07 décembre, 2018

Honda, objets contraphobiques et conduite de réassurance !


Aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours été anxieux. Ma vie, telle que je la rêve, se limitant à faire les mêmes choses aux mêmes endroits avec généralement les mêmes personnes, vous vous doutez bien que le moindre imprévu est pour moi une catastrophe.

Comme je suis sociable et que je n'ai jamais eu envie de rester cloitrer chez moi, j'ai eu pour habitude, face à l'imprévu de poser mes équations. Ainsi, si j'aborde un nouveau groupe de personnes ou un nouvel endroit, j'observe puis je mets en équation le produit de mes observations. Cela me permet de savoir que si je dis ou je fais quelque chose, il se produira tel ou tel résultat. La spontaéniété n'est donc pas mon fort.

Quoique, je suis tellement habitué à faire ainsi que je suis devenu très rapide pour poser mes équations. Je suis donc devenu très spontané au regard des gens alors qu'en fait, entre action et réaction, j'ai juste calculé très rapidement la réponse comportementale adéquate. 

J'ai aussi pour axiome qu'on ne sait jamais à qui l'on a à faire. Non que j'aie peur des gens, c'est très rare, mais plus simplement que l'expérience prouve que celui qu'on avait pris pour un idiot peut se révéler intelligent tandis que celui qui passe pour quelqu'un de brillant se révélera finalement comme étant un crétin.

Tant et si bien que j'évolue comme un poisson dans l'eau quelle que soit la personne ou le groupe dans lequel je suis. Mes mesures et contre-mesures fonctionnant plutôt bien, je crois qu'on estime que je suis quelqu'un qui s'affirme facilement tout étant plutôt diplomate lorsque c'est nécessaire. 

Cependant, il est des situations pour lesquelles, mesures et contre mesures ne fonctionnent pas. Ce sont toutes ces situations qui ne dépendent pas de moi, comme aurait dit le brave Epictète. Et dans ces cas, l'anxiété peut me gagner. Il s'agit généralement de situations que tout un chacun trouverait banale mais qui m'affectent terriblement.

Je crois d'ailleurs, l'avenir le dira, qu'affronter la mort me semblerait ainsi moins grave qu'affronter un employé ou un fonctionnaire obtus. Le raisonnement idiot, la règle stupide et le fait du prince me paralysent totalement. Face à cela, je suis sans défense. Comment faire face à la bêtise à front de taureau de celui ou celle qui vous affirme que c'est impossible alors que c'est possible.

Voici deux ans, tandis que je fonctionnaires tranquillement avec mon compte courant de particulier, ma banque m'a forcé à ouvrir un compte professionnel. C'était un abus de droit manifeste. Mais qu'à cela ne tienne, je n'allais pas mener une guerre pour si peu. J'ai donc accompli les démarches pour ouvrir ce satané compte professionnel qui permettrait à ma banque de se sucrer sur mon dos en frais de tenue de compte en m'offrant des services dont je n'avais pas besoin et que je n'avais jamais sollicité. On appelle cela de la vente forcée.

Ayant rempli les formulaires adéquats, voici qu'on me demande ma carte professionnelle de "sage femme". Mon code APE de l'époque concernant les psys, les infirmiers libéraux et les sage-femmes, le service réglementaire de ma banque exigeait ce document que j'aurais été bien en peine de fournir, n'étant pas sage-femme et n'ayant jamais prétendu l'être.

Malgré mes dénégations, l'ouverture du compte professionnel fut impossible. Je ne pouvais donc ni continuer à poser les chèques de mes consultations sur mon compte courant particulier ni ouvrir un compte professionnel. J'ai donc changé de banque.

Et là, rebelote, on me redemanda ma carte professionnelle de sage femme ! Fort heureusement, cette fois ci, le directeur de l'agence étant un vieux de la vieille m'expliqua qu'il s'agissait surtout de fournir un document aux "crétins du siège" et que n'importe lequel ferait l'affaire puisque pour eux, il s'agissait avant tout de "cocher une case". Aussi dit, aussitôt fait, et le compte fut ouvert.

C'est ce genre de situations qui me terrorisent aussi idiot que cela paraisse. Parce que j'ai beau avoir pratiqué les stoïciens et connaitre la pensée 1 du livre II des Pensées pour moi-même de Marc-Aurèle, rien ne permet d'affronter sereinement un idiot qui a cru bon de créer une procédure stupide et inutile. La bêtise, la méchanceté et lamauvaise foi sont mes pires ennemis parce qu'elles ne laissent aucune place aux straégies d'adaptation que j'ai mises en place.

Il ne resterait que la violence ! Mais je n'allais pas me pointer au siège de ma banque, armé, pour flinguer l'idiot ayant décidé de me nuire aussi bêtement. Alors dans ces cas là, j'attends la réponse en espérant qu'elle me sera favorable en angoissant comme un fou. L'angoisse est sans doute la pire ds choses. C'est comme si vous foutiez des coups de boutoir à votre organisme n exigeant de lui une réaction. Or, à part l'attaque ou la fuite, on n'a pas beaucoup d'autres stratégies à offrir. 

Fort heureusement, ayant depuis longtemps été confronté à de telles situations, même si elles sont rares, j'ai pu développer une superbe stratégie, entièrement basée sur la pensée magique. Il 'agit donc d'une technique complètement farfelue qui ne me vaudra jamais aucune publication dans Nature ou Science. Comment ma stratégie d'adaptation fonctionne-t-elle ? Pour vous remercier de me lire depuis toutes ces années, je vais vous en livrer le secret. 

Voici bien des années, tandis que je lisais l'Auto-Journal, à la grande époque d'André Costa, j'avais pris connaissance du nombre d'immatriculation par marques de véhicules. Comme généralement, les savoirs inutiles me restent longtemps en tête, je m'étais souvenu que Honda représentait environ 1% du total des immatriculations de voitures (les motos ne comptent pas dans ma théorie).

C'est un pourcentage assez faible tout en étant significatif. C'est bien moins que Renault mais bien plus que Rolls Royce. C'était donc idéal pour me bâtir ma théorie farfelue de lutte contre l'angoisse. Toujours est-il que, même si je ne pourrais pas vous en définir la date exacte, je me mis à plonger dans la pensée magique en me disant, lorsque je roulais, que si je voyais une Honda alors ce que je redoutais n'arriverait pas ! 

Aussi fou que cela paraisse, cela a toujours marché. Honda; marque dont je n'ai jamais possédé un seul véhicule, est devenue le lien entre moi, frêle humain et les grandes lois de l'univers qui régissent mon monde comme un marionnettiste le ferait en tirant sur des ficelles ! Certains prien Dieu, et d'autres, un peu barrés comme moi, prient Dieu pour qu'apparaisse au détour de la route, garée quelque part une Honda. Tel un membre d'une de ces tribus reculées des iles Andaman, j'ai moi aussi créé a pensée magique dont le Totem est Honda. 

Et comme la pensée magique n'a pas de limites, j'ai bien sur pondéré les résultats en fonction des modèles que je voyais, le fin du fin étant d'apercevoir une Honda Civic de quatrième génération (1987-1991). Si je vois l'un de ces modèles, alors Dieu est avec moi avec tous les saints et l'angoisse me quitte instantanément. Je remercie d'ailleurs tous les collectionneurs de la marque japonaise de garder ces modèles en bon état tandis que je voue aux gémonies tous ces pise-froids d'écologistes de vouloir interdire ces merveilleuses voitures !

Bien sur, certains modèles me semblant moins intéressants dans le cadre de ma pensée magique, il m'arrive de demander une confirmation. Par exemple, imaginons que je sois anxieux pour une raison quelconque. Si je croise une Honda CRV, que je considère comme moins prophétique qu'une Civic, j'aurais tendance à demander confirmation. Et si d'aventure sur mon chemin, je croise une Jazz ou une Accord, ces modèles me serviront de confirmation.


Mais attention, soucieux de ne pas tomber dans l'excès de pensée magique qui me conduirait au trouble obsessionnel compulsif, j'ai conclu un contrat par lequel si je voyais une Civic, ou deux autres modèles de Honda, je m'interdisais d'en chercher d'autres sur ma route. Car je verrais alors dans cette démarche une sorte de manque de confiance, voire de défiance, envers Dieu qui a si gentiment mis ces voitures sur ma route afin d'apaiser mon angoisse. Bref, une Civic c'est génial, deux modèles quelconque de Honda, c'est super, mais en chercher une troisième serait risquer le choc en retour ! 

Que voulez-vous, aussi bancale soit-elle, et je ne l'ignore pas, la thérapie de l'anxiété par les Honda reste une discipline exigeante disposant de règles strictes ! On ne fait pas n'importe quoi. Ainsi de même que j'exige une marque et certains modèles, j'inclus aussi un facteur temps ou plutôt un facteur kilométrique. Parce que je sais que si je fais beaucoup de kilomètres, je croiserai forcément une Honda garée ou sur la route, j'exige pour que ma théorie fonctionne, de les croiser sur un laps de temps limité, c'est à dire un kilométrage défini.

Ainsi, si je vais à Paris, je scinde mon périple en trois parties : de chez moi à la N20, la N20 et l'entrée dans Paris jusqu'à mon cabinet. Pour que ma théorie marche il faut que je voie une Honda sur l'un des trois tronçons et non sur la totalité des trois. C'est compliqué mais c'est un coup à prendre. Et même si je sais que c'est totalement débile, j'ai décidé que cela marchait et me faisait du bien. Et ça défonce moins que le Lexomil !

