18 mai, 2014

Sartre ou Aron ?


Lors des séances de cafing (on dit aussi coffing pour les anglophones), on ne passe pas notre temps qu'à rigoler, on est parfois très sérieux. Par exemple dernièrement, l'un des protagonistes, peut-être était-ce chaton, a doctement dit que Raymond Aron était vraisemblablement un agent américain. Comment en étions-nous arrivés à parler de lui, je ne m'en souviens plus. Toujours est-il que nous étions tous d'accord pour le déclarer chiant. 

Quand à savoir s'il était un agent américain, je n'en sais rien. Sans doute que oui, dirais-je, plus mu par mon anti-atlantisme primaire, que par une vraie recherche historique. Mais bon, cela ne m'étonnerait pas qu'il ait émargé à la CIA. D'ailleurs tapez "Raymond Aron agent américain" sur Google et vous aurez plein de liens très intéressants sur le sujet.

Les choses étant ce qu'elles sont, nous fumes tous d'accord pour songer que nous aurions été bien fort marris pour choisir un camp entre les partisans de Raymond Aron et ceux de Jean-Paul Sartre. Si aucun de nous n'était d'accord pour songer, comme les gauchistes de l'époque, qu'il fallait mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron, ce n'est pas pour autant que nous aurions choisi Aron. Sans doute parce que comme je l'écrivais au paragraphe précédent, nous le trouvons chiant aujourd'hui et qu'à cette époque déjà, nous l'aurions trouvé pénible.

Nous étions comme le dit l'expression désuète consacrée par Jean de la Fontaine, Gros-Jean comme devant ! Et s'il y a bien un truc que nous n'aimons pas, c'est bien d'être Gros-Jean comme devant ! Nous nous interrogions donc sur ce qu'auraient pu être nos séances de cafing en 1968 tandis qu'il aurait fallu à tout prix choisir entre Sartre, le baiseur de petites sorbonnardes, et Aron, le chiant. Que faire ?

C'est ainsi que le Jeune Gentilhomme Tourangeau, vint à notre secours en nous expliquant qu'à cette époque déjà, il y avait sans doute des groupes qui ironisaient sur le monde, sans prendre part au débat, en regardant passer les filles. Merci à lui, de nous avoir permis de nous resituer dans une époque antérieure. C'est vrai que le branleur est une espèce assez adaptable, quels que soient les lieux et l'époque. Enfin nous, on préférerait considérer que nous sommes des dandys, à savoir des Hercules sans emploi selon l'excellent mot de Baudelaire, plutôt que des branleurs. Parce que le jour où le monde a besoin de nous, on se lève et on y va.

Bon, l'anecdote n'a rien de passionnant si ce n'est que lorsque l'on a du mal à choisir entre A (Satre) et B(Aron), on résout toujours l'équation en choisissant C. Parce que dans ma pratique, ce fut, c'est et ce sera encore un questionnement que l'on me soumet souvent. Unetelle ou Untel débarque dans mon cabient en me disant qu'elle(il) est avec A mais pencherait plutôt vers B en me demandant de l'aider à trouver la voie de l'apaisement. 

Et c'est là qu'impérial, j'explique toujours que lorsque l'on hésite entre A et B, c'est que l'on voudrait que A possédât plus de qualités de B tandis que B fut un peu plus comme A. Bref, ni l'un ni l'autre n'étant apte à satisfaire, la solution se trouve forcément en C qui espérons le tiendra un peu de A et de B. C'est tout bête.

Alors appliquons cela et demandons nous ce qu'il en aurait été concernant Aron et Sartre ? Est-ce que nous aurions été sartriens si Sartre avait été plsu atlantiste ou franchement aroniens si ce dernier avait baisé des étudiantes de la Sorbonne ? Et bien non justement, parce que justement si Sartre est Sartre et qu'Aron est Aron c'est justement parce qu'ils sont tels qu'ils sont, le premier un gauchiste baiseur d'étudiantes et le second un agent américain chiant. Donc, nous n'aurions chois ni l'un ni l'autre !

Ceci étant dit, vous pouvez lire Sartre et Aron, grand bien vous fasse. Je l'ai fait en mon jeune temps. Et finalement, c'est vrai que je préfère ironiser au café avec des gens intelligents et cultivés en regardant passer les filles.

Enfin bref, quand on hésite entre A et B, il faut choisir C. C'est simple non ?

L'homme est un être raisonnsable, mais les hommes le sont-ils ?
 Citation chiante de Raymond Aron qui l'était lui-même un peu. 

3 Comments:

Blogger menvusa gerard said...

Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

18/5/14 10:16 PM  
Blogger philippe psy said...

@GM : je ne parlais pas des profs en général mais de JP en particulier qui avait cette réputation. Ceci dit, il est mort et laissons le où il est.

19/5/14 2:39 AM  
Blogger chaton said...

ni aronien ni sartrien: chatonien

19/5/14 10:35 AM  

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