel tout le monde vivait et qu'on ne devait pas réveiller. Quelque chose qui devait rester dans un groupe restreint et non pas être étalé en public, avec des juges en plus ! Ça s'appelle un secret de famille.

La personne m'a dit qu'elle s'en foutait que l'important n'était pas la condamnation mais que l'agresseur, au travers de la procédure pénale, vive quelque chose d'aussi traumatisant psychologiquement qu'elle lors de l'agression. 

Je pense que sa décision était murement réfléchie, il ne lui restait plus qu'à trouver un bon avocat pénaliste et à lancer la procédure. Il ne s'agissait pas d'obtenir réparation mais, le délai de prescription approchant, de refuser de vivre avec ce souvenir, même s'il s'était atténué, tandis que l'agresseur coulerait des jours heureux sans jamais endurer les conséquences, mêmes minimes, de ses actes.

Cela m'a rappelé ce qu'un chirurgien disait; toutes choses par ailleurs, des erreurs médicales. Il expliquait qu'un patient pouvait pardonner une erreur, parce que c'est humain, mais que la morgue et le déni étaient ce qui généraient les procédures. 

Je comprends tout à fait cette démarche. Être face à quelqu'un qui nous a nuit et ne même pas parvenir à lui arracher un repentir sincère, ainsi qu'on est en droit de l'attendre dans un monde où les gens seraient tous en bonne santé mentale et feraient preuve d'empathie, est sas doute la pire des choses. Ça déshumanise, ça ravale au rang de sous-être, de chose sur laquelle on peut marcher sans s'excuser.  

Mais comme j'ai trouvé cette personne parfaitement équilibrée et tout à fait de taille à endurer une telle procédure, je lui ai dit que j'étais d'accord avec elle. Non que mon accord ait le moindre intérêt dans la bonne marche de la justice mais qu'elle était justement venue pour avoir du soutien dans le combat qu'elle s'apprêtait à mener.

Comme je lui ai dit, je ne suis pas sur du succès total de la démarche mais le simple fait de l'entreprendre va grandement déranger l'agresseur qui se croyait à l'abri de la moindre procédure depuis tant d'années et pensait exercer suffisamment de crainte à sa victime pour dormir sur ses deux oreilles. Et puis comme disait Guillaume d'Orange-Nassau :

« Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer »

19 mars, 2018

Profilage de notre bon président !


Bon, comme on me l'a demandé, je vais me plier aux désirs de mon estimable lectorat. Mais vous imaginez bien qu'en me laissant aller au profilage de notre cher président Macron, je deviens la proie de tous les services de France et de Navarre. Parce que si je ne suis sur de rien, en revanche je suis bien persuadé que sous ses dehors de jeune type souriant, petit Kennedy à la française, notre bienaimé président est tout sauf un rigolo et encore moins ceux qui l'ont fabriqué.

Alors je rédige cet article en me disant qu'au mieux, cela rajoutera une note sur la fiche que possède déjà la DGSI sur moi  et qu'au pire, un soir, tandis que je rentrerai chez moi, une voiture anonyme se garera, que deux types en descendront et m'obligeront à monter à l'arrière. Là, le visage masqué et rendu aveugle par une capuche, je ne tenterai même pas de me débattre. Après une heure de trajet qui m'aura semblé en durer dix, je ressentirai les cahots provoqués par une petite route forestière. Et là, dans un bois noir et humide, on me fera descendre, on m'ôtera ma cagoule et on m'emmènera jusqu'au bord d'une fosse creusée récemment.

On me fera me mettre à genoux. Mon seul éloge funèbre consistera en un simple : tu écris trop connard et tu sais ce qui arrive à ceux qui écrivent trop ? Je ne répondrai rien. Digne jusqu'à la fin de ma terne vie, sachant que je meurs pour la liberté de parole, j'attendrai la balle qui me fracassera mon occipital dans un brouillard d'esquilles d'os et de sang. Les ténèbres aussi froides qu'un caveau me saisiront alors et mon cadavre sera recouvert de pelletées de terre, anonyme jusqu'à la fin de temps, sans même une croix ou une simple pierre pour en laisser la trace.

Car c'est ainsi que meurent bien souvent les héros anonymes et discrets qui osent braver la tyrannie. Sans doute, quelques années plus tard, y aura-t-il une modeste rue à mon nom et pourquoi pas une statue. Peut-être que l'on composera quelques poèmes en mon souvenirs ou que des femmes sensibles donneront mon prénom à leur premier né, espérant par cela attirer sur eux mon courage proverbial. Sans doute que mon histoiire alimentera quelques thèses d'histoire ou encore quelques écrivains amateurs d'énigmes. Mais mes ossement blanchiront dans cette tombe anonyme, ,ne faisant plus qu'un avec les racines des chênes environnants. Quelques promeneurs hypersensibles passant par là un beau jour de printemps, sentiront bien que l'endroit est habité par une présence, mais sans deviner que là, sous leurs pas, dans le sol, je gis à tout jamais.

Voilà, le décor est planté avec une remarquable sobriété car j'ai des pudeurs de jeune fille dès qu'il s'agit de parler de moi comme vous le savez ! Attelons nous au cas Macron. Pour cela, je ne dispose que de la fiche Wikipedia, laquelle a été modifiée après son élection et de ma sagacité, de ma sagacité à deviner en creux ce qui manque dans les belles histoires qu'on nous raconte.

Les creux c'est d'ailleurs ainsi que l'on diagnostique les sociopathes qui aiment tant contrôler l'image qu'ils donnent d'eux. Ils sont prolixes dès qu'il s'agit de se mettre en scène tout en taisans ce qu'ils imaginent être le plus gênant. Si l'on devine aisément les collines et autres sommets qui parsèment leur profil psychologique, c'est en s'aventurant dans leurs vallées, ces recoins plus sombres qu'ils taisent qu'on prend conscience de ce qu'ils sont. Ceci tant dit je n'ai pas dit que notre président soit un sociopathe même si un confrère italien l'a fait.

Alors sa fiche Wikipedia nous apprend qu'il est né un 21 décembre 1977 à Amiens en Picardie et que c'est un élève modèle, très intelligent. Bon, bien sur ses parents, l'éloignent de Brigitte parce qu'ils voient d'un mauvais oeil qu'il se tape sa prof de français. Pour cela, ils le mettent à Henri IV. Comment, on n'en sait rien mais ils ont peut-être acheté un bien dans le cinquième arrondissement de Paris ou Manu a été logé chez des amis ou de la famille dans le coin. Parce qu'il y a la carte scolaire.

S'agissant de Brigitte, le jeune Emmanuel n'en fera qu'à sa tête puisqu'il épousera sa belle Mme Trognux un beau jour de 2007, à l'âge de trente ans, vivant librement sa matrolygnagnie (gérontophilie orientée vers les femmes). MAis de cela, il ne faut pas en parler car seuls les gens de droite on des défauts et des travers tandis que les gens de gauche sont juste ouverts d'esprit. Les gens plus bornés et ayant un certain âge, se souvenant de l'affaire Gabrielle Russier, s'étonneront un peu de voir qu'un type de quinze ans qui se tape sa prof finit par l'épouser.

