02 juin, 2009

Méchanceté ordinaire !


Bien que je ne sois pas de gauche, il y a des gens de gauche que j'apprécie. Ce sont tous les idéalistes parfois délirants qui se sont faits un devoir d'aimer tout le monde et de venir en aide au moindre individu souffrant sur la planète. Leur naïveté est parfois confondante de bêtise mais leur sincérité est réelle. J'ai souvent envie de leur dire que le monde ne marche pas comme cela et qu'il est bien plus dur et cynique qu'ils ne l'imaginent mais ils ne me croiraient pas. Après tout peut-être que leur lénifiante conscience est plus agréable à vivre que mon effroyable lucidité.

Et puis, il y a les autres, ceux qui trompent leur monde en parlant de leurs nobles combats et de leurs justes luttes, alors que ce ne sont que des salauds ordinaires, des envieux déguisés en nobles chevaliers. Pour eux, la compassion sera toujours à sens unique : il y a les bons morts, les bonnes victimes parce qu'elles cadrent parfaitement avec leurs schémas mentaux étroits et mesquins et les autres.

Ainsi, hier matin alors que je lisais les journaux en ligne, j'ai parcouru le forum des lecteurs du Parisien concernant le drame du vol AF447. Il y avait trois types de commentaires :

1) Une écrasante majorité de messages de condoléances émanant de personnes qui avaient été touchées par ce drame ;

2 ) Un grand nombre de commentaires émanant de pseudo-experts à peu près aussi convaincants que Michel Chevalet intervenant sur BFM. Certains, dont les qualifications en pilotage ne dépassent pas l'utilisation assidue de MS Flight Simulator, n'hésitent pas à refaire le vol et à expliquer ce que le commandant de bord aurait du faire, tandis que d'autres plus farfelus expliquent que la zone est connue pour être le lieu de manifestations étranges à relier aux OVNIS ;

3) Des commentaires de ces salauds ordinaires dont je parlais plus haut et qui profitent de ce drame pour étaler leur haine, leurs frustrations et leur méchanceté. Ces affreux pour qui se taire et respecter un deuil n'existe pas, simplement parce que leur pathologie dissimulée sour les oripeaux d'un combat idéologique ne leur laisse aucun répit. Parmi ceux-ci, j'ai noté ces deux commentaires :

Ce chiffre?
Combien de SDF meurent d'abandon ? Ceux-ci,n'ont aucune valeur marchande pour que l'on ne s'émeuve sur leurs décès. J'aimerais me dire que l'un des miens a péri ds cet avion:il avait les moyens de voyager,il n'a pas souffert des mois,des années de ???? il n'a pas été victime d'une folie meurtrière,quelle qu'elle soit.... Bref,mesurons le gouffre entre les heures d'infos sur les "DENIES" de la société et ce drame.

200 morts et ?
L'émotion? Par combien doit-on multiplier ce chiffre de morts pour connaître les décès dus à des conflits armés??????????à la malnutrition?????????aux maladies ds des états ...sans soins.... Joue-t-on avec le déraisonnable?ou,seule la valeur marchande de ce transport est-il sous-jacent???????, Sachons raison gardée

En bref, si vous avez les moyens de prendre l'avion, vous pouvez crever tranquillement. Peu importe les moments d'angoisse quand pris dans des turbulences vous sentez votre dernière heure arriver. Ne compte pas non plus la terreur que l'on doit ressentir quand l'appareil chute inéluctablement. Peu importe aussi les dernières pensées que vous aurez pour vos proches, tout ce que vous auriez voulu leur dire une dernière fois sans pouvoir le faire, prisonnier dans cet avion en perdition. Quant aux cris de détresse, aux pleurs, et à toutes ces manifestations de l'angoisse et de la peur, c'est pareil : ça ne compte pas ! Non, vous n'êtes qu'un salaud de riche et vous pouvez crever tranquille.

Ne désirant pas devenir comme elles, je ne souhaite aucun mal à ces personnes, mais les assure que j'aurais pris un grand plaisir à leur coller une grande paire de claques dans leur vilain museau chafouin si je les avais eues face à moi.

6 Comments:

Blogger Rubin said...

Merci Philippe.

3/6/09 10:31 AM  
Blogger bibi33 said...

L'émotion suscitée par les décès de personnes que nous ne connaissons pas, lors de catastrophes est-elle due au fait, que nous pensons en si je mourrai demain?

Et que par conséquent nous nous rappelons que ce n'est pas demain que l'on risque de mourir mais aujourd'hui?

3/6/09 11:41 AM  
Blogger monoi said...

SI vous vous mettez a lire les commentaires des lecteurs du Parisien aussi!

Vous connaissez peut etre, un tres bon blog d'un pilote de ligne americain:
http://flightlevel390.blogspot.com/

4/6/09 9:15 AM  
Blogger Olive said...

C'est si vrai!
Bravo.

4/6/09 10:05 AM  
Blogger h16 said...

Bon billet. Merci.

4/6/09 1:09 PM  
Blogger WW said...

Méchanceté ordinaire ou réaction à la mesure du compassionnel obligatoire et bien souvent obscène qui se déverse à chaque catastrophe? Certes, planquer ça sous un vernis de bonne conscience sociale aromatisé à la lutte de classes relève bien souvent de la mauvaise foi.
Je crois que c'est une conséquence de l'unicité permanente de l'information et de la saturation qu'elle finit par provoquer: on finit par se méfier de tout sentiment unanime, et à y trouver des parades, même en cas de malheur indiscutable.

5/6/09 4:15 PM  

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