13 octobre, 2008

La preuve ... de la preuve sociale !


Dans ma voiture, ce vendredi, j'écoutais France-Infos. J'ai entendu un reportage d'un intérêt inouï. Un journaliste se baladant en France, s'était arrêté à Chateauroux dans l'Indre, un jour de marché, pour interroger les gens sur la crise financière.

Car il est bien connu que les meilleur spécialistes des marchés financiers, se recrutent dans l'Indre et plus précisément sur les marchés castelroussiens. Ce n'était donc que réponses évasives à des questions peu précises, lorsque d'un coup, une brave femme expliqua que puisqu'on parlait de cette crise matin midi et soir, alors " c'est que cela devait être très grave".

En bref, cette bonne dame, ne comprenait pas ce qu'on lui disait, mais se fiait au ton catastrophiste de l'information et à sa fréquence élevée pour en déduire qu'il fallait s'alarmer. N'ayant aucune information à traiter, elle se fiait simplement à ceux qu'elle estimait plus aptes qu'elle à comprendre la complexité du monde : les jolies dames et les beaux messieurs assis face à une caméra. Un chien ne fait pas autrement lorsqu'il obéit à un ordre : ce n'est pas tant le mot qu'il comprend que l'intonation et la posture de son maître.

J'ai longuement médité sur la chaîne d'informations qui fait que des bouleversements financiers assez obscurs pour la plupart des gens, sont repris d'une manière catastrophiste par des journalistes qui n'y comprennent pas grand chose, de manière à offrir de nouvelles informations qui seront elle-mêmes réinterprétées par le quidam moyen, celui qu'on avait coutume d'appeler l'homme de la rue, qui en déduira que c'est la fin de tout.

Hier soir dimanche, affalé avec mon copain Olive, celui qui est riche et roule en Touareg, nous discutions, la télévision allumée. C'était le vingt heures et d'un coup, le présentateur annonce que "l'Élysée va parler". Gros plan sur un envoyé spécial extrêmement sérieux qui nous explique tout un tas de choses que nous n'écoutons pas, nous contentant de commenter les seules images que l'on voit. Costume sombre, air concentré, gros plan au sein même du centre du pouvoir : l'affaire est grave.

Comme me dit Olivier : "C'est la guerre !" Et c'est vrai qu'on a l'impression que ces pauvres journalistes qui n'auront pas eu la chance de commenter les évènements tragiques que furent les mobilisation de 1914 et de 1939, attendent encore leur heure de gloire, l'évènement qui leur permettrait de se dire "qu'ils y étaient". Un bref instant, je repense à cette petite dame de Chateauroux et je me dis qu'elle, elle a vraiment du croire que c'était la guerre qui arrivait, que les uhlans étaient à nos portes, et que les taxis emmenaient les soldats sur la Marne.

Toi aussi, pars combattre le vilain capitalisme financier américain !
Saute dans un taxi pour enrayer la crise mondiale !

8 Comments:

Blogger monoi said...

Le pire, c'est que les gens sont tellement cons qu'ils ne se rendent pas compte que ceux qui pretendent nous en sortir sont les memes qui nous ont foutu dedans!

14/10/08 8:49 AM  
Blogger J said...

Evidemment que c'est la guerre: ils ont commencé les maneuvres, ça y est, les mesures d'urgence vont être voté ce soir même, les plans sont tracés, les divisions (et les multiplications) sont déployées sur tout le territoire menacé.

L'ennemi ? Le contribuable, pardi. Sûr qu'on va lui faire payer pour cette crise, ce cochon !

14/10/08 4:36 PM  
Blogger philippe psy said...

J ? Je m'en fous, j'ai un métier de pauvre qui ne rapporte rien.

14/10/08 10:25 PM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

Cher "J", je vous vois plein d'entrain.

Sauf votre respect, je vous soupçonne d'un certain idéalisme.

Or il est écrit "tu ne feras pas d'idoles".

Toju

15/10/08 9:32 AM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

Bon, j'ai un deuxième truc à dire à "J", qui va tout à fait dans son sens.

La crise des subprimes c'est une crise de l'interventionnisme. Les prêts aux particuliers à faible solvabilité ont été garantis par la FED.

Sans cette garantie, les prêteurs se seraient abstenus de s'engager trop avant dans ce risque.

Cette crise des subprimes a entraîné une crise financière puisque les surliquidités sont le fait de taux directeurs placés trop bas par la collectivité.

Ce qui me fait gondoler de rire aujourd'hui c'est que le coeur des pleureuses dit que c'est la faute de la dérégulation !...

Si l'on regarde sans préjugé, la vraie source du désordre est l'interventionnisme.

Toju.

15/10/08 9:40 AM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

15/10/08 9:44 AM  
Blogger J said...

Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

15/10/08 12:05 PM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

aa

15/10/08 4:10 PM  

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