Issu d'un excellent milieu, fils de médecins, son frère et sa soeur l'étant également, Emmanuel se tourne vers une autre carrière, s'orientant vers Normale Sup' qu'il n'intégrera jamais. Qu'à cela ne tienne, il entrera à L'IEP de Paris puis intégrera l'ENA où il sera si bien classé qu'il intégrera l'inspection des finances. Ça y est, la carrière du jeune Emmanuel est lancée. 

Je ne sais pas pourquoi mais le jeune Emmanuel fera un de ses stages dans la préfectorale et c'est là, à la préfecture de l'Oise. Et c'est là qu'il aurait été remarqué par Henry Hermand, homme d'affaires et penseur de gauche qui fera du jeune Emmanuel ce que l'on sait, le président de la République française. Sans doute le coachera-t-il tout en lui faisant rencontrer les grands de ce monde. Tant et si bien que de vilains complotistes se demandent si de vilains messieurs (et dames) n'auraient pas fabriqué ce gendre idéal pour en faire la marionnette des banques. Moi, je n'en sais rien, je constate juste qu'on constate une série incroyable de coups du sort heureux pour faire d'Emmanuel ce qu'il est aujourd'hui.

Personnellement, durant la campagne électoral, je ne l'ai jamais trouvé mirobolant. Il navait aucun programme et ses interventions frisaient le grotesque quand il hurlai des slogans sans queue ni tête. Je ne doute pas qu'il soit intelligent mais je ne peux pas dire qu'il m'ait estomaqué par son intelligence. En revanche, il a un physique agréable et en face à face, il est très doué.

Bref la présidence devait échoir à François Fillon et par un sacré manque de chance, il a été rattrapé par des affaires. Affaires qui au demeurant ont tendance à s’enliser lorsqu'il s'agit de l'entourage de notre président actuel. Mais encore une fois, laissons les complotistes imaginer tout un tas de choses. Dès lors face à Marine Le Pen, quelle qu'ait été sa prestation lors du débat de l'entre-deux tours, c'était joué d'avance, Emmanuel serait président.

Pour le reste, on pourrait aussi s'étonner que personne ne parle jamais de sa famille ni de celle de son épouse mais il semblerait que le couple vedette se suffise à lui-même pour que l'on ne se soucie par de leur passé. Et pourtant Dieu sait si le couple présidentiel aime se donner en spectacle. Mais là, rien. Pourquoi pas me direz vous ? Les fées qui s'étaient penchées sur son berceau ont décidément fait du bon travail.

Sinon, pour aborder maintenant la psychopathologie, rappelons-nous que les sociopathes sont des individus extrêmement charmeurs et charismatiques. Le DSM parle à ce propos de charme et faconde superficiels. Leur personnalité est généralement décrite comme magnétique et ils retiennent l'attention et génèrent les louanges d'autrui. On a aussi souvent noté que les les sociopathes sentent avoir un droit légitime à occuper certains postes, à diriger certaines personnes ou à posséder certaines choses. Ils pensent que leurs propres croyances et opinions sont l'autorité absolue et ne prennent pas en compte l'opinion des autres. Remords et empathie ne sont pas des qualités que l'on leur reconnait.. On notera enfin que les sociopathes sont rarement timides, peu surs d'eux ou bafouillent rarement. Ils ont du mal à contrôler des réponses émotionnelles comme la colère, l'impatience ou l'ennui.

Retrouvez-vous notre bienaimé président dans cette brève description ? Peut-être ? Et moi ? Moi je ne dirai rien. Ah si lorsque j'ai vu son intronisation, j'ai eu l'impression désagréable d’assister à une cérémonie magique. Entre la pyramide en arrière plan avec le fanal qui brulait au sommet et l'hymne à la joie, tout y était. J'ai même eu un peu peur.

Ce soir là, j'ai pensé à un film que j'avais vu étant jeune , Damien ou la malédiction, dans lequel Robert Thorn (Gregory Peck) est ambassadeur des USA à Londres. Plusieurs décès tragiques et étranges ont lieu dans son entourage. Keith Jennings, un photographe, et le père Brennan finissent par convaincre Thorn que Damien, son fils de cinq ans, un orphelin aux origines obscures qu'il a adopté le jour de sa naissance à l'insu de sa femme, celle-ci venant de faire une fausse couche, n'est autre que l'Antéchrist. Je n'ai jamais pu me débarrasser de ce funeste présage. Aussi fou que cela paraisse.

Voilà, j'ai dit ce que j'avais à dire. Bien malin celui qui devinera exactement ce que je pense de notre président. Personnellement je ne l'ai pas élu. Comme les gauchistes disait de Sarkozy : ce n'est pas mon président.

Curieusement depuis son élection, il ne se passe pas un mois sans que je songe à tout vendre et à me retirer en Corse.

Faussaires !


On nous parle souvent de crimes terribles. Je ne vais pas vous en parler ici. Les crimes sont assez ignobles pour qu'on les laisse où ils sont et qu'ils ne viennent pas polluer si ce blog si ce n'est pas nécessaire. On sait aussi qu'en dessous des crimes, il y a les délits et parmi eux la contrefaçon !

En droit, la contrefaçon est la reproduction ou l'imitation d'un objet, d'un document (en particulier officiel), d'une œuvre ou d'une marchandise, soit en indiquant ou en laissant présumer que la chose est authentique, soit en violation d'un droit de propriété intellectuelle ou du droit d'auteur

Ces choses étant posée je vais pouvoir m'ouvrir du drame que j'ai vécu. Comme chacun le sait, je suis de nature affable. Plutôt froid quand on ne me connait pas, on a tôt fait de se dire dès que la galce est rompue que je suis décidément charmant et que ce fut un drame atroce que de ne pas m'avoir connu car j'enjolive la vie d'absolument tous les gens que le destin a mis sur ma route. Je suis un bon garçon aimable et gentil et bourré à ce point d'empathie que le chien le plus fidèle vous apparaitrait comme le chat le plus distant à côté de moi. Doté d'un charme à toute épreuve, d'une vaste culture, et d'une vive intelligence me permettent d'être une personne avec laquelle on aime deviser gaiement ou avec laquelle on peut aborder des sujets plus sérieux, tant je sais m'adapter. Mais assez parlé de moi, ma modestie aurait à en souffrir, je suis un bon gars, voilà tout.

Ainsi, tandis que je me sentais jaguariste, ayant en ma possession une Jaguar XJ, je ne pouvais voir un véhicule de cette marque passer sans faire un petit signe de main discret de manière à en saluer l'heureux propriétaire. Même assis à la terrasse d'un café, je ne dérogeais pas à cette règle sacro-sainte : entre jaguariste, on 'estime et on se salue, on n'est pas chez Dacia putain ! C'est ce que j'ai souvent expliqué à mes compagnons surpris de me voir saluer ce qu'ils prenaient pour un inconnu. Rien n'est moins inconnu pour un jaguariste qu'un autre jaguariste puisque l'un et l'autre communion à l'ombre du feulement du six-en-ligne, de la ronce de npyer et du cuir connolly. Mais ça, les gens vulgaires, les gros parvenus, qui roulent en grosses berlines allemandes ne peuvent le saisir.

Hélas, trois fois hélas, ayant peu l'occasion de sortir ma Jaguar, je me suis décidé à la céder à quelqu'un qui saura mieux en profiter que moi. Je suis donc rentré dans un processus de deuil que tous les possesseurs de Jaguar tenus de la vendre connaissent bien. Dès lors que la décision fut prise et alors même qu'elle est en ma possession, je ne puis plus me sentir jaguariste. Ce serait indécent ! Ainsi, lorsqu'il m'arrive de croiser une de ces magnifiques voitures, je la regarde mais ne salue plus son propriétaire : je n'en suis plus digne. 

