13 mai, 2010

Curieux contraste !


La semaine dernière, lors de ma dernière séance je traine un peu avec le patient que je connais bien. Nous sortons du cabinet alors qu'il est vingt et une heure quarante. Comme il est sympa, il me propose de me jeter à la station RER de Luxembourg à laquelle nous arrivons dix minutes plus tard.

Je descends de sa voiture et constate que tous les cafés sont vides. Sur les trottoirs, pas un rat et très peu de circulation sur le boulevard Saint-Michel et la rue Soufflot : Paris est une ville morte, morne et ennuyeuse. Voici peu la capitale française a été élue ville la plus ennuyeuse de toute l'Europe. Quant à moi, je reste toujours étonné quand mes plus jeunes patients me vantent les mérites de Berlin. Songer que la capitale de la Prusse orientale, région fort peu connue pour ses frasques, est devenue un lieux où il fait bon vivre est sidérant.

Voici peu, j'ai aussi appris que les maires des 1er et 4 ème arrondissements ont organisé une réunion à la demande des habitants qui se plaignaient du bruit. Paris est donc peuplé de crétins qui ont osé acheter aux Halles pour ensuite se plaindre des nuisances sonores. Ce sont sans doute les mêmes qui voudront bénéficier d'une couverture GSM dans toute la France tout en luttant contre l'implantation des antennes relais.

Je suis toujours étonné par ces personnes. Quand on aime le calme, on ne quitte pas sa province ou alors on s'installe dans une banlieue dortoir mais on ne vient pas à Paris et surtout pas dans les quartiers réputés vivants. Je suis encore plsu étonné par le clientélisme outrancier de ces élus qui, au lieu d'envoyer se faire foutre ces sales gens, cèdent encore à leurs demandes ridicules et illégitimes en organisant des réunions pour leur expliquer que l'on va réduire le bruit.

Ce soir, nous sommes sortis. Il faut dire que mon père m'a missionné pour occuper toutes nos soirées. Puisque nous sommes sur Broadway, toutes mes soirées sont prises par des comédies musicales. A l'abri dans notre chambre d'hôtel, notre calme n'est dérangé que par le bruit léger de l'air conditionné. Je pourrais ouvrir les fenêtres mais d'une part j'ai le vertige et me pencher au quinzième étage d'une fenêtre sans rambarde ne m'attire guère, d'autre part le bruit serait dérangeant.

En revanche, une fois dans la rue, c'est la ville qui reprend ses droits. On voulait Times Square et Broadway et nous sommes servis. Circulation démentielle à toutes heures du jour et de la nuit, bruits des sirènes, musiques diffusées par chaque restaurant ou boutique et cohortes de promeneurs sur tous les trottoirs ! Curieusement, personne ne semble se plaindre et les gens ont l'air plutôt heureux. Les tables et chaises nouvellement installées sur Broadway et les gradins de TKTS sont pris d'assaut par les touristes manifestement heureux d'être soumis à ce bruit et ces lumières. Personne ne semble gêné et ceux qui le seraient ont toujours la possibilité de résider dans des quartiers plus calmes.

Je regarde tout cela et je constate que je viens vraiment d'un curieux pays. Tandis que les grecs voudraient bénéficier d'une richesse qu'ils ne produisent pas, les parisiens nouveaux voudraient profiter d'une vie trépidante sans en payer le prix.

Mon illustre confrère H16 parlerait sans doute de pays des Bisounours. Quant à moi, je ne ferai qu'évoquer l'immaturité grandissante dans laquelle nous entretiennent nos élus en déniant le réel.

Ce pays est foutu.

6 Comments:

Blogger Robert Marchenoir said...

C'est un peu une comparaison de touriste, hein.

Y a-t-il des logements à Times Square ? Sont-ils bruyants quand il y a du bruit dehors ? Est-ce un quartier cher pour habiter ?

Paris est une ville ancienne avec des immeubles anciens. Quand vous habitez au-dessus d'un bar de nuit, vous habitez dans le bar de nuit.

Quand des trous du cul ont décidé de faire la fête toute la nuit dans l'appart' d'à côté en sautant en l'air comme un troupeau de mammouths et en hurlant comme des sauvages, vous êtes obligé de faire la fête avec eux.

