08 octobre, 2008

Recettes de crise : la soupe à la hobo !

Actionnaires de Lehman brothers !

Je me susi réveillé ce matin avec les infos en continu de France Info ! Ah la douce mélopée en continu annonçant les pires catastrophes à venir. Le phénomène est bien connu en psychologie sociale et explique bien des comportements sur le smarchés.

Dire que voici encore un mois, à part quelques rares personnes, tout le monde nous disait que la crise des subprimes épargenrait la France et l'Europe. Et maintenant, ce ne sont qu'annonces alarmistes, jusqu'à l'association des DRH de France qui prédit une hausse et un durcissement des conflits sociaux. Et tout le monde y va de son commentaire, comme si chacun des acteurs voulait à tout prix nous persuader que décidément, il avait tout prévu et surtout le pire.

Un mois avant, ce n'était que de rodomontades et actuellement, on croirait une bande de gamines de douze ans affolées par leurs premières règles. J'entendais tout un tas d'informations géniales. On cherche ainsi des corrélations entre tout et n'importe quoi. Une baisse du trafic routier et c'est bien sur la faute de la crise financière. Un ralentissement du fret entre la Chine et l'Europe, c'est encore la crise et on nous promet des jours très sombres. Ce matin, j'ai eu envie de prendre deux cafés, mais en revanche j'avais les urines claires, et je m'interroge pour savoir si ce ne serait pas du à la crise financière ?

Moi qui fais des thérapies cognitives, je me passionne bien sur pour les systèmes de pensée. J'imagine que beaucoup d'entre vous sont aujourd'hui paniqués à l'idée de finir à la rue demain. Moi, je m'en fais moins d'une part parce que j'ai un grand jardin où je pourrais faire pousser des trucs et des poules qui font de beaux œufs que je vendrai au marché noir et enfin, parce que si la Société Générale faisait faillite, ce qui n'est pas envisageable, cela m'arrangerait plutôt puisque je lui dois pas mal de fric.

C'est donc avec cynisme que j'attends le retour de l'œuf à deux euros et du kilo de pomme de terre à vingt euros. J'ai lu Au bon beurre de Jean Dutourd et je sais que lorsque certains maigrissent dramatiquement, certains grossissent éhontément. Mais, me direz-vous, j'ai la chance d'avoir un jardin. Alors qu'en sera-t-il pour ceux qui n'ont pas cette chance et risquent d'être jetés sur les chemins sans moyens pour s'offrir à prix d'or ma production vivrière ?

La crise de 1929 avec laquelle des journalistes avides de sensations comparent celle-ci nous offre des exemples de capacités d'adaptation intéressante. Chacun de vous a le souvenir de cette figure de l'Amérique des années trente, aujourd'hui teintée de romantisme, que l'on nomme le hobo.

La traduction du mot hobo est "vagabond". Néanmoins, le mot hobo n'est pas un simple nom commun et ne prend tout son sens que dans le contexte culturel précis de l'Amérique des années 30. Ce sont des travailleurs itinérants qui sillonnent les états en quête de petits boulots et de combines et qui de survivre à la misère provoquée par la Grande Dépression.

Jetés sur la route, le hobo s'accommode tant bien que mal de cette nouvelle vie. Il sillone les grandes étendues américaines dans des des trains de marchandises dans lequel il voyage clandestinement. L'image du hobo est d'ailleurs inséparable de celle du train. Beaucoup de hobos se retrouvaient le long des principales lignes ferroviaires dans des points d'accueil plus ou moins improvisés. Ils pouvaient alors échanger des informations sur les régions où trouver du travail ou du réconfort. Le hobo est donc un survirvor qui ne se serait pas laissé abattre par les nouvelles alarmistes de France Infos !

Cette crise financière est donc un bien, en ce sens qu'elle pourrait donc marquer un renouveau littéraire avec l'éclosion de nouveaux Kerouac ou Steinbeck, qui nous conteront les périples de hobos jetés sur les route. Enterré les sagas boursières du gros Sulitzer, mais bienvenue à un renouveau littéraire montrant enfin de vraies gens, en proie aux affres de la vie. Envolés aussi les difficultés des personnes surdendettées et les problèmes des "jeunes" dans les cités, car tout ceci laissera sa place à de vrais problèmes.

