17 mai, 2009

A la poste !


Vendredi est mon jour de relâche alors forcément comme je ne bosse pas, je me coltine toujours les obligations administratives. Ainsi, c'est moi qui vais à la Poste chercher les recommandés et les colis.

Je prends toujours un livre. Ainsi, je m'insère dans la queue et je lis. J'oublie tout et je peux traîner une demie-heure derrière des vieux venus perdre leur temps (et le mien) en achetant des timbres de "collection" pour leurs petits enfants, des membres du lumpen-prolétariat venus retirer deux euros de leur CCP ou encore se plaindre d'être à découvert, ou encore des représentants de minorités visibles venus là pour envoyer du fric dans des pays improbables. Bref, ce monde cruel qui n'a aucune sorte de compassion pour les êtres d'exception, s'acharne sur moi !

Et puis, il y a les postiers et ceux-là ne sont pas tristes. Bon, c'est sûr que passer un concours de cadre C pour entrer à la Poste n'est pas fait pour sélectionner les meilleurs et les plus dynamiques. Généralement, on est postier de père en fils, incité par papa qui vous explique qu'à notre époque tourmentée, c'est bien d'avoir un boulot avec une garantie d'emploi. Mais bon, parce que j'ai eu des postiers dans ma clientèle, il faut aussi dire que s'ils étaient tentés de se la couler douce, c'est raté. Le boulot n'est pas si simple du fait des catégories suscitées.

Au guichet, les emmerdeurs sont nombreux comme dans tout commerce de proximité. Le Gringeot qui a joué à la marchande pourrait vous en dire quelque chose,. Même si à mon avis il en rajoute, parce qu'on a du moins le faire chier qu'un guichetier souffreteux. Quand Hulk vous sert à la caisse, vous dites au revoir et merci et vous allez vous plaindre quand vous êtes sur qu'il ne vous entend pas.

Enfin quoiqu'il en soit, à la Poste où je vais, j'ai le choix entre :
- une obèse geignarde qui a décrété qu'elle ne pourrait pas soulever un colis de plus de 100 grammes parce qu'elle a mal au dos et qu'elle le clame haut et fort. Alors si je reçois un colis de charcuterie corse de belle-maman, il faut qu'elle hèle un collègue en lui rappelant chaque fois qu'elle n'a pas le droit de porter des objets lourds.
- une conne malaimable dont le drame est d'avoir un corps de rêve surmonté d'une tête de cauchemar. Et ça, le beau corps surmonté d'une vilaine trogne, ça fait des gonzesses aigries, c'est très connu. Elles se marient en dessous de ce quoi elles auraient pu prétendre, souvent avec un queutard qui leur mettra l'oreiller sur la tête quand ils copuleront, et elles en veulent à la terre entière de n'être que des jouets sexuels.
- un brave gars sans doute compté dans le contingent de handicapés physiques, plutôt gentil mais qui met une heure à aller chercher le colis, de sa démarche chaloupée et improbable.
- une représentante des minorités visibles toujours souriante mais qui a décrété que si son service s'arrêtait à midi, ce n'était pas midi une, et qui met une plombe à faire quoi que ce soit.

En bref, je connais ma poste par cœur et ce n'est pas l'endroit que j'aime fréquenter. Jusqu'à ce vendredi après-midi où je poussais les portes de ma poste. En fait, je n'ai pas poussé les portes puisqu'elles sont automatiques, comme dans Cosmos 1999, sauf qu'on n'a pas besoin d'une télécommande et que cela s'ouvre tout seul !

J'arrive donc avec mon livre à la main, lorsque j'avise un nouveau guichet isolé sur la droit où une sorte de Vénus sortie tout droit de l'imagination de Botticelli me fait un grand sourire. Hypnotisé, mes pas me dirigent vers elle. La garce se paye en plus le luxe de me sourire et de me parler gentiment, ce qui n'est pas courant à la Poste.

Tandis que je lui tends le formulaire jaunâtre accompagné d'une pièce d'identité, je scanne le bel animal : stature moyenne, taille fine, seins petits et fermes, cheveux châtain, yeux noisette expressifs, dents parfaites et blanches, bouche sensuelle juste ce qu'il faut pour ne pas sombrer dans un côté salope, et une très jolie voix dénuée d'accent banlieusard.

