31 juillet, 2007
Origines des troubles bipolaires !
Le principal facteur de risque est donc le risque génétique avec un risque relatif de développer un trouble bipolaire de l’humeur multiplié par 15 chez les sujets ayant un parent du premier degré atteint d’un trouble bipolaire.
Il existe aussi bons nombres d’explications biologiques, trouvant leurs sources des dysfonctionnements de certaines parties du cerveau. Certaines pourraient concourir à l'établissement de la pathologie, tandis que d'autres en sont la résultante : dysfonctions touchant la fonction visuospatiale, le circuit fronto-striatal (coordination œil-main), pertes de neurones dans l’hippocampe, anomalies dans le gyrus cingulaire,anomalie morphologique du cervelet, etc.
Si la dimension génétique et biologique complexe du trouble est clairement établie, il ne faut pas pour autant éliminer le stress en général dont font partie les facteurs psychosociaux en imaginant que l’individu sera atteint d’un trouble bipolaire quelques soient ses conditions d’existence. Il n'y a pas que la médecine qui soit utile, il y a aussi ma profession, et c'est tant mieux.
Il semble ainsi que du fait de cette vulnérabilité génétique, le sujet aurait de ce fait une plus grande fragilité face au stress, l’amenant à développer en réaction le trouble bipolaire. Il y a ainsi souvent un ou des facteurs environnants déclenchant le trouble ; puis, peu à peu, les cycles tendent à devenir autonomes.
Un excès de stress ou des problèmes familiaux ne peuvent donc pas causer cette maladie, mais peuvent « déclencher » un épisode chez les personnes qui sont déjà atteintes. Si tous les épisodes ne peuvent être attribués à un facteur déclencheur, beaucoup peuvent cependant l’être. Les déclencheurs sont des situations qui peuvent provoquer un état maniaque ou dépressif chez une personne qui a déjà traversé un épisode bipolaire. Un stress intense ou une période d’insomnie en sont des exemples.
Certains déclencheurs sont chimiques ; ils comprennent des antidépresseurs qui fonctionnent « trop bien » et provoquent des états maniaques, des médicaments courants comme les stéroïdes (par exemple employés dans le traitement de l’asthme ou de l’arthrite), et les drogues illicites telles la cocaïne, le cananbis et les amphétamines. La notion de stress est donc à prendre au sens large, en tant que facteur bouleversant l’équilibre de l’individu à un moment donné !
En termes de facteurs de risques psychosociaux, on a constaté que deux autres facteurs de risque clairement identifiés sont les changements de responsabilité parentale (orphelins, placements, ruptures familiales) et les abus sexuels dans l’enfance.
Ainsi, contrairement à ce que l'on a longtemps admis, alors qu’on imaginait que le trouble bipolaire intervenait quelque soient les conditions de vie d’un individu, les changements d’humeur dans les troubles bipolaires, peuvent être déclenchés par des stress et des évènements de vie. Ainsi, des études ont montré l'impact des événements de vie et du support social sur le temps de guérison des épisodes et sur le délai entre les rechutes.
D'autre part, des travaux tentent d’évaluer l'influence des facteurs psychosociaux, des processus cognitifs ou des facteurs de personnalité sur le début et l'évolution de certaines formes de troubles bipolaires. Ainsi, on a noté que certains sujets présentant un trouble cyclothymique, c'est-à-dire, une alternance de fluctuations de l'humeur modérée, courent le risque de développer un trouble bipolaire plus important.
En revanche, peu de choses sont connues sur les facteurs déterminant le passage d’une forme atténuée à une forme plus sévère. Une meilleure connaissance de ces facteurs précipitant, venant s'additionner à des facteurs de vulnérabilité génétique, pourrait permettre de développer des stratégies de prévention en permettant d’expliquer aux personnes à risques les mesures à prendre au cours de leur vie pour éviter un trouble bipolaire plus important.
Aujourd’hui, et dans le cadre de mon modeste blog, l’important est de se souvenir que si le trouble bipolaire est d’origine génétique, sa survenue est généralement due à un stress, qu’il soit physiologique (substance psychoactive) ou psychosocial (événement de vie).
Ainsi, même si le traitement médicamenteux est forcément nécessaire, une prise en charge psychologique reste toujours utile, soit pour expliquer en quoi consiste cette pathologie, soit pour tenter d’aider un patient à trouver un équilibre lui permettant soir de juguler les changements d’humeur trop vifs, soit encore de ne pas aggraver son état.
Tout ceci va fort heureusement dans mon sens, car même si j’aime beaucoup les explications scientifiques, ne pouvant légitimement me contenter du conte de fées psychanalytique, il est rassurant de voir, que malgré les victoires éclatantes de la neurobiologie et les traitements existants ou à venir, on aura encore besoin de mes services ! Ce n'est pas demain que je mourrai de faim ou que je devrai me recycler et c'est tant mieux !
Typologie des troubles bipolaires !
Autrefois appelé folie circulaire, quel joli nom, puis encore récemment psychose maniaco-dépressive, le trouble bipolaire fait partie des troubles de l'humeur, auxquels appartient également la dépression récurrente (ou trouble unipolaire).
Généralement, pas besoin d’avoir un QI de 150 pour la diagnostiquer puisque comme son nom l’indique, c’est une maladie qui possède deux phases : la phase maniaque et la phase dépressive. Elle est donc facile à déceler puisque l’individu oscille entre deux phases : l’accès maniaque et la dépression !
Lors de l'accès maniaque, la personne est hyperactive. Elle peut engager des dépenses inconsidérées, avoir des propos et des attitudes farfelus, et présenter d'autres troubles comportementaux. Lors de l'épisode dépressif, la personne au contraire, présente des signes de très grande dépression. Entre ces deux phases, la personne retrouve généralement un état normal.
Le danger de cette maladie est le risque de suicide lors des phrases dépressives mais aussi le fait de mettre sa vie en danger lors des accès maniaques. Dans cette forme parfait du trouble bipolaire, appelée aussi Trouble bipolaire de type I (TBI), l’individu vit comme s’il était sur des montagnes russes ; à un moment il pourrait bouffer le monde, et peu de temps après il est au trente-sixième dessous. Les cycles sont aléatoires tant dans leur survenue que dans leur durée.
L'accès maniaque survient généralement brusquement, même aujourd’hui on sait qu’un choc affectif, une maladie, voire un traitement médicamenteux inadapté peuvent aider à déclencher son apparition. L'insomnie et l'excitation sont très importantes au début de l'accès. La personne surprend son entourage par son agitation, sa jovialité soudaine ou encore ses dépenses inconsidérées.
En quelques jours, les troubles s'accentuent :
- la confiance en soi est exagérée ;
- L'hyperactivité est nette, avec gesticulation, insomnie, entreprise de nombreuses tâches sans les mener à bien ;
- L'humeur est expansive. Ce qui passe au début pour de la jovialité se transforme en de la familiarité, voire de la grossièreté. La personne malade devient séductrice, théâtralise ses attitudes ;
- La fuite des idées avec passage du coq à l'âne rend impossible toute discussion suivie ;
- L'insomnie existe quasiment toujours sans être accompagnée de sensation de fatigue.
Les accès maniaques sont divers et peuvent aller jusqu’à des formes délirantes, au cours de laquelle l’individu se sentira capable de voler comme un oiseau par exemple, voire jusqu’à la fureur maniaque qui rend l’internement obligatoire, tant l’état de la personne est altéré et sa dangerosité avérée.
Parfois les accès sont toutefois moins marqués et seuls existent une hyperactivité physique et intellectuelle et des troubles du sommeil : c'est un accès hypomaniaque. Le diagnostic d'hypomanie est difficile car souvent considérée par le patient et son entourage comme son état « normal ». En fait, la grande différence entre l’état du sujet quand il est déprimé et quand il s’estime « normal » est très importante et doit attirer l’attention.
L’hypomaniaque peut être l’individu plein d’énergie, devant lequel tout le monde s’émerveille et que l’on a du mal à suivre. La plupart des gens, loin de voir l’aspect pathologique de ce dynamisme outrancier, se contenteront de rester ébahis devant de telles performances et l’hypomaniaque sera admiré. Qu’il s’agisse de manie ou d’hypomanie, la forme mineure, les risques pris sont souvent exagérés et mettent en danger la vie de l’individu.
A l’inverse du cycle, se trouve l’épisode dépressif qui se manifeste rarement de manière brutale mais s’installera plutôt de manière insidieuse, se développant en quels jours voire quelques semaines. Il s’agit :
- D'une tristesse inexpliquée avec remords, sensation d'abandon et de désespoir ;
- D'un ralentissement intellectuel ;
- D'une grande fatigue ;
- D'un désintérêt, voire d'un dégoût de la vie ;
- D'une insomnie ;
- D'un refus de manger avec amaigrissement.
Apparaissent finalement une perte de confiance en soi avec sentiments de dévalorisation et de culpabilité et des idées suicidaires qui peuvent être exprimées ou non dévoilées mais qu’il faut toujours prendre au sérieux car le risque suicidaire est réel !
Jusque là, nous admettrons que tout va bien et que le diagnostic ne pose aucun problème puisque comme son nom l’indique, le trouble bipolaire suppose un cycle qu’on identifier facilement. D’ailleurs, les classifications officielles DSM-IV et CIM 10 distinguent trois types de trouble bipolaire :
Le premier, TBI, correspond à l'ancienne dénomination de « psychose maniaco-dépressive » et fait alterner des épisodes de dépression majeure et maniaques et toucherait environ 1,1% de la population. Le film Mr Jones, avec Richard Gere, donne une excellente vision de ce qu'est ce TBI.
Dans le second, TBII, les épisodes dépressifs restent majeurs mais alternent avec des périodes d'hypomanie, donc moins aigus que le véritable état maniaque. Plus rares, les études montrent que 0,6% de la population pourrait en être affecté.
Enfin, le troisième trouble bipolaire admis, s’appelle la cyclothymie et est constituée de troubles modérés de l'humeur pendant au moins deux sans jamais atteindre la dépression ou la manie. Je reviendrai prochainement sur la cyclothymie qui est encore plus rarement diagnostiquée que les troubles bipolaires classiques. Face à un cyclothymique, on pose rarement un diagnostic, se contentant de dire que la personne est lunatique, pénible à vivre voire simplement chiante. Vous avouerez que c’est un peu mince comme approche. Leur prévalence apparaît beaucoup plus élevée, puisque estime que 7 à 9% de la population en souffriraient.
Si les TBI et TBII, sont de par leurs symptômes très typés plutôt faciles à diagnostiquer. Et encore, dans la mesure ou l’individu en phase maniaque ou hypomaniaque, ne consulte jamais parce qu’il se sent superbement bien, nous n‘avons dans nos cabinets, généralement que ces individus se retrouvant dans le cycle dépressif et en grande souffrance. Les symptômes de « perte de l’élan vital » et « d’humeur triste » sont tellement visibles, que le danger est grand de traiter le patient pour une simple dépression, simplement parce que l’on n’aura jamais eu connaissance de ses états maniaques ou hypomaniaques. Toutefois, les choses sont encore plsu complexes que cela puisque manifestement les troubles bipolaires pourraient se manifester de manière bien plus pernicieuses que par le célèbre cycle « dépression - manie ».
Certains auteurs (Klerman, Akiskal) ont ainsi identifié d'autres types à partir de la notion de spectre bipolaire. En effet, dans de nombreux cas, existent des troubles atténués ou brefs, ne comportant pas tous les critères du DSM : ce sont des états dépressifs mineurs, et surtout des hypomanies qui comportent certains signes de l’accès maniaque, mais atténués. Dans ce cas, autant vous dire, qu’ils passent à la trappe et ne seront jamais diagnostiqué. Les individus qui en sont touchés passeront leur vie de manière médiocre, parfois améliorés sporadiquement par les antidépresseurs dont ils finiront par connaître tous les noms et tous les dosages. C’est le syndrome de la patiente qui dit à son médecin : « Ah du Stablon ? Bof, j’en ai pris voici cinq ans, et il n’a pas été très efficace. Du Prozac ? Bof, il ne me réussit pas. Pourquoi pas du Deroxat, j’ai remarqué qu’il me calmait bien. Ceci dit je n’ai pas eu à me plaindre l’Effexor même s’il n’a marché que trois mois. »
Il est pourtant très important de reconnaître ces formes atténuées et vicieuses de troubles bipolaires. D’une part, parce que cela évite de faire de la psycho à
Enfin, ces troubles bipolaires ténus et mal diagnostiques s’accompagnent souvent de conduites addictives graves mettant en danger la vie du patient (alcoolisme et toxicomanie), et ont surtout un grave retentissement sur la vie quotidienne ; risque suicidaire important, biographie perturbée : divorces, changements de travail fréquents, conflits personnels avec caractère excessif des comportements quotidiens (achats, projets professionnels, sexualité, conduites à risque…), et surtout consommation de produits psychoactifs, tabac, alcool, cannabis.
C’est ainsi qu’aujourd’hui, même si la communauté scientifique ne l’a pas encore validée, on s’approche de la classification suivante, qui pourra encore évoluer en fonction des recherches. Au lieu des trois formes répertoriées par le DSM IV et
- La forme bipolaire I qui associe des accès maniaques et d dépressifs francs ou des actes maniaques isolés ;
- La forme bipolaire II qui associe des épisodes dépressifs caractérisés et des accès hypomaniaques ;
- La forme bipolaire Type IIa avec cyclothymie, également difficile à reconnaître ; le sujet sait qu’il a très souvent des hauts et des bas, souvent à court terme (cycles rapides). Le questionnaire spécifique d’Akiskal peut contribuer au diagnostic ;
- La forme unipolaire avec seulement des épisodes dépressifs qui peuvent être secondairement modifiés en forme bipolaire II voire I ;
- La forme bipolaire IIIa avec dépression caractérisée et des antécédents familiaux de troubles bipolaires ;
- La forme bipolaire IIIb avec dépression caractérisée et accès maniaque ou hypomaniaque induit par un médicament. On peut prescrire des antidépresseurs aux personnes atteintes de trouble bipolaire pendant les épisodes dépressifs, mais il faut faire preuve de prudence car ils peuvent déclencher un état maniaque et même une fluctuation fréquente de l’humeur (cycle rapide). ;
- La forme bipolaire IV qui regroupe des formes mineures limites générant toutefois une vraie souffrance chez ceux qui en sont atteints. Ce sont des bipolarités atténuées dont les frontières avec des états normaux sont parfois difficiles à établir. Les conséquences personnelles, sociales et somatiques sont les éléments essentiels pour la décision de mise en œuvre d’un traitement. C’est que l’on appelle l’hyperthymie et la cyclothymie.
Pour aider au diagnostic, il existe des questionnaires spécialisés (Angst, Akiskal, etc.). De la même manière, les services psychiatriques des grands hôpitaux, proposent toujours une consultation spécialisée dans les « troubles de l'humeur », tant ce diagnostic est difficile à poser.
En population générale, la fréquence des TBI est de 0,7 à 1,2 %, et celle des TB II de 0,5 à 1 % suivant les critères du DSM IV. Parmi les épisodes dépressifs majeures, il y aurait 5 à 10 % de dépressions bipolaires Type I. Enfin, si l’on retient les TB de type II, III et IV (formes atténéues), 40 à 50 % des états dépressifs seraient en fait, des formes bipolaires.
Voilà la raison pour laquelle une dépression, même lorsqu'elle est à priori explicable par des événements de vie, n’est pas à prendre à la légère. Nous sommes sans doute face à un sous-diagnostic effarant des troubles bipolaires.
29 juillet, 2007
Troubles bipolaires - Approche diagnostique !

Mais, comme nous ne sommes pas des bœufs inféodés aux médecins, il est évident que confrontés à l’individu qui est assis en face de nous, nous nous risquons à évaluer ses troubles de manière à lui faire bénéficier d’un traitement adapté.
Parfois d’ailleurs, il s’agira d’une erreur d’aiguillage, et le cas que nous aurons à traiter relèvera de la médecine, sachant que de nombreuses pathologies purement organiques peuvent avoir des symptômes psychologiques. Dans ce cas, nous renverrons le patient chez son médecin afin que ce dernier fasse un diagnostic différentiel en prescrivant le cas échéant des examens. Il ne s’agit jamais de jouer au médecin, mais de connaître suffisamment bien la psychopathologie de manière à voir rapidement si les symptômes présentent une quelconque anormalité par rapport aux tableaux cliniques étudiés.
C’est ainsi que je n’ai jamais considéré que la psychologie soit une panacée et je me suis toujours élevé contre le « tout psychologique » qui prévaut dans certains milieux anti-scientifique. Faire de la psychologie en oubliant l’aspect organique, revient à nier la réalité du cerveau ou du système endocrinien par exemple, et peut de ce fait entraîner bien des erreurs.
Je n’ai donc aucun problème à collaborer avec des médecins, même si je suis opposé à ce que notre profession devienne une profession paramédicale. Rien ne ressemble moins à la kinésithérapie que la psychologie : chez nous, même s’il faut cesser de nier à la réalité physiologique, il fut aussi se souvenir qu’on parle d’âme. J‘avais d’ailleurs souligné ce point important de la prise en charge psychologique et mis en exergue la notion de qualité de vie dans un article récent intitulé « Richou le déjanté – approche psychologique d’un trouble bipolaire ».
Je suis par contre stupéfait de l’engouement de certains médecins, qui sont pourtant dotés d’une formation scientifique beaucoup plus importante que la notre (c'est une litote), pour la psychologie et notamment la psychologie un peu cucul tendance new-age. A force d'être dans l'écoute, on sélectionne le superflu et l'on rate l'essentiel. Sans paraphraser le Dr House, en affirmant que les patients mentent, je peux tout de même dire, qu'être à l'écoute, ce n'est pas forcément se focaliser sur leurs mots en les prenant pour paroles d'évangile. Il y a une manière d'écouter qui doit s'accompagner d'un grand sens de l'observation. Le patient communique de plusieurs manières et pas seulement avec ses mots.
C’est ainsi que depuis des années, je suis régulièrement confronté à des individus souffrant de troubles bipolaires, n’ayant jamais été diagnostiqués, mais qu’on laisse souffrir en leur prescrivant tous les antidépresseurs présents sur le marché. Pour de nombreux médecins, il semblerait que dès lors qu’on ait les deux symptômes clés – humeur triste et perte de l’élan vital – on doive forcément diagnostiquer une dépression classique.
Voici environ neuf ans, je reçois ainsi un homme âgé d’un peu plus de trente-cinq ans extrêmement dépressif. Le médecin a diagnostiqué une dépression et je le traiterai pour cela. Je pense que notre collaboration a été efficace. Pourtant, il rechute régulièrement et la seule chose que son médecin pourra me dire, c’est qu’il a sans doute des tendances hystériques qui l’amènent à se complaire dans ce rôle. Je ne suis pas satisfait de ce genre d'explications car si j'ai constaté des tendances histrionniques chez ce patient, tendances n'ayant rien de pathologiques, il n'est pas pour autant hystérique.
Pour ma part, je me méfie toujours du diagnostic d’hystérie qui est une grande poubelle dans laquelle on jette facilement tous les cas que l’on ne parvient pas à diagnostiquer. Un peu comme si, faute de pouvoir traiter certains patients, on préférait se dire qu’ils font exprès d’avoir leurs symptômes. Cela évite au médecin ou au psy de remettre en cause ses compétences. Alors, même si l’hystérie est une réalité, elle est plus précise que ce qu’en disent bien des professionnels.
Par le plus grand des hasards, et je remercie ce hasard, je me retrouve au cours d’une soirée avec ce patient. Je l’observe et suis totalement frappé par sa manière de se conduire. Moi qui le connais bien, j’ai sous les yeux un autre personnage, hâbleur, vulgaire, entreprenant, osant tout. Tel qu’il est, il correspond totalement, voire trait pour trait, à un texte du psychiatre Quentin Debray décrivant le comportement d’un individu souffrant d’un trouble bipolaire dans un manuel de psychopathologie
Il est certain que si je n’avais pas pu observer cet individu dans son milieu, je serais peut-être passé à côté du diagnostic. Ce qui marque bien la limite de la prise en charge psychologique, dans la mesure où dans nos cabinets, nous n'avons ne connaissons qu'une facette très sociale du patient. Quoiqu’il en soit, je fixe un nouveau rendez-vous à ce monsieur, lui montre des textes et il est totalement d’accord avec le diagnostic qui explique tout ce que l’on ne comprenait pas.
Son médecin, un homme jeune suffisamment ouvert d’esprit, tente de le mettre sous thymorégulateur et le succès est au rendez-vous. Cet exemple sera gravé à jamais dans ma mémoire et m’amènera à connaître parfaitement les troubles bipolaires trop souvent ignorés. J’aurai l’occasion d’en diagnostiquer plusieurs par la suite, dont de nombreuses personnes qui souffrent de dépressions depuis parfois plus de vingt ans.
Je me souviens par exemple d’une jeune femme d’un peu plus de trente ans, souffrant de dépression depuis son adolescence. Comme elle a connu la toxicomanie, ce sera l’arbre qui cache la forêt et les médecins ou psys, qu’elle rencontrera se focaliseront toujours sur ce sujet en ignorant le reste et surtout en oubliant que « se camer, c’est souvent la manière la plus rapide pour un dépressif de s’automédiquer », et non une perversion ou une carence morale !
Lorsque je la reçois, le moins que je puisse dire est qu’elle est étrange. Au bout de trois séances, elle me tutoie et me fait la bise, pourquoi pas, je suis ouvert d’esprit. Tout en elle, et notamment son exubérance et ses excès délirants, désigne ce que l’on pourrait appeler un trouble du comportement de type « personnalité limite » ou « border line ». Pourtant, elle ne correspond qu’imparfaitement au tableau clinique de ce type de trouble et je pense qu’elle est tellement désabusée quant à la capacité d’un psy à pouvoir l’aider, qu’elle joue avec moi afin de me montrer qu’elle est là pour faire plaisir à son médecin plus que pour bénéficier d’une aide efficace.
En creusant un peu, pour la faire parler, nous arrivons à parfaitement communiquer et elle me relate dans le détail son parcours et les épisodes marquants de ses pétages de plomb. Il s’agit encore d’un trouble bipolaire jamais diagnostiqué. si tout le monde avait pensé à lui prescrire du Subutex ou de la Méthadone, curieusement aucun des médecins ne s'était interrogé sur les raisons la poussant à se camer. Mise sous traitement anticomitial par un psychiatre auquel je l’ai adressée, elle a repris aujourd’hui une vie presque normale. Nous nous revoyons parfois, trois ou quatre fois par an, à l’occasion lorsqu’elle présente quelques petites difficultés d’adaptation.
Récemment, je reçois une femme approchant la quarantaine. Sa vie n’est qu’une succession d’épisodes dépressifs. Les différents médecins qu’elle a vus ont tout tenté, et elle aura connu tous les antidépresseurs du marché, IMAO, tricyclique ou ISRS, sans que le succès ne dépasse un bref soulagement. Ce type de traitements désordonnés a même pu entraîner une aggravation de son cas, ce que plusieurs études récentes semblent confirmer.
Quand je la reçois, elle souffre terriblement même si ses capacités sociales semblent en partie sauvegardées parce qu’elle se force à travailler et est même parvenu à autoréguler son état dépressif en vivant comme une machine. Par contre dès que le vendredi soir arrive, elle s’enferme chez elle et n’en sort pas avant le lundi matin. Perpétuellement dépressive, elle m’a dit que j’étais sa dernière chance.
Après plusieurs séances, parce que son cas n’est pas simple et présente vraiment des symptômes étonnants, je suis persuadé d’être face à un cas de trouble bipolaire unipolaire. C’est à dire qu’au lieu d’alterner des phases maniaques puis dépressives, ma patiente n’a que des phases dépressives. C’est sans doute pour cela qu’elle est depuis si longtemps traitée pour dépression majeure.
Je l’ai adressée à un psychiatre en qui j’ai toute confiance qui n‘a pas confirmé mon diagnostic mais s’est contenté de lui redonner pour la énième fois des antidépresseurs, qu’elle se refuse à prendre parce qu’elle juge cela inutile. Je reste persuadé qu'il s'est trompé. De toute manière, en ne l'ayant reçu qu'une fois, il n'a pas les moyens nécessaires pour diagnostiquer ce genre de troubles. J’attends donc septembre, pour l’adresser à un autre psychiatre hospitalier, ponte de la spécialité, qui cette fois, j’en suis sur, saura se montrer plus original dans sa démarche. Car je reste persuadé que cette femme souffre d’un trouble bipolaire.
Je pourrais citer des dizaines de cas semblables. Ces troubles souvent sous-évalués et mal diagnostiqués sont à l’origine d’une souffrance inacceptable chez des individus pourtant régulièrement suivis par des médecins et des psychologues. Tandis que j’entends souvent des crétins faire de l’anti-psychiatrie pour vanter l’humain, centre de leurs préoccupations, je préférais écouter un discours plus mesuré, admettant une bonne fois pour toute que le cerveau est un organe qui connaît parfois des défaillances et que ces dernières sont du ressort de la médecine.
On rappelle toujours que la médecine n’est pas une science déshumanisée mais se doit d'être une pratique mettant à disposition de l’être humain les résultats des recherches scientifiques. Espérons que la psychologie cesse d'être une pratique désincarnée et dénuée de rigueur, dans laquelle la réalité organique et génétique serait perpétuellement bafouée.
Troubles bipolaires - Les oubliés du diagnostic !

