23 mars, 2008

Incroyable !

Je suis passé lire Ilys. Cela faisait un petit bout de temps que je n'étais pas passé chez ces trublions sympathiques. N'écoutant jamais les informations, c'est sur ce blog que j'ai appris que notre cher président avait recruté quelqu'un pour traquer ce qu'on disait de lui sur le web.

L'affaire ne me choque pas outre mesure. Je suppose que chacun de nous a déjà tenté de taper ses noms et prénoms dans la barre de recherche Google pour savoir ce qu'on disait de lui sur la toile. Dès qu'on a un tout petit peu de narcissisme ou même une pointe de paranoïa ou simplement de la curiosité, on le fait. Alors, cela me semble normal venant du chef de l'état.

J'imagine qu'habituellement, c'est un boulot dévolu aux RG ou autres spécialistes familièrement appelés "chaussettes à clous", vous savez ces mecs qui se veulent discrets sans jamais vraiment y parvenir. Donc rien de choquant dans la pratique, depuis La Reynie, on sait que le pouvoir se doit d'avoir les oreilles qui trainent chez le populo.

Et aujourd'hui, le populo, où dégoise-t-il ? Au café ? Nan ! Depuis qu'au café on l'empêche de cloper et de boire sous peine de se voir confisquer le permis, il va sur le ouèbe pardi ! Les Français étant champions toute catégorie du blog, il était bien normal que Nicolas Sarkozy délègue quelqu'un pour savoir ce qui se trame chez nous.

Ce qui m'étonne, c'est le choix de ce Nicolas Princen à qui a été confié cette mission du plus haut intérêt stratégique. Je rappelle toutefois que si les américains ont la NSA, nous avons nous Nicolas Princen. C'est encore l'exception française qui a frappé ! J'apprends ainsi via un article de Libération, que ce jeune homme de seulement vingt-quatre ans, est diplômé de HEC et normalien. C'est une formation curieuse.

Mais bon, je ne dis rien puisqu'après avoir tâté du droit, de la gestion jusqu'au doctorat, une sup de co, je suis ensuite parti en psychologie clinique avant d'échouer en psychologie du travail. Afin que vous sachiez tout, on me retrouva même étudiant en licence d'histoire de l'art et d'archéologie à Paris 1 durant une année pendant laquelle je consolidai mes connaissances en protohistoire.

Que ceux qui ne connaissent rien à la protohistoire se rassurent, moi avant d'être en histoire de l'art, je ne savais pas ce que c'était non plus. En fait, comme en droit j'avais très peu d'heures de cours, mes parents trouvaient cela étonnant voire suspect. En gros, j'avais le choix entre trouver un boulot histoire de prouver que je n'étais pas un glandeur ou bien m'inscrire dans un autre truc. J'ai donc passé un concours pour entrer directement en licence d'histoire de l'art et d'archéologie. Nanti d'un cv aussi étrange, il est clair que ne me restait que m'établir à mon compte ; aucune boîte sérieuse digne de ce nom n'aurait jamais recruté un mec comme moi !

C'est con, je suis né trop tôt. Sinon, comme j'ai un peu multiplié les diplômes comme le jeune Nicolas Princen, j'aurais pu moi aussi être payé à surfer. Faire de la thune en tirant au cul est le rêve secret de tout surdiplômé. Parce que si on aimait vraiment la vie active, on serait allé bosser bien plus tôt ! Non, user ses fonds de culotte sur les bancs de facs ou d'école est un truc de grand anxieux qui se dit que ce monde de lutte n'est pas pour lui. Par exemple, mon pote Olive, qui est riche et roule en Touareg s'est arrêté en BTS. Il gagne dix fois mieux sa vie que moi. La seule chose que j'aie en plus, c'est que je peux le mépriser ouvertement quand je me sens jaloux de lui.

Ce qui est drôle, c'est son parcours. D'abord HEC, ça c'est chouette ! Je me souviens que comme ils bénéficiaient d'une équivalence en licence de droit à mon époque, on avait des HEC en fac. On les surnommait Hors d'Etat de Comprendre. Ils n'avaient aucun raisonnement juridique les pauvres. C'était des blaireaux auxquels on ne parlait même pas. Les méchantes langues qui diront qu'on était jaloux auront raison. Mais à cette époque, même sous la torture on ne l'aurait jamais avoué. Pour nous un HEC c'était un gros con de money maker, un marchand du temple qui finirait vendeur de voitures ou chef produit PQ chez Lotus, alors que nous étions nous des érudits avides de doctrine et beaux raisonnements juridiques.