Le Halles, après la destruction de Baltard et avant l'arrivée des zoulous et des bars de nuit, étaient une zone résidentielle, tranquille, et chère. Il est tout à fait légitime que les gens se plaignent du bruit.

Si vous étiez incapable de dormir à cause du vacarme dans votre hôtel amerloque, je suppose que vous aussi, vous vous plaindriez au management. A Paris, c'est pareil, sauf que les gens ont payé beaucoup plus cher.

Paris ville chiante, sûrement, mais on sait pourquoi : le moindre bar coûte la peau du cul passé 8 h du soir, on peut pas choisir où on habite parce que le logement est rationné, Paris est une ville toute petite, il peut pas y avoir de quartiers "de nuit" non résidentiels parce que les taxis sont rationnés, etc, etc.

C'est un peu facile de mettre ça sur le dos des gens "qui aiment pas le bruit", alors qu'ils devraient. (Ce qui est pas spécialement libéral, d'ailleurs, comme démarche.)

14/5/10 7:59 PM  
Blogger philippe psy said...

robert, pour dire que les halles étaient un quartier bourgeois et calme, vous devez être un foutu paysant doublé d'un ignare ! Les halles, le "ventre de Paris", un quartier qui vivait h24 ...

Je pense qu'il faut taxer les paysans venant habiter à Paris : rétablissions l'octroi !

15/5/10 5:50 AM  
Blogger Robert Marchenoir said...

Philippe, je veux bien que vous soyiez en train de lire vos coms à partir d'un pays de sous-développés même pas foutu d'offrir la fibre optique gratos à tous les érémistes (ah ? y'a pas de érémistes là-bas ?), mais faudrait quand même lire ce qui est écrit avant dégainer. J'ai dit : "Le Halles, après la destruction de Baltard et avant l'arrivée des zoulous et des bars de nuit."

Alors, en parlant d'ignares, hein... camembert !

Sinon, les paysans de Paris, oui, il doit y en avoir pas mal, et un certain nombre d'entre eux habitent probablement l'avenue Foch (ou des quartiers similaires).

La propagande nationale-socialiste a réussi à faire croire à tous les Français que les quelques pour cent d'agriculteurs restant parmi eux survivent en grattant le sol et en se nourrissant de racines, mais beaucoup de "paysans" sont en réalité d'horribles capitalisses qui payent l'ISF (ou pas, parce qu'ils fraudent).

15/5/10 12:27 PM  
Blogger Pythéas said...

1973 : démolition du Pavillon Baltard
1977 : Inauguration du RER

4 ans pendant lesquels le quartier est devenu vachement bourgeois. même si les travaux du RER résonnaient un peu, une grande majorité de la haute a tenté de vendre son appartement du VIe/ VIIe/ XVIe/Neuilly pour venir s'y installer. La chute des prix fut telle dans ces quartiers que bons nombres de ménages ne purent acheter un T3 aux Halles après la vente de leur 7pièces rue de la Pompe.

En l'occurrence, les habitants de la rue Montorgueil qui se plaignent du bruit ne se mouchent pas avec le coude !
Si vous êtes propriétaire, c'est le moment de vendre ; 100% de hausse en 10ans, il faut prendre son bénéfice.
Si vous êtes locataire : 1/ vous avez choisi le quartier en connaissance de cause (ou vous venez de très loin et vous vous êtes fait arnaquer par l'agence immobilière et vous avez pas vu en visitant que la rue était piétonne avec pleins de bars et de restos et que donc c'est sur y'a personne dans le quartier dès 20h) 2/ vous pouvez encore déménager pour de la banlieue résidentielle calme... très calme.

Ze Psy peut certainement vous répondre tout seul, mais j'aime bien vous contredire, Bob.

17/5/10 5:59 PM  
Blogger Robert Marchenoir said...

Vous ne me contredisez pas, Pythéas.

17/5/10 7:49 PM  
Blogger V. said...

on dit pas "vous ne me contredîtes pas" ? (c'est une question. Je la pose vraiment. A qui vaudra bien l'étudier)

Pythéas me fait beaucoup rire ("libre de la fermer" me fait encore marrer !!).
Merci !
(d'intervenir, donc d'exister, tout comme Montaigne pour Nietszche, merci également à Bob Marchenoir de la rue Polivaux sans qui je n'aurais pas pu lire Pythéas)

28/5/10 11:35 AM  

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