24 juin, 2011

Dures limites !

Un trail : la Yamaha XT 500

Avec Lapinou, nous regardions des annonces de motos quand il a été surpris que je m'intéresse aux trails. Les trails ce sont ces motos hautes sur roues combinant de bonnes aptitudes routières autant que des capacités de franchissement leur permettant le tout-chemin, inauguré par exemple par la bonne vieille Yamaha XT 500 devant laquelle je bavais quand je n'étais encore qu'un branleur prépubère. Oui, moi qui vous écris, j'adore ce genre de motos n'en déplaise à ceux qui ne les apprécie pas. Et Lapinou semblait s'en trouver fort marri. 

Tout dépité, il me demanda alors pourquoi je ne préférais pas une super sportive, un de ces trucs tout carénés avec un gros moteur et des performances ahurissantes. Me mettant à la porté de sa jeune cervelle de lapereau, je lui expliquai alors que compte-tenu de mon physique, de mon caractère, j'aurais l'air d'un con si je m'avisais de piloter un de ces engins ! Je rajoutai ensuite, l'index tendu de manière sentencieuse et d'un ton docte qu'il fallait toujours accepter ses limites. Et que mes limites à moi m'enjoignaient d'acheter un truc genre Honda Transalp ou à la rigueur BMW R1200 mais certainement pas une Ducati 1198 SP. 

Lapinou opina du chef puis me dit que je pourrais aussi prendre une Harley-Davidson et là, je me fâchai tout rouge lui rappelant que si j'acceptais mes limites je n'étais pas non plus un de ces gros mythos qui roulent en Harley parce qu'ils confondent les départementales de Seine-et-Marne et l'ouest américain et qu'en plus je n'aimais pas du tout Johnny Halliday même dans sa dernière chanson Optique 2000. Au surplus claquer dix bâtons pour un gros veau ne faisait pas partie de mon programme parce que je n'aime pas me faire arnaquer comme un nul (putain pourvu que le Gringeot ne lise pas cet article ou il me tue).

Et puis, nous sommes passé à autre chose puisque nous avons regardé un vieux film des années 80 intitulé Je vais craquer et tiré d'une BD de Lauzier. Dans ce film, le personnage principal, Jérôme Ozendron, interprété par Christian Clavier perd sa femme, ses enfants et son travail à la suite d'une rencontre avec un ancien ami devenu acteur qui l'entraîne dans le milieu du showbiz.

Le film est une comédie que d'aucuns qualifieraient de douce-amère voire carrément d'aigre-douce, tant on a parfois mal pour le pauvre Jérôme. Voir ce brave type, normal en tout, tenter de s'immiscer dans un milieu qui n'est pas le sien est passionnant d'un point d vue psychologique et moral. Lapinou est ensuite rentré chez lui et je l'ai trouvé totu drôle. L'interrogant pour connaitre les raisons de son malaise que je ressentais, le voici qui m'explique qu'il a trouvé le film très dur. 

Erreur Lapinou ! Ce n'est pas le film qui est dur mais la vie ! En effet, dure sera la vie de ceux qui ne connaissent ni ne respectent leurs limites. Ça je vous je le dis l'index tendu et les yeux fous, tel un prédicateur prêchant la bonne parole !

Dans les faits (vous noterez que je dis souvent "dans les faits"), ce film m'a rappelé deux histoires assez tragiques entendues dans mon cabinet. La première c'était une toute jeune femme ue j'ai reçue voici bien des années alors que Lapinou n'était encore qu'un enfançon bavochant et jouant maladroitement avec ses playmobils en souillant ses couches. Cette demoiselle débarquée, me consulta sur les conseils de son médecin parce qu'au bout d'un an à peine passé dans la capitale, elle n'avait récolté que le VIH, une addiction certaine à la coke et une inscription à l'ANPE. La pauvrette convaincue que le monde de la nuit serait hyper cool, s’était acoquinée avec ce qu'il y a de pire pensant sans doute que la nuit tous les chats sont gris mais oubliant que la nuit attire aussi de bien funestes personnages.

La seconde histoire était celle d'un ingénieur sérieux comme tout qui commençant à travailler pour le cinéma avait rencontré une sous-actrice sans nul doute hystérique qui lui avait fait perdre la tête, tout son fric et pour laquelle il avait sacrifié son foyer. Il va sans dire qu'une fois débarrassé de son blé, la belle avait proprement largué le micheton arguant d'arguments totalement fallacieux en le laissant autant énamouré qu'inconsolable.

Voilà donc ce qui arrive aux personnes qui malheureusement ne connaissent pas encore leurs limites. Alors, je ne sais pas si j’achèterai un trail ou non, mais je suis sur d'une chose c'est que je n’achèterai jamais une super sportive parce que ce n'est pas fait pour moi.

Je conseille dont à tout le monde de voir ou de revoir Je vais craquer, l'histoire d'un naufrage personnel, du genre de ceux qui arrivent à tous ceux qui ... ne connaissent pas leurs limites !