Ma dernière lubie ayant été de m'offrir une camionnette, vous n'êtes pas sans savoir que je suis aujourd’hui l'heureux possesseur d'une populaire voire prolétaire Renault Kangoo, véhicule rigolo qui fit sans doute le bonheur d'une humble famille nombreuse.

Ma grande humilité n'ayant pas triomphé d'un penchant pour le luxe affirmé, je ne pouvais me contenter d'un Kangoo normal et c'est ainsi que je me suis retrouvé l'heureux possesseur d'un Kangoo RXE, le haut de gamme de la marque, un peu comme la 812 Superfast chez Ferrari ! Autant vous dire, que c'est un véhicule richement doté en équipements. Ils sont pléthoriques ! Cela va de la radiocassette avec commandes au volant (et d'ailleurs il faut que je remette la main sur mes cassettes), à la climatisation, aux lève-vitres avant électriques, en passant par la direction assistée jusqu'aux antibrouillards de série joliment intégrés dans le parechoc ! 

Et que dire des enjoliveurs en plastiques spécifiques à ce modèle qui viennent joliment décorer sans l'alourdir ce magnifique véhicule. J'en reste là, tant il y aurait à en dire sur cette merveille. Les passionnés, et je me doute qu'il y en a, seront avisés de lire la fiche technique afin de se renseigner sur ce modèle. Autant vous dire que je retire une très légitime fierté a être à son volant, montant et descendant le son du radiocassette d'un auriculaire expert. Car oui, les ingénieurs de la célèbre firme au losange ont tellement bien pensé l'ergonomie que le radiocassette se pilote du petit doigt tout naturellement ! 

Ces messieurs n'ont pas fait Centrale ou les Mines pour rien, on sent qu'il y a un concentré d'intelligence dans l'habitacle. On dira ce qu'on veut mais dès qu'on réfléchit une minute à l’ergonomie poussée du Kangoo RXE on comprend pourquoi les ingénieurs de nos prestigieuses écoles s'estiment fiers d'eux-mêmes. Ce n'est pas du narcissisme mais de la simple justice. J'aurais aimé moi aussi, la mort venant me prendre, me dire que j'aurais fait dans ma vie œuvre utile en concevant un habitacle aussi bien pensé !

Le possesseur de Kangoo étant plus frustre car ce n'est pas un oisif lascif comme l'est le jaguariste, on ne se salue pas. Pas de temps à perdre, le kangouiste est un homme pressé et affairé qui va d'une occupation à l'autre, qu'il s'agisse du travail ou d'aller chercher les gamins à l'école ou encore de faire les courses car le Kangoo RXE, nonobstant le luxe insolent dont il se pare, reste un utilitaire au volume de chargement étonnant !

Néanmoins de la même manière qu'une femme enceinte remarque toutes les femmes enceintes alors qu'habituellement elle n'y aurait pas prêté attention, le possesseur de Kangoo RXE remarque évidemment tous les Kangoo RXE et ne peut s'empêcher de sourire en se disant que ce monde est décidément bien fait qui compte autant de personnes de bon goût. Que je marche ou circule à bord de mon Kangoo RXE, l'observateur avisé ne manquera pas de voir s'esquisser un sourire de satisfaction quand je viens à croiser le même véhicule que le mien. 

Et bien sur, en parfait connaisseur comme vous aurez pu le constater au cours de cette longue introduction qui n'aura pas manqué de vous passionner, je reconnais maintenant du premier coup d'oeil un Kangoo RXE, à de tous petits détails que le béotien serait bien en mal de distinguer tant le sublime ne le passionne pas. Car si tout un chacun peut reconnaitre un Kangoo tant sa ligne fluide et élégante que n'aurait pas reniée le grand Da Vinci, tranche dans ce monde fade et banal, il n'est pas si aisé de reconnaitre la version RXE ! C'est une affaire de spécialiste pour laquelle aucune formation n'existe. C'est du vécu. Il faut avoir un Kangoo RXE pour les reconnaitre dans la masse des Kangoo encore en circulation !

Je suis évidemment devenu un spécialiste, aidé en cela par un sens de l'observation aiguisé et une sagacité de tous les insistants. Un enjoliveur qui brille, deux phares antibrouillards qui me font de l’œil et hop, dans ma tête s'allume une petite lumière qui me fait me dire : tiens un collègue. Et d'un coup, d'un seul, je me dis que quelle que soit la crise morale que l'on vive, il est satisfaisant de constater qu'il existe encore des gens bien et de goût qui le moment venu sauveront l'humanité. Le Kangoo RXE est l'objet ultime qui m'oblige à croire en l'homme et me permet d'affirmer que Dieu a un grand dessein pour nous et qu'il ne nous laissera pas tomber. C'est même assez étonnant que Saint Jean n'en parle pas de l'apocalypse. Car mes soeurs et mes frères, je vous le dis, le Kangoo RXE sauvera le monde. 

Et puisqu'on est là pour tout se dire, je vais vous avouer que bien que je nage dans le bonheur le plus parfait depuis que j'ai un Kangoo RXE, il m'arrive parfois d'avoir du vague à l'âme depuis que j'ai découvert qu'une version avait l'option double porte arrière s'ouvrant latéralement alors que mon modèle n'est équipé que d'un hayon bien commun. Je m'en suis ouvert à mon épouse laquelle n'a pas vraiment semblé concernée par l'objet de mes tracas. Double portes ou hayon classique, je crois qu'elle s'en moque. Les femmes sotn décidément de grandes écervelées qui ne sauront jamais prendre en compte les grands sujets de ce monde. On leur fait passer le bac, on les envoie en faculté de droit, comme mon épouse, et l'utilité et l'aspect pratique de la double porte sur un Kangoo RXE ne leur saute pas aux yeux !


Ça m'a attristé un moment parce que je me suis dit qu'il fallait absolument que je vende mon Kangoo RXE équipé d'un hayon pour en racheter une équipée d'une double porte. Je sais que c'est idiot mais je ne voudrais pas un jour avoir à subir le sourire dédaigneux d'un possesseur de Kangoo RXE à double portes lorsqu'il s'apercevra que la mienne n'a qu'un hayon. J'ai beau me dire stoïcien, le chemin est long pour devenir Épictète. J'ai renoncè à le faire parce que la belle peinture bleue métal dont s'orne la flatteuse carrosserie de mon Kangoo RXE compense sans doute un peu el fait qu'il ne soit pas équipé de la luxueuse double porte arrière. Et puis je me dis que c'est une épreuve que Dieu m'inflige pour venir à bout de mon orgueil. 

Mais revenons à nos moutons ! Voilà que la semaine passée, je marchais dans les rues de Paris afin de me rendre à mon cabinet lorsque j'avise un Kangoo RXE, garé dans dans la rue que j'arpentais. Je me mets à sourire mécaniquement, ravi que la détestable Hidalgo ne soit pas parvenue à chasser tous les hommes de goût de la capitale. Quoiqu'il en soit, la peinture est impeccable et le véhicule entretenu, même les enjoliveurs semblent n’avoir subi aucun choc dus aux trottoirs, c'est sans doute comme moi un collectionneur. Car le véhicule est équipé des fameux enjoliveurs spécifiques à la version RXE du Kangoo. C'est d'ailleurs à cet infime détail que seuls les spécialistes remarquent que j'ai su qu'il s'agissait du même véhicule que le mien.

