18 décembre, 2008

Pour ne rien dire !


Et hop, une tite demie-heure à tuer, alors me voici. J'écris tout en bouffant une succulente salade mexicaine en boîte de marque distributeur. Autant vous dire que moi, je sais vivre !

Bon alors que vais-je écrire ? Je n'en sais foutre rien. D'autres que moi, auraient pu mettre à profit ce temps pour méditer, faire le vide dans leur esprit, mais pas moi. Mon ami Sylvain se serait assis en position du Lotus à même la moquette et aurais sans doute lévité mais moi, rien de tout cela. Côté méditation, je suis nul. Plutôt que de me vider la tête, je donne dans la boulimie blogueuse, dans l'écriture orgiaque. Enfin, venir parasiter la tête des autres est aussi une bonne manière de me vider la mienne.

En plus, j'avais des condoléances à écrire, j'aurais pu prendre ce temps pour le faire. Il se trouve que lundi, j'avais ma réunion de copro dans l'immeuble où j'ai mon cabinet. Comme j'avais mal à une dent et que j'étais fatigué, j'ai décidé de ne pas y aller. Je file donc mon pouvoir dument signé à un chouette voisin en le mandant de me représenter. Et ce matin, je trouve un faire-part qui m'apprend qu'il est décédé la semaine passée. C'est con, c'était un chouette voisin, un de ces vrais parisiens, pas un de ces péteux de provinciaux qui se la racontent. En plus, il avait de très belles moustaches comme François-Ferdinand de Habsbourg.

Donc, il faudra que je me fende d'une belle lettre de condoléances à son épouse. Mais ça va, c'est un style que je maîtrise plutôt bien. Dès que s'estompe l'amuseur crétin, ne reste de moi que le sombre capricorne capable de vous rédiger des éloges funèbres à rendre jaloux Bossuet lui-même.

Sinon, puisque je suis parti pour écrire et ne rien dire, j'ai tout de même vécu quelque chose de grand ce matin alors que j'arrivais un peu avant mes consultations. Je m'assieds comme d'habitude à la terrasse d'un café. J'avise deux jeunes gens assis à la table d'à côté. La fille est jolie mais le type a une tête à claques, dans le genre bouche en cul de poule, discours ampoulé et grosses lunettes carrées. Je lui donne dans les 35/37 ans, donc ni très jeune mais pas encore vieux.

L'air de rien, je l'écoute et à un moment donné il profère un truc tellement atroce, que je prends un stylo et que je le note sur le livre que je suis en train de lire. J'ai carrément salopé un livre pour ne pas oublier sa connerie. L'air pénétré, il explique à la demoiselle qui boit ses paroles qu'il est en train de "créer un espace de mutualisation pour tous les artistes vidéastes qui font des interventions etc.".

Puis, toujours pénétré de son importance il poursuit en disant qu'il a déjà trouvé un local mis à disposition par la commune et qu'il est parti depuis peu à la recherche de subventions. Je suis pris d'une rage subite et je le regarde. Il doit sentir quelque chose parce qu'il se retourne vers sa copine. Quant à moi, je tourne aussi la tête contemplant le spectacle navrant d'une bande de lycéens en grèves écoutant un trou du cul hurlant debout sur un banc.

Brefs où que je regarde, j'assiste à la décomposition de la société. A ma droite, le cultureux subventionivore insatiable tandis qu'à ma gauche, j'ai le droit à une bande d'ados n'ayant pas le droit de vote, ne produisant rien, mais ayant djà compris comme fonctionne la société, à savoir que plus on gueule, plus on fout la merde, mieux on est servi.

Je me mets à imaginer que je saisis la tête du cultureux vidéaste pour la cogner avec force (et à plusieurs reprises) contre la table en marbre du bistro. Tiens j'étais tellement énervé que j'avais déjà mon texte en tête. Je lui aurais dit, tout en le frappant " Quand vas tu enfin travailler ? Jusqu'à quand crois-tu qu'on va financer tes merdes, espèce de sombre connard ?". Et tout en me répétant cela, je frappais, je frappais et mon Dieu, quel délice. Pour le coup, le sombre capricorne était passé sur son ascendant bélier, et ça faisait du bien. Et puis, je risquerais quoi ? Si pour avoir tué dix huit personnes, les trois gamines ont pris maximum quatre ans, moi pour un vidéaste, logiquement je devrais m'en tirer avec six mois avec sursis non ?

