18 novembre, 2007

Résistance !


Comme j'ai plein de rendez-vous cette semaine, il va bien falloir que j'aille à mon cabinet. On se les gèle, et la circulation est abominable, alors je n'ai aucune envie de faire des allers et retours en scooter tous les jours. Risquez ma vie en remontant entre deux files de voitures conduites par des automobilistes stressés : très peu pour moi. J'ai tant de choses à apporter au monde, qu'il ne serait pas raisonnable que je finisse mes jours, écrasés comme une merde sous les roues jumelées d'un camion au carrefour de la Vache Noire par exemple. Mon décès précoce fausserait tous les résultats des futurs prix Nobel ! On se demanderait toujours si Machin ou Truc l'aurait eu si j'avais vécu.

Ce soir je pars donc à Paris où je vais planter la tente durant les grèves. Cela m'emmerde très largement. Je pourrais geindre, me plaindre, encore et encore, m'en prendre aux dieux et aux hommes ! Cela ne servirait à rien : il faut attendre, patienter et faire en sorte que la violence des grévistes me soit le plus douce possible. Je dois tenter par tous les moyens de rendre leur menace inefficace. Pouvoir à ma modeste échelle leur dire : "continuez votre grève les mecs, moi je vous emmerde !". Parce qu'une grève n'est efficace qu'en fonction de la nuisance qu'elle génère. Prenons par exemple, la grève de l'opéra de Paris. Pour ma part, ils peuvent faire grève dix ans, je m'en tape ! Et j'imagine, que je ne suis pas le seul.

Donc dès ce soit, je déserte mon domicile et je rentre dans le maquis. Immergé en plein Paris, dans un chouette quartier où le métro n'est même pas nécessaire, je rentre dans la résistance. Par mon acte de bravoure incomparable, j'annule ispo facto le pouvoir des grévistes à mon encontre. Je décide de ne plus être un otage de leur folie syndicale ! J'amenuise de façon significative leur pouvoir de nuisance.

Je redeviens un être libre, qui ne dépendra que de lui-même, en l'occurrence de ses jambes, pour assumer sa subsistance. Dès ce soir, à la faveur de la nuit, tel un grand fauve en maraude se glissant dans la nuit, passant rapidement de réverbère en réverbère, je gagnerai le restaurant de Fleur de Lotus afin de m'y attabler. Et là, à moi les deux nems au porc, le poulet poivre-et-sel, le riz cantonnais et la canette de coca ! C'est toujours ça que les bolchos de SUD et de la CGT n'auront pas ! Je ricanerai en les imaginant tapant des pieds autour d'un brasero pour se réchauffer tandis qu'ils tiennent un piquet de grève dans une gare de triage déserte.

Et demain, tandis que mes concitoyens pris en otages par ces salauds galéreront dans leurs voitures en train d'écouter Rires et Chansons ou France Info, ou pire gèleront sur le quai d'un lointain RER, moi je m'éveillerai peu de temps avant mon premier rendez-vous, prendrai ma petite douche, me raserai, irai boire un café au rade en lisant le Parisien. J'aurais une pensée émue pour ces pauvres hères perdus dans les embouteillages ou sur les quais bondés.

Les pauvres, endurant stoïquement leurs souffrances, n'imagineront pas un seul instant qu'à Paris, dans un bel immeuble du dix-septième siècle, un résistant oeuvre pour eux, en tentant de diminuer l'impact de la grève. C'est ce qu'il y a de terrible et de frustrant dans l'action clandestine : c'est une guerre secrète. Tout se fait dans l'ombre, et on ne doit s'attendre à aucun remerciement. C'est terrible mais c'est tellement beau. Tenez, cette abnégation poussée jusqu'au sacrifice, cette endurance menée à son paroxysme, c'est tout moi. On me dirait que les croisés avaient ces traits de caractère que cela ne m'étonnerait pas ! Je suis un croisé !

Ce soir, j'entre en résistance. J'abandonne le confort douillet de mon domicile, mes habitudes feutrées, ma petite vie ronronnante, pour me jeter bravement dans la grande ville bruissante de mille dangers. Ce soir, ce n'est plus Philippe le Psy, qui vous écrira mais un soldat anonyme de l'armée des ombres.

Messieurs les grévistes, je vous honnis, vous conspue et vous conchie. Vous ne m'aurez pas ! Ce soir, vous n'aurez plus aucune prise sur moi. Bandant mes muscles, tel un hercule dérisoire ayant décidé de donner sa vie, je déserre vaillamment l'étau mortifère de votre grève inique !

