06 mai, 2009

Les belles américaines !


Chicago est un peu une ville boche. Il faut savoir que trouver un restaurant ouvert après 21h00 relève de l'exploit surtout dans le Loop, le quartier des affaires où tout ferme tôt. Pour le noctambule ne restent que deux possibilités : soit éviter Chicago, soit aller dans le quartier chaud situé à l'intersection de Rush St et de State St autour de Mariano Park.

Une fois arrivé dans ce quartier, les choix restent limités. Il pourra aller au Hunt ou au Dublinner pour boire un verre et s'il a envie de danser, il poussera la porte du Level, la boîte chic de la ville. S'il est moins regardant sur l'hygiène, il pourra éventuellement aller boire une bière dans une cantina de Maple St, à deux pas du croisement.

C'est dans ce quartier que le Gringeot aimait à sortir le soir pour boire sa bière. Hélas, bien qu'ayant un anglais d'excellent niveau, il ne connaissait pas suffisamment les mœurs américaines pour survivre dans la jungle de la nuit.

Les américaines ont ainsi la réputation de promettre plus qu'elles ne donnent. C'est ainsi que le soir venu, quelle que soit la température extérieure, vous les verrez déambuler les seins offerts et le cul nu. Il faut dire que les doses massives d'alcool qu'elles ingurgitent doivent les mettre à l'abri du froid. Et dès minuit, on les voit vaciller sur leurs talons aiguille, l'œil aguicheur et le rire fort.

Ce n'est pas pour autant qu'elles soient des filles faciles. Car saoule ou non, court vêtue ou pas, l'américaine reste généralement prude. Il ne faut jamais se fier aux apparences et penser que tout est gagné simplement parce qu'une de ces charmantes blondinettes vous a fait un joli sourire étincelant. Ce n'est pas pour autant de l'hystérie, au sens clinique du terme, mais simplement une manière d'être différente. Seule une approche ethno-psychologique permettrait de comprendre le fonctionnement de l'américaine, qui restera toujours curieux pour les français que nous sommes. En bref, ne comptez pas coucher avec une fille bien avant quelques mois de fréquentation. Mais si vous cherchez un coup rapide et facile, allez trainer près d'un terminal Greyhound et choisissez une fugueuse qui vous fera votre affaire pour une poignée de dollars.

C'est ce qu'ignorait le Gringeot. Habitué du Hunt, où il allait vider des draft beers, il aimait engager la conversation avec les ravissantes demoiselles hantant les lieux. Je me souviens encore de ses réflexions comparant l'endroit à la ville de Toul qu'il semble tant apprécier. J'avais beau lui expliquer qu'un sourire restait un sourire et n'était en aucun cas la promesse assurée de tirer son coup, le Gringeot se moquait bien de mes remarques. Il me jugeait pusillanime. Quant à moi, comment arrêter une bête de cent kilos gorgée de testostérones et imbibée d'alcool. C'est ainsi que l'irréparable se produisit.

Alors qu'il en était à sa douzième bière, le Gringeot aborda une charmante brunette venue s'asseoir au bar à côté de nous. Elle semblait lui plaire car il me dit : "elle est canon celle là, elle a l'air d'une pute et elle fait bien salope comme j'aime". Je lui répétai mes mises en garde mais rien n'y fit. Les heures succédèrent aux heures et les bières aux bières. Le Gringeot parfaitement ivre en était à lui raconter qu'à Paris nous avions cinq lignes de RER, qu'il énumérait sur ses gros doigts ("we have the A, the B, the C, the D and even the E but i live near the RER B"), tandis que la fille l'écoutait distraitement le regardant d'un œil vitreux, manquant de choir de son tabouret chaque fois qu'elle bougeait.

Particulièrement en forme, le Gringeot se montra de plus en plus entreprenant, n'hésitant pas à serrer de très près sa compagne de beuverie, l'enlaçant et la caressant en des endroits que la morale réprouve. Encore une fois, je lui expliquai qu'il devrait se calmer car aux États-Unis, les choses n'étaient pas les mêmes qu'en France. Il ne tint évidemment pas compte de mes avertissements, osant même me traiter de "peine à jouir".

Une demie-heure après, toujours plus chaud, je manquais de m'étrangler en entendant le Gringeot exiger de sa nouvelle amie un blow-job ! La brune, après l'avoir allumé, semblait se défiler mais le Gringeot n'en tint pas compte. Il hurla de plus en plus fort, exigeant sa gâterie immédiatement, là près du bar. C'est alors que la police fut prévenue.

Toute sirène hurlante, une voiture de police s'arrêta et le Gringeot fut sommé de s'allonger face contre terre. Menotté et emmené sans ménagement par la police, il fut accusé de tentative de viol pour laquelle il a plaidé coupable sur les conseils de son avocat.

Aujourd'hui, le Gringeot purge une peine de 15 à 20 ans de prison au pénitencier de Joliet dans l'Illinois. Il vit maritalement avec son codétenu Juan, qu'il appelle affectueusement Juanita, et milite activement pour la reconnaissance du mariage gay dans le middle-west.

A l'instar de la Corvette dont la carrosserie promettait plus que ce que ne lui permettait sa conception archaïque, les belles demoiselles du nouveau monde doivent être abordées avec précaution. Méfiez-vous toujours des belles américaines !

6 Comments:

Blogger Arnaud said...

Doit-on voir un signe en la presence du starbucks de state street dans le background?

10/5/09 10:36 PM  
Blogger Robert Marchenoir said...

C'est terrible, ce drame de l'incommunicabilité inter-culturelle.

Cela dit, je voudrais pas la ramener, mais j'avais prévenu que l'agité de la zigounette risquait d'avoir des problèmes en Amérique, s'il continuait à marcher derrière sa queue...

C'est dommage, parce que ça sera plus compliqué d'acheter un canapé de merde à Toul, la prochaine fois.

Franchement, le Gringeot devrait penser aux potes, de temps à autre.

13/5/09 9:02 PM  
Blogger philippe psy said...

Pour le starbuck, non aucun signe ni message subliminal ! Le jour où vous verrez le Gringeot boire un frappucino, il tombera de la m.... !

@Marchenoir : le canapé était très bien et fut acheté à Arzviller et non à Toul ! Toul ne fut qu'une étape sur la route !

14/5/09 8:52 AM  
Blogger Robert Marchenoir said...

Je m'esscuse de m'être laissé aller à des propos discriminatoires envers les canapés de Toul. Euh, d'Arzviller. Qu'est-ce que c'est que ce bled de merde ?

14/5/09 10:44 AM  
Blogger El Gringo said...

"l'agité de la zigounette"Moi qui ne suis qu'une fleur bleue romantique, voilà la réputation que tu m'as fait... Merci Philippe!

14/5/09 12:14 PM  
Blogger GCM said...

Teu teu teu Gringeot. Parait-il que tu as traduit ton célèbre "Elles aiment la bite, les Touloises" par "They love the dick, the chicagoans"

Teu teu teu...

16/5/09 8:01 AM  

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