30 janvier, 2009

Mon petit poney !

Le réchauffement climatique impose de nouveaux modes de transport !

Parfois, je confesse être terriblement orgueilleux : je crois avoir tout vu et tout connu. Blasé, je me balade dans l'existence en promenant mon morne ennui et rien ne sait plus vraiment me distraire. Tel l'Ecclésiaste, je me dis souvent "qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil". J'ai beau rouler en Microcar RJ49, j'ai tout de même un putain d'orgueil mental.

Pourtant, avec un minimum d'efforts, j'ai encore de quoi m'étonner car l'imagination et la perversion humaine n'ont pas de limites. Naguère, alors que j'étais jeune et frétillant et que je glandais dans la quasi administration française, j'ai eu une société éditant des services télématiques. Il fallait bien un second vrai boulot pour occuper les journées.

Parmi les services que nous éditions ou gérions pour le compte du centre serveur qui nous hébergeait, se trouvait une messagerie on ne peut plus correcte et pas du tout rose. Pourtant, la nuit venue, l'anonymat favorisait toujours l'irruption d'allumés de tous poils. Il fallait régulièrement y aller faire le ménage.

J'ai l'habitude de dire que cette expérience de la télématique m'a bien plus enseigné en clinique et psychopathologie que ne l'aura fait la faculté de psychologie. Dépressifs, anxieux, paumés en tous genres, gens bizarres assez inclassables, il y avait de tout. D'un naturel affable, j'ai ainsi pu discuter avec des tas d'individus différents. J'en ai même gardé un comme ami.

A cette époque curieuse de ma vie, j'aurais ainsi pu dresser une liste des perversions sexuelles (aujourd'hui dénommées paraphilies) des plus basiques aux plus bizarres. Pensez donc que j'ai même été confronté à un type qui ne pouvait avoir des relations sexuelles qu'avec des femmes revêtues d'un anorak ! Pour cela, j'ai longtemps cru, tel un légionnaire blasé rentrant d'une énième campagne, avoir tout vu et tout connu.

Pourtant, la vie réserve des surprises. L'esprit toujours alerte, mon radar fonctionnant en tâche de fond, j'ai ainsi capté à deux ou trois reprises des informations curieuses d'un type que je connais un peu et avec qui il m'arrive de discuter en prenant un café. Me parlant d'une de ses ex-maitresses préférées, il louait leur excellente entente sexuelle et mettait cela sur le compte du fait qu'il sache aller dans ses fantasmes les plus intimes.

A deux ou trois reprises, souhaitant sans doute que je l'interroge plus avant, il m'expliqua calmement que son "truc à elle" était de jouer le "petit cheval". J'avais bien "tiqué" sur le moment, me demandant ce que signifiait "jouer le petit cheval", mais vaincu par l'avalanche de paroles de mon interlocuteur, je n'y avais plus pensé. Il faut dire que je ne sollicite pas forcément ce genre de confidences.

Et puis, voici environ une semaine, regardant comme je le fais parfois, les mots-clés amenant sur mon blog, j'ai été surpris de lire "paraphilie pony". Bon, paraphilie, je sais ce que c'est, et j'en avais parlé ici. C'est ce que l'on nommait avant très négativement les perversions sexuelles. Pony, pour moi cela signifiait poney et rien de plus. J'avais imaginé benoitement un zoophile rêvant de se taper un poney.

Il se trouve que deux ou trois jours après, je rediscute avec ce type qui me reparle pour la énième fois de sa maitresse qui adorait "jouer le petit cheval". J'évacue ses confessions, bien décidé à ne pas écouter toutes les dégueulasseries qu'il serait tenté de me confier. Parce que ce genre de type ne vient pas parler pour comprendre mais pour vous convaincre du bienfondé de ses actes. Mais cette fois, cela a fait tilt dans mon petit cerveau. Cette notion de "petit cheval" me rappelle quelque chose et je ne tarde pas à lier cela avec "pony".

Lorsque j'ai enfin un peu de temps, j'effectue alors une recherche Google et effectivement, en tapant "paraphilie pony", je ne tarde pas à rajouter une nouvelle paraphilie inconnue à mon catalogue bien fourni.

