Et si je parlais de la crise hein ?

Géant ! Une bande de branleurs de politiciens qui parlent et déparlent, auxquels on rajoute une tripotée d'experts tellement géniaux qu'ils ne prévoient les choses qu'après qu'elles soient arrivées, le tout boosté par des journaleux incultes et avides de sensations, et voilà comment on arrive à créer une panique incroyable. Ces mecs qui ne voyaient rien hier, voient tout aujourd'hui, et surtout le pire. Soit ils nous prennent piur des cons, soit ils le sont eux-même, on ne peut sortir de cette alternative.
Les politiciens, tout le monde les connait. Quant aux journalistes, à quoi bon s'en préoccuper puisque ce sont des clones interchangeables ou presque. Les experts retiennent toutefois mon attention, et notamment deux d'entre eux.
Le plus incroyable de tous étant sans doute Alain Minc. Je me plais parfois à l'envier, à rêver d'être comme lui, uniquement bourré de certitudes, sans remords et sans honte, sans jamais ressentir de culpabilité. La culpabilité c'est l'enfer, c'est le regret qui vous taraude, les songes au plus que parfait, les "si j'avais su" qui ne vous laissent pas en paix. Lui, l'incroyable fossoyeur de Cerus en 1988, le type qui fut condamné pour "contrefaçon, reproduction servile et plagiat" par le TGI de Paris en 2001 et qui ose encore pérorer, n'a manifestement pas ce genre de problèmes.
Dans la même veine, Carlos Ghosn, le cost-killer qui tue, l'auditeur monté en grade et adulé de tous, et qui fort de ses succès dans l'intendance s'est pris à rêver qu'il pourrait un jour devenir un grand stratège comme Alexandre le Grand, mais ne parvient toujours pas à lancer une bagnole qui se vende chez Renault et essuie échec après échec.
Je l'ai entendu pérorer sur une chaîne, nous rabâchant encore qu'il tenait à ses 6% de marge, dut-il licencier du monde. Lui aussi y allait de son avis sur la crise, mêlant celle-ci à son commerce de bagnoles. Avec son regard fixe si dérangeant, on aurait dit un de ces généraux fous de la Grande Guerre qui pour gagner quelques mètres, au cours d'opérations montées en dépit du bon sens, et avoir enfin leur troisième étoile, n'hésitaient pas à envoyer au massacre des divisions entières. Au moins, nous aurons évité Tchuruk héros de la success story d'Alcatel qui doit être en train de dépenser son argent mal acquis loin des caméras.
Tous ces gens m'ennuient et ce qui m'ennuie encore plus, c'est que pas un journaliste ne pose de questions qui tuent ! On se croirait dans le sketch de Coluche sur les mecs qui ont un avis autorisé.
Heureusement que mon emploi du temps m'évite de me retrouver face à la télévision lors de la sacrosainte messe du vingt heures présentant sa cohorte de fausses nouvelles invérifiables. Parfois en ex URSS, la seule liberté disponible était de ne pas lire la Pravda. Mais la crise me rattrape où que je sois.
Par exemple, cet après-midi, je suis passé à ma banque. Alors, juste pour déconner, je dis à la petite guichetière qui est jolie comme un cœur : "Ah vous êtes encore ouverts ? C'est super, vous n'avez pas fait faillite !", et je lui demande un peu à l'arrache si le directeur pourrait me recevoir.
Comme l'homme est disponible, je passe le voir et fais ce que j'ai à faire. Ensuite, nous nous mettons à papoter. Et lui, de m'expliquer que des clients sont venus subrepticement enlever du fric de leur compte et que cela n'arrête pas. Il en est à un point où cela le fait rire. Parce qu'il m'explique qu'il ne s'agit pas de pauvres gens un peu cuculs mais de types plutôt friqués.
Allez encore une semaine de panique et les gens vont se mettre à stocker des trucs. Je me demande si je n'ai pas intérêt à faire provision de sucre, d'huile, de pâtes et de riz ? Ca se garde bien et je pourrais peut être revendre mon stock dix fois plus cher à un de ces crétins. Tiens, je vais mettre aussi une dizaine de trains de pneus de côté aussi et quelques jerricans d'essence et puis peut-être quelques paires de chaussures !
