27 juin, 2010

Où je vais au SDF !


Hier soir, j'étais invité au Stade de France. C'est bien l'endroit où je n'aurais jamais foutu les pieds de moi-même. D'une part, n'étant pas sportif, il n'y avait aucune chance pour que je débourse le moindre centime pour aller voir des abrutis courir après un ballon. Enfin, n'étant fan de personne, je ne me vois pas non plus payer pour acheter des billets pour voir aller voir un quelconque groupe. Et ce d'autant plus, que pour être bien placé dans ce genre d'endroit, soit ça vous coûte un œil, soit vous êtes obligé de vous pointer douze heures en avance pour faire la queue et avoir la chance d'apercevoir vos idoles en un peu plus gros qu'une tête d'épingle en faisant le pied de grue sur la "pelouse". Et encore dans le meilleur des cas puisque j'en connais qui plante la "quechua" la veille au soir pour être sûrs d'avoir une bonne place.

Déjà il a fallu y aller en RER parce que les abrutis qui ont conçu le grand stade n'ont pas prévu suffisamment de places de parking. Alors, me voici un samedi soir dans le RER B, comme la populace. Évidemment, on y crève de chaud et c'est très éprouvant. Enfin vingt minutes de RER ne m'auront pas tué. Et puis comme ces putains de rames n'ont pas changé depuis plus de vingt ans, je suis content parce que j'ai justement l'impression d'avoir toujours vingt piges.

Une fois sorti, c'est une sorte de no man's land qui s'offre à moi. Les abords du stade sont assez laids et si l'on avait prévu de se restaurer, ça aurait été debout en mangeant un kebab en écoutant gueuler un CD d'Indochine. De plus, j'avais rarement vu un endroit aussi sale. Il faut dire que pour un endroit qui peut accueillir 80 000 personnes, on n'a prévu que quelques poubelles que personne ne s'est donné la peine de vider au fur et à mesure. Ce qui fait, que l'on a navigué entre les immondices pour rejoindre la porte T où nous étions attendus. L'idée de mettre des containers ou encore de vider les poubelles au fur et à mesure qu'elles se remplissent n'est venu à l'idée de personne.

Une fois au pied du stade j'ai été étonné par son état. Cette daube n'a que douze ans mais il est plus joli vu d'avion. Sinon vu de près, ça rouille, le béton est un peu lépreux et l'ensemble fait carrément sale.

L'accueil des VIP est aussi assez merdique. Après avoir récupéré les places à mon nom, il a fallu se taper une fouille au corps comme un criminel qui réintègrerait sa cellule après un parloir. C'est carrément naze mais je m'y suis plié. Où que l'on aille, dans un aéroport ou un stade, la procédure reste la même.

Bon, même installé comme un prince à la tribune présidentielle, je n'ai rien vu du tout. Les musiciens étaient tout petits et s'il n'y avait pas eu les écrans géants pour nous les montrer de temps à autre, ça aurait pu aussi bien être des doublures. C'est la rançon du gigantisme. Sincèrement, à moins d'être un gros gros fan névrosé ne vivant qu'à travers ses idoles, autant acheter le DVD et le mater le cul dans son canapé avec un bon home cinéma. Les réalisateurs feront toujours mieux que la réalité.

Sinon après le concert, il y avait l'after comme on dit aujourd'hui et même qu'on m'avait refilé un joli bracelet qui me permettait d'accéder à tout. C'était très sympa mais en revanche le salon de réception était vraiment vilain comme tout. C'est gris et blanc avec du moche carrelage par terre, dans le genre dalles de 40x40 pas chères en solde chez Leroy-Merlin à neuf euros le mètre carré. Et en plus c'est tout bas de plafond et triste à pleurer. Et évidemment pas un endroit pour poser un cul et papoter. On reste debout son verre à la main et on ne fume pas.

Appeler cela "salon lounge" relève de l'escroquerie. Merde, ils auraient pu faire un effort tout de même. J'avais l'impression de me retrouver dans la salle des pas perdus de la gare TGV de Massy-Palaiseau en moins haut de plafond. La déco a du être confiée à un architecte bulgare dépressif.

