02 mars, 2009

Pensée profonde !

François Bayrou : l'homme des phrases lourdes de sens !

Il y a une première fois à tout ! Rappelez-vous toutes vos premières fois ! Que de souvenirs bons ou mauvais ! Moi, par exemple je me souviens très bien de la première fois que j'ai embrassé une fille ! C'était en 1979 à la Fête des fraises à Bièvres ! Cela ne s'invente pas ! En revanche, je ne suis jamais allé à Foire aux haricots d'Arpajon. Je restais assez select malgré tout !

Le plus drôle c'est que j'ai retrouvé la demoiselle, aujourd'hui âgée de quarante-et-un ans sur Facebook, le service pour crétins exhibitionnistes. Comme tout imbécile basique qui se respecte, je traînassais sur ce site en tapant les noms de gens que j'avais fréquentés et dont je pouvais me souvenir.

L'exercice n'est pas si facile. Tenez, essayez simplement de vous souvenir de vos condisciples de classe de terminale ! Bien vite, vous aurez en tête des visages mais vous vous direz : "Comment s'appelait-il(elle) ce(tte) con(ne) déjà ?".

Et puis, au bout d'une heure passée à cette intelligente activité, vous remonterez encore plus loin dans vos souvenirs. Et là, vous exhumez des noms enfouis dans les strates les plus profondes de votre enfance. C'est ainsi que je me suis demandé ce qu'était devenue Sandrine, puisque tel était son petit nom. Elle était sur Facebook. Comme quoi, on avait tout de même un truc en commun, : on ne s'est pas embrassé par hasard !

Gentleman comme je suis, je l'ai évidemment saluée en lui demandant si elle se souvenait de moi. Bien sûr, comme tout homme qui se respecte, vaniteux, sûr de lui et un peu crétin, j'étais sur de lui avoir laissé un souvenir impérissable. Elle m'a répondu "oui", ni plus ni moins. J'aurais pu prendre cette laconique réponse comme la preuve flagrante que je la faisais chier, et qu'elle ne tenait pas plus que cela à engager le dialogue mais je sais être positif.

D'une part, elle aurait pu ne pas me répondre ou pire, répondre : "non qui êtes-vous monsieur ?". Or, ce petit "oui" signifiait que la belle se souvenait de moi. Comme quoi même trente ans après mes puissantes phéromones s'étaient imprégnées dans son cerveau.

D'autre part, ce simple petit "oui" pouvait aussi signifier que la belle, la gorge serrée, et la larme à l'œil, n'avait pas eu assez de ressources pour répondre autre chose. Le fait est qu'elle ne m'avait pas oublié et cela me suffisait.

Bourré d'empathie comme je le suis, je me suis mis à sa place. Aussi, me suis-je dit que tout ceci ne devait pas être drôle pour elle. Trente ans après, le premier mec qu'elle embrasse revient et il s'agit du plus grand psy du monde. Encore une qui doit regretter de ne pas m'avoir épousé !

Ah la pauvre malheureuse, comme la vie est parfois cruelle ! Sachant reconnaitre les grandes douleurs et satisfait de son "oui", je ne suis pas allé plus loin, la laissant à ses rêves brisés d'amour impossible et sans doute submergé de douloureux et doux souvenirs.

Bon bref, il y a plein de nouvelles fois ! Compte-tenu de mon grand âge, je ne m'attends pas à d'exaltantes nouvelles fois. Au stade où j'en suis, on ne découvre plus grand chose. Et moi, j'adore ça parce que j'aime bien ce que je connais. Je n'ai rien d'un baroudeur ! Savoir ou imaginer savoir que rien ne m'étonnera me remplit de joie !

Mais comme la vie réserve bien des surprises, j'ai été confronté voici deux jours à une "nouvelle fois" que je n'attendais pas ! Un bon ami que je connais depuis dix-huit ans m'a en effet adressé un mail dans lequel, en guise de conclusion, il citait François Bayrou !

Oui, vous avez bien lu, j'ai un ami, par ailleurs fort intelligent et fin lettré, qui cite François Bayrou dans ses écrits ! C'est bien la première fois que je vois quelqu'un citer François Bayrou. Dire qu'âgé de quarante-deux ans, je me trouvais blasé et revenu de tout, comme ces vieux soldats ayant tellement de campagnes à leur actif que plus aucune atrocité ne saurait plus les émouvoir ! Et bien non, j'ai eu le droit à une "nouvelle fois".

Alors, vous devez tous vous demander quelle phrase lourde de sens a pu proférer Bayrou au point qu'on la cite dans un mail. Petits veinards que vous êtes, je ne vous laisserai pas l'ignorance plus longtemps puisque la voici :

"Si l'on pense tous la même chose, c'est que l'on ne pense rien du tout !"