Cela me rappelle voici quelques années, alors que des routiers bloquaient les raffineries d'essence. En allant faire le plein de ma Saab de la mort, j'avais croisé un de mes voisins à la station service. Il faisait le plein de son Alfa juste devant moi. Mais le plus drôle, est qu'il avait entrouvert son coffre et qu'il remplissait des jerricans.
Le pauvre il aurait rêvé de ne pas tomber sur quelqu'un qu'il connaissait. Là, il était mal, un peu comme si je l'avais surpris la bite à l'air en train de se faire astiquer par un travelo au Bois de Boulogne J'étais sorti pour aller le saluer, comme un gros lourd que je suis. parce que j'avais envie d'humilier ce vétérinaire UMP habituellement si sur de lui. Ce pauvre type, alors que je m'approchais, ressemblait en tous points à des un pauvres clebs posé sur sa table d'examen, l'oreille basse et l'œil suppliant, la queue entre les jambes.
Je lui avais juste dit "ah vous stockez de l'essence, vous avez peur ?". Il avait bredouillé une réponse embrouillée m'expliquant que c'éait important pour lui pour se rendre à sa clinique, un peu comme s'il était urgentiste au Samlu alors que sa clinique doit être à deux bornes de chez lui. D'un air rigolard je lui avais dit qu'il devrait sotcker aussi des pâtes et du sucre parce qu'on ne savait jamais et je l'avais laissé à sa mesquinerie. Lui par exemple, je suis sur qu'il est allé vider ses comptes et qu'il planque tout dans une lessiveuse dans sa cave sous des boîtes de conserve.
Bref le plus ennuyeux dans cette crise financière, ce n'est pas vraiment la crise en elle-même mais que des types souvent mal informés transforment quelque chose de simplement préoccupant en quelque chose de tragique.
Y'a pas, la communication de crise de l'Elysée et de Matignon, c'est du lourd ! Un peu comme des gens qui hurleraient "calmez vous !" en espérant que ça marche ou certains de mes confrères psyhanalystes qui regardent leurs patients avec des yeux froids d'entomologistes et qui après diagnostiquent de l'anxiété.
Parfois le remède est vraiment pire que le mal. Il ya des ordonnances qui tuent plus rapidement que l'évolution de la maladie.
Les politiciens, tout le monde les connait. Quant aux journalistes, à quoi bon s'en préoccuper puisque ce sont des clones interchangeables ou presque. Les experts retiennent toutefois mon attention, et notamment deux d'entre eux.
Le plus incroyable de tous étant sans doute Alain Minc. Je me plais parfois à l'envier, à rêver d'être comme lui, uniquement bourré de certitudes, sans remords et sans honte, sans jamais ressentir de culpabilité. La culpabilité c'est l'enfer, c'est le regret qui vous taraude, les songes au plus que parfait, les "si j'avais su" qui ne vous laissent pas en paix. Lui, l'incroyable fossoyeur de Cerus en 1988, le type qui fut condamné pour "contrefaçon, reproduction servile et plagiat" par le TGI de Paris en 2001 et qui ose encore pérorer, n'a manifestement pas ce genre de problèmes.
Dans la même veine, Carlos Ghosn, le cost-killer qui tue, l'auditeur monté en grade et adulé de tous, et qui fort de ses succès dans l'intendance s'est pris à rêver qu'il pourrait un jour devenir un grand stratège comme Alexandre le Grand, mais ne parvient toujours pas à lancer une bagnole qui se vende chez Renault et essuie échec après échec.
Je l'ai entendu pérorer sur une chaîne, nous rabâchant encore qu'il tenait à ses 6% de marge, dut-il licencier du monde. Lui aussi y allait de son avis sur la crise, mêlant celle-ci à son commerce de bagnoles. Avec son regard fixe si dérangeant, on aurait dit un de ces généraux fous de la Grande Guerre qui pour gagner quelques mètres, au cours d'opérations montées en dépit du bon sens, et avoir enfin leur troisième étoile, n'hésitaient pas à envoyer au massacre des divisions entières. Au moins, nous aurons évité Tchuruk héros de la success story d'Alcatel qui doit être en train de dépenser son argent mal acquis loin des caméras.
