09 décembre, 2008

La persévérance paye toujours !

Le combat homérique !

Parfois, on se lève, il y a un temps froid et gris, on se dit que ça va être journée comme une autre, une de plus, encore une.

Et puis non, parce qu'il suffit de s'asseoir dans un café, de prendre le Parisien qui traîne sur le comptoir, pour voir sa journée changer.

J'ai ainsi appris que l'UE a fixé lundi un calendrier pour bannir progressivement des maisons les ampoules traditionnelles (de 25 à 100 watts) qui cesseront d'être commercialisées le 1er septembre 2012, détrônées par les lampes de nouvelle génération consommant jusqu'à cinq fois moins d'électricité.

Il parait que notre bon ministre Jean-Louis Borloo était ravi de cette avancée. Et moi, je suis bien content pour lui de savoir qu'il a enfin trouvé une raison de percevoir un salaire. Croyez-moi, rien n'est pire que d'être placardisé quand on travaille. Il n'avait pas eu beaucoup de pot avec son idée de taxe pique-nique touchant les couverts et assiettes en plastique ou carton, mais là on voit que la fortune sourit toujours aux audacieux. Et pourtant la bêtise inouïe de cette taxe pique-nique aurait du lui permettre d'accéder à la première marche du podium dans un système politique où la prime va généralement au plus con de tous !

L'ami Jean-Louis ne s'est pas laissé démonter. Puisqu'il ne pouvait pas nuire aux pique-niqueurs, il s'est dit qu'il pourrait emmerder encore plus de monde en soumettant la population entière à un éclairage aussi gai que celui d'une morgue. C'est vrai que c'est chouette de savoir que d'ici quatre ans, on s'éclairera tous à la lueur froide, et blanchâtre d'ampoules à basse consommation.

Le prochain patient qui ose se plaindre dans mon cabinet en me disant qu'il a peur de ne pas s'en sortir, je lui dirai de cesser de geindre et de songer à Jean-Louis Borloo, qui lui s'est accroché et a fini par exister et trouver sa place dans la société.

Parce qu'exister à tout prix est quelque chose de profondément humain, la plupart de nos contemporains songent toujours que seules de grandes actions sont susceptibles de légitimer une vie sur terre. C'est évidemment faux !

Nous avons tous besoin les uns des autres et finalement l'humble paysan qui sème son blé dont le brave boulanger fera du pain est aussi utile que le génial Pasteur. En ce sens, l'exemple de Jean-Louis Borloo force l'admiration en ce sens qu'il illustre parfaitement que l'on peut être médiocre, arriviste, sans inspiration, et avoir un net penchant pour la bouteille, mais parvenir tout de même à exister à force de persévérance.

Je parie même que lorsque l'on parlera de ces humbles, que l'on ne regarde jamais, à qui l'on n'attache jamais aucune apparence, mais qui à force de persévérance sont parvenus à laisser une trace, fut-elle ténue (roi des plus gros mangeurs de hamburgers, champion de l'imitation du cri de cochon, recordman du crachat de noyau d'olive, etc.), on dira d'eux que leur existence fut boorléenne pour souligner qu'à force de persévérance ils finirent par exister à n'importe quel prix.

Quand Emerson a dit "que la chance n'était qu'un vain mot pour désigner la ténacité dans les projets", il n'avait pas tort !

Enfin, j'écris, j'écris, ... et je me demandais si on ne pourrait pas interdire les petites loupiotes qui éclairent les digicodes la nuit venue ? Ce serait une autre manière d'économiser l'énergie. Et les lampes dans les réfrigérateurs d'ailleurs, à quoi servent-elles ? Après tout il suffit de ranger les aliments toujours à la même place et on saura les retrouver même dans le noir. On ne pense vraiment pas à tout !

Tiens, je me demande si je ne ferais pas une bonne recrue au ministère de l'écologie ?

5 Comments:

Blogger Laurence said...

Ah ce Borloo, quelle lumière...

9/12/08 6:39 PM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

Je prends le train de temps en temps.

Il y a quelques jours, j'ai entendu un message ahurissant qui égrennait les interdits :

- interdiction de fumer
- interdiction de fumer lors des arrêts en gare en descendant sur le quai
- obligation de composter son billet ( les contrôleurs ont depuis quelques années la flemme de faire un contrôle systématique et on fait installer dans toutes les gares des pointeuses qui font une partie de leur travail)
- obligation de présenter les documents justificatifs d'un tarif réduit
- obligation d'étiqueter tous ses bagages

S'en suivaient des consignes sur le déplacement à l'intérieur du train munis de son billet, et le rappel d'interdiction d'utiliser son téléphone dans les rames.

*******

L'inventaire des interdictions et des obligations clamées dans un haut parleur réglé trop fort m'a évoqué des images sordides...

Bientôt il faudra entrer en résistance...

Toju.

9/12/08 8:05 PM  
Blogger Criticus said...

Une question d'ordre écologique - et donc éminemment borléen - à se poser : combien d'ampoules à basse consommation seront nécessaires pour égaler la luminosité d'une normale ?

9/12/08 8:53 PM  
Blogger monoi said...

J'ai mieux a faire que de verifier, mais je ne serais pas surpris si cette mesure avait ete prise par des bureaucrates de la commission, et le Borloo n'en est en rien responsable.

Ce qui serait encore plus fort!

10/12/08 9:05 AM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

En fait, pour poursuivre sur mon monologue, il est fort peu étonnant qu'une fourmilière de syndicalistes amis du collectivisme et du discours normatif qui le soutient, soit tout à fait à l'aise avec une foultitude d'obligations et d'interdictions crachées dans un haut parleur.

C'est le paradis socialiste.

Toju

15/12/08 9:46 PM  

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