D'ailleurs, j'ai si bien intégré cette conduite de rassurance dans ma vie, que mon épouse est au courant. Bon, mon épouse n'est pas du genre à s'alarmer pour si peu. Elle supporte déjà mes lubies, elle admet donc que dans ma vie, voir une Honda puisse avoir de l'importance : c'est mieux que de trainer au bistro ! Ainsi, quand elle me sait tendu par une situation quelconque, je peux lui dire d'un ton détaché : ça va bien se passer, j'ai vu une Honda, sans qu'elle ne se demande si je ne suis pas fou.  Je suppose qu'elle se serait ennuyée avec quelqu'un d'un peu plus dans la norme que moi. Sachant que je suis structuré, elle s'en fiche que dans ma tête je pratique parfois des acrobaties aériennes, je finis toujours par atterrir !

Voici quelques années, tandis que nous discutions d'anxiété avec l'un de mes patients exerçant la profession de médecin, ce dernier me demanda comment lutter contre ces accès de panique. Bien sur, très doctement, j'ai expliqué quelles thérapies de TCC on pouvait entreprendre. J'ai toutefois été sans illusion sur le fait qu'elles puissent calmer quelqu'un ayant commencé à angoisser. Démarrer une crise d'angoisse, c'est comme dévaler un toboggan. Pas moyen de redescendre, il va falloir arriver tout en bas sans trop de dégâts.

J'ai donc dit à ce patient médecin que pour mon cas personnel, j'employais la théorie Honda, parce que la pensée magique, bien qu'on y accorde qu'une confiance limitée, faisait du bien. Si l'on était toujours rationnels, on finirait tous comme Laurent Alexandre à ratiociner sur l'Intelligence Artificielle, avec des thories pénibles sur le transhumanisme, persuadés qu'on connait tout du futur ! Fort heureusement, pour les esprits simples comme le mien, il reste la magie ! L'existence de cette pensée magique est d'ailleurs le hiatus qui fait que l'IA ne supplantera jamais l'homme.

Bien que connaissant fort bien ce patient, je m'attendais un peu à ce qu'il rigole de mes divagations magico-thérapeutiques, mais pas du tout ! Il me regarda en me demandant si c'était vrai. L'assurant que je pratiquais assidument la thérapie de l'angoisse par les Honda, mon patient m'affirma qu'il faisait de même mais avec une autre marque ! Je lui lançai alors : Volvo ? Et il me demanda comment j'avais deviné.Simplement, parce que connaissant à peu près les pourcentages d'immatriculation, j'imaginais que Volvo était suffisamment rare tout en étant suffisamment présente comme marque pour représenter un bel objet contraphobique pour lutter contre l'anxiété.


Alors que déduire de tout cela ? Que je suis fou ? Certainement pas. Je peux parfois me trouver bizarre mais certainement pas fou. Vous ne trouverez personne de plus carré que moi. Né vieux et sous le signe du capricorne, je suis taillé pour être ultra-rationnel. 

Déduisez en simplement que tout un chacun a ses "trucs" pour affronter l'avenir sreinement. Parfois, les conduites de réassurance, puisque c'est ainsi qu'on les appelle, sont un peu bancales. Mais on s'ne fout, du moment qu'elles ne deviennent pas obsessionnelles et améliorent votre confort de vie, adoptez les et gardez les. 

Méfiez vous des psys ou autres personnes, quelles qu'elles soient, qui se moqueraient de vous en arguant de l'irrationnalité de votre démarche. Vous savez que c'est irrationnel or l'être humain, n'étant pas une machine, a une rationalité limitée. C'est la subjectivité humaine, ce qui fait de nous des êtres humains et non des machines.

Alors à tous ceux qui m'ayant lu, s'avouent en ce moment, qu'ils font parfois ou pensent parfois à des trucs étranges, pour se rassurer, prenez les choses du bon côté. Si ça vous fait du bien, c'est l'important !


03 décembre, 2018

Désolé !

Je me suis aperçu que la publication de mon article "Carnets de guerre" était ratée. C'est la faute de Word qui m'avait collé le texte en jaune pâle alors que j'écris en noir. Pourquoi ? Je n'en sais rien.Sans doute parce que Word n'en fait qu'à sa tête. Je l'ai donc modifié pour le republier. Pour la peine, voici un joli marcassin politisé ! 





Et si vous êtes sages, je vous promets un superbe article sur une méthode loufoque pour traiter les troubles anxieux généralisés. Je suis persuadé que Science ou Nature, se seraient arrachés mon article en me couvrant d'or mais je m'en fous. Je ne publie que chez moi !

23 novembre, 2018

Coiffeur de star !




Je ne sais plus qui me l'a envoyé ? Ah si, je m'en souviens, c'était sa voisine de palier que j'avais eue comme patiente l'année précédente. Une petite bonne femme de vingt-cinq ans très rigolote et très sympathique. La pauvre, venue à Paris depuis peu s'était vite confrontée au réel et ses rêves de gloire s'étaient écroulés. Alors aussitôt dit, aussitôt fait, je lui avais dit que plutôt que de psychologiser des heures, le socle d'une vie réussie c'était d'abord de trouver une forme de stabilité. Après elle pourrait se remettre à rêver si l'envie la reprenait.


Elle avait donc trouvé un travail plutôt intéressant et pas si mal payé mais bien loin de ces désirs d'autres fois et par la suite, un petit appartement refait à neuf pour un loyer très correct. Comme j'ai souvent du le dire, le réseau iil n'y a que ça. Et quand ça ne marche pas, il y a le réseau du réseau. Bref, une fois installée dans la vie avec CDI et logement, tout était allé pour le mieux. La petite, satisfaite de mes prestations m'avait envoyé deux ou trois personnes dont ce jeune homme.

Il a pris rendez vous et que je l'ai reçu un jeudi. Je m'en souviens j'avais eu une annulation et il a pris ce créneau immédiatement. J'ai songé que c'était quelqu'un qui se décidait vite. Il était passé juste après un patient exerçant le joli métier de commissaire aux comptes.

Quand j'ai ouvert la porte, j'ai tout de suite vu qu'il n'était pas commissaire aux comptes mais qu'il avait une profession comment dire un peu "artistique". C'était un petit gars, mince voire menu, affublé d'une moustache en guidon de vélo magnifique ! Sa manière de me saluer, son déhanchement et le ton de sa voix m'ont permis immédiatement de voir qu'il n'était pas fort des halles pas plus que salarié dans le secteur de la machine-outils. Je suis très fort en lecture froide, un vrai mentaliste !

Effectivement, il était coiffeur. Mais attention pas n'importe lequel. D'abord, il m'a parlé de sa drôle de vie qui n'avait pas toujours été si drôle que cela. On aura beau dire et faire, l'homosexualité se vit mieux dans le Marais à Paris ou au Castro à San Francisco, que dans un gros bourg de Haute Marne au milieu des champs. Il avait donc morflé. Et plus encore mais là, impossible de le révéler.

Toujours est-il qu'il m'a raconté ses malheurs durant cette première séance et qu'on a bien accrochés lui et moi. Alors que tout semblaient nous opposer, mon format et le sien, mon coté bourrin et son maniérisme, on s'est immédiatement bien entendus. Ca parait bête mais moi j'aime bien les gens qui font coïncider leurs paroles et leurs actes. Et c'était son cas. Car, derrière le petit coiffeur maniéré se dissimulait un type déterminé qui aurait pu en remontrer à bien des brutes côté courage. Il se révélait ambitieux et il avait les moyens de ses ambitions.

Je crois que je lui ai d'ailleurs dit lors de cette première séance. Il était assez angoissé et je lui ai dit qu'il était impressionnant. Et quand il m'a demandé pourquoi, je lui ai franchement répondu que sous ses airs maniérés, se dissimulait un petit gars avec une énorme paire de testicules. Ce n'était pas de la drague mais évidemment un compliment sincère. Il l'a pris comme tel et en a été très touché.

Finalement l'énorme problème pour lequel il venait me voir n'était compliqué à traiter. On a du le faire en deux ou trois séances. Puis, il m'a gardé comme une sorte de coach. Parce que j'ai toujours été persuadé que ce type, s'il menait convenablement sa carrière, aurait son salon à trente cinq ans et serait connu.

Autrant vous dire, mais vous vous en doutiez, que je me tape complètement de la coiffure. Et bien figurez-vous que ce petit gars m'a bluffé. Il était tellement geek et passionné par son métier qu'il a réussi à m'y intéresser. Je connais maintenant pas al de chose et si une patiente se pointe avec un balayage; je sais immédiatement si c'est un bon ou un mauvais qui lui a fait.

Bref (je dis souvent bref), ce petit gars a non seulement réussi à me toucher mais à m'intéresser à son métier d'une manière sincère. Je l'ai trouvé bon mais pas juste bon. Ce type est juste fait pour la coiffure et pour rien d'autre. Vous lui filez une touffe de cheveux emmêlée et il vous en sort un truc génial. C'est bluffant. Car si l'on pense que la coiffure c'est juste prendre une paire de ciseaux et couper en égalisant bien, après l'avoir connu, on se dit que la coiffure pourrait être une forme d'art.

Tant et si bien que j'ai voulu le mettre à l'épreuve. Ce qui tombait bien puisque le salon mondialement connu où il travaille ne le paye ps si bien que cela. Eh oui, à Paris la vie est chère. Saint Louis, le saint patron des coiffeurs devait veiller sur lui puisqu'à la même époque, je recevais Peggy.

Peggy, c'était une jeune femme très brillante revenant de loin. J'avais eu sa mère comme patiente qui me l'avait adressée. Ma mission c'était de faire en sorte que cette chère Peggy mette tout en oeuvre pour trouver enfin l'amour et faire des petits. Parce que si la réussite professionnelle était au rendez-vous pour Peggy, sa vie affective n'était qu'un grand désert.