Les normaliens, j'en connais moins. Là ça commence à taper haut et fort. J'en ai juste fréquenté un, peu de temps. Il était allocataire de recherche dans un cours de sociologie du travail auquel je m'étais inscrit. Faut vraiment être un blaireau comme moi, pour aller étudier cela. Comment vouliez-vous que je finisse ailleurs que sur une liste presque de gauche ! Il faut que je fasse gaffe ou je finirai en pull à col roulé avec un collier de barbe !

Donc à ce cours, il y avait un prof super intelligent et sympa mais il y avait aussi le chargé de TD qui était donc ce qu'on nomme un allocataire de recherche issu de Normale Sup'. Je m'en souviens comme si c'était hier, il était petit, malingre avec une grosse tête couvert d'un chaume blondasse plein d'épis. Il avait un aspect curieux. Si j'avais été un salaud, je pense que j'aurais émis l'hypothèse que ce mec avait été fini à l'urine ou bien qu'il résultait de l'accouplement d'un père et d'une mère qui étaient aussi frère et sœur. Ailleurs qu'en France, pays où les soins néonataux sont au top, je crois que ce type, né sans doute six mois avant terme, n'aurait pas survécu. En tout cas à Rome il aurait fini balancé du haut de la roche Tarpéienne.

Comme tous les mecs qui n'ont pas suffisamment tiré leur coup étant jeune, il avait tout misé sur les sur les études. Une fois ses supers diplômes en poche, il avait juré de se venger sur des mecs normaux, dont moi, votre serviteur. Je me souviens qu'au premier TD ce gros nul nous avait demandé de remplir une fiche avec nos noms, prénoms, téléphone, adresse, etc. On était en maîtrise et ce mec nous demandait une fiche comme si nous étions des gosses de CE1.

Moi, pour le faire chier parce que je n'aimais pas son air suffisant et sa tête de cul, je lui avais demandé si on devait aussi mettre si on avait des animaux domestiques et la profession de nos parents sur la fiche. Il avait pas ri du tout et m'avait dit qu'on voyait que j'étais un plaisantin. Il avait voulu être sarcastique mais je m'en foutais. Alors je l'avais fait chier toute l'année. C'était le mec intelligent mais à la manière d'un ordinateur.

Mon pauvre vieux PC par exemple calcule des tas de trucs plus vite que moi. Par contre si je ne suis pas au clavier, mon PC ben c'est une merde, un simple assemblage de composants et rien d'autre. Ce mec c'était pareil. C'était un gros cerveau qui triturait des données mais d'une manière un peu folle. Vous savez le genre de mec qui vous dit que si Pierre et Paul héritent tous deux d'une chaise, ben faut leur donner une demi-chaise chacun. Le fait qu'une demie chaise n'ait aucune valeur d'usage ne l'aurait pas effleuré. Non, lui, il aurait coupé la chaise en deux.

Il sortait des tas de trucs d'un air pénétré, sûr de lui. Une fois, il nous avait expliqué que l'entreprise n'était pas suffisamment démocratique dans son fonctionnement. J'avais trouvé cela rigolo alors je lui avais demandé quel était son parcours dans l'entreprise pour affirmer de telles conneries. Il n'avait pas été content.

Moi je rêvais de jeter une poignée d'allumettes par terre pour voir en combien de secondes il pourrait les compter. Mais je n'ai jamais osé le faire. Une fois alors que je le chambrais, il m'avait dit qu'il était jeune. Moi je lui avais dit que je ne savais pas si c'était un jeune vieux ou un vieux jeune. Et c'était vrai. C'est un truc classique chez les malades mentaux. A un certain stade, il est difficile de leur filer leur âge véritable. Les séjours hospitaliers, les neuroleptiques à haute dose, les connexions neuronales foisonnantes qui tournent en boucles sans fin, les font vieillir rapidement.

Voilà un peu mes souvenirs de HEC et de Normale Sup'. On ne peut pas dire que ça ait été très probant. Bien sûr ce sont des généralités. Bon, et puis c'est certain que dans mes commentaires doit subsister la frustration du mec qui se sait, ou se croit, intelligent mais chez qui le sens de l'effort étant quasiment absent, n'a pu parvenir qu'au but que lui permettaient ses facilités. Un peu comme un bateau qui va vite et coupe ses machines d'un seul coup ; on dit qu'il continue sur son erre. Moi mon moteur c'est l'énergie cinétique, rien de plus. Ca fait bien longtemps que j'ai choqué les voiles et coupé les moteurs.

