30 mars, 2015

Syndrome de fatigue chronique ou SFC.


L’encéphalopathie myalgique, dit aussi syndrome de fatigue chronique (SFC), c'est comme la fibromyalgie, tout le monde en a entendu parler et tout le monde a son avis sur le sujet. Parce que ces pathologies touchent plus les femmes, certains y voient une manifestation hystérique destinée à être psychiatrisée, tandis que d'autres croient en une explication physiologique.

Moi, je n'en pense rien de particulier si ce n'est qu'il faut entendre les plaintes des patients et les situer à leur juste valeur. Il y a aussi des gens sincères qui souffrent sans en tirer un quelconque bénéfice et il me semble plus qu'abusif, sous le prétexte qu'on ne parvient pas à les traiter, de les adresser aux psys.  Bien sur il y a aussi des personnes qui se complaisent dans la plainte et auront tendance à exagérer leurs symptômes. Ce sont ceux-là que l'on pourra éventuellement affubler de la qualification d'hystériques. Il ne me semble pas compliqué de faire la part des choses et de les distinguer.

Ce matin, une patiente me consultait justement pour un SFC. Durant tout l'entretien elle m'a semblé parfaitement sincère. Son parcours est celui du combattant, chaque spécialiste rejetant son cas à un confrère, le dernier plutôt que de s'avouer vaincu face à une pathologie dont on connait mal les origines lui recommandant d'aller voir un psychiatre. Ce dernier, tout comme moi, ne trouvant rien de pathologique chez ma patiente, la déclarant saine d'esprit, lui recommandant d'aller consulter je ne sais qui. Et voici plusieurs années que cela dure.

Je n'ai pas pu faire mieux. Je n'ai distingué chez elle aucune trace d'aucune pathologie quelconque. Elle m'a semblé totalement saine d'esprit ! Sa seule souffrance venait en fait de la manière dont elle était traitée. Et elle et moi avions des avis communs sur ce fameux SFC. Il s'agirait sans doute d'une maladie auto-immune qui nécessite de vraies recherches, lesquelles sont faites aux États-Unis. Dans l'attente d'un traitement, il n'y a rien à faire. Ceux qui souffrent d'un syndrome d'Elhers-Danlos ont connu pareille atteinte, eux que l'on taxait de mensonge avant que la recherche ne trouve qu'ils étaient atteints d'une anomalie des tissus conjonctifs.

Bon nombre de pathologie aujourd'hui parfaitement reconnues ont connu pareil parcours, ceux en étant atteint avant que l'on n'établisse un vrai diagnostic se voyant soit accusé de feindre la maladie ou se voyant astreint à un traitement inadapté. 

Aujourd'hui en l'absence de traitement, on recommande à ma patiente une TCC basée sur l'apprentissage de l'effort comme si celui-ci était une phobie. Comme si sa fatigue n'était pas du à une quelconque pathologie bien réelle mais juste à une "peur de faire des efforts".

Elle s'en est remise à moi. Non qu'elle pense que j'aurais une solution mais sans doute pour que je lui dise que je la trouvais parfaitement normale. Sans doute, lisant mes textes, a-t-elle imaginé que j'aurais une solution, un recours quelconque, une idée baroque à lui proposer.

Des idées baroques, j'en ai ! Ce sont les suivantes :
  • D'abord tenir bon et garder son humour et envoyer se faire foutre tout Diafoirus lui parlant de la psychiatriser ;
  • Continuer à se battre pour lire et collecter des documents allant dans le sens d'une reconnaissance scientifique de sa pathologie ;
  • De mon côté, je vais en parler aux médecins un peu "allumés" que je connais, ceux qui savent parfois sortir des sentiers battus et bricoler dans leurs coins sans pour autant avertir leur collègues de peur de passer pour des dingues ;
  • Rédiger cet article car qui sait, peut-être par le plus grand des hasards, un(e) lecteur(rice) aura-t-elle une adresse ou un remède miracle à proposer ;
  • Voir ce que les médecines alternatives proposent sans sombrer dans la superstition et la supercherie ;
  • Brûler un cierge à Sainte Rita et à Saint Jude les patrons des causes désespérées ;
  • Positiver en se disant que finalement c'est un bon moyen de devenir stoïque et aussi balaise qu’Épictète !