J'avais pris les choses en mains. La mission n'était pas compliquée. Elle était grande, avait de 'allure et un très joli visage. Quelques kilos en moins, un relookage et une coupe de cheveux digne de cela auraient raison de son manque de confiance ; j'en étais sur. Ca avait plutôt bien marché. Le poids, elle l'avait perdu, près de trente kilos sans vraiment souffrir. Le look s'était amélioré parce qu'il est plus facile de s'habiller quand on se plait que lorsque l'on chercher à se dissimuler. Restait la coiffure.

Je lui en parlais régulièrement.Jusqu'à ce qu'un jour le petit coiffeur ait rendez vous juste après elle. J'ai prévenu Peggy que je recevais un as de la coiffure. Ce soir là, elle m'expliqua qu'elle était fatiguée et ne souhaitait pas parler de sa féminité. J'opinais en feignant de la comprendre.

Ceci dit quand mon petit coiffeur se pointa, je les présentai l'un à l'autre. S'il fallait attendre le bon vouloir des patients pour faire leur bien, je serais mort ! Et là, quelle leçon ! Etant du même âge, le coiffeur l'a tutoyé et en cinq minutes a tout deviné de l'infâme traitement qu'elle réservait à se chevelure. En quelques mots il lui a expliqué ce qu'il lui fallait et lui a proposé de venir à domicile la coiffer. Moi, en totale confiance j'ai rajouté que si cela ne lui plaisait pas, je remboursais la coupe. Il faut savoir s'engager et parier. Elle accepta !

La semaine suivante, j'attendais Peggy fébrilement, je savais que mon petit coiffeur était passé la veille la coiffer. Même si je lui faisais une totale confiance, il va sans dire que j'étais un peu anxieux. Mais lorsque je lui ouvrir, je ne pus retenir un cri de surprise du type "wooow" assorti d'un "putain" pas très élégant. Elle était métamorphosée ! C'était incroyable. Elle en était elle même ravie !

Et bien croyez le ou non, trois semaines après, elle rencontrait un mec avec qui elle est depuis quelques mois. Ca semble sérieux et ça me ravit vu que l'essentiel de mon job, c'est de rendre les gens heureux.

Évidemment, depuis il a coiffé une autre de mes patientes, toute aussi heureuse du résultalt. Quant à lui, cela lui permet de se faire sa clientèle ! Quant à moi, je suis ravi parce que j'aime bien prendre en compte la totalité d'un chantier qu'on me confie. Et s'il faut en passer par la coiffure, qu'à cela ne tienne.

Récemment, mon petit coiffeur passait après une de mes comtesses. J'ai un nombre non négligeable d'aristos-cathos dans ma clientèle dont cinq comtesses (titres de courtoisie). Cette comtesse là, est une grande brune fine et ayant belle allure/ Mais ses cheveux ! Quel désastre. Combien de fois lui ai je dit qu'être coiffée comme Morticia n'était pas la meilleure stratégie pour trouver l'amour. Mais rien n'y fait.


Cette fois dernière, coup de bol, je recevais mon petit coiffeur juste derrière elle. Elle avait accepté de mauvaise grâce d'avoir un avis professionnel. Moi je trouvais qu'elle avait les cheveux trop longs. Mais bon, je ne suis pas un figaro !

Voici que mon petit coiffeur de stars entre en scène. Je fais les présentations. Il commente techniquement la coupe de cheveux. Il m'explique que la longueur est bonne mais que c'est un problème de brushing. Moi, debout derrière lui, je ne moufte pas, j'apprends, je suis l'apprenti coiffeur. Il va alors se laver les mains et s'enquiert d'une brosse. Heureusement ma patiente en a une dans son sac. Il lui met alors la main dans les cheveux, les remue, fait je ne sais quoi, puis, se saisissant de la brosse lui intime de ne pas bouger. Et là, le miracle s'accomplit, la sage grande brune devient d'une seul coup une femme sexy ; moi je suis sur le cul. Ben oui c'est un métier. Et il le maitrise à la perfection. Et encore je vous passe le dialogue plutôt rigolo entre ma patiente et lui.

Ma patiente court devant un miroir se contempler et n'en revient pas. Elle est presque gênée de voir son potentiel érotique ainsi révélé mais cela lui déplait pas. Mon petit coiffeur lui explique alors comment faire son brushing et lui donne sa carte au cas ou. Une heure après, je recevrai un SMS dans lequel elle me dit  il est vraiment très doué.

Alors pourquoi parler de coiffure me direz vous ? Simplement parce que parfois un nouveau départ dans la vie c'est simplement une nouvelle coupe de cheveux. Et que sincèrement, en deux coups de brosse mon petit coiffeur a réussi là où je ramais depuis des mois. C'est une belle leçon d'humilité qui remet le psy et la psychologie à leurs justes places !

Les bons coiffeurs sont mes meilleurs concurrents !

18 novembre, 2018

Carnets de guerre !


Parce que tout le monde en parlait, la presse, les gens et mes patients, hier samedi, j'ai voulu voir de mes yeux ce que pouvait être le mouvement des gilets jaunes à Paris. Alors avec quelques comparses, Eddy, l'Antillais, Bag et le Pilote, nous y sommes allés. Ca me rappelait ce que le philosophe alain avait dit quand il s'était engagé à l'âge de 47 ans pour faire 14/18. Certes, ce n'était plus de son âge mais il ne se voyait pas vivre de loin ce que ses élèves auraient enduré. C'eut ét mauvais pour un philosophe.

Nous nous étions donné rendez-vous dans un coin cale pour déjeuner avant de "monter au front". Parce que, aussi stupide que cela semble, c'est l'impression que l'on avait. Ici à l'arrière, assis en terrasse chauffée, on était au calme. Et si ce n'était la présence éparse de quelques Gilets jaunes (GJ) dans la rue, on se serait cru comme n'importe quel samedi de n'importe quelle année. Ça nous a rappelé quelques pages de Céline, dans Voyage au bout de la nuit, quand en convalescence à Paris, il s'aperçoit qu'on dine toujours au restaurant et que des spectacles y sont proposés alors que lui et ses copains se font défoncer au front sous la mitraille et les obus.

Comme on papotait librement, un macroniste s'est immiscé dans notre conversation en nous rappelant que Macron avait été élu démocratiquement et qu'il fallait respecter les institutions. Le mec avait une trentaine d'années et des épaules de serpent et venait nous faire la la leçon. Bag qui est plus sanguin que moi lui aurait bien dit d'aller se faire enculer mais moi j'ai privilégié le dialogue. Ça n'a servi à rien puisque le mec était un adepte des tables rondes et des négociations. Alors que parfois, même si je n'aime pas ça, faut juste rentrer dans la gueule des gens qui vous emmerdent. Bref on était là comme de gros planqués sauf qu'on n'a pas pris de cafés parce que pour monter en ligne, mieux vaut avoir une vessie vide.

Et puis on a pris le métro et rejoint la ligne 1, celle qui traverse Paris d'ouest en est. Et là, les annonces ont commencé : la RATP diffusait un message avertissant que certaines stations étaient fermées en raison des événements. On devait donc descendre à la station Palais Royal et continuer à pied. Dans la rame, la présence de GJ était plus importante. Nous étions en civil, c'est à dire que nous n'avions pas revêtus de gilets jaunes. A ma décharge, je possède quatre voiture mais un seul gilet et Dieu seul sait dans laquelle il git, roulé en boule dans le coffre.

A peine débarqués, nous avons remonté la rue de Rivoli, totalement déserte si ce n'est quelques groupes épars qui allaient à la manifestation. La circulation ayant été coupée, aucune voiture ! L'ambiance commençait à changer. On sentait que l'on se rapprochait du front. Arrivés proches de la Concorde, tout au bout, nous nous sommes heurtés à un dispositif de CRS plutôt énervés. Dieu seul sait ce qu'ils avaient affronté. Toujours est-il que même si j'aurais adoré discuter avec eux et leur demander leur sentiment sur ce qui se passait, je n'ai pas osé le faire. Courageux mais guère téméraire, j'ai préféré, avec mes camarades, observer que de prendre des coups de matraques.

Là, on sentait déjà qu'on n'était pas loin. Entre les CRS en robocop et les déflagrations des grenades qui se faisaient entendre, on sentait qu'on était proche du front. On a donc décidé d'obliquer rue Saint Florentin, à droite pour rejoindre la rue Saint Honoré. Tout au bout, un dispositif, cette fois-ci de gendarmes bloquait l'accès à la rue Royale. Les gendarmes étaient plus cools. On a pu plaisanter avec eux. Ils n'étaient pas agressifs. D'ailleurs les GJ qui nous entouraient ne l'étaient pas non plus. Tout le monde leur demandait ce qu'ils pensaient de Macron et bien sur aucun n'a répondu. On s'en doutait mais ça nous a fait rigoler de voir des demi-sourires sur leurs visages. M'est avis que même si c'est leur job, ça ne les enchantait pas trop d'être là face à des gens plutôt pacifiques. Moi j'ai pas souvent l'occasion de discuter avec des gendarmes, même si j'en ai eu deux dans ma clientèle, alors ça me plaisait bien de pouvoir papoter avec eux. Mais bon, c'était pas vraiment le moment pour ça.

Alors on a rebroussé chemin rue Saint Honoré et on a obliqué à droite rue Duphot pour rejoindre la place de la Madeleine, vu que les bruits de déflagrations venaient de là. En remontant cette rue, on a pris la mesure de la violence des événements qui s'y déroulait. En sens inverse, descendaient des groupes épars de GJ, toussant, crachant, les yeux rougis par les lacrymogènes. On avait l'impression de monter en ligne remplacer les copains qui en revenaient. A un moment, avisant un groupe de GJ semblant particulièrement éprouvés, j'ai dit à Bag : regarde c'est tout ce qui reste du 172e RI ! Ils sont montés à huit-cents et il n'y a que cinquante rescapés.

