01 mars, 2009

Encore tagué !

Concentré sur le défi que m'avait jeté H16 à la face, à savoir linker les sept blogs que je préfère, j'en avais oublié la demande de Roman (et non Romain).

Il semblerait que je sois tenu de publier ma sixième photo la plus récente. Enfin, à vrai dire je n'en sais rien car il n'est pas très clair. Puisque tout en me "taguant" parmi d'autres, il explique qu'il me délie de cette obligation. Ceci semblerait indiquer, que mes cinq confrères et moi-même ne soyons plus tenus de publier cette photo.

Alors, je crois avoir tout dit de la photo dans un article dans lequel je parlais d'art. Pour moi, la photo n'est pas un art, tout juste un passe-temps ou à la rigueur la première marche permettant d'éduquer une sensibilité artistique afin de passer à des choses plus sérieuses telles que la littérature ou la musique qui exigent plus de qualifications que d'appuyer sur un bouton.

Certes on m'objectera que la photographie est plus complexe, qu'il faut un œil, qu'il faut apprécier la lumière, connaitre tout de même des tas de trucs techniques, focales, vitesse, etc. Je m'en fous, je n'aime pas la photographie ! Voilà !

Enfin bon, je ne suis pas si bourrin tout de même et en voyant un film par exemple, je sais apprécier le travail d'un directeur de la photographie. Mais bon, je n'y vois pas plus de génie que dans celui d'un bon ingénieur du son. A mon sens, si l'on veut parler d'art, pourquoi pas, mais on en reste au niveau des arts mineurs, c'est à dire un "art des matériaux", un "art mécanique".

Je ne prétends pas que je pourrais devenir le meilleur photographe du monde. Mais je suppose qu'en suivant un apprentissage quelconque, je pourrais faire des photographies correctes et "dans la moyenne". De la même manière que je pourrais aussi devenir un honnête boulanger ou un boucher acceptable si l'idée me venait d'apprendre à faire du pain ou à découper un quartier de bœuf.

C'est donc amusant pour moi d'avoir été "tagué" parmi les blogueurs photographes ! D'une part, je ne possède qu'un appareil assez médiocre et ancien choisi à l'époque par mon épouse pour son "look". Pour vendre un truc à mon épouse, il faut que cela soit miniature. Pensez donc qu'elle est prête à se faire arnaquer par Apple pour acquérir un Mac Air, l'escroquerie de l'année. Il n'y a guère que moi, qu'elle n'ait pas choisi miniature !

C'est un Minolta Dimage XI acheté voici six ans en raison de sa très petite taille. Mon épouse l'avait vu entre les mains d'une jeune femme à NY et elle l'avait immédiatement voulu. Elle se moquait bien de ses performances techniques, elle le voulait parce qu'il était ... petit ! Sitôt rentrés à Paris, elle l'avait acheté.

Il est bien sûr certainement dépassé mais suffit parfaitement pour l'usage que j'en ai. Il est posé sur mon bureau à coté de moi, où il prend la poussière gentiment avec sa batterie déchargée. Grâce à lui, j'aurais pris des milliers de photos que je ne regarde jamais. Je m'en fous pas mal car je suis doté dune excellente mémoire. Si je veux me souvenir d'un truc, je n'ai qu'à tourner mon disque dur personnel et c'est comme si j'y étais. Et si je dois décrire, je peux le faire aussi. Je pense avoir des qualités de conteur.

Je n'ai jamais possédé de bridge,un de ces gros appareils perfectionnés, et n'en achèterai sans doute jamais. L'idée de devoir me trimbaler avec une sacoche pleine d'objectifs et un flash m'ennuie. Le dernier type que j'ai vu avec cela était sur un bateau sur la Chicago River, il prenait les mêmes photos que moi. Et je suppose que ses résultats n'étaient pas forcément meilleurs. De toute manière, je n'ai qu'à faire appel aux compétences de Laurence sur Photoshop si je veux améliorer un cliché.

Et puis, comme je l'expliquais, je ne regarde jamais les photos que je prends. Elles s'entassent dans des fichiers sur mes PC et maintenant sur mon MAC. Je pense d'ailleurs que le numérique en rendant la photo trop facile a tué cette dernière.

Une pellicule, on faisait attention à ne pas la gâcher tandis qu'une carte mémoire, on s'en fout, on prend tout et n'importe quoi. Et puis, avant pour voir ce que l'on avait pris, il fallait faire tirer les photos. On avait donc obligatoirement un support physique que l'on pouvait regarder de temps à autre. C'était la bonne époque des albums photos. Les gens de ma génération, ont tous leurs album personnel réalisé par leur père, dans lequel on est allongé sur la table à langer le cul à l'air ! Tandis que les fichiers d'aujourd'hui encombrent nos disques durs et deviennent rarement de vraies photos que l'on regarde.

