23 avril, 2007

Choix cornélien !



Ce soir, suite à une soirée électorale riche de surprises, je vous propose un texte culturel avec des applications pratiques et philosophiques. Nous parlerons donc de la notion de « choix cornélien ».

Un choix cornélien est un choix entre deux possibilités ressenties toutes les deux comme des devoirs. Corneille s'est plu à exposer et à mettre en scène, des dilemmes presque insolubles. Ainsi, dans Le Cid, il est difficile pour Rdrigue, de choisir entre la femme dont on est amoureux, Chimène, et le père que l'on respecte, Don Diègue, lorsque ce choix mécontentera l'un des deux.

Ce vocable « aspect cornélien » est donc passé dans le langage courant pour qualifier une décision très difficile à prendre, un choix pratiquement impossible.

Toutefois, et ça je l’ai piqué dans Wikipedia, l’œuvre étendue et riche de Corneille a donné naissance à l’adjectif « cornélien », dont le sens est aujourd’hui particulièrement galvaudé puisqu’il désigne à la fois :

  • La volonté et l’héroïsme ;

  • La force et la densité littéraire ;

  • La grandeur d’âme et l’intégrité ;

  • Une opposition irréductible entre deux points de vue.
Alors chers lectrices et lecteurs, nantis de ces connaissances encylopédiques, amusons-nous un peu !


Définition : un choix cornélien est un choix qui constitue un dilemme, qui oppose la raison et les sentiments.


Application contemporaine et immédiate : Qui choisir entre une conne et un escroc étatistes ? L'escroc, parce que fiscalement il est plus intéressant ? Certes, je dois songer à mes intérêts immédiats, mais je le déteste et je ne peux pas voter pour un paranoïaque, compte-tenu de mon métier ! En plus, il y aura Xavier Bertrand dans le gouvernement, c’est trop me demander ! Alors, la conne ? Pourquoi pas, rien que pour faire chier l'escroc et ne pas lui donner ma voix ? Mais, je ne me vois pas voter à gauche, surtout pour la pintade qui n'a aucun programme !

Alors que faire ? C'est « cornélien » pour un mec profondément libéral qui déteste l'état et généralement l'autorité ! Je rappelle que je ne déteste pas l’autorité, à la manière d’un sociopathe qui voudrait pouvoir tout faire, mais simplement à la manière d’un mec libéral, qui a suffisamment d’autorité sur lui-même, pour ne pas avoir besoin qu’un élu et ses milices viennent l’emmerder chaque jour.


Aspect philosophique : Le choix est-il obligatoire ? Ne pas choisir, est-ce choisir ?

Application pratique : Et si je vendais tout ? Et si je disais à ma clientèle d'aller se faire foutre et que j'aille ouvrir une station service dans le Nevada, dans un bled perdu loin de Xavier Bertrand ?


Je m'imagine assez bien à Stunton Junction, ersatz imaginaire de ville, situé au croisement de deux routes poussiéreuses : un hôtel, deux bars, une station service, la mienne. J'ai deux pompes, une d'essence, l'autre de gas-oil. Tout autour, le désert et rien d'autre, personne pour m'emmerder. Je vivrais dans un mobil-home, posé sur des parpaings. J'ai quelques crotales dans des vivariums, que je montre pour quelques dollars. Si mes clients ont soif, un distributeur de coca leur offre la possibilité d'étancher leur soif. A côté du mobil-home, j'ai un petit atelier, dans lequel je change des pneus, des batteries et des plaquettes de freins, pour arrondir mes fins de mois. Personne pour m'emmerder. C'est peut-être cela le bonheur ?

8 Comments:

Blogger Draco said...

Fuir, on y pense tous puisque c'est un réflexe naturel face au danger. Mais qui a une green card à vendre ?

Il ne reste qu'une chose à faire : "cultiver notre jardin"...

23/4/07 8:44 AM  
Blogger El Gringo said...

Et puis à l'heure du vote, seul devant la machine installée pour l'occasion dans le bureau du shérif de Stunton Junction, un nouveau choix cornélien: Hilary Clinton ou Arnold Schwarzenegger?

NB: De deux maux il faut choisir le moindre. Tu ne vas quand même pas voter à gauche!?!?!

23/4/07 10:42 AM  
Blogger Alexis said...

Une tentative de réponse que j'investigue aujourd'hui: "How I found Freedom in an Unfree World"
http://www.trendsaction.com/category.php?category=Harry+Browne&ulaCartSID=ssZVAWgAqFLaGRRRbWmMCcCxd1166563242

23/4/07 1:24 PM  
Blogger Alexis said...

Et si voter à gauche permettait de faire monter le système en l'air plus vite? Mmmh ? Personnellement je le considère (presque) sérieusement. Mais qu'est-ce que j'ai intérêt à picoler pour arriver à passer au dessus de mes "interdits" au point de voter à gauche!

23/4/07 3:23 PM  
Blogger philippe psy said...

Voter à gauche ? si cela m'arrive,je te donne le droit de m'abattre à vue, puis de brûler mon cadavre !

Non, jamais, mais je ne voterai pas pour la première fois de ma vie. Je les déteste l'un et l'autre.

23/4/07 4:18 PM  
Blogger philippe psy said...

cultiver notre jardin? Oui ce serait sympa si je n'avais pas à chaque fois un connard qui me dise comment le cultiver!

23/4/07 4:19 PM  
Blogger philippe psy said...

Moi aussi, à moins de 4 grammes dans le sang, je n'y arriverai pas! Donc, je pense ne pas aller voter! Et toc ! De toute manière, je serai bientôt le maire de Manhattan, Nevada !

23/4/07 4:48 PM  
Anonymous Anonyme said...

Alexis: Et si voter à gauche permettait de faire monter le système en l'air plus vite?

Certainement, mais... combien de temps pour qu'il redescende? La Chine, c'était dans les années 50. Elle commence seulement, tout juste, à s'en sortir, à redescendre comme tu dis.

La Russie? 80 ans et toujours les deux pieds les deux mains dans la merde.

Cuba? Le bon cacao de Cuba. Ça roule toujours, 50 ans de castrisme, même avec un Castro empaillé et surgelé, ça dure et ça perdure.

Ségogoline, c'est trente ans de bagne, minimum. Et si elle vivait aussi longtemps que Jeanne Calment, hein? hein?

1/5/07 9:25 AM  

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