20 décembre, 2013

Conseils unisexes ... mais à priori plutôt destinés aux hommes !


Oui, bon, c'est terrible d'être seul et tout le monde ne s'inscrit pas dans le schéma pseudo-dépressif que j'ai décrit dans mon dernier article. Certain(e)s aspirent réellement à une vraie rencontre mais n'y parviennent pas. A peine sont-ils face à la personne qu'ils rêveraient de conquérir qu'ils perdent tous leurs moyens. Ils bafouillent ou se taisent, à moins qu'ils ne parviennent à dire que des platitudes ineptes et se sentent s'enfoncer vers le point de non-retour ou décidément, tout est foiré ! Et encore s'agit de ceux qui vont au contact, un bon nombre n'osant même pas aller jusque là et se contentant de ruminer sur les conditions idéales qui leur permettraient enfin de parler à l'élu(e) de leur cœur.

Le brave Épictète en son célèbre Manuel a déjà répondu à ce problème voici deux mille ans quand il expliqua qu'il y a les choses qui dépendent de nous et celles qui n'en dépendent pas et qu'il faut toujours s'en souvenir afin de faire dépendre de nous ce qui en dépend, et éviter de faire dépendre de nous ce qui n'en dépend pas. C'est simple non ? Sinon, reportez vous au texte d'origine. LE chapitre premier ne dépasse pas trente lignes, avouez que ce n'est pas un gros travail ?

Dans les faits, lorsque vous vous trouvez face à la personne que vous chercher à séduire et que rien ne sort, ou que pire, vous n'osez même pas vous retrouvez face à elle, c'est que vous êtes comme ce musicien venu consulter Épictète parce qu'il angoisse à l'idée de monter sur scène. Vous en venez à vouloir faire dépendre de vous ce qui n'en dépend pas. Ainsi, le philosophe explique-t-il à ce musicien qu'il lui appartient de bien jouer de son instrument, cela dépend de lui, mais que l’accueil du public ne dépend plus de lui, car les autres échappent à notre volonté le plus souvent.

Je me suis demandé s'il pouvait exister des règles simples qui puissent servir de vadémécum et évite l'angoisse de la rencontre. L'idée toute simple serait justement de se souvenir qu'il y a ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas. Que l'on peut bien sur agir sur ce qui dépend de nous, nos pensées et nos actions et de là, sans doute influencer les circonstances, mais qu'il serait illusoire de songer que la personne que l'on va tenter de séduire dépende de nous. C'est ainsi que dans ce cadre, il est utile de le souvenir que :


  • On ne peut pas plaire à tout le monde ! De la même manière que vous trouveriez monstrueux d'être obligé de coucher avec une fille qui ne vous plaise pas, l'inverse est vrai aussi. Parfois, sans que l'on sache pourquoi, on ne plait pas à autrui. On peut lui être sympathique mais guère plus, ça n'accroche pas plus que cela, quelles qu'en soient les raisons. Je me souviens ainsi d'une charmante patiente, une jolie brune très sympathique, prototype de la fille de bonne famille, qui ne craquait que pour les types à cheveux longs. Ça parait idiot mais c'est ainsi. J'avais croisé son copain, un ingénieur lambda, et effectivement, c'était le portrait type de l'amateur de métal. Vous auriez pu être diplômé de HEC et rouler en Ferrari, comme mon copain Olive, celui qui a réussi et est très riche et plait généralement à toutes les femmes, sans les cheveux longs, c'était mort !



  • Soyez naturel ! C'est vrai qu'asséné comme cela, ça a tout l'air d'une injonction paradoxale. Comment donner l'ordre à quelqu'un d'être naturel sous la forme d'un ordre ? Quand je préconise d'être naturel, c'est pourtant simple, soyez tout bonnement vous même. Bien sur il n'est pas interdit de forcer sur les points forts et de minimiser les points faibles. Il faut être un peu habile pour se présenter sous son meilleur jour, c'est du bon dol comme on dit en droit à propos de la publicité.

