22 décembre, 2006

Lapinou joue au poker !



Chose promise, chose due ! Dans l’article précédent, je vous expliquais que j’étais éminemment moral et je vous le prouve. Je vous avais annoncé une histoire de Lapinou et la voici. Qui va être content ? C’est Hildebert bien sur ! Vous savez cet individu, qui m’écrit des commentaires, dans lesquels il m'explique qu' il a du mal à lire et à comprendre mes articles plus techniques.

Aujourd’hui, l’histoire s’intitule « Lapinou joue au poker ».


Dans la forêt hivernale, Lapinou est content car son ami Sébastien le petit âne, a organisé une soirée poker ! Lapinou, qui est très sérieux n’aime pas jouer aux jeux d’argent mais comme il est bon camarade, il a accepté l’invitation de Sébastien le petit âne.

Il est content car son ami Ourson sera là, de même que Laurent le petit bélier têtu, Shéhérazade la biche, Philippe l’étalon sublime, et d’autres encore ! Tous ont rendez-vous dans un restaurant, installé dans une jolie clairère, dans lequel ils vont dîner. Ensuite, ils iront dans la tanière d'un de leurs amis, Patrick le Porc-épic, afin de jouer aux cartes ! Si Ourson et Lapinou sont contents de retrouver leurs amis, Sébastien le petit âne, est lui, manifestement encore plus heureux de s’adonner à sa passion du poker, qu’au fait de voir ses amis car il parle bien peu du repas mais beaucoup des cartes !

Hélas, Patrick le Porc-épic, ne pourra pas se rendre à cette soirée et bien sur, la partie de poker ne pourra pas avoir lieu chez lui ! Tant pis, ils vont finalement se retrouver à six et ce sera tout de même une bonne soirée ! Ce n’est pas grave se dit Lapinou, du moment que je vois mes amis, je suis content, je me fiche bien de ne pas jouer au poker. C’est encore mieux finalement car on pourra discuter entre nous !

Le soir venu, le temps est maussade, il y a eu du vent toute la journée et il a beaucoup plu ! Mais Lapinou n’en a cure et se prépare et il est tout guilleret ! Ils ont tous rendez-vous dans un joli restaurant, dans lequel, Lapinou, sait qu’il y a d’excellentes carottes : il en salive à l’avance ! Ourson de son côté, se hâte, sa journée de travail terminée, afin d’être à l’heure au rendez-vous ! Laurent le petit bélier, fait de même et, Shéhérazade la biche, se moque bien de savoir qu’elle mettra deux heures à rallier le rendez-vous tant la forêt est épaisse : elle viendra car elle est courageuse ! Et chacun des amis, si heureux de se retrouver faisant, contre fortune, bon cœur, se décide à braver le mauvais temps pour se rendre au rendez-vous !
Dans leur hâte, tous se retrouvent finalement en avance et décident d’attendre dans un estaminet à côté du restaurant ! Un seule manque à l’appel : Sébastien le petit âne ! On lui téléphone, on le presse de venir, on le supplie presque, tellement on serait content de le voir. Mais, rien n’y fait ! Sébastien le petit âne, buté a décidé de ne pas venir ! « Il fait bien trop froid pour que je vienne et en plus il risque de pleuvoir, je préfère rester chez moi ! » gémit-il en expliquant les raisons pour lesquelles il ne viendra pas ! Ses amis tentent vainement de le raisonner, de le convaincre de venir, mais rien n’y fera : Sébastien le petit âne se braque. Il ne veut pas venir et ne viendra pas !

Dépités, Lapinou et ses amis, décident d’aller dîner car il est l’heure ! Installés à table, ils constatent qu’il y a une chaise vide, celle de Sébastien le petit âne, et ils sont bien tristes et trouvent qu’il aurait pu faire un effort de venir ! Après tout, c’est lui qui était à l’initiative de la soirée ! Philippe, le superbe talon, noble et fier, va plus loin et soupçonne même Sébastien le petit âne, d’avoir décommandé non, parce qu’il pleuvait mais simplement parce qu’il n’aurait pas l’occasion de jouer au poker ! Mais, tant pis et leur dîner se passe bien. Les amis parlent, mangent et passeront finalement un bon moment. Mais depuis ce jour, ils aiment un peu moins Sébastien le petit âne qui ne vient pas aux soirées quand il pleut ! Tous le trouvent peu courageux et un peu immature ! Philippe est même allé plus loin car il lui en a beaucoup voulu de ne pas être venu et lui a expliqué sa façon de voir de manière très brutale et il s’est fâché avec lui ! C’est bête mais c’est ainsi, les blessures affectives sont longues à cicatriser.

Quelle est la morale de cette histoire ? Et bien, petit lecteur, elle est fort simple ! Souviens toi bien, petit lecteur, si toi non plus, tu ne veux pas être déçu par un ami, choisis-le bien et souviens-toi toujours que si tu as constaté que ton ami ne faisait pas d’efforts pour lui-même, il n’y a aucune raison pour qu’il en fasse pour toi. Si ce n’est pas trop dur pour toi, lis bien l’extrait suivant de la lettre que Sénèque adresse à son jeune disciple Lucilius, afin de lui expliquer comment choisir ses amis et réfléchis bien à ce qu’il explique.


« 1. Tu as chargé de lettres pour moi, à ce que tu m’écris, un de tes amis. Puis tu me préviens de ne pas lui communiquer tout ce qui te touche, attendu que toi-même n’es point dans l’habitude de le faire. Ainsi, dans la même lettre, tu le reconnais pour ami et tu le désavoues. Ainsi ce mot, par où tu débutes, était une formule banale : tu disais mon ami, comme on dit l’honorable homme de tout candidat possible, comme le passant, dont le nom ne nous revient pas, est salué par nous du titre de maître. […] 2. Mais si tu tiens pour ami l’homme en qui tu n’as pas autant de foi qu’en toi-même, ton erreur est grave et tu connais peu le grand caractère de la véritable amitié. Délibère sur tout avec l’homme de ton choix, mais sur lui-même au moment de choisir. Ami, sois confiant ; avant d’être ami, sois juge. Or ils prennent au rebours et intervertissent leurs devoirs ceux qui, contrairement aux préceptes de Théophraste, n’examinent qu’après s’être attachés et se détachent après l’examen. Réfléchis longtemps sur l’adoption d’un ami ; une fois décidé, ouvre toute ton âme pour le recevoir ; parle aussi hardiment devant lui qu’à toi-même. » […]

Sénèque, Lettres à Lucilius, Lettre III, « Du choix des amis », Traduction de J. Baillard.

« On reconnaît l’arbre à ses fruits » Matthieu, VII, 15-21

1 Comments:

Anonymous Anonyme said...

en bon narcissique je ne reconnais donc que moi meme comme ami dans ta définition! c un peu trite! évidemment je plaisante et cet "article" me plait beaucoup plus que les précédents sans doute parce que tu m'égratignes moins!!! rires!
hildebert-hubert

22/12/06 9:57 PM  

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