Ce soir, votre grève aura commencé à perdre de son efficacité ! Messieurs, cessez tout cela, reprenez le travail, soyez raisonnables, assez de forfanterie. Je vous le dis, vous avez déjà perdu car si vous pouviez vous moquer de Nicolas S., le fort en gueule, ce soir tout a changé :

Philippe le Psy est rentré en résistance !

11 Comments:

Anonymous Anonyme said...

chers Philippe le psy, je vous salue, et sachez que du fond de la France profonde, des gens qui vont eux aussi trimer tout les matins, qui font eux aussi des métiers " dit " pénibles..mais sans régimes spéciaux eux.. ne se plaignent pas sans arret!! la grève ne nous atteind que très légèrement mais nous compatissons pour nos concitoyens qui prennent les transports en commun chaque jours!
bravo pour votre blog! et..bonne résistance !
( Jeanne)

18/11/07 12:01 PM  
Blogger El Gringo said...

Bravo Philippe, félicitations, mais as-tu bien mesuré les risques auxquels tu t'exposes? Si ces gens là te capture, tu devras subir les tortures les plus insoutenables: rouler en Vélib, lire l'Humanité, écouter du Diam's ou pire encore: du Ségolène Royal!
Bref, tu cours un grand danger et je te recommande de prendre bien garde à toi.

18/11/07 12:19 PM  
Blogger philippe psy said...

Merci JEanne !

Quant à toi El Gringo, sache que je ne reculerai devant rien ! Après tout, on lira peut-être mon article aux lycéens dans soixante ans ?

Tu as peut être eu la chance de connaître un futur Guy Môquet !

18/11/07 12:25 PM  
Anonymous fripouillette said...

Excellent, je vous soutiens ! Prendrez-vous un nom de code ?

18/11/07 12:27 PM  
Blogger Laurence said...

Allo Mirabelle ? ici Eglantine !
Mais pas si viiiiiiiiiiiiiite

18/11/07 2:41 PM  
Blogger Laurence said...

Ta Ta Ta Taaaaaaaaa*

Ici Nancy, les Lorrains parlent aux Franciliens :
- "Les sanglots longs des fonctionnaires de l'automne bercent mon coeur d'une putain de langueur monotone."
- "La fortune vient en glandant."
- "Quand te reverrais-je, pays merveilleux."
- "Le sapin est vert", je répète, "le sapin est vert."
- "Yvette aime les grosses carottes."

Ta Ta Ta Taaaaaaaaa*


* pour les nuls en musique, il s'agit de l'indicatif sonore emprunté à la 5e symphonie de Beethoven

18/11/07 2:55 PM  
Anonymous GCM said...

J'ai rien compris

18/11/07 3:14 PM  
Blogger philippe psy said...

GCM ne comprend rien ? Normal, il n'a pas suivi une filière classique mais une filière technique en passant un bac G.

Moi je dis : non aux bacs au rabais ! D'ailleurs, le grand penseur Michel Sardou en parle dans une de ses chansons !

GCM je t'expliquerai tout patiamment !

19/11/07 12:16 AM  
Anonymous GCM said...

Non non, ça doit être les innombrables fautes d'orthographe qui rendent le monologue complètement illisible.
Mais bon, en G, on apprend l'orthographe... C'est pas le cas pour les autres ?
Crois-tu qu'à tenter de dévaloriser ma petite personne, tu montres ta vraie valeur ?
Etais-tu étais leader syndical en fac à 27 ans ?
As-tu été interviewé par "Le Parisien" récemment ?

:-D

19/11/07 1:23 AM  
Blogger philippe psy said...

Moi, je n'ai pas appris grand chose. On nait talentueux. Le talent que je déploie ne s'apprend pas. L'essence précède l'existence, voilà tout. Mu par une fièvre créatrice qui me saisit, j'écris sans jamais me relire. La fièvre me quitte soudainement, me rejetant tout pantelant sur les rivages de la réalité !


Alors laissons-là les interviews du Parisien. Mais tu peux en parler sur le site de Loic Le Meur, un chef d'entreprise aussi !

:D

19/11/07 1:40 AM  
Anonymous Syl said...

Mmmm ? (soulevant un sourcil énervé) Qu'est ce que vous avez contre les Bac G ??
D'abord, ça existe plus, na.

Dans une émission TV, une usagère de la Rentre Avec Tes Pieds se plaignait d'être prise en otage et manipulée.
Un brave syndicalisé venu en tenue bleue de travail lui a répondu que quand même "fallait pas exagérer, elle n'était pas Ben Ladenisée".

C'est grave docteur ?

19/11/07 2:59 PM  

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