02 septembre, 2007

Affligeant !

Festival de connes, ça continue !

J'aurais pu intituler ce petit article "Quelle conne !", mais j'ai décidé de rester poli. C'est drôle, car comme je n'écoute, ni ne regarde jamais les informations, je ne suis jamais au courant de rien. Il aura fallu que je tombe par hasard sur un numéro de l'Express pour savoir qu'une de nos glorieuses intermittentes du spectacle, devenue politologue, Fanny Ardant, avait qualifié de "héros" Renato Curcio, fondateur des Brigades rouges, dans une interview accordée à un journal italien :

"Pour moi, Renato Curcio est un héros. J'ai toujours considéré le phénomène des Brigades Rouges comme passionnant et captivant", a déclaré l'actrice de 59 ans à l'hebdomadaire féminin "A", soulignant avec une pointe d'ironie que Curcio "n'était pas devenu un homme d'affaires".

Quelqu'un d'un peu plus intelligent qu'elle, dans son entourage, lui a sans doute expliqué ce qu'avait fait les brigades rouges. À l'époque, les Brigades rouges sont dénoncées par la totalité de la classe politique italienne et apparaissent comme définitivement isolées, même les syndicats italiens les avaient condamnés pour leur violence stupide et stupide. C'est pourquoi, cette gourde, âgée aujourd'hui de cinquante-neuf ans, a tenu vendredi à présenter des excuses publiquement sur une chaîne de télévision italienne. Elle a sans doute compris que Renato Curcio, n'était pas un gentil bad boy romantique, mais un criminel sanguinaire. C'est pourquoi, elle s'est fendu des mots suivants :

"Mes mots ont fait souffrir ceux qui avaient déjà souffert auparavant et je demande pardon pour cela"

Il faut dire, qu'elle avait été menacée d'être très chahutée au festival de Venise, où elle venait présenter un film auquel elle a participé. Sans doute, n'aura-t-elle pas eu le courage de camper sur ses positions pour des raisons de business ? Dans tous les cas, félicitations à cette abrutie, qui d'après sa biographie officielle, est sensée avoir été élève de l'IEP d'Aix-en-Provence en section relations internationales.

Cet événement appelle de ma part deux commentaires. Pourquoi, d'une part, éteindre si vite ce scandale. Je n'ose imaginer ce qu'aurait produit le même genre de commentaire idiot, s'il était venu d'un acteur de droite soutenant par exemple un groupe de terroristes ou n'importe quel dictateur d'extrême droite ?

Enfin, je tremble à l'idée qu'un de mes chers patients bobos puisse défendre cette gourde devant moi. C'est toujours terrible de devoir se taire quand face à soi, vous avez un crétin qui pérore. Cependant, il est généralement possible, très calmement, de faire revenir le crétin à des sentiments plus mesurés en lui faisant doucement prendre conscience des énormités qu'il profère. Mais ce n'est pas toujours possible, hélas !

Dans ce genre, j'ai eu le droit durant une séance à un abruti qui tentait de me convaincre que Guy Georges était une victime et que ce sont les jeunes femmes qu'il avait assassinées qui l'avaient provoqué. Mon patient, m'expliquait que du fait qu'il soit métisse, ce bon Guy Georges avait sans doute du essuyer des refus de la part de jeunes femmes blanches et blondes, et qu'il était normal par la suite qu'il se soit mis à les haïr. Le fait qu'il les ait violées, n'aurait donc été qu'un juste retour des choses.

Quand on connait le parcours de Guy Georges, vingt jeunes femmes violées dont ses propres soeurs adoptives, dont sept assassinées, on ne peut que tomber des nues à l'idée qu'un individu à priori intelligent, puisse avancer de tels raisonnements. Sans doute que le parcours de celui qui fut surnommé "le tueur de l'est parisien", peut s'expliquer par la conjonction de raisons biologiques et psychologiques, c'est un fait. Il n'en reste pas moins que c'est un tueur en série de la pire espèce et un parfait sociopathe qui savait exactement quelles étaient les limites entre le bien et le mal, ce qui est autorisé et interdit.