Les troubles maniaco-dépressifs, appelés aujourd’hui troubles bipolaires, toucheraient entre 1% et 1,5% de la population française soit plus de 600 000 personnes. Cette pathologie, qu'elle soit bipolaire, sous forme de succession de phases dépressives et d'excitation, ou unipolaire lorsque le patient ne connait qu'un de ces états, est pourtant encore mal connue et reconnue et ceux qui en souffrent deviennent des oubliés du diagnostic.
L'un des principaux problèmes des désordres bipolaires, c'est justement de parvenir à le diagnostiquer correctement et le moins que l'on puisse dire, c'est que peu de médecins y parviennent. Certaines études montrent que bien souvent, le délai entre le moment où les premiers symptômes apparaissent et la mise en place du traitement est de 5 à 10 ans ! Le malade aura vu entre temps 3 à 4 médecins en moyenne avant que l'un d'eux ne reconnaisse le problème. Car il est souvent difficile de différencier la dépression simple du véritable désordre bipolaire. Selon le Pr. Marie-Christine Hardy-Bayle, de l'hôpital André Mignot au Chesnay, de nombreux « déprimés » souffrent en fait de troubles bipolaires.
On avance que 26 % d’entre eux ne seront pas diagnostiqués lorsqu'ils seront vus en médecine générale. Cela peut-être compréhensible car de nombreux généralistes admettent que leur formation en psychopathologie est trop lacunaire pour permettre un bon diagnostic de ce trouble. Pourtant, chose inadmissible, ce pourcentage passe à 36 % chez les psychiatres, dont on pourrait pourtant croire qu'ils sont plus a même de reconnaître cette pathologie ! Enfin, 45 % ne seront pas diagnostiqués lors d'un passage à l'hôpital dans un autre service !
Ce temps d'identification de la maladie est un véritable problème. Car le principal risque accompagnant ce trouble est le suicide : 15 % des hommes bipolaires et 22 % des femmes mettront ainsi fin à leur jour. Et un quart à la moitié fera une tentative de suicide, avec plus ou moins de séquelles. Sans parler des conséquences mettant ainsi en jeu la vie de la personne, les désordres bipolaires représentent un véritable handicap social et professionnel. Ils sont responsables de difficultés au bureau et de chômage, et ont un retentissement important sur la vie de famille.
En France, le trouble bipolaire est donc sous-diagnostiqué. Si les études diffèrent entre elles, on admet qu'il faudra en moyenne 10 à 12 ans et quatre à cinq médecins différents avant que le diagnostic soit enfin établi. Il semble que ce constat soit le même dans tous les pays occidentaux. Aujourd'hui, les professionnels s'accordent à penser que 40 % des dépressifs sont en réalité des bipolaires qui s'ignorent.
La recherche de périodes d'exaltation est un bon moyen pour établir le diagnostic ; mais il n'est pas toujours évident pour le patient de comprendre que les périodes où il se sentait particulièrement bien ont la même origine que les périodes où il se sentait mal. D'ailleurs bien des patients n'ont aucune envie de se traiter car ces périodes d'exaltation sont pour eux quelque chose de merveilleux. De plus, n’oublions pas qu’il existe des formes unipolaires, dans lesquelles, le patient sera soit seulement déprimé, soit ne connaîtra que des accès maniaques.
Ce diagnostic peut être confirmé par le fait que les dépressions des bipolaires sont souvent dites atypiques. Dans une dépression atypique, on est confronté à une dépression sauf que certains symptômes classiques ne sont pas présent normalement remplacés par d’autres. On appelle dépression atypique une variété de dépressions associant à la tristesse les symptômes suivants :
- Hyperphagie, qui se manifeste par des conduites alimentaires de type boulimique, notamment boulimie sucrée. Dans la dépression classique, on cosntate le plsu souvnet un amaigrissement car la personne ne se nourrit pas ;
- Hypersomnie : il n'y a pas seulement inhibition avec « refuge sous la couette » ou « cul scotché sur le canapé » mais augmentation du nombre d'heures de sommeil sans que celui-ci soit réparateur (dès le réveil la même sensation de fatigue est éprouvée). Dans une dépression classique, la personne dort peu et connaît surtout des réveils nocturnes ;
- Hyper-réactivité aux relations avec l'environnement se manifestant par de l'irritabilité, des réactions émotionnelles excessivement fortes. La personne dépressive classique est plutôt calme et inhibée.
Si tout peut s’apprendre en faculté, le diagnostic reste un art. Dans le prochain article, c’est ce point que je souhaite traiter en insistant sur le fait que quand bien même on rêverait d’être confronté à un trouble que l’on peut traiter à coup d'antidépresseurs comme une banale dépression, les faits et notamment les symptômes sont têtus, et qu’eux seuls doivent nous amener à nous forger un avis. Tout ce qui est atypique doit être approfondi.
Alors là vous allez voir ce que vous allez voir !
En plus, comme on m'a souvent reproché de rédiger de trop longs articles, j'ai pris soin de découper ma prose de manière à vous proposer des textes plus concis. Parfois je m'étonne moi-même !
Voici donc deux premiers articles traitant du trouble bipolaire. Savoir dans quel ordre je devais les publier n'a pas été facile.
Pour les photos, pardonnez-moi, je n'ai pas pu m'en empêcher. Mais c'est la dernière fois !
28 juillet, 2007
Statistiques pourries !
Alors, j'attends d'avoir atteint les quarante-mille visiteurs et après, hop, je me prends quelques semaines tranquilles, durant lesquelles je ne publierai plus rien. Rien du tout, enfin encore une fois, si j'y arrive. Tenir un blog est une activité stérile mais qu'est-ce que c'est bon pour son ego.
Par exemple, tout à l'heure mon pote Fred le Corse, un ami qui a encore mieux réussi que mon pote Olive qui roule en Touareg, m'expliquait que même si nous n'avions pas été en contact depuis longtemps, il en avait eu puisqu'il venait quotidiennement me lire. Tant et si bien que sa boîte a carrément interdit mon url et qu'il ne peut accéder à mon site qu'en rusant mais sans avoir accès ni aux photos, ni aux commentaires ! J'ai joué le mec un peu blasé et poli, mais intérieurement, qu'est-ce que j'étais flatté !
J'imagine que Fred le Corse risque carrément son super emploi de trader rien que pour venir me lire, un peu comme si ma prose était devenue une drogue dure, et qu'il lui faille sa dose quotidienne. Putain, que je suis flatté, ma tête gonfle, enfle et je me mets à voler !
Même Laurence, super douée en informatique, m'a expliqué qu'elle avait un peu niqué la sécurité informatique de sa boîte, pour avoir accès à mon blog. Parce que sinon, elle n'avait accès qu'au site du Centre National de la Fonction Publique Territoriale ou à des daubes de ce genre. On prend des risques pour me lire ! Les services informatiques font vivre les salariés à l'heure stalinienne mais ils viennent tout de même me lire ! Non, messieurs les censeurs, vous ne me ferez pas taire !!!
Enfin, à part cela, je vais faire deux ou trois articles sérieux, notamment sur les troubles bipolaires parce que c'est un sujet passionnant. Et puis, c'est aussi histoire de me dire que si de nouveaux lecteurs arrivaient ici, qu'ils n'imaginent surtout pas qu'ils sont tombés chez un dingue mais chez un professionnel consciencieux.
Je lis tellement de blogs supers en ce moment, que j'ai parfois un peu honte de mon travail facile de tâcheron de la blogosphère. A la rentrée, tout va changer et vous aurez le droit à des trucs terribles qui vont vous faire réfléchir !
En attendant, je vais ressortir la Solara, ma berline luxueuse, charger la batterie, regonfler les pneus, changer les bougies, la lustrer, et hop, je vais aller me balader sur les routes de France. J'ai mis des décalcos (aujourd'hui, on dirait des stickers) sur les portières histoire de me faire un peu de pub sur les routes des vacances.
Le monde n'est pas parfait !
Avez-vous noté, que même si la discrétion et la réserver sont des qualités, elles sont souvent mal tolérées par l'entourage, qui n'y voit que dissimulation et fourberie.C'est ainsi, que je connais trois Sylvain, et ce n'est donc pas très pratique pour s'y retrouver. Il y a donc un seul Sylvain, que je baptise ici Urbain, tandis que les deux autres, un peu plus jeunes héritent de surnoms liés à leur physique. Cela nous permet de les différencier.
Il y en a un qui est roux et que l'on surnomme George Killian. Il faut voir mon grand âge pour se souvenir des publicités idiotes pour cette bière, dont je ne sais même pas si elle est encore vendue en France. Elles mettaient en scène, un brasseur irlandais, George Killian, aux cheveux et à la barbe roux, vêtu d'un pull irlandais à grosses côtes et d'une casquette de tweed.
Le second qui est grand et très mince, nous le surnommons Grand Corps Malade, GCM pour les intimes, parce qu'il lui ressemble un peu, sauf qu'il a la decence de ne pas nous emmerder avec des rimes pourries et qu'il n'a pas de béquille. Ce Sylvain là est justement discret et réservé.
Je connais GCM depuis très longtemps, car c'était avant tout un collègue d'Olive, mon ami qui a réussi et roule en Touareg. Je voyais GCM à toutes les soirées d'Olive et il m'avait toujours surpris car c'était le seul informaticien intelligent. Olive a toujours bossé dans des SSII, et le moins que l'on puisse dire, est qu'il fréquente en gros, soit des commerciaux stupides, genre Jean-Claude Convenant, voire de gros loosers tels que le film "Les portes de la gloire" en met en scène, soit des techniciens un peu autistes tout justes capables de parler de sécurité informatique. Là non, GCM est quelqu'un d'intelligent et de réfléchi, qui dénote gravement face aux demeurés habituels de l'informatique.
Par contre, nous n'avons jamais vu GCM avec une fille lors de ces soirées. Comme en plus, GCM est quelqu'un de très réservé et de discret, ainsi que je vous le disais, les ragots les plus infâmes couraient sur lui, car personne n'aime être incapable de deviner quelqu'un. Pour certains, c'était un serial killer, et l'avenir nous prouverait qu'on avait raison de se méfier de lui, parce qu'il était bizarre, et que personne ne serait étonné quand on apprendrait qu'il avait violé puis étranglé une dizaine de jeunes femmes avant de se masturber dans leurs entrailles fumantes.
Pour d'autres, GCM était homosexuel mais ne savait pas comment nous l'annoncer. Vous avouerez qu'il n'est pas facile de dire à quelqu'un que l'on connait bien, que son homosexualité n'a rien de grave et que nous resterons amis, parce qu'on peut toujours se tromper ! On a beau être à l'époque des Gay pride, tous les gens ne sont tout de même pas parvenus à une maturité psycho-affective suffisante pour être pride d'être pris pour un gay ! En tout cas, je ne me serais pas imaginé aller voir GCM et du ton de la confidence, lui dire : "tu sais, tu peux le dire si tu es homosexuel".
Enfin, des êtres vils ont même imaginé qu'il pourrait cacher quelque perversion sexuelle inavouable (animaux ou bébés-animaux ?), voire carrément interdite par la loi (je vous laisse le soin d'imaginer). Je parie même que des lettres anonymes furent sur le point d'être envoyées à monsieur le procureur. D'autres, plus rares, ont émis l'idée qu'il puisse être impuissant ou éjaculateur précoce, ce qui aurait expliqué le fait qu'il soit toujours seul à son âge ! C'est pour le coup assez bête parce que ces pathologies se traitent plutôt bien. Encore une fois, je ne me suis pas imaginé une seule fois, pouvant aller voir GCM au cours d'une soirée et lui dire d'un ton affable : "Tu sais, je comprends que tu n'en parles jamais, mais je peux éventuellement t'aider pour ton problème d'impuissance.".
Je vous rassure, de toute manière, moi je n'avais pas d'avis tranché car je ne juge pas les gens aussi rapidement, je suis toujours dans la neutralité bienveillante comme on dit dans mon métier. Je trouvais simplement GCM un peu étrange, surtout quand il vient à une soirée avec des cernes noirs sous les yeux. Je l'imaginais plutôt collectionnant des films pornographiques amateurs pour égayer sa vie faite de business-plans arides, et se suffisant d'une activité auto-érotique un peu tristounette dans son deux pièces. Mais bon, j'ai suffisamment de patients pour ne pas me préoccuper des amis et relations que je vois dans les soirées. Bien sur, si GCM était venu s'enquérir auprès de moi d'un quelconque conseil, je lui aurais donné courtoisement, assorti de l'adresse d'un confrère.
Et puis j'ai préféré ne jamais porter le moindre jugement. On aurait pu imaginer que je me montrais jaloux de la réserve et de la discrétion de GCM, puisque lors de soirées dans lesquelles je connais du monde, ce ne sont pas à priori les qualités que l'on remarque le plus en moi. Alors je me suis toujours abstenu. Et puis, j'avoue que l'individu étant intelligent, j'ai toujours pris plaisir à discuter avec lui.
Ce soir GCM est, pour la première fois, passé à la maison accompagné d'une femme, une vraie femme ! Il s'agissait d'une grande blonde sculpturale et très sympathique, typée russe bien qu'elle soit normande. On aurait pu la croire danseuse au Crazy-Horse mais en fait elle est infirmière. Bien sur, j'ai un moment imaginé qu'il s'agissait d'une actrice qu'il aurait payée parce que je ne vois pas ce qu'une vraie femme ferait avec GCM ! Mais non, il s'agissait d'une vraie copine à priori sincère, et non d'une professionnelle tarifée.
J'ai toutefois été fort étonné parce que j'ai toujours entendu GCM me dire qu'il aimait les petites brunes bustées de caractère, comme Laurence, ma chère collaboratrice. Même si je sais que GCM n'a tout de même pas les moyens intellectuels de séduire une fille aussi intelligente et cultivée que Laurence, il ne manque pas de petites brunes moins exigeantes pour combler les attentes d'un garçon simple comme GCM. Surtout que GCM roule en Lotus alors, nul doute qu'une petite brune bustée ET vénale, saura faire son bonheur !
Je sais donc aujourd'hui que GCM n'est ni un homosexuel refoulé, ce qui aurait été triste à notre époque, ni un serial killer, ce qui est rassurant, même si cela m'aurait permis d'écrire un livre après son arrestation.
Ce qui est un peu bête, c'est que GCM qui aime les petites brunes bustées, ne trouve pas mieux que de ramener une grande blonde, tandis qu'à quatre cent cinquante kilomètres de là, en Lorraine, vit seule une petite brune charmante et bustée ! Toutefois, je le répète, je ne suis pas sur que GCM, être frustre, secret, rusé et matois, plus doué pour les affaires que pour la communication, ait pu plaire à cette petite brune là, puisqu'elle est cultivée !
Ainsi, les choses avancent, certes, puisque GCM nous semble maintenant moins mystérieux, mais rien n'est jamais parfait et c'est bien dommage ! Dans un monde parfait, on aurait pu unir GCM et Laurence, deux coeurs à prendre et ils nous auraient fait des petits !
Dans un monde parfait, remarquez que GCM aurait aussi pu être un serial killer ce qui m'aurait arrangé, même si cela n'aurait pas arrangé ses victimes ! D'une part parce qu'il en a la tête et le comportement suspect, et qu'il aurait super bien rendu en première page de Paris-Match, et d'autre part, parce que cela m'aurait permis de gloser sur son cas en disant que je l'avais prédit, j'aurais parlé de son regard inquiétant et de ses cernes noirs, de me faire mousser, d'écrire un livre et d'avoir de la notoriété, ce qui est intéressant quand on est en profession libérale !
Malgré toute ma bonne volonté, et ma capacité à me réjouir de tout, je trouve que rien ne marche comme je l'entends et j'ai horreur de cela ! Le monde n'est pas parfait.
26 juillet, 2007
J'ai rencontré un lecteur !
El Gringo, chippendale de profession,se rendant à un enterrement de vie de jeune fille à Foug en Lorraine,
en chevauchant sa Harley-Davidson !
24 juillet, 2007
Generique "Il sorpasso" !
Dans deux articles récents, j'ai cité le film de Dino Risi, "Il sorpasso", "Le fanfaron" en français, qui reste mon film préféré.Je regrettais d'ailleurs que sur Youtube ou Dailymotion, ne figure pas le générique de ce film génial. C'est une scène d'anthologie qui nous montre Vittorio Gassman au volant de mythique Lancia Aurelia B24 Spider, roulant dans les rues de Rome désertes du 15 août, avec en fond sonore la B.O. de Riz Ortolani, morceau de jazz furieux et luxueux des early sixties avec un solo de batterie ahurissant.
C'est maintenant chose faite grâce à Laurence qui a eu l'obligeance de ripper le dvd, de découper la scène, puis de la mettre à cette adresse ! Bien entendu, c'est en V.O. !
23 juillet, 2007
Réponse à Gabriel ! Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait ! Les chemises sudistes !
C'est ainsi que Gabriel me dit :
"Je ne suis pas dupe et je sais bien que les psys sont bien loin d'être neutres comme ils veulent « nous » le faire croire. Vous êtes humain après tout. Et je suis sûr que mon psy doit parfois se dire : « pff, fait chier, il me saoule avec ces histoires à la con... », surtout après vous avoir lu.
D'ailleurs moi aussi je me permets de juger intérieurement les autres, à avoir des opinions. Et je pense que « vous », les professionnels de la santé mentale et psychique, ne valez pas beaucoup mieux. Comment ça marche d'ailleurs exactement ? Quand vous trouvez un patient ridicule ou saoulant etc., vous vous dites : « je ne suis pas disposé à porter de jugement, et bla bla bla », ou c'est une autre technique ? J'aimerais (sincèrement) comprendre."
Alors rassurez-vous, si j'ai choisi ce métier c'est parce que j'ai une véritable vocation et que j'aime vraiment les gens. Sinon, j'ai suffisamment de diplômes qui m'auraient permis de gagner bien mieux ma vie.
Toutefois, puisque vous me dites avoir entièrement lu mon blog, vous aurez constaté que je puis être un peu à part et sans doute déroger à l'idée que vous vous faites des psys. Je n'ai jamais prétendu à aucune neutralité, ni à aucune absence de jugement. La seule chose que je m'interdise est de réduire l'expérience des autres à la mienne. Aussi, même si vous avez trouvé que j'avais une grande gueule, je n'en reste pas moins ultra tolérant. Certains patients sont même persuadés que je suis de gauche et me parle de monsieur Delanoë avec des airs de connivence, ce qui est bien sur faux ! Je navigue sans cesse entre des positions libertaires et réactionnaires. De toute manière, comme nous finirons tous par mourir et nous présenter devant notre Créateur, il y a des sujets importants et d'autres qui ne le sont pas !
Alors bien sûr j'ai mes idées, mais ce n'est pas pour autant que je les impose à mes patients, sauf si ils mettaient réellement leur vie en danger du fait d'une pathologie. C'est ainsi que si je trouve le suicide philosophique de messieurs Cicéron et Sénèque tout à fait défendable au regard de leurs idées et de leurs vies, je trouve que se suicider du fait d'une dépression que l'on peut traiter, est une chose stupide ! Dans ce cas j'interviens et j'ai tendance à m'imposer. Ceci dit, rester neutre me semble difficile. J'ai le souvenir d'un texte de Marc-Aurèle, que rapporte Pierre Hadot dans un de ses ouvrages, et j'ai conscience d'être loin de ce modèle parfait. Ceci dit, souvenez-vous qu'ici, c'est aussi un exutoire, ce que j'écris fort bien dans l'en-tête du blog.
De la même manière, si je pense que mes chers patients s'égarent en me racontant des "conneries", je recentre le débat mais de manière courtoise et pour cela, j'attends de mieux connaitre les gens. Je n'aime pas brusquer les gens. J'ai certes un côté martial car je pense qu'en échange d'honoraires, je suis tenu à une forme de résultat, j'aime donc être rapide et carré. Ce n'est pas pour autant que je suis un bourrin stupide, ni que je trouve qu'ils me saoulent ou sont emmerdants. Je me défendrais bien de penser ce genre de choses, notamment des mes plus jeunes patients. Je sais le courage qu'il faut pour venir nous voir et se raconter. Je dis les choses car c'est dans ma nature, mais gentiment ou avec humour. D'ailleurs, je pense que ma clientèle est satisfaite et garde de bons souvenirs de nos entretiens. Une thérapie n'est pas forcément un processus lourdingue et pénible !
D'ailleurs les plus emmerdants, sont ceux qui ne souffrent pas, mais trouvent qu'il est de bon ton d'aller consulter un psy. Ceux là me saoulent, c'est très clair et dans ce cas je pense à des tas de trucs et même parfois au prochain article que je vais rédiger ici. Tant qu'on me paye, moi je m'en fous, les bien portants sont aussi les bienvenus pourvu qu'ils aient de l'argent. Tous les autres, ceux qui souffrent, n'ont certes pas forcément les mots justes, mais leur douleur est respectable.
Ensuite, reprenant l'article dans lequel figure la vidéo de Clément le nolife, le jeune faux Gabriel m'écrit :
"Je voulais juste vous dire que je pense que cette vidéo est un "fake". En effet, pas possible d'être aussi débile devant une caméra (tout court d'ailleurs. C'est soit un pari de cet "ado" avec ses potes, pour savoir qui aurait l'air le plus con, ou alors il s'est fait payé par arte, parce-que là franchement c'est pas possible.
Je n'ai encore jamais vu un type, aussi « pseudo-metalleux » soit-il, secouer la tête et faire des mouvements dignes d'un autiste alors même qu'il est interviewé et répond aux questions... D'ailleurs il planque un sourire derrière ses cheveux, si si je vous jure !
Enfin je ne met pas votre intelligence en doute, qui est certes et j'en suis sûr bien plus grande que la mienne, mais là faut vraiment être con pour pense un tant soit peu que ça puisse être vrai."
Je me suis posé la même question que vous ! J'ai moi aussi imaginé que c'était un fake tant ce jeune homme semble hors norme. Toutefois mon expérience m'a montré qu'il existait des types de ce genre. Dans votre post, vous vous dites Lorrain. Aussi peut-être qu'en milieu rural, ce genre de personnes n'existe pas. Laurence, ma collaboratrice, qui vient de Foug, confirme qu'elle n'en a jamais croisé de tels dans le Toulois, mais elle en a côtoyé depuis qu'elle vit à Nancy.
Moi-même, j'en ai vu à Paris et j'imagine qu'il doit en exister dans toutes les préfectures ! Mon cabinet est situé à côté d'un grand lycée parisien. Vous seriez surpris, quand je vais déjeuner chez mon traiteur chinois favori "Chez Fleur de Lotus", de constater qu'il existe de tels individus. Lorsque j'ai une table de jeunes à côté de la mienne, je suis toujours ravi d'écouter leurs conversations stupides de petits branleurs immatures. Ce sont des élèves de première ou de terminale et vous n'imaginez pas combien de fois j'ai pu songer en mon for intérieur : "mais sont-ils réellement cons ou le font-ils exprès ?". Je sais bien sûr que tous les jeunes ne sont pas ainsi, fort heureusement !
Bien sûr, Clément est peut-être un champion, un cas à part, et on pourrait légitimement recommander une greffe de cerveau car je n'imagine pas qu'une thérapie soit suffisante pour un tel individu. Ainsi, même si vous pourriez vous rpétendre plus intelligent que moi, bien que j'aie rarement rencontré de gens qui le soient, cela ne vous permet pas de me traiter de con, ni même d'insinuer que je le sois. Puisque le TGV déssert maintenant votre belle province et que vous maitrisez notre langue, prenez un billet, mettez vos habits du dimanche, et venez chez nous voir ce genre de jeunes !
Puis Gaby, qui a usurpé ce prénom, poursuit :
"Mais pensez-vous VRAIMENT que les spécimens en question soient représentatifs de la majorité des ados ?! Faut quand même pas déconner ! Pour ma part, je dirais que ce sont des cas bien isolés voir uniques !"
Non, je ne pense pas que tous les ados soient aussi bêtes même si je pense que l'adolescence est l'âge bête, vous le constaterez si un jour vous éduquez vous même des ados. L'ado est un trou du cul qui croit tout savoir, c'est un fait. Il est d'usage en psycho de dire que l'adolescence est l'âge de tous les possibles, moi plus prosaïquement, je dis que l'adolescence est vraiment l'âge con.
Tenez, moi qui vous écris, et qui suis pourtant un être exceptionnel, savez-vous qu'en mon temps, j'ai fait chier ma pauvre mère afin qu'elle m'achète ce que l'on appelait une chemise sudiste. Ne cherchez pas, cette mode a duré deux mois tout au plus. Nous avons fait vingt magasins du centre commercial Vélizy2 pour la trouver, c'était en 1982 ! Aujourd'hui, quand je songe à cette chemise, d'une part je trouve que j'avais réellement un goût de chiotte mais qu'en plus j'étais un petit être stupide ! Pourtant à l'époque, je me suis dit que j'aurais pu mourir si je ne l'avais pas eue ma putain de chemise sudiste. Je m'en souviens encore, elle était noire avec un rabat vert immonde !
Dans la même veine, j'avais adoré le film pour ados, "Risky Business" dans lequel on voyait Tom Cruise pour la première fois à l'écran. Et comme avec mon pote Olive, celui qui a réussi et roule en Touareg, nous étions de grands sensibles, on avait même adoré un film avec Molly Ringwald, c'est vous dire si nous étions cons ! Mais, je n'arrive plus à me souvenir du titre du film, sauf que l'intrigue se passait alors qu'elle était collée (snif) avec d'autres élèves, et qu'ils se racontaient tous leurs malheurs. On trouvait ça tellement juste, cette manière d'aborder les problèmes des jeunes ! On se disait à cette époque, que les adultes n'étaient que des vrais cons qui ne nous comprenaient pas et que de toute manière, on vivrait toujours libres, à chopper des gonzesse et à rouler dans des caisses super ! Et moi je trouvais Molly Ringwald, super touchante dans ses rôles d'adolescente dépressive incomprise, pff, j'étais un écorché vif ultra sensible, la vocation était déjà là ! Et, je ne vous parle pas de Jodie Foster dans "La petite fille au bout du chemin" ou encore dans "Taxi Driver" parce que si je me mets à parler de Jodie, là je vais y aller de ma petite larme! Le malheur des autres me bouleversait, et Dieu que Molly et Jodie en avaient des malheurs, j'étais une vraie midinette (en chemise sudiste) à l'époque. Putain qu'on était graves ! On n'était pas cons au point de Clément le Nolife mais on était gratinés tout de même !
Et encore, en tant que natif du signe du capricorne, j'ai toujours été "moins jeune" que les autres ! Et si vous aviez connu Laurence, lorsqu'elle était adolescente et qu'elle sortait vêtue d'une minijupe de couleur fluo, chaussée de ses escarpins Myris, avec des boucles d'oreille en plastique rouge et les cheveux peroxydés, maquillée comme une ... euh, une voiture volée ! Encore une fois c'était l'adolescence et pour sortir au Macumba de Toul ou au Midnight Star 2000 de Foug, c'était l'accoutrement obligé sinon Laurence n'aurait pas choppé un seul mec et alors adieu les calins sur la banquette arrière de la Solara ! Laurence, qui à l'époque se croyait la réincarnation de Madonna quand elle chantait "Like a virgin" a aujourd'hui un autre avis quand on lui rappelle cette époque !
Alors certes, tous les ados et post-ados, ne sont pas aussi gratinés que Clément mais je persiste en disant que l'adolescence est vraiment l'âge bête !
Puis, comme il adore écrire, notre ami Gabriel, qui s'obstine à me cacher son prénom, persiste :
"Tout ça pour dire que je ne suis pas vraiment de votre avis. Quand je regarde dehors je vois (généralement) des ados qui prennent la vie bien à coeur, qui s'investissent dans des relations saines et qui ont une enfance et adolescence de plus en plus courte.
Au contraire, quand moi j'étais ado (donc il y a 5-6 ans), les types de mon âge avaient une mentalité de merde, de vrais connards."
Alors là, sincèrement, même si Clément est un cas pathologique, je considère qu'un ado qui prend la vie trop à coeur peut aussi devenir un cas pathologique. Je sis bouleversé parce ce que l'on fait peser sur les frêles épaules de la jeunesse. Qu'il s'agisse du "réchauffement climatique", du "dialogue nord-sud", ou encore du "commerce équitable", quelle tristesse de voir les jeunes surinformés et rendus responsables de tout ! L'adolescence, du fait que l'on s'intéresse au sexe opposé, est suffisamment bouleversante comme cela, sans que l'on prenne la vie trop à coeur !
A mon époque, je devais avoir seize ans, je me souviens que j'avais un ami dénommé Vincent qui prenait la vie très à coeur. Tellement à coeur, qu'un jour alors que nous déjeunions au café de la Mairie à Antony (qui est devenu un Mc-Do), il m'avait dit que lui ne déjeunerait pas afin de prendre conscience de ceux qui avaient faim dans le monde. Outre le fait que de ne pas s'alimenter, n'aidera jamais un biaffré, ce genre d'attitude est généralement annonciatrice de problèmes psychologiques plus ou moins graves. C'est ainsi, qu'une fois son bac obtenu, l'ami Vincent, arrêta ses études d'économie en plein cours pour s'engager dans je ne sais plus quelle cause. Il revient encore plus déprimé, et connut un petit séjour en HP où il fut placé à la demande de tiers. Aujourd'hui, Vincent est contrôleur de Gestion et ne prend plus la vie autant à coeur. Donc encore une fois, loin de moi l'idée d'imaginer que tous les jeunes seraient des "Clément", ce n'est pas pour autant que je souhaite aux ados de prendre trop la vie à coeur.
"Enfin je vous donne juste mon avis voilà tout. Je comprends le votre, mais à vous lire on a l'impression que vous vous basez sur cette unique vidéo pour vous faire votre idée."
Dites donc Gabriel, me prendriez-vous pour un âne ? Imagineriez-vous que je puise ma connaissance dans ce genre de vidéo ? Allons un peu de recul et apprenez à lire entre les lignes ! Votre avis m'intéresse mais ce n'est pas une bonne raison pour venir jouer les petits raisonneurs et me prendre de haut ! Je connais des tas d'ados, rassurez-vous ! Ils sont bêtes mais généralement attachants pourvu que l'on ne prenne pas au sérieux leurs lubies ! Souvenez-vous de ma chemise sudiste !
Enfin, Gabriel le jeune lorrain qui réfléchit, conclut par ces mots :
"Je tiens tout de même à vous dire que j'aime globalement votre blog, qui est intéressant à plus d'une mesure.
A bientôt,
Gabriel
PS : Ce message n'est absolument pas structuré et très mal écrit, j'en suis désolé. Mais je suis affreusement pris, et n'ai hélas pas le temps de mieux faire.
Amicalement.
PS 2 : Et vous, quel âge avez-vous :) ? Je ne vois que les 40 ans de votre profil mais je doute que ce soit vrai (c'est jeune je trouve pour un psy)"
Merci d'aimer "globalement mon blog", même si j'eusse préféré que vous l'aimassiez totalement ! De toute manière, ma devise étant "chacun mes idées", peu me chaut que l'on n'aime pas ce que j'écris. On peut au mieux consulter d'autres blogs, au pire, couper son PC et se mettre à lire ! Et toc ! Enfin, votre message est bien structuré et je vous sens intelligent même si votre côté raisonneur est un peu agaçant. Laurence, l'ex mannequin de chez Elite Models, avec qui je collabore sur ce site, qui est de Lorraine comme vous, et qui n'a pas sa langue dans sa poche, en lisant votre commentaire m'a même dit "il écrit plutôt bien, mais il se la pète vraiment ce petit trou du cul". "Trou-du-cul" est bien sûr affectueux. Je ne suis pas loin de partager son avis même si l'écrit, surtout dans par le biais d'un modeste commentaire, est un moyen difficile pour communiquer ses impressions comme vous le faites courageusement.
Enfin, concernant votre PS2, j'ai effectivement quarante ans depuis le 12 janvier 2007. Moi je trouvais cela vieux et je suis ravi que vous trouviez cela jeune. Vous concluez en me flattant et je dois vous dire que j'adore cela. Je pourrais aussi vous préciser qu'à trente ans, âge auquel j'ouvris mon cabinet, j'étais le même ou presque, de même qu'à vingt, voire plus jeune. J'ai toujours été d'une rare maturité ce qui fit dire bien souvent à mon ami, Olive (celui qui a réussi et roule en Touareg) : "ouais mais toi de toute manière t'es chiant". Effectivement, jeune je détonnais et détonais du fait de cette intelligence rare et de cette exceptionnelle lucidité, qui me rendent tellement admirable !
Dans tous les cas, je vous remercie pour votre long commentaire et espère que vous reviendrez me lire. Vous me dites ne pas avoir vu mon mail, alors qu'il est indiqué tout en haut de la page ! Ca c'est bien les jeunes, si nous n'étions pas là, nous les anciens, que feriez-vous ?
Amicalement
Philippe
PS : je tiens à vous dire que je ne cèderai jamais ma chemise sudiste même à prix d'or ! Et ne cherchez pas dans Google, à quoi ressemble une chemise sudiste parce que l'appellation était totalement usurpée ! Si vous n'avez pas eu quinze ans en 1982, vous ne pouvez pas savoir ce que c'est qu'une chemise sudiste et je vous méprise !
22 juillet, 2007
Vie de château ! Bis repetita !