J'apprends ainsi qu'une pony girl (ou ponyboy) est le rôle tenu pendant un(e) soumis(e) pendant une séance de domination dans laquelle celui(celle)-ci va jouer le rôle d’un poney, il peut être équipé comme une bête de trot et tirer un petit sulky ou bien être monté. Des magasins spécialisés vendent l'équipement nécessaire pour atteler le(la) soumis(e).

La photo illustrant l'article vaut sans doute mieux qu'un long développement. Une fois encore, je suis confronté à l'imagination humaine débridée. Qu'en dire ? Sans doute rien puisque tant qu'il s'agit de jeux réalisés entre adultes consentants, rien n'est vraiment interdit. Je m'interroge simplement sur la genèse d'un tel fantasme ? Comment un truc aussi original et aussi curieux peut-il naitre ? Et là, ça reste sans doute un mystère total. Mes confrères psychanalystes trouveraient sans doute un tas d'explications fumeuses tandis que je n'en vois aucune.

Globalement on peut admettre qu'une écrasante majorité de femmes ont des fantasmes de soumission, tandis qu'une écrasante majorité d'hommes ont des fantasmes de domination. Ensuite, chez certains, ces petits jeux dépassent un peu les limites convenues et couramment observées. Bon, et puis souvenons-nous qu'une laisse à deux bouts que le soumis n'est pas forcément celui que l'on imagine. Le maître est souvent aussi esclave de son désir.

Alors que rajouter à tout cela ? Rien du tout si ce n'est qu'en ayant mis "ponyboy" et "ponygirl" dans mon blog, je vais encore avoir de chouettes mots clès pour générer des connections. Pour le reste, je reste spectateur impavide et me garderais de me prononcer. Toutefois, la prochaine fois que cette personne me reparle de son ex-maitresse qui adorait jouer au "petit cheval", je ne crois pas que je le regarderai d'un œil identique.

Pour conclure, je vous annonce la semaine prochaine que je traiterai d'une autre curieuse paraphilie, consistant à rêver de faire un gang bang dans une Microcar RJ49 !


"Petit Poney", une bien jolie chanson !

9 Comments:

Blogger Marino said...

Sur la photo, vous êtes la personne qui est devant ou celle qui est derrière ?

1/2/09 10:21 PM  
Blogger GCM said...

Le Gringeot portait des lunettes quand il avait des cheveux ?

2/2/09 1:08 AM  
Blogger Laurence said...

Vous avez tout faux, le Gringeot préfère tirer que se faire tirer ;))

2/2/09 1:21 PM  
Blogger philippe psy said...

Cessez d'insinuer qu'El Gringo, serait un ponyboy ! Il n'y a aucune preuve ... juste des rumeurs ! :)

2/2/09 1:23 PM  
Blogger Laurence said...

On lui demandera si il veut bien tirer la RJ49, si il répond "oui" sans hésiter et en faisant une petite ruade de joie, on aura la preuve que c'est un ponyboy ;)

2/2/09 1:25 PM  
Blogger El Gringo said...

Oui j'avoue, c'est bien moi sur la photo. D'ailleurs, j'ai conservé les bottes et le pantalon de cuir pour la moto.
Quant à la ponygirl, je l'ai perdu de vue. J'ai entendu dire qu'elle avait changé de sexe et qu'elle s'était acheté une voiture en plastique, une Lotus parait-il...

3/2/09 10:21 PM  
Blogger philippe psy said...

Ah oui, une Lotus, tu as raison. Remarque, comme la Lotus, ne roule pas, il peut toujours s'y atteler ! C'est pratique cette expérience de Ponygirl !

4/2/09 6:00 PM  
Blogger claudia13013 said...

On dit souvent que l’être humain est animé du désir d’en savoir plus qu’il n’en a besoin pour survivre...

Ma cusiosité sera-t-elle vaine ? ou bien saurai-je les détails de votre imaginaire en petite cylindrée ? après une semaine de l'attente plutôt impatiente...

Claudia curieuse des surnombres en petit volume.

12/2/09 8:32 PM  
Blogger Philippe said...

Bingo !
Comme le monde est petit,
Connaissant déjà les Pony-girls, et recherchant une pieuse image de cette paraphilie,
Quelle surprise de retrouver votre blog en tête chez google images :)

26/2/10 5:20 PM  

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