C'était assez apocalyptique même si je sais que mes comparaisons avec la grande guerre sont outrées. C'est certain que c'était plus tranquille rue Duphot un samedi de novembre 2018 que Verdun en 2016. N'empêche que pour des gens, comme moi et mes amis, habitués à vivre en temps de paix, la fumée que l'on apercevait, montant derrière les immeubles, les déflagrations et ces gens gazés qui refluaient avaient un côté "guerre" indéniable. On est enfin arrivés à l'angle de la rue Duphot et du boulevard des Capucines. Et là, il y avait quelques centaines de GJ plutôt déterminés. Comme on n'était pas là pour juste observer, on est allés sur la place au contact avec les CRS. Il ne s'agissait pas de leur envoyer un quelconque projectile mais simplement de gueuler "Macron démission" a cinquante mètres d'eux. A un moment donné, j'ai dit à mes potes de reculer parce que je pressentais que les CRS allaient charger. C'est marrant, comme je sens ces trucs-là.

Et ça n'a pas raté, après une volée de grenades assourdissantes et lacrymogènes, les CRS ont chargé et les GJ se sont repliés en désordres. Heureusement que j'ai de la masse parce que sinon j'aurais pu être écrasé. J'ai fait comme les autres, j'ai mis mon surpoids en route et j'ai vite rappliqué à l'arrière, rue Duphot ou c'était calme. Bag ayant eu la bonne idée de prendre du sérum physiologique, on s'en est foutu dans les yeux parce qu'on en avait pris plein la gueule. Mais bon, c'était marrant comme tout. A ce moment, le fond de ma pensée, c'était qu'un peuple trop calme ne produit rien mais qu'il suffit de petites choses comme ça pour sentir naitre en soi des appétences pour la conquête. Se faire charger par les CRS et en prendre plein la tronche, ça remet les pendules à l'heure, ça permet de renouer avec sa virilité et ça canalise vite sa sensibilité. C'est ce qu'aurait dû proposer Jung à propos de l'Anima ! Elle est vite domptée l'Anima au contact de la violence. Ce n'est plus le moment de faire sa danseuse et de chouiner. Il en faut peu pour se sentir vivant. Les CRS sont de bons psys sans le savoir.


Quand nous étions en retrait, à l'abri des CRS, c'était sympa, on sentait une vraie camaraderie, comme dans les tranchées où l'instituteur jouait à la manille avec l'ouvrier agricole. C'était d'ailleurs ce qu'il y avait de plus drôle : cette mixité sociale ! Ce que tous les programmes d'inspiration socialiste n'ont jamais fait, Macron l'a fait ! A force d'être haï et détesté de tous, il a réussi à coller tous les français dans la rue. Et j'ai vu ce jour, l'aristo et le prolo fraterniser sur l'autel de la guerre à la fiscalité confiscatoire. En gros, c'était : bande d'enculés, si vous pensez que les bleus et leurs grenades vont nous faire reculer, vous vous gourez. Debout les morts ! Ils ne passeront pas. Bref, on est tous remontés au combat place de la Madeleine, histoire d'agacer les bleus et de savoir si on ne pourrait pas se faufiler vers L’Élysée ! Si j'avais pu y rentrer j'aurais été bien con parce que d'une part, Macron n'y était pas et que d'autre part, j'ai trop de respect pour le patrimoine pour le saccager. Mais bon, on aurait pu faire de supers photos pour les souvenirs. En plus, bien que je l'estime parfois nécessaire, la violence c'est pas mon truc. Ça part trop vite en couille !

De nouveau, les bleus qui connaissent leur boulot de maintien de l'ordre nous ont fait dégager à coups de grenades et on s'est repliés une fois encore. Mais qu'est-ce que c'était sympa de pouvoir continuer à gueuler "Macron démission" à gorge déployée. Je ne sais pas combien on était mais ça faisait du bruit et c'était chouette.  Le pauvre mec dans mon genre a de petits plaisirs parfois. A l'arrière, on a pu papoter. J'ai vu une femme très bien se plaindre d'avoir été gazée. La pauvre s'attendait à ce qu'elle soit entendue. Je lui ai dit que les CRS envoyait rarement des chocolats et que le maintien de l'ordre était à ce prix. Maintenant, soit on tenait, soit on repartait la queue entre les jambes. Mon pote le Pilote gueulait à la foule de tenir le carrefour pour qu'on ne soit pas encerclés. Et cet ancien militaire avait raison. Les flics sont malins et voulaient nous prendre dans une nasse. Finalement, on est retournés au contact et on s'en est repris plein la gueule mais on a tenu. Et le bourgeois a retenu la leçon : tant qu'il paye en fermant sa gueule tout va bien. Mais qu'il demande des comptes et on lui balance des grenades. Non camarade bourgeois, l'élu n'est pas ton ami, juste un type qui te trahira et fera tout pour garder ses prébendes.

Pas très loin j'ai vu un mec se faire crever un œil par un éclat de grenade. N'étant pas équipé et peu soucieux de perdre la vue, j'ai décidé de quitter la scène et de me replier. Parce que la guéguerre, c'est rigolo mais encore faut-il avoir prévu des lunettes de plongée, des gants et un masque à gaz. Nous étions venus en touristes et là, on sentait que ça se professionnalisait. Ça se crispait de part et d'autre. Les GJ étaient chauds comme la braise et allumaient des feux sur le boulevard des Capucines et de l'autre côté, on sentait la tension monter chez les bleus. Nous, on s'est dit qu'à notre grand âge c'était déjà bien sympa d'avoir été trois fois au contact. On avait fait de belles photos de nous devant le paysage apocalyptique de la Madeleine noyée dans les brumes des lacrymogènes et on avait fait le plein de souvenirs, le moment était venu de partir. On venait de vivre un moment historique et on pourrait dire qu'on avait "un peu" participé. Mon pote le Pilote a décidé de continuer le combat et a entrainé l'Antillais à sa suite. Il était sur de pouvoir rejoindre la rue Tronchet et de là, pouvoir passer aux Champs Élysées. Il a d'ailleurs réussi puisque le soir même il m'a envoyé de superbes vidéos sur What'sapp.

Nous, estimant qu'on avait fait œuvre utile mais que le moment était venu de plier les gaules, on s'est replié place du Marché Saint Honoré pour boire un coup en terrasse, de loin l’activité de loisir que l'on maitrise le mieux. On a discuté des deux heures que l'on venait de passer. Certes nous étions d'accord pour convenir que Macron était un pitre mais on n'imaginait pas qu'il le soit à ce point pour ne pas sentir que ce qui se passait allait au-delà d'une simple protestation. J'en ai profité pour faire une incursion en psychopathologie en expliquant que bien souvent les personnalités narcissiques finissaient mal parce que toute tentative de remise en cause en vue de négocier était une blessure atroce à leur narcissisme fragile. J'ai alors imaginé qu'entre lui et son gouvernement d'incapables, ça n'allait pas s'arranger.

Il faut vous dire, qu'étant né en 1967, j'ai eu l'habitude de voir des politiques, qui s'ils n'étaient pas au-dessus de tout soupçons avaient au moins le mérite d'avoir connu la guerre, certains s'y étant illustrés. Alors, RPR ou cocos, ils savaient identifier la violence et redouter l'embrasement. On s'est demandé ce qu'on ferait à la place de notre juvénile président. On a tous été d'accord qu'il fallait reculer parce que les événements étaient graves et ne pouvaient que s'envenimer. C'est un peu ce que j'avais retenu de ces deux heures passées à la Madeleine. Les gens étaient exaspérés et prêts à tout. Et pour une fois, ce n'était pas les manifestants professionnels qui étaient dans la rue, ceux que leur centrale syndicale fait rentrer dans le rang après les négociations, mais le peuple, la classe moyenne.

Et là, j'ai eu l'impression qu'être face aux CRS leur avait ôté les écailles des yeux. Ils comprenaient que les élus n'étaient plus leurs représentants mais une caste se goinfrant sur leurs dos bien à l'abri derrière les flics et les gendarmes. Enfin, j'avais noté que des gens à priori bien pacifiques étaient en train de prendre goût au sang et que cette manifestation ne serait pas la dernière. Si en 14-18, on a pu en quelques mois transformer des clercs de notaires et des ouvriers agricoles en "assassins" professionnels, je ne vois pas pourquoi il n'en serait pas de même aujourd'hui. J'ai maudit intérieurement ce gouvernement d'incapables pour son manque de discernement.

Ce que j'ai dit à mes amis, c'est qu'à la place de notre Président, le soir même j'aurais fait une allocution du type "je vous ai compris". Sans se renier trop, ni trop baisser son pantalon, il aurait suffi de dire qu'il avait voulu aller trop vite et n'avait pas pris la mesure des souffrances du peuple et ça passait. On baissait le prix de l'essence et on filait une prime qu'on finançait comme on pouvait et les fourches se seraient baissées. Hélas, Macron n'est pas un grand politique formé au combat mais un petit intrigant initié aux complots de cabinets. Il ne le fera pas. Il restera muré dans son mutisme et son narcissisme. Et puis, il n'a ni le physique, ni le passé pour jouer au père de la nation. Parce que qu'on le veuille ou non, et même si c'est une injure au chef de l'état :

Macron n'est qu'un petit con !

11 novembre, 2018

Il y a cent ans !