  • Alors chères lectrices, chers lecteurs, si l'un(e) d'entre vous a des idées au sujet du SFC, et connait un truc qui a marché, écrivez moi en mail et je transmettrai à ma patiente !

    PA6712@yahoo.fr

    9 Comments:

    Blogger ELLA CHANGEE said...

    ah enfin un article sur l fibromyalgie! sympa Philippe! je souffre de cette pathologie depuis quelques temps et je peux vous confirmer que les douleurs sont bien réelles; c'est une horreur; on se lève et on se couche avec! d'ailleurs on a envie de dormir toute la journée!c' est très handicapant et en plus y a pas de remèdes! souhaitez bonne chance a votre patient, mais avec un psy comme vous elle ne peut que s'en sortir!;)

    30/3/15 6:36 PM  
    Blogger Le Touffier said...

    Cher Monsieur Philippe,

    Depuis 2028, nous connaissons les conséquences fâcheuses d'un cerveau qui ne peut se reposer. Cette fatigue cérébrale entraine un dysfonctionnement de la deuxième activité majeure du cerveau, le maintien du système postural, exercée sur tout l'axe musculo-squelettique, et qui permet à l'être humain de se tenir en position érigée, au lieu de rester sagement en posture quadrupédique comme tout bon contribuable prêt à l'emploi.

    La dépense d'énergie par type d'activité n'était jusqu'alors évaluée que par la déperdition de calories, si grossière dans son approche. Il suffit d'observer le quadragénaire bedonnant qui court dans le bois de Boulogne. Quand il remonte dans sa voiture, il est épuisé, mais n'a perdu que quelques calories et beaucoup d'euros pour ses cours de perfectionnement en langue portugaise.

    C'est la JeanSablonneuse qui a permis à la firme IngCha Corp de démontrer qu'un corps inerte se fatigue. La dépense énergétique d'un trajet d'une heure dans le RER B atteint les 63 sablons, ce qui est colossal ! Pour mémoire, l'unité sablon est l'énergie dépensée par un Yucca de 0,5 mètres placé à -273° C dans une vase de nuit à Sèvres (92).

    Il a été facile de démontrer que les 3 heures de spectacle télévisé quotidien était consommateur d'énergie. La stimulation artificielle du cerveau l'empêche de se reposer, il se fatigue au lieu de récupérer. Une heure de série télévisée consomme environ 7 sablons.

    Se tenir debout dans le RER B requiert un travail cérébral colossal pour redéfinir à chaque instant un nouveau schéma d'équilibre, Hercule aurait renoncé à ce treizième travail (en plus il est mort jeune). Le Créateur a placé le centre de gravité humain à 1 m au-dessus de son point d'appui, ce qui montre que tout le monde peut faire des conneries, surtout si le polygone de sustentation se résume à une paire de Lobb taille 42, ou pire encore, à une paire d'escarpins bon marché.

    Depuis lors, les travaux visionnaires de Philippe Murray ont été validés. Le cerveau de l'Homo Festivus ne se repose jamais comme il devrait. Le seul signe fiable pour affirmer qu'un cerveau recharge ses batteries, c'est l'ennui.
    Les taches manuelles répétitives et le sport sont des recommandations basiques.

    31/3/15 11:58 AM  
    Blogger Le Touffier said...

    Grâce à la JeanSablonneuse, il a été possible d'établir les trois Lois de la Sérébro-Dynamique dites familièrement Lois de Lucy :

    - La première loi édicte que le cerveau privilégie les fonctions cérébrales supérieures pour se prémunir d'un environnent hostile, surtout dans le RER B.

    - La deuxième loi établit l'ordre des renoncements cérébraux en état de fatigue prolongée. La fonction digestive tout d'abord, avec son cortège de transit foireux et de douleurs abdominales, le système postural ensuite, les muscles et les tendons finissent par recevoir des consignes approximatives, ce qui entraine arthralgie et myalgie.