En l'occurrence, il s 'agissait de celui de mon ami Urbain, qui rentre régulièrement dans ses terres angevines, afin de vérifier que son régisseur ne le gruge point. Ensuite il va faire un tour dans ses métairies et a pour chacun de ses manants un mot aimable. Et c'est chose agréable que de voir ces braves gens tellement heureux de voir arriver leur bon maître, leur bonne trogne rougeaude illuminée d'un large sourire. Il faut les entendre crier "Noël, Noël !". On est bien loin des conflits sociaux, des luttes de classes et autre billevesées de cet ordre ! Chacun à sa place et les vaches seront bien gardées dit le proverbe.
Voilà pourquoi, je n'ai pas posté depuis deux jours ! Vous avez du rester sur votre faim tandis que je festoyais et que je m'esclaffais aux bons mots des trouvères et applaudissais aux performances des jongleurs !
Qu'il est doux d'arriver dans un endroit où l'on se sente à l'aise, puis de choisir sa chambre parmi les vingt-cinq disponibles. Bien sur, j'ai pris une chambre de maître dans l'aile sud, tandis que l'ami Sean, qui nous accompagnait, se contentait d'une chambre plus modeste dans l'aile ouest, au dessus des communs. Il est bon, bien que nous soyons amis et fort proches les uns des autres, que certains usages perdurent. Sean a beau avoir une situation sociale et des revenus qui me font passer pour un mendiant, durant deux jours, tout était revenu normal, la nuit du 4 août, cette sinistre farce, n'avait jamais eu lieu.
Ce week-end, décidemment, en terres d'Anjou, nous ne sentîmes point les effets néfastes de cet évènement déplorable, que l'on nomme révolution française.
20 juillet, 2007
Résultats honorables pour la saison !
19 juillet, 2007
Laide époque, très laide époque !
Le quinze décembre dernier, la chaîne Arte diffusait une émission, intitulée "Génération exhibition" présentant différents portraits d'adolescents en phase avec notre époque. L'un d'eux, m'a particulièrement marqué, il s'agissait de Clément le nolife, présentant ce jeune Clément, âgé de dix-sept ans, planté devant son pc et nous montrant ses activités.
A première vue, on pourrait se contenter de se dire qu'il est laid, bête et terriblement grotesque ce qui est vrai mais insuffisant et finalement méchant. Il est aussi surtout pathétique, au sens premier puisque rappelons nous qu'en grec "patior" signifie "souffrance" et qu'en latin, ce même mot devenu verbe, signifie "subir".
Si vous 'avez pas vu la totalité de l'émission, vous pourrez la suivre en cliquant sur les liens suivants :
La totalité du reportage fait quarante-cinq minutes mais il mérite d'être vu ! Après, quand vous croiserez un ado, soit vous aurez envie de l'abattre à vue tant il vous semblera dangereux, soit d'appeler une ambulance ! Les abrutis diront que c'est le produit du libéralisme, c'est évidemment faux.
Mais bon, cela me fera des patients ! Après tout, je vis du malheur des autres !
Astrologie, cyclothymie, et Lancia Aurelia B24 !

C'est sans doute pour cette raison, que la première fois que je le vis, je devais avoir quinze ans, et c'était au ciné-club sur celle que l'on appelait encore FR3, j'ai eu une sorte de choc. En effet, je me reconnus dans les deux personnages, le timide Bruno Mariani, interprété par Jean-Louis Trintignant, que dans le sémillant Bruno Cortona, joué avec maestria par Vittorio Gassman. C'était un choc assez étonnant, comme une possibilité de voir le monde au travers de deux points de vue antinomiques et finalement complémentaires. Là, où certains n'auront qu'un point de vue, j'en ai toujours deux, ce qui m'aide à profiler les gens plutôt aisément, comme si mes deux points de vue antinomique me permettaient des les localiser à la manière d'un GPS.
Je n'ai depuis toujours pas eu d'explication sur cette curieuse césure, cette étonnante schyzophrénie qui n'en est heureusement pas une. Une célèbre astrologue, décédée voici quelques années, Joëlle de Gravelaine, expliquait que les gens comme moi, nés sous le signe du capricorne avec un ascendant bélier, devraient résoudre l'équation difficile consistant à atteler ensemble un curieux attelage formé d'un cheval de trait, le lent capricorne, et d'un cheval de course, le bouillant bélier.
Cette image m'a toujours amusée. La psychopathologie, beaucoup plus aride mais aussi plus scientifique dans son approche de la personnalité, explique que cette antinomie pourrait être une cyclothymie répondant aussi au joli nom de syntonie. Je vous avoue que, malgré ma profession qui devrait m'inciter à pencher vers la seconde explication, la perspicacité de l'astrologie me convient mieux !
18 juillet, 2007
Richou le déjanté ! Approche psychologique d'un trouble bipolaire !
J’ai de nombreux souvenirs avec Richard, de soirées mémorables. Ce type est le roi du n’importe quoi, toujours exalté, toujours prêt à faire n’importe quoi, se moquant des risques comme des conséquences. C’est une sorte de jeune chien fou, perpétuellement shooté à l’ecstasy et aux acides, qui ne ferait jamais aucune chose décente, toujours à deux cent pour cent. Lors d’une des dernières soirées de ma jeunesse que j’aie passé avec Richard, nous étions accoudés au bar d’une célébrissime boîte de nuit parisienne, totalement ivres mais dignes. Et d’un seul coup, je m’étais aperçu que Richard avait défait sa braguette, pour uriner tranquillement contre le comptoir, au nez et à la barbe des videurs énormes. Il est comme cela Richou, toujours dans la spontanéité. L’idée de se faire défoncer la tête par les cerbères puis de se faire jeter sur le trottoir, ne lui avait même pas effleuré l’esprit.
C’est le seul type que j’ai vu prendre seulement trois cours de deltaplane, puis s’introduire dans le local du club, piquer un delta, parce que l’instructeur ne le jugeait bien sûr pas suffisamment formé pour voler seul, grimper sur le causse qui domine Millau, et s’envoler pour se poser quelques heures du côté de Montpellier, dans un arbre. Ce type est totalement dingue mais c’est un agréable compagnon.
Samedi alors que nous redescendions de l’église pour reprendre nos voitures et aller à la réception, j’avertis Richard que sur ses trois enfants, il semblerait que le petit, Alberto, ne soit plus là. Et la seule réponse de ce déjanté fut de me dire : « ne t’inquiète pas, si c’est vraiment mon fils, il va retrouver seul la voiture. S’il ne la retrouve pas, et qu’il se perd, c’est que ce n’est pas mon fils, alors qu’il se démerde, c’est la sélection naturelle. ». Finalement, Alberto, âgé de sept ans, nous a retrouvé à la voiture. En fait de voiture, Richou possède une camionnette de manouche, avec deux sièges à l’avant pour lui et sa copine, et un sommier derrière sur lequel s’allongent les gosses. Quand on regarde par la porte de sa camionnette, on imagine les guitares accrochées et les chaises à rempailler entassées !
Juste avant, alors que nous attendions à la terrasse d’un café, l’heure de la cérémonie à la mairie, il était affalé sur sa chaise au soleil les jambes écartées en me disant que c’était drôle parce que la chaleur lui filait une érection. Comme je lui disais de se calmer parce que derrière nous, il y avait aussi des gens présents au mariage, avec de jeunes enfants, il m’a juste dit qu’avoir une érection était naturelle avant d’expliquer à sa copine d’écarter les cuisses parce que « cela lui ferait du bien à la chatte ». Comme je connais Richard depuis que nous avons seize ans, cela ne m’étonne même plus ni ne m’offusque.
Il se trouve que si Richard est totalement dingue, c’est aussi un type brillant puisqu’il est médecin. Ca surprend toujours les gens quand il le dit. Il faut même parfois qu’il sorte sa carte professionnelle, car sincèrement, personne n’imagine un médecin comme lui. Il est pourtant chef d’un service d’urgence dans un hôpital de province. Je rajouterai que c’est même un excellent urgentiste, pas un de ces geignards qui se plaint qu’ils font trop d’heures comme le docteur Patrick Pelloux, le héros de la canicule. Non, lui peut enchaîner les gardes de vingt-quatre heures, alternant les interventions sur des accidents de la route gravissimes et la drague des infirmières.
Mon épouse ne connaissait pas Richard mais je l’avais juste prévenue qu’il était gentil mais un peu spécial et de ne surtout pas s’offusquer de ses faits et gestes. De le considérer un peu comme un grand malade psychiatrique, pour lequel la science ne peut pas grand chose, et envers qui il faut avoir de la compassion plutôt que de la colère. Finalement, je crois qu’elle l’a apprécié même si l’avoir à notre table fut un poème parce que Richou, dit tout à tout le monde, sans réfléchir à rien. Parce qu’il peut être présent dans la conversation, puis passe à autre chose, immédiatement, et encore à autre chose, etc.
Juste avant le dîner, alors que nous prenions l’apéritif, la nouvelle copine de Richard, médecin comme lui, papotait avec moi. Dès qu'elle a connu ma profession (je n'ai pas une tête de psy), elle m’a interrogé pour savoir ce que je pensais de lui. Je lui ai répondu, que n’importe qui le trouverait barge, dérange, fou à lier, et pire encore, mais qu’il fallait, compte tenu de nos connaissances respectives, relativiser ce jugement. Je lui expliquais que le connaissant depuis longtemps, je n’attachais plus qu’une importance relative à ses frasques et qu’il était de toute manière très attachant comme beaucoup d’aliénés (je plaisante en employant ce terme !).
Je poursuivis en lui expliquant que compte-tenu de son mode de vie, on pourrait estimer que Richard a une personnalité borderline. Mais puisqu’il est médecin, plutôt bine inséré dans la vie, et sérieux malgré tout, on devait plutôt incliner vers un diagnostic de trouble bipolaire de type 2. C’est à dire que Richard n’est pas un grand maniaque avec des manifestations psychotiques mais seulement quelqu’un qui présente des épisodes maniaques classiques voire seulement hypomaniaques parfois, un type chez qui l’activité cérébrale déconne totalement, ce qui fait qu’il est totalement et perpétuellement dans les tours.
L’hypomanie est un ensemble de troubles caractérisé par la présence d'une élévation légère, mais persistante, de l'humeur, de l'énergie et de l'activité, associée habituellement à un sentiment intense de bien-être et d'efficacité physique et psychique. Il existe souvent une augmentation de la sociabilité, du désir de parler, de la familiarité, ou de l'énergie sexuelle et une réduction du besoin de sommeil ; ces symptômes ne sont toutefois pas assez marqués pour entraver le fonctionnement professionnel ou pour entraîner un rejet social. L'euphorie et la sociabilité sont parfois remplacées par une irritabilité ou des attitudes vaniteuses ou grossières. Les perturbations de l'humeur ou du comportement ne sont pas accompagnées d'hallucinations ou d'idées délirantes. C'est la plupart du temps, l'état de Richard.
La manie sans symptômes psychotiques se remarque par la présence d'une élévation de l'humeur hors de proportion avec la situation du sujet, pouvant aller d'une jovialité insouciante à une agitation pratiquement incontrôlable. Cette élévation s'accompagne d'une augmentation d'énergie, entraînant une hyperactivité, un désir de parler, et une réduction du besoin de sommeil. L'attention ne peut être soutenue et il existe souvent une distractibilité importante. Le sujet présente souvent une augmentation de l'estime de soi avec idées de grandeur et surestimation de ses capacités. La levée des inhibitions sociales normales peut entraîner des conduites imprudentes, déraisonnables, inappropriées ou déplacées. Dans ses très grands moments, j'ai vu ce cher Richard monter suffisamment dans les tours pour atteindre la manie, mais c'est plutôt rare.
Il existe aussi une manie avec symptômes psychotiques dans laquelle on note la présence, associée au tableau clinique du chapitre précédent, d'idées délirantes (habituellement de grandeur) ou d'hallucinations (habituellement à type de voix parlant directement au sujet) ou d'une agitation, d'une activité motrice excessive et d'une fuite des idées d'une gravité telle que le sujet devient incompréhensible ou hors d'état de communiquer normalement. Fort heureusement, ce n'est pas le cas de Richard.
Richard souffre simplement d’un trouble bipolaire unipolaire. Je ne pourrais affirmer s’il s’agit d’un type 1 ou d’un type 2, mais avec une immense chance, puisque Richard ne connaît que des montées folles de régime, sans pour autant connaître les moments dépressifs. Tout au plus, à certains moments, va-t-il ressentir une forme de tristesse sans gravité, repasser par un court moment de normalité, pour remonter ensuite brusquement dans les tours.
Comme nous l’observions, je fais remarquer à sa copine, que Richard ne peut faire une chose après l’autre, mais toutes en même temps. Ainsi, elle put observer qu’alors qu’il prenait une flûte de champagne sur un plateau d’une main, il prenait aussi un petit-four sur un autre, tandis qu’il se retournait en même temps pour parler à quelqu’un, tout en continuant à parler avec une première personne située devant lui. Sa copine me demande si je pense qu’on devrait le mettre sous thymorégulateur, type lithium ? Je lui réponds, que d’une part, c’est elle le médecin et que je me garderais bien de faire de l’exercice illégal de médecine, et que cela ne me paraît pas à l’ordre du jour parce que même si Richard est parfois un putain de barge, je le trouve aussi parfaitement heureux et intégré dans la vie. Je poursuis en disant, que sa pathologie étant parfaitement compensée, il ne m’apparaît pas utile de lui administrer ce genre de traitement mais qu’à mon sens, quand il vieillira, et qu’il ne pourra plus utiliser sa formidable énergie, il faudra effectivement qu’il se traite.
Elle me demande ce que j’appelle compensation en psychologie. Dans les faits, lui expliquai-je, la pathologie de Richard est relativement grave. Toujours à deux cents à l’heure, il est la plupart du temps en plein accès hypomaniaque avec de brusques et éphémères accents maniaques, ce qui l’empêcherait normalement d’être intégré socialement. Mais, comme c’est un type brillant, il a parfaitement compris que s’il voulait être heureux, il devait aménager sa vie autour de sa pathologie. Il a ainsi choisi les urgences, secteur dans lequel il peut travailler une semaine presque 24h/24H puis bénéficier d’une semaine de repos, ce qui coïncide presque avec sa pathologie et les cycles qu’elle lui impose.
Lorsqu’il est aux taquets, en crise maniaque (ou hypomaniaque), il est parfait pour les urgences. Qu’il s’agisse d’un accident de car avec soixante-dix blessés et vous verrez Richard passer de l’un à l’autre, diagnostiquant brillamment, apportant les premiers soins avec efficacité, orientant les blessés avec une rapidité ahurissante, sans jamais être fatigué. Dans ces cas là, ce type est une machine ! Il faudrait même proposer aux hôpitaux de ne recruter que des médecins ayant des troubles bipolaires pour les urgences ! Jamais crevés, travaillant H24, pas le genre de mecs à aller pleurnicher en cas de canicule !
Il a aussi choisi d’exercer dans une ville de province un peu perdue parce qu’il s’y sent mieux qu’à Paris, alors qu’il est parisien. Dans un grand hôpital parisien, un type comme lui, aurait été perpétuellement sanctionné, tandis que dans son trou, il est parfaitement bien noté, même si ces collègues le jugent totalement barré, tout en le trouvant aussi très compétent et adorable. Enfin, il ne subit pas le regard des autres et peut vivre dans la nature, comme il l’entend. Il a retapé une vieille baraque où il vit un peu n’importe comment. Quand il ne travaille pas, et qu’il est en plein accès maniaque, il peut se défoncer en faisant du sport, randonnée, ski, etc., de manière à consumer sa formidable énergie. Ainsi, comme j’explique à sa copine, Richard est certes un joli cas pathologique, mais suffisamment intelligent pour avoir transformé ce qui aurait pu être une immense souffrance et un grave handicap, en atout. Donc, je ne trouve pas utile de le traiter pour le moment.
Je lui demande alors si elle a vu le joli film, que dis-je l’admirable film de Dino Risi, « Le fanfaron » ? Elle me répond que non, alors je lui explique qu’elle devrait se le procurer rapidement et le regarder en observant précisément le comportement de Vittorio Gassman qui interprète, le personnage de Bruno Cortona. Dans ce film, qui restera à jamais mon préféré (seuls les déjantés maniaques ou dépressifs peuvent l'apprécier), Gassman, interprète avec brio, un personnage ahurissant, toujours en mouvement, irrespectueux, et totalement déjanté. A ce moment survient l’ami Richard nous rejoint de l’autre côté de la piscine et je lui explique que je viens de dire à son amie de regarder ce film, me dit que j’ai totalement raison. Curieusement, il m’explique que c’est son film préféré et il est capable d’en citer des extraits entiers. Il se reconnaît totalement dans le personnage du film et trouve que c’est une excellente manière d’appréhender ce qu’il vit quotidiennement et que les gens ont toujours du mal à comprendre.
Et le plus amusant, c’est que je n’avais jamais fait le rapprochement alors que j’ai du voir cent fois ce film sans me lasser. Il m’a suffit d’observer Richard, gesticulant, de l’autre côté de la piscine, pour constater qu’il était exactement pareil que Gassman dans « Le fanfaron ». Pourvu qu’il puisse toujours vivre à trois cents à l’heure, le plus longtemps possible, sans courir trop de risques, et encore c’est sa vie et il en fait ce qu’il veut, ni surtout en faire courir à son entourage, qu’on lui fiche la paix.
Rien de pire qu’un individu mis sous thymorégulateur sans bonne raison, qui enfin normalisé, ayant adopté des comportements conformes aux attentes de la société, se souvient avec nostalgie, combien les crises maniaques étaient fabuleuses, lorsque pris de folie, les neuromédiateurs s’affolaient dans le cerveau, bouleversant tout, engendrant une incroyable pression aussi fabuleuse que des réacteurs en post-combustion d'un avion au décollage, faisant croire que tout était possible et qu'il pourrait bouffer le monde.
Normaliser à tout prix les gens n’a aucun sens. Dans un monde libre, les malades mentaux ont parfois leur utilité. Les idiots du village trouveront toujours quelque chose à faire pour se rendre utiles et être intégrés à la collectivité et les maniaques pourront toujours exceller aux urgences.
Je souhaite donc à ce cher Richard de pouvoir vivre le plus longtemps possible avec sa pathologie !

