10 juillet, 2007

Soumis, crétins et crédules !

Juillet à Paris !

Les temps changent. Lorsque j'étais petit et qu'il pleuvait en été, les gens avaient l'habitude de dire que l'été était pourri. Ils se plaignaient et attendaient avec hâte le retour du soleil. Aujourd'hui tout a changé.

Ce matin, je reçois un patient, un jeune homme âgé de trente-cinq ans, intelligent et bien sous tout rapport. La pluie ne cesse de tomber. Au moment de partir, il regarde par la fenêtre de mon cabinet et me dit qu'il va être trempé en allant jusqu'au métro. Il rajoute que c'est un sale temps pour un mois de juillet avant de se rétracter, sans doute mu par un réflexe citoyen, intervenu juste à temps, avant qu'il ne commette un sacrilège irréparable. Un peu comme s'il avait pu imginer que j'étais un quelconque commissaire politique chargé de le dénoncer en tant que déviant pour avoir critiqué le fait qu'il pleuve !

C'est pour cela qu'il rajoute aussitôt : "C'est sûr que ce n'est pas un temps agréable pour le mois de juillet mais enfin, je prends mon mal en patience, je me dis que cela fait du bien à la planète".

Histoire de l'emmerder un peu et de le mettre face à sa réflexion stupide, je lui demande en quoi cela fait du bien à la planète ? En rajoutant que le fait qu'il pleuve ou non, ne changera pas le destin de la terre, qui a existé avant nous et existera sans doute après. Je rajoute aussi qu'il existe un cycle des saisons et que si les étés sont généralement chauds, c'est que c'est important pour les cultures, et que tant de pluies sont nuisibles.

Il annone alors le catéchisme citoyen en me parlant un peu du réchauffement climatique. S'il n'a rien compris à ce que lui matraque la propagandastaffel à propos du climat, car c'est terriblement complexe, il est en tout cas parfaitement en conformité avec le credo actuel et peut ainsi m'expliquer que le climat se réchauffe du fait de l'activité humaine et qu'il est donc bon, d'accueillir avec joie, tout évènement climatique tendant à contrer ce réchauffement.

Je poursuis en lui disant qu'en gros, le fait qu'il pleuve en juillet l'emmerde totalement, mais qu'en tant qu'être humain, il se sent tellement coupable du mal qu'il fait à la terre, qu'il accueille avec joie la pluie, comme une forme de punition de nature à lui ôter sa terrible culpabilité.

Il réfléchit deux secondes, me sourit et me dit que c'est stupide mais que c'est à peu près cela. Il se sent un peu idiot. Je le salue en le raccompagnant jusqu'à la porte, non sans lui avoir chaudement recommandé d'aller prier au pied du premier arbre qu'il rencontrera en demandant pardon pour tout le mal qu'il fait chaque fois qu'il utilise les bienfaits de la télévision.

Sur le pas de la porte, il me demande si je ne crois pas au réchauffement climatique. Cela lui semble totalement fou et déviant d'oser refuser cela. Je lui aurais avoué que, le soir venu, je me dessinais au feutre une petite moustache carrée, que je me faisais une mèche, et que je défilais au pas de l'oie dans mon jardin, le bras orné d'un brassard à croix gammée, qu'il n'aurait pas semblé plus choqué.

Aujourd'hui, oser doutes de la thèse du réchauffement climatique, c'est un peu comme dire que l'art contemporain est une vaste escroquerie, on est tout de suite taxé de fascisme. Faut vraiment faire gaffe, on aurait vite fait de se retrouver dans un camp de rééducation par la pensée comme au bon vieux temps de Pol Pot et de ses potes khmers rouges !

Je poursuis toutefois en expliquant à mon patient, que l'on n'est pas, en l'occurrence dans un phénomène de croyance mais dans un débat entre des tenants et des opposants au réchauffement climatique et que dans ce cas, on est tenu non pas de proposer un catéchisme citoyen cucul mais des preuves scientifiques et que je ne suis pas convaincu. Avoir un avis sur le climat n'est pas une affaire de croyance, qui relèverait plutôt de la foi, mais de savoir qui relève de la science objective. Ayant quelques années de plus, je lui explique que lorsque j'étais plus jeune, on nous vendait la glaciation.

Sur ces bonnes paroles, nous nous sommes serrés la main et il est reparti. J'aurais bien sûr, pu fermer ma grande gueule mais sur certains sujets, cela m'est carrément impossible.

Si en France le catholicisme recule, l'animisme progresse. Que voulez-vous, il faut bien croire en quelque chose et Gaïa, la nouvelle déesse terre, est certes bien plus cruelle que notre Dieu chrétien, mais tellement plus accessible pour des crétins.

Représentation assez laide de la déesse Gaïa, mère nourricière, bla-bla-bla, etc.

3 Comments:

Blogger Arnaud Marthouret said...

Bientôt on sera forcés de prier Gaïa pour pas qu'elle nous envoie un tsunami sur la gueule. Comme on dit ici les "scare tactics" reste un moyen simple et ô combien éfficace pour maintenir les gens dans l'ignorance la plus crasse. Moi même passé un temps, je n'osais plus dire que je ne croyais pas au réchauffement climatique. Je me rassurait en disant que ce n'était pas du à l'homme.
Mais j'ai eu ma piqûre de rappel il y a quelques jours, une révélation en somme et je me fiche de savoir si on me considère comme un nazi ou non. Ce ne serait pas la première fois.

10/7/07 1:44 PM  
Blogger philippe psy said...

Croire ou non, là n'est pas la question. L'important est plutôt d'avoir des arguments, ou alors on reste dans la pensée magique.

Au-delà de tout cela, il ne me g^ne pas qu'on avance telle ou telle thèse, après tout la science avance ainsi.

Non, ce qui m'ennuie, c'est qu'un débat scientifique puisse devenir une sorte de catéchisme, une évangélisation des masses.

Quand on en vient à organiser des concerts pour la planète, on quitte la quiétude des labos pour entrer de plain pied dans l'hystérie collective. Je ne pense pas qu'on ait besoin de cela.

Ne pas jeter de papiers par terre, ne pas salir inutilement, sont des actes de bonne éducation avant d'être des actes de foi !

Dans ma profession, j'ai un peu le même genre d'avis avec les antidépresseurs. Les gens y croient ou non. C'est désespérant. Un antidépresseur ne rend pas heureux et ne règle pas tous les problèmes, tout le monde le sait. S'il évite de se flinguer, c'est déjà bien non? Quand on est envie, discuter, même sous antidépresseur, on peut toujours tenter quelque chose !

10/7/07 6:25 PM  
Blogger il sorpasso said...

y'a un docu english qui démontre de manière crédible que le réchauffement est dû aux variations de l'activité solaire..

11/7/07 3:00 PM  

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