07 mai, 2012

Dans le cul !


Bon c'est vrai que je suis un des rares mecs de droite à bien m'entendre avec les gauchistes. Je n'y peux rien, ils sont globalement bien plus sympas que les droitards du moins ceux que j'ai pu rencontrer. Ainsi tout à l'heure, je suis allé voter. J'arrive à mon bureau et voici que tous les rouges viennent me saluer, on fume une clope, on papote, on déconne gentiment et puis voilà. Et pendant ce temps là, les droitards gourmés et compassés comme ils savent l'être, ne sachant pas occuper le terrain, se contentent de voter comme des voleurs, subrepticement, le regard baissé, en désertant les lieux rapidement, comme s'ils allaient au bordel.

Et puis il y a le fait que traîner et papoter, ce soit sans doute vu comme un acte stupide et vain, comme de bavarder à une terrasse de café, cela ne se fait pas. Et le droitard s'emploie à ne pas faire d'actes gratuits, qui iraient à l'encontre du minutieux usage de son temps mais aussi qui pourrait le mettre en défaut vis à vis de l'image qu'il veut donner de lui, celle de quelqu'un de précis et d'affairé.

Car le droitard souffre un peu du complexe du larbin, comme un majordome qui à force de servir les grands de ce monde en serait à venu à s'identifier à eux. Il se croit riche et puissant et il en adopte alors les traits qui lui semblent le plus caractériser ces nantis. Le droitard est malheureusement au puissant ce que le snob est à l'aristocrate  : une outre pleine de pets. Tandis que le snob que tout le monde connait confond préciosité confinant au ridicule et parfaite éducation, le droitard confond morgue et puissance. Bref, le droitard est un parvenu et il aime le montrer. 

Ainsi lorsque je suis allé cet après-midi, j'ai mis comme convenu deux bulletins de vote Sarkozy et Hollande dans l'enveloppe, les deux agrémentés de petites plaisanteries de bon goût. Au début, j'avais songé à écrire sur le bulletin Hollande "Lapinou le socialiste suce des bites au 06 .. .. .. .." et puis j'ai renoncé au dernier moment pour mettre un commentaire plus sérieux. Bref, j'ai voté nul et je me sens en partie responsable de la défaite de notre bon Nicolas. C'est d'ailleurs la première fois de ma vie que je ne regarde pas une soirée électorale sur TF1. Cette année, je m'en tapais totalement. Je remercie d'ailleurs mon confrère H16 de m'avoir aidé à faire passer la pilule grâce à son excellent billet.

En revanche, Olive, mon ami qui est très riche et roule en Ferrari (entre autres parce qu'il a plein de voitures de riches) m'avait donné une procuration afin qu'il puisse voter Sarkozy. Je suppose qu'il était en vacances dans quelque paradis tropical que les gens comme moi se contentent de regarder sur la belle photo du calendrier de la Poste !

Alors, voici que je me pointe dans un autre bureau de vote, nanti de ma procuration, de sa carte d'électeur, de la mienne et de ma C.N.I. Et zou, j'entre dans l'isoloir, je glisse un bulletin Sarko dans la petite enveloppe bleue et je me présente devant l'urne où officie une sorte de conasse en tailleur pantalon que je crois connaitre mais dont je ne me rappelle plus le nom. Comme c'est le vikène, je ne suis pas rasé et un peu sapé comme l'as de pique mais propre quand même hein, faut pas déconner ! Et là, je dois affronter le regard vaguement méprisant de l'officiante qui me regarde à peine, persuadé en une seconde à peine que je suis un traîne-patin, une sorte de semi-clodo émargeant au RSA venu voter Hollande pour bénéficier d'encore plus de subventions prises dans les poches des riches.