Face à ce superbe exemplaire, je me sens un peu comme un étudiant puceau de l’École du Louvre au musée des Offices à Florence ; éperdu devant tant de beauté et je manque de faire un syndrome de Stendhal. Accélération du rythme cardiaque, vertiges et suffocations, je ressens tout et je suis à la limite de l'hallucination confronté à tant de beauté. Toutefois, capricorne je suis, capricorne je reste et il me reste assez de bon sens pour noter un détail : ce Kangoo n'a qu'une porte arrière. Car pour la petite histoire, il existe des Kangoo plus les gens aux revenus modestes qui n'ont qu'une porte arrière située à droite du véhicule tandis que des versions plus luxueuses, comme Le RXE bien entendu, sont dotées d'une seconde porte arrière du côté gauche. Je sais que c'est un dtail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup, ça veut dire qu'on est plus libre vu qu'on peut sortir des deux côtés.

Là, me dis je il y a un problème car aucun Kangoo RXE nest jamais sorti des chaines de l'usine Renault de Maubeuge ! Ca j'en suis sur et certain. Je suis donc face à une énigme. Soit il s'agit d'un modèle unique et je suis béni parmi tous les hommes de cette terre puisque Dieu me permet d'observer cette rareté, soit comme je le pense, il s'agit d'un faux grossier, le propriétaire s'étant livré à un travail de contrefaçon de manière à faire passer un modèle bas de gamme pour un RXE ! Le besoin de plaire et d'être admiré est tel chez certains esprits faibles qu'ils ne reculent devant rien pour contenter leur égo bouffi. Si certains copient des tableaux de grands maitres, d'autres encore plus vicieux semblent ne reculer devant rien et osent contrefaire le Kangoo RXE !

Courroucé et sur de moi, je fais alors le tour du véhicule. Effectivement, le parechoc avant ne s'orne pas des antibrouillards pourtant de série sur le Kangoo RXE. Enfin je jette un coup d'oeil à l'intérieur et là, je n'ai plus aucun doute. La planche de bord est dénuée du luxe habituel que l'on constate dans la version RXE. Nulle commande au volant pour le radiocassette qui n'est même pas de série mais un modèle du commerce sans doute acheté dans un magasin d'accessoires auto. De même, le contrefacteur qui utilise cet odieuse contrefaçon doit sans doute rouler les vitres ouvertes en été car je constate que son véhicule ne dispose pas de la climatisation. Enfin, dernier détail, une manivelle orne chacune des contreportes avant : il n'a pas de lève-vitres électriques.


Mais alors me dis-je ? D'où viennent ces enjoliveurs qui ornent fièrement ses roules et sont à n'en pas douter les mêmes que veux qui équipent les Kangoo RXE ? Sans doute, dans un accès de jalousie les a-t-il dérobé à l'heureux possesseur d'un vrai Kangoo RXE, espérant ce faisant faire passer sa version médiocre pour le joyau de la gamme ? C'est sans doute cela. La jalousie n'a pas de limites chez certains individus. Le propriétaire de ce Kangoo doit être socialiste car chacun sait que les socialistes sont des gens jaloux prompt à voler les fruits du travail d'autrui !

Une rage folle me saisit alors ! Une envie de prendre ce faussaire à la gorge et de l'étrangler pour lui faire expier son crime atroce ! Une envie de saisir un objet contondant et de briser les vitres de cette abomination, ce bas de gamme Kangoo qui se prétend RXE ! Mais je me ressaisis et garde l'esprit froid. C'est une grande leçon que je viens de prendre. Même si je prétends avoir vécu et n'être plus un enfançon crédule, je sais que je dois toujours rester sur mes gardes.

Je dois me souvenir que les choses ne sont pas toujours ce qu'elles sont et me défier des illusions ou des transports des sens !

Je dois admettre que certaines personnes parmi les plus nuisibles que compte la création sont prêts à tout dans l'assouvissement de leurs noirs desseins.

Je me promenais primesautier et gai comme un pinson et Dieu mis cet ersatz de Kangoo de RXE pour me rappeler que Satan est toujours là prêt à tromper les âmes pures.  

NB : je suis à ce jour, et ce dans le monde entier, le blogueur qui aura le plus cité Kangoo RXE dans un article ! Je n'en suis pas peu fier !


Les mots pour le dire !


Récemment,  un de mes ex patients est revenu me voir pour un rendez-vous m'a fait part d'un drame atroce parvenu à l'un de ses amis voici quelques temps. Alors en bref, le gamin schizophrène de son ami, a tué sa grand-mère au cours d'une crise à coups de couteau. La grand-mère étant donc la mère de son ami et non la mère de mon ex patient si vous avez ien suivi !

Bref, le type en question se trouve donc à aller aux obsèques de sa chère maman assassinée par son propre fils. Vous imaginez un peu l'ambiance ? L'assassin de sa mère est son propre fils. Bien sur, ce dernier est manifestement l'un de ces rares schizophrènes dangereux mais cela n'enlève rien au drame. C'est d'autant plus monstrueux, que manifestement, d'après ce que m'expliquait mon ex patient, personne n'ignorait l'état du jeune homme en question. Plusieurs appels à l'aide avaient été lancés auprès des services compétents pour une demande d'internement, lesquels étaient restés lettre morte.

Face à ce drame, mon ex patient n'a pas su comment réagir. L'ayant appris voici une dizaine de jours, il n'a pas su quoi dire et je le comprends. Et alors, il m'a demandé ce qu'il pourrait bien dire à son ami. Il m'a avoué qu'il avait été tellement tétanisé par la nouvelle, qu'il n'avait pas su quoi lui dire et avait préféré garder un silence dont il se sentait coupable. Comme il me l'expliquait, il aurait aimé trouver des paroles réconfortantes qu'il ne parvenait pas à formuler.

Et moi, fort de toute mon expérience, je lui ai dit, qu'il n'y avait sans doute aucun mot capable d'atténuer l'état de son ami. et que pas plus que lui je n'aurais su trouvé les bons mots face à un tel drame. Il aurait aimé que je l'aide à formuler quelque chose qui puisse aider son ami ami mais je lui ai dit, qu'il n'y avait sans doute aucune parole qui dans ces moments aussi proches du drame sauraient atténuer la réalité de ce qu'il vivait.

Les mots ne sont pas magiques. Je sais que beaucoup pensent que la psychologie doit agir un peu comme le feraient des formules magiques et qu'en choisissant les bons mots, on devrait parvenir à atténuer les traumatismes vécus par les gens. C'est évidemment faux, sauf dans les fictions ou le psy, soit compatissant, soit très malin, prononce des paroles lourdes de sens qui calment d'emblée la personne assise en face de lui en l'amenant à réfléchir sur ce qu'il vient de vivre.