Voici cent ans, la terrible guerre de 14-18 prenait fin. Comme mes lecteurs habituels le savent, j'ai beaucoup lu sur ce conflit. D'une part parce que mes grands parents l'ont faite et ensuite parce qu'elle marque la transition entre une époque à laquelle j'aurais aimé vivre, la Belle époque, et ce monde moderne dominé par les USA que j'exècre. Ce n'est pas de ma faute si je préfère la compagnie de Proust, Huysmans et Fournier que celle de Steve Job ou de Microsoft. J'ai simplement du goût. Le marquis de Dion et son mécanicien Bouton ont plus de charme qu'Elon Musk et sa saloperie de Tesla.



Et puis la Grande guerre est arrivée et l'Europe s'est suicidée. Tout cela avec le jeu débiles des alliances et l'acte stupide de Gavrilo PrinciUn débile flingue un archiduc en costume d'opérette et zou, tout fout le camp. Cinq ans après, c'est la désolation. On comptera des millions de morts, d'estropiés, de veuves et d'orphelins. La France est morte en 14-18 et avec ele une kyrielle de jeunes écrivains et artistes. 



Voici quelques temps je vous avais expliqué qu'un jeune patient 'avait demandé ce qui avait le plus changé entre mon époque et la sienne. J'avais alors parlé de l'argent. Le gros argent étalé et un peu sale a effectivement changé les choses. Du moins il me semble. 

Ce qui a changé aussi, c'est que je suis la dernière génération à avoir connu des héros, anonymes ou pas. Actuellement, dans n'importe quelle série américaine, on croise un personnage ténébreux, un peu mutique, beau gosse et blasé, qui explique qu'il "était à Falloudja" comme s'il revenait de l'enfer. Et là, les gens se taisent face à tant d’héroïsme. Moi ça aurait tendance à me faire rigoler. Falloudja c'est environ 95 morts américains. Pour un pays ayant une tradition militaire comme le notre, Falloudja, reste une escarmouche, un galop d'essai, un heurt entre la coloniale et une tribu rebelle à la fin du XIXème siècle mais certainement pas un haut fait d'armes. Pour quiconque aurait quelques lettres et aurait lu Georges Darien, grand écrivain anarchiste, Falloudja, c'est bien moins terrible que Biribi le terrible bagne militaire installé en Afrique du Nord, ces terribles compagnies de discipline destinées à mater les plus rebelles.

Aujourd'hui qu'en en parle tant, j'ai conscience d'avoir discuté, fréquenté des gens, le plus souvent anonymes qui avaient fait l'histoire. Mobilisés un premier aout de 1914 pour aller faire une guerre qui ne devaient pas durer, ils y sont restés cinq ans pour les plus chanceux, moins pour ceux morts au champ d'honneur ou blessés grièvement.

J'étais jeune et ils étaient déjà vieux. Je me souviens de plusieurs d'entre eux. Mais l'un d'eux a particulièrement retenu mon attention parce qu'il avait un côté fascinant. Aujourd'hui, on dirait qu'il était perché. Et si l'on est psécialiste on dirait que c'était simplement un beau cas, bien réel, de syndrome de stress traumatique. A l'époque on ne comprenait pas, on les prenait pour des simulateurs. Puis on a fini par comprendre que soumis à un stress intense, certains n'avaient jamais repris leurs esprits. Comme on ne savait pas comment les traiter, on s'est contenté soit d'interner les plus atteints. Les autres ? Il se son débrouillés comme ils pouvaient. Ils ont eu de petites vies, de petites joies, des peines immenses et ils sont morts sans qu'on ne comprenne vraiment ce qui leur était arrivé. 

Qu'il s'agisse de soldats traumatisés par une bataille ou d'une mère devenue folle à la mort de tous ses fils, on se contentait de dire d'un air navré : le(la) pauvre, tous ces malheurs ça lui a tapé sur le ciboulot. On les appelait aussi "les malheureux" ou disait d'eux que leur esprit "battait la campagne". C'était à peu près le seul diagnostic fait par les braves gens. Sans doute que les spécialistes avaient un diagnostic plus savant mais comme ils étaient totalement démuni en termes de traitements, ça n'avançait pas les choses.
 
Celui que j'ai bien connu, il s'appelait Roger. Quand il a été mobilisé il était étudiant aux Beaux Arts. Autant vous dire, que muni de pinceaux et de sa palette, il était bien loin des faits d'armes. Mais la République, cette vieille catin, n'en a eu cure et a envoyé tous ses enfants, quels qu'ils soient à la guerre.

Roger avait été l'ami de Georges Braque mais dieu seul sait comment il l'avait connu. Peut-être parce qu'ils étient tous deux des anciens de 14, Braque ayant été très grièvement blessé à la Somme. Il parlait de Braque sans jalousie. Il était content de l'avoir connu comme si l'aura de ce grand peintre rejaillissait ainsi sur lui l'obscur. Il en parlait savamment. Parce que s'il était un peu étrange, en matière d'art, Roger avait un jugement sûr. Roger, n'avait pas eu "la chance" de Georges Braque. On m'avait expliqué qu'il était revenu de la guerre comme ça, uun peu bizarre et qu'il ne s'en était jamais remis. Pris dans les terribles bombardements lors de la bataille du Chemin des Dames ou était-ce de la seconde bataille de la Marne, je ne sais plus, le fait est qu'il avait été blessé mais surtout qu'il avait perdu la tête. Il n'a jamais fini les Beaux Arts mais il était devenu artiste peintre parce que c'était là sa passion.



Il vivait non loin de chez nous. Je ne l'ai jamais vu que juché sur un ridicule petit vélo avec lequel, quel que soit le temps, il allait et venait. C'est même étrange car à l'époque il était âgé et pourtant il allait en vélo. Il émanait de lui une sorte de jeunesse étonnante. De temps à autre, il prenait le train avec son matériel et s'en allait peindre, disparaissant quelques jours sans avertir personne. Il était étrange et lunaire mais d'une grande gentillesse. Déjà très jeune, j'avais conscience qu'il était "paumé" et c'est plus tard que mon père m'avait expliqué qu'il était comme cela depuis la guerre.

Mon grand père par solidarité, parce que lui aussi avait connu la guerre, lui achetait des toiles et lui en commandait. Je crois qu'il a peint la maison familiale par tous les temps. D'où j'écris, j'en ai une en face de moi, peinte par lui. Je ne suis pas sur qu'elle soit d'un grand intérêt artistique. En vous écrivant, je la fixe et je me dis qu'il n'avait peut être pas un talent immense. Mais la toile est jolie, agréable à regarder avec une touche personnelle qui fait que je reconnaitrai toujours une toile de ce vieux Roger. Il avait son style et si je ne suis pas critique d'art,  au moins savait-il peindre, ce qui de nos jours reste incroyable. A la mort de mon grand père, mon père a pris la suite. Il lui a acheté des toiles. Certaines étaient intéressantes d'autres moins. L'important, c'était de ne pas le laisser crever de faim. Et pour vivre, Roger n'avait qu'une maigre pension et pour toutes compétences, son talent de peintre.  Certaines fois Roger s'appliquait, d'autres fois non. Mais même la plus médiocre de ses toiles valait largement la production d'un artiste du dimanche.


Parfois il se murait dans sa solitude, battant la campagne, seul dans ses pensées, et on le croisait arpentant la ville sur son ridicule petit vélo. On n'avait pas de nouvelles et personne ne s'inquiétait parce que malgré tout, Roger, aussi étrange soit-il, revenait toujours à bon port. Parfois, comme un chien errant en manque de caresse, il venait chercher du contact. Dans ce cas, il pouvait passer plusieurs fois par semaine. Il ne restait pas longtemps sauf si mon père l'invitait à diner. Mon père prévenait ma mère qu'il resterait à diner et on rajoutait une assiette. Ce qui n'emballait pas ma mère parce que Roger n'était pas le convive idéal. Il restait quelques minutes avec nous, l'air presque normal, avant de se remettre à battre la campagne et de parler de ce qu'il avait connu mais aussi de peinture. Mon père discutait avec lui et je restais à les écouter.

Parfois, même si j'étais seul, Roger sonnait à la grille. Il se présentait à l'ancienne, jamais par son prénom mais par son nom. Il me disait : ah bonjour Philippe, c'est C., ton père est là ? Je lui disais que mon père n'était pas là et j'allais lui ouvrir la grille. Je le trouvais là tenant son ridicule petit vélo par le guidon. Il me saluait fort courtoisement avant de me répéter trois ou quatre fois "ah ton père n'est pas là, c'est bien dommage". Il prenait alors un air de chien battu que je ne savas pas bien décrypter. Jouait il la comédie dans le but de m'attendrit et de se faire offrir un café ou était il réellement triste.

Dans tous les cas, le sachant fort seul et d'une grande gentillesse, je le faisais rentrer. Je lui faisais alors un café. Il avait des gestes très précis. Il sucrait son café et le buvait à petites gorgées sans parler puis prenait de mes nouvelles et me donnait des siennes. Puis, invariablement il parlait d'art. Je n'ai jamais été passionné par la peinture à laquelle j'ai toujours préféré la sculpture. Mais lui, me fascinait. Il me parlait de peintres célèbres qu'il avait connus sans jamais avoir eu leurs succès. Et plus que ce qu'il me racontait, j'aimais ses extases, cette impression qu'il était branché sur quelque chose, auquel je n'aurais jamais accès. Aujourd'hui, l'impression qui me vient lorsque je me remémore ces souvenirs est la même que j'ai eue lorsque j'ai lu le Grand Meaulnes. Roger lorsqu'il me parlait me faisait pénétrer dans le domaine mystérieux d'Yvonne de Galais.
 
Cela m'amuse d'ailleurs toujours lorsque des patients me disent que je vais les trouver bizarres comme si la bizarrerie allait m'arrêter. A dix/douze ans, je conversais avec un peintre ancien du Chemin des Dames particulièrement perché sans être impressionné, alors croyez moi l'étrangeté ne me fait pas peur.

