20 novembre, 2010

Vitalité !


Tout à l'heure, je suis parti apporter mes chèques à la banque. J'avais dit à mon épouse de ne pas s'inquiéter, que je ferais l'aller-retour et que je serais là dans un quart d'heure. Il se trouve que j'ai rencontré un bon pote à la banque qui me dit qu'il en avait pour cinq minutes avec son conseiller. 

Cinq minutes après, nous fumions une clope devant la banque quand l'un de nous, lassé d'avoir froid a dit à l'autre : "si on allait boire un coup ?". Aussitôt dit, aussitôt fait, nous voici dans notre rade favori afin de papoter un peu. Et comme à la longue, on finit par connaitre tout le monde, un troisième larron se joint à nous pour discuter. En fait de quart d'heure, je sais que je serai de retour chez moi dans une petite heure. De toute manière à l'heure du portable, si on a besoin de moi, on m'appelle comme on sifflerait un chien et zou, j'arrive ventre à terre. 


Ce troisième larron, je le connais moins. Je sais juste qu'il avait une boutique, que les affaires se sont mal passées et que manifestement, il aurait commis quelques écarts de gestion. Parce qu'aujourd'hui pour être interdit de gérer durant cinq ans, il faut y aller fort ! Mais au-delà de son aspect un peu filou, le mec est vraiment sympa et positif.

A sa place, la plupart des gens seraient en train de se lamenter, aurait fini par noyer leur chagrin au fond d'une bouteille mais lui, il a rebondi comme il a pu. Il se noyait et paf, il s'est accroché à une planche, une simple planche mais ça l'a sauvé. Il était patron, il se retrouve serveur dans un tout petit restaurant, mais il s'en fout. Il continue à rester sympa, il ne gave personne avec ces problèmes, il est positif, et il arrive même à remonter le moral de mon pote dont les affaires ne vont pas très bien mais qui vit quand même dans une baraque à un million et demi d'euros.

Et puis, on lui demande aussi de ses nouvelles et il nous raconte sa vie en rigolant. Il nous explique que comme il n'a même plus les moyens de se payer une bagnole, ile st obligé de prendre le bus. Et en plus il rigole en nous précisant que de toute manière même avec les moyens, il n'aurait pas de bagnole parce qu'on lui a fait sauter son permis. Et ce dingue en rigole de bon cœur. Moi je me sens un peu coupable en songeant que déjà un simple rhume c'est l'épreuve ultime pour moi et que j'imagine qu'il n'y a pas plus grande souffrance.

Et puis, il nous raconte que le soir quand il finit tard son service après dix heures de boulot, il est obligé d'aller choper un bus en marchant pres de quarante minutes. Et il raconte cela comme si c'était un aléa tout con, une sorte de bonne blague que lui fait la vie. Il nous explique qu'au moins il peut bouffer comme quatre en gardant la forme. Le mec est sympa positif et rigolo.

Je l'écoute et l'observe et me demande quel est son secret. Si j'étais neurochirurgien, je demanderais à mon pote de le tenir là sur la table et je lui trépanerai le crâne pour connaitre son secret, je disséquerais son cerveau pour savoir où se situe la glande de la bonne humeur perpétuelle ou faire tout un tas d'analyse pour savoir si le mec n'est pas né avec une sorte de production de coke intégrée en lui.

Je sais qu'il n'a rien de tout cela. Il est juste né sous le signe du sagittaire. Je n'aime pas trop les sagittaires, ce sont des esthètes jouisseurs mais putain qu'ils sont doués pour prendre la vie du bon côté. C'est Chirac ! Aucun tourments, rien de difficile qui ne trouve de solution, le sagittaire vient au monde sans l'option prise de tête. 

Putain quelle belle vitalité. Mais ce qui me rassure, c'est que je suis bien plus intelligent que lui. Parfois, je me dis qu'être con a aussi du bon : "Soyez comme les petits oiseaux ..." Mon pote Olive qui n'est qu'ascendant sagittaire est comme cela. Hier, je l'ai croisé, il venait chercher un devis pour les pneus de sa Ferrari. On lui a annoncé mille-sept cents euros pour les gommards et cela le faisait rigoler. Mais putain comment font ils ?

Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas plus qu'eux ? 
Matthieu 6-26

"Soyez comme l'oiseau, posé pour un instant sur des rameaux trop frèles, qui sent ployer la branche, mais qui chante pourtant, sachant qu'il a des ailes"
Victor Hugo 

3 Comments:

Blogger V. said...

les sagittaires, même au fond du trou se comporteront comme s'ils étaient en haut de la montagne.
Ce sont souvent des filous qui usent de toutes les ficelles et des bavards intarissables qui finissent par obtenir ce qu'ils veulent tant ils épuisent leur auditoire.

Mais comme vous l'écrivez ils semblent être nés avec une production de coke intégrée.
Ce sont les seuls amants que j'ai connus qui reprenaient la conversation (ou plutôt le monologue) à la fin des ébats !

Enfin, pour ma part, je les fuis à toutes jambes, je pourrais les frapper tant ils me tapent sur les nerfs.
Et tellement ils m'ont soutiré d'argent en me promettant de me le rendre (ce qui n'a jamais eu lieu) et m'ont harcelé de toutes les façons possibles quand je les avais quitté!!
D'ailleurs ça me fait penser que j'ai mis mon poing dans la figure de... deux d'entre eux d'ailleurs !
J'ai eu du pot, ils n'ont pas fait de même...
Mais pendant un court instant, je ne les ai plus entendu.
Faire taire un sagittaire... ça s'entend que ça ne va pas être possible !

22/11/10 12:04 PM  
Blogger Marino said...

Alors Philippe, vous n'aimez pas les sagittaires alors vous ne m'aimez pas, j'en suis très peinée, il est vrai qu'à un jour près, j'aurais été Capricorne !

23/11/10 5:51 PM  
Blogger Streetlight said...

c'est marrant, je suis sagittaire, mon mari aussi et je ne nous reconnais pas du tout dans ce portrait, à part peut-être le coté vitalité/optimisme...

23/11/10 11:22 PM  

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