A toute chose malheur est bon dit-on ? Alors ne voyons pas le mal partout et commençons à être positif car je ne doute pas que dans quelques années, une fois cette crise balayée, nous pourrons nous délecter d'un "Des souris et des hommes 2". Moi qui suis un gros lecteur compulsif, j'en salive d'avance.

En attendant de se régaler d'un bon gros livre, il va falloir se sustenter. Et justement, il serait judicieux de se plonger dans les "trucs" que nous ont laissés les hobos débrouillards. Dans cette Amérique tourmentée, rappelons-nous que des individus plus ingénieux ont tout de même réussi à survivre à force d'expédients. Tout n'est donc pas perdu si l'on se rappelle tous ces petits trucs qui ont égayé la vie de ces homeless !

Ainsi, sous vos yeux ébahi, je me permets modestement de remettre au goût dujour la soupe à la chaussure. Dans un contexte de crise marqué par un e hausse vertigineuse du prix des denrées alimenaires, il est toujours bon de se souvenir qu'un bouillon de bœuf apporte des protéines nécessaires les jours de grand froid. Mais que faire quand on ne dispose pas de bœuf ?

Dans ce cas, c'est fort simple puisqu'il suffit d'eau et d'une chaussure. Tout d'abord choisissez une chaussure adaptée à votre faim ou au nombre de convives à nourrir. Pour un repas plus fin, vous choisirez un escarpins pointure 36, tandis qu'en cas de famille nombreuse, c'est vers le croquenot pointure 48 que vous vous tournerez. Si vous avez une famille très nombreuse, on ne peut que vous recommander une chaussure de Michael Jordan !

Une grosse faim ? Une bonne bouffe entre copains ?


Attention, la chaussure doit être en cuir impérativement. Selon vos goûts et vos moyens, vous pourrez choisir un robuste cuir de vache ou une peausserie plus délicate car il n'est pas interdit de se faire plaisir ! Une chaussure Salvatore Ferragamo ou Jimmy Choo accompagnera ainsi utilement un repas de fête tandis que la babybotte de bébé fera votre quatre heures.

Un diner en amoureux, un repas de fête ?


Pour ce faire, débarrassez la chaussure de tous ses éléments non comestibles : patins de caoutchouc et semelles élastomère diverses. La chaussure de qualité représente un net avantage car il n'y a pas de perte. Si vous alliez chez La Halle aux chaussures c'est raté car le plastique n'est pas comestible. Même en cas de crise, le pauvre trinque toujours !

Grattez impérativement toute trace de cirage qui pourrait vous rendre malade. Une fois la chaussure préparée, coupez la en très fines lanières. Puis sur le feu, mettez une bassine d'eau à bouillir. Une fois à ébullition, jetez dans cette eau les lanières de cuir. Réduisez le feu sous la bassine, couvrez-la et laissez mijoter quelques temps. De temps à autre, touillez cette mixture doucement.

Un en-cas pour une petite faim ?

Surveillez attentivement votre préparation puis, une fois que les lanière de cuir sont devenues molles, et presque transparentes, retirez les à l'aide d'une écumoire. Prenez ensuite votre plus beau service de crise, qui pourra par exemple être constitué de boîtes de conserve vides, de verres ébréchés ou de tous autres récipients pourvu qu'ils soient dépareillés.

Dégustez ensuite ce délicieux bouillon que les plus chanceux pourront agrémenter d'un quignon de pain dur et noir ou d'une poignée d'herbes cueillies sur les chemins ou entre les traverses d'une voie de chemin de fer. Pour terminer le repas honorablement, un bon jus de gland remplacera honorablement le café. Et c'est l'estomac bien calé que vous pourrez vous trouver un wagon de marchandise ou un abri en carton bituminé où digérer à votre aise et au chaud.

Bon appétit ! N'ayez pas peur de la crise ! La semaine prochaine, je vous indiquerai comment préparer un bon jus de gland.

Sachez d'ores et déjà que le jus de gland est un succédané (ou ersatz) au café et non une pratique érotique un peu scabreuse comme le serait le célèbre sirop de cordom dont les qualités diététiques n'ont pas encore été prouvées à ce jour.

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26 septembre, 2008

Crise financière !


Zut, moi qui parle de tout, voici que je m'aperçois que je n'ai pas encore abordé la crise financière que nous traversons !