16 juillet, 2007
Mariage du siècle !

Le mariage était superbe. Organisé dans un splendide château médiéval, l'organisation fut parfaite de bout en bout. Le mariage en tant que tel ne m'a jamais angoissé mais l'organisation d'un tel évènement était par contre au-dessus de mes forces. J'ai assisté aux préparatifs de ceux de mes amis.
Quel travail ! Location de salle, traiteur, faire-part, etc., un mariage est une fête monstrueuse, qui réclame aujourd'hui de solides compétences dans l'évènementiel. C'est pour cela, que pour le mien nous n'étions que deux, mon épouse et moi. C'est nettement plus simple et cela ne m'aura coûté que cent-dix dollars alors que celui auquel j'ai assisté a du coûter dans les quarante-cinq mille euros d'après mon estimation. Et encore, on peut sans doute rajouter dix-mille euros de plus ! Je ne saurais vous dire car il y a des différences entre Paris et la province.
Vous noterez au passage, que je suis un sacré gougnafier pour me laisser aller à d'aussi médiocres calculs, mais c'est mon côté boutiquier. Et puis, c'est une information passionnante, car c'est le prix que vous devrez maintenant payer pour un mariage afin de caser votre fille avec un type correct.
Celui auquel j'ai assisté ce week-end, battait tous les records. Cadre splendide, vins fins, champagne exceptionnel, bouffe excellente à profusion (j'aurais du emmener des sacs plastique et congeler de retour chez moi), DJ et régie lumière impeccables même si ces lâches sont partis à six heures et demie du matin nous laissant seuls et sans musique, feu d'artifice monstrueux auquel je n'ai pas assisté car je ne commémore jamais le quatorze juillet, piscine chauffée extérieure, salle magnifique à la décoration design et élégante, totalité des chambres du château retenue pour les invités qui peuvent ainsi boire comme des trous sans avoir à prendre la route, il ne manquait vraiment rien puisque même moi, j'étais là !
Les célibataires qui y ont assisté ont tous dit, qu'il leur faudrait laisser passer plusieurs mariages avant d'oser convoler, tellement la barre a été placée haut ! Se marier juste après, c'est prendre le risque de passer au pire pour un radin minable, au mieux pour un prolo pathétique.
Finalement, organiser un trop beau mariage, incite ceux qui n'en ont pas les moyens et qui y ont assisté, à rester célibataires. C'est bien dommage car si je suis un piètre organisateur, je reste un convive exceptionnel.
Je pense avec tristesse à tous ceux qui ne se marieront pas cette année et qui n'auront donc pas la chance de me compter parmi les invités. Je les plains vraiment !
12 juillet, 2007
Bon anniversaire !
J'ai illustré l'article avec un bouquet,même si je sais que tu aurais préféré une bonne bouteille de Mirabelle !
Mais bon, les usages font que ...
11 juillet, 2007
Longue vie et Tour de France !