Dans la vraie vie, quand un drame atroce vous atteint, la plupart du temps, seuls les anxiolytiques à plus ou moins forte dose ont l'effet escompté. On vous défonce à un degré plus ou moins important et on avise une fois que la crise s'atténue un peu pour vous parler. Parce que parfois la réalité semble si terrible que seul le Dalaïlama, si tant est qu'il soit dans la vraie vie aussi si zen qu'il le montre, pourrait y résister. De toute manière, le Dalaïlama, n'ayant ni parents, ni enfants, il n'est pas concerné par tout un tas de trucs. Ce n'est pas lui qui vivra le deuil affreux occassionné par la mort subite du nourrisson par exemple.

La sidération, la stupeur ou l'immense colère ou chagrin provoqué par un drame ne sont pas vraiment les terrains les plus adéquats sur lesquels le gentil psy puisse venir poser ses gentils mots ou ses raisonnements intelligents. Il est fort à parier qu'il ne serait au mieux pas entendu et au pire qu'on l’enverrait se faire foutre, ce qui serait amplement mérité. Face au drame soudain, on ferme sa guule, on compatit et on ne dit rien parce que les mots ne sont rien.

C'est peu ou prou ce que j'ai expliqué à mon ex patient parce que cela lui semblait le plus sage. Comme je lui disais : tu penses que le pouvoir de tes mots bien choisis est tel que dès qu'il va les lire, ton pote va immédiatement aller mieux ? Et puis, l'ami de se dire : ah voilà des mots qui font du bien, merci, ça va déjà mieux, je trouve déjà du sens dans l'expérience atroce que je vis, tu es vraiment doué, à croire que tu es la réincarnation de Jésus ! Et puis après, son ami l'aurait appelé pour le remercier et lui dire que g^race à ses mots magiques, il allait bien mieux et que ce serait sympa qu'ils se fassent un bon restau pour oublier tout ça parce qu'après tout la vie continue.

C'est bien ce que pensait mon ex patient et c'est pour cela qu'il est resté silencieux. Alors il m'a demandé ce qu'il pourrait bien dire ! Parce que ne pas trouver les mots, c'était bien beau, il y avait déjà songé tout seul et que mon aide serait de l'aider à trouver les bons mots justement. Alors je lui ai martelé qu'il n'y avait pas de bons mots, juste la bonne attitude consistant à convaindre son ami qu'il était là, proche de lui, et qu'en cas de besoin, il serait là pour l'épauler. 

Je lui ai alors dicté à peu près cela : je viens d'apprendre le drame affreux qui te touche. Aucun mot ne saurait apaiser la douleur qui doit être la tienne. Sache simplement que je suis là et qu'en cas de besoin tu peux compter sur moi. Voilà, point, c'est tout. Qu'il tourne ceci comme il le voudra en comprenant qu'il n'existe aucune formule magique et que dans ces cas, on traduit simplement son amitié en envoyant un mot pour faire comprendre qu'on a pris connaissance de la situation et qu'on est disponible en cas de besoin. Mon ex patient a aquiescé et m'a dit qu'il dirait la même chose, en substance à son ami.

Effectivement, si cet ex patient était venu chercher la formule magique pour apaiser la douleur de son ami, il en aura été pour ses frais. Je ne suis pas magicien et si j'aime les mots, je sais qu'ils sont bien peu de choses dans certaines situations. Le silence est parfois préférable. 

C'est ce qu'expliquais un jour Le Touffier, gynécologue obstétricien, quand quelqu'un lui a demandé quels mots il employait en cas de décès d'un bébé. J'avais beaucoup aimé quand il avait dit qu'à la porte de la chambre de la parturiente, quand celle ci se demande si les pédiatres ont pu sauver l'enfant qu'elle vient de mettre au monde, il prenait sa respiration et entrait d'un coup pour lui asséner la terrible votre sentence avec ces simples mots : je suis désolé mais votre enfant est mot.

Comme il le disait, sa formule pouvait sembler lapidaire et inappropriée mais dans les faits, il allait juste asséner un grand coup de batte de base-ball à la dame, alors même repeinte en rose avec des petites fleurs, ça allait faire mal. Et comme il l'avait rajouté, son rôle était juste de rester sans rien dire dans la chambre, le temps de s'en prendre plein la figure parce qu'il servait alors de bouc émissaire pour toute la rage et le désespoir de cette femme. Voilà, dans certaines circonstances, les mots sont inutiles. On n'es pas au cinéma. 

Quoiqu'au cinéma et notamment dans les polars, cela soit assez bien rendu quand un inspecteur de police doit annoncer à la famille qu'un des membres, mari, épouse, enfant, vient d'être assassiné. On voit souvent le type frapper à la porte annoncer la nouvelle sobrement et recevoir le déluge d'émotions dans la figure. Parfois c'est suivi d'un hurlement terrible et de coups, parfois c'est simplement la sidération et le silence. Chacun fait comme il peut face au chagrin.

Moi-même lorsque mes parents sont décédés, j'ai repris le travail immédiatement sans rien dire. Ma mère est décédée un dimanche et le mardi, le temps de faire les démarches, je reprenais mes consultations. Mon père, c'était un lundi et le lendemain j'étais à mon cabinet. Non parce que je suis un surhomme mais parce que je me vois mal chouiner comme un nourrisson alors qu'une part de mon métier est d'aider les gens se trouvant face au deuil. Et puis à quoi aurait servi 'avoir tant lu, Épictète, Sénèque et Cicéron, si c'est pour tout oublier devant les épreuves.

Ce n'était d'ailleurs pas de la froideur de ma part. Je parle beaucoup de moi mais rarement de ce qui me touche. Et surtout, je crois que les paroles de gentillesse m'auraient ennuyées plus qu'autre chose sur le moment parce qu'il aurait fallu que je me montre aimable à mon tour en expliquant combien ces paroles m'aidaient, ce qui aurait été évidemment faux. Je crois que mon état d'esprit c'était plutôt : foutez moi la paix, ça va passer, merci. Taire les choses étaient donc la meilleure stratégie.

Ce n'est que quelques semaines après que les patients que je connais bien l'ont appris. D'une part parce que j'ai parlé de mes chiennes alors qu'en fait j'avais juste récupéré celles de mon père. Quelques uns, très gentils et très compatissants m'ont demandé pourquoi je n'en avais pas parlé auparavant. Je leurs ai dit que c'était eux qui venaient me consulter et non l'inverse et que justement, si je n'arrivais pas à surmonter les épreuves de la vie, je n'avais rien à faire assis à ma place. Certains trouveront mon attitude orgueilleuse et idiote et d'autres au contraire la jugeront adaptée. Je n'en sais rien, je vis les choses telles que je suis conformé psychologiquement. 

Face aux épreuves, un capricorne se doit d'être un roc qui sert toujours de repère dans les tempêtes et non un sucre qui fond dans un café. Et puis je dois vous dire que je suis assez con et orgueilleux pour me trouver grand quand j'agis ainsi. Moi qui panique face à n'importe quel formulaire Cerfa que je dois remplir et qui appelle ma femme à l'aide, je sais rester stoïque face aux coups du sort !

Et pensez vous que le grand Sénèque dont j'ai tant admiré les consolations, les ait envoyées au moment du drame. Certes non ! Le temps de les penser, d'en dresser le plan et de les écrire, il s'était écoulé un certain moment avant que les personnes en deuil les reçoive. Pensez_vous que Marcia aurait adoré que Sénèque lui écrive que perdre son fils n'était pas un drame au regard de la philosophie stoïcienne ? Je pense qu'elle l'aurait envoyé balader avec pertes et fracas ! 

