23 janvier, 2007

J'ai vu le plus mauvais film français de tous les temps !


Dans un artcile intitulé "Moi et le cinéma", je vous avais déjà révélé mes piètres goûts cinématographiques. Dans les faits, je n'aime pas le cinéma. Enfin, ce n'est pas tout à fait juste, j'aime sans aimer réellement.

Regarder un film, peut être un passe-temps mais rien de plus. Je ne crierai jamais au génie en voyant un film. Je le trouverai sans doute bien fait mais guère plus car il me manquera toujours quelque chose par rapport à la littérature. Pour moi, le cinéma reste une sous-littérature pour ceux qui n'ont pas suffisamment d'imagination pour faire leurs films dans leur tête lorsqu'ils lisent. En bref, c'est un truc pour les indigents de l'imaginaire à qui il faut mâcher le travail voire destiné à ceux qui n'aiment pas lire !

En plus, le cinéma c'est chiant, on ne peut pas mettre sur "pause" pour aller pisser, ni fumer (FUMER TUE), ni retourner en arrière quand on n'a pas suivi parce qu'on pensait à autre chose, etc. A la limite, le cinéma, c'est bien quand on est tout jeune ado et qu'on ne sait pas où aller avec une copine pour faire de l'exploration mammaire, en ayant une excuse, après bof ! En plus, c'est super cher le cinéma et moi, je ne suis pas un riche psychanalyste qui a les moyens de s'offrir tout le cycle de Bergman en V.O. !

D'ailleurs, comme j'ai beaucoup d'imagination, quand je lis, je me dis souvent : "tiens, cela ferait un super film", film que bien sur je n'irai pas voir parce que, j'aurais peur que cela soit moins bien que dans ma tête.

Et puis, j'ai des goûts étranges puisque je n'aime que les comédies, les polars, quand ils sont vraiment bien faits (pas des trucs nuls de tueurs en série qui ne tiennent pas debout), et les films de guerre ; je m'endors devant le reste. J'ai aussi un goût inavouable pour les nanars.

Pour les incultes, le terme "nanar" est employé par les cinéphiles pour désigner des films particulièrement mauvais qu'on se pique d'aller voir pour s'en moquer, au contraire du navet qui est lui sans aucun intérêt (comme les films de BHL par exemple). Selon le Petit Robert, le terme "nanar" date du XIXème siècle et s'orthographiait alors "nanard". Il ne dériverait pas de "navet" mais d'un mot d'argot oublié : "panard", qui signifie "vieil homme". Un nanar est donc à l'origine une croûte, une oeuvre médiocre, et surtout risible. Dans le jargon des brocanteurs et bouquinistes, un nanar désigne à l'origine un objet invendable (la Vierge en coquillages que vous avez ramenée de Bretagne). La dimension "drôle car mauvais" s'est ensuite progressivement greffée à ce terme, qui prend donc de plus en plus le sens du nanar cinématographique mais peut aussi désigner un livre amusant à lire car fort mal écrit (les livres de BHL par exemple).

De temps en temps, je me passe un nanar pour me détendre. Ce genre de films se trouve dans les bacs de solde pour des prix dérisoires, en général dans les hypermarchés ! Plus la jaquette est colorée et racoleuse, avec des titres délirants, moins le budget est important, plus de chances vous aurez d'avoir à faire à un vrai nanar ! Pour m'aider dans ces choix délicats, je consulte bien entendu le site Nanarland.com, le seul spécialiste de ce domaine pointu qu'est la nanardise ! Le nanar étant un genre cinématographique très défini bien que peu étudié en faculté, il possède ses perles et ses acteurs fétiches ! Le risque est grand de confondre un navet et un nanar et de s'ennuyer !


Je cherchais depuis longtemps, "Le lac des morts vivants", qui a la réputation d'être le plus mauvais film français jamais réalisé, et je l'ai trouvé. Alors je vous le résume brièvement :

Dans un petit village français, alors que la fin de la guerre est proche, des résistants attaquent une patrouille allemande (scène de guerre dantesques !)et jettent les corps dans le lac jouxtant leur village. Pas de chance, ce lac fut le lieu de rites sataniques au Moyen-Âge et il est maudit. C'est ainsi que dix ans après la guerre, ces soldats allemands devenus morts-vivants (Brrr, attention aux maquillages !) se réveillent pour aller dévorer des baigneuses. Peu après, les zombies envahissent le village...

Indigence des moyens, scénario incroyablement erratique, jeu extraordinairement mauvais des acteurs, invraisemblances étonnantes, erreurs chronologiques incessantes, tout concourt à faire de ce film la pire chose que l'on puisse voir ou presque. Mais quand on est bon public, on rit beaucoup !

Attention, cours, sinon tu vas te faire manger !


Fiche Technique :

  • Titres alternatifs : Zombie Lake

  • Réalisateur : J.A. Lazer (Jean Rollin de son vrai nom)

  • Producteur : Marius Lesoeur EUROCINE

  • Année : 1980

  • Pays : France

  • Genre : Horreur (Zombies qui font pas peur)

  • Durée : 1h23

  • Acteurs principaux : Howard Vernon, Pierre-Marie Escourrou, Antonio Mayans, Jean Rollin

  • Extraits : ici !

Pour la chronique complète du film réalisé par des cinéphiles spécialisés, allez sur Nanarland.com, en cliquant directement ici ! Brrr, attention, âmes sensibles s'abstenir !

Bon, vous noterez que cet article n'a aucun lien direct avec le sujet de ce blog. En fait si, mais voilà c'est dur à comprendre. Alors voilà, ce week-end, j'ai fait la fête pour mon anniversaire, et j'ai toujours du mal à récupérer (A consommer avec modération !). J'ai plein de projets d'articles géniaux mais je n'avais pas tous mes neurones disponibles pour les rédiger correctement. Et comme j'avais tout de même envie d'écrire, je vous livre cette maigre fiche cinématographique. Qui sait ? Cela créera peut-être des vocations pour la connaissance et la préservation du patrimoine Nanar français. Et puis, les gens mal intentionnés qui s'imaginaient que j'avais un égo boursouflé, constateront qu'ils se sont lourdement trompés ! Je suis un mec comme tout le monde, voire même largement plus con que la moyenne, quand ils 'agit de choisir un DVD !

Un acteur jouant le zombie, grimé à merveille, brrr on a peur !

Dernière minute ! Le film de BHL, "Le jour et la nuit", vient de passer de navet à nanar ! Lire la chronique ici !