J'ai donc appris que Henri X venait de souffler sa quatre-vingt quatorzième bougie, et allait toujours à la chasse, même s'il se contente d'accompagner les chasseurs, sans tirer lui même. Au terme d'une longue vie, Henri X, que d'aucun comme mon nouvel ami Patrice, qualifierait de "beauf hétéro de province", a accompli son devoir et peut même se réjouir d'être propriétaire d'une assez jolie maison que des esprits chagrins qualifieraient de modeste pavillon. Mais pour un cantonnier, une maison neuve de plus de cent mètres carrés avec tout le confort, c'est Versailles pour Louis XIV.
J'ai parfois rêvé d'une telle vie. Un jour pousse l'autre, il n'y a jamais rien de nouveau ou alors des choses infimes. Une voiture dure dix ans au minimum, puisqu'on s'en sert à peine. L'horizon se borne aux quelques communes environnantes et, c'est déjà une occasion de fête que de se rendre à Auxerre, la préfecture du département !
Pas de politique ou presque, même si en tant que maire, il faut parfois aller à la sous-préfecture. On vote bien sur mais en se disant, que quelque soit l'élu, son intervention n'aura que peu d'influence dans sa vie. De toute manière, que ce soit Nico ou Ségo quelle importance cela aura-t-il sur le potager ? Est-ce que les carottes pousseront plus vite ? Non.
Un métier simple et rassurant, uniquement rythmé par les saisons. Peu d'argent mais peu de besoins, peu de stress, un long fleuve tranquille qui nous berce de la naissance à la mort. Jamais de voyages parce que c'est inutile et que quelques mois après, on a déjà tout oublié. Alors pourquoi subir des fouilles dans un aéroport, faire la queue, supporter des gens qui ne parlent pas votre langue, si c'est de toute manière pour revenir à votre point de départ ?
Après tout, il y a la télé pour voyager, c'est gratuit et cela revient au même, ce sont aussi des images. Et puis, pour les loisirs, il y a aussi le café du coin, où on peut taper une belote entre copains. De temps en temps, un parisien égaré vient égayer notre vie, en nous parlant comme si on était débile et en s'émerveillant de tout et n'importe quoi. "Ooh une vache", ben oui c'est une vache.
Même si je ne m'intéresse pas au cyclisme, je me suis déjà surpris à rester scotché devant une retransmission d'une étape du tour de France, alors même que je ne connais aucun des coureurs. Je me laisse simplement bercer par les images des hélicoptères de France2, ces jolis paysages propres et accueillants. Et au détour d'un vallon, loin des grands axes, lorsque j'aperçois quelque village endormi, je me demande comment vivent ses habitants. Je me prends souvent à les envier.
J'ai décidément, j'en conviens un côté "beauf de province". Mais c'est peut-être le secret d'une longue vie tranquille.
Réponse à une lectrice !
Blogger, service avec lequel je publie, a une fonction brouillon qui permet d'écrire un article et de le garder en mémoire sans le publier. Par contre, à moins de faire un copier/coller dudit article au format brouillon et de le recopier ensuite pour le publier après, il est impossible de changer la date du brouillon si on décide de le publier tel quel.
C'est ainsi que si j'ai un brouillon daté du 5 juillet par exemple, et que je décide de le publier sous forme d'article, ce dernier sera daté du 5 juillet, même si je décide de le publier une semaine après. C'est bête mais c'est ainsi.
Il m'arrive aussi parfois d'ôter certains articles parce qu'après relecture, je ne les trouve pas bons ou alors peu congruents avec mon blog qui est déjà totalement incohérent. Lorsque l'envie me prend donc d'être sérieux, je fais du ménage, voilà tout, et un texte peut disparaitre. Cela reste toutefois rare, car même si je puis être très prolixe, je n'aime pas me déjuger en virant mes écrits, ça risquerait d'écorner mon narcissisme.
Il m'arrive par contre très souvent de réécrire mes articles. Comme j'écris principalement le soir, à la lueur d'une bougie sur une pauvre table bancale, et que je ne me laisse guider que par mon inspiration sans jamais rien préparer, je me laisse entrainer, j'écris, puis je publie aussitôt après une courte relecture. Toutefois, le lendemain, puisque la nuit porte conseil, lorsque je repense à ce que j'ai écrit, je ne suis pas forcément satisfait. Alors je me relis et modifie mon texte.
Plusieurs raisons à ces réécritures : soit que je trouve que j'aie mal abordé un sujet, soit que je me sois trouvé un peu trop "vif" dans ma démarche. Car si j'ai parfois la dent dure et "monte dans les tours", je n'aime pas pour autant être méchant ou blessant même avec les pires crétins chez qui je tente toujours de trouver du positif. Ne m'encensez pas, c'est ainsi, je suis né bon.
Alors, oui, parfois je réécris un article, qu'il s'agisse d'un détail, d'un paragraphe ou de la totalité ! Je n'aime pas préparer ce que j'écris. J'ai une idée et aussitôt je me mets à écrire, et le plan se déroule. Alors parfois, comme au piano, l'improvisation est bonne, parfois non. En général, dès la publication de l'article, je sais si je le réécrirai ou non.
Je salue la sagacité de cette aimable lectrice qui aura su remarquer mes petites manies en m'exclamant "que décidément les femmes ont l'oeil à tout". Toutefois, j'irai encore plus loin en lui assurant, que de toute manière, je fais ce que je veux, parce que c'est mon blog rien qu'à moi !
Ma devise reste : Chacun mes idées ! C'est simple et efficace.
10 juillet, 2007
Qui êtes-vous donc ?
Ce soir, cette personne s'est ainsi connectée à 22h27, heure française. Qui êtes-vous O visiteur mystère ?
Commentaire d'un type vraiment cool ! Patrice, mon nouveau copain, a la parole mais je lui réponds quand même !
Je me souviens que ce soir là (j'écris surtout le soir car je suis un couche-tard), j'étais particulièrement en verve. Je me suis donc lâché, parce que je m'amusais beaucoup, un peu comme si j'écrivais un sketche. Je ne sais pas si l'article vous aura plu, mais sincèrement, moi j'ai bien rigolé, et c'est le principal. Si j'ai eu la dent dure, je tenais à dire que je n'avais aucunement voulu me montrer méchant. D'ailleurs vous aurez noté, point n'est besoin de le préciser, qu'il y a des choses dont je ne me moque jamais. Notamment tout ce qui est inné, qu'ils 'agisse de l'apparence, des origines, de l'orientation sexuelle, etc.
Ah si, je confesse que j'ai bien du un jour faire un commentaire sur l'embonpoint de Xavier Bertrand. Mais c'était normal, dans la mesure ou ce monsieur est à l'origine d'un Programme National de Nutrition Santé, qu'il semble ne pas appliquer lui-même.
Cet article a suscité quelques commentaires. La plupart se moquaient de cette BlogaKademY. Pour ma part, l'évènement me laisse froid quoique non, même pas, puisque je trouve l'idée assez originale finalement. De plus, étant libéral, les personnes qui rédigent un blog, peuvent bien faire toutes les blogacadémies, avec ou sans k et y, du monde, cela ne me regarde pas. Si elles y trouvent leur plaisir, pourquoi pas ?
Bien sur, en tant que glandeur impénitent, habitué à ne vivre que sur mes facilités, en travaillant le moins possible, je resterai, même à mon grand âge toujours suspicieux envers ceux qui travaillent. Je dois avoir vis à vis du travail l'affèterie d'un aristocrate obligé d'aller au turbin. Mais bon, quand il le faut, il le faut, et je sais retrousser mes manches, faire contre mauvaise fortune, bon coeur, comme l'on dit. C'est sans doute pour cela que j'ai considéré d'un oeil suspicieux ces gens qui mettaient beaucoup de sérieux dans une entreprise somme toute assez frivole puisqu'il s'agit d'un loisir.
Patrice, que j'ai mis dans le viseur et allumé dans cet article, m'a répondu. J'ai bien sur publié son commentaire, c'était la moindre des choses. Son commentaire étant toutefois très long et très argumenté, j'en profite pour en faire un article dans lequel je lui réponds. Dans la mesure où il ne s'agit pas d'un droit de réponse, en vertu de l'article 13 de la loi du 29 juillet 1881, j'ai le droit de le commenter.
Ainsi, mon très cher Patrice en m'écrivant, tu m'auras permis de rédiger mon article quotidien. Entre parenthèses et en italique figurent mes réponses.
Patrice a dit...
1. je ne suis pas un lèche cul de Loic et il est encore moins mon chef, je n'ai pas la prétention de l'égaler,j'ai fait cette video pour m'amuser !
(Non, il n’est pas ton chef dans la mesure où il n’existe pas entre vous de lien de subordination au sens qu’en donne la jurisprudence (Cass. soc., 13 novembre 1996, Bull. civ., V, n° 386). Mais, je te sentais motivé tout de même ! Vidéo en anglais, Webcam achetée pour l’occasion, il y a eu de sacrés efforts tout de même !
Et puis tu dis me que tu t'amuses, et ce faisant tu te justifies. Tout de même, la précision concernant les hôtels classieux du bout du monde, n'était pas nécessaire dans le cadre de cette vidéo, non ? N'aurais tu pas eu envie aussi de jouer les beaux et de te la péter un tout petit peu mon fils ? Avoue au père Philippe, repens toi de ce péché d'orgueil ! Sacré Patrice, Luxury options, full packs and great hotels !
Et puis, ton blog nous présentant des photos de tes amis (publiques, tu n'as pas choisi les moindres. Et hop on se pavane avec Monseigneur Machin, et hop on se fait trier le portrait chez l'ambassadeur des Etats-Unis. Tss, cela ne sent pas la simplicité. )
2. Je ne suis pas adepte du tuning, ni de la frime en BMW et je ne vais pas acheter un 4x4... mais une autre BMW de la même catégorie car j'aime son style, sa sécurité et je suis plutot pépère coté conduite.
( Rassure-toi, je me doutais que tu n’étais pas un adepte du tuning, ni de la frime. Tu aurais pu comprendre que je plaisantais. L’acheteur Mercedes ou BMW est avant tout ce que tu dis, quelqu’un gagnant bien sa vie, adepte de confort de sécurité, de performances et de statut social. Moi, je roule bien en Saab !
Mais bon, le côté « What i’m doing » est tout de même super rigolo non ? Et le fait que tu déclares y vendre ta Béhème a un petit côté m’as-tu-vu qui fait tout de même rigoler, en tout cas moi et d’ailleurs pas que moi. Ceci dit ma chère collaboratrice Laurence a trouvé le truc génial puisqu’elle t’a honteusement copié pour vendre sa Citroën Saxo série limitée K-WAy.)
3. Concernant mon anglais, j'ai essayé de m'adapter à des mecs comme toi qui croient le parler.
(Je n’ai jamais dit que tu parlais mal anglais. Si j’ai parlé de l’accent compréhensible, c’était pour ne pas rebuter mes lecteurs face à une vidéo en VO ! tu as certes un excellent accent mais ce ne serait pas te choquer que te dire que tu ne parles tout de même pas comme un texan ? Ne soit pas paranoïaque ! Bien au contraire, on sentait le mec à l’aise et le débit est fluide. D’ailleurs à la fin de la vidéo, tu cherches tes mots, ce qui prouve que tu n’annones pas un texte préécrit. A la limite, ce qui pourrait me faire rigoler, c’est qu’au pays de Rabelais, deux français (Vuillard et Le Meur, c’est tout de même bien français non ?), puissent communiquer en anglais.
En Sup de co, j’avais ainsi une prof d’anglais, française mariée à un américain, qui lorsqu’elle me croisait dans les couloirs, tenait à tout prix à me parler anglais ! Je lui ai toujours répondu en français. Un jour, alors qu’elle s’étonnait de mon obstination, je lui ai simplement répondu qu’elle et moi étant français, c’était bien plus pratique pour nous deux de nous exprimer dans notre langue maternelle et qu’au demeurant même si j’étais persuadé que l’apprentissage de l’anglais était un plus, je n’allais tout de même pas me transformer en soumis.
Pour le reste, c’est vrai que si je le lis bien et l’écris plutôt correctement, je n’aime pas parler anglais. J’ai un accent déplorable. Sans doute aurais-je un meilleur accent anglais mais l’accent américain me fait fuir car je le trouve inesthétique et terriblement vulgaire. De plus, je suis très ambigu, alors que je me suis marié aux USA et que j'y vais très souvent, je ne peux m'empêcher de garder un vieux fond d'anti-américanisme un peu stupide, ce doit être mon côté franchouillard. Par contre je parle plutôt très bien espagnol et toi ?
Dans tous les cas, pourquoi te montrer agressif envers moi ? Ai-je tenté une seule fois de te concurrencer ni de dire que j'étais meilleur que toi ? Nenni, j'ai un train de vie inférieur au tien et je parle moins bien anglais, j'en suis conscient ! C'est d'ailleurs pour cela qu'il ne me reste que mon mauvais esprit, l'arme des pusillanimes.)
4. Concernant mon blog, je suis absolument désolé de respecter la législation en y mettant des mentions légales OBLIGATOIRES. Au risque de te décevoir, je ne brigue aucune fonction élective, j'aime trop profiter de la liberté dont je jouis.
(Allons, allons la législation ! Tss, certes tu as raison mais l’Internet est aussi un espace de liberté où l’ont peut aussi oublier les lois, l’espace d’un instant non ? Ayant lu ce que tu écris dans ton blog, j’imagine, que tout comme moi, tu as suffisamment d’autocontrôle et de sens moral, pour qu’un état despotique n’ait pas en plsu besoin de te tirer l’oreille ? Ce doit être notre différence fondamentale. Tu es UMP et je suis libéral. Ca pourrait sembler identique mais il y a pourtant des différences fondamentales. Le libéralisme, dans le sens aristocratisme libertaire est-il applicable politiquement ? Je n’en suis même pas sur, et sans doute que le mieux que l’on puisse avoir, est un programme UMP. Pourtant, je reste fondamentalement libéral ce qui fait que les mecs de droite me prennent souvent pour un gauchiste !
Pour les fonctions électives tu as raison. Je suis comme toi, j’aime ma liberté. Mais peut-être que je vais vraiment présenter aux municipales. Mon Maire, que je connais bien, m’emmerde un peu ces derniers temps, alors j’ai envie de me présenter face à lui. Comme je le lui disais, ce qui sera rigolo, c’est que nous serons du même bord, face-à-face. Donc à part lui piquer des voix et le faire perdre, pour installer la gauche, je n’en tirerai finalement aucun bénéfice.
Mais mon idée ne le fait pas tellement rire. J’ai un peu l’habitude des élus, pour savoir que leur degré d’écoute de vos problèmes ne dépend que de votre capacité de nuisance. Comme je lui disais dans son cabinet, au bout de quatre mandants de six ans, « ça va vous faire drôle de retourner bosser comme nous, je vous le promets ! ». Il n’a pas ri du tout mais s’est montré plutôt conciliant. Comme il me connaît bien et notamment mon très mauvais esprit, il sait qu’à défaut de gagner, je peux le faire perdre avec certitude et qu'en plus j'y prendrai grand plaisir. C’est amusant ce pouvoir consistant à empêcher un élu d’être réélu, ça ferait presque croire en la démocratie. Mon attitude n'est certes pas constructive, mais l'étant dans ma profession, j'ai bien le droit de faire joujou durant mon temps libre.
D'ailleurs pour ton blog, c'est vrai que tu respectes tout bien comme il fait. La législation et la ligne du parti. Tu reprends les propositions de l'UMP avec une orthodoxie qui ferait pâlir d'envie tout vieux stalinien, s'il y en avait encore en vie. Toutefois te permets-tu d'ajouter un petit côté didactique sympathique, permettant à tes lecteurs de comprendre en quoi, l'UMP est bien, et pourquoi il serait mal de s'en écarter. Ca fait un peu cellule du PCf, mais bon, sur ce coup, tu es libre en tant que rédacteur, tu as tes lecteurs et j'ai les miens.
Et puis, c'est bien, parce que tu crois encore au système social à la française. Sur ce point, même si je n'adhère pas à TOUT ce qu'elle écrit, je préfère les propositions de Laure qui ont l'avantage d'être novatrices et libérales, et aussi parce qu'elle ose, et que tu sais bien que Dieu vomit les tièdes (Apocalypse 3, versets 15 et 16) .
Moi, je trouve que le côté "libéral et social" que tu vantes sur ton blog a un petit relent de "Révolution nationale" que n'aurait pas désavoué le Maréchal. Je sais, c'est facile mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Non, dans les faits, le projet est un peu pompidolien, passéiste et étatiste. L'individu bosse mais l'état est là qui veille sur tout. Ainsi, on travaille, car le travail est une valeur vantée par le parti, mais surtout on marche dans les clous et on n'explore pas d'autres voies ! C'est bien trop gestionnaire et étatique pour me convenir.
Mais ce que j'en pense hein ? C'est ton droit le plus strict de défendre tes idées.)
5. Pour Second Life, où je passe un certain temps, j'y suis plus par obligations que par plaisir.
(Alors là, j’ai tenté une fois d’y aller mais je n’y suis pas parvenu. Soit je suis trop con, soit c’est trop compliqué. Je trouvais amusant d’aller voir ce qui se passait là-bas. Mais peut-être m’expliqueras-tu toi qui connais si bien ? Bon, je sais à peu près ce qui doit se passer car comme le dit l’Ecclésiaste, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. J’ai même l’habitude de dire que 99,99% des gens sont prévisibles. Est-ce du à ma profession ou à un talent particulier, je n’en sais rien. Alors Second Life n’a sans doute rien de folichon une fois qu’on y a fait un tour.
Pour autant, je ne pense pas qu’on puisse passer plusieurs heures par jour quelque part simplement parce que l’on y est obligé. Là tu me pardonneras mais je reste circonspect. Je pourrais l’imaginer venant d’un pauvre type enchaîné à l’usine mais pas d’un diplômé du supérieur. Dans tous les cas, si au niveau qui est le tien, tu ne prends pas de plaisir à bosser, c’est triste et dommage. Méfie toi, la décompensation est parfois sévère.
Ceci dit j'ai cru comprendre que tu animais le site de l'UMP sur Second Life, c'est cela? Moi je trouve désespérant qu'un parti de pouvoir, se commette dans ce genre de trucs à la mode. J'attends un peu plus de respect et d'authenticité d'un parti gouvernemental. L'UMP se dit Gaulliste, mais, même si le Général avait un côté opportuniste (cf Algérie), je gage qu'il ne serait pas allé faire le pitre sur Second life. D'ailleurs que représente vraiment Second Life ? Un phénomène de société ou bien une énième machin bobo ?
Que veux-tu mon côté aristo me fait toujours espérer l'homme providentiel plutôt que le gérant de boutique prêt à tous les coups marketing. C'est sans doute pour cela que j'aime autant la politique que je la déteste.)
6. Mon argent j'en fais ce que je veux et j'emmerde ceux qui seraient jaloux.
(Alors là-dessus, on se rejoint totalement même si j'aimerais bien avoir plus d'argent pour faire ce que je veux et non ce que j'en veux. Mais à mon sens tu as tort, car l’état passe avant toi. Donc tu aurais du dire, l’argent que me laisse la puissance publique, j’en fais ce que je veux. Et même, c’est encore assez faux. Si le plaisir venait de te droguer tu ne pourrais pas. En effet, un vice est considéré comme un crime dans notre pays.
J'ai cru noter en voyant ta photo, que tu avais un certain embonpoint et j'en déduis que tu aimes bien manger et moi aussi. As-tu noté que maintenant, dès qu'une publicité passe pour ce que tu aimes bien, les trucs caloriques, on te fait encore la leçon en te rappelant à l'ordre. Ca c'est une idée brillante de Xavier Bertrand, ex ministre de la santé issu de ton parti, destinée à endiguer les dépenses du système social que tu soutiens.
Alors, à quand l'interdiction des bons trucs gras et caloriques ? Donc, il serait plus juste de dire que l’argent que te laisse l’état, tu en fais ce que tu veux, pourvu que tu le dépenses dans un cadre légal fixé par ceux qui savent ce qui est bon pour toi. )
7. Et pour finir, je ne suis pas célibataire, en couple depuis 19 ans, et circonstances agravante pour les heteros beauf de province dont tu semble faire partie, gay!
(Je me doutais que tu étais en couple. De plus tes convictions chrétiennes me donnaient à penser que tu n’étais pas du genre à courir le guilledou. Rassure-toi, je sais reconnaître un chaud lapin, d’un type sérieux ! Aussi, n'ai je jamais rien prétendu de tel !
Moi, je suis en couple depuis treize ans. Alors c’est vrai, c’est moins que toi, mais j’ai une excuse, je suis plus jeune semble-t-il. Pour le reste, tu me traites donc de beauf de province. Là tu sors de ton cadre chrétien de référence, puisque tu me juges et c’est contraire aux évangiles : « Tu ne jugeras point par crainte d’être jugé ». Mathieu 7:5.
De plus, si j'aime moquer les nazes qui se prennent trop au sérieux, je pense avoir beaucoup de tendresse pour les "beaufs", qui sont souvent les laissés pour compte d'un système élitiste faisandé, qu'il soit de gauche ou de droite. Manquer d'éducation ne signifie pas être stupide et tu serais stupéfait de l'acuité avec laquelle certains que tu qualifierais de "beaufs" dans ma clientèle, juge le monde. Comme l'écrivait Audiard dans "un taxi pour Tobrouk", de toute manière "un con qui marche ira toujours plus loin que deux intellectuels assis".
De plus tu fais part d’un atroce parisianisme. N’y-a-t-il pas de beaufs à Paris ? Sont-ils mieux que ceux de province ? Et toi, dis moi franchement, depuis quand es-tu à Paris ? Si j'en crois ton blog, tu y serais venu à l'âge de vingt ans. Ce genre de réflexion sent un peu le paysan qui a encore de la terre sous les sabots mais ne veut pas que cela se sache ! Ca sent le complexe !
C'est stupide je trouve, il y a plein de superbes quartiers très typés à Paris, Montparnasse pour les bretons, la Gare de l'Est pour les Lorrains et les Alsaciens, et la plupart des cafés sont tenus par des Auvergnats ou Aveyronnais qui affichent fièrement leurs origines en mettant des photos de vaches Aubrac.
Alors pourquoi ce complexe de supériorité vis à vis de la province ? Là, pour le coup, c'est toi qui fais du mauvais esprit. Et ce que tu dis jamais je ne l'aurais écrit car je ne le pense pas. Autant je puis avoir la dent dure contre ceux qui se prennent, à mon sens, trop au sérieux, autant il ne me viendra jamais à l'idée de me moquer d'un état de fait tel que le physique, l'origine sociale ou ethnique, etc. Je l'ai d'ailleurs mis en tête d'article. J'ai un côté bon samaritain évident.
Enfin, ta phrase étant mal construite, j'ai cru pendant un instant que tu me traitais de gay et je me demandais d'ailleurs pourquoi ?! Après avoir défendu les "hétéros de province", moi qui ne suis pas provincial, j'allais donc m'atteler à la défense des "gays", alors que je ne le suis pas.
Je viens juste de saisir que tu me disais que c'est toi qui est gay et, que c'est moi, que tu traites d'"hétéro" te lançant dans une misérable caricature dans laquelle, toi l'être délicat serait forcément moqué par moi, homme frustre !
Non, je ne suis pas gay effectivement, bien qu'en France on puisse dire Homosexuel, car je te rappelle à toi l'anglophile avéré, que nous avons aussi une langue, d'ailleurs autrement plus précise que l'anglais. Puisque tu me juges "hétéro" et non "straight", tu peux te dire "homo" et non "gay", on comprendra aussi, rassure-toi ! A ce propos, n'est-ce pas monsieur Toubon, un UMP, qui en son temps, fit une loi pour protéger la langue française des trop nombreuses incursions anglo-saxonnes ?
Je suis né hétéro mais effectivement j'aurais pu naître gay, c'est un fait. Par contre, tu me fais un odieux procès d'intention, quasi-stalinien, en imaginant que je vais mal te juger du fait de ton orientation sexuelle et ce uniquement parce que je suis hétéro comme tu dis. Tu te lances dans la caricature, comme moi, mais en restant dans le premier degré ce qui est autrement plus préoccupant.
Rassure-toi, je ne tomberai pas dans ton travers. Tu peux te victimiser si cela te chante, moi je m'en fous. Comme disait ce cher Napoléon 1er, le droit doit s'arrêter au seuil de la chambre à coucher ! Les députés UMP feraient bien de s'en souvenir, eux qui firent voter pas mal de lois liberticides. Alors que tu sois gay ou ce que tu veux, je m'en tape, c'est ton affaire ! D'ailleurs, il ne me semble pas avoir fait une quelconque référence à ce sujet dans mon article.
Toutefois, toi qui joue la victime, je te trouve bien minable d'oser me traiter d'"hétéro beauf de province". Est-ce parce que mon orientation sexuelle, n'est défendue par aucune loi liberticide, et que de ce fait je ne bénéficie d'aucun régime de faveur, que tu te permettes ainsi de m'insulter ?
Si une loi, me protégeait des "propos hétérophobes", je gage que tu te serais abstenu, toi le légaliste. D'ailleurs, toi le militant UMP, je te trouve bien imprudent, puisque tu soutiens un parti politique de gouvernement visant à une forme d'universalité, en représentant tous les citoyens et uniquement des citoyens, de stigmatiser ainsi les "beaufs," les "provinciaux" et les "hétéros".
N'est-ce pas ton chef pourtant, Nicolas Sarkozy, qui a souhaité que nous en finissions avec le communautarisme ? C'était même une excellente proposition allant dans le sens d'un apaisement. Tu devrais écouter le chef parce que tes propos commencent à être lassants en 2007. Que faut-il que je fasse pour ôter toute suspicion ? Un "certificat citoyen de bonne pensée" ? Ou alors dois-je te fournir un certificat émanant d'un pote homo attestant que je n'ai pas pratiqué de discrimination antigay ? Que j'affiche le Rainbow Flag sur mon blog ? Sur ce coup, tes propos sont déplorables, stupides, insultants et indignes. Là tu sombres dans l'argumentaire de mec de gauche !
Et puis, merde à la fin, c'est toi qui est militant UMP et pas moi ?! C'est toi qui soutiens un parti qui a piqué l'essentiel de son programme électoral au FN, pas moi ! Alors ça suffit ces procès d'intention ! C'est pénible à la longue ! Tu vois que si cela m'amuse, je peux aussi pratiquer e genre de procès d'intention en assimilant tes préférences politiques au fascisme !
Pour conclure sur ce point 7, "aggravante" s’écrit avec deux « g ». "Hétéro" prend des accents aigus car en français contrairement à l’anglais, nous avons une accentuation, meêm quand il s'agit d'"hétéros de province". Enfin, à la seconde personne du singulier, il faut un « s », il aurait donc fallu écrire « tu sembles » Et pan dans les dents, ça t'apprendra à me traiter de provincial et d'hétéro. Non mais !)
A part cela, je suis ravi que ma video ait retenu ton attention, cela semble prouver qu'elle est peut être la plus "remarquable" !
(Ah oui, sincèrement, si j’avais du voter, j’aurais voté pour toi. Et sur ce coup-là, je suis sincère je te le promets ! Ton anglais est excellent quoique je le trouve inutile, tu fais une proposition claire et intéressante puisque Second Life est un phénomène médiatique autant que méconnu qui excite l’imagination. Enfin, ton âge et ta réussite personnelle sont des gages de sérieux indéniables.
Je trouvais simplement rigolo qu’un type de ton expérience ait besoin de collaborer alors que tu aurais pu créer ton blog tout seul et avoir de l’audience. Je suis sur que tu aurais eu des liens importants compte-tenu du sujet que tu abordes.
Et sans doute que Loïc t'aurait mis en lien sur son blog. Mais n’est pas entrepreneur qui veut, c’est quelque chose qui a été étudié. Ceci dit il ne s’agit pas d’une critique, il y a des meneurs et des suiveurs, l’important étant de trouver sa juste place. Et là non plus, il ne s'agit pas d'une moquerie.)
Si elle t'a apporté un peu de gaitée dans ton monde gris, triste et débordant d'aigreur, tu m'en vois ravi.
(Oui, ta vidéo m’aura fait sourire. Quoique, non pas vraiment. Ta vidéo est neutre, même si finalement j’y vois beaucoup de qualités, je n’en disconviens pas (cf. ci-dessus). Non, ta vidéo aura simplement été un catalyseur qui m’aura permis de m’amuser en tant qu’auteur nocturne d’un article.
C’est stupide mais mon mauvais esprit aura fait le reste. Je n’ai accompli qu’un travail de caricaturiste en forçant quelques traits.
Sans doute que ce qui m’a excité, ce n’est pas tant que tu sois sérieux, je le suis aussi, mais que tu prennes autant au sérieux cette sélection. J’ai subi un traumatisme irréversible de la part de gens trop sérieux durant mes études. Peut-être même que je trouve suspect d’être trop sérieux. Comme le bon Erasme, dans son "Eloge de la folie", je trouve que « rien n'est plus sot que de traiter avec sérieux de choses frivoles ; mais rien n'est plus spirituel que de faire servir les frivolités à des choses sérieuses ». Au fait gaîté s’écrit ainsi et non comme tu le fais.
Sinon, mon monde n’est ni triste, ni gris, ni débordant d’aigreur. Mais je te remercie de t’inquiéter pour moi.
Quoiqu’à la réflexion, tu aies peut-être raison ? Tu es un homme d'expérience après tout. Le monde est effectivement gris et triste dans notre beau pays parfois ne trouves tu pas ? Mais je ne me trouve pas aigri, ça non, sinon je ne ferai pas mon beau métier car crois-moi il faut avoir
Et puis, puisque nous sommes entre catholiques, le Christ en croix n’a-t-il pas dit lui même « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as tu abandonné ? Mt 27,46 //Mc 15,34. Alors si le Christ doute, j’ai aussi le droit de douter. Je pense que le doute fait progresser. Ne doutes-tu jamais toi-même ? Mais rassure-toi, je remonte toujours en selle. Ce doit être du à mon ascendant bélier, c’est irrationnel d’y croire mais file une pêche incroyable un ascendant bélier.)
J'allais oublier, merci pour la pub que tu fais à mon blog. Et le gris de Toul est un bon petit vin que j'apprécie.
(Je t’en prie, je vais même aller plus loin et te mettre en lien. N’est-ce pas un geste de grand seigneur ? Tandis que je n'ai été que caustique à ton égard, et encore dans le cadre d'un article circonscrit, tu as parfois été insultant à mon endroit. Mais, bon prince je passe l'éponge. Tu vois je viens même de me connecter à ton blog afin de faire un copier coller vers mes liens. Ayant lu tes articles, je me suis même permis de laisser deux ou trois commentaires. Sympa non ?
Quant au gris de Toul, oui c’est Laurence, ma charmante collaboratrice, recrutée sur photos, qui me l’a fait connaître, puisqu’elle naquit là-bas au milieu des vignes du toulois en l’an de grâce 1971. C’est un excellent vin blanc sec qui mérite d’être connu. Sur ce point, nous sommes d’accord.
C'est déjà une bonne base de départ car je ne puis croire qu'un type qui apprécie le Gris de Toul soit un mauvais bougre malgré ses propos hétérophobes. Ceci dit souviens-toi, que toi qui dit aimer la liberté, mais qui dans le même temps respecte scrupuleusement la loi de 1881 sur la presse, nous sommes tenus de préciser que le Gris de Toul est à boire avec modération et que l'alcool est super dangereux pour la santé. )
Patrice Vuillard
(Philippe)
Je ne puis que remercier Patrice de m'avoir laissé un si long commentaire. S'il y a un truc qui m'aura fait plaisir, c'est qu'il me tutoie. Je trouve cela plutôt sympa dans le principe. Patrice a su rester djeun et direct.
Toutefois, à la lecture de ce qu'il m'écrit, je suis tout de même saisi d'effroi ! Alors que j'ai certes eu la dent dure, j'ai fait du mauvais esprit, ce dont je suis très conscient comme le prouve le titre de cet article, n'a-t-il pas été, lui, particulièrement méchant à mon endroit, me traitant de beauf de province et de frustré t osant même se lancer dans une diatribe hétéro ! C'est drôle, j'ai parfois a dent dur,e je peux être cynique, faire preuve d'un total mauvais esprit, mais il ya des choses que je ne me permettrai pas. Les pires ne sont finalement jamais ceux que l'on imagine. Méfions nous des apparences.
" […] Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez ". (Mat 7/15-20)
Mais bon, malgré tout cela, la vie étant pleine de surprises, si cela se trouve, on va finir par boire un coup ensemble et devenir deux bons potes ! On commandera notre Gris de Toul chez le même producteur, on se refilera des adresses de bon restaus, des plans pour acheter des jantes BBS moins chères pour nos caisses, il me fera inviter à la garden party de l'Elysée, etc.
So long Pat ! Et sans rancune !
Intermède musical ! Un autre !
Moi, je m'en fous, car tout comme Gene Kelly, qui s'il était encore en vie, penserait certainement que le réchauffement climatique est une vaste escroquerie, je chante sous la pluie, je me moque des nuages et j'emmerde les cassandres et tous les prévisionnistes de mes deux!
(55 ans et pas une ride !)
(Je dois avouer que je suis vraiment beaucoup plus gracieux que Gene Kelly !)
Soumis, crétins et crédules !
Ce matin, je reçois un patient, un jeune homme âgé de trente-cinq ans, intelligent et bien sous tout rapport. La pluie ne cesse de tomber. Au moment de partir, il regarde par la fenêtre de mon cabinet et me dit qu'il va être trempé en allant jusqu'au métro. Il rajoute que c'est un sale temps pour un mois de juillet avant de se rétracter, sans doute mu par un réflexe citoyen, intervenu juste à temps, avant qu'il ne commette un sacrilège irréparable. Un peu comme s'il avait pu imginer que j'étais un quelconque commissaire politique chargé de le dénoncer en tant que déviant pour avoir critiqué le fait qu'il pleuve !
C'est pour cela qu'il rajoute aussitôt : "C'est sûr que ce n'est pas un temps agréable pour le mois de juillet mais enfin, je prends mon mal en patience, je me dis que cela fait du bien à la planète".
Histoire de l'emmerder un peu et de le mettre face à sa réflexion stupide, je lui demande en quoi cela fait du bien à la planète ? En rajoutant que le fait qu'il pleuve ou non, ne changera pas le destin de la terre, qui a existé avant nous et existera sans doute après. Je rajoute aussi qu'il existe un cycle des saisons et que si les étés sont généralement chauds, c'est que c'est important pour les cultures, et que tant de pluies sont nuisibles.
Il annone alors le catéchisme citoyen en me parlant un peu du réchauffement climatique. S'il n'a rien compris à ce que lui matraque la propagandastaffel à propos du climat, car c'est terriblement complexe, il est en tout cas parfaitement en conformité avec le credo actuel et peut ainsi m'expliquer que le climat se réchauffe du fait de l'activité humaine et qu'il est donc bon, d'accueillir avec joie, tout évènement climatique tendant à contrer ce réchauffement.
Je poursuis en lui disant qu'en gros, le fait qu'il pleuve en juillet l'emmerde totalement, mais qu'en tant qu'être humain, il se sent tellement coupable du mal qu'il fait à la terre, qu'il accueille avec joie la pluie, comme une forme de punition de nature à lui ôter sa terrible culpabilité.
Il réfléchit deux secondes, me sourit et me dit que c'est stupide mais que c'est à peu près cela. Il se sent un peu idiot. Je le salue en le raccompagnant jusqu'à la porte, non sans lui avoir chaudement recommandé d'aller prier au pied du premier arbre qu'il rencontrera en demandant pardon pour tout le mal qu'il fait chaque fois qu'il utilise les bienfaits de la télévision.
Sur le pas de la porte, il me demande si je ne crois pas au réchauffement climatique. Cela lui semble totalement fou et déviant d'oser refuser cela. Je lui aurais avoué que, le soir venu, je me dessinais au feutre une petite moustache carrée, que je me faisais une mèche, et que je défilais au pas de l'oie dans mon jardin, le bras orné d'un brassard à croix gammée, qu'il n'aurait pas semblé plus choqué.
Aujourd'hui, oser doutes de la thèse du réchauffement climatique, c'est un peu comme dire que l'art contemporain est une vaste escroquerie, on est tout de suite taxé de fascisme. Faut vraiment faire gaffe, on aurait vite fait de se retrouver dans un camp de rééducation par la pensée comme au bon vieux temps de Pol Pot et de ses potes khmers rouges !
Je poursuis toutefois en expliquant à mon patient, que l'on n'est pas, en l'occurrence dans un phénomène de croyance mais dans un débat entre des tenants et des opposants au réchauffement climatique et que dans ce cas, on est tenu non pas de proposer un catéchisme citoyen cucul mais des preuves scientifiques et que je ne suis pas convaincu. Avoir un avis sur le climat n'est pas une affaire de croyance, qui relèverait plutôt de la foi, mais de savoir qui relève de la science objective. Ayant quelques années de plus, je lui explique que lorsque j'étais plus jeune, on nous vendait la glaciation.
Sur ces bonnes paroles, nous nous sommes serrés la main et il est reparti. J'aurais bien sûr, pu fermer ma grande gueule mais sur certains sujets, cela m'est carrément impossible.
Si en France le catholicisme recule, l'animisme progresse. Que voulez-vous, il faut bien croire en quelque chose et Gaïa, la nouvelle déesse terre, est certes bien plus cruelle que notre Dieu chrétien, mais tellement plus accessible pour des crétins.
Quand les masques tombent !
"Portrait d'un gentilhomme génois, dit à tort Portrait de Livio Odeschalchi"Anton van Dick (1599 - 1641)
Bien souvent, certains individus revêtent une carapace pour masquer leur hypersensibilité. Tandis que certains feindront la froideur et s’astreindront à tout contempler avec un recul exagéré, d’autres seront plus à l’aise dans le rôle du cynique désabusé revenu de tout et d’autres encore dans celui du comique de service feignant de tout prendre avec légèreté.
Je n’oserai pas affirmer qu’il y a autant de carapaces ou de masques que d’individus, néanmoins celles-ci sont nombreuses, et ceux qui les portent, suffisamment habiles pour donner à croire aux idiots que ce qu’ils daignent montrer est l’expression de leur intimité.
« Le gentilhomme s’avance masqué. Et cela, d’autant plus qu’il a l’âme plus sensible et passionnée. S’il lui arrive d’ôter le masque, c’est pour un échange égal, quelque rare moment de communication avec un être de sa race. Ainsi sont préservées les constellations qui se forment naturellement entre les êtres, à même hauteur de beauté, d’intelligence et de noblesse. Ainsi, l’esthétique, c’est-à-dire la morale, est sauve ! »
Michel Mourlet, Un éléphant dans la porcelaine, Edition de la table ronde, 1976
09 juillet, 2007
La sensibilité !
La réalité, n’est que le monde tel qu’on le perçoit lorsque nos cinq sens (ouïe, odorat, vue, toucher et goût) traitent les informations qui nous parviennent de toutes parts.
La meilleure définition que j'ai trouvée de la sensibilité, est celle d'un auteur aujourd'hui oublié, né en 1770 et décédé en 1846, Etienne Pivert de Sénancour :
"La sensibilité n'est pas seulement l'émotion tendre ou douloureuse, mais la faculté donnée à l'homme parfaitement organisé de recevoir des impressions profondes de tout ce qui peut agir sur des organes humains. L'homme vraiment sensible n'est pas celui qui s'attendrit, qui pleure, mais l'homme qui reçoit des sensations là où les autres ne trouvent que des perceptions indifférentes. Une émanation, un jet de lumière, un son, nuls pour tout autre que lui, amènent des souvenirs, une roche qui plombe sous les eaux, une branche qui projette son ombre sur le sable désert, lui donnent un sentiment d'asile, de paix, de solitude."
Etienne Pivert de Senancour, Rêveries sur la nature primitive de l’homme, sur ses sensations, sur les moyens de bonheur qu’elles lui indiquent, sur le mode social qui conserverait le plus de ses forces primordiales,, 1799-1801, tome I, p. 58-59
La dent dure ! Stress post-traumatique !