Bien au contraire, il aura fallu trois années avant que Sénèque ne fasse parvenir à Marcia cette fameuse consolation qui nous reste et dans laquelle il aborde le deuil.

Les mots ne sont pas magiques, la psychologie n'est pas magique. Il n'y a que des processus qui se mettent à l’œuvre pour rendre vivables les épreuves de la vie. Se taire et juste signaler qu'on est là, est souvent la meilleure des choses dans l'instant.

26 février, 2018

Pervers narcissiques !


Voici peu j'avais évoqué le cas d'un jeune homme subissant le harcèlement continuel d'un associé du grand cabinet d'audit dans lequel il travaille. Par le plus grand des hasards, un autre salarié de ce cabinet est venu me consulter pour le même problème. 

Il semblerait que plutôt qu'une personnalité narcissique, désagréable mais à laquelle on parvient à se faire durant quelques temps, il s'agisse d'un vrai pervers narcissique. Mes chers lecteurs savent combien je répugne à utiliser ce terme. Non que je n'y croie pas mais qu'il soit si galvaudé car employé à tort et à travers qu'il ne veut plus dire grand chose pour la plupart des gens.

Or si le narcissique nous est bien connu et reste pénible, on ne saurait lui reconnaitre la moindre dangerosité. Le narcissique, en ramenant toujours la couverture à lui, en étant fort avec les faibles et faible avec les forts se détecte assez rapidement. Et la meilleure chose à faire, reste soit de partir ou de l'affronter. Généralement, face à quelqu'un qui résiste, le narcissique se tait. De plus, le narcissique est "comme ça", on n'est pas sur qu'il y prenne plaisir. Sans doute surcompense-t-il un complexe ou un manque d'amour mais il n'en a pas forcément conscience. Le narcissique est pénible sans le vouloir comme un chat miaule ou un chien aboie. Le narcissique ne se cache pas et se diagnostique à cent mètres. Des milieux comme la télévision, le cinéma ou la mode en sont remplis!

Il en va autrement du pervers narcissique. D'ailleurs on aurait du simplement parler de "pervers". Car il s'agit d'une perversité morale redoutable, voulue et orchestrée de main de maitre. Le pervers est un prédateur qui se tient en embuscade. On ne le voit pas venir. Il sait de prime abord masquer sa perversité car il tend un piège. Il séduite et enjôle. La proie ne voit rien venir. Comment un type aussi charmant pourrait il être dangereux. Après avoir manié adroitement le compliment, avoir fait comprendre à sa proie combien ses besoins étaient compris et pris en compte, le piège se referme. Le pervers narcissique montre alors toute sa perversité. 

Pour ce faire, il va simplement pratiquer l'humiliation mais de telle manière que sa proie ne devine même pas qu'elle est le jouet de sa perversité. Pour la victime du pervers narcissique, le coupable c'est elle. Effectivement comment un type qui a su se montrer aussi charmant auparavant pourrait devenir quelqu'un d'aussi méchant. Ça n'a pas de sens. Et si cela arrive c'est qu'on a fait quelque chose de mal. Et la spirale est enclenchée.

La victime est souvent quelqu'un soit de jeune et sans défense ou alors quelqu'un ayant des failles narcissiques. Au départ, à l'instar de la cocaïne, le pervers narcissique est tellement sympathique qu'il emmène sa victime sur un petit nuage. Et c'est la descente qui suivra. Le pervers est tellement adroit qu'il sait exactement quels compliments faire et comment se comporter en fonction de ses proies. Il leurs donne exactement ce qu'elles désirent.

La victime ne comprend pas mais garde juste en mémoire, combien c'était agréable à l'époque ou elle s'entendait bien avec son tortionnaire. Alors elle va tout faire pour satisfaire ce dernier car il est devenu son principal pourvoyeur de bien-être. Et magnanime, une fois la victime à terre, le pervers narcissique sait réalimenter le circuit de récompense et refaire des compliments. Et ainsi de suite, jusqu'à ce que sa victime soit juste un jouet pour ses caprices sadiques.

Or, tandis qu'un narcissique ne fait rien si vous lui échapper car il peut compter sur d'autres admirateurs, il n'en va pas de même pour le pervers narcissique qui jouit fortement de votre dépendance. Si vous réalisez que vous êtes tombé dans un piège, il peut se révéler redoutablement méchant.

C'est ce que me disait mon second patient. Quand je lui ai demandé pourquoi, bardé de diplômes comme il l'était et avec son expérience professionnelle, il n'avait pas "envoyé chier" son tortionnaire, il m'a répondu qu'il avait simplement peur. Il m'a expliqué qu'au départ cet associé s'était montré charmant avec lui et qu'au fur et à mesure les reproches étaient venus puis les insultes. Et qu'il en était arrivé à un point où les crises étaient telles qu'il avait physiquement peur. Il m'a dit textuellement : ce type est tellement dingue que si je lui réponds, j'ai peur qu'il me balance par la fenêtre car je l'en crois capable.

C'est à dire que la relation en est arrivée à un point tel que mon patient à peur d'être assassiné ce qui semble fou. Et pourtant, je le comprends. Ce n'est pas le premier cas que j'aie eu à me dire cela. Je ne pense pas que le pervers narcissique en question soit capable de cela, ils sont généralement assez lâches. L'important c'est que ce pervers narcissiques soit arrivé à prendre dans ses rets de sadique sa victime et à LUI FAIRE croire qu'il serait en danger de mort s'il lui arrivait simplement de manifester son désaccord.

Fin 2017, j'ai eu trois victimes de pervers narcissiques. Trois jeunes femmes. La plus fragiel d'entre elle était le jouet d'un type tout juste âgé de vingt huit ans qui n'avait pas hésité à m'appeler le soir où elle me consultait pour me proposer son aide afin que je puisse mieux comprendre les problèmes de la patiente. Il m'avait ensuite expliqué qu'elle était très fragile compte tenu de sa vie passée et qu'il tentait tout pour l'aider.  C'est vous dire s'il était "gonflé". Je lui ai répondu que je n'avais pas à lui dire qui je recevais et qu'enfin s'il pensait que cette jeune femme me consultait, il lui était possible de lui demander son accord et le cas échéant de venir avec elle si elle l'y aurotisait. Bien sur je ne l'ai jamais vu.

En revanche comme ce jour là, ma patiente était dans mon cabinet je lui avais fait par de mon sentiment, me disant qu'un type aussi jeune, capable d'être aussi manipulateur, et,aussi,téméraire,,ne craignant pas de m'appeler; me semblait capable de tout. C'était ma dernière patiente et j'étais sortie avant elle pour voir si le type en question ne l'attendait pas en bas. Je l'avais alors accompagnée à une station de taxis.

Las, cela n'avait servi à rien puisque le jeune type 'attendait en bas de chez elle et avait commencé à la frapper violemment. Sans l’intervention d’un passant, je ne sais pas comment elle s'en serait sortie. Elle m'avait immédiatement appelée et je lui avais expliqué la marche à suivre pour faire constater les coups et blessures et engager des poursuites. Une fois le dépot de plainte enregistré et la convocation au commissariat reçue, ce jeune pervers s'était montré tout miel et avait recontacté ma patiente pour lui expliquer qu'il avait pété les plombs parce qu'il était fou d'amour pour elle. Ca n'avait pas marché.