  • Mais n'estimez pas que distordre la réalité soit un bon truc à moins que vous ne soyez sur du one shot. Parce que s'inventer un personnage, jouer à être celui que l'on n'est pas, est une stratégie couteuse et productive. Elle est couteuse psychologiquement parce que tout mensonge épuise psychologiquement et nécessite d'être toujours en éveil pour ne pas commettre d'impair et ne pas se couper. D'autre part, viendra forcément un moment où la réalité reprendra ses droits. Mentir est donc anxiogène. C'est prendre le risque de se retrouver comme le personnage de la chanson Bidon de Souchon.




  • Communiquez vos intentions ! Une fois face à elle, il faut savoir communiquez vos intentions. Bien sur, c'est un équilibre à tenir. Entre le mutisme absolu qui vous fera passer pour un type étrange voire un pauvre mec et les propos inconsidérés (t'es bonne tu sais) qui vous feront passer pour le lourd de service, il y a un juste milieu. L'important c'est de ne pas se faire jeter voire pire, se faire friendzoner comme on dit maintenant. C'est à dire se retrouver coincé dans un noman's land entre le copain coiffeur homo et la meilleure amie.

  • Le pire, ce sont parfois les raisons qui poussent les hommes à ne pas communiquer leurs intentions. Autant, on peu comprendre que ce soit du à une certaine timidité ou à la peur que leur requête ne trouve pas une issue favorable car se prendre une veste (un vent, un râteau, etc.) n'a rien d'agréable, même s'il faut courir ce risque pour rencontrer.  Autant, je suis toujours étonné par les patients qui m'expliquent qu'ils ne veulent pas passer pour de gros dragueurs, des lourds, voir pour des types qui voudraient coucher. Je trouve l'idée amusante dans la mesure où je suppose, qu'à moins qu'elle ne soit désespérément stupide, toute femme qui est invitée à diner ou à prendre un verre par un homme, sait à peu près à quoi s'attendre et peut raisonnablement s’imaginer qu'il a une idée derrière la tête.


    C'est sans doute du à une difficulté de vivre sa virilité. Très souvent ces hommes ont une image idéale de ce que devrait être la virilité et s'imaginent que tant qu'ils ne ressembleront pas à cet idéal, il est inutile de sexualiser une relation afin de faire comprendre à l'élue de leur cœur leurs intentions réelles. Il y a ceux qui voudraient être des bad boys, persuadés que toutes les femmes rêvent de Tony Montana, d'autres qui s'imaginent ne pouvoir plaire qu'après un intensif programme de musculation, comme si les femmes ne craquaient que pour Schwartzy, d'autres encore s'imaginent totalement en bellâtres purs et durs, persuadés que seul Don Draper aurait ses chances en ce bas monde !

    Voilà, c'était les conseils bien prosaïques de la semaine ! Admettez qu'on ne peut pas plaire à tout le monde, restez vous-même et communiquez vos intentions. 

    Alain Souchon, Bidon

    3 Comments:

    Blogger menvusa gerard said...

    j'adore Souchon! merci pour avoir mis quelques une de ses chansons sur votre blog;

    bonne soirée

    20/12/13 8:23 PM  
    Blogger V. said...

    c'est curieux d'encourager les gens à être ce qu'ils sont après avoir écrit nombre d'articles sur la séduction et comment renoncer à toute sincérité contre des recettes de cuisine indigestes...
    "soyez vous même" doit être la nouvelle méthode de séduction, la précédente ayant peut être fini par se voir de trop loin, même pour les ingénieurs très myopes non corrigés...

    27/12/13 12:24 PM  
    Blogger V. said...

    et "soyez naturel" est une injonction paradoxale. ça n'en n'a pas seulement tout l'air.
    biz

    27/12/13 12:25 PM  

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