Hélas je suis humain et j’ai donc des défauts mais aussi certaines zones d’ombre en moi, que le gigantesque travail personnel que j'ai pourtant accompli sur moi, n’a pas réussi à faire disparaître. Que je vous l'avoue directement, lorsque j'étais jeune et naïf, j'ai été traumatisé par Stéphane N. Quel est le lient entre Stéphane N., qui aurait du rester à jamais enfermés dans les limbes de ma mémoire, et la BlogaKdemY, me direz-vous ? Rassurez-vous, j'y viens !
Hier soir, alors que je visualisais les candidats se présentant à la BlogaKademY de Loïc Le Meur, j’ai été pris de sueurs froides. Ces types là, propres sur eux, conciliants, aimables, prêts à tout pour avoir une miette de renommée, de pouvoir, ou un peu plus d’argent, ou pour grappiller quoique que ce soit, je les reconnaissais, j’en avais déjà fréquenté dans le passé ! Ces types là me disaient quelque chose et réveillaient en moi, le souvenir d’un traumatisme enfoui et que j’avais cru oublié à jamais : l'infâme Stéphane N.
C’était à la fin des années quatre-vingt dans une école de commerce dont je suivais le cursus. Je venais de la fac de droit où nous étions libres et passablement livrés à nous-mêmes ce qui n’était pas déplaisant, malgré l’absence de moyens de l’université française.
J’étais donc plongé dans un tout autre univers, plus convivial, où nous étions plus tenu, où les professeurs s’intéressaient à nous. Tout était axé sur la vie active et le business, et beaucoup d’activités étaient là pour nous le rappeler. Les gens étaient très différents de ceux que j’avais fréquentés à la faculté, sans doute plus concernés par leur environnement.
Nous avions à l’époque un cours qui s’appelait Politique des affaires, animé par un type avec un physique tel, qu’on l’aurait mieux vu au volant d’un bahut sillonnant les routes d’Europe qu'enseignant dans une sup de co. Ce n ‘était pas le mauvais bougre mais je me suis toujours demandé comment il pouvait prendre son cours au sérieux.
Son cours n’était composé que d’études de cas fumeuses et pénibles, au cours desquelles on avait l’ordre d’imaginer qu’on était en charge de tel ou tel département d’une entreprise quelconque, chargé de résoudre un problème. Parfois, c’était financier, d’autres fois encore, marketing, et ainsi de suite.
Il y avait une quarantaine de pages à se farcir, dans lesquelles, on nous présentait le cas de l’entreprise Truc qui fabriquait des Machins et était confrontée à un problème réel. Il y avait du texte, des graphiques, des comptes, et pour parfaire le tout, on était plongé dans un environnement concurrentiel puisque d’autres entreprises fabriquant, elles aussi, des Machins venaient bien sur contrecarrer nos plans !
On devait se réunir par groupe, parce que toute école de commerce soutient toujours le travail d’équipe, et pondre une synthèse en x pages que nous devions ensuite exposer en amphi. La totalité de notre prestation, dossier et exposé, était ensuite noté par ce prof à tête de chauffeur routier.
Les études de psycho que j’ai suivies par la suite m’ont prouvé que j’avais raison. Je déteste le travail de groupe, sauf si je suis chef, parce que je trouve cela improductif. Il y a bien longtemps qu’en psychologie sociale, on a pu démontrer que le travail de groupe entraînait deux phénomènes : l’inhibition des timides et la paresse sociale induite par les feignasses qui se reposent sur les autres.
Ayant déjà une prescience de l’inefficacité de ce travail absurde, j’avais à l’époque décidé de me fondre dans un groupe, composé de types comme moi, c’est à dire, efficaces, rapides, intelligents et terriblement glandeurs.
Persuadés que ces études de cas étaient débiles et tout juste bonnes à amuser les demeurés un peu laborieux, nous n’en avions rien à foutre. Bien au contraire, selon les cas que l’on nous refilait, et que notre prof à tête de chauffeur routier ne manquait pas de nous présenter pesamment, soit nous rigolions, soit nous avions du mal à ne pas nous endormir.
Transcendé par cette idée majeure que ces études de cas étaient sans aucun intérêt, nous nous hâtions de répartir le boulot de manière scientifique, afin de torcher le tout en peu de tmeps, pour enfin aller glander au café.
Nous étions un groupe de quatre assez homogène. Nous avions décidé que nous lirions tous l’étude de cas stupides et que nous ferions la synthèse manuscrite en deux heures maximum. De toute manière, c’était toujours simpliste et facile à résoudre. S’agissant d’un monde virtuel un peu bébête, il était aisé de diagnostiquer et de traiter le cas de l’entreprise Truc.
Ensuite, l’un de nous se dévouait pour taper le manuscrit, le mettre ne page puis présenter l’exposé en amphi devant nos petits camarades. Cela permettait ainsi aux trois autres de glander gentiment au café. Bien sur, il s’agissait d’une tournante, chacun de nous quatre se dévouant pour cette corvée.
Tout se passait fort bien, et nous avions toujours d’excellentes notes. Ces idiots nous notaient, puisque nous étions quatre, sur quatre-vingt afin de renforcer psychologiquement l’idée de travail de groupe. Qu’à cela ne tienne. Nous divisions alors la note par quatre puis attribuions les points résiduels à celui de nous quatre qui s‘était farci le travail tout seul parce qu’il le méritait bien. En effet, ce n’est pas facile de travailler tandis que les potes sont au rade.
Hélas, notre professeur, ayant senti notre trop bonne entente, ne l’entendit pas ainsi. A l’instar de tout abruti ayant un maigre pouvoir, il décidé vers la fin de l’année de nous séparer et de recomposer des groupes qu’il estimait plus homogènes. C’est ainsi que chacun de nous quatre dut intégrer un groupe composé de pauvres types pénibles et un peu sots, prenant très au sérieux ces études de cas débiles.
Je n’échappais donc pas à cette relégation et je fus moi aussi forcé de collaborer avec trois clampins stupides. Madré comme un vieux maquignon, je leurs exposais ma combine, la modifiant un tout petit peu pou l'adapter à ce nouvel environnement, en leur expliquant qu’ainsi on pourrait cumuler l’avantage de la bonne note et de la glande. Mais ces abrutis trop sérieux, incapables de différencier l’essentiel de l’accessoire, ne l’entendirent pas ainsi. Je les envoyais prestement balader.
Bien mal m’en pris puisqu’une fois la note de groupe obtenue, je me retrouvais avec un total de points largement inférieur à la moyenne. Ces toquards mesurant le talent à l’aune de leur grossier labeur, répartirent cette note en fonction de la masse de travail accomplie. Certes là, j’étais le grand perdant.
Sur les trois nuls qui m’entouraient et avec qui je devais composer, j’avais pourtant réussi à en embobiner deux, mais le troisième était d’une extrême rigidité. Il ne se laissa ni émouvoir, ni persuader. Pour lui j’étais non seulement un glandeur mais en plus j’avais un mauvais esprit. Je suppose que dans sa tête de jeune crétin, déjà prêt à se faire escroquer par le grand Capital, j’étais un type rétif, un mauvais soldat. A l'instar de notre président, il croyait dans la "valeur travail", sans comprendre qu'un travail accompli sans plaisir, n'est qu'une peine, celle infligée quand Adam fut chassé du Paradis. Travailler sans jouer en même temps, à moins d'être un des pilgrim fathers ultra-protestants venus sur le Mayflower aux États-Unis, c'est être chassé du Paradis et rien d'autre. Nulle grandeur dans l'esclavage !
Je me souviens encore de lui. Il s’appelait Stéphane N. Dommage que je ne puisse citer son nom car il était grotesque, tout autant que son propriétaire. Laborieux, ayant réussi en intégrant cette école le rêve de sa vie, nageant dans un fantasme perpétuel à la Tapie, ne se rendant même pas compte que ni son physique difficile, ni son intelligence très médiocre lui barreraient toujours la route du succès, Stéphane N. avait tout misé sur cette école. Naviguant en plein fantasme, il avait oublié ses doutes de toquard pour se forger un moi idéal de grand businessman qu’il prenait très au sérieux.
L’histoire finit tout de même bien pour deux raisons. D’une part parce que j’avais amassé suffisamment de points dans les études de cas précédents, réalisée avec mon club de branleurs, pour avoir une moyenne plus qu’honorable, ce qui fit, que j’obtins l’unité de valeur « Politique des affaires ».
Enfin, cette école, comme la plupart des écoles supérieures de commerce, proposait tout un tas d’activités associatives. Ayant toujours été assez bon camarade et bon animateur, j’étais donc président d’une association assez importante. La plupart des autres présidents d’association avaient plutôt mon profil comportemental. C’est ainsi que nous nous connaissions très bien.
La politique de l’école étant de nous inciter à prendre des responsabilités, la vie associative était encouragée et soutenue. Notre participation à la « vie associative » était même sanctionnée par une note remise par les présidents d’association. C’est ainsi que j’allais voir quelle association fréquentait mon camarde Stéphane N. Dieu était sans doute de mon côté puisque ce bon Stéphane N. était un élément assidu d’un des clubs de bourse, et fort heureusement celui présidé par l’un de ceux avec lesquels nous avions formé notre groupe de glandeurs.
J’allais donc voir ce copain et lui expliquais ma mésaventure. Evidemment, il me soutint et rendit un rapport déplorable sur Stéphane N. qu’il accusa d’un manque scandaleux de collaboration au sein de son club de bourse, ce qui fait qu’il ne pouvait lui attribuer l’unité de valeur « Vie associative ». Le pauvre Stéphane N. n’ayant rien compris en eut beaucoup de peine. Cette note d’activité associative était bien sur optionnelle et guère de nature à lui interdire l’obtention du diplôme.
Mais ce crétin, toujours la tête dans le guidon, fut extrêmement choqué qu’on puisse ainsi lui nuire et dire de lui qu’il n’était pas sérieux. Je pense que ce fut la première fois depuis le cours préparatoire qu’il n’avait pas la mention « élève méritant et appliqué ». Il fit des pieds et des mains, demandant même un rendez-vous au directeur. Le président de l’association étant seul souverain, rien n‘y fit. N’importe qui à sa place s’en serait moqué mais Stéphane N. fut extrêmement abattu par ce coup du sort.
Dans tous les cas, même si son diplôme était acquis, son cas fut tout de même discuté en réunion par les professeurs. Mon ami président le club de bourse maintint sa version tandis que le pauvre Stéphane N. bredouillait et s’énervait. Il obtint bien sur son diplôme mais je pense qu’émotionnellement ce fut très très dur pour lui à qui on avait appris qu’il suffisait d’être sérieux dans la vie pour que tout roule. Hélas non mon cher Stéphane N., il faut en plus être malin et pas trop rigide et se souvenir de l’importance du réseau relationnel. Pauvre Stéphane N. qui donnait trop d’importance à tout, ne se souvenant pas que nous finirons tous par mourir.
J’ai conscience d’avoir été extrêmement méchant avec ce pauvre garçon mais j’imagine que ma leçon a pu porter. Peut-être a-t-il appris grâce à cela que la vie était injuste ? Alors pourquoi vous raconter tout cela ? Pourquoi vous livrer ce soir mon intimité, oser me dévoiler ?
Simplement pour vous dire qu’hier alors que je m’amusais à regarder les vidéos de la BlogaKademY, j’ai eu l’impression de contempler l’œuvre d’une multitude de Stéphane N.
La même veulerie, la même concupiscence pour l‘argent et le pouvoir, alors qu’ils n’auront que des miettes parce qu’ils ne sont pas suffisamment malins pour entreprendre ou diriger, mais resteront à vie des seconds couteaux. Le même gros labeur de tâcheron, la même absence de talent réel, d’imagination, de créativité, de simplicité et d’humanité, qui me fera toujours préférer un humble à ces cadres moyens lécheurs de cul, le tout étant remplacé par un bon gros contentement de crétin gonflé d'importance et de sérieux !
Une sorte de fausse gentillesse qui n’est qu’une minable stratégie de faible destinée à amadouer le puissant qu’ils envient. J’ai ressenti qu’ils avaient une triste vie, faite de petits succès mais surtout d’énormes frustrations pour qu’une proposition aussi prosaïque que co-bloguer avec Loïc Le Meur, devienne un défi à relever, l’enjeu majeur du moment !
Je peux comprendre qu'on ait envie de collaborer à l'entreprise de Loïc Le Meur, mais j'ai du mal à admettre que l'on puisse en faire autant pour y parvenir. Quant aux exigences de Loïc, elles me semblent aussi étranges. Prend-t-il plaisir à voir ces pauvres types, faire leur vidéo amateur, et se traîner à ses pieds ? Est-ce la revanche d'un Stéphane N. qui aurait enfin réussi ? Je n'en sais rien et ne me risquerai pas à le prétendre. Si elle part sans doute d'une bonne intention, je trouve que l'entreprise BlogaKademY, tourne un peu à l'aigre, à la démonstration de puissance un peu malsaine, au jeu SM. Mais, moi ce que j'en dis...
De toute manière, ces profils d’analysants me mettent toujours un peu mal à l’aise. Sans doute parce qu’il leur manque de l’imagination, suffisamment de recul, pour comprendre que la vie est aussi un jeu auquel parfois il ne faut pas attacher trop d’importance. Ils ne saisiront jamais que les individus ne sont pas des petits soldats ultra rationnels que l’on peut inscrire dans un projet démiurgique de pauvre malade obsessionnel compulsif mais, que pour fonctionner, à l’instar d’un simple assemblage mécanique, le monde a aussi besoin d’un peu de « jeu » pour ne pas exploser en cas de trop forte contrainte.
Décidemment, face à ces individus de droite (tous sont UMP), je serai toujours taxé de gauchisme, tandis qu’avec des gauchistes, j’aurai toujours l’impression de passer pour un facho !
A l’instar d’un moteur à explosion, je trouve qu’avec les gens de gauche, à force de tolérer trop de jeu dans le montage des pièces, on perd tant de puissance que l’on s’appauvrit, tandis qu’avec ce genre de types de droite, à force de tout monter sans jeu en serrant les boulons à fond, tout fonctionne mais ça pète au moindre problème.
Finalement socialistes de gauche ou de droite, même combat, ils sauront toujours ce qui est bon pour vous. Entre la glandouille impénitente subventionnée vantée par le PS et la valeur travail recommandée par l’UMP, il doit bien se trouver une voix médiane dans laquelle on ne sacrifie pas la qualité de la vie au détriment du réel ?
Au-delà de toute analyse politique pour laquelle, je ne suis pas qualifié, vous aurez tout de même appris qu’un stress post traumatique est quelque chose de réel qui peut se réveiller dans des occasions insoupçonnables. J’avais cru avoir oublié Stéphane N., mais il a suffit de la BlogaKademY, pour qu’il surgisse de mon subconscient. Même si je l'avoue piteusement, il s'agit d'un tout petit, vraiment minuscule stress post-traumatique !
Sans doute que trop jeune et pas assez stoïque encore, je n’avais, à cette époque, pas compris qu’il y aussi des Stéphane N. de par le monde, satisfaits de leur médiocrité et de leur méchanceté naturelle et totalement épanouis dans leur monde limité. De Stéphane N. à Patrice V. le chemin m'a semblé si court et tellement évident que j'ai pris beaucoup de plaisir à rédiger l'article d'hier soir.
Stress post-traumatique :
Le trouble de stress post-traumatique désigne un type de trouble anxieux sévère qui se manifeste à la suite d'une expérience vécue comme traumatisante. En psychopathologie , ce trouble est aussi appelé névrose traumatique .
Le trouble de stress post traumatique (aussi désigné syndrome de stress post-traumatique, SSPT, ou état de stress post-traumatique) est une réaction psychologique consécutive à une situation durant laquelle l'intégrité physique et/ou psychologique du patient et/ou de son entourage a été menacée et/ou effectivement atteinte (accident grave, mort violente, viol, agression, maladie grave, guerre, attentat, rencontre avec Stéphane N., etc.).
La réaction immédiate à l'événement doit s'être traduite par une peur intense, par un sentiment d'impuissance ou par un sentiment d'horreur. Le SSPT survient parfois à la suite de la réaction aiguë de stress à la situation anxiogène mais il peut aussi apparaître beaucoup plus tard (après plusieurs semaines, ou plusieurs mois ou carrément plusieurs années comme vous venez de le constater avec moi).
Si un terrain psychologique ou psychiatrique fragile (dépression, anxiété, ...) peut augmenter le risque de développer un SSPT, une expérience traumatisante peut, à elle seule, faire apparaître un SSPT chez des personnes ne présentant aucun antécédent. En particulier, les enfants et les personnes âgées seraient plus vulnérables.
Plus de renseignements ici, avec une fort jolie vidéo d'un orque attaquant des baigneurs, dont certains seront atteints d'un Stress Post Traumatique, sans aucun doute !
08 juillet, 2007
Mauvais esprit ! L'évènement BlogaKademY !
Loic Le Meur, la vedette incontestable de la blogosphère français organise en ce moment même une Blogakademy. Il aurait pu écrire simplement Blogacadémie. Mais avec un un K au milieu, cela fait plus martial, plus teuton, et le Y à la fin sonne anglo-saxon ! Loïc n'est pas un pitre franchouillard comme moi, mais un mec qui compte à l'international, alors il faut ce qu'il faut et il fait une BlogaKademY !Voici donc l'idée: au moins de juillet j'organise un petit concours du meilleur blogueur invité sur ce blog, en deux étapes.
Comme il s'agira d'une contribution à mon blog, j'offre 500€ au meilleur sous forme d'un bon cadeau FNAC, Amazon, etc au choix du vainqueur et j'étudierai la possibilité (sans engagement à ce stade) d'une collaboration permanente possible par la suite.
mise à jour: Nokia offre un 5300 XpressMusic au deuxième, merci Nokia.
1. semaine du 2 au 8 juillet si vous êtes intéressés, envoyez une vidéo postée sur YouTube (de préférence j'essaie de faire un système de gestion automatisé), Vpod, Dailymotion (rassurez vous, vous ne pourrez pas avoir l'air plus débile que moi) ou autres de moins de 5 minutes dans laquelle:
-vous vous présentez
-vous expliquez quel est le thème qui vous intéresse particulièrement de bloguer
-éventuellement pourquoi cela vous intéresse ?
Vous envoyez le lien vers la vidéo à blog@loiclemeur.com"
Imaginez, qu'il offre cinq cents euros ! Oui, pff, que faire avec tout cet argent ! Et dire que je me trouvais géant avec ma bouteille de Gris de Toul ! Ah la la, je fais pâle figure à côté mais bon, moi je suis un nain de la blogosphère, alors c'est compréhensible, on fait chacun selon ses moyens.
Manifestement sa BlogaKademY a obtenu un certain succès puisque sur cet article il n'y a pas moins de vingt-trois vidéos de prétendants au titre de blogueur collaborateur ! Si vous n'avez pas grand chose à faire en ce moment, allez sur le site et visualisez les car certaines sont à mourir de rire.
On a beau se répéter la phrase de Pierre de Coubertin, selon laquelle "l'important serait de participer", on se dit aussi que parfois il vaudrait mieux ne pas participer. Dans tous les cas, en plus d'être très drôles, je trouve que certains participants sont très courageux ! Oser se filmer en train d'annoner avec un accent grotesque en anglais des discours serviles pour à tout prix servir le grand homme, le roi des blogueurs, a quelque chose d'assez pathétique.
Les gens sont-ils si malheureux que cela pour concourir dans ce genre de trucs ? Quand on regarde les vidéos, on a l'impression qu'ils passent des entretiens d'embauche ! Rien que le premier est édifiant, on voit qu'il en veut, il a la pression, c'est un grand jour pour lui ! Enfin, les gens trouvent leur bonheur où ils le souhaitent. Et puis la plupart de ces participants sont jeunes.
Je décerne toutefois la palme de la servilité à Patrice V., qui lui n'a même pas l'excuse de la jeunesse, et qui a envoyé une fort jolie vidéo que je vous présente ci-dessous. Vous apprendrez que ce monsieur passe sa vie sur Second Life, le jeu idiot, qu'il n'est pas un spécialiste du web, que c'est sa première vidéo, qu'il est allé chez Surcouf acheter sa webcam mais que cela n'a pas été facile puisqu'il y en avait des tas, mais qu'il a finalement opté pour une Logitech, qu'il a choisi l'anglais car comme il le dit servilement Loïc Le Meur parle souvent anglais pour le business, que son pseudo est "Le Boulet", et qu'il voyage autour du monde dans des hôtels super luxueux et designs. Rassurez-vous, pour le comprendre, une maîtrise parfaite de l'anglais n'est pas nécessaire, car le vocabulaire reste simple et l'accent très proche du français.
Si vous désirez d'autres renseignements sur ce monsieur qui, je crois appartient à l'UMP, vous pouvez aussi vous rendre sur son blog, où non seulement vous connaitrez tout de ses idées, mais où vous apprendre aussi qu'il vend sa BMW série 530IA, année 2003, luxury pack, full options, intérieur cuir noir et de couleur grise (y'a une annonce en haut à droite). A le voir, on l'imaginerait rouler du côté de Salbris, en Talbot Solara avec autoradio POGO branché sur RTL !
Ben que dalle, ni Salbris, ni Talbot, il se la pète à Paris, en Béhème full options le coquin, comme un dealer moyen du 9-3 qui aurait réussi dans le trafic d'héro et qui voudrait le faire savoir à toute la té-ci. Si ça se trouve, malgré son air sage et ses convictions UMP, il nous fait parfois des petits wheelings au démarrage pour enrhumer les mercedes ! Et peut-être même qu'on le croise à Vincennes le vendredi soir aux réunions de tuning, le coffre de la Béhème ouvert sur le caisson de basse et l'ampli 8x500w, faisant cracher la techno ?!
Méfiez vous de l'eau qui dort, dit le proverbe. Dix contre un que s'il la vend sa Béhème classieuse, c'est pour s'acheter un Touareg comme mon pote Olive ou une Lotus comme mon autre pote GCM. C'est bien ça pour choper de la caille un Touareg ou une Lotus !
Que les affligés de la terre soient donc rassurés, pas besoin d'être mannequin parfaitement bilingue et courageux pour réussir. Même les pas très jolis, serviles et moyennement doués en anglais ont leur chance. Ca a quelque chose de rassurant non ? Vous avez sans doute tous lus des articles de psychologie expliquant qu'il était mieux d'être beau pour réussir dans la vie. C'est un atout indéniable mais pas une nécessité, qu'on se le dise.
Et puis si vous aimez vraiment rire, vous n'aurez ensuite qu'à cliquer sur A propos de l'auteur, et vous noterez qu'il a tout fait comme un grand puisque dans la partie gauche de cette page, figurent les mentions légales. Vous voyez, il a fait un ours, vous savez comme dans les vrais magazines, avec tout ce qu'il faut savoir sur la publication, les droits de réponse, la CNIL, et tout un tas d'autres trucs assez délirants mais plutôt rigolos tendant à nous faire comprendre que lui, c'est un mec sérieux qui n'est pas là pour rigoler et qu'il ne prend pas les choses à la légère ! J'ai dans l'idée que d'ici quelques années, il pourrait être conseiller général !
En plus, il est hébergé sur Sixappart, la boîte actuelle ou l'ancienne boîte de Loïc Le Meur, je ne sais plus, il marche donc directement dans les traces du chef. Si avec tout cela, toute cette servilité dégoulinante, il n'est pas au moins sous-chef adjoint, c'est à désespérer de tout !
Ah j'oubliais, pour mes lectrices qui seraient charmées par son physique avantageux, son pouvoir (militant UMP) et ses hauts revenus (hôtels et voitures de luxe), voire simplement par une série de galipettes coquines sur la banquette arrière en black leather de la Béhème luxury pack and full options, je ne sais pas si cet homme est célibataire ou non et s'il est amateur de cuisses légères. Mais cessons de parler and now let me introducing Patrice Terrible V., the king of the Web's ass-lickers and personal good friend of Loïc Le Meur :
Attention, Bruce Willis nous fait la promo de Die Hard IV !
Le jour où il aura une collaboratrice aussi canon que Laurence n'est pas encore venu. Pour en avoir une comme cela, il ne faut pas lancer une BlogaKademY, il faut hanter les cabarets mal famés de Toul. C'est ça un vrai casting, c'est ça être un découvreur de talents ! En plus Laurence parle couramment allemand et anglais, même qu'elle pourrait traduire tous mes fabuleux articles si je voulais une destinée internationale. Mais moi, je m'en fous, je reste simple. Je laisse donc à Loïc sa bande de vilains collaborateurs veules et pas trilingues ni même vraiment bilingues !
Au fait, Laurence, intéressée par la démarche de Patou le rusé, consistant à vendre sa caisse sur son blog, me prie d'insérer l'annonce suivante :