    - La troisième loi prouve qu'un cerveau épuisé doit empièter sur sa fonction première, réfléchir, et que dans les situations extrêmes il finit par voter socialiste. Une prévention efficace consiste à vivre dans un environnement stable, coutumier, ritualisé, avec des règles et des lois que tout le monde connait.


    La fatigue chronique n'est pas la conséquence, elle est la cause. Voici le concept qui a tout changé, les résultats des études en double aveugle utilisant la précision des JeanSablonneuses de troisième génération l'ont parfaitement démontré.

    C'est ce que la phylloproctogamblerlologie avait subodoré depuis toujours. Le signal Fatigue, comme les autres signaux de survie tels que la faim, la soif ou l'envie d'aller aux wawas, est facilement outrepassé en cas d'urgence, type présence inopinée d'un tigre à dents de sabre au petit déjeuner. L'Homo Modernicus utilise cette capacité en permanence. Et après il s'étonne de se sentir fatigué.

    La légende prétend que l'intuition géniale de l'Ingénieur Chamane lui vint en observant la chute d'une paupière de Jean Sablon, après trois secondes en position haute. Il se serait exclamé "Et pourtant, il bouge !". Alors qu'à part payer l'addition, il n'y avait aucun danger potentiel qui aurait pu justifier une telle débauche d'énergie.

    Hope this can help.

    31/3/15 12:04 PM  
    Blogger Adès Rahmani said...

    Étrange qu'il n'y ait pas de causes physiologiques comme des hypotensions induites, une hypothyroidie, une hyponatremie...que sais-je...il y a tellement de possibilités de causes qu'un seul médecin ne suffit pas je pense...

    31/3/15 9:40 PM  
    Blogger Florence Gastambide said...

    Il faut sortir des sentiers battus, explorer des médecines non classiques... je vous ai envoyé un long mail relatant ma lonue expérience et ce que j'en ai tiré

    4/4/15 1:00 PM  
    Blogger Frederic Lefeuvre said...


    L'expérience nous dira si c'est un remède miracle, mais j'ai bien quelque chose à proposer.

    Il s'agit d'une thérapie, qui a le mérite, non seulement d'éviter de sombrer dans la superstition et la supercherie, mais surtout d'échapper à la psychiatrie.

    Comme toute thérapie nouvelle, et comme toute nouveauté en général, il est très difficile d'exercer en France quand on ne rentre pas dans le cadre établi.

    J'ai pourtant pu, auprès des rares personnes qui ont bien voulu être mes patients, enlever quelques douleurs chroniques jusqu'alors rétives à tout traitement.

    Une fatigue chronique, à mon sens, doit pouvoir se traiter de la même façon que toute autre manifestation chronique.

    Idée baroque pour idée baroque, je suis très intéressé à l'idée de tenter le coup. Et pas besoin de brûler des cierges pour les saints patrons des causes désespérées.
    Sincèrement,
    Frédéric Lefeuvre


    4/4/15 3:40 PM  
    Blogger ELLA CHANGEE said...

    @Le Touffier: yes it helped me a lot to understand what's the matter with my brain and my body; thanks a lot ;-)

    5/4/15 8:41 PM  
    Blogger ELLA CHANGEE said...

    Votre meilleur article Philippe et de loin; est ce un signe...?, je ne sais....
    toujours est il que je vous dirai ce que Jésus en a pensé très prochainement....bravo pour votre intelligence; elle est vraiment hors du commun du mortel...

    6/4/15 10:46 PM  
    Blogger E-S said...

    Je n'ai pas de SFC, cependant ça ressemblerait à certains des symptômes (heureusement transitoires) de ce que j'ai - il m'arrive parfois d'avoir des épisodes de faiblesse musculaire et d'aversion physiologique à l'effort, voire de paralysie des membres, assortis de fourmillements qui peuvent devenir intenses. Dans mon cas c'est lié à un déséquilibre du potassium et du sodium.

    Je sais aussi que dans certains cas de diabète, le mélange acidose métabolique et hypoglycémie réactive peut aussi avoir le même genre d'effet: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3872700/

    Bref, en arriver à psychiatriser ce genre d'affection sans examens un rien poussés, c'est de la paresse (professionnelle comme intellectuelle).

    21/4/15 4:31 PM  

    Enregistrer un commentaire

    << Home