D'ailleurs afin de ne pas passer pour sérieux que je ne le suis ou plutto ne l'était, j'ai le souvenir d'une fois où je n'ai pas accepté mes limites. J'achetai alors un piano. Dans le magasin, j'avais essayé un piano droit Schimmel, un bel instrument qui sonnait bien sous mes doigts, le truc fait pour moi. Mais de l'autre côté, un Pleyel 3bis (1/4 de queue) me narguait de son acajou rutilant et de ses touches en ivoire et de son prix pharamineux. En l'essayant je m'étais rendu compte qu'il était trop dur pour moi, pour mon niveau, que c'était un vrai piano classique nécessitant une formation de haut niveau. Mais il était si beau ! Et que croyez vous qu'il arriva ? Aujourd'hui chez moi trône un superbe Pleyel 3bis sur lequel je ne joue presque  jamais, lui préférant un piano digital Casio (la loose intégrale).
C'est ainsi que lorsque je dois prendre une décision importante, je me mets face à mon Pleyel, l'observe rien que pour me souvenir que même moi, pourtant sage parmi les sages, je fus autrefois un jeune fou cédant aux sirènes hurlantes de la démesure et aux promesses d'Hybris.

C'est ainsi que voici quelques temps, hésitant entre une Aston-Martin One-77 et une RJ49, je regardai fixement mon Pleyel 3bis afin de prendre une juste décision que vous connaissez tous chers lecteurs.

L'Aston-Martin n'était définitivement pas faite pour le monstre d'humilité que je suis !

Pleyel 3bis

8 Comments:

Blogger Alain Youpi said...

Si j'étais vous, je revendrais le Pleyel tout de suite et j'acheterais le Schimmel. Meilleurs conseils qu'on m'ait donnés avant d'acheter un piano: les plus chers ne sont pas forcement les meilleurs, et surtout chaque marque a un toucher et un son différent -- il faut donc tout simplement choisir celui qui vous procure le plus de plaisir, tant tactile que sonore. J'ai ainsi des souvenirs très émus des graves (renversantes, profondes, chaleureuses) sur un Steingraeber, alors que les Bechstein (aux mécaniques pourtant réputées -- et effectivement très précises) me laissent complètement froid et que quelques autres marques m'épuisent complètement en 30-40 minutes à cause de la dureté de leurs touches. Je sais que certains professeurs recommandent à leurs étudiants de s'exercer sur ce type de crincrins pour se "former" les doigts, mais si comme moi vous faites du piano pour le plaisir, ça ne fera rien de plus que vous dégouter.
En plus de ça les Schimmel sont vraiment de très belles pièces, qui partagent un bon nombre de leurs mécanismes avec les Steinway.
Franchement, je vous conseille de refaire un tour en boutique, et de voir quel piano se conjugue le mieux avec les morceaux que vous aimez, et votre façon de les jouer...

25/6/11 4:46 PM  
Blogger philippe psy said...

Vous avez raison Alain, toutefois il faut d'abord que je revende le Pleyel peut être pour prendre un Yamaha U3, on verra ...

25/6/11 9:35 PM  
Blogger MaBoutique said...

J'avais la même vision des harley lorsque j'étais plus jeune et que je roulais en super sportive (pendant plus de 20 ans). Après une pause de 8 ans environ, j'ai voulu me remettre à la moto. Bin harley, c'est pas mal quand même pour tous ceux qui ne veulent plus conduire la poignée dans le coin. C'est calme, pépère et pas trop cher pour les modèles d'entrée de gamme (sportster). Comparé à un trail, les sensations sont beaucoup plus fun. Faut juste éviter le look biker pour ne pas trop être ridicule ;-)

25/6/11 10:21 PM  
Blogger philippe psy said...

Oui c'est vrai que le Sporster est plutot réussi mais ses performances sont médiocres et le duo est impossible.

Quant au look biker que vous jugez ridicule, je pense que vous venez de choquer mon pote le Gringeot qui a justement un look biker. S'il retrouve votre adresse ip, je pense que vous aurez une chaleureuse discussion avec lui sur la mode vestimentaire motarde.

Jusqu'à présent personne n'a jamais dit de lui qu'il était ridicule même si quelques uns le pensent. Il faut dire qu'avec 2,03m et 145kgs, le Gringeot est un homme qui sait imposer les tendances !

25/6/11 10:28 PM  
Blogger Thomas said...

Ahaha Herr Gringeot prend lourd =)

BTW, je ne jouais pas aux Playmobils mais aux Légo, je te l'ai déjà dit !

26/6/11 2:44 PM  
Blogger V. said...

Philippe, ce que vous êtes taquin...
Et excessif.
Imaginatif quoi... !

26/6/11 2:49 PM  
Blogger El Gringo said...

Pourtant, la D209 entre la N4 et Chateaubleau, c'est droit comme un "I" et il y a même des puits de pétrole avec leurs pompes à balancier dans le décor.
D'accord, la Megane siglée Gendarmerie ne fait pas vraiment Far-West mais les pignoufs à radar qui te piquent tes points et tes économies doivent tout de même se prendre pour des Cow-Boys.

PS1: Je vais craquer: Super film...
PS2: Attention, sur la XT il faut kicker!
PS3: Il faut aussi un permis...

29/6/11 12:44 PM  
Blogger yan.M said...

Les XT se font rares(jen ai eu deux dont le modèle présenté en photo,le premier en fait avec le pot bas).
Et une anglaise?...c'est bien mieux qu'une harley.

5/11/11 2:48 PM  

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