Bon, bien entendu tout cela est du pur mauvais esprit dans la logique de mes propos habituels. Le même mauvais esprit que j'avais dans ma jeunesse, celui qui me faisait préférer la compagnie des glandeurs impénitents, à celle des gens sérieux. L'avenir m'a donné tort, puisque tandis que Loïc caracole en tête, serre la pogne de Sarko et claque la bise à Cécilia, moi je rame dans les bas-fonds de la blogosphère, ne réussissant que rarement à dépasser les trois-cents connectés quotidiens. Autant vous dire, que je suis un gros looser et que j'en ai pleinement conscience !
Vous me direz que c'est mieux que El Gringo. Certes mais ma maman, me le répétait toujours : "prends exemple sur les meilleurs pas sur les derniers de la classe !". Si j'avais su, je me serais fait plein de potes comme Patou et on aurait fait des soirées Scrabble formidables en buvant une petite Tourtel ou une Buckler ou en s'arsouillant carrément au Pacific. Et aujourd'hui, je jouerais moi aussi les kékés dans une Béhème full options avec jantes BBS RW II et pneus Pirelli P zéro Corsa System !

07 juillet, 2007
Article rapide ! Les succès que l'on mérite !
Je regarde par la même occasion de quelle manière les gens sont arrivés sur mon blog, et je constate qu'un individu est arrivé en tapant sur Gogol la requête "suce mon chien". Très étonné j'ai cliqué sur cette requête et me suis aperçu, qu'effectivement si l'on tape cela sur Gogol, le premier lien vous amène directement sur mon blog. Dans les faits, cela n'amène pas directement sur un de mes articles mais sur un commentaire d'un lecteur que j'avais publié ! Ayant de la mémoire et une certaine tenue, il me semblait étonnant que j'aie pu écrire, à un quelconque moment "suce mon chien".
Je ne sais évidemment pas qui a pu taper cette requête, même si un court instant, j'ai imaginé qu'il puisse s'agir du jeune Sylvain de Chatenay-Malabry, celui qui a gagné à mon grand jeu concours et remporté la bouteille de Gris de Toul ! Toutefois je me garderai bien d'affirmer sans preuve !
Voilà je suis premier, cela me fait chaud au coeur. Les esprits chagrins diront que cela est plutôt pathétique. Certes, il y a mieux, ce n'est pas chez Le Meur qu'on arriverait en tapant "suce mon chien" dans Gogol, mais c'est un petit succès tout de même.
Et puis, cessez de juger les autres, la zoophilie, en tant que paraphilie, est une pathologie comme un autre ! Un peu d'humanité que diable ! Gardons notre sang-froid ! C'est cela la neutralité bienveillante !

Date importante !
Mais je vous préviens que Laurence, étant une pure Lotharingienne, - c'est ainsi qu'on appelait les lorraines - elle parle très mal notre langue puisqu'elle utilise quotidiennement le platt ou francique, dialecte local. Ainsi, si vous lui écrivez, ne vous attendez pas à une réponse de sa part ou alors de toute manière vous ne la comprendrez pas. Le platt n'est pas une langue facile et Laurence est extrêmement farouche car je vous rappelle qu'elle a passé sa vie à Foug et qu'elle se méfie un peu des français qu'elle juge hâbleurs, fainéants et indisplinés !
Durant longtemps, je l'ai cachée, la laissant dans l'ombre et ne lui donnant qu'un rôle ingrat de petite main. Ici, c'était un peu le Masque de fer, on en parlait sans jamais la voir et une légende commençait à naître dans la blogosphère ! J'imagine que certains ont du douter de son existence et imaginer que j'étais soit schizophrène, et que Laurence était ma seconde personnalité, soit travelo chez Michou déguisé en Laurence !Il n'en est rien ! J'ai simplement caché Laurence parce que mon narcissisme éhonté me fait craindre les gens de talents qui pourraient me faire de l'ombre. Puis voici quelques temps, la Vierge Marie m'est apparue et m'a expliqué que ce que je faisais n'était vraiment pas bien et que c'était très mal de profiter des gens de manière aussi ignominieuse. Craignant pour mon Salut éternel, j'ai abdiqué et fait amende honorable. Après un pèlerinage à Chartres à genoux, vêtu d'une robe de bure en chantant des cantiques, je suis revenu meilleur.
Vous aurez d'ailleurs constaté que Laurence est maintenant devenue contributrice à part entière de ce blog, même si bien entendu, je lui interdis formellement de rédiger le moindre article, parce qu'il ne faut surtout pas qu'elle fasse de l'ombre au grand homme que je suis ! Je suis sur la voie du Salut mais ne l'ai pas encore atteint !
Mais le fait est là, elle est contributrice et si le désir lui prenait, elle pourrait aller sur blogger.com, accéder au répertoire de mon blog, et détruire mon oeuvre en deux secondes ! Ou pire, elle pourrait rédiger un article vantant les mérites du journal Libération, sans que je n'en sache rien et ruiner ma réputation d'honnête homme !!! Imaginez ma tête, si un soir, revenant d'une journée harassante de consultations pleines de succès splendides, je me rendais sur mon blog et que je trouve un article à la gloire de Libération ou du parti socialiste !? Il ne me resterait qu'à m'engager dans la légion étrangère sous un faux nom.
Avec Laurence aucun risque, c'est une jeune femme extrêmement sérieuse à qui je peux confier les clés du blog sans me faire de soucis. Toutefois, mon Salut éternel n'est pas une chose à prendre à la légère. Imaginez la tête de Victor Hugo s'il ne me retrouvait pas au paradis !? J'ai donc décidé d'aller encore plus loin !
C'est pourquoi, et je m'y engage formellement, le douze juillet deux-mille-sept, jour de son anniversaire, Laurence aura le droit de publier un texte à elle (que je traduirai du platt en français) ! Ce jour là uniquement bien entendu.
Bon, j'aurais préféré qu'elle mette sur Youtube un extrait du numéro érotico-comique qu'elle joue trois soirs par semaine dans un cabaret mal famé de Toul, mais elle ne veut pas ! Elle fait des manières ! Elle m'a expliqué qu'elle ne voulait pas mélanger son activité artistique avec la presse ! Alors, ce sera un article, tant pis ! C'est dommage car si vous pouviez voir son numéro érotico-comique, c'est un très osé mais très réussi notamment lorsqu'elle... Enfin, je n'en dis pas plus, je respecte son choix !
Parfois, je m'effraie de ma grandeur d'âme ! Dieu ne pourrait-il pas être jaloux de moi ? Etre aussi bon que je le suis, n'est-ce pas un grave péché d'orgueil ? Pour ne pas concurrencer notre Créateur, promis dès le 13 juillet, je renvoie Laurence à fond de cale !
Soirée d'un socialiste ! Stéréotypes et préjugés !

Lorsque j'ai connu mon épouse, elle était abonnée à Télérama. Autant vous dire que je n'ai eu de cesse que de la convertir à Télé7Jours, un journal convenable ! Télérama pour moi, c'était un peu l'antichambre du régime de Pol Pot. Dans mon cerveau étroit, on commençait par lire Télérama, puis on allait forcément à des soirées à l'ambassade d'URSS pour copiner avec des responsables de goulags, et enfin on adhérait au PCF, tandis qu'on ne séparait plus d'une photo de Pol Pot, Staline, Enver Hodja ou Mao, ou encore Kim Il Jong, ou tout autre grand démocrate de son choix. Télérama chez moi, c'était le ver dans le fruit.
Dans les faits mon épouse est cinéphile et amatrice d'expos ou autres sorties culturelles alors que je ne le suis pas et c'est pour cela qu'elle lisait Télérama. J'ai une épouse extrêmement intelligente, brillante et très cultivée. C'est la vraie parisienne d'origine contrôlée, qui n'a eu le permis de conduire que tardivement, qui connait tous les bus par coeur et qui profite pleinement de la vie culturelle parisienne. Je n'allais pas non plus épouser la dernière des connes ! Je suis gentil mais pas stupide ! A côté d'elle, je suis vraiment un gros plouc. Quelques soient les diplômes que j'aie pu amasser, et j'en ai des tas, et les gens que je fréquente, je connais des tas de gens connus, rien à faire, on distinguera toujours sous mon vernis mon extraction banlieusarde.
Pour moi un film, c'est sympa mais cela reste un passe-temps, rien de plus et j'ai du mal à crier au génie. Je préfèrerai toujours la littérature parce que je peux me faire mon film à moi dans la tête. Quant aux expos, n'en parlons pas, je n'y mets jamais les pieds, ce qui ne m'empêche pas d'avoir, comme vous le savez une culture encyclopédique. Mais pourquoi perdre son temps un samedi, faire la queue, payer, alors que le cul sur un fauteuil, il me suffit de taper une requête dans Gogol. Hein ? On se demande !
Tant et si bien que mon épouse est abonnée à la Cinémathèque française, ce qui veut dire qu'elle a une carte nominative qui lui offre tout un tas de possibilités, tandis que moi, non. Evidemment je n'ai pas de carte. La Cinémathèque française, pour moi c'était un peu le repère de socialistes cultureux, c'est à dire des nanas un peu désagréables et fringuées comme des sacs et des mecs aux cheveux, courts, avec des pattes, des lunettes à monture épaisse et des pulls ridicules près du corps. Tout à fait le genre d'endroit où je ferais tache. Voilà pour le stéréotype que j'avais vis à vis de la Cinémathèque.
Encore, quand elle était à Chaillot, je veux bien, mais là, paumée rue de Bercy, bof, ce n'est pas le genre de quartier que j'affectionne. Tout y est neuf et je me méfie de ce qui est neuf. C'est mon côté vieux con réactionnaire diront les plus mal intentionnés. Ceci dit, comme vous allez le constater, autant j'ai des avis nets et définitifs sur tout, autant je suis capable d'en changer, car sous des dehors de plouc je suis un type brillantissime et loyal.
Je décide d'accompagner ce soir mon épouse à la Cinémathèque afin de voir le film "L'inconnu de Las Vegas", dont le titre original est "Ocean's Eleven". Oui, la pouillerie avec Clooney, l'homme de chez Nespresso qui est nettement moins beau que moi, n'est qu'un remake d'un vieux film dans lequel joue toute la bande du Rat Pack : Frank Sinatra, Dean Martin, Samy Davis Jr, Peter Lawford et Joey Bishop.
C'est un film dont je possède l'affiche originale mais que je n'avais jamais vu. Cela m'intéressait puisque j'adore Las Vegas et qu'on y voit la ville telle qu'elle était à la fin des années cinquante, quand on fumait partout et que les femmes étaient belles avec des décolletés vertigineux et des talons aiguille. Me voici donc parti avec mon épouse vers la Cinémathèque. Bien que rempli d'aprioris sur la Cinémathèque, et la bande de socialos cultureux que je vais devoir côtoyer, j'avoue être surpris dès mon arrivée.
Le bâtiment est propre et original et les gens à la caisse sont sympas. La programmation est correcte et fait la part belle à ce que l'on nomme le cinéma commercial, c'est à dire les bons films. Il n'y a donc pas que des daubes françaises et imbitables comme je l'imaginais. De plus, il y a même un petit restaurant sympa et design avec une terrasse en plein air. Je suis donc agréablement surpris. De plus, c'est un truc privé même si j'imagine que les subventions publiques doivent couler à flot !
Bien sûr, je scrute parce que je n'aime pas avoir tort et je m'aperçois qu'il y a une écrasante majorité de gens normaux. Moi qui m'attendais à ne voir que des laiderons fringués comme des sacs étalant leur Libé et des nazes pseudo-intellos suffisants, je reste sur ma faim. Se pourrait-il que j'aie eu tort et que j'aie été victime de mon mauvais esprit ? Dans tous les cas, aucun t-shirt Génération Mitterrand ou Vote for Delanoë à l'horizon ! C'est suspect, je suis sur qu'ils en portent mais cachés sous leurs vêtements ! c'est traître un gauchiste !
La salle Jean Epstein, dans laquelle le film est projeté est jolie, propre et dotée d'un excellent matériel. Les gens sont calmes et polis. De plus, il est impossible de rentrer plus de cinq minutes après le début du film. Ainsi, vous n'avez pas les casse-couilles de service qui vous dérangent. Ce n'est pas un écran géant mais cela reste largement suffisant pour ce type de films. Le film en lui-même n'est pas un chef-d'oeuvre mais tant pis, je l'aurais vu et je pourrais jouer les malins quand on me parlera de Ocean's eleven. Je dirais, "Lequel ? L'original ou le remake ?". Et alors là, je sais qu'on me dira "Ah bon, il y en avait un avant ?". Et l'air de rien, je répondrai "ben oui, bien sur, il passe rarement mais on peut parfois le voir à la Cinémathèque".
Donc voilà, je l'avoue, j'ai été agréablement surpris et même moi qui n'aime pas vraiment le cinéma, je sais que j'y retournerai. Je me referai une sortie de jeune socialiste. Alors voilà, pour me faire pardonner d'avoir pensé plein de mal de cette Cinémathèque française, alors que je ne connaissais pas, je vous donne le lien : Cinémathèque française.Addendum :
Bon, n'imaginez cependant pas que je rende les armes si facilement. En me baladant dans le bâtiment et en regardant les affiches et autres prospectus, j'ai constaté qu'il y avait aussi des tas de daubes cultureuses calamiteuses. Et enfin, mec qui était assis juste devant moi dans la salle, était grand, ultra mince, vêtu d'un pull près du corps, avait une coupe moderne à la con avec des pattes et portait une paire de lunettes avec de grosses montures en écaille et arborait un sourire suffisant. Dix contre un qu'il était socialo, il avait bien la tête en tout cas ! Désolé pour le stéréotype mais, à mon âge on ne se refait pas !
Addendum bis :
J'ai déjà réalisé un superbe article sur les notions de stéréotypes et de préjugés, merci de vous y reporter ! Il doit être, euh assez loin, et je n'ai pas le courage de le rechercher pour vos coller un lien. Sinon regardez sur Wikipedia !

