06 avril, 2014

Make a wish !


L'association Make a wish (faites-un voeux) est une organisation sans but lucratif dont le but est d'exaucer le vœu d'un enfant étant ou étant été très gravement malade. elle oeuvre pour les enfants âgés de deux ans à dix-huit ans et c'est le médecin traitant qui se prononce en dernier recours pour savoir si le petit patient peut accéder à son souhait en fonction de soins qu'il peut avoir.

Autant vous dire que compte-tenu de mon activité, je suis assez loin de cette organisation. Non, que je n'ai jamais eu de décès dans ma clientèle mais que celle-ci soit bien trop âgée pour recourir aux bons offices de cette association.

Pourtant récemment, j'ai eu l'impression de faire partie de ake a wish ou d'être un peu Ty  Pennington, des Maçons du cœur quand il offre à des pauvres méritants le palais de leurs rêves ! Jean Sablon et le jeuen gentilhomme tourangeau l'ayant rendu visite, nous devions aller chercher un quatrième comparse arrivant plus tard en RER.

Au moment de partir, la Visa étant déjà garée dehors, je décide de la prendre. Et j'observe alors le regard de Jean Sablon sur ma voiture. Il semble émerveillé comme un petit leucémique qui voyant sa dernière heure arriver peut apaiser sa tristesse en rencontrant l'idole de ses rêves. Pour Jean Sablon, ce ne sera ni Beyoncé ni Rihanna mais ma Visa.

Bon prince, je lui tends alors les clés, n'hésitant pas à confier mon véhicule de collection à ce jeune né deux ans après que ma Citroën ait été produite sur les chaines de l'usine de Rennes ! Une fois au volant, il faut un peut tout lui expliquer parce que ce jeune godelureau ne sait évidemment pas se servir du satellite, ce truc pourtant vachement bien conçu à la gauche du volant qui contient toutes les commandes à portée d'index ou de pouce.

Ah ça pour suborner les jeunes femmes il s'y entend mais il n'y a plus personne dès qu'il s'agit d'utiliser du matériel de haute technologie. Le voici enfin qui démarre enfin et passe la première. Se croyant dans une voiture de sport, il accélère à peine et évidemment la voiture bouge ... à peine. Le moteur de 2cv et ses 35cv n'est pas précisément un foudre de guerre et il faut vigoureusement enfoncer la pédale d'accélérateur. On ne risque pas un wheeling qui boufferait du pneu !

Concentré sur sa conduite, je ne l'entends pas apprécier l'environnement cosy de l'intérieur ! Il s'agit pourtant d'une Club et non d'un version de base Spéciale ! Mais non, pour ce jeune gandin habitué dès son plus jeune âge à vivre dans un luxe inouï, il semble naturel de poser ses fesses chenues dans des sièges moelleux tendus d'un joli tissu au motif pied-de-poule! 

Et durant tout le trajet, je le sens crispé sur son volant monobranche un peu mal à l'aise. Sans doute que cette plongée soudaine dans l'histoire de l'automobile le déconcerte. Aucune électronique embarquée ne vient contrarier l'action du conducteur sur la machine. En cas de freinage soudain, nul ABS ne réduire votre distance de freinage de même qu'aucun airbag n'amortira le choc des tôles contre votre corps fragile. En 2014; conduire une Visa c'est être un peu un pionnier de l'aviation, une sorte de Didier Daurat pilotant son Latécoère au dessus des Andes !

Il m'explique alors qu'il n'a pas confiance dans les freins ! J'ai beau lui dire que la voiture est équipée de deux disques à l'avant et de deux tambours à l'arrière ce qui semble largement suffisant pour le poids plume de l'engin, Jean Sablon en jeune habitué à un environnement ouaté et bercé par le sacrosaint principe de précaution ne se sent pas à l'aise. C'est tout juste s'il passera la quatrième et dépassera les cinquante kilomètres heures alors que la voiture est donnée pour cent-vingt-deux kilomètres heures en pointe ! Ces petits cons ont eu l'habitude de faire du vélo casqué et de monter en voiture sur leur siège auto spécial jusqu’à l'âge de dix ans alors c'est sur que ça n'en fait pas des aventuriers !

Arrivé à la gare c'est presque tremblant qu'il me tend les clés. Il me remercie à peine ! Moi qui lui ai confié la responsabilité d'une voiture de collection, me voici bien remercié ! Ce sont les limites de l'action caritative ! On croit faire plaisir, on voit des étoiles plein les yeux et ils ne sont jamais contents ! Je l'imaginais s'agenouillant devant moi et me baisant les mains, me remerciant les yeux embués de larmes, me disant que c'était l'un des plus beaux jours de sa vie,  mais que dalle !

Dire que quand j'étais petit et qu'à Noël j'avais un jouet en bois et une orange, j'étais content !

1 Comments:

Blogger Adès Rahmani said...

Quel ingras ce Jean Sablon!Je ne sais pas si c'est une photographie de votre Visa, mais à quoi sert le papier toilette sur la gauche?... c'est une option? :)

7/4/14 1:31 PM  

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