Quant aux dernières photos que j'ai prises, je les ai déjà publiées ici. Mais puisque c'est une demande officielle, je remets la sixième photo la plus récente que j'ai prise. Attention les yeux !

Qu'elle est belle ! Les amateurs auront noté que c'est une version S !

4 Comments:

Blogger sanslaisserdetrace said...

Le numérique a démocratisé la photo. Et comme toutes activités de masse, il y a forcément beaucoup de gachis (encore que si ce n'est qu'un encombrement de disque dur ce n'est peut-être pas bien grave). Un bon photographe ne conservera que très peu de photos sur tous ses clichés (il me semble que c'est de l'ordre de 20-30%), ce qui revenait à être très l'onéreux au temps de l'argentique.
Depuis le numérique, tout le monde peu pratiquer cette activité à moindre coût. Un photographe commerçant de mes amis me confirmait qu'il lui arrivait de tomber sur de petits chef-d'œuvre en travaillant les photos de ses clients.

Alors je ne vois pas où le numérique à tué la photo. Il a juste donné accès à cette discipline à plus de monde.
D'autant plus qu'au lieu de vieux albums dont les photos ont jaunies, ou sont toutes collées aux protections plastique, nous pouvons publier des livres avec une meilleure mise en page et ainsi conserver le support physique.
Et puis, ceux qui conserve leur disque dur plein d'images de vacances sont les mêmes qui ont des boîtes à chaussures regorgeant de cartes postales :)

1/3/09 10:08 AM  
Blogger claudia13013 said...

J'adore la précision :"Il n'y a guère que moi qu'elle n'ait pas choisi miniature..." quel égo !

Et j'adore aussi la photo. Imaginative et rêveuse, j'aime traduire par l'écriture ce qui m'entoure. Mais, j'aime aussi montrer outre ce que je vois, comment je le vois ainsi que tout ce que j'imagine et invente dans ma tête en triturant, manipulant, ou costumant comme en représentation théâtrale, ces visions du monde grâce à la photographie.

A force d'introspection, j'ai appris à connaitre certaines de mes capacités vibratoires et m'en sers pour donner à voir aux autres, des images très personnelles parfois, mais toujours esthétiques.

Comme un musicien, selon ma sensibilité du moment, je pince les cordes plus ou moins tendues de la beauté naturelle.

La photographie n'est pas qu'un plaisir visuel plus ou moins immédiat, elle permet de découvrir certaines subtilités, comme des images floues ou volontairement mal cadrées, qui mettent en exergue le détail qui tue.

Bref, grâce à mon Nikon, j'ai plaisir à faire partager la résonnance d'une musique bien particulière, celle de l'immédiateté de la beauté fugitive de l'instant. En effet, je laisse toute la place au hasard pour prendre sur le vif, l'instant de poésie que je vois dans l'image.

Car n'est-ce pas le hasard qui place un sourire, un ciel d'orage ou un paysage devant mes yeux. A ce moment-là, je ne maîtrise rien car une vraie photo ne "s'écrit" pas toujours, ce n'est pas un scénario, alors si bien sûr il faut un minimum de technique (ouverture & vitesses) il faut savoir un tant soit peu oublier tout ça, ouvrir ses yeux, écouter sa petite musique, vibrer avec elle, laisser libre cours à sa sensibilité et à son instinct.

1/3/09 2:33 PM  
Blogger Criticus said...

Je t'avais bel et bien délié de cette contrainte, mais tu pouvais aussi librement t'y conformer ! Si j'avais hâte de voir ta photo, c'est parce que je connais ton respect pour cet art. Je ne suis pas déçu ! Car ce cliché magnifique fait de toi un blogueur-photographe au même titre que n'importe lequel. Tu as vu juste.

1/3/09 3:29 PM  
Blogger tal said...

Claudia,

Chapeau bas, la poésie de l'éphémère nous vaporise.

La photo n'est pas mineure, elle ne souligne que nos impermanences impertinentes. C'est une sorte de casino, de bandit manchot. La peinture n'est pas si évoluée que ça, même si elle est un travail de la matière pigmentée, une masse visqueuse à déployer. C'est beaucoup de brut, la peinture. La musique est plus aristocratique, moins prolétaire, plus éthérée, elle nécessite une science mathématique des algorithmes à mettre en œuvre.

La sophistication insensée des œuvres contemporaines, comme celles de Honegger, laissent envisager un rapport avec la physique des particules qui ne peut que nous laisser béats devant notre naïveté louable.

1/3/09 6:02 PM  

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