Donc, si j'en crois François Bayrou, lorsqu'il fait jour et que nous pensons tous qu'il fait jour, nous ne pensons rien du tout ? Alors que faisons-nous ?

Au sens large, la pensée est une activité psychique, un processus par lesquel l'être humain élabore, au contact de la réalité, des concepts qu'il associe pour rendre compte d'une réalité, apprendre ou pour créer.

C'est aussi, une représentation psychique, un ensemble d'idées propres à un individu ou à un groupe, une façon de juger, une opinion (façon de penser), un trait de caractère (avoir une pensée rigoureuse), etc.

Dans mon jargon, on appelle une pensée une cognition, laquelle est l'ensemble des activités intellectuelles et des processus qui se rapportent à la connaissance et à la fonction qui l'a réalisée. Il y a donc pensée ou cognition, dès lors qu'il y a une activité intellectuelle, et ce indépendamment de la qualité de cette production. On peut penser mal ou bêtement comme monsieur Besancenot ou un lycéen gréviste, mais une pensée reste une pensée.


Mon dandysme imbécile me fait souvent fuir la meute, la masse, les groupes ou la foule, c'est un fait. J'adore avoir raison face à tout le monde ou du moins face au plus grand nombre. Ceci dit, j'estime qu'il faut être un imbécile doublé d'un fat pour songer que parce que tout le monde pense la même chose, alors cette pensée ne vaudrait rien et serait donc assimilable à une absence de pensée.

Donc, n'en déplaise à Monsieur François Bayrou, même lorsque tous pensent la même chose, ils pensent tout de même. Monsieur Bayrou a sans doute des tas de qualités, mais il aurait fait un mauvais cognitiviste.

A sa place, j'aurais eu honte de proférer de telles phrases creuses et vides de sens. N'est pas Sénèque qui veut ! A ce propos, voici une citation de Sénèque que Monsieur Bayrou pourra méditer utilement :

"L'erreur est aussi grande de se fier à tous que de se défier de tous"

13 Comments:

Blogger claudia13013 said...

Sacré Bayrou :

Nous avons tous des idées, elles s'imposent à nous au détour d'une conversation, d'une vision, d'une odeur ou d'un bruit... et au moment où on les capte, elles s'infiltrent en nous, prennent position et font partie intégrante de nous.

Etant présentes dans l'instant, elles ne peuvent être différées ou reportées à plus tard.

Et ce sont elles qui vont alimenter les discussions futures ce qui présuppose qu'elles ont une certaine valeur à nos yeux. Car comment parler de ce qui est creux ou vide ? Non, nos idées, celles que nous défendons, sont suffisamment importantes pour que nous y consacrions du temps et que nous ayons envie de les partager.

Mais il arrive que nous ne soyons tout de même pas vraiment convaincus que nos idées soient réellement bonnes. Alors nous argumentons, défendons parfois bec et ongles une position pas toujours facile. Quelquefois, à bout d'arguments, la conversation s'éternise face à un interlocuteur loquace et les idées, les siennes, les nôtres, s'entremêlent puis se mélangent. Nous abondons dans son sens puis nous rétractons, ne sachant plus vraiment quel était le fil conducteur de notre débat au point que parfois notre discours en devient incohérent.

Du coup, n'admettant pas humainement la véracité, en même temps, de deux discours opposés, nous en concluons qu'il n'y a plus rien à en penser. A ce moment-là, orgueil mal placé oblige, nous refusons de polémiquer davantage sur une telle absurdité, nous en effaçons l'idée-même en haussant ostensiblement les épaules pour mettre un terme à la conversation.

Et oui, pas facile d'admettre que nos idées ne sont pas toujours bonnes à dispenser aux autres ni à les leur faire partager.

Mais de là à dire que l'on ne pense rien du tout si l'on pense tous la même chose, c'est vraiment parler pour ne rien dire.

Donc je conclurai que nos idées nous ressemblent et je vous laisse méditer cette phrase de Platon : "Il n’y a rien à quoi nous devions accorder plus de soin qu’aux idées que nous transmettons."

4/3/09 8:17 PM  
Blogger GCM said...

Mais si nous pensons tous que nous ne pensons à rien, pensons-nous à quelque chose ?

Ou mieux, si on pense tous que ne penser à rien est impossible, alors on pense tous à rien malgré tout.

C'est là que ça se complique, parce que si nous faisons super gaffe à ne penser à rien, bah malgré tout, on pense tous à quelque chose, et en l'occurence, c'est la même.

L'autre soir, j'étais avec un ami, ingénieur philosophe, qui aime les échecs. Après un blanc dans la conversation, il me demande à quoi je pense. Je lui réponds : "à rien du tout". Il me rétorque :"Bah moi non plus". C'est fou, on pensait tous les deux à la même chose en fait !

