11 novembre, 2015

Déjeuner Franc-comtois !



Il a bien eu lieu mon déjeuner mardi. En lieu et place du sieur Jean Sablon parti faire je ne sais quoi au pays du soleil levant, j'ai pu déjeuner avec mon compatriote. Tout s'est bien passé sauf que, je ne sais pas pourquoi, j'avais collé 40 comme numéro de département pour le Jura en lieu et place de 39. Et pourtant je le savais. Ici j'avais fait la même erreur, j'avais mis 26 pour le Doubs au lieu de 25 !A chaquz fois je mets le numéro suivant, je ne sais pas pourquoi !

Alors quand j'ai parlé du 40, mon compatriote m'a regardé drôlement en rapprochant sa main du couteau posé sur la table ! J'ai eu un peu peur et immédiatement, j'ai dit 39 ! Il m'a dit que le 40 c'était les Landes, un endroit ensoleillé et tout plat qui prédisposait au farniente et à l'élevage de poulets et que ça n'avait rien à voir avec l'âpre nature jurassienne qui forgeait des hommes de caractère. J'ai acquiescé.

Il a rajouté qu'en plus le pin des Landes n'avait rien à voir non plus avec le sapin du Jura. Et que d'ailleurs jamais Airwick n'aurait l'idée de faire un désodorisant pour chiotte ou Paic un produit à vaisselle avec le sapin du Jura, alors que le parfum Pin des landes existait pour ces produits, parce que la nature jurassienne ne se laissait pas domestiquer facilement. Surtout pas pour parfumer des chiottes ou un produit destiné dégraisser des plats à gratin ! J'ai répondu que c'était évident !

Comme il n'y avait pas de vins franc-comtois à la carte, on s'est rabattu sur un Gevrey-Chambertin des cousins burgondes. La serveuse nous l'a ramené en rigolant et en le remuant comme s'il s'agissait d'un Orangina ! Alors on a redemandé une autre bouteille en lui expliquant qu'il fallait respecter le vin et que si elle avait fait ça avec un vin d'Arbois, il lui en aurait cuit parce qu'on ne maltraite jamais un AOC franc-comtois ! 

Elle a filé doux la gamine, elle a vite compris à nos regards et au ton de nos voix, qu'on était pas les bobos barbus habituels qu'elle servait mais de rudes gaillards élevés à la dure, des gars farouches que les températures négatives n'effraient pas, des types capables d'étrangler un sanglier à mains nues. Des franc-comtois quoi ! Nous on a pas été habitués à la mollesse. Nous, le 17 janvier 1985, on se serait promené torse-poil à Mouthe ! On aurait joué aux boules dehors après avoir déblayé la neige.

On en était au café quand le gars Jésus s'est amené. Vu que né à Paris, il est tout de même d'origine lorraine, un voisin quoi, on l'a accepté parmi nous et on lui a offert un coup de Bourgogne qu'il a bien apprécié. Comme tous les trois, on connait bien Jean Sablon on s'est foutu de lui en l'imaginant à genoux, avec son grand nez, mangeant son poisson cru avec un coup de saké. Alors que nous on était en terrasse dans la plus belle ville du monde (après Besançon) à picoler le meilleur vin du monde (après le vin d'Arbois).

On a décrété que ce traitre vendu aux puissances de l'Axe n'aurait de toute manière rien à faire avec nous à déguster un premier grand cru classé ! Nous, on boit pas avec les collaborateurs de toute manière ! D'ailleurs, comme on pensait à lui, on s'est dit tous les trois qu'on avait toujours pensé qu'il avait une bonne tête de milicien le père Sablon. Il finira à Sigmaringen à la retraite celui-là !

De toute manière, on l'aurait effarouché le père Sablon avec nos manières agrestes d'hommes de l'est. Quand nous on attend avec fébrilité le passage du camion Outiror pour racheter une cognée, lui il se paluche devant des netsukés ! C'est dire si on est différents !

Et si quand il revient, il me bassine avec des haïkus tout pourris, moi je lui déclamerai du Victor Hugo. Le père Hugo était natif de Besançon, c'est un gars d'cheu-nous !

Les sorties en Franche-Comté : le passage du camion Outiror !
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2 Comments:

Blogger edgell oliver said...

Si vous souhaitez faire partie de l'aristocratie œnologique franc-comtoise, alors faites référence au Chateau-Chalon, l'ignorer c'est perdre votre âme.

C'est le nectar le plus cher et le plus fin de Franche-Comté, juste après le fromage Comté affiné dans les caves de la région. Bien supérieur au Gruyère...

11/11/15 11:20 PM  
Blogger philippe psy said...

@ edgell : merci ! Je débute comme franc comtois !

12/11/15 12:20 AM  

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