Alors que dire ? Franchement rien parce que cela me passe au-dessus de la tête. Pourtant il n'en fut pas toujours de même. Fut un temps, j'étais jeune alors, où j'ai même été président d'un club de bourse d'une ESC. Je me souviens que je lisais Le journal des finances, La cote Desfossés, Les Echos et La Tribune.

C'était le début des boursicoteurs, on venait là-dedans comme on aurait joué au poker sauf que c'était bien plus rigolo et technique. Et puis, on pouvait se la raconter. Je me souviens encore de moi, en costume cravate, jouant les importants chez notre conseiller clientèle qui était une blonde canon et bandante à souhait. Elle avait à peine dix ans de plus que nous et une manière de croiser les jambes plutôt agréable. C'était à peu près l'époque de Top Gun et Kelly Mc Gillis faisait fanstamer dans le genre executive woman.

C'était l'époque des minijupes ,et dans nos têtes on entendait crisser le nylon de ses bas. Je dis des "bas" parce que c'est ce que l'on imaginait mais je suppose que c'était des collants. De toute manière, même si nous gérions à l'époque près de 300 000 F, ce qui n'était pas si mal, ce n'était pas encore suffisant pour pouvoir lui mettre la main au panier ni même aller mater sous ses jupes.

Un canon pareil était juste fait pour flatter les appétits de petits cons des sup' de co , leur faire ouvrir des comptes une fois qu'ils seraient immergés dans la vie professionnelle, les plomber de crédits, mais devait nécessiter un budget d'entretien que nous n'avions pas. Bref, elle devait vivre avec un type beaucoup plus âgé qu'elle et évidemment bourré de fric. C'est du moins ce que nous imaginions, jaloux que nous étions.

Avec quelques autres, on avait bien buché les techniques boursières. Mais comme on était un peu fainéants, on s'était dit que plutôt que de faire de savantes analyses, il valait mieux donner dans le délit d'initié. Et comme, dans notre club, il y avait le fils d'un cadre sup' d'une très importante banque, qui était un bon pote, croyez-moi on avait des tuyaux de première bourre.

A côté, nous avions un concurrent, un autre club, rempli de types sérieux, les mêmes que ces nazes qui aujourd'hui viennent de se faire niquer dans cette crise financière, une bande d'incapables qui pensera toujours que la technique remplace utilement le talent. Ce club avait des performances bien en-deçà des nôtres. C'est normal, tricher rapporte plus que travailler honnêtement.

Mais pourtant, ils étaient capables d'établir des feuilles de calcul savantes et de suivre tout ce fourbi avec conscience. En revanche, sitôt leur nez chaussé de lunettes éloignés de leur tableur fétiche, ils étaient bien incapables de "sentir" les choses. C'est le genre de mecs qui auraient investi dans un club de vacances au bord de la mer d'Aral si ils avaient eu la preuve chiffrée que le truc tienne la route. Que la mer d'Aral disparaisse peu à peu, ils s'en seraient foutus.

Pourtant, alors que nous nous détestions cordialement, sans le savoir, eux et nous, portions en nous-même les germes de cette crise financière et de toutes celles qui viendront après. Eux, avec leurs "puissantes "analyses financières, et nous avec nos "délits d'initiés", on était surtout là pour faire du fric rapidement. Les boîtes en question, on s'en tapait. On achetait et on revendait. C'était la bonne époque du RM où on pouvait faire des reports pourvu qu'on achète une quotité exigée.

On prenait des risques, on se sentait galvanisés. De toute manière, on ne pouvait pas perdre puisqu'on était bons. Du moins on nous en persuadait sitôt après avoir réussi le concours d'entrée. On était tellement cons, qu'on rêvait tous d'avoir un écran Reuters chez nous pour mater les cours boursiers. Ben oui, y'avait pas le net à cette époque.

En gros, même si chacun d'entre nous savait ce qu'était l'affectio societatis, on s'en tapait très largement. Nous n'étions pas de vrais actionnaires mais de simples petits branleurs âpres au gain, de petits macs à la recherche de gagneuses encore meilleures. Le truc, lorsque l'on parlait d'une boîte, c'était de se dire qu'on avait fait 80% avec Machin SA, sans même savoir parfois quelle était cette boîte. Je me souviens par exemple d'un bon coup sur Tollens, société dont j'ai su bien après qu'elle vendrait de la peinture.

