26 février, 2010

Défense d'uriner !


Il est finalement assez rare que je sois le premier psy que les gens consultent. Assez souvent, dans une période plus ou moins récente, un patient qui débarque dans mon cabinet a déjà consulté un ou plusieurs confrères.

Parfois cela a été utile. D'autres fois, je constate que rien n'a été réglé et que la psychanalyse miracle poursuivie sur des années n'a pas vraiment eu les effets escomptés. Comme les gens n'aiment pas avoir l'impression d'avoir été volés ou trompés, ils me racontent que si cela n'a pas tout réglé, cela les a "beaucoup aidés tout de même". Moi, j'acquiesce poliment sans rien dire.

D'autres fois, quand ils se sentent plus en confiance, certains patients me racontent leurs expériences psychothérapeutique passées. Certaines fois, c'est assez ahurissant et je comprends qu'on estime que les psys sont à moitié dingues.

Dernièrement une patiente arrivée un peu en retard et essoufflée, m'a demandé quasi-implorante l'autorisation d'utiliser mes toilettes, ce que j'ai accepté bien évidemment. Une fois sortie, elle me remercie avec beaucoup de reconnaissance ce que je trouve étonnant parce qu'il me semble que je n'ai rien fait d'autre que de laisser quelqu'un utiliser les toilettes de mon cabinet ce qui ne me semble pas d'un altruisme extraordinaire.

Elle me raconte alors que son dernier psy avait refusé qu'elle urine chez lui au motif que "symboliquement tout ce qu'elle déverserait de cette manière en urinant était une manière de ne pas déverser par les mots ce qu'elle devait lui dire en face au cours des séances". Après m'avoir raconté cela, elle m'expliqua qu'elle l'avait déjà trouvé bizarre à deux ou trois reprises.

Que penser de tels comportements ? Soit ce type est à la masse comme seuls savent l'être les freudiens orthodoxes ayant en plus compris tout Lacan. Il en existe encore et on aurait tort de croire que Gérard Miller soit le dernier survivant. D'ailleurs je me suis amusé depuis des années à noter sur un petit carnet les phrases délirantes que me rapportaient mes patients à propos de certains de leurs thérapeutes précédents.

Mais il se peut aussi que ce soit simplement un gros goret qui a des toilettes sales et n'a aucune envie que sa patientèle le sache.

3 Comments:

Blogger Vlad said...

...A moins que les commodités n'aient été elles-mêmes utilisées peu de temps avant par le psy. Celui-ci ne souhaitant pas, et c'est légitime, dévoiler à sa patiente son identité olfactive.

26/2/10 4:45 AM  
Blogger Philippe said...

"je me suis amusé depuis des années à noter sur un petit carnet les phrases délirantes que me rapportaient mes patients à propos de certains de leurs thérapeutes précédents" :

Ne pourrait-on pas en profiter nous aussi ?

26/2/10 4:31 PM  
Blogger Adrien said...

Peut-être est-ce tout simplement un sadique qui jouit de la voir forcée de souffrir de sa vessie pendant qu'il la fait raconter ses histoires...

27/2/10 7:19 AM  

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