05 juillet, 2007
Mon côté tuner fou !
Avouez que ça a une classe folle non ? Je me baladais sur des sites proposant des ressources gratuites pour webmasters et j'ai été ébahi par tous les trucs sans intérêts qu'ils proposent ! J'étais comme un gosse, comme un ch'ti devant le rayon jantes larges d'un magasin de tuning, j'aurais pu tout mettre sur mon blog, tellement je trouvais cela super !
Fort heureusement, la raison l'a emporté sur la passion, et je ne rajouterai rien, enfin pas grand chose. Je vais juste faire une petite commande pour disposer d'une horloge personnalisée comme celles que propose ce genre de site. Sauf qu'à la place d'un chien ou d'une perruche idiote (il s'agit d'une callopsite) qui remue la tête bêtement, il y aura ma tête à moi !
Ca va jeter, moi je vous le dis !
J'adoooooooooooore l'Afriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiique !
Dans le message précédent, me laissant aller à mon poujadisme, je déclarais qu’aimer les films français nazes était un symptôme intéressant.Il y en a un autre qui est d’aimer l’Afrique (l’Afrique noire). Attention, ne me faites pas dire que ce que je n’ai pas dit. On a tout a fait le droit d’aimer l’Afrique, ou l’Asie ou Salbris en Sologne, ou encore Foug en Meurthe-et-Moselle, je m’en fous. Après tout, moi j’adore bien Manhattan dans le Nevada.
Non, dans cet article je cherche à cerner une certaine manière d’aimer l’Afrique. Vous les avez sans doute entendus, ces crétins là, vous vanter les mérites de l’Afrique en vous assénant d’une voix presque sensuelle, chaude, suave et presque sucrée, sensée imiter la nature foisonnante du continent noir : « Ouahh, l’Afriiiiiiique, moi j’adooooore. ».
Si aimer l’Afrique n’est pas nouveau, aimer l’Afrique de cette manière là date des années noires du socialisme français. Agacé de ne plus pouvoir trouver un vrai prolo qui ait besoin de lui, le gauchiste au grand cœur s’est mis à chercher un nouveau prolétariat, qu’il a trouvé en Afrique. A défaut d’ouvriers vivant dans ces conditions sordides, notre nouveau socialiste, héritier des dames de charité du second empire, s’est entiché de l’africain qu’il a revêtu des habits du pauvre et de l’exploité. Mais comme notre socialiste new-age, souvent qualifié de bobo, aime les choses propres et consensuelles, il a fabriqué un africain de pacotille, sympa et consensuel, une sorte de Noir Banania dépoussiéré des relents colonialistes.
Pour le bobo qui « adoooore l’Afriiique », tout est devenu propre et lisse. Loin de connaître la richesse et la complexité de l’Afrique noir, notre socialiste nouveau s’est fabriqué son petit fantasme aisément maîtrisable, une sorte d’Eden, de paradis perdu. L’Afrique du bobo, c’est le monde avant la chute d’Adam, tout y est sympa, comme dans un voyage organisé par Kuoni. C'est surtout sa propre culpabilité de petit blanc fainéant qu'il tente d'endiguer en imaginant qu'il existerait sur terre un territoire pour lui.
L’Afrique est donc devenue une sorte de continent sans frontières, peuplé d’animaux sympas. Tellement sympas ces animaux que même Pierre Arditi, comédien socialiste, leur donne des noms dans les documentaires animaliers. Et puis, il y a les habitants, les Noirs qu’on peut classer en trois catégories. Les petits sont mignons, les adultes sont vraiment cools et hospitaliers, quant aux vieux, ils sont toujours sages. Pas mal non ce continent ?
Bien sur, n’importe quel individu censé sait que l’Afrique est un continent et que c’est plus complexe que cela. La vision africaine du bobo est aussi débile que si un africain imaginait une Europe unie avec des habitants tous semblables. Pourtant de Porto à Oslo, on constate que la réalité offre quelques différences, même teint en blond, Paulo ne ressemblera jamais à Bjorn.
Mais pour le bobo, pas de problème, son fantasme immature s’accommode fort bien d’invraisemblances. Il a aimé Amélie Poulain et le Grand Bleu alors il adore l’Afrique de ses rêves, ce continent sympa peuplé de gens cools et d’animaux gentils et où l’odieuse civilisation n’a pas encore tout fichu par terre.
Voici quelques années, mon filleul et moi, avions discuté avec une jeune femme bobo, vivant dans mon quartier et que je connaissais un peu car nous fréquentions le même estaminet. Elle revenait d’Afrique, d’une horrible petite dictature sanguinaire que tous ses habitants rêvent de fuir quitte à mettre leur vie en danger en prenant la mer sur des rafiots. Mais elle n’avait rien vu de tout cela. Pas de crimes, pas de corruption, pas de drames, non rien que des paysages sympas, avec des gens cools qu’elle avait d’ailleurs pris en photo. Elle nous avait bien sur montré ces photos d’inconnus et j’en avais ressenti un certain malaise. Je trouvais étonnant que cette jeune socialiste se permette de prendre des inconnus en photo. Je m’imaginais moi à la place de ces africiains, photographié comme un animal curieux par un quelconque touriste riche, un suisse par exemple, qui aurait ensuite montré ma tête à d’autres inconnus. A force d'être stupide, le bobo ne se rend même plus compte de son inconvenance.
Pour le bobo, le Liberia par exemple, ce sera toujours les plages immenses qui bordent l’Atlantique, l’artisanat, l’hospitalité et la nature sauvage. Si vous leur parlez de Charles Taylor le roi de la machette, soit ils ne le connaitront pas, soit ils lui trouveront des excuses du type « c’est la faute des américains » car pour le bobo, le fantasme de l’Afrique vierge et sauvage doit rester indemne. Le bobo déteste les américains mais pour lui l’Afrique restera toujours aussi belle que dans Hatari de Howard Hawks.
C’est pour cela que quand j’écoute mes patients et que l’un d’eux me dit d’une voix énamourée et entendue, comme si je ne pouvais absolument pas penser le contraire : « j’adoooore l’Afriiiiique », je prends peur. Je sais que j’ai en face de moi un enfant innocent monté en graine, une sorte d’adolescent un peu concon et que, quelque soit son problème, il y aura du boulot.
Si je sais m’adapter à la culture de mes patients, qu’ils aient un CAP ou soient sortis majors de polytechnique, j’ai toujours du mal avec l’immaturité. Construire sur du sable n’est pas facile et la greffe de cerveau n’est pas encore au point.
Le cinéma français !
Je reçois régulièrement des gens qui rêvent de faire du cinéma et qui écrivent des scénarios, qui s'ils étaient réalisés, donneraient ce genre de daube. Ce doit être cela l'exception culturelle française, faire des trucs chiants avec l'argent public que justement le public ne verra jamais. Mais comme une certaine intelligentsia bobo a la mainmise sur la Kultur dans notre beau pays, on en a encore pour quelques années à se cogner les discours fumeux des abrutis shootés aux sciences humaines et engraissés aux subventions.
Mais revenons à la psychologie. Pour moi, aimer ce genre de merdes est un trait diagnostic très important quand je reçois les gens. Non qu'aimer ces films merdiques indique forcément une pathologie grave (on peut être un peu con sans être malade) mais plutôt qu'en cas de pathologie importante (dépression/anxiété), je sais qu'il me sera difficile d'intervenir. Quand on ne sait plus ce qui est bien ou mal, sérieux ou pas, et que le système de valeurs est à ce point bouleversé que tout esprit critique a déserté, je sais que quoique j'entreprenne, je construirai sur du sable.
Ouèèèèèèèèèèè !

N'oubliez pas non plus, d'aller visiter le blog de El Gringo "Misandrie.blogspot.com", que le pauvre ne s'échine pas à faire des copier-collers pour rien ! Dans tous les cas, la machine est en route, et gageons qu'elle ne s'arrêtera pas en si bon chemin. Si vous pouvez lui scanner des articles au format word et lui adresser par mail, sachez qu'il les publiera avec plaisir !
04 juillet, 2007
On m'a conseillé de ...
C'est sur que compte-tenu de la haute teneur intellectuelle de certains articles, dont celui qui précède par exemple, ça va m'amener une chouette clientèle. Dans cet article, dont je suis pourtant très fier, on sent déjà tout mon professionnalisme et je suis sur que cela peut inciter plein de gens à se dire "ah c'est le psy qu'il me faut, il a l'air pertinent".
Tiens peut-être que sur ma plaque, apposée à l'entrée de l'immeuble où j'officie, je vais rajouter l'url de ce blog. Ca peut être un bon truc ça aussi !
Sur ces bonnes paroles, je vais me coucher !
C'est chiant ! Putain de vie !
Illustration : Les entraineuses de bar, film pornographique français !(Collection privée de Sylvain, jeune lecteur de Chatenay-Malabry)
La quiche lorraine et ma photo ne sont pas d'origine mais servent à masquer la crudité des images !
C'est très pénible parce que là, je le sens bien. Il suffirait que je laisse mon cerveau exceptionnel s'emballer et mes doigts agiles voleraient sur le clavier pour rédiger des textes merveilleux. A cet instant précis, je me dis même que le Nobel de littérature est à ma portée !
J'envie parfois Laurence, qui avec son métier d'entraineuse à mi-temps dans un bar mal famé de Toul (Le Pussy-Broadfoug, 54 200 Toul), a la chance de travailler le soir ! Les femmes auront toujours des tas d'avantages que nous n'auront pas. Et elles osent se plaindre !
Je suis sur que si j'essayais d'être entraineur dans un bar, histoire de bosser de nuit, je ne ferais pas une thune. Même super maquillé, en bas résilles, avec une perruque et une jupe, de toute manière j'aurais la gueule de Coluche travesti dans L'inspecteur la bavure. Ca n'excite pas le client, ça ne le pousse pas à boire.
La vie est terriblement injuste ! Mon cerveau fécond fourmille d'idées et je dois aller dormir !

03 juillet, 2007
Pfff ! Grr !
Au fait un ballot, si vous ne le saviez pas, est une petite balle de marchandise, et par extension un individu sot, un lourdaud, un crétin, un imbécile quoi. Finalement vous ne serez pas venus pour rien, vous aurez tout de même appris quelque chose !
Vous aurez aussi constaté que j'ai écrit en tout petit. C'est stupide et j'imagine que vous vous êtes crevés les yeux pour me lire. C'était uniquement par souci d'originalité. Je n'avais pas grand chose à dire alors je me suis dit que la forme pourrait primer sur le fond. C'est mon côté artiste contemporain qui s'exprime parfois.
Ce soit, mon côté artiste contemporain m'a dicté de choisir entre empiler des pots de yaourts vide collés entre eux, ou bien écrire un texte vain avec une police de caractère minuscule. Et, après mure réflexion, j'ai opté pour la seconde solution. De toute manière, je n'avais pas encore suffisamment de pots de yaourt vides, pour faire une oeuvre qui vaille le coup. J'aurais pu remplir un bocal de vomi ou bien chier dans une boîte mais des artistes concurrents l'ont déjà fait et j'ai ma dignité, je ne veux pas plagier !
Enfin, quoiqu'il en soit j'aurai écrit mon article quotidien, les cadences sont respectées. Ce qui est marrant, c'est qu'au fur et à mesure, que j'écris cet article indigent, des idées d'articles intéressants me viennent à l'esprit. Comme quoi, l'angoisse de la page blanche, c'est bien une connerie de fainéant. Il suffit d'écrire n'importe quoi et hop, l'inspiration arrive.
Demain vous aurez donc le droit à un article sur l'Afrique. Un truc assez rigolo traitant de psychologie mais toutefois, totalement réactionnaire.
02 juillet, 2007
Avis autorisé ! Les cons ont la parole !

Je passe donc chez Y que je connais fort bien. Je lui demande si ça va et il me répond que oui et que l'on pourra déjeuner le lendemain ensemble au restaurant. Le lendemain à l'heure dite, je vais chez Y pour l'emmener au restaurant. Son épouse est là, ainsi que leur plus jeune fille que j'ai toujours trouvée très conne. Agée de trente ans environ, elle est très jolie, possède une très grande gueule, mais m'appelle toujours monsieur, ce qui me flatte. Pour simplifier les choses, je l'appelerai "Morue" dans la suite de l'exposé.
Là, une fois dans le bureau de Y, j'apprends qu'effectivement, son gendre, le mari de sa fille aînée est décédé environ trois semaines avant dans un accident de moto. Je présente mes condoléances et m'enquiert de ce qui s'est passé ainsi que de la santé de la jeune veuve. Justement, m'explique Y, elle ne va pas très bien et va venir les voir, aussi ne pourra-t-il pas déjeuner en ma compagnie, ce que je comprends fort bien.
Lui et son épouse me décrivent les symptômes de leur fille aînée et me demandent mon avis professionnel. Je leur dis que face au drame qui la touche et la laisse veuve à trente-deux ans avec deux enfants, il n'y a pas grand chose à faire. Il faut attendre, être présent, si possible retourner travailler parce que le boulot est une bonne stratégie de défense face aux drames de l'existence. Je rajoute qu'il faut écouter sans interrompre, ne pas relativiser tout de suite, et encore une fois attendre et encore attendre, même si cela semble bête.
Je leurs dis que sur le net, ils trouveront les étapes du deuil, décrits par Elizabeth Kübler-Ross, que cela ne sert à rien, si ce n'est à comprendre ce qui se passe et à quel stade se trouve leur fille. Je leurs décris ces stades et ils trouvent cela intéressant.
Bien sur, je rajoute que suivant les symptômes, il sera peut-être nécessaire qu'elle voie un médecin et prenne des antidépresseurs et/ou des anxiolitiques. Et là, Morue me regarde et me dit : "certainement pas, tout ça, c'est de la merde". Bien sur, je lui demande sur quelle étude scientifique ou compétence professionnelle, repose ce jugement sans appel. Et là, Morue, comme toutes les jeunes connes ayant acquis leur culture dans les magazines féminins, me dit qu'on peut être accro à ces merdes et qu'en plus, il y a plein d'effets indésirables, et que c'est bien connu.
Comme je ne connais pas le moyen de transformer un âne en cheval de course et que d'autre part, je sais qu'on ne pratique pas encore de greffe de cerveau, je décide d'en rester là. Je l'ignore et parle à ses parents en lui disant que c'est prescrit sous contrôle médical et qu'il n'y a pas de risques. Qu'au plus, nous avons un ami commun médecin, très compétent, qui pourra lui prescrire.
Je rajoute à l'intention de Morue, que si j'ai toujours pu traiter des patients sous traitements antidépresseurs, il m'apparaissait toujours plus difficile de traiter une suicidée parce que je ne savais pas communiquer avec les esprits. Enfin qu'au-delà du risque suicidaire qui n'était pas forcément avéré, la souffrance psychique pouvait être très pénible et que les médicaments étaient justement là pour l'atténuer, que cela ne ferait pas revenir le défunt mais que cela aiderait à faire passer la pilule.
Et je conclus, que j'espérais qu'à défaut d'avoir des réflexions intelligentes et pertinentes sur les psychotropes, elle pourrait au moins avoir un minimum d'humanité.
Drôle d'époque que celle où n'importe quelle morue lobotomisée se permet d'avoir des avis sur tout. Combien de fois, ai-je entendu cette rengaine concernant les antidépresseurs. Un antidépresseur ne soigne pas, c'est évident mais c'est utile tout de même. Quand on se noie, ce n'est qu'une bouée qui maintient à la surface.
Seule la compréhension de ce que l'on vit, permet de rejoindre le rivage et d'y reprendre pied. Pour cela, il existe la philosophie, le soutien social des amis et de la famille, la réflexion personnelle, et bien sur la religion.
Et pour ceux, qui malheureusement sont éloignés de tout cela, quelle qu'en soient les raisons, et qui subiront la douleur sans pouvoir comprendre, il y a les antidépresseurs, et c'est déjà quelque chose.
Sur la mort, à mon avis, le plus beau texte reste celui que Sénèque écrivit à Marcia qui venait de perdre son fils.
"De quoi donc, Marcia, souffres-tu ? Est-ce de ce que ton fils est mort ou de ce qu'il a vécu peu de temps ? Si c'est de ce qu'il est mort, tu aurais dû toujours souffrir, car tu as toujours su qu'il mourrait. Songe que les morts n'éprouvent plus aucun mal, que ce qui nous rend les Enfers redoutables n'est que légende. [...]
Avec la mort s'évanouissent toutes les souffrances ; c'est un terme au delà duquel nos malheurs ne passent point : elle nous replace dans la tranquillité où nous étions plongés avant de naître. Si donc vous plaignez les morts, plaignez aussi ceux qui ne sont pas nés. [...]
Ton fils a franchi les limites du domaine de la servitude ; il est au sein d'une paix profonde et éternelle."
01 juillet, 2007
Juillet, mois des fainéants ? !
J'ai noté que ceux qui prenaient leurs vacances en juillet, étaient soit des malins, soit des fainéants, soit les deux. J'ai un ami, dont les parents travaillaient au CEA (travailler au CEA, ça fait déjà sourire), et qui prenaient toujours leurs vacances au mois de juillet. Curieusement, je n'ai jamais su que ces gens faisaient exactement dans la vie, mais cela ne semblait pas trop fatigant.
C'est mon père qui m'avait fait remarquer que les juilletistes étaient des malins doublés de gros cossards ! Il s'était d'ailleurs servi de l'exemple des parents de cet ami pour illustrer son propos. Mon père est extrêmement intelligent et observateur, et on hérite ces qualités de père en fils ! Justement, nous on ne part pas en juillet, parce qu'on ne peut pas se le permettre, le pays a besoin de nous.
La réflexion de mon père était frappée au coin du bon sens. Sachant que l'écrasante majorité des français prend ses congés en août, ce qui fait dire que la France est morte, les autres sont des malins. Partis se reposer en juillet, ils continueront en août puisqu'il n'y a plus personne, clients ou fournisseurs, pour les emmerder. On commence gentiment sur le coup de dix heures trente, on prend deux heures pour déjeuner en terrasse, et on quitte plus tôt son bureau, vers seize heures. Tranquille, on se fait deux mois de vacances.
Pas de doute, si en ce moment, vous croisez des gens sur la route des vacances, dites-vous que ce sont de sacrés malins ! Si juste avant le péage vous avez la vitre ouverte, et qu'il y ait une voiture de vacanciers juste à côté de la votre, saluez-en les occupants d'un joyeux "Salut les tire-au-culs !". Si vous sentez que le courant passe grâce à votre joyeux salut, rajoutez aussitôt : "Alors vous êtes d'où ? La poste, la SNCF , le CEA, EDF ou GDF ?". Voilà qui devrait vous permettre de vous faire des amis !
Un bon psychologue est toujours un bon observateur !
Tu es en colère ? Alors toi aussi fais ton blog !
En Harley-Davidson, El Gringo n'a vraiment besoin de personne !Il est libre et fier et file comme le vent !
Sa vie, c'est son blog et sa moto !
Parmi ceux qui me laissent des commentaires, certains sont certifiés, ce qui signifie qu'ils ont un blog eux aussi. Dans ce cas-là, j'aime bien aller leur rendre visite et leur laisser un petit mot comme j'en laisse souvent à Laure (qui eu la bête idée d'arrêter). C'est ainsi que je me suis rendu sur le blog de El Gringo, qui a toujours la gentillesse de me laisser des commentaires. Il faudrait d'ailleurs que je sache comment il m'a connu ?
Si vous avez trente seconde à perdre, vous pouvez vous aussi vous rendre sur le blog de El Gringo, qu'il a joliment baptisé MISANDRIE.BLOGSPOT.COM. Je dis bien trente secondes car il ne vous en faudra pas beaucoup plus pour prendre connaissance des articles de mon sympathique confrère puisque leur nombre s'élève à zéro. Il est bien sur largement pardonné puisqu'il n'a créé son blog qu'en mars 2007 ! Quatre mois, c'est finalement très court !
J'imagine un peu la genèse du blog ! Un matin, El Gringo se fait arrêter par les keufs qui lui reprochent de faire du bruit avec son pot de détente non homologué ! Il est à cran et se dit "que y'en a marre de ce pays de merde où les motards ne peuvent pas vivre". Le midi, en sortant de son restau favori (Le Balto à Athis-Mons, menu à 9,99€, quart de vin de pays compris), c'est un second gardien de la paix qui l'invite à souffler dans le ballon. Et là, El Gringo est vert de rage, il se dit "qu'il vit vraiment dans un monde de merde dans lequel les hommes ne peuvent même pas prendre deux Ricards, un litre de vin, et trois digestifs, sans se faire emmerder par la maréchaussée !".
Le soir de retour chez lui, c'est une ordonnance du Juge aux affaires familiales qu'il trouve dans la boîte aux lettres. Le JAF, une femme bien sur, lui retire la garde de son gosse pour des conneries. Alors là, il est tout rouge et très énervé notre El Gringo et il se dit "putain de femelles, putain de justices, putains de juges aux ordres des gonzesses, monde de merde !". Un autre courrier lui apprend aussi que son emprunt pour ouvrir sa société de tuning - El Gringo Tuning Shop - a été refusé ! El Gringo est encore plus en colère ce qui lui fait dire que "Fuck les banquiers qui ne laissent plus aux hommes la liberté d'entreprendre !". Notre ami va-t-il craquer face à cette avalanche de déconvenues ?
Non, car même s'il a le sang chaud, notre ami El Gringo est aussi un fin politique. Pas le genre de El Gringo, de prendre un fusil et d'aller au palais de justice faire valoir ses droits en faisant un carton sur un juge, ou de s'immoler par le feu place Beauvau ou de trancher la gorge du directeur de la Caisse d'épargne où il dépose son maigre salaire. Non, notre sympathique ami, croit dans les vertus de la presse libre pour se faire entendre ! Il roule en Harley-Davidson, alors il a un peu l'esprit américain et il se souvient qu'avec le Watergate, c'est la presse qui a fait tomber Nixon !
Alors, ni une, ni deux, il ouvre immédiatement son blog ! On va voir ce qu'on va voir, se dit-il en remplissant fiévreusement les champs obligatoires requis par Blogspot. Ca y est, MISANDRIE.BLOGSPOT.COM, est né ! C'est un pavé dans la mare, un acte politique inouï ! Une entreprise d'une audace affolante qui relègue la résistance de la dernière guerre, au rang d'aimable promenade de santé !
Ne reste plus qu'à rédiger le premier article !!! Et là, c'est un peu plus dur !
Ne les écoute pas El Gringo, moi je crois en toi ! Chaque semaine, je passe, je ne vois rien et je me dis que ce sera pour la semaine prochaine. Et là, je pense que quand tu vas te lâcher ça va chauffer, ça va être un article du feu de Dieu !!! Le pouvoir en place est mort et il ne le sait même pas !
Je te soutiens, on te soutient tous dans ton combat juste. On te l'écrirait bien en commentaire mais pour cela, il faudrait déjà un premier article, même un tout petit ! On y croit ! On est patients ! Notre combat est juste !
Réchauffement climatique, whisky et petite connerie !
Expérience de physique amusante !Une fois réalisée, vous pouvez boire l'expérience avec modération !
Et puis même, de toute manière, ils me font tous chier avec ça. Dans cinquante ans, je serai mort, qu'ils se démerdent tous avec le réchauffement. Après tout, quand j'étais petit, moi j'ai vécu le premier choc pétrolier et la crise et personne ne m'a plaint pour autant. Et pourtant, ça a été dur ! Moi, je crois au génie de l'être humain et au progrès et quoiqu'il arrive, on s'en sortira. Il n'y à qu'a voir Terminator ou l'Armée des douzes singes, pour comprendre qu'on peut surmonter toutes les crises !
Le plus drôle est que cette patiente, ayant fait des études de lettres je précise, me sort que les banquises étant en train de fondre, il va y avoir un risque de montée des océans. Elle m'explique alors que des pays comme les Pays-bas seront submergés. Globalement je m'en fous, puisque je ne suis pas hollandais et que je n'y connais personne et en plus, ils feront moins les malins à Rungis en inondant le marché français de fleurs à moins qu'ils ne se reconvertissent dans les algues ! C'est donc plutôt positif sur nous ! En puis, il y en aura moins sur l'autoroute, à nous emmerder avec leurs caravanes, au moment des départs en vacances. Pareil pour le fromage, ils ne se la joueront plus "l'autre pays du fromage".
Comme quoi, le réchauffement climatique, si tant est qu'il existe, pourrait avoir des conséquences positives au moins pour le marché de la fleur coupée, du fromage et pour les automobilistes durant les mois d'été. Donc, on peut d'ores et déjà apporter une nuance en précisant que le réchauffement climatique, n'a pas que du négatif !
Sauf que la fonte des glaces n'aura jamais cette incidence là et tant mieux pour nos voisins Bataves, même si je n'en connais pas. Faites l'expérience suivante, servez-vous un whisky on the rocks et attendez que les glaçons fondent. Vous constaterez qu'une fois fondus, la hauteur du liquide dans le verre n'a pas augmenté. Ma solide formation scientifique m'a donc permis d'éduquer cette jeune patiente qui dorénavant racontera moins de grosses bêtises.
Officiel !!! Grand Gagnant du Grand Jeu Concours !

Ce trente mille unième visiteur, s'est fait connaitre par mail. Il habite à Chatenay-Malabry et se prénomme Sylvain. Très aimablement, il m'a joint un scan de son abonnement wanadoo ainsi que sa photo afin de s'authentifier. C'est très gentil de sa part, et cela dénote une personnalité organisée et scrupuleuse, même si j'ai eu un peu peur en regardant sa photo, mais c'est normal les paranoïaques font toujours un peu peur.
Sans doute âgé d'une petite trentaine d'année, sa photo laisse apparaître un visage ovale qui ne sourit pas, sans traits marquants, mais avec des yeux bruns fiévreux et un peu inquiétants et un sourire un peu torve. J'ai cru pendant un instant que c'était une photo de l'identité judiciaire. Quand on tente d'imaginer à quoi ressemble un psychopathe, on a un peu ce genre de visage en tête. Enfin, on ne choisit pas ses lecteurs ! Il a gagné, il recevra sa bouteille, je n'ai qu'une parole !
La bouteille lui sera envoyée en début de semaine à l'adresse qu'il m'a confiée, accompagnée d'un certificat attestant qu'il a bien été le trente mille unième visiteur de PSYCHOTHERAPEUTE.BLOGSPOT.COM, le blog le meilleur de l'univers tout entier.
Au départ, j'avais eu l'idée de joindre à la bouteille, une photo dédicacée de Laurence en tenue légère, telle qu'elle apparait dans le spectacle érotico-comique qu'elle joue trois soirs par semaine dans un cabaret mal famé de Toul, mais j'ai abandonné cette idée en voyant le visage du gagnant. Lui donner cette photo, ça aurait été comme filer la photo de ses gosses à Michel Fourniret. On est aussi là pour déconner, c'est vrai, mais il faut aussi savoir être sérieux !



































