15 mars, 2014

Horreur et effroi !


Moi qui suis né sous De Gaulle, j'ai des souvenirs que les jouvenceaux n'auront jamais ! Ainsi, qui se souvient encore du présentateur vedette du JT de l'époque, Roger Gicquel ? Un très grand professionnel qui avait alors la réputation d'être tellement sinistre et austère que Coluche disait de lui, que lorsqu'il annonçait une catastrophe aérienne, on avait l'impression que l'avion était tombé sur ses pompes. C'est en 1976, à l'occasion de l'assassinat de Philippe Bertrand par Patrick Henri qu'il avait prononcé cette célèbre phrase : la France a peur !

C'est une phrase à laquelle je n'avais jamais repensé. Et pourtant, Mercredi matin, tandis que je prenais mon café en regardant les nouvelles sur BFM avant d'affronter ma dure journée de travail, j'ai repensé à Gicquel et à cette phrase fameuse. 

Là, sous mes yeux ébahis, tandis que je trempais mes lèvres dans mon café tout droit sorti de ma Nespresso rutilante, la carte de la France s'affichait presque entièrement maculée de rouge sang. La couleur dénonçant clairement une catastrophe de grande ampleur en cours, je me demandais ce qui se passait. 

J'ai d'abord imaginé que Poutine lassé des pitreries de Flamby et Fafa avait balancé une bombe sur le pays et que ce rouge symbolisait le nuage radioactif s'étendant sur le France. Je me suis alors dit que c'était vraiment trop bête de mourir pour la Crimée. L'image était saisissante. Cette énorme tâche rouge vif, comme si l'on avait égorgé un monceau de porcs dans les Flandres et que leur sang se soit étalé, telle une marée grasse et visqueuse, tout juste arrêtée aux limites du Massif central.

Bien sur, en dessous de la carte, la légende m'a bien vite renseigné et j'ai su que ce n'était ni la faute de Vladimir et encore moins un sacrifice de porcs mais simplement la terrible, que dis-je, l'atroce pollution atmosphérique qui venait de nous frapper parce qu'il faisait trop beau. Je ne saurais expliquer pourquoi parce que je n'ai pas écouté les explications scientifiques. De toute manière, je m'en fous de la pollution atmosphérique.

De toute manière, la carte montrait clairement que la pollution était corrélée à l'activité humaine. Partout où il n'y a pas d'activités, où les villages se vident, il n'y a pas de pollution. Donc, à part tuer les habitants, fermer les rares usines qui restent et retourner à l'âge de pierre, je ne vois pas bien ce que l'on pourrait faire.

Je devais partir et c'était bien dommage parce que j'ai imaginé qu'on allait successivement avoir droit à un pneumologue, sérieux et le nez chaussé de besicles, pour nous expliquer doctement que des tas de bébés et de vieillards allaient mourir de suffocation tandis que les asthmatiques étaient priés de rester chez eux sous peine de voir l'effet de leur Ventoline totalement annihilé par ce nuage de particules.

Viendraient ensuite la cohorte de témoignages ! D'abord, tous les infirmes des bronches ou supposés tels, qui viendraient nous expliquer combien ils souffrent. Ce qui me ferait penser qu'il faut à tout prix rouvrir les sanatoriums pour ces grands malades que l'on ne peut décemment pas laisser vivre dans l'enfer d'une grande ville. 

Ce serait ensuite le tour des automobilistes interrogés par une journaliste culpabilisante demandant à ces salauds s'ils n'ont pas honte de prendre leur voiture en risquant ainsi de tuer des tas de gens avec les gaz d'échappement. On verrait alors le visage déconfit de ces quidams, comme des enfants pris la main dans le pot de confiture, se justifiant d'avoir pris leur voiture. Mais pas un ne répondrait à la journaliste d'aller se faire foutre en lui demandant si elle n'a pas honte, elle, d'avoir des avantages fiscaux que les autres n'ont pas.

Et puis comme j'ai un travail et des gens à aller voir, je suis parti. Je suis monté sur ma vieille Honda pour aller jusqu'à la gare et là, prendre mon RER poussif. Je n'ai pas senti une nette différence de qualité de l'air et j'ai bien respiré. Je me suis juste dit que c'était infernal de vivre dans un pays où l'état de comporte comme une mère perpétuellement inquiète et anxieuse.