Roger pouvait à tout moment s'abimer dans sa songerie.Ça  arrivait d'un coup, d’un seul. Il parlait, finissait sa phrase, concluait l'entretien par une sorte de "bah oui, c'est ainsi" et il partait ailleurs.  Comme j'avais aussi mes occupations et que je savais qu'il était inutile de lui parler dans ces moments là, je l'installais dans le bureau de mon père, je lui laissais un paquet de cigarettes, un briquet et un cendrier et j'allais vaquer à mes occupations. Parfois mon père rentrait et le trouvait là pensif. Ils discutaient un peu et mon père chargeait son ridicule petit vélo dans le coffre de sa voiture pour le ramenez chez lui. Peut-être lui glissait-il un petit billet au passage mais cela, je ne l'ai jamais su. Mon père était quelqu'un de bien et n'aurait pas eu l'idée de faire de la publicité pour la charité qu'il faisait. Parfois, Roger sortait de son rêve et déçu que mon père ne soit pas encore là, partait tout seul. Je le raccompagnais alors à la grille et il me rappelait deux ou trois fois de ne pas oublier de dire à mon père qu'il était venu, ce que je ne manquais pas de faire.

Et puis il est mort assez âgé et seul. J'étais encore très jeune. Je ne saurais vous donner la date précise de son décès et plus personne ne se souvient sans doute de lui, si ce n'est votre serviteur en ce jour.  Il avait deux neveux qu'il voyait rarement mais qui étaient là le jour des obsèques. Une petite maison avec un beau terrain dans une jolie ville de banlieue ouest, ça valait tout de même quelque chose.

C'était un drôle de type, un homme âgé et étonnamment jeune à la fois, un peintre sans doute très moyen qui savait pourtant parler de peinture, C'était un de ces héros anonymes de la Grande Guerre dont on commémore le centenaire aujourd'hui. Un jeune type mobilisé comme tant d'autres, abimé par ce carnage et mort oublié de tous.

Aujourd'hui en ce onze novembre deux-mille-dix-huit, je lui dédie ce modeste article.

10 novembre, 2018

La femme qui se prenait pour un Scénic !



L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau est un ouvrage d'Oliver Sacks,neurologue de profession, publié en 1985. C'est un recueil dans lequel l'auteur décrit les affections neurologiques « les plus bizarres » qu'il a rencontrées. Le titre provient du cas d'un homme atteint de prosopagnosie, qui savait reconnaître les objets composés de formes géométriques simples, comme un chapeau mais plus les visages comme dont le sien et celui de sa femme. 

Si ma patiente n'est atteinte d'aucune neuropathe grave, le fait est qu'elle m'a déclaré voici quelques temps que si elle était une voiture, elle serait une Scénic, un modèele Renault assez courant dont l'achat; selon elle; est guidé par l'aspect pratique plus que par le coup de coeur. Peu soucieux de la contrarier, je lui ai dit qu'elle ne manquait pas de qualités et que si elle était une Renault Scénic, elle serait sans aucun doute un modèle haut de gamme doté d'une sellerie cuir et de la climatisation automatique bizone. 

Car il en va du Scénic, comme du Kangoo ! De même qu'il existe un bas de gamme, il existe aussi une version luxe. Dans la gamme Kangoo, c'est le fameux RXE dont je vous ai déjà parlé et dont je suis propriétaire, pour les Scénic, c'est la version Initiale Maris (rien que ça) avec tout un tas de fourbi haut de gamme fourni avec la voiture dont je n'avais même pas idée que cela peut exiser vu que je roule toujours dans de vieilles bagnoles. 

A première vue, je ne retrouve pas ma patiente dans ce véhicule courtaud et un peu pataud vu qu'elle es petite, blonde et menue. Au jeu du portrait chinois, vous savez ce jeu pénible qui consiste à répondre à des questions du genre "et si vous étiez une fleur (ou une bagnole) vous seriez quoi, je l'aurais plutôt perçue comme un petit cabriolet que comme un monospace. Mais bon, elle est libre de se comparer à ce qu'elle veut. Après tout, c'est elle qui le vit !


Personnellement, je n'ai jamais eu l'idée de me comparer à une voiture au jeu du portrait chinois. Mais si je devais être une voiture, je serais ? Qu'est ce que je serais ? Je n'en ai aucune idée. Disons qu'étant plutôt doté d'un volume important, je ne serais pas une voiture de sport, c'est certain. Tenez je me vois bien en antique Volvo 240 break, une bagnole increvable ayant fait les délices de la profession d'antiquaire vu qu'on pouvait y charger une armoire normande sans laisser le hayon ouvert.

D'ailleurs j'adore cette voiture même que parfois, à l'insu de mon épouse qui me croit sur Wikipedia, je regarde les annonces de vente de Volvo 240 sur Le bon coin en rêvant de m'n offrir une. Mais une essence parce que le moteur Man qui équipait les versions diesel semble être une merde sans nom. Oui, vous l'aurez compris, moi qui suis champion de la perte de temps, il a fallu que je lise les forums Volvo afin de tout connaitre d'une voiture que je ne posséderai jamais. Sur le moment, ça me fait rire mais quand j'y réfléchis, je me dis que si j'avais investi tout ce temps perdu à des projets intelligents, je serais sans doute très riche et influent comme Gérald Darmanin ou Bruno Lemaire !


Mais revenons à ma patiente. D'un point de vue objectif, elle est plutôt mignonne mais à la limite, ça on sen fout parce qu'il y en a plein. Enfin, précisons qu'elle est très mal coiffée. C'est d'autant plus rageantpuisque j'ai dans ma clientèle un coiffeur de star qui fait des miracles pour un prix modique quand je lui envoie des patientes. Et croyez moi, il connait son métier. Voici quelques mois, je lui ai envoyé une patiente à qui a il a fait payer soixante euros la coupe au lieu de quatre-cents euros. Si ça c'est pas du social et du piston !

Mais bon, quand j'ai abordé le sujet avec ma patiente qui se prend pour un Scénic, y'a rien eu à faire. Elle m'a objecté qu'elle avait le cheveu fin. Comme si mon coiffeur de star ne triomphait pas du cheveu fin ! Ah cet orgueil de jeune femme diplômée de Sciences-Po qui pense que si l'on n'est pas issu de l'IEP on n'est qu'un bon à rien. Tant pis pour elle ! 

Dans les faits, pourquoi se prend t elle pour une Scénic, cette voiture pratique que personne n'achète sur un coup de coeur mais simplement parce qu'elle correspond à une étape de sa vie, comme le fait d'avoir trois enfants; un chien et des trucs à transporter ?

Simplement parce qu'elle a une mauvaise image d'elle-même et qu'elle connait si peu les hommes qu'elle reste persuadée que, hormis pour les salopes à gros nichons, il n'y a aucun salut à attendre d'eux. Il faut dire que si l'ons e réfère au panorama télévisuel, les femmes que l'on nous montre relèvent plus souvent de la salope aventurière prête à tout plutôt que de la petite blonde de bonne famille brillante.

Car si elle est coiffée comme un dessous de bras, ma patiente est extrêmement brillante. Elle dispose ce qui est rare : l'instinct de finesse. En plus elle pratique l'humour noir et a très mauvais esprit, ce qui constitue un grand intérêt. Hélas, quelle que soit les qualités que je pointe, elle reste persuadée de n'être qu'une Scénic dans un monde où seules les salopes à gros nichons et faible QI prospèrent. 

Ce qui est évidemment faux. Comme il faut de tout pour faire un monde, il faut de tout pour tout le monde.Et je connais un tas de types brillants qui après avoir lancé un regard salace à la salope à gros nichons épouseront pour autant la fille bien. D'abord parce que ce son des gens bien et qu'ils ne se verraient pas amener à la table familiale une gonzesse qui allumerait leur père mais aussi parce que soucieux d'avoir des enfants, ils préféreront tout de même que ces derniers soiet d'eux plutôt que d'un mec rencontré par hasard à la salle de sport avec lequel leur salope à gros nichons aurait fait des galipettes.

Bref le monde étant bien fait, il n'y a pas de Scnéic ou de voitures de sport en matière de femmes. Il y a des femmes bien, qui peuvent être salopes ce qu'il faut mais fidèles et de grosses catins. Et soucieux de ne pas être taxé de sexisme, j'en ai autant à propos des mecs. Il y a de gros toquards mais aussi ds mecs bien qui pour autant ne sont pas forcément des trous du cul vissés devant leur ordinateur.

D'ailleurs un mec comme le Gringeot, mâle parmi les mâles, qui a couché avec plus de femmes qu'il n'y a de cheveux sur la tête de Sébastien Folin, animateur plus connu pour sa luxuriance capillaire que pour sa carrière, ne s'y est pas trompé puisqu'il vit avec une femme bien. Même si je le soupçonne, à raison, de mater de temps à autre, les salopes à gros nichons qu'il croise sur son chemin.






D'ailleurs, ne nous y trompons pas, même les grandes horizontales, comme on appela les demi-mondaines de la Belle époque, n'étaient pas que des catins mais s'étaient efforcées de parfaire leur éducation pour avoir l'air de femme bien. Car sinon, Liane de Pougy, Isabelle Otero ou Émilienne d'Alençon, auraient pratiqué dans des bordels militaires plutôt qu'avec les têtes couronnées de l'époque. Coucher c'est bien, mais avoir une femme avec qui l'on peut partager plein de choses et que l'on peut sortir dans tous les milieux c'est bien aussi. 


