07 septembre, 2010

Mistéry est un blaireau ! (suite et fin)

Le client type de Mistéry !

Sans doute que les limites de Mistery reposent dans la culture populaire américaine. Lorsque l'on a vu une comédie pour teenagers, on remarque que trois personnages se détachent principalement du lot, les mêmes que l'on retrouve dans la théorie exposée par ce type :


  • Le laid : c'est celui que l'on nomme le nerd ou geek, c'est le pauvre type, le fort en thème, le crétin poussé à la caricature. Les comédies et séries américaines regorgent de ce genre de personnages. Loin d'être de pauvres victimes, ils sont souvent comme dans la comédie American Pie (et autres films de ce type), affreux, bêtes et méchants et ne rêvent que d'avoir les succès des beaux mecs mais sans se donner la peine.

  • Le beau gosse : c'est le quaterback de l'équipe de football. Grand, bien bâti avec de larges épaules et une grosse mâchoire inférieure, c'est le prédateur, le chasseur qui rassure les femelles en leur promettant que la chasse sera toujours abondante pour nourrir la progéniture. C'est une sorte de salaud gorgé de testostérone, un type dénué de toute sensibilité, un tyran qui méprise les autres. Tel le lion dans la savane, il se sert en premier laissant aux charognards et autres prédateurs de moindre importance de finir ses restes.

  • La belle fille : elle est souvent présentée sous forme de connasse blonde. Elle apparaît souvent sous les traits d'une cheerleader à la plastique impeccable. Que l'on regarde ses cheveux à la coloration impeccable, ses ongles magnifiquement manucurés ou encore ses dents parfaites pour lesquels ses parents se sont ruinés chez l'orthodontiste, tout est parfait comme chez Barbie. C'est le prototype de la HB dont parle Mistery et encore pire quand elles vient d'un milieu friqué. C'est la proie, l'enjeu pour les deux autres.
L'histoire est évidemment fortement nappée voire engluée de pudibonderie américaine. Le sexe est partout mais on s'en défend. La cheeleader court vêtue et juchée sur ses hauts talons affole tous les jeunes mâles mais s'en défend. Les rapports humains s'en ressentent fortement. On attire en se défendant d'attirer, et on est attiré sans trop le montrer. Il s'ensuit une atmosphère propice aux développements de comportements totalement pathologiques où jeunes mâles du type puceaux en rut gorgés de testostérones et jeunes putes vierges dansent un ballet mortifère. On ne séduit pas vraiment, on se tourne autour, on défie les interdits, on brave le rigorisme protestant. Leur séduction est à la notre ce que le binge-drinking est à une dégustation de grand cru !

Dans ce jeu, Mistery, victime de son environnement pathogène explique simplement au pauvre gars qu'il peut lui aussi devenir un prédateur comme le sportif mais en se servant de ses propres armes. C'est la tête contre les muscles, le Lion et le rat à sauce adolescente américaine. D'ailleurs, toutes ses histoires s'adressent toujours au même type de personnes : un tout maigre à la poitrine cave amateur d'échecs.

La technique n'est certes pas dénuée d'intérêt d'un point de vue méthodologique même si elle n'a rien de révolutionnaire. Il s'agit d'expliquer à de pauvres types que pour séduire une fille :

  • Il faut tenter de soigner sa présentation. Parce qu'effectivement exiger d'une femme qu'elle soit belle quand on se permet soi même d'avoir les cheveux gras et des boutons plein la tronche, c'est assez minable.

  • Il faut tenter de l'intéresser un minimum avec ses propres armes. Oui encore une fois, exiger qu'une femme couche avec vous, sans avoir fourni d'efforts pour la séduire, simplement parce que vous en avez envie c'est avoir un comportement immature ;

  • Se souvenir qu'une femme, aussi intelligente soit-elle, est une femme et encore plus dans des situations de séduction. Que quoi qu'on nous fasse croire, il y a une polarité des sexes. Encore une autre évidence : une femme n'est pas votre meilleur pote !

  • On déduit donc de la proposition précédente u'une attitude de caniche en rut n'a rien de séduisant et que ce n'est pas parce que vous voulez coucher que cela arrivera. Si les paons font la roue, et de manière généralement si beaucoup d'espèce entament une parade nuptiale, ce n'est pas sans raison. Toujours une évidence : face à une femelle de l'espèce, on reste un mâle de l'espèce. En ce sens, on rabaissera gentiment la trop belle (neg'hit) tandis qu'on réhaussera une moins jolie.
Tout ça pour ça ! Il me semble qu'au pays de l'amour courtois, ce sont des choses qui étaient sues et maitrisées dès le plus jeune âge. Sans doute que les modifications sociétales introduites ces dernières années ont modifié les rapports entre les deux sexes à un point tel qu'il nous faille un pitre comme Mistery pour nous apprendre à séduire. Pourquoi s'étonner puisque l'on arrive au point où offrir des fleurs sera bientôt considéré comme du harcèlement sexuel.

Mistery nous apprend à draguer et Robert Parker à apprécier le vin. Pauvre France !

14 Comments:

Blogger Il Sorpasso said...

La nature imitant l'art, on observe que les imitateurs français de Mistery n'arrivent à se taper qu'un seul type de femmes : des imitatrices de Carry Bradshow. Et, bien souvent, la déprime post coïtum faisant, ces abrutis découvrent que ce qui leur manque, c'est une "vraie vie, avec une vraie personnalité", ce qu'ils condensent alors dans le terme lifestyle. Ils délaissent alors plus ou moins les Carry Bradshow pour passer le plus clair de leur temps à faire du shopping entre mecs avant de déguster un coca light dans un café lounge non-fumeurs (oui, forcément, mais je précise). Le manque d'argent étant alors décisif, ils entreprennent de se relancer dans des études du genre dea de finance, master d'économie ou MBA. Ils deviennent donc naturellement de parfaits américain : ils lisent les articles de Parker avant d'aller chez le caviste, partent en vacance à Miami avec leur nouvelle épouse déjà siliconée à 35 balais et parfaitement casse-burnes puis finissent par faire du golf et de la muscu pour draguer les copines de leur fille, tout en s'en défendant, puritanisme oblige.