Putain, comme je suis du genre emporté, je suis à deux doigts de me mettre en colère. En une seconde, j'ai évalué sa tenue, ses bijoux un peu toc, son tailleur de confection et ses chaussures moyen-de-gamme; Et là, j'ai envie de lui hurler : "putain salope tu vas me témoigner un peu de respect non ? Je viens représenter un pote qui est suffisamment riche pour t'acheter toi, ton mari, tes gosses, ta maison, tes crédits et même l'air que tu respires alors putain ne joue pas les divas pauvre conne !" Mais bon, je n'ai rien dit de tel parce que cela ne se fait pas, parce que je ne suis pas méchant et surtout parce que j'ai trop lu le père Epictète pour me laisser ainsi aller. Et puis Olive n'est pas aussi riche que cela sauf sur mon blog parce que j'aime bien caricaturer les gens. A la limite j'aurais peut-être pu dire que je m'appelais Lapinou (en citant son vrai nom) et que je suçais des bites au 06 .. .. .. .. ! Elle aurait été outrée et j'aurais fait d'une pierre deux coups en ternissant la réputation d'un jeune socialiste.

Comme je témoignais de ma mésaventure auprès d'un pote venu voter au même moment que moi, il m'expliqua qui était cette femme. Et effectivement à défaut de l'avoir vraiment connue, je pense me souvenir de son père, un brave artisan qui était venu souvent bosser chez le mien (mon père par mon artisan). Je me souviens encore de la reconnaissance qu'il affichait sur sa bonne face lorsque mon père bon prince, lui servait un apéro. Ce n'était pas tous les jours qu'on le recevait aussi gentiment dans les bonnes maisons. Et voici que sa fille, un peu montée en grade à une époque ou n'importe quel âne bâté peut obtenir un mastère, joue maintenant les princesses du tertiaire.

Bref, le droitard est un connard qui chie du coco sans s'en rendre compte. A ce petit jeu, il est encore plus performant que Mélenchon pour convaincre n'importe qui de se détourner de la droite. Parce qu'il est complexé de ses origines, trop modestes pour les accepter, mais aussi frustré que ses ambitions ne soient jamais assouvies car il ne sera jamais calife à la place du calife, le droitard opte pour une stratégie d'adaptation outrée consistant à refouler les émotions pour les remplacer par des arguments économico-sociétaux qui masquent mal son mal-être.

Bref, je ne regrette pas ce soir d'avoir envoyé l'UMP au carton avec son cortège de NKM, Morano et autre Bertrand. Parce que j'ai le souvenir que la droite de quand j'étais petit, ce n'était pas ça, c'était un truc pour les gens qui avaient de vraies valeurs comme le travail, le mérite et la réussite personnelle et rien d'autre. Ca pouvait être grande gueule, un peu macho, mais ça refusait jamais de taper la discussion avec le populo. Pas comme ces droitards américanisés à outrance, dans ce que les USA proposent de pire, qui se préoccupent plus de faire chier le prolo en lui interdisant de boire un coup, de fumer sa clope et en l'incitant à manger des fruits et des légumes.

Depuis que cette bande de cons se frotte d'économie et de sujets sociétaux, on a vu apparaître cette nouvelle race qui se croit plus intelligente en imaginant que les problèmes sont bien plus complexes qu'ils ne sont en réalité. Alors ça parle, ça refait le monde, ça reste ancré à droite de manière caricaturale en favorisant la cupidité mais ça surfe beaucoup à gauche en imitant ce qu'il y a de plus vain chez les intellos. Bref, alliance de la carpe et du lapin, cette droite là ne pouvait que perdre.

Un jour d'hiver tandis que je fumais ma clope à la terrasse non chauffée d'un rade du cinquième arrondissement, emmitouflé et perdu dans mes pensées, j'avais soudainement songé : "ça tu me le paieras fils de p... !" Pari réussi, il dégage dans quelques jours. Je suis peut-être banni des lieux de convivialité mais lui, il est viré de l'Elysée. Et ma foi, si je sais que je cesserai de fumer un jour, parce que je l'aurais décidé et non sur injonction d'un connard d'élu, je ne suis pas sur qu'il cessera lui un jour de ressasser cette journée qu'il vient de vivre. 

Après advienne que pourra avec Flanby, moi, je m'en tape, ce soir j'étais Brennus. Et pour conclure, vive le libéralisme qui place la personne en lui reconnaissant des droits fondamentaux et sans jamais la traiter en mineure incapable au centre des préoccupations.