Alors, puisque je sais qu'elle me lira, vu que je lui avais dit que je ferais un article sur sa curieuse comparaison, j'enjoins donc à ma chère patiente de cesser tout cela et la prie de se considérer désormais comme quelqu'un de bien. Voilà, ça c'est de la thérapie express. 

Le plus drôle c'est qu'en juillet dernier, alors qu'elle était entre deux emplois, ma patiente est venu au cafing. Ce jour là, sans le savoir elle a fait forte impression. Les gens l'ont trouvée mignonne et extrêmement intelligente. Et ça c'était l'avis du banquier, un mec aussi riche que mon ami Olivier qui a réussi et roule en Ferrari et Le Touffier, un chirurgien vachement intelligent et très riche aussi. Bon, c'est sur que les deux avaient l'âge d'être le père de ma patiente mais n'empêche qu'elle a fait forte impression. Y'a que la coiffure qui n'a pas suscité d'éloge vu qu'elle est mal coiffée. Voilà c'est dit et redit, si elle me flingue mercredi quand je la verrai, je ne l'aurais pas volé !

D'ailleurs puisqu je parle de mon ami Olivier, qui est riche, a réussi et roule en Ferrari, le plus drôle c'est qu'il ne roule pratiquement jamais avec vu que c'est pas une bagnole fiable. Il lui préfère sa BMWqui démarre au quart de tour et ne le laissera pas en rade sur la route. 

Voilà c'est ainsi, on est ce qu'on est. Et c'est un mec qui se compare à une Volvo 240, et ce sans aucun complexe, qui vous l'affirme.

PS : le coiffeur que je connais est vraiment très bien même avec les cheveux fins.

22 octobre, 2018

Me contacter !


On me demande souvent comment me contacter. C'est vrai que si j'étais moins fainéant et plus efficace, j'aurais mis le lien sur la page d'accueil du blog. Donc régulièrement, je redonne mon mail que voici :

pa6712@yahoo.fr

Voilà ! Et une belle photo de marcassin pour la peine !

C'était coment à ton époque ?





Voici  quelques temps, un de mes jeunes patients m'avait demandé : dis-moi, qu'est ce qui a le plus changé entre ton "poque et maintenant ?

Quand j'ai entendu ça; j'ai eu l;'impression d'être un grand-père à qui sont petit fils demanderait "comment c'était avant papy ?" J'ai bien sur eu envie de le traiter de petit con pour lui apprendre à être poli puis je me suis ravisé. Après tout, il est né en 1989 et moi en 1967, soit vingt-deux ans après moi. Bref, j'ai l'âge d'être son père ou presque. 

Je n'ai pas vu le temps passer. Ces vingt dernières années ont filé à la vitesse de l'éclair même si je n'ai rien fait de spécial vu que je fais à peu près toujours la même chose aux mêmes endroits. Mais c'est ainsi. Jusqu'à trente ans, vous grimpez en haut du toboggan. Puis de trente à quarante vous descendez doucement et après quarante, ca s'accélère. Vous vous retrouvez passé les cinquante balais, vous vous retournez sur votre vie et vous vous dites que ça a drôlement été vite. 

Dire que petit, j'attendais Noël ou les vacances qui tardaient toujours à venir et qu'aujourd'hui, je vois le compteur tourner si vite que je me dis qu'il me reste peut-être dix belles années avant d'être un vieillard cacochyme. Bon ce qui me rassure, c'est qu'étant né vieux, l'âge n'a pas vraiment de prise sur moi. Certains regretteront les performances de leurs vingt ans. Moi, même à vingt ans, le mec qui m'avait vu faire du sport commençait à calculer ses points de retraites.

Mais revenons à nos moutons. Qu'est ce qui a changé entre moi né sous De Gaulle et mon jeune patient, né sous le second septennat de Mitterrand ?

Et bien, je vais vous le dire : l'argent ! Quand j'étais jeune, ceux qui étaient allés aux USA, et ils étaient rares, se gargarisaient du fait que là-bas, l'argent n'était pas tabou parce que les gens y auraient été dénués de jalousie. Tandis qu'en France, c'était le contraire. On parlait peu d'argent, on ne se jetait pas son salaire au visage lors d'une conversation parce qu'on était de gros hypocrites.

Moi, j'avais une autre explication. Je trouvais simplement qu'on était mieux éduqués et rien de plus. Et que jeter à la face de quelqu'un ce quon gagnait ou possédait était essentiellement l'apanage des parvenus. Ici; cela ne se faisait pas. 

J'ai par exemple le souvenir d'un café pris en compagnie de ma tante qui sortait de chez Hermès où elle s'était acheté un joli carré de soie. Assis face à elle, j'avais eu la surprise de la voir sortir un minuscule nécessaire à couture d'où elle avait extrait une paire de ciseaux. Et d'une main alerte, elle avait coupé l'étiquette du carré Hermès. Surpris par la manœuvre, j'avais alors demandé :
- Mais que faites-vous donc ma tante ? (Elle et moi, capricornes tous deux, adorions nous vouvoyer)
- Mon cher neveux, je coupe l'étiquette car ceux qui ne savent pas n'ont pas besoin de savoir et ceux qui savent n'ont pas besoin de l'étiquette.

J'avais trouvé la manipulation amusante et intéressante. On se faisait plaisir sans pour autant afficher ostentatoirement la marque de ce que l'on avait acquis. Certains diraient que c'était bien hyporcite et je ne trouve pas. On vivait selon ses moyens sans pour autant écraser ceux qui en avaient moins. C'et du moins ce que j'ai ressenti de cette époque.

De la même manière, en 1979, j'étais parti successivement aux USA, à Boston dans une famille pour un séjour linguistique, puis en aout au Mexique avec mes parents. Aujourd'hui, de telles pérégrinations sont devenues bien plus accessibles. A cette époque, elles ne l'étaient pas. C'était un privilège dont je jouissais et j'en avais conscience. Mon père nous avait sermonné, mon frère et moi afin que nous ne disions rien de tout cela. Selon lui, il ne servait à rien d'étaler, cela ne se faisait pas. Il était inutile de provoquer l'envie et la jalousie. 


J'ai alors rajouté à mon jeune patient qu'il en allait de même pour les voitures. Elles étaient plus discrètes. On achetait plus cher pour acheter mieux. Objectivement une Mercedes était mieux qu'une Peugeot. Je ne suis pas sur qu'il en soit de même aujourd'hui.. A cette époque, le SUV n'auraient pas eu la cote : trop voyants, trop ostentatoires. Tous les Audi Q7, Mercedes GLE et autre BMW X6 auraient été jugés du pire mauvais goût. Je ne suis pas sur qu'on aurait osé assumer le fait de s'asseoir dans ces monstres inutiles auxquels ne anquent que le prix d'acquisition pour être de parfaits outils de parvenus. A cette époque, on aurait appelé cela des voitures de B.O.F. (pour Beurre, Oeufs, Fromage), du surnom des crémiers qui avaient fait fortune dans le marché noir durant la guerre comme les Poissonard (photo illustrant l'article) dans le roman de Jean Dutourd.

C'est finalement ce qui a le plus changé en vingt et quelques années : le rôle de l'argent. Je ne me baignerai pas dans les eaux lénifiantes du "c'était mieux avant" en disant que l'argent n'avait pas son importance. Du moins, on faisait attention à n'en pas faire la mesure de toute chose. De cela je suis sûr.

Et si l'on désirait quelque chose, c'était pour obtenir quelque chose de mieux et non pour calquer son désir sur celui des autres. Aujourd'hui, me semble-t-il, on désire essentiellement ce que les autres désirent. Un peu comme ces crétins qui vont au Costa-Rica et reviennent enchantés en vous expliquant que le pays est couvert de réserves naturelles et qu'ils ont assisté à la ponte des tortues marines. Ces mêmes qui en Europe seraient bien incapables de distinguer une tortue grecque d'une tortue d'Hermann ! Et voilà que pourvu qu'ils soient à dix mille kilomètres de la mère patrie, ils sont pris d'une folle envie de tout connaitre des chéloniens !

Bien sur ma réflexion vaut pour n'importe quel voyage stupide que les gens font. Le tourisme consiste de toute manière à envoyer des gens qui n'ont rien à y faire dans des endroits divers, l'idée étant que plus c'est loin mieux c'est. Le comble de la crétinerie étant atteint par ceux qui trouvent génial d'aller boire des bières sur une plage australienne en faisant un barbecue. De toute manière, mes lecteurs le savent : je déteste les voyages.

Le désir mimétique est devenu roi. Girard avait peut-être raison. Les professionnels du marketing l'ont bien compris. Qu'une personne connue possède quelque chose et voilà que cette chose acquiert un statut particulier qui fera que les autres la voudront. Il n'y a plus de gens de qualité, juste des gens de quantité.

Voici deux ou trois mon filleul Lapinou, ravi de gagner sa vie s'était offert une Rolex. Sans doute que ivre des quelques milliers d'euros qu'il gagnait par mois, il en était venu à confondre son statut de salarié avec celui d'associé de son cabinet. Et aussitôt dit, aussitôt fait, le voici qu'il avait acquis une montre "de riche", une vraie montre "de patron, de possédant". Comme il la portait et qu'il considérait la bien modeste Casio que je portais au poignet (30 € chez Amazon), il m'avait demandé pourquoi je ne portais jamais ma Rolex. Je lui avais alors répondu que la Casio donnait tout aussi bien l'heure et que considérant qu'il venait d'en acquérir une, cela me donnait une bonne raison de ne plus la porter.

Bref, lorsqu'il a affirmé que l'homme diffère des autres animaux en ce qu'il est le plus apte à l'imitation, Aristote ne s'est pas planté. Je n'ai jamais été de gauche et je n'ai rien contre l'argent. Mais quand on en fait la valeur de tout, le monde devient vraiment pourri. Il y a des choses qui ne s'achètent pas.