Tous ces gens m'ennuient et ce qui m'ennuie encore plus, c'est que pas un journaliste ne pose de questions qui tuent ! On se croirait dans le sketch de Coluche sur les mecs qui ont un avis autorisé.
Heureusement que mon emploi du temps m'évite de me retrouver face à la télévision lors de la sacrosainte messe du vingt heures présentant sa cohorte de fausses nouvelles invérifiables. Parfois en ex URSS, la seule liberté disponible était de ne pas lire la Pravda. Mais la crise me rattrape où que je sois.
Par exemple, cet après-midi, je suis passé à ma banque. Alors, juste pour déconner, je dis à la petite guichetière qui est jolie comme un cœur : "Ah vous êtes encore ouverts ? C'est super, vous n'avez pas fait faillite !", et je lui demande un peu à l'arrache si le directeur pourrait me recevoir.
Comme l'homme est disponible, je passe le voir et fais ce que j'ai à faire. Ensuite, nous nous mettons à papoter. Et lui, de m'expliquer que des clients sont venus subrepticement enlever du fric de leur compte et que cela n'arrête pas. Il en est à un point où cela le fait rire. Parce qu'il m'explique qu'il ne s'agit pas de pauvres gens un peu cuculs mais de types plutôt friqués.
Allez encore une semaine de panique et les gens vont se mettre à stocker des trucs. Je me demande si je n'ai pas intérêt à faire provision de sucre, d'huile, de pâtes et de riz ? Ca se garde bien et je pourrais peut être revendre mon stock dix fois plus cher à un de ces crétins. Tiens, je vais mettre aussi une dizaine de trains de pneus de côté aussi et quelques jerricans d'essence et puis peut-être quelques paires de chaussures !
Cela me rappelle voici quelques années, alors que des routiers bloquaient les raffineries d'essence. En allant faire le plein de ma Saab de la mort, j'avais croisé un de mes voisins à la station service. Il faisait le plein de son Alfa juste devant moi. Mais le plus drôle, est qu'il avait entrouvert son coffre et qu'il remplissait des jerricans.
Le pauvre il aurait rêvé de ne pas tomber sur quelqu'un qu'il connaissait. Là, il était mal, un peu comme si je l'avais surpris la bite à l'air en train de se faire astiquer par un travelo au Bois de Boulogne J'étais sorti pour aller le saluer, comme un gros lourd que je suis. parce que j'avais envie d'humilier ce vétérinaire UMP habituellement si sur de lui. Ce pauvre type, alors que je m'approchais, ressemblait en tous points à des un pauvres clebs posé sur sa table d'examen, l'oreille basse et l'œil suppliant, la queue entre les jambes.
Je lui avais juste dit "ah vous stockez de l'essence, vous avez peur ?". Il avait bredouillé une réponse embrouillée m'expliquant que c'éait important pour lui pour se rendre à sa clinique, un peu comme s'il était urgentiste au Samlu alors que sa clinique doit être à deux bornes de chez lui. D'un air rigolard je lui avais dit qu'il devrait sotcker aussi des pâtes et du sucre parce qu'on ne savait jamais et je l'avais laissé à sa mesquinerie. Lui par exemple, je suis sur qu'il est allé vider ses comptes et qu'il planque tout dans une lessiveuse dans sa cave sous des boîtes de conserve.
Bref le plus ennuyeux dans cette crise financière, ce n'est pas vraiment la crise en elle-même mais que des types souvent mal informés transforment quelque chose de simplement préoccupant en quelque chose de tragique.
Y'a pas, la communication de crise de l'Elysée et de Matignon, c'est du lourd ! Un peu comme des gens qui hurleraient "calmez vous !" en espérant que ça marche ou certains de mes confrères psyhanalystes qui regardent leurs patients avec des yeux froids d'entomologistes et qui après diagnostiquent de l'anxiété.
Parfois le remède est vraiment pire que le mal. Il ya des ordonnances qui tuent plus rapidement que l'évolution de la maladie.
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