Le défendre par de tels arguments, c'est au mieux manquer d'intelligence, au pire être particulièrement pervers ce dont j'ai d'ailleurs finalement soupçonné mon patient que j'ai décidé de ne plus recevoir après quelques temps, car il m'est impossible de faire naître une conscience. Passe que son avocat ait eu une telle ligne de défense, puisqu'il était payé pour cela, à défaut d'y avoir cru. Mais qu'un individu à priori bien sous tous rapports puisse avancer de tels arguments me révulse. C'est une injure à la morale et à la bienséance les plus élémentaires, mais en plus à tous ceux qui, ont pu connaître les tristes débuts dans la vie de Guy Georges, qu'ils soient métisses ou non, et ont tout de même des vies honorables.

De toute manière, ne pas endurer les logiques frustrations qu'entraine l'existence, et de ce fait passer à l'acte pour décharger son stress, est l'essence même de la sociopathie, c'est la logique élémentaire du : je veux, je prends. Si, suite à n'importe quelle frustration, on devait tous passer à l'acte, les meurtres, viols et vols, seraient la règle, car chacun de ces actes, aussi abominables soient-ils possède toujours une explication logique. En effet, à l'inverse du schizophrène, n'ayant pas les moyens de comprendre la portée de ses actes et répondant à une logique aberrante connue de lui seul, en revanche le sociopathe sait parfaitement ce qu'il fait. D'ailleurs, il prend des précautions et n'agit pas s'il risque d'être pris.

Il tue, viole ou vole, simplement parce qu'il en a envie immédiatement, et que la délibération morale, dont nous sommes tous dotés, lui fait défaut pour des raisons encore mystérieuses, même si l'on invoque de plus en plus des causes biologiques, bien plus que psychologiques. Un sociopathe ne se soigne pas, car on ne peut faire naître une conscience chez un être qui en est dépourvu.

Ses actes ne reposent sur aucune raison noble, combien voudrait-il utiliser un paravent soigneusement entretenu, un fumeux écran politique par exemple, pour justifier aux yeux de l'opinion ses actions. C'est ainsi, qu'on a pu, au gré des circonstances tragiques de l'histoire utiliser des sociopathes, en raison même de leur absence totale de morale, parce que justement ils étaient prêts à tout. Des textes expliquent ainsi que Cortez au seizième siècle était un sociopathe ce qui expliquerait ses massacres.

Le danger avec les perpétuelles théories de l'excuse, vaguement psychologiques, c'est qu'effectivement, tout crime, aussi odieux soit-il, trouvera toujours une justification dans le parcours du criminel. Pour l'un, on invoquera le manque d'amour de maman, pour l'autre, on expliquera le chômage du papa, et tout sera dit. Staline, Hitler, Che Guevara, ou qui vous voudrez, auront, selon le camp dans lequel se trouve le défenseur, toutes les raisons d'avoir agi ainsi.

Récemment, un article paru dans le parisien, rapporté dans un excellent blog, racontait comment des personnes travaillant dans un centre social, avait pu trouver des excuses à Youssef Fofana, meurtrier sadique du jeune Ilan Halimi. Curieusement, l'un d'eux explique que ce serait parce qu'il n'a pas trouvé de boulot et que l'Etat ne l'a pas aidé à se réinsérer, que celui qui pourtant se faisait appeler "the brain of barbarians", aurait pété les plombs en passant à l'acte. Combien de fois faudra-t-il rappeler que les pires criminels ne sont jamais des "péteurs de plombs", mais au contraire des monstres cyniques et froids.

Le plus tragique est qu'aucun de ces glorieux défenseurs, ne sait jamais ce qu'est un sociopathe. La sociopathie est difficile à détecter et les ouvrages sur le sujet sont rarissimes notamment en français, excepté l'excellent mais ancien livre de Quentin Debray. Le peu de sociopathes que j'ai pu fréquenter, et encore il ne s'agissait pas d'individus dangereux, se signalent par une tendance à tromper par profit ou par plaisir, indiquée par des mensonges répétés, l'utilisation de pseudonymes ou des escroqueries. C'est même l'un des traits diagnostic répertorié par le DSM IV. On a aussi pu remarquer que les sociopathes possédaient une fausse bonhommie voire un charme particulier, destiné à endormir leurs victimes où ceux chargés soit de leur venir en aide, soit de les évaluer.

C'est ainsi que par méconnaissance du profil du sociopathe, par bêtise, par volonté de se montrer moderne, chaque jours des abrutis de tous bords, sont capables de défendre l'indéfendable, ou de trouver des circonstances atténuantes à des crimes qui n'en ont pas. Lorsque la victime est un enfant, cela semble plus difficile et je n'ai pas encore entendu de voix s'élever pour défendre Francis Evrard, coupable récemment du viol d'un enfant. Par contre, que la victime appartienne à la classe dirigeante, soit américaine, ou que sais-je encore, et des pauvres cons seront toujours capables de jouer les apprentis avocats.