Si une proie leur échappe, les pervers narcissiques sont capables de tout. Pourtant, il m'est bien difficile de prédire de leur dangerosité réelle. Dans le cas de cette jeune patiente, c'était simple parce que le pervers s'était vraiment trop dévoilé. Dans le cas de l'associé terrorisant mes deux patients, j'avoue que je n'en sais rien.

Je leur ai dit que cela me semblait bien peu probable qu'il passe à l'acte. Qu'à part des insultes, à mon sens ils n'avaient rien d'autre à redouter. Je les ai aussi encouragés à faire part de cela au CHSCT de leur cabinet. Mais ils ne veulent pas. Sans doute qu'une femme admet plus facilement être victime d'un pervers narcissique alors qu'un homme, du haut de sa virilité toute puissante, a plus de mal à se déclarer victime.

Je redoute aussi qu'à bout, l'un des deux, qui me semble plus fragile, ne commettent l'irréparable. La parole de trop, la critique acerbe et méchante qui fait mouche, peut enclencher des réponses terribles. Le cime passionnel n'est pas réservé qu'aux cocus mais en général à tous les hommes blessés gravement dans leur virilité.

En attendant, j'ai échafaudé avec chacun d'eux une stratégie assez amusante et fort peu déontologique. Je leur ai proposé de les recevoir ensemble. Si elle fonctionne comme je le pense, je la décrirai un jour ici. J'ai eu l'occasion de l'utiliser voici quelques années pour venir en aide à une patiente ingénieur dans un bureau d'études qui était harcelée par son chef de service et cela avait bien fonctionné. Il s'agit d'être deux fois plus pervers que le pervers narcissique en attaquant là où l'on est sur qu'il aura mal.

Souvenez vous que des louanges suivies d'humiliations, suivies de louanges, etc., ne sont jamais le fait de personnes équilibrées. Si vous le pouvez, barrez vous !

Quant à la dangerosité d'un individu, la prévoir n'est pas toujours facile. On ne peut vivre comme dans Minority report en excluant de la société toutes les personnes à risques avant mêle qu'ils ne soient passés à l'acte. C'est ainsi que des psychologues ont élaboré des échelles pour déterminer la probabilité de passage à l'acte d'un individu en fonction de ses antécédents, de sa personnalité mais aussi du contexte. Pour ceux que la prédiction de la dangerosité intéresse, cet article est fort bien fait.

En revanche, on sait qu le potentiel de violence liée à la psychopathie, marquée par l’absence d’empathie, l’indifférence, la dimension égocentrique, la tendance au mensonge et à la manipulation, est reconnue. Le passage à l’acte violent est fréquemment en lien avec une intolérance à la frustration. Les pervers narcissiques ne sont pas stricto sensu des psychopathes mais des gens intelligents et fins stratèges même si leur perversité les rend dangereux. Je ne pense pourtant pas que dans le cadre d'un rapport professionnel, il y ait de gros risques. Autant une femme a le pouvoir par ses mots de faire décompenser brutalement un pervers narcissique, en s'en prenant nommément à sa virilité, autant cela me semblerait hautement fantaisiste qu'un collègue de travail possède le même pouvoir.

J'ai donc rassuré mes deux patients. Je pense que le piège dans lequel ils sont tombés en nouant des relations avec ce pervers les a rendus particulièrement vulnérables. C'est d'ailleurs ce que cherchent tous les pervers narcissiques : faire de vous une proie apeurée avec laquelle ils joueront.

Tout fout le camp !


 L'ENA à Strasbourg

Je parle habituellement peu de politique. Les lecteurs qui sont habitués à me lire, savent que je me définis comme "anarchiste de droite", une belle formule pour dire que j'aime la liberté mais pas à n'importe quel prix et qu'il faut tout de même des règles pour vivre en société, même si je ne suis pas un grand admirateur de ceux qui les font appliquer.

Effectivement, je ne "suce" ni les gendarmes ni les flics et je me défie de ces droitards assoiffés d'uniformes. Comme je le fais souvent remarquer, attablé au rade en face de mon cabinet : la plupart du temps, aussi loin que porte mon regard, à droite comme à gauche, il n'y a pas un uniforme et pourtant le monde tourne rond. 

Enfin, le monde devrait tourner rond s'il n'y avait des élus et des fonctionnaires, que je déteste bien plus que les flics et les gendarmes, pour nous pourrir la vie. Où que se pose son vilain museau poilu, l'élu ou le haut fonctionnaire a tôt fait de dérégler quelque chose qui "ne marchait pas si mal" au prétexte que ça pourrait "marcher encore mieux". Et bien sur, "ça marche toujours moins bien". Parce que l'élu qui veut passer à la postérité ou le haut fonctionnaire qui se croit plus malin que tout le monde, a tôt fait de dérégler ce qu'il pensait régler. 

Étant généralement un bon à rien, sinon il exercerait un vrai métier, l'élu tout comme son compagnon de rapine, le haut fonctionnaire, sert principalement à faire chier des gens qui ne lui ont rien demandé. Mais sans doute que si l'on ne sert à rien, on tente coûte que coûte de se sentir utile, quitte à imaginer qu'une activité parasite puisse avoir une quelconque utilité.

Quand je me sens d'humeur à hisser le drapeau noir à fleur de lys qui symbolise pour moi l'anarchie de droite, je me dis que je pourrais pendre les élus avec les tripes des hauts fonctionnaires. Et puis, je me calme et je ne fais rien. Comme tout un chacun.

Ce que je constate dans ma clientèle, c'est que cet état de fait à un impact terrible sur notre pays. Je crois ainsi pouvoir affirmer que 100% de ma clientèle exerçant une activité réglementée souhaite abandonner sa carrière.

Par activité réglementée, j'entends les humbles fonctionnaires et les gens exerçant des professions libérales réglementées comme les médecins, pharmaciens, experts comptables, etc.

Par exemple, j'ai souvent entendu de la part de flics ou de douaniers que leur métier aujourd'hui consistait surtout à "faire chier les honnêtes gens", les seuls qui les craignent. La plupart de ces fonctionnaires qui me consultent, cadres B ou A, semblent dire qu'aux échelons les plus hauts, il semblerait que ce soit des débiles ou des couards qui sont recrutés.

S'agissant des professions réglementées, je ne compte plus le nombre de médecins soient ayant arrêté soient envisageant de le faire bientôt, lassés par la paperasserie omniprésente. J'ai eu le même discours de la part de deux commissaires aux comptes qui m'expliquaient que les diligences qu'on leur imposait n'avaient plus ni queue ni tête.

Aucun de ces professionnels ne se plaint franchement de la clientèle. Il y en a des bien et des moins bien et c'est la vie. Cela se gère. En revanche tous se plaignent du cadre de plus en plus coercitif qui les empêche de bien travailler et de s’épanouir professionnellement.

Ainsi, le Dr D. le médecin généraliste qui m'a fait confiance et m'a envoyé mon premier patient voici vingt ans vient de prendre sa retraite à tout juste soixante ans. Quand je lui ai demandé si c'était du aux patients devenus peut être plus exigeants. Elle m'a dit que tel n'était pas le cas, qu'elle avait toujours su gérer cela. Elle m'a juste expliqué qu'elle n'en pouvait plus de la sécurité sociale. Alors comme elle m'a toujours dit qu'elle crèverait à la tâche, elle est partie exercer son activité de médecin en Afrique parce que là-bas, les gens sont reconnaissants. J'ai aussi deux chirurgiens qui n'opèrent plus. Les deux sont lassés des tracasseries administratives. Et le plus âgé ne trouve même pas un repreneur pour ses parts de clinique. 