De plus, la bougresse est élégante sans ostentation ce qui change de ses collègues qu'on croirait toujours habillées par correspondance, genre catalogue de la Blanche Porte, n'hésitant généralement pas à mélanger hardiment les carreaux et les rayures ou à porter des trucs qu'on aurait crus disparus au milieu des années soixante-dix. Elle va alors chercher mon colis d'une démarche souple et féline et je reste comme un gland, sous son charme.

La Poste est en progrès !

12 Comments:

Blogger Laurence said...

Alors que je me bidonnais en lisant cet article, j'ai vécu un moment de synchronicité. J'ai eu droit au rituel du facteur qui livre le courrier sur mon lieu de travail. Il s'agit d'un mastodonte poilu, crasseux et répugnant, beurré comme un petit Lu dès l'aube.

La boîte à lettres étant située sous la fenêtre de mon bureau, je l'entends arriver tous les matins en rouspétant et soufflant comme un vieux cheval agonisant "Putain, quelle putain de bande de cons, z'auraient encore du la mettre plus bas leur putain de boîte aux lettres de merde !!". S'ensuivent alors pendant près d'une minute trente tous les plus beaux jurons de la langue française...

Bougez avec la Poste !!

18/5/09 10:56 AM  
Blogger Gold said...

C'est la poste qui progresse ou la société qui coule jusqu'à proposer des postes de guichetiers PTT à des mannequins ?

18/5/09 11:24 AM  
Blogger Laurence said...

Le mannequin du bureau de Poste de Philippe a certainement du faire appel à la Halde pour obtenir cet emploi puisque la Poste n'embauche que des thons ;))

18/5/09 12:34 PM  
Blogger Marion said...

J'aime votre plume monsieur le psy...! Et j'étais bien contente que vous parliez de Stéphane Bourgoin dans un de vos derniers articles.
Il m'a toujours semblé louche. Autant que cette voix chevrotante qu'il a, j'ai toujours peur qu'il se mette à pleurer.

18/5/09 4:47 PM  
Blogger El Gringo said...

Surtout, ne l'invite pas un vendredi: GCM va encore péter sa bagnole! ;-)

18/5/09 8:24 PM  
Blogger philippe psy said...

@Laurence : n'abuse pas de ton facteur dès fois que tu te dises que tu aimerais bien être prise sauvagement par un vieux syndicaliste avec des grosses pognes de travailleur :)))

@Gringo : elle a une petite quarantaine d'année ! Ce serait plutôt pour toi. Tu sais que GCM a peur des femmes âgées de plus de vingt ans, il ne sait pas quoi leur dire !

19/5/09 8:06 AM  
Blogger paul said...

C'est surtout que la poste commence à sentir le froid glacial de la privatisation !
Rappelez vous comme les gens de france telecom sont devenus affables juste avant l'arrivée des autres opérateurs ...

19/5/09 11:05 AM  
Blogger monoi said...

Vous m'avez fait penser a Obelix quand il rencontre Falbala!!

19/5/09 1:36 PM  
Blogger boolo said...

"seins petits et fermes,"

Ton truc pour évaluer à l'oeil, à deux mêtres, à la Poste?

21/5/09 9:29 PM  
Blogger h16 said...

Merci d'avoir partagé ton expérience de la Poste. La mienne (relatée ici : http://h16.free.fr/index.php?2007/08/27/386-greviculture-le-retour ) est à peine différente : j'attends encore le jour où je rencontrerai une plantureuse créature pour me donner mes colis.

Je crois que je peux attendre longtemps.

22/5/09 8:10 PM  
Blogger GCM said...

ouais je parle pas aux ridées

22/5/09 8:55 PM  
Blogger Dorothée said...

analyse anthropologique vraiment très drôle :)

Je trouve qu'on ne parle pas assez des dents des guichetiers.

Ca a pourtant tant d'importance quand on attend pendant une demie heure qu'ils nous collent le timbre sur l'enveloppe et qu'on a que ça à regarder..

23/3/10 8:48 AM  

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