11 décembre, 2008

Petit con va !


Et toc planté là comme une merde. J'attendais tranquillement. Au quart, j'envoie un SMS à ce nouveau patient. Dix minutes passent et rien. Je lui laisse un message. Et ce petit con daigne m'envoyer un SMS expliquant : "doit annuler. reprends contact". Le genre même de message qui me donne l'impression d'être congédié comme un domestique et encore, les domestiques ont des droits et peuvent aller aux prud'hommes.

C'est drôle je l'avais senti au téléphone que ce type me poserait des problèmes. Je le sentais jeune et intelligent, mais du genre à "se la raconter". Rien que son annonce sur son répondeur de GSM sentait le demi-sel, le cave qui se la joue wiseguy. Il dit "bienvenue sur le répondeur de Monsieur X". Petit con va ! Je vais t'en donner du "monsieur" moi !

C'est très intuitif mais je sens tout de suite le petit con, quand j'en ai un au bout du fil. Je ne sais pas à quoi je les reconnais. Une manière de mal s'affirmer, de me parler un peu de haut, comme s'ils venaient me voir mais n'en avaient pas vraiment besoin dans une vaine et illusoire tentative de contrôler leur pauvre monde qui s'écroule. Généralement, ils carburent à la coke ceux-là. Car comme disent certains héroïnomanes que j'ai reçus, "la coke est vraiment la came du blaireau qui veut jouer les cadors". Et c'est vrai qu'il y a des différences de taille entre la personnalité d'un héroïnomane et celle d'un cocaïnomane comme l'explique Bergeret.

Le cul sur mon fauteuil, fulminant de rage d'être planté, ce que je déteste au plus haut point, je laisse retomber ma colère parce que sinon je l'aurais insulté au téléphone ce petit trou du cul. Puis perfidement, une fois calmé, je renvoie un SMS expliquant "ne rappelez que si vous payez cette consultation. sinon consultez ailleurs. merci".

Le fric fait toujours réagir ce genre de petits connards. C'est le seul moyen de les responsabiliser. Sinon vous devenez vite leur domestique pour qui ils n'ont plus aucun respect. Il rappelle aussitôt et se met à geindre qu'il a eu une urgence. Je lui explique que cela n'est pas mon problème et qu'il aurait pu au moins m'appeler avant la séance et non pas vingt cinq minutes après l'heure à laquelle il aurait du arriver.

Il bredouille, bafouille, il m'assure qu'on lui a dit que j'étais très bien. Le salopiaud tente de m'amadouer comme si j'étais sa mémé qui va lui faire son chocolat et lui beurrer ses tartines. Et croire tous ses mensonges Je lui dis que je suis très bien mais que ma gentillesse ne saurait être de la faiblesse. Je rajoute que c'est à lui de voir mais qu'il peut consulter ailleurs car nous sommes quelques milliers mais qu'en tout état de cause, j'estime qu'il me doit déjà une séance.

Il trouve que c'est injuste et commence à se lancer dans une longue explication à laquelle je mets fin rapidement. Je lui réitère mes conditions en lui rappelant qu'il est libre ou non de les accepter. Il répond encore qu'il trouve cela injuste et je le sens presque bouder au téléphone le fier-à-bras.

Je clos la conversation en lui expliquant que les notions de justice et d'injustice peuvent être utilement débattus en séance mais que je ne consulte pas par téléphone.

Il m'explique alors que je n'ai pas le droit de faire cela. Je lui réponds que j'ai tous les droits et aussi celui de ne pas le recevoir. Je reprécise que la notion de droits et devoirs pourra être approfondie en séance mais pas par téléphone. Au surplus, le sentant très tendu, je rajoute que même sans m'avoir rencontré, il peut considérer que la thérapie a commencé puisque je le sens déjà énervé au téléphone.

Goguenard, je lui assure qu'on commence à grandir dès lors qu'on endure ses frustrations et que l'on apprend à respecter un cadre. Et toc, le saluant aimablement, je raccroche en lui disant de ne pas hésiter à me recontacter.

Dix contre un qu'il va me rappeler !

20 Comments:

Blogger Thermoglace said...

En tant qu'héroïnomane (quoique en sevrage depuis une dizaine d'années), je suis bien content de savoir qu'on ne me met pas dans le même sac que les trous-du-culs cocaïnophiles.

Pas la même weltanschauu… weltanshaun… woltanschau…
enfin merde, pas le même dêlire, quoi !

11/12/08 9:51 PM  
Blogger El Gringo said...

Dix contre un qu'il mordra une boule rouge avant de recevoir sa fessée!

11/12/08 9:51 PM  
Blogger dsl said...

Bien vu ! Et sinon, c'est quoi le sujet du billet ?

11/12/08 9:58 PM  
Blogger Rubin said...

