02 mai, 2011

Mytho !


Bon voici un bon moment que je n'étais pas venu. Je n'avais même pas modéré les commentaires, c'est vous dire si je me tenais loin du blog. Mais bon, vous avez vu l'actualité récente ...  comment vous dire les choses, sans rien révéler des secrets d'état, sans mettre votre vie en danger ... Parce que dès que je vous aurais dit, attendez vous au pire. Parfois on vit mieux sans rien savoir.

Parce que le printemps arabe, la Tunisie, l'Égypte, c'était moi, enfin un peu moi. Cette nuit - heure française - la liquidation de Ben Laden, c'était encore moi. Je sais que les plus intelligents d'entre vous le soupçonniez et que ma couverture de psy ne tenait que moyennement la route. En fait, je suis agent secret, je suis dans tous les coups fourrés. 

On murmure même que Gérard De Villiers se serait inspiré de ma vie pour écrire ses SAS. D'ailleurs son héros s'appelle Malko. Alors vous voyez le lien ? Non ?!? Malko est un prénom qui commence par un "m" et le mien commence par un "p". Or vous aurez noté que le "m" est une lettre qui vient deux places avant le "p" dans notre alphabet. Et alors me direz vous ? Et alors, je suis né un douze janvier et vous aurez compris que quand on écrit ma date de naissance en chiffres, on met "12" et il y a bien un "2". La démonstration est éclatante : Malko c'est un peu moi.

A propos de mythomanie, mon pote le Pilote avec qui je déjeunais vendredi me parlait d'un cas récent où un type confronté à son mensonge, avec preuves à l'appui, n'avait rien avoué, préférant au contraire s'enferrer et nier la réalité. Cette attitude étonnait mon pote le Pilote qui, comme le Gringeot, est un mec simple et carré, vu que lui aussi est né sous le signe du taureau. Sauf que si vous voulez tout savoir, le Gringot est né un 6 mai alors que le Pilote est né un 7 mai. Mais, je n'ai jamais senti de grandes différences de caractère entre les deux. Ce qui veut dire que si de nos jours on n'est sur de rien, on peut tout de même être certain que naître le 6 ou le 7 mai ne change rien et qu'on reste un sacré bourrin de taureau.

Mais revenons à nos moutons. Le terme mythomanie a été inventé en 1905 par l'aliéniste (on ne disait pas encore psychiatre) Ernest Dupré pour entre autres décrire un des traits de l'hystérie. Il désignait ainsi une tendance constitutionnelle présentée par certains sujets à altérer la vérité, à mentir, à créer des fables imaginaires (fabulations), enfin à imiter des états organiques anormaux qu'il voyait comme des simulations, d'où le lien à l'hystérie.

Alors que le mensonge normal est épisodique, motivé et proportionnel à son but, le mensonge pathologique est à la base de la fiction fantasmatique du récit du mythomane. La mythomanie n'est donc pas seulement l'action de fabuler ni celle de mentir. C'est une véritable constitution, un type de déséquilibre entraînant l'élaboration de récits d'événements et d'actes qui n'ont pas eu lieu mais que le malade fait croire à autrui. Il dit en avoir été le témoin ou l'acteur et s'y décrit souvent dans une position avantageuse, ou au bénéfice secondaire important (par exemple pour rechercher à se faire plaindre).

Le Pilote trouvait l'attitude de ce type complètement délirante, et dans son esprit ultra carré de natif du taureau, ne comprenait pas pourquoi alors qu'il était "découvert", il s'obstinait encore à camper sur son mensonge. C'est là qu'il faut faire la différence entre le menteur et le mythomane. Contrairement au mythomane, le menteur altère la vérité pour tromper intentionnellement l'autre. Un mythomane, lui, ment pour vivre, pour croire à ses propres mensonges. Il ne ment pas pour tromper les autres mais a besoin que les autres adhèrent à ce qu'il dit pour y croire lui-même. Il ne sait pas faire la différence entre la réalité et les évènements issus de son imagination. Tandis que le menteur trompe délibérément l'autre, le mythomane trompe délibérément lui-même.


Dans les faits, la mythomanie est rarement considérée comme un symptôme isolé ce qui fait que le concept est la plupart du temps traité en association avec les autres troubles auxquels elle est associée. On trouvera la mythomanie associée à différents types de personnalités pathologiques  - comme l'hysterique qui se met en scène perpétuellement ou le narcissique qui surestime ses réalisations - ou carrément à certains types de psychoses. Dans ces cas là, il est difficile de traiter la mythomanie. D'ailleurs ces personnes sont peu demandeuses de soin, leur pathologie les préservant de la confrontation avec le réel la plupart du temps.

Dans certains cas, la mythomanie peut naître à l'occasion d'un choc psychologique résultant d'un traumatisme en consistant ainsi une sorte de rempart entre le mythomane et une réalité trop difficile à vivre. Plutôt que de s'avouer faibles, le mythomane s'inventera ainsi une vie à laquelle il adhèrera, estimant qu'il est préférable d'être le géant de ses rêves plutôt que le nain de ses cauchemars qu'il redoute d'être.

Dans les faits, il ne faut pas encourager le mythomanie dans sa fabulation mais tenter de le "ramener sur terre" tout doucement en l'amenant à s'accepter ce qui n'est pas chose aisée. De même que l'on peut être addictif avec une substance comme l'héroïne ou la cocaïne, on peut aussi devenir dépendant de sa mythomanie.

Si les mythomanes réels sont extrêmement rares et extrêmement difficile à traiter, la mythomanie ordinaire est assez commune et s'observe souvent en corrélation avec un fort complexe d'infériorité. La mythomanie consiste alors à altérer de manière perceptible la réalité pour se fabriquer un personnage. Le diplômé d'une école de catégorie B, se retrouve ainsi promu major d'une grande école. Tel autre n'ayant qu'un poste médiocre, se retrouve finalement dans ses propos l'égal de son PDG, etc. 

Ce sont des cas que j'ai assez souvent et la plupart sont des hommes comme si le complexe d'infériorité, alors qu'il est semble-t-il équitablement réparti entre les hommes et les femmes, devait à tout prix être combattu par ces derniers au nom de la sacro-sainte virilité. C'est une clientèle difficile d'accès dès que l'on veut traiter dans le fond l'origine des problèmes. 

Habitués à raisonner de manière dichotomique en voyant le monde en blanc et noir - les géants et les nains - ils redoutent de perdre leur carapace pour s'apercevoir qu'ils ne sont finalement que des gens normaux avec des qualités et des défauts. On aurait même vu certains hommes, sans doute complexé par leur taille médiocre, s'arroger la libération d'otages dans une maternelle et ne pas en démordre.

Les mythomanes sont donc parmi nous et si vous voulez les éviter, alors dès que vous sentez poindre un complexe mal digéré chez quelqu'un, sauvez-vous vite !

"Peu importe que je n'aie jamais pris les trains dont je vous parle, l'important est que je vous les ai faits prendre"
Blaise Cendrars


1 Comments:

Blogger El Gringo said...

Content de pouvoir te lire à nouveau, ce sera mon cadeau d'anniversaire!

6/5/11 11:18 AM  

Enregistrer un commentaire

<< Home