Et pire encore qu'une mère anxieuse, comme ces mères que l'on qualifiait auparavant de mère de schizophrènes, celles qui ne cessent d'utiliser la double contrainte, qui voudraient bien que l'on s'émancipe et s'autonomise en même temps qu'elles font tout pour que l'on reste dans leur giron.

L'état est devenu comme cela, comme une mère névrosée, qui vous pousse à créer de la richesse pour créer de l'emploi juste avant de vous traiter de salaud pour le mal que vous faites à la planète !

7 Comments:

Blogger V. said...

big mother ...

15/3/14 6:31 PM  
Blogger Lucie Trier said...

Ah ! Je t'attendais au tournant sur ce coup là.
Dénoncer la débilité certes ultime de la réaction politique n'implique pas de devoir par la même occasion nier platement l'existence d'un problème.

Ni de l'associer systématiquement à de la naïveté, de la somatisation, de la paranoïa, du jeunisme chevelu ou de brefs effets de foule. Je n'ose pas évoquer le féminisme, mais peut-être peut-on l'ajouter à la liste.

"Je n'ai rien senti" - On peut se rassurer comme on peut et préserver ses rituels personnels. Pourquoi néanmoins en voudrais-tu à ceux qui, eux, sentent ? Ou qui, plus rationnellement, connaissent quelques données de l'impact environnemental sur la santé humaine, et préfèrent améliorer leurs hygiènes parce qu'ils en perçoivent, eux, le plaisir ou la portée sur leur propre corps ? Soyons d'accord sur l'injuste imposition de ces vues à tes choix personnels ; tu es libre de manger du plastique. Sauf que : je hais le communisme, mais l'air à l'échelle d'une ville est malheureusement un bien indivisible, et le choix individuel d'y vivre ou non, plus complexe qu'il n'y paraît.


16/3/14 2:03 AM  
Blogger philippe psy said...

@Lucie : Que veux-tu, je suis un monstre ! Je vois dans toutes ces manifestations étatiques le moyen de contrôler le citoyen par la peur et la culpabilisation et rien d'autre. Je ne nie pas la pollution, je rejette simplement l'aspect grand-guignolesque de la lutte ;) Je voudrais juste que l'écologie, puisqu'elle est une science, soit l'apanage de gens sérieux et non entre les mains d'individus qui disent tout et n'importe quoi et l'instrumentalisent à des fins politiques. Voilà !

16/3/14 1:35 PM  
Blogger Valérie ANFRAY said...

Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

16/3/14 5:35 PM  
Blogger Valérie ANFRAY said...

Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

16/3/14 5:37 PM  
Blogger Prophète Imposteur said...

"Je n'ai pas senti une nette différence de qualité de l'air et j'ai bien respiré."

Normal très cher : l'indicateur Pollution aux particules PM10, n'a été créé qu'en juillet 2007, Le seuil d'alerte était à 125µg/m3, jamais franchi depuis sa création...

Alors, devant ce fait alarmant : l'air n'était pas si pollué, ils ont abaissé le seuil en 2011 : le seuil d'alerte est depuis de 80...

Ca n'est pas Paris qui est plus pollué qu'avant, c'est l'indicateur.

Source :
http://www.airparif.asso.fr/_pdf/arrete-inter-prefectoral-03122007.pdf
http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/20111027-arrete_interprefectoral_pointe_de_pollution_cle7a15da.pdf
http://www.airparif.asso.fr/alertes/affiche-histo

17/3/14 2:54 PM  
Blogger El Gringo said...

Ma charmante compagne possède un véhicule doté d'une immatriculation paire et mon magnifique coupé sport est lui affublé d'un numéro impair. Moralité: on s'en fout, on ira à Paris quand on veut et en plus, il y aura moins de circulation.
Si je votais, finalement, je choisirais peut être le bulletin écolo...
(Nan, je déconne : mon fils s'est pris une prune à 22€!)

29/3/14 10:03 PM  

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