C'était aussi la grande époque des introductions sur le second marché et de la privatisation. La stratégie de l'entreprise, on s'en foutait, de même que ses réussites futures. Voilà l'exemple que nous donnaient nos professeurs : ne surtout pas créer mais tenter le fric facile. Un peu plus, et on aurait eu une UV de proxénétisme et de deal. Nos concurrents, à force d'analyses savantes, et nous, à force de rechercher le tuyau en or, le truc qui va cracher des thunes sans efforts, nous en perdions le sens du réel. Et puis, plus cela allait, plus nos appétits s'aiguisaient. De toute manière, en cas de pertes, à la fin on se dit toujours qu'on va se refaire.

Si, nous en avions eu le temps et l'envie, sans doute que nous aurions abordé des marchés de plus en plus risqués. Totalement déconnectés de l'économie, on aurait fini comme des bookmakers en restant persuadés que nous étions des cadors des marchés. Après tout, quand on est book, on peut parier sur des trucs réels mais aussi sur des trucs aussi improbables que l'endroit où se posera une mouche dans un bar. A la fin, les cotes et les savants calculs ne veulent plus dire grand chose. On finit par jouer à jouer.

Finalement, tout ceci s'est terminé par un krach. La bourse, gonflée artificiellement par ce genre de pratique a explosé. Les PER bidon, la survalorisation de sociétés, tout cela s'est achevé tristement. Par chance, on n'a rien perdu tandis que de petits actionnaires ont perdu pas mal de fric. Nous avons été épargnés, non pas parce que nous avions tout prévu. Bon, à nos moments de clairvoyance, on se disait bien que nos aller-retours à trente pour cent minimum, ne dureraient pas éternellement. Mais bon, on se serait dit, "un dernier petit pour la route", jusqu'à ce qu'on finissent sur le bas-côté, plombés.

En fait, à la fin de l'année scolaire, une fois diplômés début juillet, on a vendu les actifs du club tandis que le krach est intervenu en octobre. N'ayant plus aucune position, on s'en est bien sorti. Merci au hasard et au Dieu des petits branleurs de nous avoir évité la banqueroute. Je ne sais pas comment on s'en serait sorti ? En laissant un drpeau à la banque ? Sans doute que non, il aurait fallu rembourser. Alors, tout merdeux, on se serait adressé à nos parents ou on aurait pris des emprunts.

Pensez-vous que cela ait calmé les gens ? Non, quelques années après d'autres pigeons se sont fait avoir sur le Nasdaq. Des crétins qui ne se rendaient même plus compte que leur paquet d'actions ne leur donnait droit que de posséder qu'une petite partie d'une boîte d'informatique merdique, les fameuses dot com, ayant pour tout actif que deux serveurs pourris, deux bureaux et deux chaises sur lesquelles étaient assis deux geeks fumeux persuadés d'avoir eu l'idée du siècle. souvenez-vous, c'était cette période où des ânes bâtés s'entrainaient à débiter leur laïus dans un temps imparti, persuadés qu'ils étaient qu'il leur faudrait un jour convaincre un capital-risqueur pressé dans une cabine d'ascenseur.

A la même époque, un autre secteur spéculatif, celui des bagnoles de collection a encore séché quelques crétins. C'est l'époque où j'ai connu des mecs qui investissaient 50 000F dans une 403 Peugeot pourrie, persuadé d'avoir fait le placement du siècle, alors qu'ils étaient simplement pris dans une fièvre spéculative. Sur ce oup là, je m'en suis encore bien sorti. En matière de voiture ancienne, je n'ai jamais eu qu'une 204 cabriolet achetée une misère à un mec dans la mouise et une Fiat 500 que j'ai revendues dans l'état.

Alors, la crise financière actuelle est-elle une crise du libéralisme ? Moi, je pense que non. Parce qu'être libéral, ce n'est pas faire n'importe quoi. Cette crise, c'est juste une gueule de bois un lendemain de fête. On boit, on boit, on se dit qu'on va tenir le coup et après, on se demande ce qu'on a bien pu faire pour en arriver là. Parce que l'alcool, comme le fric facile, ça fait perdre la tête. Mais à un moment donné, le réel revient toujours en force. Le soir de biture, certains pensaient coucher avec un un canon, et se retrouvent le lendemain avec un boudin dans leurs lits. Et bien sur, on se dit qu'on ne reboira pas, mais on connait la valeur des promesses d'alcoolique !