Alors je parle, je parle, mais revenons à nos moutons. Je me dis qu'il est sans doute très bien ce petit Nicolas Princen. Bon, il a une tête de premier de la classe et alors ? C'est mieux qu'être tout sale avec un keffieh autour du cou comme un étudiant en lettres non ? Il est peut-être un peu looké années quatre-vingt mais un styliste arrangera ça dans les prochains mois. Ce n'est pas facile de trouver son style.

Et puis, même si je ne le connais pas, j'ai envie de le féliciter. Ce type a un parcours de tueur tout de même. Le mec, il a compris qu'il fallait bosser jeune quand les blaireaux de copains pensent aux filles et à sortir. Parce qu'après les diplômes en poche, hop il est tranquille.

Lui maintenant, c'est le pote du président de la république. Il doit avoir une liste de relations qui ne tiendraient même pas dans le bottin de Paris. Alors oui bravo à ce jeune Nicolas. Je trouve que tirer au cul aussi magistralement en surfant avec le blé du contribuable, ça mérite d'être applaudi. C'est le mec qui force le respect comme Spaggiari en son temps ! C'est vrai on a beau être moral, on se dit qu'à ce niveau, l'escroquerie étatiste devient de l'art ! Toutes ces études pour en arriver là, chapeau ! Dire que d'autres qui n'ont pas la moitié de ses diplômes s'emmerdent à jouer les chefs produits chez un lessivier alors que lui fait de la veille stratégique en surfant, c'est trop fort !

Félicitation Nicolas. Si vous passez faire un tour chez moi, sachez que vous y serez toujours le bienvenu. Ne prenez pas garde au titre de mon blog, il y a fort longtemps que je n'ai plus de ligne éditoriale. Je suis sûr que vous me classerez parmi vos amis. Parce que d'une part, vous constaterez que j'ai voté Sarkozy aux présidentielles. Et d'autre part, que même si je le trouve plutôt inefficace voire totalement ridicule, je me garderais bien d'en dire du mal parce que je suis un lâche.

Et comme je n'aime pas me dévaloriser, je préciserai que je suis un lâche tout de même doublé d'un type suffisamment intelligent pour comprendre qu'il n'y avait aucune raison qu'un type n'ayant jamais rien fait en tant que maire, député ou ministre, en fasse plus une fois élu aux plus hautes fonctions de l'état.

Nicolas, je suis donc comme vous, l'ami des puissants parce que mieux vaut toujours être du côté du manche. Ne voyez donc dans mes articles, si d'aventure vous veniez me lire, que l'expression de la frustration d'un pauvre type qui n'a pour tout espoir que d'être oublié vingt-cinq ans après son décès et que cela désespère.

Classez moi dans les grandes gueules qui ne mordent jamais, oubliez-moi et ne me dénoncez pas car je ne suis qu'un petit poisson. En revanche, si vous me faites une proposition acceptable, je suis prêt à collaborer. J'ai déjà commencé à préparer une liste de déviants. Par exemple, il y a lui là. Je sais même où il habite. Je peux le balancer facilement et même conduire le GIGN jusqu'à chez lui. Ah j'allais oublier, je m'entends très bien avec les gens de gauche alors je pourrai même servir de taupe !

Donc bienvenu sur mon blog Nicolas. Je coupe, je vais écouter un CD de Carla Bruni. Après j'irai couper des fleurs fraiches pour mettre devant le petit autel que j'ai installé chez moi en l'honneur de notre Président.

3 Comments:

Blogger El Gringo said...

Attention, si tu me balances, je raconte tout ce que je sais sur toi!!! ;-)

25/3/08 11:58 PM  
Blogger philippe psy said...

Rends-toi, tu es cerné, tu n'as aucune chance ! Si tu résistes, tu seras abattu comme un chien ! ;)

26/3/08 3:00 AM  
Blogger Lousk59 said...

Je sors aussi d'une L1 Histoire de l'Art et Archéo ! :D c'est vrai que partir ensuite en psycho ça surprend pas mal l'entourage.

28/10/10 2:29 PM  

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