11 juillet, 2008

Voyage 2 - L'arrivée !


Moi qui pensais que la Lorraine était une région toute plate, je me suis trompé. Sitôt Saint-Dizier, la dernière ville de Champagne passée, ça monte et ça descend ; les grandes plaines ondulées laissent leur place à un paysage plus escarpé. La sortie Foug est enfin annoncée, on roule un peu sur la D11 et on arrive enfin à Foug.

Et là, c'est le dépaysement total ! Tout d'abord, la ville s'accroche à une colline boisée en forte pente et il faut grimper. Le paysage est très joli. Enfin, le premier commerce local, qui est fermé, a un drôle de nom puisqu'il s'agit d'un PMU dont le nom semble être TVY. Alors est le "Tvy"ou le "T.V.Y." ? En nous rapprochant, on constate que les facétieux anciens propriétaires avaient appelé leur café le "Tex Avery "mais que la plupart des lettres sont tombées.

Nous parvenons enfin dans la rue centrale où nous tournons, pour nous rendre dans la rue où Laurence nous attend. Et là, c'est un choc culturel qui nous attend. Jusqu'à présent, notre promenade en province n'avait rien eu de choquant. Les autochtones étaient fort aimables et les cafés que l'on m'a servis tout à fait buvables. Mais là, nous entrons dans la quatrième dimension.

Le pavillon où nous attend Laurence se pare d'un ravalement neuf d'une couleur peu commune. C'est le genre de peinture que l'on doit payer très cher, parce que je suis sûr que cela n'existe pas en standard. J'ai un copain qui a fait sa maison en jaune moutarde, un autre en violet, et bien là, ils sont battus tous les deux ! Mais les couleurs bizarres, ça doit être culturel, puisqu'en arrivant à Foug, on avait aperçu une maison accrochée à la colline parée d'un joli bleu pervenche. On s'est dit que cela devait être un fan de Maxime Le Forestier.

L'intérieur est aussi rutilant que l'extérieur. La propriétaire des lieux doit passer le temps libre, que lui laisse son activité de décoratrice de boîtes de thon, à faire du ménage. Où que l'on aille, quelle que soit la pièce, l'endroit, tout est impeccable, tant et si bien que je soupçonne mon épouse d'être très dilettante parce que chez nous, ce n'est pas aussi net. Dès qu'on rentre de Lorraine, il faudra que ça change ! C'est tellement propre et rutilant d'ailleurs, qu'on se demande si des gens y vivent vraiment.

Peut-être que c'est une sorte de pavillon témoin, entretenu à grands frais par la mairie, pour faire croire qu'il y a aussi des gens normaux qui vivent à Foug ? Faudra que je me renseigne ! Par contre dans un placard, j'ai vu des spätzle, et ça c'est pas beau. Parce que si des lorrains en viennent à bouffer des trucs alsaciens, que restera-t-il de la haine qui existe entre ces deux provinces ? Peut-être qu'en fait, ce pavillon tout propre, trop propre pour être vrai, est entretenu par un alsacien qui se fait la tambouille de temps en temps et qui stocke sa bouffe dans les placards. Enfin bref, y'a un truc pas clair !

Les habitants d'un petit immeuble pimpant nous offre ensuite ce qui est sans doute une forme de parade d'accueil. Tandis qu'en Polynésie, des vahinés vous accrochent un collier de fleurs au cou, à Foug, c'est différent.

Des enfants hâves et dépenaillés roulent à vélo au milieu de la chaussée en se jetant des pétards au visage, et non loin, une énorme femme est assise, immobile comme figée, sur un plot en ciment et nous observé fixement sans rien dire. C'est la sentinelle de Foug.

Je suis un peu désarçonné. Je rentre la voiture dans la cour et me précipite pour aller fermer la grille. Laurence a beau me dire qu'ils ne la ferment jamais, je ne suis pas en confiance. Arrivé près de la grille, le visage de la grosse femme catatonique s'anime soudain, et esquissant une grimace qui se veut un sourire, elle me lance un tonitruant "ifépabohein ?", que je traduis immédiatement par "il ne fait pas beau n'est-ce pas ?".

Souhaitant me montrer aimable, je lui réponds qu'effectivement le temps n'est guère clément ; ce à quoi elle me hurle de nouveau : "ifépabohein ?". Comprenant que la pauvre ne jouit sans doute pas de toutes ses facultés, je la salue courtoisement de la tête et rentre en courant me réfugier dans la maison. Si Bienvenue chez les chtis ne m'a pas fait rire, Bienvenue chez les lorrains me terrifie. J'ai un peu peur qu'ils ne soient tous comme cela et je comprends pourquoi Laurence vient si souvent à Paris.

Secrètement, je me mets à rêver d'une chambre avec des barreaux aux fenêtres, munie d'une porte fermant à clé, et d'un fusil à pompe chargé planqué sous le lit. Même la Corse où je suis allé avec mon épouse, ne m'avait jamais fait cet effet là. Si le Corse peut se montrer parfois rugueux, le Faouin semble carrément sauvage.

Nous nous installons dans nos quartiers puis redescendons prendre un café sur la terrasse. Avisant une triste et grise maison qui semble presque abandonnée que l'on aperçoit non loin de là, je demande à Laurence si des gens y vivent, n'osant imaginer leurs conditions de vie. Elle me répond que c'est dans cette maison qu'on a retrouvé un nourrisson mort dans un congélateur. Désireux de me monter courtois, je feins l'indifférence n'osant pas heurter Laurence en lui disant que dans son patelin, tout semble décidément curieux. Je suis curieux de savoir ce qu'elle cache dans son congélateur.

Après nous être un peu reposé, nous décidons de reprendre la voiture pour nous promener et visiter le village et ses environs.

Une magnifique plante verte sur la terrasse de Laurence !

1 Comments:

Blogger Sébastien said...

Hahahaha, sérieux je me bidonne; j'espère qu'il y aura d'autres articles sur cette belle mais rude région qu'est la Lorraine, car j'y ai vécu longtemps avant de m'expatrier. Foug me fait penser à mon village d'enfance qui s'appelait Thélod, entre Xeuilley, Vézelise ou encore Parey St-Césaire. Bon dieu c'est ce que j'appelle du vrai exotisme !

Comment des producteurs avisés n'ont pas encore fait pour imaginer une sorte de Koh-Lantah dans cette région !!!

14/7/08 7:02 PM  

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