Pour ma part, quand on est capable froidement de mettre une balle dans la tête de quelqu'un, quel qu'il soit, on est un sociopathe, et rien d'autre. Aucun combat politique ne peut justifier ce genre de violence froide et réfléchie, accomplie sans aucun remords. Comme je l'expliquais dans un ancien article, tuer n'est pas un acte facile quoiqu'on en dise. Cela suppose soit l'abolition totale du jugement, ce que l'on nomme trivialement le pétage de plombs survenant dans une débauche émotionnelle, soit au contraire une absence totale d'émotions pour les sociopathes.

D'ailleurs, on sait aujourd'hui, que durant la guerre 14-18, si la nourriture n'arrivait pas tous les jours dans les tranchées, l'eau de vie et le vin rouge étaient présents. Parce qu'à moins d'être totalement bourré, abruti par les bombardements, galvanisé par le groupe, bref dans un état second total, aucun individu normal ne peut enjamber le parapet d'une tranchée, courir et aller enfoncer une baïonnette dans le ventre d'un ennemi. D'ailleurs, sitôt la guerre terminée, aucun de ces anciens poilus ne s'est épanché sur ses souvenirs : tous étaient marqués. Jamais mes grands-pères ou ceux de mon épouse, ne nous ont jamais parlé de Verdun.

Alors, que dire de la pauvre Fanny Ardant pour conclure. Que c'est une conne ? Sans doute que oui, du moins une pauvre fille, mais pas que cela. Sans doute est-ce aussi le produit d'une époque, dans laquelle, relativisme aidant, tout un chacun s'autorise à donner son analyse et son avis, fut-ce pour proférer des énormités. Fidèle à ses consoeurs et devancières dans la connerie, Emmanuelle Béart, Sophie Marceau, etc., elle n'aura pas failli à cette tendance.

Jusqu'à présent le régime spécial des intermittents du spectacle m'avait toujours semblé aberrant et inique. Toutefois, je suis prêt à leur laisser ce régime, si en échange ils s'abstiennent à tout jamais de parler politique et économie. Cela nous fera des vacances !

9 Comments:

Blogger Laurence said...

Pis t'être qu'elle a confusionné avec les Brigades du Tigre ??


ouiiii ok vais me coucher dans mon panier et jouer avec ma baballe plutôt que de raconter des conneries...

2/9/07 10:41 PM  
Anonymous Anonyme said...

Elle est magnifique !

3/9/07 10:15 AM  
Anonymous castor27 said...

...... mais qu'est ce qu'elle peut être conne et hypocrite !!!

3/9/07 7:17 PM  
Blogger philippe psy said...

Oui elle au confondre :)

Effectivement elle est jolie mais si elle pouvait appliquer l'adage "sois belle et tais-toi" ce serait encore mieux !

3/9/07 7:47 PM  
Anonymous Meaulnes said...

Simple suggestion d'un lecteur pour un sujet moins polémique que vos derniers billets.
J'aimerais bien vous voir traiter avec votre verve habituelle C.G Jung. Je suis certain qu'un esprit aussi brillant que le vôtre pourrait en faire une présentation intéressante. J'ai toujours l'impression que Jung et ses travaux sont quasi-inconnus en France. Je crois me souvenir que vous l'avez mentionné dans un billet alors si le coeur vous en dit, pourquoi pas quelques lignes sur Anima, Animus, Ombre et tutti quanti à l'occasion.
Cordialement

3/9/07 9:12 PM  
Anonymous GCM said...

ça sent l'entourloupe...

4/9/07 12:52 AM  
Blogger Laurence said...

on va lui envoyer l'Inspecteur Général ;)

4/9/07 12:25 PM  
Blogger El Gringo said...

Je suis prêt, j’enfourche ma Rossinante bicylindre et je cours pourfendre quelques intermittentes bien conservées à coup de thérapies comportementales et cognitives (en trois volumes)!

4/9/07 2:57 PM  
Blogger philippe psy said...

Jung ? Pfff ah la la j'ai tous ses livreS. Sur la fin, il a tout de même donné dans le délire mystico-ésotérique un peu lourdingue. Et je vous avoue que moi le bouddhisme, c'est point trop mon truc !

4/9/07 10:54 PM  

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