20 novembre, 2009

Dissonance cognitive !

Poumon d'acier !

Je me souviens d'avoir déjà parlé de la dissonance cognitive, un concept développé en 1957 par Léon Festinger. Selon cette théorie, l'individu en présence de cognitions (« connaissances, opinions, ou croyances sur l'environnement, sur soi ou son propre comportement) incompatibles entre elles, éprouve un état de tension désagréable : c'est l'état de « dissonance cognitive ».

Dès lors, cet individu mettra en œuvre des stratégies inconscientes visant à restaurer un équilibre cognitif. Ces stratégies sont appelées « modes de réduction de la dissonance cognitive ». Une de ces stratégies pour réduire la dissonance cognitive consiste à oublier ce qui ne cadre pas avec ses références antérieures, il est appelé « processus de rationalisation ».

La rectification d'idées acquises est plus pénible pour un individu, et ce d'autant plus qu'elle s'est investie et engagée, que l'apprentissage d'idées nouvelles. Les exemples abondent dans l'histoire : héliocentrisme vs. géocentrisme, Darwinisme vs. créationnisme, etc.

On peut même légitimement penser si cette dissonance ne serait pas à la source des piètres résultats de la recherche sur le cancer. Quand on se tape médecine, des études longues et difficiles, qu'on réussit l'internat et qu'on devient oncologue, on n'est pas forcément prêt à se dire que depuis cinquante ans, on fait fausse route. Alors, on continue à brûler et à empoisonner les patients en se disant qu'un jour, on finira par mieux brûler et empoisonner le patient, parce qu'une remise en cause serait un coût démesuré par rapport au coût élevé d'acquisition des connaissances (fussent-elles fausses).

En bref, on pourrait imaginer que si vous demandez à un oncologue s'il est vraiment persuadé que le cancer du poumon se traitera un jour avec les chimios et les rayons pourris employés aujourd'hui, il y a de grandes chances qu'il vous réponde que oui.

Et si une dissonance intervient dans son esprit, une tension entre ses croyances et la réalité qui fait que l'on crève tout de même en ayant simplement grappillé quelques mois de survie misérable, il sera tenté de rationaliser en vous disant qu'ils vont mieux cibler les rayons et développer de nouvelles chimios plus ciblées.

En gros cet exercice cognitif lui aura permis de concilier ses croyances acquises au prix de longues études avec la réalité qui dit tout de même qu'au bout de tant d'années de recherches, le meilleur pronostic en cas de cancer du poumon n'est que de vingt pour cent de survie à cinq ans, ce qui n'est pas bézef tout de même ! Heureusement qu'on a eu des mecs plus doués pour la rage, la tuberculose, poliomyélite et autres fléaux ! Disons que dans l'esprit des gens l'oncologue d'aujourd'hui est en gros au cancer ce que l'inventeur du poumon d'acier à la poliomyélite : c'est un "petit plus" mais on est en droit d'espérer mieux !

En bref, soyons sûr que plus les croyances d'un individu lui ont coûté, plus le réel qui viendrait les bouleverser le fera souffrir, créant chez lui une tension et sera finalement évacué au profit d'une rationalisation.

"J'ai eu tort" est une phrase qui n'y parait pas mais qui coûte beaucoup d'un point de vue psychologique. Je vous livre la suite de l'article dans un prochain numéro parce que sinon je me dis que cela ferait beaucoup. C'est vrai qu'en me lisant, vous n'êtes plus habitués à réfléchir.

Je précise aussi que je ne connais pas la dissonance cognitive parce que je fais partie des précurseurs, des types géniaux qui ont de bonnes idées que le réel finit toujours par valider. Je ne m'en enorgueillis pas, je suis comme ça c'est tout, je n'en tire pas de gloire ni de fierté. Parce qu'en plus de ne pas connaitre la dissonance cognitive, je ne connais pas l'orgueil non plus.

3 Comments:

Blogger Epicier vénéneux said...

Ce qui m'attire sur votre blog, c'est votre ironie incommensurable. Votre dernier paragraphe mérite un prix littéraire, ou au moins un référencement dans le DSM-IV.

20/11/09 1:07 PM  
Blogger Camarade Sans Panache said...

Pour ce qui est de traiter les cancers, il semblerait qu'un régime kétogénique soit capable de stopper même les pires tumeurs du pancréas, d'après les recherches menées à Wurzbürg ( http://www.frauenklinik.uni-wuerzburg.de/forschung/ketogenic_english.htm ).

Et qu'une simple supplémentation en vitamine D (pour moins de 30 euro l'année) puisse réduire de 77% l'occurrence d'une tripotée de cancers de toutes sortes. ( http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Nouvelles/Fiche.aspx?doc=2006011147 et surtout http://www.youtube.com/watch?v=TQ-qekFoi-o )

20/11/09 9:49 PM  
Blogger Bridgetten said...

Finalement la dissonance cognitive n'est ni plus ni moins une émotion négative durable telle que regret, désillusion, cupabilité, atteinte envers l'égo... Il est donc normal de rechercher à l'éviter ou à la faire disparaître par tous moyens (par ex. en trouvant un nouveau remède, la vitamide D...) quitte à retomber dans un autre cercle vicieux, puisqu'à ce jour en effet le traitement miracle(solution/vérité) n'a toujours pas été trouvé... ?

27/11/09 1:46 PM  

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