En 390 avant J.C., Brennus s'empara de Rome. Brennos leur chef accepta de se retirer moyennant le versement d'une forte rançon de mille livre d'or. Une grande balance fut alors mise en place mais afin d'alourdir encore plus la rançon, les gaulois y placèrent plus de poids? S'apercevant de la supercherie, le Tribun militaire Quintus Sulpicius demanda de quel droit ils osaient ainsi truquer la balance. C'est alors que Brennus répondit "du droit des vainqueurs". Il s'avança alors et jetant en plus dans la balance son épée et son baudrier pour alourdir la charge, il s'exclama "Vae victis" (malheur aux vaincus).
Tite-Live, V, 48


Brennus en plus d'avoir prononcé son célèbre "Vae victis", aurait aussi dit "Ire fumat Nicolas, belga est "
 (Vas-y fume Nicolas, c'est du belge)

6 Comments:

Blogger ombre said...

Putain qu'il est vulgaire ce psy ! Ne vous souciez pas de lui, M Sarkozy, il est fou ! Nous on vous aime bien !

7/5/12 12:29 PM  
Blogger Io Froufrou said...

Ta description de la pétasse de droite qui toise le populo d'un air supérieur m'a mise en joie. Je subis la même à la banque, à la bibliothèque, à la boulangerie chic de la rue Vauban....
Quant à l'interdiction de fumer plus ou moins partout, je doute que la gauche revienne là-dessus. Tu es bon pour te geler encore pas mal de temps en ruminant sur Brennos le Victorieux.
Bonne journée!

7/5/12 12:35 PM  
Blogger Anne Onymous said...

En fait droitard et gaucho ce ne serait pas en fonction des idées politiques mais de l'attitude : celle d'être incapable de causer librement avec ceux qui ne partagent pas les mêmes opinions politiques.

Effectivement, ça rend les autres plus sympathiques. Reste, cher philippe, que c'est bien vous qui n'avez pas voté Sarkozy car pas assez libéral, et moi qui n'ai pas voté Hollande car trop libéral, qui sommes décrits comme les plus étranges du lot. Pourtant on a ensemble marqué l'histoire : 6% de votes blanc. Ca se fête !

7/5/12 3:33 PM  
Blogger V. said...

La petasse de droite rappelle celle qui dégoûte les enfants du piano dans un conservatoire de banlieue... Et sévit ici avec ses commentaires mimetiques... Comment s appelle t elle déjà ?
:-D

7/5/12 9:24 PM  
Blogger Lucie Trier said...

Tiens tiens. Google n'est pas votre ami, V.

La prochaine fois que vous espionnez obsessionnellement une de vos idoles, ayez au moins la finesse neuronale de sélectionner les bonnes informations. Surtout quand vous tentez d'insulter quelqu'un.
:-D :-D

D'où est parti tout ça déjà ? Allez je ne vais même plus essayer d'être empathique.

Ce que je sais de vos faiblesses et de votre vie, je ne le tiens pas de Google, et croyez moi ma belle, je ne sens pas suffisamment la merde pour jamais souhaiter l'utiliser un jour contre vous.

Seriez vous capable d'assumer ailleurs que derrière un écran votre vomi boursouflé de haine et votre frustration putride, je serais ravie de vous désinfecter. Mais vous n'en avez pas les couilles, n'est-ce pas ?

:-D :-D

Alors à moins qu'un mouvement étonnant se produise, vous allez à priori continuer. Et croyez moi encore, je vais vous laisser faire. Mon commentaire est égoïste. Vous dites certes n'importe quoi, mais vous m'avez manqué de la forme la plus élémentaire de respect.

Melle C.

12/5/12 4:05 AM  
Blogger Le cabinet des rugosités said...

Pour moi les droitards sont des valets contrariés et les chauchistes des envieux. J'ai voté blanc au premier tour, Flamby au second et c'est dans cette logique que je voterais aux législatives, je veux lui faire confiance.

Salutations

8/6/12 9:54 AM  

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