En plus, la clim' tournait au ralenti et on crevait littéralement de chaud. Mais bien sur défense de sortir avec un verre pour se rafraichir dehors. Et comme l'architecte qui a conçu cette daube n'a pas prévu un balcon sympa, il faut vider son verre et se taper des des aller-retours entre la salle et le parvis en montrant à chaque fois notre petit bracelet parce que manifestement les mecs qui font l'entrée ont une mémoire de poisson rouge et que vous pourriez passer mille fois devant eux sans qu'ils ne se souviennent de vous. Peut-être que j'aurais du glisser un billet de vingt au mec pour qu'il se souvienne de moi. Je ne savais pas que j'avais une tronche aussi passe-partout.

Enfin, j'ai pu papoter avec plein de monde même que mon pote bassiste O. m'a présenté un acteur porno et que c'était la première fois que je taillais le bout de gras avec un acteur porno. Enfin, j'ai pris sa carte pour le Gringeot des fois qu'il veuille se recycler ou avoir des prix sur les DVD. Et puis, après avoir bu deux coupettes de champagne, il a fallu repartir. Si vous n'avez pas réservé de place de parking un an avant ou que vous avez laissé passer le dernier RER qui repart à 0h43 (ouah c'est super tard), il ne vous reste qu'à tenter de choper un taxi.

Et là, la galère commence. Parce que si en pleine semaine, les numéros de compagnies de taxi vous répondent, il n'en est pas de même un samedi soir. Personne ne vous répond, ce qui fait que vous pouvez aller mourir comme un rat. Et si on peut imaginer qu'à NYC, au sortir du Madison Square Garden, il y aurait un millier de taxis et de limousines faisant la queue pour charger les gens, là on est en France : alors, pas de station de taxis à l'horizon ! Vous avez beau avoir des invitations VIP, vous pouvez crever la gueule ouverte. Pour rentrer, vous vous démerdez. Le côté VIP ne vous donne accès qu'au salon tout laid dont je parlais plus haut, après vous êtes de nouveau de la valetaille, le Stade de France vous envoie vous faire foutre. Mais bon, je parle pour moi, je pense que si vous êtes un élu véreux ou un mec qui bouffe au râtelier de la FFF vous devez être mieux traité.

Alors, on sort et on se retrouve sur une grande dalle. On descend un escalier du genre coupe-gorge et on se retrouve dans un no man's land où des tas de voitures roulent. On avance à l'aveuglette. On demande à un taxi croisé par hasard qui a déjà des clients où l'on peut trouver un collège à lui. Il nous a désigné un endroit loin là-bas où on voyait quelques arbres. On y est allé mais il n'y avait pas de taxis. Alors on s'est retrouvé le long d'une autre route où on a couru après les très rares taxis qui passaient. Vingt minutes après, on en chopait enfin un.

Au final c'était une soirée plutôt sympa. Bien sur comme tout cela se passait en France, on a pu tester l'organisation à la française. Putain, l'invit' VIP vous donne le droit de vous trainer la bite comme un clodo dans un RER surchauffé, d'être fouillé comme un criminel à l'entrée, de mourir de chaud dans un "salon-lounge" tout juste bon à servir de centre de rétention (et encore les militants humanitaires gueuleraient à juste titre) puis de courir comme un connard le long du périph' pour tenter de choper un taxi qui passe là par hasard.

Ce pays est foutu.

3 Comments:

Blogger ombre said...

Non, Philippe-psy ?..au stade !? Contraint d'y côtoyer la plèbe !? Traité comme n'importe quel vulgaire supporter !? Et daignant y faire connaissance avec un acteur porno !? Diantre ! Vous avez une belle plume, grand Philippe ! L'unique blogueur français dont je ne trouve pas les lamentations barbantes, et dont l'outrecuidance est admirable ! ! !

29/6/10 10:53 PM  
Blogger philippe psy said...

Ombre, cela ne me gène pas de côtoyer la plèbe, rassurez-vous. Toutefois, s'il s'agit de me traiter en VIP, un peu comme un prince, alors que l'on me traite vraiment comme un prince !

1/7/10 1:30 AM  
Blogger ombre said...

La plèbe ne saurait le comprendre, mais vous l'êtes de fait, très grand Philippe...

2/7/10 12:00 AM  

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