Ainsi, quand on pense tous à rien tout, c'est qu'on pense tous à la même chose.



















Dans ton cul François.
















Ah oui... Les espaces, c'est pour vous laisser le temps de penser... à rien du tout !

5/3/09 1:37 AM  
Blogger Marino said...

Déjà tombeur à 12 ans ! çà, c'est de la précocité !

5/3/09 9:04 AM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

PROLEGOMENES

François a comme vous monsieur Philippe Psy l'élégance de porter un prénom royal.

François est le biographe d'Henri IV, gardons-le aussi à l'esprit.


EXPOSE

François a compris que la distinction véritable, c'est de savoir se distinguer.

Nous pouvons lire sa phrase comme étant une déclaration de défiance à l'égard de la pensée unique.


REMARQUE FINALE

Parmi les présidentiables, François apparaît le seul homme politique qui pense.


Toju l'intimé

5/3/09 10:55 AM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

Voilà, voilà, un p'tit coup de pub sur le blog célèbre de Philippe Psy.

Avant sa présentation à la Presse, voilà le nouveau site d'information de Century21, où vous retrouverez un visage connu :

http://www.toutsurlimmo.com

MDR !!!


Toju m'as-tu-vu

5/3/09 11:10 AM  
Blogger Marino said...

Ce premier baiser avait-il un goût de fraises qui pourrait vous y faire penser chaque fois que vous mangez des fraises ? il devait être bien agréable pour y penser encore 3 décennies plus tard !

5/3/09 2:00 PM  
Blogger Sylvain JUTTEAU said...

Le 6 avril 2006, j'étais à terre, cramé.

Ce jour là, un homme m'a tendu la main.

Merci.

Toju

5/3/09 4:39 PM  
Blogger Violetta said...

GCM est un virtuose !
revenez, écrivez quelque part ailleurs qu'ici seulement.
Merci

V.

6/3/09 9:56 PM  
Blogger Violetta said...

Sylvain est très fort aussi... Je ne comprends rien à son univers, mais ce qui passe à travers, au delà de la richesse intellectuelle et du style écrit, son "ultra sensible", entre les lignes et dans les blancs, ce qui m'apparait dans ce qui n'est pas visible... oui, sylvain est un aquarelliste.
L'aquarelle, qui tout comme la sculpture selon la fine observation de Monsieur Psy ne connait pas de "repentir" contrairement à la peinture.

La sensibilité de Monsieur Psy je la perçois aussi. Elle est nulle part et partout. Un peu comme Dieu finalement ! ou le sucre dans le café.
Ce qui revient au même.
!!
(mais monsieur Psy me répondra peut être qu'il ne prend pas de sucre dans son café...)

7/3/09 1:02 PM  
Blogger GCM said...

Merci Violetta, c'est mignon comme tout (ou rien).

j'ecris peu, ça fait mal aux doigts. Mais de temps en temps, balancer quelques vannes sans intérêt ici, ça me fait plaisir.

8/3/09 12:07 PM  
Blogger LaViolette said...

à GCM
ça veut dire quoi ? Que je suis touchée par n'importe quoi ? Que même faut être limite conne comme tout (ou rien) pour trouver autre chose qu'une absence totale d'intérêt à ce que vous écrivez ici ?
C'est quoi votre problème avec les émotions des autres ? Votre problème avec vos émotions ?
Allez vous faire foutre GCM.
Et ça ne me privera pas d'être touchée par votre jonglage absurde marabout d'ficelle oh ! un papillon ! erreur 404.
J'aime le vide.

9/3/09 12:09 PM  
Blogger GCM said...

@Violetta

mouais bof...

Bisous

10/3/09 2:58 PM  
Blogger Patrick Aubin said...

J'aime bien la philosophie, mais il est aussi juste de rétablir la vérité de ce qui est dit et non ce qui est interprété.

Vous dites que Bayrou a dit : ""Si l'on pense tous la même chose, c'est que l'on ne pense rien du tout !"

Or il a exactement dit : "Quand tout le monde pense la même chose, c’est que personne ne pense"

Ce qui est très différent, et rejoint finalement ce que vous dites en ayant fait dire à Bayrou ce qu'il n'a pas dit!!! N'est-ce pas l'histoire de l'arroseur arrosé ?

La critique est un art difficile, car souvent elle se retourne contre son auteur, notamment quand on est aveuglé par une forme de haine.

"L'erreur est aussi grande de se fier à tous que de se défier de tous" : on peut aussi se défier de soi-même... une manière comme une autre de se décider à entreprendre une psychothérapie!

28/3/12 12:45 PM  

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