Un autre de mes patients vient de prendre une amende de quelques milliers d'euros pour avoir sur-prescrit de l'imagerie médicale. Installé dans un trou, le pauvre se démène comme un fou pour sa clientèle et voici que la sécurité sociale lui met un coup sur la tête. il a décidé d'arrêter à la fin de l'année. A soixante-dix ans, il l'a bien mérité. Sans doute que la commune dans laquelle il exerce investira bientôt fans un cabinet flambant neuf pour inciter un jeune à venir le remplacer.

Nonobstant le fait que l'on s'entende très bien, ce sont des cas compliqués dans la mesure où je n'ai aucun moyen de les aider correctement. On sait d'où vient le problème et on n'est pas prêt d'en sortir. Car laisser les professionnels s'organiser eux mêmes, en organisant juste un vague contrôle, ne suffit plus. L'époque est aux gens qui n'ont jamais fait ce que vous faites mais savent mieux que vous. C'est ainsi. Alors il reste l'humour. Il espèreraient autre chose de moi mais que puis je proposer ? Rien puisque comme eux, à un degré moindre, je subis moi aussi la mainmise de l'état de plus en plus lourde et intrusive dans toutes mes activités.

La révolution est en marche depuis des années. Elle ne se fait plus contre les riches mais contre les capables.

Mon confrère H16 a l'occasion de ponctuer ses billets par un "ce pays est foutu". Ce soir je vais faire de même : 

Ce pays est vraiment foutu.

Mail !

Quand j'aurai mon bel Imac 27' tout neuf, je le ferai mais pour le moment, sur ce PC de merde, je n'en ai pas envie. Faire quoi me direz-vous ? Mettre à jour la barre du menu sur la droite du blog ! C'est pourtant si simple à faire. Mais je ne le fais pas comme plein de choses.

Comme un certain nombre de lecteurs m'ont demandé comment me contacter, je le redis et le réécris, pour ce faire, c'est ici :

pa6712@yahoo.fr

11 février, 2018

La phobie sociale !


Je m'entretenais hier avec un confrère de thérapie. Je crois que personne ne croit moins que moi à l'idée de thérapie alors que c'est mon métier. Dans la plupart des cas, ce que l'on nomme thérapie n'est que le désir de ressembler à la personne que l'on a choisie, le psy, afin qu'il nous éclaire sur la manière de mener notre route en triomphant des obstacles. C'est en tout cas ce que j'ai fait en mon jeune temps. A l'heure ou les process envahissent tout, je suis toujours amusé par la volonté nord-américaine de standardiser les thérapies. 

Aujourd'hui je dois constater que parfois il m'aura fallu une séance pour changer la vie d'une personne, alors même que dans certains cas je ne sais vraimant pas ce que j'ai pu dire de génial. Alors qu'à l'inverse, je reçois des gens qui n'ont rien au sens psychopathologique, mais qui apprécient simplement d'avoir une fois par semaine ou toutes les deux semaines, un espace où ils peuvent discuter sans fard ni masque. 

En revanche, je crois que les thérapies ont toutes leur place pour le traitement des phobies. J'adore les phobies ! Non que je me repaisse de leur souffrance bien entendu, je n'ai rien d'un monstre. Mais simplement qu'il m'amuse d’apparaitre comme un magicien alors que traiter une phobie relève à mon sens d'un process total, même si l'alliance thérapeutique est nécessaire.

En revanche, et j'étais d'accord avec mon jeune confrère, s'il est une phobie qui résiste, c'est bien la fameuse phobie sociale. Je crois, tout comme lui, que la phobie sociale n'est qu'un fourre-tout, dans lequel vont coexister des individus atteints de troubles sévères comme de simples grands timides, des hyper-émotifs, voire des gens maladroits.

Quand on m'adresse un patient pour "phobie sociale", je reste toujours sur mes gardes. Parce qu'avoir peur du contact avec les autres relève d'un processus multi factoriel. Les cas les plus simples sont les gens complexés. Réduire un complexe d'infériorité ce n'est pas si compliqué que cela. Après tout Cyrano dans la célèbre tirade du nez, nous en donne un bon exemple. J'ai un grand nez et je vous emmerde, voilà à quoi cela pourrait se résoudre.

Viennent ensuite les gros cons et vous me pardonnerez cette vilaine manière de catégoriser certaines personnes. Mais vous admettrez, parce qu'on en a tous connu, qu'être hautain, méprisant ou désagréable ne peut que susciter le rejet. Quand on fait de la merde, on en ramasse en retour : qui sème le vent ramasse la tempête. C'est aussi simple que cela. Là, on serait plutôt dans l'affirmation de soi. 

C'est ensuite que cela se complique. Parce qu'entre les personnalités pathologiques, les syndromes résiduels de schizophrénie ou les schizophrènes, nombreux sont les individus pour qui l'échange avec autrui devient une torture. Là, j'interviens au cas par cas. C'était un juene homme atrocement timide. Une fois que j'ai pu nouer une vraie relation thérapeutique, je lui ai dit que jamais je ne le débarrasserai vraiment de cette timidité mais qu'en revanche, je pouvais lui apprendre à ne pas avoir peur des gens en leur expliquant simplement combien il était timide. Et effectivement, quatre vint pour cent des gens étant bienveillants il a constaté que ceux ci se mettaient au diapason.

C'est aujourd’hui quelqu'un que je connais très bien et que j'ai pu voir dans un cadre privé. On a des échanges tout à fait agréables et normaux. Et les gens le trouvent charmants. Parfois il me dit qu'il est bizarre et je le rassure qu'avec ma profession, la bizarrerie est ma norme.

Une autre fois, c'est un type brillant ayant un statut professionnel envié qui m'a avoué que dans certaines situations, si je n'étais pas là, à coté de lui, il n'oserait pas parler aux gens. J'étais étonné dans la mesure où je l'ai vu discuter avec brio avec tout un tas de personnes. Mais, effectivement, sa sensibilité est telle qu'elle confine à l'hyper-émotivité. J'avoue sans complexe ma grande sensibilité ; j'en ai fait un métier. Mais à coté de lui, j'ai l'impression d'être un tractopelle à côté d'un biscuit de Sèvres. Rien dans sa vie n'explique qu'il soit ainsi. Il l'est. C'est tout. C'est étonnant qu'il soit venu consulter quelqu'un qui puisse être aussi "cash" que moi dans ses propos. Sans doute, son hyper sensibilité lui a t elle fait distinguer quelque chose qui lui convenait derrière mes rodomontades. 

Bref, une fois qu'on a dit que la phobie sociale ou anxiét sociale était due à une mauvaise évaluation des situations sociales qui font naitre une peur injustifiée, on n'a rien dit. Faut aller plus loin et soulever le capot.

Bref autant je doute parfois du bienfondé des thérapies autant je suis persuadé que la phobie sociale est un gros fourre-tout et une vaste arnaque. Si on vous colle ce diagnostique à l'emporte-pièce demandez pourquoi et approfondissez. Et si vous êtes un jeune confrère qui me lit, méfiez vous si on vous en adresse un !