Un double express avec un Perrier autour d'une table en terrasse entouré de beaux esprits restera sans doute l'activité la plus salutaire et la plus agréable qui soit pour moi.

28 mai, 2018

Guérison miraculeuse !


Dernièrement, mon épouse, avocate de profession, a aidé notre filleul Lapinou le socialiste à faire valoir ses droits auprès de son employeur. Ses conseils ayant valu à Lapinou d’obtenir un franc succès, ce dernier a décidé de nous inviter afin de nous remercier. Certes, c'était essentiellement mon épouse qu'il remerciait mais il n'allait pas la recevoir sans moi. 

C'est ainsi que vendredi soir, nous arrivions chez Drouant, le restaurant où se réunissent les jurys décernant les prix Goncourt et Renaudot. Ne voyant pas le jeune Lapinou et son épouse, je l'appelai sur son portable. 

Et là, quelle ne fut pas ma surprise de constater que mon filleul socialiste, celui qui a voté Hollande, avait réservé un salon privatif à l'étage dans lequel il nous attendait. Après nous être salués, le sommelier arriva et Lapinou, d'un ton n'admettant aucune réplique commanda un champagne assez cher. De toute manière il était hors de question que nous nous gâtions les gencives avec un mauvais champagne de bar à filles !

Je le laissai faire, m'étonnant de retrouver un champion du socialisme, trôner ainsi comme s'il était un habitué des lieux. Je lui rappelai qu'en tant que socialiste, il me semblait qu'il nous recevait dans un endroit était bien luxueux et que nous aurions pu nous contenter d'un Courtepaille et d'un kir comme apéritif ! 

Et là, sans se départir de son air de fils de famille, le voici qu'il me dit qu'il n'est plus socialiste. Je lui demande comment s'est opéré la conversion, s'il a vu la Vierge comme les petits bergers de Fatima ou s'il a subi des électrochocs. Non, me dit-il, maintenant que je gagne bien ma vie, je suis de droite.

J'ai évidemment pris ce qu'il y avait de plus cher à la carte ce qui me convenait bien parce que j'adore le filet de bœuf ! A la fin du repas, Lapinou l'ex-socialiste a réglé l'addition faramineuse sans sourciller. Ceci dit, prétextant ne pas avoir d'espèces sur lui, c'est moi qui ai du lâcher les pourboires au maître d’hôtel et au serveur ! Et hop, cinquante euros qui sont partis en fumée !

Comme quoi le socialiste est plus prompt à partager l'argent des autres que le sien !

99,999% !






Je suis parti dix jours en Corse, d’où mon absence de ce blog. J'ai bricolé, je me suis reposé et j'ai retrouvé la France de mon enfance. Aucun stress !


Avant de partir, je pouvais considérer que j'avais une clientèle sympathique et adorable à 99,99%. De fait, les gens pénibles sont très rares. Les médecins avec qui je collabore me connaissent suffisamment pour m'adresser une clientèle à qui je convienne et qui me convienne. Quant au solde, ils viennent de ce blog, et le moins que l'on puisse dire, c'est que j'y suis suffisamment explicite pour ne recevoir que ceux à qui ma prose correspond. 

Hélas, les process les mieux étudiés et rodés n'en comprennent pas moins des erreurs. C'est ainsi que j'avais reçu voici quelques années, une jeune femme se plaignant de son compagnon. L'ayant reçu, je l'avais trouvé fort bien si ce n'est qu'il travaillait un peu trop et ne laissait pas suffisamment de temps à son couple. Pour le reste, c'était un type sympathique et équilibré jouissant de nombreuses qualités.

Mais, cela n'avait servi à rien. Ma patiente n'en démordait pas : son compagnon ne correspondant pas totalement à ce que promeuvent les magazines féminins elle avait continué à s'en plaindre. Je les avais alors reçus tous les deux.

Il est toujours compliqué de recevoir un couple parce que je dois me montrer neutre et bienveillant envers les deux. Or l’expérience prouve, du moins la mienne, qu'il y en a toujours un que je préfère. Il ne 'agit pas de départager les torts que l'un ou l'autre a, mais simplement que j'ai pu constater qu'il y en a toujours un pour tenter d'arranger les choses tandis que l'autre campe sur ses positions, désireux d'obtenir réparation.

La première fois que je les avais vus tous les deux, ma patiente m'avait vraiment agacé. Tant et si bien, qu'après avoir tout tenté, je lui avais dit que son mec étant plutôt beau, riche, fidèle et désireux d'avoir des enfants, elle pouvait l'abandonner dans mon cabinet si elle n'en pouvait plus et que je me ferais un plaisir de lui trouver une remplaçante dans les deux jours. Elle n'avait pas voulu, m'assurant qu'elle était très amoureuse.Ils s'étaient fait un bisou dans mon cabinet avant de repartir. J'imaginais que l'affaire était réglée. L'idée qu'elle puisse être remplacée avait suffit à calmer son gros caprice.

Non ! Car ils étaient revenus le mois suivant. Cette fois ci, ma patiente se plaignait que son compagnon n'ait pas les mêmes fantasmes qu'elle : son fantasme consistant à aller au sous-sol de la boutique Chantal Thomass, rue Saint Honoré. Elle semblait trouver cela très coquin et semblait émoustillée à cette idée qu'elle avait encore du pêcher dans un article de Mademoizelle. Las, le pauvre conjoint étant doté de nature d'un sexe en état de marche, il ne trouvait pas très excitant d'aller offrir à sa compagne un canard en plastique avec lequel elle se donnerait du plaisir. L'idée d'aller faire ses emplettes rue Saint Honoré n'était pas dans ses projets.

Ce jour là, j'avais été étonné qu'elle lui propose cela dans la mesure où il ne m'avait jamais semblé être du genre à sombrer dans ces "coquineries si convenues". De fait, la proposition n'avait vraiment  pas enthousiasmé le conjoint. J'avais alors du expliquer à ma chère patiente que l'érection n'étant pas automatique, il ne servait à rien d'entrainer son compagnon dans une aventure à laquelle il ne participerait que pour lui faire plaisir mais sans en retirer une once d'excitation. Peut-être serait il bon qu'ils parlent tous les deux de leurs fantasmes, dans la mesure ou elle semblait totalement ignorer ceux du conjoint.

Ce jour là, je m'étais même risqué à deviner le fantasme de son compagnon. Ayant chargé une photo sur mon Iphone, je lui avais montré et il avait souri en me disant que je le connaissais bien. C'est ainsi que j'avais expliqué à ma patiente que, bien que son conjoint et moi, n'ayons jamais parlé de ses fantasmes, je me retrouvais à mieux le connaitre qu'elle, ce qui était un comble ! Le fantasme n'avait d'ailleurs rien de bien compliqué. Avec une jupe, des bas et des talons hauts, on peut faire des merveille. 

De son côté elle n'avait pas apprécié ce fantasme parce que selon, elle c'était une manière d'assujettir les femmes aux désirs des hommes. Je 'étais alors risque à lui expliquer qu'il ne s'agissait pas pour les femmes de tout tolérer des hommes mais que l'érection était chez les sujets cérébraux un mécanisme complexe, il fallait parfois accepter certains jeux. 

De fait ce n'était pas les "jeux" qui la choquait mais le fait que ce fantasme soit si courant, tellement évident. Elle y voyait une permanence de la femme objet, ce qui la rendait folle. Il faut dire que nous étions en pleine époque de "metoo" durant laquelle toutes les actrices balançaient les producteurs et les acteurs. Ces mêmes actrices qui, je vous le rappelle, nous ont émoustillé avec leurs tenues affriolantes lors de la montée des marches du Festival de Cannes.

#balancetatruie

J'avais alors du l'écouter me traiter de phallocrate et de misogyne tout en rajoutant que mon épouse devait être une vraie soumise pour me supporter. Ce à quoi, j'avais répondu qu'à côté de mon épouse, elle n'était qu'un chaton et qu'avoir du caractère n'était pas se comporter en princesse pénible et qu'il était triste à qu'à trente quatre ans elle puisse montrer moins de maturité que certaines gamines de quinze ans. 

Bref, ça avait chié parce que quand tout est bloqué c'est aussi un moyen de débloquer les choses.  mais aussi parce que je n'ai pas envie de me faire insulter par une semi-débile qui ne comprendrait jamais rien au fonctionnement des hommes alors que ces derniers auraient du deviner ses moindres souhaits. De plus si je suis tout à fait capable de dire à une femme qu'elle m'emmerde, fut-ce la mienne, cela ne fait pas de moi un misogyne. Non mais !

Elle était alors partie un peu courroucée, trainant derrière elle son conjoint avec qui je m'entendais si bien au sujet duquel je me demandais combien de temps il allait supporter cette harpie. Cela m'avait rendu un peu triste dans la mesure, ou bien qu'elle soit chieuse et socialiste, je m'étais plutôt bien entendu avec cette patiente lorsque je l'avais aidée professionnellement. 

Nous en étions restés là et je n'avais plus jamais eu de nouvelles jusqu'à ce vendredi onze mai quand j'ai réçu un très gentil SMS de sa part m'expliquant qu'elle avait donné mes coordonnées à son frère. J'avais été un peu interloqué. Dans le SMS suivant, elle m'avait alors présenté des excuses en m'expliquant que si j'étais "un peu" misogyne, elle était très chiante et qu'elle le reconnaissait. Enfin, dans le troisième SMS, elle m'annonçait être enceinte de six mois et me remerciait d'avoir été si direct avec elle.

Ce vendredi, ma clientèle est devenue sympa à 99,999;%. J'ai bien sur félicité les deux futurs parents.