Puis, je me suis levé, j'ai longé le groupe de lycéens grévistes. L'espace d'un instant, je me suis vu balançant une grenade ou une rafale de quelque chose dans le tas, puis enfin calmé, je suis allé à mes rendez-vous. Me rappelant, les cours de psychopathologie et psychodynamique du travail, je me suis dit que notre beau pays, privé de plus en plus du réel, s'installait de plus en plus dans ce que l'on nomme l'aliénation culturelle.

En gros, l'aliénation culturelle s'installe quand Ego (le moi d'une personne) a perdu le sens du réel, par exemple qu'il faut travailler pour vivre, mais continue à bénéficier de la reconnaissance d'Autrui, lequel est aussi coupé du réel. Ego et Autrui se reconnaissent mutuellement dans le déni et la méconnaissance du réel.

Cette aliénation culturelle se retrouve souvent dans les sectes ou bien dans ls grandes administrations ou encore dans les comités centraux des partis politiques qui perdent leurs rapports avec la base. Et de manière générale dans tous les lieux de pouvoirs (états majors, élus, artistes subventionnés, syndicats d'entreprises publiques, etc.) où existent des interprétations du monde erronées et dont les membres se confortent au point de passer leur vie à côté de la réalité.

N'ayant pas la chance d'être vidéaste subventionné, je retourne bosser et friser l'aliénation sociale. Quant aux trois formes d'aliénations, je vous en parlerai prochainement. Mais bon, ça me demandera du boulot.

9 Comments:

Blogger El Gringo said...

Stoïque?

18/12/08 11:28 PM  
Blogger marie said...

je fais comme le psy, je me retiens encore. Afin de nous délivrer d'envies criminelles qui peuvent nous assaillir, j'imagine une thérapie de groupe :nous pourrions être une bonne bande devant l'Assemblée à organiser -style flash mob - une déculottée massive , nos trous du cul face au bâtiment seraient le reflet de ce qu'ils sont. La racaille de journalistes de l'AFP seraient conviés à cette cérémonie... une action à retombée internationale à coup sûr !
Qui organise ?

18/12/08 11:49 PM  
Blogger philippe psy said...

Stoïque ou quasi-mort à ce monde ?

19/12/08 1:54 PM  
Blogger J said...

La meilleure leçon à infliger aux aliénés coupés de la réalité n'est-elle pas simplement... de laisser la réalité leur mettre des claques ? Oh, partir sur la pointe des pieds, et les regarder de loin invoquer Sainte-Subvention et Saint-Etat-Providence en vain, taraudés par la faim et le chômage ?

Dans ma religion, on appelle cela la Thérapie du Tabouret de Bar.

19/12/08 4:21 PM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

Voilà une vidéo pro life de toute beauté :

http://www.youtube.com/watch?v=yfY1ATKobPw&eurl=&feature=player_embedded


Toju

20/12/08 12:29 AM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

Ca y'est, j'ai trouvé une idée pour être plus lisible.

Commencer toujours par des faits.

Toju

20/12/08 4:33 PM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

Je suıs dans un hotel à Istambul. Il y a des :

ğğğğ
ĞĞĞĞĞĞĞĞĞĞĞĞĞ
şşş
ŞŞŞŞŞŞ
üüü
ÜÜÜÜÜÜ
ççç
ÇÇÇÇÇÇÇÇÇÇÇÇ

et aussı des drôles de "ı" sans accent :

ıııııııııııııııııı



J'avais une correspondance pour le Caire, où j'espère arrıver avant noel...mais le retard du premıer avıon nous scotche là pour 24 H.

Du coup on vısıte İstambul demaın et on repart le soir(avec ma femme et mes deux fılles).

Et hop.

Toju

22/12/08 1:38 AM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

La je m'en suıs tenu aux faıts.

Sauf le "et hop" fınal.

Tout est dqns le "et hop", dont une allusıon a Achılle Talon, venere par Monsıeur Phılıppe Psy.

Bon, j'arrete, ce clavıer QWERTY et ses lettres ıncongrues me cassent les noısettes.

Toju

22/12/08 1:43 AM  
Blogger alice la fesse said...

De quoi vous souffrez exactement, M. PHILLIPE ?
De ces petits cons comme nous ?
De votre métier qui vous paraît aussi intéressant qu'enmerdant ?
Ah non exscusez moi, ce sont vos patients... d'emmerdants.
Mais j'aurais quand même souhaiter savoir de quoi vous "souffrez".

20/2/09 9:00 PM  

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