03 juin, 2013

Pauline, les autorails et le libéralisme !

Vous vous attendiez à un autorail et c'est un marcassin !

Comment me suis-je intéressé aux autorails ? Je ne m'en souviens plus. Autant je pourrais vous dire que j'ai vu des hérissons et que j'en ai dans mon jardin ce qui pourrait expliquer pourquoi je m'y suis intéressé, autant je ne possède pas d'autorail. Je n'ai même jamais pris un autorail et je crois ne jamais en avoir vu un en vrai. D'ailleurs, avant de devenir le tout petit spécialiste que je suis devenu, je crois que j'appelais une micheline un autorail alors que les premières sont des véhicules à pneus produits par Michelin tandis que les seconds ont des roues de type ferroviaire. Je conçois aujourd'hui combien j'étais sot de ne pas connaitre ce genre de choses car c'est le B-A BA de la discipline.

Bon, je me dis tout petit spécialiste du sujet parce que je peux me le permettre. Car il me semble qu'à part de vieux cheminots ou fils de cheminot ou encore petit-fils de cheminot, dument abonnés à La vie du rail, nous sommes peu nombreux en France à faire la différence entre un X3800, un Billard X902 et un Renault VH ! Et encore, je ne vous parle pas du Verney X 212 ni des livrées différentes que chacun de ces astucieux véhicules aura pu aborer selon les époques d'exploitation.

Qu'on le veuille ou non, l'autorail est une passion dévorante mais exigeante que seuls les plus constants peuvent maitriser un jour ! Ne devient pas autoraillologue qui veut, la discipline demande du temps et de l'abnégation dans la mesure où le temps que l'on aurait consacré à faire des choses milles fois plus intéressantes doit être sacrifié sur l'autel de l'autoraillogie. En plus de l'ascèse nécessaire à l'apprentissage de cette âpre discipline, il vous faudra aussi vous habituer à une grande solitude car, qu'on se le dise, peu nombreux sont ceux avec qui vous parlerez d'autorails car c'est une passion aussi rare qu'exigeante. A la fin, puis on se spécialisé, moins on supporte tous les prétendus spécialistes qui sont incapables de faire la différence entre un moteur Poyaud et un MAN.

Ceci dit, moi qui ai appris, qui sais maintenant faire la différence entre un simple autorail et une vraie micheline, je sais aussi qu'il a existé des paulines ! Oui, vous m'avez bien lu ! Vous connaissiez les michelines, nom commun sous lequel, non spécialistes que vous êtes, vous englobiez tous les autorails que vous croisiez, mais vous étiez loin de vous douter qu'il y eut un jour sur notre beau réseau ferré secondaire, des paulines !

Nous devons ces paulines, qui ont moins marqué que les fameuses michelines, à l'un de nos plus brillants polytechniciens, Jean-Raoul Paul, que vous ne connaissiez pas, j'en suis sur. Pourtant sa fiche Wikipédia nous apprend que ce brillant X-ponts s'illustra dans de nombreux domaines, qu'il s'agisse de routes, de transports ferroviaires tout autant que de navigation et sans doute dans bien d'autres domaines que la postérité a oublié. Notre ingénieur en homme providentiel qu'il était fut aussi celui qui se chargea de sauver le train de sa concurrence directe : la route !




C'est en tombant sur un autre lien dédié à ces fameuses paulines que j'ai en effet appris que ces véhicules ont ainsi été appelés affectueusement en souvenir de ce bon polytechnicien, qui déjà à l'époque avait le souci de dépenser l'argent du contribuable pour faire un peu n'importe quoi. Sans doute qu'il avait ses lubies, tout comme moi, sauf que je finance moi-même les miennes. C'est ainsi que notre dispendieux homme d'état, où plutôt de région, puisqu'il semble qu'il ait sévi essentiellement dans le Sud-Ouest,  vécut très mal l'irruption des transports routiers par cars qui concurrencaient évidemment le transport ferroviaire. Plus confortables, plus surs, plus souples, moins chers en termes d'investissements, les cars avaient fini par rendre caduques la plupart des petits lignes secondaires dont les tortillards n'offraient que de médiocres performances aux clients moyennant des coûts d'infrastrcutures énormes.

Mais visionnaire comme le sont souvent ceux qui dépensent l'argent du contribuable, ce cher Jean-Raoul Paul, ne l'entendit pas ainsi et voulut faire revenir le voyageur au train ! Pourquoi ? On n'en sait rien mais on peut imaginer que le car par la souplesse qu'il autorise tant aux exploitants qu'aux usagers, ne permettait plus à une foule d'agents payés par les collectivités de se goinfrer sur la bête ni à l'état de contrôler le citoyen en déterminant arbitrairement le parcours qu'il prendra et les heures auxquelles il voyagera. Jean-Raoul Paul eut ainsi l'idée d'établir un cahier des charges destiné à créer un véhicule autonome ferroviaire, apte à répondre à la concurrence automobile sur les lignes secondaires. 

C’est très exactement un autobus sur rails qui fut mis en chantier, capable de transporter une soixantaine de personnes assises et une tonne de bagages. Bref, visionnaire comme savent souvent l'être ceux qui ont la charge de distribuer notre argent, Jean-Raoul Paul venait de recréer un autobus mais sur rails, c'est à dire un monstre hybride totalement inadapté puisqu'il s'agissait d'un véhicule nécessitant l'emploi d'une couteuse voie ferrée tout en ne permettant pas l'emport d'un grand nombre de passagers ! Notre génie, issu d'une de nos formations élitistes, venait donc de combiner les désavantages du car et ceux du rail ! L'ENA n'était pas encore créée que Jean-Raoul Paul en grand visionnaire laissait déjà augurer la gabegie à venir issues d'idées stupides.

Hélas le génie du grand homme ne sera pas reconnu de son vivant puisque ses paulines ne seront manifestement employées que sur d'obscures lignes secondaires. Mais la mise en place de nos actuels TER prouve cependant que lorsqu'il s'agit de dépenser beaucoup d'argent pour peu de passagers, la SNCF (ou les régions) sait perpétuer l'inventivité du grand homme que fut Jean-Raoul Paul créateur des inoubliables paulines !

Non Jean-Raoul Paul, tu n'auras pas vécu pour rien !

Vous vous attendiez à un marcassin et c'est une pauline !

1 Comments:

Blogger séréniale said...

Je ne sais pas comment s'appelle ce que la ville de Caen nous a pondu à nos frais exorbitants.. on l'appelle le tram.. mi-train électrique, mi-car, il peut sortir des rails et rouler comme un bus, avec de l'essence...bref ce machin ne fonctionne pas, ou mal au mieux, et comble de l'absurde, la société ayant fait faillite, le service après-vente n'est plus possible: la ville de caen doit changer de transport en commun après avoir fait des années de travaux et de rails en tout sens qui gènent la circulation automobile: super le progrès...A "Caen" la PHILIPPINE?

11/6/13 7:03 PM  

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