7/9/10 9:35 PM  
Blogger philippe psy said...

@ Il sorpasso : Je ne doutais pas que vous fussiez d'accord avec moi, votre pseudo le prouvait ;)
Merci

7/9/10 9:43 PM  
Blogger Il Sorpasso said...

Je m'étais intéressé à ça il y a 6-7 ans, alors que c'était encore "freestyle" en France, c'était devenu rapidement hyper-professionnel et glauque. Etant donné les masses de fric que ça avait l'air d'engendrer, c'est pas étonnant, et on retrouvait des types pathétiquement creux, narcissiques et vicieux comme gourous et "instructeurs". Mais en réalité, pour résumer les trajectoires des participants, je dirais que : 70% finissent pas se caser avec la première qu'ils se tapent, 20% deviennent des dragueurs compulsifs et aigris, 9%-les plus diplômés-comprennent que leur vrai kif c'est le pouvoir et se lancent à fond dans leur carrière, et le 1% "correct"-en général des types qui savaient déjà draguer- profitent tranquillement de leur jeunesse et finissent pas se caser avec une fille bien. Tout ça est assez déprimant bien que foncièrement passionnant.

De rien ^^.

NB : pour aller plus loin, ce qui semblait sidérant, c'est la méconnaissance des femmes, tout était déjà dans Balzac, Molière ou Flaubert-ou le bon cinéma italien des 60's-, mais rien à faire, les types étaient lobotomisés, ils n'avaient à faire qu'à des déesses inaccessibles qu'il fallait combler de toutes les attentions...Il faut croire que l'art-même populaire-à partir des 80's et 90's - a commencé un décalage radicale avec le réel, genre comédies sentimentales ou en effet, teens movies 100% puritains (le mélange porno/scato/romantique/authentique).

7/9/10 10:05 PM  
Blogger philippe psy said...

@il sorpasso : le pseudo même que vous avez, ce titre d'un film merveilleux, illustre parfaitement bien ce que tente d'enseigner ce pitre de Mistery. Mais Gassman reste un maitre !

8/9/10 2:37 AM  
Blogger philippe psy said...

@il sorpasso : le pseudo même que vous avez, ce titre d'un film merveilleux, illustre parfaitement bien ce que tente d'enseigner ce pitre de Mistery. Mais Gassman reste un maitre incontesté le roi des PUA quand il incarne Bruno Cortona. Le pauvre pitre au chapeau ridicule est tellement loin qu'on a envie de lui rouler dessus au volant d'une Lancia Aurelia Spider american !

@Laurence : merci pour la bulle

8/9/10 2:39 AM  
Blogger Laurence said...

"Le pauvre pitre au chapeau ridicule est tellement loin qu'on a envie de lui rouler dessus au volant d'une Lancia Aurelia Spider american !" : euh je pourrais même lui rouler dessus avec une RJ 49 !!

8/9/10 9:11 AM  
Blogger monoi said...

Juste en passant, vous etes sur que c'est bridge-drinking et non pas binge drinking?

Ceci dit, associer bridge et saoulerie, c'est assez drole.

8/9/10 9:47 AM  
Blogger GCM said...

Je crois que c'est Gringe-drinking (prononcé grainge-drainkaing near the RER B)

8/9/10 10:48 AM  
Blogger Il Sorpasso said...

Vous remarquez que même si Bruno Cortona conduit une voiture chère et voyante, il n'a jamais l'air d'un plouc nouveau riche ou d'un héritier à mèches !

8/9/10 4:59 PM  
Blogger philippe psy said...

@Sorpasso : n'oubliez pas qu'une des ailes de ladite Aurelia est en apprêt ;) Ça en jette plus qu'une putassière Audi TT.

8/9/10 7:02 PM  
Blogger Il Sorpasso said...

Disons qu'une AudiTT (phase un) peut être élégante si elle est cabossée. De toute façon, aujourd'hui toutes les voitures sont soit putassières soit familiales. Toujours ce puritanisme. Mais pour revenir au film, il faut distinguer que le personnage de Bruno est "mal vu" en Italie (il symbolise la victoire de Berlusconi sur l'Italie humble et travailleuse)-deux autres fins (Roberto tue Bruno et Roberto et Bruno s'en vont ensemble (?)) avaient été pensées- alors qu'en France, ça aurait été l'inverse (fin N°2), Roberto symbolisant la victoire de la France moralisatrice et étatiste (Roberto serait devenu un énarque qui fait des aller-retour privé-public avec sa carte du PS dans les années 80) sur la France paillarde et j'm'enfoutiste.

8/9/10 8:04 PM  
Blogger philippe psy said...

@sorpasso : dans l'italie ou la france actuelle, tout bon film ne peut que heurter. Je pense que "les vieux de la vieille" serait aujourd'hui dénoncé comme étant poujadiste et cocardier. Alors ce qu'en pensent les autres ...
Cortona rest le PUA et Mistery un simple trou du cul. C'est un fait indiscutable.

8/9/10 8:57 PM  
Blogger Alexis said...

Excellent !

8/9/10 9:26 PM  
Blogger socratis tixidis said...

quel mentalité en france et bein faut arrêter la drogue est l'alcool c'est une phrases maladit typiquement paranoïaque a la française trop bete cette histoire

5/7/14 11:56 PM  

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