À la lecture de ta discussion téléphonique avec ce mec, je résiste mal — pas du tout, en fait — à faire référence à ça.

11/12/08 10:14 PM  
Blogger marie said...

Un bon traitement de choc.... j'espère que nous aurons des nouvelles de ce client "tétinomane"

11/12/08 10:35 PM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

Ouais !!!

Mort de rire...


Fais gaffe, le p'tit con, tu risques le tarif double :

1- Psy
2- Professeur de courtoisie

Toju.

11/12/08 11:27 PM  
Blogger J said...

Echec et mat !

12/12/08 1:12 PM  
Blogger Marino said...

Nounours n'aime pas se faire poser un lapin !
Aujourd'hui,je suis la 204001° lectrice !

12/12/08 3:06 PM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

En fait, c'est la curée tous ces commentaires.

Toju

12/12/08 9:47 PM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

Je veux préciser que la ponctualité est en effet une règle de courtoisie de base.

Toju

12/12/08 9:52 PM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

Le fait d'arriver à l'heure est un hygiène de vie et un respect d'autrui.

Toju

12/12/08 9:53 PM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

Je comprends votre colère vis à vis de ce manant qui se permet de prévenir très en retard, et ainsi de vous faire perdre votre temps.

Toju

12/12/08 9:54 PM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

Arriver en retard, c'est déjà une manière de dire : "mon temps est plus précieux que le votre".

C'est une manière de faible.

Un fort peut s'autoriser la ponctualité à l'égard de tous.

Toju

12/12/08 9:55 PM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

"Goujaterie", oui votre terme peut sembler très adapté à la situation d'un individu qui se permettrait d'arriver en retard.

Toju

12/12/08 9:57 PM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

Mort de rire, mort de rire, je suis mort de rire.

Pardon, monsieur Philippe Psy, Ô grand et noble blogueur intersidéral, votre leçon sur la ponctualité m'a interloqué.

Toju

12/12/08 9:58 PM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

Mais pourquoi donc ?

Toju

12/12/08 9:59 PM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

Car .... l'homme le plus souvent et le plus largement en retard que je connaisse sur cette Terre se trouve être l'auteur d'un blog célébrissime...

Toju

12/12/08 10:00 PM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

Oui, hé oui, l'homme en retard par excellence est son Excellence...

Toju

15/12/08 9:44 PM  
Blogger Robert Marchenoir said...

Ces relations de psychothérapies sont instructives et amusantes à lire. Elles posent toutefois un problème déontologique, et je m'étonne qu'il ne soit jamais évoqué ici.

A moins que ces histoires ne soient inventées ou complètement transformées (ce que je ne crois pas, à part l'épisode du zurna), il est clair que les patients concernés peuvent se reconnaître.

Il est tout à fait possible, même, que les proches de certains puissent les identifier. Je pense, par exemple, au jeune professeur qui s'est fait mettre un an en maladie pour courir l'Italie et l'Amérique du Sud aux frais de ses concitoyens.

Donc, si tous les événements relatés ici sont exacts, vous prenez le risque à la fois d'alerter des tiers sur le fait qu'une personne de leur entourage suit une psychothérapie (ce qui peut lui être tout à fait préjudiciable), de leur révéler une partie du contenu de cette psychothérapie, de montrer à vos patients que vous ne respectez pas le secret dont ils croyaient vos échanges entourés, et enfin de leur laisser voir, à l'occasion, tout le mal que vous pensez d'eux, ce qui détruit le devoir de neutralité qui s'impose à quiconque fait profession d'amener des personnes psychologiquement fragiles à exposer le tréfonds de leur âme à un inconnu. Bref, il me semble que vous trahissez la confiance de vos patients.

J'ai beau retourner la question dans tous les sens, je ne vois pas comment cela pourrait être compatible avec votre métier. (Là encore, je suppose évidemment, jusqu'à preuve du contraire, que ce que vous écrivez est vrai, que vous êtes réellement psychothérapeute, etc).

19/12/08 10:39 PM  
Blogger Andie said...

Je crois que vous avez effectivement croisé une personne de suffisamment faible pour pouvoir le mettre en boîte aisément pour une histoire de rdv à deux balles..
pour ma part j'aurais répondu par sms : tu peux toujours attendre l'argent et allez te faire foutre, il y a des milliers de psychiatres à Paris..
parce que là en l'occurrence il s'agit plus de savoir qui pisse le plus loin, c'est à dire d'orgueil mal placé, une bataille de testicules plutôt que de courtoisie.. les imprévus de dernière minute arrivent, et sur ce point les médecins sont très réputés pour être en retard en permanence sous prétexte que des gens dépendent d'eux..
en plus de payer la consultation il faudrait leur lécher le cul avec, c'est le forfait 2 en 1, pack produit nettoyant pour miroir, histoire de s'y voir joli..
Cordialement..

23/8/14 7:57 AM  

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