Moi, je pense que la crise financière, c'est un peu pareil. Il y a sans doute une belle bande d'escrocs dans le lot mais à la base, il y a tout de même une gros problème. Parce que penser qu'on va s'enrichir en fourguant des emprunts à des mecs qui n'ont pas de fric, il faut vraiment être un con. On peut tout tenter, du taux zéro, tu taux variable intégral, à la base si vous ne pouvez espérer qu'un mobilhome, il ne faut pas rêver de château.

Moi qui ai bossé dans le logement HML, je sais que derrière si'l n'y a pas l'état et les collectivités territoriales, on ne peut rien. Parce que riches ou pauvres, la chargé foncière et les couts de constructions ne diffèrent pas beaucoup.

Ou alors, si on prend un risque aussi considérable et qu'on n'est pas con, c'est justement que l'on fait supporter ce risque à d'autres. Le marché, quoiqu'on en dise, a toujours raison : même bien emballé, un produit merdique reste un produit merdique.

En bref, dans ce jeu de dupes, il y a forcément un crétin quelque part qui finira par payer la facture. Ce qui est drôle, c'est que ce soient des traders sûrs d'eux qui aient pris la gamelle. On saura dorénavant qu'il y a des épiciers mieux inspirés que ces trous du cul de traders. L'arnaque, comme les bonnes vieilles ventes pyramidales, est payante pour certains, mais ceux qui sont au bout, finissent toujours par se faire niquer.

En bref, je reste libéral, je pense simplement que le réel finit toujours par revenir en force, quel que soit le domaine considéré. Et ce qui me fait rire, c'est que ces petits cadors de la haute finance, viennent encore pleurer dans les jupes de l'état ou retraversent le channel pour pointer aux assedics quand tout va mal.

Mais bon, qu'attendre de mecs qui bossent dans des banques ? Une banque, c'est un peu comme une grosse administration, nulle raison d'y trouver des types plus courageux qu'à la Poste. Après tout jouer avec le fric de son employeur est-ce vraiment courageux ? Sans doute pas plus que les fils de famille qui viennent flamber dans les cercles de jeu parisien avec le blé de papa. Dommage que tout ce petit monde ne soit pas à son compte, sinon on aurait pu prononcer des interdictiosn de gérer à la pelle.

Ces gens sont des wannabes mais certainement pas des entrepreneurs. Plutôt que paniquer, on devrait en profiter pour se foutre de leur gueule. Je connais deux trois mecs qui n'ont pour tout bagage qu'un CAP, mais sont richissimes, qui ne se seraient pas fait niquer comme eux. Comme disait Montaigne : Mieux vaut avoir la tête bien faite que bien pleine.

On pourrait par la même occasion se foutre de la gueule de leurs employeurs. Parce que franchement, confier la gestion de fonds aussi importants à des petits cons de de 25/30 ans bourrés de testostérone et gonflés de leur importance, n'est pas l'idée du siècle. Il me semblait qu'un tôlier avait une obligation de direction et de contrôle ?

On pourra aussi s'interroger utilement sur le rôle des autorités de tutelles qui auraient du verifier et prévoir tout cela mais qui ne l'ont pas fait. Parce que finalement, plutôt que la faillite du libéralisme, cette crise représente la faillite de l'état dans ce qu'il a pourtant de regalien : faire la police. Produits véreux, absence totale d'informations, bilans truqués, n'importe quelle PME ayant joué à cela aurait déjà eu son patron en garde à vue.

Dans une cour de récréation d'une école primaire, une institutrice tient mieux son petit monde que les autorités de tutelle de Wall Street et autres places financières. La DGCCRF quand elle vérifie qu'on ne vous refile pas des produits périmés ou trafiqués dans un restau, semble finalement plus efficace que les autirutés qui régulent les marchés financiers. Finalement, quoiqu'en disent les légendes urbaines, il y a moins de risque d'être empoisonné dans un kebab que de se faire arnaquer en effectuant un placement.

Que ce soit aux Etats-Unis ou ailleurs, s'il ya bien une faillite, c'est celle de l'information que doivent pourtant garantir des autorités de tutelles, et sans lesquelles, il n'y a plus de règles du jeu. Et sans information fiable, que l'on soit investisseur, capitaine de navire, pilote d'avion ou simple piéton, on finit généralement par se casser la gueule.

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